L’eau

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Les villages de France ont gardé leurs fontaines publiques, petits monuments de fonte sur le trottoir. Je les ai vu fonctionner dans ma jeunesse, la manivelle était dure à tourner pour un enfant, mais au bout d’une dizaine de tours, l’eau arrivait, généreuse, et on buvait dans ses deux mains, même sans soif.

Le marcheur, lui, a soif en été. Les manivelles peuvent encore tourner, mais plus rien ne coule. Seule, et la plupart du temps, il peut compter sur l'eau des morts, mais il faut faire le détour par le cimetière.

Dans les régions où l'eau sourd des montagnes, quelques fontaines publiques continuent à couler, mais une affiche "eau non potable" protège la responsabilité du maire.
Au cours de mon périple, je n'ai trouvé que deux robinets accessibles au public et démunis d'affiche (donc supposés distribuer de l'eau potable).
D'où vient cette négligence des municipalités ? Ce n'est pas par repli sur soi, car beaucoup font de gros efforts pour fleurir leur village à l'attention des visiteurs.
Cela ferait-il de l'ombre aux débits de boisson ? ( j'ai lu dans un bar, affichée au mur, une affiche honteuse : "verre d'eau 1F" ) ; non car, dans beaucoup de villages, même fleuris, il n'y a plus de bistrot.

Je suggère que dans chaque mairie, on installe une prise sur le réseau d'eau potable muni d'un robinet entrouvert pour limiter le débit et, à l'extérieur, d'un robinet à poussoir pour arrêter automatiquement le débit au bout de quelques secondes. Sans abonnement supplémentaire, la dépense serait faible pour la municipalité, beaucoup plus faible que celle des fleurs. À quand les messages publicitaires vantant l'hospitalité d'un village tels que : "XXX,  village fleuri, eau potable gratuite sur la voie publique".

Les automobilistes aussi apprécieraient : les conducteurs peuvent avoir soif, et aussi le moteur en cas de fuite du réservoir. Dans la période actuelle de dominance de tout ce qui touche à l'automobile, ce dernier argument porterait peut-être auprès des municipalités.

Le voyageur apprécie aussi les bancs : il y en a presque toujours devant l'église et, curieusement, les municipalités en installent de nouveaux un peu partout, sans doute à destination des indigènes qui, eux, disposent chez eux de l'eau courante.

Pour mémoire, signalons l'absence quasi totale de toilettes publiques et gratuites : c'est, ainsi que les morts sur la route, une honte pour notre pays, par comparaison aux autres pays développés.

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