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Version 1, Aout 1997

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<IDENT presseguerre>
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<TITRE LA PRESSE EN TEMPS DE GUERRE>
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<NOTESPROD>
Cette brochure publiée en français par le Ministère britannique de l'Information en février 1944 donne un aperçu de la situation de la Presse dans ce pays au cours de la 2me Guerre Mondiale. L'orthographe du document original a été respectée.

This brochure was published in French by H.M. Ministry of Information in February 1944. It documents the situation of the Press in the U.K. during the second World War. Spelling mistakes have not been corrected.
</NOTESPROD>
----------------------- FIN DE L'EN-TETE --------------------------------

------------------------- DEBUT DU FICHIER presseguerre1 --------------------------------

MINISTÈRE DE L'INFORMATION

LA PRESSE EN TEMPS DE GUERRE

N.B.‹ Ce document n'est pas destiné à la reproduction textuelle, mais simplement à des fins de référence. En utilisant ce document, les lecteurs sont priés de noter la date de sa publication.

16 février 1944.

Autorisé par la Censure Britannique. No. Q.5554.

INTRODUCTION
Avant la guerre, la presse britannique était une vaste industrie qui se développait constamment. En 1930, elle prenait place au 23 ème rang parmi les principales entreprises de la GrandBretagne, par le nombre de personnes qu'elle employait (le recensement industriel de 1931 évaluait ce nombre à 79,620 soit 20,000 de plus qu'en 192l), et au 11 ème par le rendement net. En 1936, le tirage des journaux du matin atteignait approximativement 13.000.000 d'exemplaires, soit une moyenne de 95 par 100 familles, et les journaux du dimanche produisaient une moyenne de 130 exemplaires par 100 familles. Entre 1929 et 1939, tous les journaux anglais conséquents reconstruisirent ou êtendirent leurs installations afin de faire face à la demande toujours croissante en matière de circulation et d'annonces.

C'était, en outre, une industrie qui absorbait une très forte proportion de personnel spécialisé. Une statistique politiqueet économique publiée en 1935 montrait, en premier lieu, que le personnel administratif employé à la production des journaux comptait 20.000 employés, soit 30% du total, alors que celui de l'industrie de ce pays, dans son ensemble, n'était que de 10% en second lieu qu'environ un sixième des employés, c'estàdire quatre fois plus que la moyenne pour toutes les industries, était composé d'ouvriers spécialisés, en troisième lieu que la proportion entre les hommes et les femmes était passée, de 515, en 192l, à 644, en 1931, alors que dans l'industrie en général elle avait baisse, durant la même période, de 240 à 236.

Enfin, les journaux étaient la propriété de simples particuliers qui les finançaient et les contrôlaient (voir Annexe A); la presse exerçait donc cette liberté dans la publication des nouvelles et dans l'expression des opinions que Wilkes louait dans son North Briton (1762) en la définissant comme "le droit de naissance d'un Anglais, estimé, à juste titre, comme le rempart le plus solide des libertés de ce pays."

C'est compte tenu de cette indépendance, de cette expansion et d'une mesure de spécialisation toujours croissante dans toutes les branches de l'industrie journalistique que les changements introduits par les conditions du temps de guerre doivent être envisagés.

Approvisionnement en papier

(I) Général

Les papeteries anglaises produisaient, avant la guerre, environ 900.000 tonnes par an de papierjournal en utilisant de la pulpe importée, dont 80 % venait de Scandinavie. L'approvisionnement était augmenté de quelque 300.000 tonnes de papierjournal acheté par un certain nombre de journaux de Londres et de la province aux papeteries du Canada, de TerreNeuve et de la Scandinavie. Cela portait le total annuel, disponible dans ce pays, à 1.200.000 tonnes. En 1938, on évaluait à 21.000 ou 23.000 tonnes, par semaine, le papier utilisé par les journaux et les périodiques de toutes sortes.

Depuis le commencement de la guerre, le chiffre de la consommation a baissé de près de 80 %, la moyenne hebdomadaire actuelle étant approximativement de 4.850 tonnes.

Cette réduction s'est faite par l'action conjointe des journaux, par l'intermédiaire de la Newcprint Supply Company (voir Annexe D) et du gouvernement, par l'entremise du "Paper Control", établi comme département de Ministère du Ravitaillement, en septembre 1939, en vertu de l'Art. 55 des Règlements de la Défense. Généralement parlant, on peut dire que le gouvernement fixe le tonnage disponible et que la Compagnie et la Division du Papierjournal du "Paper Control" sont chargés d'en assurer la répartition équitable et économique.

(II) Mesures restrictives

Les mesures prises pour la réduction de la consommation du papierjournal, au cours de la guerre, ont été les suivantes:

(1) Un arrangement auquel les journaux coopérèrent, en vertu duquel les fournitures étaient réduites à 60 % de la quantité utilisée durant la période 19381939 prise comme base de mesure. Il fut opérant de septembre 1939 à juillet 1940, époque à laquelle l'importation de pulpe et de papierjournal fut régie principalement par des considérations de tonnage maritime. Durant cette période, il y avait suffisamment de pulpe et de papier pour satisfaire à la demande courante. La moyenne du total utilisé fut d'environ 14.500 tonnes par semaine.

(2) Une Ordonnance sur le contrôle du papier (No. 19) rendue en juin 1940, limitant le nombre de pages à publier, d'après le format et le prix d'avantguerre du journal intéressé. Cette restriction fut imposée en conséquence de la pénurie soudaine de papier déterminée par l'invasion allemande de la Norvège qui ferma la Baltique et coupa la Scandinavie comme source d'approvisionnement. En même temps la Newsprint Supply Company introduisit la réglementation de la circulation qui fixait le nombre d'exemplaires que chaque journal pouvait publier chaque semaine; ce nombre ne devait pas dépasser celui de la semaine précédant immédiatement l'introduction du système. L'effet de ces mesures fut d'abaisser la moyenne hebdomadaire de consommation, entre juillet 1940 et mars 1941, à environ 6.800 tonnes.

(3) Une réduction de 17 %, en mars 1941, du tonnage alloué pour la première période de circulation fixe, qui abaissa la consommation moyenne approximativement à 5.800 tonnes par semaine.

(4) L'introduction, en avril 1941, du système de " ration de base," en vertu duquel chaque journal se voyait allouer un tonnage suffisant pour couvrir une période donnée de circulation avec un nombre réduit de pages (ordinairement 75 % de celui alloué aux termes de l'Ordonnance de contrôle 19), décidée par la Newsprint Supply Company, sur la base des rapports qui lui étaient soumis sur les stocks et la consommation hebdomadaires. (Aucun journal n'était obligé d'accepter la nouvelle limitation du nombre de ses pages; tous avaient le droit de continuer de publier jusqu'au maximum autorisé par l'Ordonnance 19 et de s'en tenir à la nouvelle allocation en réduisant leur circulation). En conséquence, la consommation moyenne fut abaissée à environ 4.850 tonnes par semaine.

(5) Une réduction de 10 % en mars 1942, par rapport au chiffre de la période précédente, ce qui abaissa la consommation moyenne à 4.430 tonnes par semaine.

(6) Une nouvelle réduction de 2 1/2 %, en février 1943. A partir de cette date et jusqu'en septembre 1943, époque à laquelle une augmentation de 11 1/2 % fut accordée pour satisfaire à la demande de journaux pour les forces armées, la moyenne hebdomadaire du total de consommation fut au niveau très bas de 4.320 tonnes environ.

Les autres mesures appliquées pour assurer le maintien des fournitures de papier furent les suivantes:

(a) Ordonnance (No 16) sur le contrôle du papier qui interdisait la manufacture de feuilles de nouvelles concurrentes. Les journaux ont maintenant des affiches permanentes disant, par exemple, "Lisez les nouvelles de guerre dans le Star" et les marchands de journaux inscrivent, à la craie, les grands titres sur des tableaux noirs.

(b) Ordonnance (No. 48) sur le contrôle du papier, interdisant la publication, sans autorisation spéciale, de tout journal qui n'était pas imprimé en GrandeBretagne avant le mois d'août 1940 (des exceptions étaient faites dans le cas de publications servant directement l'effort de guerre), et limitant les intervalles de publication de ces journaux à ceux qui existaient avant cette date.

(c) L'abolition du système des " vendus ou reprise des invendus ", par lequel, avant la guerre, les marchands de journaux recevaient des journaux une allocation pour tous les exemplaires invendus. Cette mesure fut, pendant quelque temps, appliquée par décretloi, mais on constata que cette rigidité était une source de graves inconvénients immérités (par exemple une consignation de journaux pouvait être retardée de 24 heures en raison d'une soudaine pression de trafic sur une voie de chemin de fer et, ainsi, devenir une perte totale pour le marchand), et le décret fut rapporté. A présent, l'affaire est traitée par les journaux euxmêmes; les cas douteux tels que celui que nous avons cité, sont soumis à l'Association des Propriétaires de Journaux, ou à la Newspaper Society, pour décision finale. En conséquence de l'interdiction, les marchands de journaux régularisent leurs achats par leurs commandes fixes, et jusqu'en septembre de cette année, époque à laquelle l'augmentation de l'allocation de papier permit aux journaux d'augmenter leur tirage (l'augmentation quotidienne est de 2.000.000), il était rare de pouvoir se procurer dans un kiosque un exemplaire restant d'aucun journal. De plus, lorsqu'un client demandait à son marchand de lui livrer régulièrement un journal quelconque, il lui fallait souvent attendre des semaines jusqu'à ce qu'un autre client eût annulé sa commande et libéré ainsi son exemplaire.

(d) L'introduction, le 15 février 1943, d'un papier plus léger, 14 livres anglaises, au lieu de 14 3/4 par rame. Cela permit de conserver le même nombre de pages ou d'exemplaires sans accroître le tonnage consommé.

(III) Stocks de papierjournal

A l'heure actuelle, chaque journal a un stock de papier suffisant pour 20 semaines de consommation à la moyenne courante. Entre 1940 et 1942, l'industrie se trouva avoir accru ses réserves de 14 semaines à 32. A la suite de négociations entre la Newsprint Supply Company et le gouvernement, en novembre 1942, il fut convenu de réduire les stocks, durant les 8 mois suivants, à un approvisionnement pour 16 semaines, afin de libérer, pour des fins plus urgentes, les navires au service de la Compagnie. Plus tard, une fourniture supplémentaire pour 4 semaines, fut décidée. Le tableau suivant montre, sous une forme concise, quelle fut la situation entre juin 1940 et novembre 1942.

.........................Tonnage en .............Tonnage ..........................Nombre de .........................stocks......................hebdomadaire...................semaines de .................................................................utilisé...............................stocks
27.5.40.........200.000...................14.500.................................14
30.3.41.........177.600.......................5.800................................31
1.1.42............163.000......................4.850.................................34
13.4.42.........145.250......................4.430.................................33
1.8.42............140.500......................4.430.................................32
1.10.42.........138.000......................4.430.................................32

(IV) Changements de format

Avant la guerre, un grand (ici, grand indique une page de plus de 1713 centimètres carrés) journal quotidien de Londres produisait chaque jour, de 16 à 24 pages et un quotidien provincial, de 8 à 12 pages. Les journaux du dimanche en avaient de 20 à 34 et les hebdomadaires locaux jusqu'à 24 par numéro. Aujourd'hui, la grande majorité des grands quotidiens londoniens et provinciaux tirent sur quatre pages; les petits quotidiens et les journaux à petit tirage, sur 8, et les journaux du dimanche sur 6 ou 8.

Les principales exceptions à la règle des 4 pages quotidiennes ont été celles du Times à 3d, du Daily Telegraph à 1 1/2, du Manchester Guardian, du Scotsman et du Glasgow Herald à 2d, qui paraissent habituellement sur un plus grand nombre de pages. Cela est dû, en partie, à leur prix plus élevé (en vertu de l'Ordonnance No 19, un grand quotidien se vendant à raison de 2d ou davantage, pendant l'année qui précéda immédiatement la guerre, avait son maximum de pages fixé à 60 par semaine; celui de 1 1/2 à 38, et celui de moins de 1 1/2 à 36 seulement), en partie à une réduction volontaire de leur circulation, et en partie au fait qu'ils publient un grand nombre d'annonces classées qui sont reconnues, même en temps de guerre, comme un service d'utilité publique. Le Times a, en outre, conservé sa place d'instrument reconnu de publication des compterendus complets des débats parlementaires et des affaires judiciaires. Actuellement, le Times et le Manchester Guardian varient de 8 à 10 et de 6 à 8 pages respectivement, le Daily Telegraph de 4 à 6.

Les hebdomadaires locaux varient également le volume de leurs numéros. La limitation à 12 pages par semaine qui leur était imposée par l'Ordonnance 19 fut modifiée par une directive à cette ordonnance, en novembre 1940. Cette directive portait à 3 mois, afin de tenir compte des annonces saisonnières, la période de comparaison pour cette catégorie de journaux (définis comme ceux publiés pour une circulation normale à l'intérieur de la région, comté, ville, arrondissement ou hameau dans lesquels ils paraissent). Cela veut dire qu'un hebdomadaire local vendu à 2d, ou davantage, durant la période précédant immédiatement la guerre, peut tirer jusqu'à 156 pages en 13 éditions consécutives commençant les 1 er janvier, 1 er avril, 1 er juillet et 1 er octobre de n'importe quelle année. L'allocation du nombre de pages des journaux à bon marché de cette catégorie, est calculée sur la même base.

Il n'est pas possible de donner des chiffres exacts en ce qui concerne le taux de réduction depuis septembre 1939, étant donné qu'il a varié nécessairement selon le format, le prix et la fréquence de publication des différentes classes de journaux. Si néanmoins on prend comme exemple un grand quotidien national, le taux peut s'établir comme suit: entre septembre 1939 et avril 1940, le journal tirait sur 12 pages; entre avril et juillet 1940, sur 8; entre juillet 1940 et mars 1941, sur 6; entre mars et avril 1941 sur 6 pendant 4 jours et sur 4 pendant 2 jours; entre avril 1941 et la date présente sur 4.

Le problème de la compression qui se posait aux journaux qui, dans quelques pages doivent publier toutes les nouvelles de guerre, les nouvelles intérieures ordinaires et autant d'annonces que possible, a été résolu de bien des manières diverses. Les changements d'aspect les plus frappants ont été (a) le recours à des marges plus étroites (b) l'adoption de caractères plus condensés, (c) un plus grand nombre de colonnes par page; tous les journaux de format standard (la longueur de la colonne étant de 57 centimètres 15), à l'exception du Times , ont maintenant 8 colonnes au lieu de 7; le Daily Mirror 6 au lieu de 4; le Daily Sketch 5 au lieu de 4, et (d) la réduction de l'espace du titre et des vedettes.

Le texte de lecture a été réduit aux faits essentiels. En général, les informations sont plus courtes, plus concises qu'avant la guerre, les faits secondaires (compterendus de réunions) ont presque disparu; la " ration de crime " est restreinte; les pages consacrées aux sports et à la finance sont devenues des colonnes occasionnelles (ce qui a été facilité par la réduction de l'activité dans ces deux sphères); les sections pour les femmes et pour les enfants ne paraissent plus régulièrement et certains journaux les ont supprimées complètement; enfin, les espaces consacrés à des sujets étrangers au journalisme, tels que l'assurance libre, les concours, etc., que certains organes avaient adoptés comme armes de lutte pour l'augmentation de leur circulation avant la guerre, ont été universellement abolis.

(V) Changements dans les dépenses

La baisse de la capacité de manufacture des papeteries anglaises de 100 % à 15 % due, en partie à la pénurie de matières premières la pulpe produite à l'intérieur est rare et bien que les importations du Canada aient augmenté de 72.000 tonnes, en 1939, à 270.000, en 1943, cela ne représente qu'une fraction du tonnage importé avant la guerre , en partie à la diminution de la maind'¦uvre, de même que le coût élevé de la pulpe importée résultant des frais de transport et de manipulation, ont presque triplé le prix du papierjournal. Le tableau suivant illustre l'accroissement constant du prix par tonne, à partir de chiffre de 1939 de livres sterling 11 5s. 0d. par tonne.

(En livres sterling (£), shillings (s) et pence (d)
..................................Contrôlé...................................Égalisé
28.2.40......................£ 21 10s 0d.
27.5.40......................£ 22 11s 6d........................£22 10s 0d
1.7.40.........................£ 24 0s 0d..........................£24 0s 0d
26. 10.40..................£ 28 10s 0d........................£26 0s 0d
1.1.42.........................£ 28 15s 0d.......................£26 0s 0d
13.4.42......................£ 30 0s 0d..........................£28 0s 0d
1.8.42.........................£ 30 0s 0d..........................£29 0s 0d
1.10.42......................£ 30 15s 0d........................£30 2s 6d
8.2.43.........................£ 32 5s 0d..........................£31 12s 0d
(Ces prix sont ceux de la tonne forte de 2.240 livres)

La pratique d'égalisation des prix entre le papier importé et le papier produit à l'intérieur, s'est révélée saine. Elle a été appliquée par la Newsprint Supply Company qui, par accord général, distribue tout le papierjournal par l'intermédiaire des papeteries anglaises, en leur payant une commission sur leurs bénéfices de la vente de papier importé pour chaque tonne de papier manufacturée à l'intérieur et vendue à un prix inférieur au taux contrôlé. Tout au long des opérations, les importations de papier canadien ont pu se faire à environ livres sterling 5 de moins par tonne que le prix du papier fabriqué dans le pays. A la fin de novembre 1942, le montant des sommes versées en commission aux papeteries anglaises et en égalisation des prix s'élevait approximativement à £ 700.000.

L'un des effets de l'augmentation des prix a été de compenser dans une certaine mesure, la baisse des frais de publication des journaux résultant de la diminution des fournitures de papier. Par exemple, un quotidien londonien d'une circulation de 2.000.000, sortant 24 pages en six jours de la semaine, utilisait, en 1938, 1.700 tonnes de papier par semaine. Au prix d'avantguerre de (Livres sterling) £11 5s 0d par tonne, la dépense hebdomadaire en papier s'élevait à £ 19.125. Si les prix étaient restés statiques, le même journal avec le même chiffre de circulation tirant 4 pages sur du papier 10 % plus léger que celui d'avantguerre, dépenserait actuellement une somme de £ 2.870 seulement par semaine. En fait, un tel journal doit dépenser aujourd'hui £ 7.650 par semaine, de sorte qu'alors que la réduction du poids de papier consommé a été de plus de 80 %, celle des dépenses n'est que de 63 % environ.

(VI) Chiffres de tirage

D'une façon générale, la vente des journaux au cours de ces 4 dernières années a tendu à augmenter. Une étude récente (a) faite par le World's Press News, montrait qu'entre juin 1939 et juin 1943, les journaux nationaux populaires (du matin) enregistrèrent une baisse de tirage d'environ 4,7 %; les journaux londoniens du soir un gain de 9,2 %; les journaux du dimanche un gain de 18,2 %; les journaux du matin de la province un gain de 10,6 % et les journaux provinciaux du soir un gain de 3,75 %. Les variations entre les divers journaux de chaque classe  par exemple, le Daily Express enregistra une augmentation de 2.510.019, en juin 1939, à 2.531.000, en juin 1943, bien qu'en général sa classe subît une baisse  ont été dues surtout à l'administration des allocations courantes de papier et à des causes étrangères telles que les mouvements de population (le Daily Express imprime à Glasgow et à Manchester et il est, par conséquent, en mesure de retrouver dans ces régions ce qu'il peut perdre du fait de l'évacuation de Londres) et non pas à la vente concurrente. Inévitablement, l'esprit de concurrence des ventes qui, avant la guerre, s'épanouissait entre les quotidiens nationaux et leurs rivaux des provinces, fut l'une des premières victimes des restrictions et des contrôles du temps de guerre.

Les seuls journaux qui aient accusé une diminution marquée de leur tirage, en conséquence de la pénurie de papier, sont ceux, tels que le Times (entre juin 1939 et juin 1943, sa vente a baissé de 200.869 à 157.739, soit de 25 %) et le Daily Telegraph (à partir de juin 1940 alors qu'elles atteignaient 913.997 exemplaires ses ventes ont baissé à 649.662), qui pour des raisons de politique déjà expliquées ont délibérément réduit leurs ventes. Dans ces cas, la pratique qui s'est implantée parmi les lecteurs et qui a été grandement encouragée par les directions de journaux, de se passer leurs exemplaires, signifie que les chiffres de tirage ne représentent pas exactement le nombre de lecteurs.

(a) N.B. Portant seulement sur les journaux appartenant au Bureau de Vérification des comptes de tirage, et par conséquent incomplets.

La Presse et l'État

(I) Censure de presse

En GrandeBretagne, la censure de presse est volontaire. Le gouvernement n'a aucun pouvoir statutaire d'interdire la publication de quoi que ce soit, qui se rapporte ou non à la guerre, destiné à la consommation intérieure. Tout au plus peutil donner son autorisation, par l'intermédiaire de la Division de la Censure de Presse du Ministère de l'Information, à la publication du matériel dont il est sûr qu'il n'a aucune valeur pour l'ennemi, et d'étendre sa protection à tout journal qui publie le matériel ainsi approuvé. Aucun journal n'est obligé de soumettre ses informations ou articles à la censure, et il ne peut pas être puni pour le simple fait d'avoir ignoré ou défié les sanctions officielles; mais en publiant les matériaux interdits ou noncensurés il court le risque d'être poursuivi, en vertu de l'article 3 des Règlements de la Défense, pour délit de publication d'informations de nature à servir l'ennemi et à mettre en danger la sûreté de l'État.

Les commentaires ne sont pas censurables. Les journaux sont libres de critiquer la politique du gouvernement comme ils l'entendent, une liberté dont ils se sont constamment prévalus durant les quatre premières années de guerre, comme en témoignent, par exemple, le tollé général en présence de l'insuffisance d'armes et d'avions à Dunkerque; la campagne pour l'installation d'abris et hygiéniques convenablement construits durant le " Blitz "; la critique de la conduite de la guerre dans l'ExtrêmeOrient en 1941; les récentes protestations contre l'acceptation de l'inclusion des généraux notoires Roatta et Ambrosia dans le gouvernement Badoglio, et les recommandations courantes que les autorités de ce pays devraient adopter une politique plus active et plus réaliste en ce qui concerne la reconstruction d'aprèsguerre.

Le gouvernement ne s'occupe de l'opinion de la presse que lorsqu'elle est de nature, d'une façon persistante, à créer, selon l'expression du Ministre de la Sûreté Intérieure, le 1 er janvier 1941, " chez les lecteurs, un état d'esprit qui les ferait s'abstenir de coopérer à l'effort national et qui pourrait même les conduire à l'entraver ". Un journal peut, pour ces motifs, être suspendu temporairement ou d'une manière permanente, comme ce fut le cas du Daily Worker, entre 1941 et août 1942.

En s'occupant du matériel de presse, la Division de Censure de Presse a une double tâche à remplir: la première consiste, comme on l'a déjà dit, à veiller, dans toute la mesure du possible, à ce que rien de ce qui pourrait être utile à l'ennemi ne paraisse dans aucun journal, revue ou livre publié en GrandeBretagne, en second lieu il lui faut libérer pour le public la quantité maximum d'informations dans le moins de temps possible.

L'exécution convenable de cette tâche dépend de la coopération volontaire des directeurs: ils l'ont donnée avec empressement. Chaque directeur a en sa possession un document connu sous le nom de " Avis sur la Défense " élaboré par accord mutuel, avant la guerre, par des représentants de la Pressé et des divers Départements gouvernementaux, et contenant une liste des sujets sur lesquels rien ne devrait être publié sans l'avis du censeur. La liste a été revisée de temps à autre et elle est supplementée par des Lettres confidentielles aux directeurs, selon que les circonstances l'exigent.

Le système de la censure fonctionne de la manière suivante:

Le matériel est soumis volontairement, soit directement, soit par la poste à la Section de l'Intérieur de la Division de Censure de Presse, par les journaux quotidiens et hebdomadaires, et par les agences d'informations qui desservent des abonnés dans ce pays. Les censeurs et les employés de la section travaillent 24 heures par jour et tous les jours de l'année, et ils peuvent être consultés à n'importe quel moment.

Les articles et les informations soumis doivent porter clairement indiqués (a) le nom du journal et (ou) de l'agence qui les soumet (b) le titre ou le sujet traité (c) la catégorie du sujet: Airs, Mer, Affaires militaires, Divers.

Les épreuves sont examinées selon la priorité de réception, sauf dans le cas où la copie est requise pour les journaux de l'aprèsmidi ou du soir, ou pour distribution immédiate par les agences, et où elle passe avant le matériel moins urgent. La copie pour les journaux du matin ou du dimanche a également le pas sur celle des périodiques, à moins que ceux ci ne risqueraient d'avoir à en souffrir.

Si des mots ou des phrases d'un article sont supprimés par les censeurs, aucune autre altération n'est introduite dans le texte, sauf lorsqu'elle est nécessaire pour en préserver le sens ou pour dissimuler la coupure. Si des articles ne peuvent pas être passés, ni passés avec des coupures, ils sont " retenus " en guise de précaution contre une publication possible à une date ultérieure et le soumettant est avisé en conséquence. Dés qu'il est définitivement confirmé que le matériel soumis n'a guère de chance d'être jamais autorisé, ou qu'il n'aura plus de valeur quand il le sera plus tard, il est marqué " nonapprouvé ". Le soumettant peut, en tout cas, le soumettre ultérieurement si les circonstances changent .

La Section des Nouvelles de l'Intérieur a, à sa disposition, un service de conseillers compétents pour formuler des avis autorisés sur les informations et récits concernant les forces armées. Pour assurer un traitement rapide et uniforme du matériel scientifique, une Section Technique de spécialistes existe pour la censure du matériel de presse soumis par les journaux techniques ou commerciaux.

Pour la direction, au jour le jour, des journalistes, la Section de Coordination et de Direction, confiée à quatre directeursadjoints et fonctionnant à toutes les heures du jour et de la nuit, publie des listes régulières de " Stops ", de "Qualified Releases" (cellesci suivent la suppression des stops mais maintiennent certaines restrictions ordinairement d'un caractère technique) et des " Releases " concernant les nouvelles et les informations générales.

Les télégrammes de presse venant de l'extérieur ne sont pas censurés dans ce pays, puisqu'en général ils ont été approuvés au lieu d'origine, pas plus que les messages téléphoniques de presse de provenance extérieure, bien que ces derniers soient soumis à une surveillance.

Les photographies sont examinées par la Section Photographique qui se charge non seulement de la censure des photos soumises par la presse intérieure, mais aussi de l'examen de colis postaux contenant des photos de presse destinés à être publiées en GrandeBretagne.

Enfin, des arrangements sont faits par l'intermédiaire de la Section de Vérification et de Correspondance pour scruter un aussi grand nombre que possible des journaux publiés dans le RoyaumeUni, à des fins de sécurité. Des mesures sont prises, chaque fois qu'il est nécessaire, pour rappeler aux directeurs leurs responsabilités et c'est grâce au travail de cette section que, dans un cas grave, des poursuites pourraient être intentées.

(II) Nouvelles officielles et conférences de presse

Toutes les nouvelles gouvernementales sont communiquées à la presse par l'intermédiaire de la Division des Nouvelles du Ministère de l'Information qui reçoit les communiqués, les annonces spéciales et les récits de tous les Services armés et des autres Départements, ainsi que des autres divisions du Ministère. En outre, par arrangement spécial avec la B.B.C., la News Division est chargée de fournir aux journalistes, à l'avance, des copies des radiodiffusions des programmes pour l'intérieur et pour l'étranger. Les informations fournies par ce moyen atteignent une moyenne journalière de 35.000 mots et, bien qu'une certaine proportion seulement en parasse sous la forme dans laquelle elle a été remise, les journaux préférant rédiger leur propre copie, elles sont très utilisées à des fins de référence.

Les conférences de presse auxquelles des experts apportent des renseignements de base sur les informations relatives à leurs departements, sont tenues régulièrement par le Foreign Office (Ministère des Affaires Étrangères), par le Ministère de la Guerre Économique, par l'Amirauté, par le Ministère de l'Air, et par le War Office (Ministère de la Guerre). En ces occasions, les journalistes ont la possibilité de chercher des éclaircissements ou des amplifications de n'importe quel communiqué ou annonce officielle. De plus, il y a, de temps en temps, des conférences spéciales où des Ministres et d'importants visiteurs d'outremer, des membres de gouvernements alliés et des hommes qui ont pris part à des raids combinés et à d'autres engagements militaires, navals ou aériens importants ou dramatiques, sont " interviewés " publiquement par les journalistes. La tenue de ces conférences est une innovation du temps de guerre, sauf dans le cas du Foreign Office.

(III) Correspondants de guerre officiels

Les journaux qui desirent envoyer des correspondants dans n'importe quelle zone de bataille doivent en demander la permission au Ministère de la Guerre. Quand elle a été accordée, un correspondant se voit remettre un uniforme portant un insigne distinctif et il est libre de se rendre à sa destination selon que le permettent les moyens de transport. En règle générale, les journaux peuvent en envoyer 2, les agences 3, sur n'importe quel théâtre de guerre établi. Au début de décembre 1943, il y avait 103 correspondants de guerre accrédités de GrandeBretagne sur les théâtres actifs d'opération. Entre septembre 1939 et décembre 1943, 4 furent tués et 1 blessé.

Le droit des correspondants sur le champ de bataille à la plus grande liberté d'action possible, dans les limites imposées par la situation militaire, est pleinement reconnu. Là où la nature des opérations ne permet pas d'accorder les mêmes facilites à tous les correspondants, de un à dix d'entre eux sont choisis, à tour de rôle, et leur copie est mise à la disposition de toute la presse. Ce système, connu officieusement sous le nom de système de mise en commun des informations britanniques, est sous la juridiction des autorités militaires qui ont le pouvoir de limiter ou d'accroître le nombre des correspondants couvrant un engagement ou une série d'engagements. L'un des meilleurs exemples du fonctionnement de cesystème fut fourni par le raid de Dieppe du mois d'août 1942, lorsque feu A. B. Austen, du Daily Herald, couvrit l'opération pour toute la presse de Londres.

Les journaux peuvent, s'ils le préfèrent, " partager " un correspondant de guerre. Cela veut dire qu'ils sont également responsables du paiement de son traitement et de ses frais, et qu'ils ont un droit égal à sa copie. Cela arrive souvent quand très peu de correspondants sont autorisés sur un théâtre quelconque. Le " partage " se fait également entre des journaux de GrandeBretagne et des Dominions, et il n'est pas rare que le correspondant d'un journal australien, dans le Pacifique, envoie une copie de ses dépêches à un journal de Londres, à un taux de paiement convenu d'avance.

Dans les airs, les journalistes ont été autorisés à prendre part à des vols d'opération, notamment à bord de Sunderland, sur le Baie de Biscaye, et de Lancaster ou de Halifax, sur Berlin. De ce côtélà, la procédure normale est que le Ministère de l'Air prévient la presse des dispositions prises à cet effet.

La même pratique est adoptée par l'Amirauté, et des correspondants ont couvert des engagements navals du pont de contretorpilleurs, de cuirassés et de porteavions.

(IV) Correspondants de guerre locaux

Lorsque des préparatifs contre une invasion possible furent entrepris dans ce pays, en juin 1940, les journaux, en liaison avec le Ministère de la Guerre, établirent (a) un groupe central de 8 correspondants de guerre à Londres qui devaient se rendre, en cas de débarquements ennemis, et moyens de transport permettant, aux zones affectées pour couvrir les opérations de combat, (b) des correspondants accrédités dans tous les bureaux de journaux provinciaux qui, en cas d'incidents dans leur zones seraient devenus immédiatement des correspondants de guerre pour cette région. Ces correspondants furent choisis parmi les personnels réguliers des journaux du matin et du soir des provinces. Par accord avec le Ministère de la Guerre, leur copie devait être mise à la disposition non seulement de leurs propres journaux, mais aussi des agences de distribution générale Cet arrangement reste encore en vigueur.

(V) Reporters des Services

Comme service supplémentaire à la presse, destiné non pas à concurrencer mais à combler les lacunes laissées inévitablement par les correspondants de guerre, le Ministère de la Guerre a créé un service appelé l'Officer Observer Scheme, qui fournit des récits vivants des activités de l'Armée britannique aux journaux de province. Ce système fut inauguré dans le MoyenOrient, en février 1943, lorsque 6 officiers, ayant une expérience journalistique, se virent confier la tâche de recueillir des histoires à couleur locale qui conviendraient particulièrement à leur publication dans la région natale du soldat ou du régiment en cause. La copie était rédigée et envoyée au siège des Relations Publiques du Commandement du MoyenOrient. Les histoires susceptibles d'avoir un intérêt dépassant le cadre purement local, et que des journaux nationaux pourraient utiliser, étaient distribuées comme communications officielles aux correspondants de guerre sur place. Le reste était expédié, par air, après avoir été censuré, au Ministère de la Guerre et, de là, au Ministère de l'Information, pour distribution. Le contenu était souvent révisé et édité par les sections régionales du Ministère avant d'être finalement libéré. Le service eut un réel succès et il fonctionne maintenant, sur le même modèle, dans tous les théâtres de guerre d'outremer. De 60 à 100 communications sont ainsi préparées pour chaque consignation de matériel de presse envoyé par la voie des airs en GrandeBretagne. La copie des champs de bataille de Sicile et d'Italie et de l'Afrique du Nord était aux soins du quartiergénéral de l'Afrique du Nord; celle de Palestine, de la Syrie, de l'Egypte, etc, à celui du MoyenOrient.

L'Amirauté opère un peu sur les mêmes données dans ce pays. Un certain nombre d'officiers ayant fait du journalisme avant la guerre et stationnés dans divers ports britanniques sont prêts à naviguer dans les eaux métropolitaines. Leur fonction est de fournir du matériel aux journaux et des articles aux magazines pour ajouter aux matériaux recueillis et préparés par les reporters de guerre accrédités.

Du matériel supplémentaire de presse est fourni également par le Ministère de l'Air, par l'intermédiaire de son importante branche des Relations Publiques. En GrandeBretagne, chaque région est couverte par une section distincte composée de plusieurs officiers recrutés parmi des journalistes du temps de paix. Chaque section soumet sa copie au directeur central de Londres, dont la fonction est de veiller à ce qu'elle soit placée de la manière la plus utile et la plus avantageuse. Bien des officiers des relations publiques sont qualifiés comme canonniers d'aviation et ont pris part à des vols d'opération. Outremer, les officiers de Relations Publiques ont surtout la charge de conduire des correspondants de guerre et de satisfaire autant que possible à leurs besoins de nouvelles.

(VI) Reportage sur le "front intérieur"

Des facilités sont accordées aux journalistes nationaux et provinciaux en ce qui concerne la visite de bases navales, de camps de l'armée, de stations de la R.A.F. et d'usines du Ministère du Ravitaillement et du Ministère de la Production Aéronautique. Les visites sont organisées par la Section de Réception et Facilités du Ministère de l'Information, en liaison avec le Département intéressé.

La Maind'¦uvre et la Presse

(i) Général. Avant la guerre, il y avait environ 9.000 journalistes dans ce pays. Plus d'un tiers de ce nombre est maintenant dans les forces armées et une proportion appréciable du reste est occupée à des travaux nonjournalistiques. Du côté de l'imprimerie, au moins 100.000 hommes et femmes ont été transférés de l'industrie de la presse à d'autres travaux.

(ii) Hommes. En septembre 1939, une nomenclature des occupations réservées fut introduite, en vertu de laquelle les exemptions s'appliquaient au groupes suivants d'hommes dans l'industrie des journaux:

(1) Rédaction: membres de la rédaction des journaux (y compris les photographes), périodiques et agences, de 30 ans ou plus.

(2) Administration: comptables, secrétaires de compagnie, directeurs de bureau; chefs de sections; secrétaires et caissiers principaux; secrétaires généraux, comptables, de 30 ans ou plus. Sténographes de 35 ans ou plus. Chefs de maind'¦uvre, de travail et leurs adjoints, directeurs d'usine, chefs de département et employés audessus du rang de contremaître, de 25 ans ou plus, à moins qu'ils ne soient autrement et spécifiquement exemptés.

(3) Mécanique: compositeurs; linotypistes, monotypistes et intertypistes; conducteurs de presse, stéréotypistes; électrotypistes; lithographes, ouvriers sur cuivre et acier; employés de la photogravure et de la phototypogravure; relieurs et tous autres ouvriers d'imprimerie non autrement exemptés, de 30 ans ou plus: à l'exclusion des employés des entrepôts.

(4) Distribution: chauffeurs de camions lourds et de tracteurs de 25 ans, chauffeurs de véhicules commerciaux de 30 ans.

A ce stade, les hommes " réservés " n'étaient pas autorisés à s'enrôler volontairement dans le service permanent dans aucun des Services de la Défense Nationale, sauf dans le Service Auxiliaire des Pompiers, s'ils s'y étaient enrôlés avant janvier 1939.

Les journaux désireux de faire ajourner ceux des membres de leur personnel que ne couvrait pas la Nomenclature des Occupations Réservées, devaient s'adresser individuellement, par l'intermediaire du Ministère de l'Information, au Ministère du Travail et du Service National.

Au début de 1940, le réglement interdisant aux " réservés " de s'enrôler volontairement dans les Forces Armées, fut rapporté.

En juin de la même année, pour répondre à l'appel urgent aux ouvriers spécialisés pour les usines, après l'effondrement de la France, les journaux de province et l'industrie générale de l'imprimerie, offrirent volontairement de transférer autant que possible de leurs meilleurs ouvriers à l'industrie des armements. Le transfert fut organisé par des comités locaux composés de représentants du Ministère du Travail et des organisations ouvrières et patronales. Plusieurs centaines d'ouvriers passèrent, en conséquence, à la production de guerre.

A la fin d'avril 1941, l'âge de " réserve " des grades mécaniques fut porté de 30 à 35 ans. Cela eut pour effet d'augmenter immédiatement le nombre des demandes d'ajournement puisqu'à cause du travail des comités dont nous avons parlé, bien des journaux, du moins dans les provinces, fonctionnaient avec un minimum, ou presque, de personnel d'imprimerie, et cela conduisit à la création, de 4 groupes de délégués expérimentés de journaux, représentant respectivement les quotidiens nationaux, les journaux de province, les périodiques et les agences d'information, pour conseiller le Ministère du Travail en cette matière.

En juillet 1941, l'application de la Nomenclature révisée des Occupations Réservées, à l'industrie journalistique, eut pour effet, pendant un temps donné, de: (a) élever l'âge d'exemption des membres des personnels de la rédaction, de l'entretien et de la distribution à 35 ans, sauf dans le cas des télégraphistes et des chauffeurs de gros camions de presse pour qui il resta fixé à 25, (b) déréserver la majorité des ouvriers mécaniciens et des membres du personnel administratif, les exceptions dans le premier cas étant les ouvriers linotypistes et intertypistes, les fondeurs de monotypes, les stéréotypistes, les électrotypistes et les conducteurs de presse, et dans le second cas, les comptables, les directeurs de tous grades et des autres grades de production audessus de celui de contremaître non autrement et spécifiquement réservés. Le système du travail " protégé " (réservation, à un âge inférieur à celui prévalent généralement dans son occupation d'un individu accomplissant un travail d'importance nationale), introduit dans la Nomenclature révisée, n'eut pas d'effet pratique sur les journaux puisque l'industrie ne réclamait pas de protection.

A partir du 1 er janvier 1942, alors que l'ajournement individuel fut substitué dans toute l'industrie à la réservation en block, les membres du personnel des journaux âgés de 35 ans et plus, devinrent passibles du service militaire. Un système de déréservation graduelle fut institué, en vertu duquel les âges de réservation étaient élevés d'un an, le premier de chaque mois. Dés lors, le Ministère de l'Information cessa d'être le canal des demandes d'ajournement qui furent adressées directement au Ministère du Travail et du Service National, lequel en reférait aux quatre groupes indiqués plus haut. Le Ministère du Travail désignait un de ses fonctionnaires comme secrétaire du comité.

En offrant leurs avis au Ministère, les groupes appliquèrent deux pierres de touche aux demandes d'ajournement: le travail estil d'importance suprême, et la personne en cause estelle impossible à remplacer ?. Il est extrêmement rare que l'ajournement soit recommandé dans le cas d'un homme de moins de 30 ans. Jusqu'à présent, 7.000 demandes, y compris des renouvellements, ont été examinées de cette manière.

Jusqu'à il y a six mois, par accord entre le Ministère et l'industrie, aucun homme occupé du côté mécanique de la production journalistique et ayant dépassé l'âge militaire n'a été affecté par l'Ordonnance de mars 1941 sur l'Inscription pour le Travail, qui stipulait que tout homme, jusqu'à l'âge de 50 ans pouvait, s'il n'était pas déjà employé au mieux de l'intérêt national, être envoyé obligatoirement au travail dans des industries essentielles. En juillet 1943, les associations de journaux furent invitées à examiner la situation dans le but de libérer autant d'ouvriers mécaniciens que possible pour la production de guerre. Un plan fut donc mis sur pied (et il est toujours en vigueur) en vertu duquel les journaux sont requis de soumettre au Ministère du Travail une déclaration complête sur leur personnel, leur outillage, leur tirage etc. Ces déclarations sont soumises aux groupes à qui ont été ajoutés des représentants des syndicats. Ces nouveaux groupes sont appelés des Comités consultatifs industriels. Les conclusions tirées de ces déclarations guident les comités dans leurs recommandations au Ministère du Travail.

(iii) Femmes. Au commencement de la guerre, les femmes furent employées, dans une certaine mesure, à remplacer les hommes dans la production des journaux, à la fois du côté de la rédaction et de celui de la mécanique. Au début de 1941, des accords spéciaux furent élaborés par les organisations des employeurs et par les syndicats intéressés, pour régler les conditions d'emploi des femmes dans les imprimeries où, jusqu'alors, elles n'avaient pas été admises.

La loi de 1941 sur le Service National, qui introduisit la conscription des femmes, ralentit le rythme d'adjonction sur ces données puisque les femmes de moins de 25 ans, et plus tard de moins de 30, n'étaient pas autorisées à entrer dans cette industrie. De celles qui y étaient déjà engagées, les femmes de 30 ans ou plus ont été, en général, autorisées à y rester, celles de 26 à 30 ans sont dans le cas des " substituts de priorité ", c'estàdire qu'elles sont autorisées à poursuivre leur travail jusqu'au jour où, soit le journal qui les emploie,, soit le Ministère du Travail, leur trouve un remplaçant convenable; celles en dessous de 26 ans ont été, sauf dans des cas exceptionnels, transférées dans les services armés ou dans des fabriques d'armements.

Ce sont les Bureaux de la main d'¦uvre régionaux du Ministère du Travail et du Service National qui s'occupent de l'ajournement individuel des femmes.

Photographie de Presse

(I) Général

Avant la guerre, la presse britannique était illustrée à profusion. Dans la plupart des journaux, les photographies couvraient une page entière et elles accompagnaient le texte des informations et des articles spéciaux. Il n'y avait guère d'uniformité dans l'illustration puisqu'à part les services d'agences, les quotidiens nationaux, les principaux journaux du soir et beaucoup des grands journaux de province demandaient à leurs propres photographes, au nombre de 25 à 30 dans certains cas, des photos dont ils préféraient toujours avoir l'exclusivité. Seuls les petits journaux de province qui ne pouvaient se permettre d'avoir tant de photographes et pour qui l'exclusivité n'était une considération primordiale, s'en remettaient uniquement aux agences et, même alors, seulement pour couvrir des évènements en dehors de leur voisinage immédiat.

Depuis 1939, la situation a fondamentalement changé. La pénurie de maind'¦uvre a entraîné une diminution d'environ 75 % du personnel permanent des divers journaux; la pénurie de papier a déterminé une réduction considérable des photos reproduites. En général, l'espace restreint, la circulation limitée et la diminution de la maind'¦uvre disponible ont accentué la tendance des journaux à n'utiliser qu'une photo ou deux seulement pour illustrer les grandes nouvelles sans se soucier de l'exclusivité.

(II) Situation des photographes en Angleterre

En septembre 1939, une Ordonnance sur le contrôle de la photographie fut publiée à l'effet d'interdire la prise de photos de presque tous les sujets de guerre. Cette interdiction concernait non seulement les camps, les aérodromes, les arsenaux, les mouvements de troupes etc, mais aussi les usines, les hôpitaux, les lieux bombardés et même les groupes de personnes évacuées. L'ordonnance fut immédiatement suivie de l'octroi d'exemptions à un certain nombre de photographes employés par les journaux et par les agences qui reçurent un passe officiel leur permettant de photographier tous les sujets prescrits, dans n'importe quel lieu public, à la seule condition que les épreuves fussent soumises à l'approbation de la censure avant leur publication. Les photographes désireux de prendre des vues à l'intérieur des usines, des camps militaires, etc, doivent se procurer un permis ad hoc, mais dans presque tous les cas cette autorisation est automatiquement accordée à ceux qui possèdent un passe official. Des exceptions se produisent dans certaines institutions des services armés telles que les aérodromes et les bases navales et dans diverses parties du pays comme les zones côtières interdites, où, pour des raisons de sécurité, les photographes indépendants ne peuvent pas être admis. Dans de tels cas le photographe officiel du service intéressé remet aux photographes de presse les vues dont ils ont besoins.

(III) Photographie des forces armées

En outre des régions spécifiées de GrandeBretagne, il y a, outremer, des territoires où des photos ne peuvent être prises que par le service officiel de photographie des forces armées qui s'y trouvent. L'Armée a organisé ces photographes en un corps régulier, The Army Film and Photographic Service. Ils sont recrutés parmi les photographes de presse du temps de paix qui ont le grade de sergents techniciens, lesquels sont organisés en sections spéciales et chargés de couvrir tous les aspects possibles de la ligne de combat du front aussi bien que les sujets particulièrement intéressants immédiatement en arrière des lignes. Avant d'être acceptés par l'A.F.P.S., ils doivent subir la période d'entraînement normalement donnée au soldat combattant et avoir suivi un cours spécial d'instruction sur les besoins particuliers et les difficultés de la photographie de la bataille. De cette manière, ils sont mis à même de faire leur travail avec un maximum de satisfaction dans les conditions les plus dures de la bataille.

La Marine de Guerre et la Royal Air Force ont des groupes analogues mais moins nombreux de photographes officiels différemment organisés pour couvrir des opérations plus dispersées. Le Ministère de l'Information a, lui aussi, un certain nombre de photographes employés principalement à couvrir les sujets industriels et autres où des considerations de sécurité interviennent, et les événements qui, dans les circonstances présentes, ne pourraient pas être couverts par les photographes des journaux ou des agences de presse.

(IV) Méthodes de distribution

Les photos officielles prises dans ce pays sont, après avoir été censurées, distribuées par la Division Photographique du Ministère de l'Information, selon un système de roulement, aux principales agences. Sous le système britannique normal, les agences soumettent des copies des photographies à la presse qui ne paye que celles qu'elle publie, à un prix convenu mutuellement entre le Ministère et la presse. Les photos des zones de bataille sont transmises par la voie des airs et par radio au Ministère et distribuées de la même manière. Les photos officielles des Dominions, de l'Inde et des colonies, sont traitées de la même façon.

Le Ministère de l'Information dispose d'une bibliothèque centrale par laquelle il est pourvu aux besoins spéciaux des périodiques (tels que l'Illustrated London News), des journaux techniques et commerciaux. Les livres, les expositions, les projections sur l'écran, les bandes cinématographiques etc, sont manipulés par le même mécanisme.

La Presse industrielle

Comme toutes les autres sections de la presse britannique, les journaux techniques et commerciaux servant les affaires et l'industrie ont été affectés par la pénurie de papier et par les règlements relatifs au volume et au format. En outre, ils ont été exposés à la perte d'une bonne partie de leurs sujets du temps de paix puisque (a) chaque fois qu'une industrie transférait son outillage ou son équipement de distribution à la production de guerre, ses activités ne purent plus être indiquées dans la presse, (b) la réduction drastique de la production pour les besoins civils normaux a empêché presque partout l'apparition de nouveautés susceptibles d'intéresser la presse.

En raison des restrictions sur le papier, les journaux commerciaux et techniques utilisent des papiers plus légers. Comme la presse populaire, ils ont recours aux titres brefs, aux caractères condensés, aux petites photos et à la copie raccourcie. Quelques uns ont changé leur format pour le ramener au format de poche, ce qui leur a permis de maintenir leur service rédactionnel tout en augmentant le nombre des annonces qu'ils peuvent insérer, et ainsi d'augmenter leurs recettes puisque les prix des journaux restent les mêmes. D'autres, particulièrement les organes les plus techniques qui auraient eu de la peine à réduire la grandeur de leurs dessins, de leurs plans et de leurs diagrammes, ont diminué le nombre de pages de chaque numéro.

De nouveaux sujets ont été trouvés pour remplacer les anciens. Prévoyant, au début de la guerre, qu'un accroissement de la demande en ce qui concerne l'entretien et la réparation suivrait la diminution de rendement de nouveaux produits à un moment où les manufacturiers auraient de plus en plus de peine à assurer ce service, la presse industrielle s'est attachée à recueillir, à classer et à publier des renseignements de cette nature. Il n'est pas rare de voir des pages de journaux techniques affichées dans les usines pour renseigner les chefs ou les contremaîtres au sujet d'un procédé ou d'une machine quelconque. De plus, les journaux donnent des directives individuelles par la poste, mettant ainsi les lecteurs en rapport avec les nouvelles sources de fourniture, les conseillant sur les substituts, leur suggérant des dessins alternatifs et agissant comme maisons de clearing pour des commandes.

La presse industrielle tire également profit des facilités gouvernementales pour la visite des fabriques de munitions, des chantiers de constructions navales et maritimes, des dépôts etc, et elle publie des informations spécialisées sur l'organisation et sur les procédés industriels courants.

Du fait de la dispersion de l'industrie et de l'enrôlement des hommes dans les forces armées, ils consacrent davantage d'espace qu'avant la guerre aux nouvelles d'ordre personnel.

Une de leurs fonctions les plus importantes a été, et elle est toujours, de rapporter et d'interpréter les règlements édictés par le gouvernement. Outre qu'ils résument les décrets et les ordonnances sous une forme concise facile à comprendre par les industries intéressées, ils exercent leur droit de formuler des critiques considérées et constructives en conséquence desquelles des modifications ont été souvent apportées aux règlements originels, au profit du commerce et de la production de guerre en général. A ce sujet, le directeur d'un grand groupe de journaux industriels disait au début de 1943: " En disséminant ces renseignements essentiels parmi les manufacturiers, les marchands de gros et les détaillants intéressés, la presse commerciale a rendu, d'une manière très économique, un service qui a contribué d'une façon appréciable, à l'organisation efficiente du commerce et de l'industrie dans les conditions du temps de guerre. On peut même aller plus loin et dire que les Ministères utilisent la presse commerciale comme le seul moyen pratique de répandre certaines informations vitales."

Le standard de publicité commerciale et technique s'est amelioré durant la guerre du fait que plusieurs grandes agences de publicité ont tourné leur attention de ce côtelà en raison du déclin forcé des annonces de presse en général. La presse industrielle peut et doit toujours avoir la même proportion entre la publicité et la matière rédactionnelle qu'avant la guerre. Les Départements gouvernementaux qui ont affaire à l'industrie, le Ministère du Ravitaillement (Bureau de Récupération), le Ministère de la Production industrielle et le Ministère du Commerce spécialement, utilisent constamment de la place pour des annonces dans la presse industrielle.

Le petit journal

La principale fonction, en temps de paix, des journaux hebdomadaires de province, y compris ceux qui ont un tirage inférieur à 10.000 numéros, était de donner un compterendu complet et exact des nouvelles locales. C'est par l'instrument impartial des petits journaux que des millions d'habitants de la GrandeBretagne étaient tenus au courant des évènements, au jour le jour, des courants d'opinion et des développements survenus dans les districts ou dans les groupements particuliers où ils vivaient.

Durant toute la guerre, les petits journaux ont continué à fournir ce service essentiel qui a pris de l'importance du fait des mouvements des populations industrielles et de l'envoi, outremer, avec les forces armées, d'hommes et de femmes de leurs localités. Des exemplaires sont expédiés dans d'autres parties du pays et aux zones de bataille d'outremer où ils servent de liens précieux avec le foyer.

Les journaux hebdomadaires locaux ont également servi à la reproduction des décrets et déclarations du gouvernement sous la forme la plus utile à leur propre localité. Par exemple, quand un hebdomadaire couvre une région agricole, il fait en sorte que les fermiers et les autres personnes intéressées de cette région se rendent bien compte des effets que ces ordonnances auront sur leur industrie particulière.

La restriction de la consommation de papier les a obligés, comme la presse quotidienne, à diminuer le nombre de leurs pages. Un petit nombre d'hebdomadaires ont réduit leurs éditions à 4 pages, la majorité d'entre eux tirent sur 8 pages.

La nécessité de maintenir le volume des nouvelles locales dont les annonces telles que celles des naissances, des mariages, des décès, des ventes locales aux enchères, des avis officiels etc, seraient considérés comme en faisant partie, a entraîné une réduction du nombre des articles publiés. Quand ces articles paraissent, ils sont appréciés davantage pour leur utilité à la communauté conseils aux ménagères sur les problèmes d'alimentation, conseils aux fermiers sur la manière de surmonter des difficultés du temps de guerre‹que pour leur valeur de distraction.

Une plus grande proportion d'espace, dans les journaux de province est consacrée aux annonces classées qu'à une catégorie quelconque de réclame. Une étude tirée des conclusions d'une enquête du journal américain Editor and Publisher et publiée dans le Wartime Trading Bulletin No 94 déclarait qu'un examen minutieux de 37 journaux de province, choisis au hasard, révélait que les annonces classées occupaient 31:5 % de la place réservée à la publicité. Les articles ménagers venaient au second rang avec 14:4 %; les médicaments patentés au troisième avec 10:5 %, et le gouvernement au quatrième avec 9:6 %. Les journaux examinés avaient une moyenne de 6 ou 7 pages et la moitié de leur contenu était considérée comme du matériel de rédaction.

La distribution du petit journal hebdomadaire a été peu affectée par les conditions de transport en temps de guerre. Les journaux étant plus légers et de format moins grand, prennent moins de place dans les trains. Quand des camions sont utilisés pour les livraisons, une allocation d'essence est faite au journal par le Bureau de l'Essence. Dans les cas où un litige surgit au sujet de la quantité allouée, la Newspaper Society intervient au nom du journal et un arrangement satisfaisant est ordinairement conclu.

La mobilisation du potentiel humain pour les forces armées et pour l'industrie a causé de réelles difficultés et parfois de sérieux préjudices aux petits journaux. Un questionnaire adressé, en mars 1942, à quelque 130 journaux de province, révéla que 80 hebdomadaires n'avaient plus qu'un seul homme restant dans au moins un de leurs département et que 58 auraient été obligés de fermer s'ils avaient perdu davantage d'hommes. En fait, aucun n'a cessé de paraître, mais la majorité d'entre eux sont publiés par des hommes ayant dépassé l'âge militaire, avec l'aide d'hommes rentrés du régiment, de réformés et de garçons et de filles endessous de l'âge militaire. Dans un cas, par exemple, où tout le personnel d'avantguerre d'un petit journal hebdomadaire était parti, le propriétairedirecteur était à la fois son propre reporter, son correcteur et il donnait la main à la révision de morasses et à la mise en page. Son personnel d'imprimerie se composait d'un jeune homme de 18 ans, d'un autre de 17, de trois de 15 ans et d'un de 14.

Fleet Street durant le blitz

Les bureaux de bien des journaux de Londres et de la province furent détruits ou endommagés durant les raids aériens de 1940 et de 1941. Un seul manqua sa publication, mais ce ne fut que pour une édition seulement.

Les journaux de Londres avaient pris des dispositions pour continuer de paraître en province si la métropole devenait intenable. Aucun cependant ne fut forcé de recourir à cet expédient. Les arrangements faits avant la guerre pour l'utilisation d'autres installations, en cas de nécessité, suffirent généralement à entretenir un rendement et une distribution ininterrompus. Lorsque ces arrangements furent rendus inopérants par l'action ennemie, la lacune ainsi créée fut comblée par l'improvisation et par la coopération au sein de l'industrie. Le cas du News Chronicle en fournit une bonne illustration. La nuit du 10 mai 1941, les bureaux de ce journal, dans Bouverie Street, furent complètement démolis par des bombes. Son outillage de secours de Commercial Wharf avait été brisé au cours d'un raid précédent et son plan de continuation de sa production avec l'outillage des News of the World ne pouvait pas être appliqué à cause d'un incendie dans le bâtiment de cet organe. Le transfert eut donc lieu en un autre endroit, Allied Newspapers, où dix presses furent rendues immédiatement disponibles pour le News Chronicle. Celuici, en conséquence, put continuer de paraître sans que le public, en général, fût conscient du changement de source.

Les embarras causés à la distribution par la rupture des communications téléphoniques entre Fleet Street et les provinces, furent minimisés par les mesures prises par le Ministère de l'Information et par l'Administration Centrale des Postes, qui purent organiser rapidement des services d'alternative. Après le raid de la nuit du 10 mai 1941, de nombreuses agences et les employés de plusieurs journaux s'installèrent temporairement dans l'une ou l'autre de ces institutions pour rétablir le contact avec leurs services du reste du pays.

Les dégâts principaux, dans la zone de Fleet Street, furent occasionnés en deux nuits.

La première fut celle du 29 décembre 1940. Cette nuitlà, l'église St. Bride, " la cathédrale de Fleet Street ", fut réduite en cendres; Paternoster Row (le grand centre d'édition) fut détruit et les agents de publicité, les imprimeurs et les diverses maisons de commerce de ce quartier eurent leurs établissements incendiés ou sérieusement endommagés. Les bâtiments de presse euxmêmes furent moins affectés, bien que l'incendie ne put pas être maîtrisé au siège de l'Associated Press et que des dégâts légers furent infligés par des bombes incendiaires aux bureaux du Daily Telegraph. Le local du Daily Express fut atteint par des bombes incendiaires.

La seconde fut celle du 10 mai 1941. Outre que le vieux bâtiment du Daily News, dans Bouverie Street, et celui du News of the World, de l'autre côté, furent détruits, la partie haute de Shoe Lane où se trouvaient les locaux du Morning Advertiser et du Leader, le bâtiment abritant le World's Press News, l'Advertising World, Condé Nast (couvrant Vogue et Stitchcraft) et d'autres publications, fut complètement incendié. Les Bâtiments de l'Odhams Press qui avaient été utilisés pour l'impression du Daily Herald et du People jusqu'à la réduction du format des journaux furent sérieusement endommagés, tout comme le fut Salisbury Square House, où la Newspaper Society avait des bureaux,

Les journaux de province avaient fait des arrangements, d'accommodation en cas d'urgence analogues à ceux de la presse londonienne et les bureaux et les machines des journaux des villes voisines furent mis, en vertu de ce plan, à la disposition des victimes des raids aériens. Le cas du South Wales Argus, de Newport, Monmouthshire, montre le degré d'efficience d'organisation et d'adaptabilité exigé pour de tels transferts. Après un raid sur Cardiff, en mars 1941, qui eut pour effet l'évacuation forcée des locaux du Western Mail (matin) et du South Wales Echo (soir) où, en outre, le South Wales Evening Post était tiré pour Swansea, à cause d'un raid précédent sur cette ville, les services de ce journal de Newport produisirent trois journaux du soir et un du matin, c'estàdire toute la presse quotidienne du sud du Pays de Galles, en moins de 20 heures Deux des journaux du soir avaient dû être édités dans la même salle, composés sur la même batterie de machines, clichés avec le même outillage et imprimés sur les mêmes rotatives. La production des journaux dans les provinces durant les raids aériens fut encore compliquée par les dégâts causés aux services publics: eau, gaz, électricité. Après le raid sur Bristol, en novembre 1940, le Western Daily Press sortit une édition de fortune ‹ une seule feuille à 7 colonnes imprimée d'un côté seulement sans l'aide d'électricité ou de gaz, sur un marbre plat. Le Bristol Evening Post tira sa première édition de 20.000 numéros sur 5 duplicateurs commerciaux Gestetner, les éditions suivantes dans des locaux en dehors de la ville.

La Publicité en temps de guerre

(1) Général

Depuis bien des années, la presse britannique dépend de la publicité commerciale qui lui fournit des revenus lui permettant de couvrir une grande partie de ses frais. Cette source supplémentaire de revenus l'a mise à même de se maintenir à un niveau requis tout en restant à l'abri du contrôle gouvernemental des subventions secrètes des partis politiques ou des intérêts privés.

En partie pour cette raison et en partie du fait qu'à partir de la déclaration de guerre le gouvernement reconnut la nécessité de dépenses raisonnables en publicité (le 3 février 1942 le Chancelier de l'Exchiquier déclara, en réponse à une question, à la Chambre des Communes, que l'autorisation ou l'interdiction des dépenses de publicité était déterminée par les mêmes règles que celles qui s'appliquent aux autres dépenses et qu'il ne voyait pas de raison d'introduire un traitement différentiel quelconque), la publicité par la voie de la presse fut autorisée à continuer alors que tous les autres moyens furent, pour ainsi dire abolis par une série d'ordonnances sur le contrôle du papier. Elle fut néanmoins sérieusement réduite à cause (1) de la pénurie de papier, (2) du découragement de toutes les dépenses inutiles et des activités qui n'avaient pas un rapport direct avec l'effort de guerre.

(II) Espace

Pendant les 30 premiers mois de la guerre, l'espace total accordé à la publicité de presse fut l'affaire des divers journaux qui pouvaient disposer à leur guise du papier qui leur était alloué. En mars 1942, toutefois, l'Ordonnance No. 48 sur le contrôle du papier exigea de tous les journaux et périodiques qu'ils missent les limites suivantes aux annonces:

Journaux du matin................................................40 % de leur espace

Journaux du dimanche.........................................4o %

Journaux du soir......................................................45 %

Hebdomadaires, bihebdomadaires,
trihebdomadaires ...............................................55 %

Autres journaux (y compris les feuilles locales ayant la forme de journal)........................................................................55 %

Bulletins d'informations, revues, ou périodiques: le pourcentage moyen de la publicité par rapport à l'autre matériel pour l'année prit fin le 31 août

Le nombre d'éditions consécutives d'après lesquelles lé pourcentage permis de publicité était établi était: journaux du matin  24, journaux du dimanche  13; journaux du soir  24; hebdomadaires, bihebdomadaires et trihebdomadaires  13; tous les autres le nombre d'éditions tirées durant les quatre mois Juilletoctobre 1941, ou durant n'importe quelle période suivante de quatre mois

Aucun pourcentage de l'espace total à utiliser ou à être assigné aux annonces dans aucune édition n'était stipulé, sauf en ce qui concerne les hebdomadaires, les bihebdomadaires et les trihebdomadaires pour lesquels le maximum était fixée à 66 2/3 %.

Les journaux quotidiens ont rarement profité du maximum de place alloué ‹ le Daily Mirror, par exemple, avait en 1938, une moyenne de 28 colonnes d'annonces par jour ‹ en vertu de l'ordonnance sur le contrôle du papier il pourrait encore en consacrer 10-12 à cet effet. En 1943, la moyenne est en fait de 7 colonnes. Généralement parlant, le rapport de 1 à 2 entre toute la publicité et la matière rédactionnelle, qui prévalait en temps de paix, est maintenant de 1 à 3 environ.

(III) Déplacement de media

La ration différentielle d'espace de publicité a entraîné un déplacement des annonces entre les diverses catégories d'organes de presse. Le tableau suivant de 170 classes de marchandises portant une marque, accuse (a) un déclin continu entre 1938 et 1942 des dépenses en annonces dans les journaux du matin et du soir de Londres et dans les journaux nationaux, (b) une augmentation, à partir de 1941, dans le cas des journaux techniques et commerciaux, (c) une tendance analogue en 1942 en ce qui concerne les revues et les journaux de province.

*Sorte de journaux.................................Dépenses
.............................1938...............1939.............1940............1941............1942
.............................£ (sterling).......£ ...................£ ...................£ ...................£
Journaux
du matin
londoniens..7,500,000....6,385,000...4,240,000...2,500,000..2,285,000

Journaux
du soir
londoniens .1,000,000....800,000.......460,000.......300,000......290,000

Journaux
du dimanche
nationaux ...2,320,000...2,100,000....1,700,000...1,200,000...1,000,000

Journaux
techniques......530,000.......440,000.......215,000.......225,000......234,000

Journaux
commerciaux ..420,000.....335,000......226,000........235,000....265,000

Quotidiens
provinciaux..3,650,000...2,900,000..2,125,000...1,800,000...1,875,000

Journaux
hebdomadaires. 1,140,000..960,000...650,000.....620,000........760,000

Revues...........4,100,000...3,750,000...3,065,000...2,560,000...2,685,000

NOTE: Les calculs marqués d'un * ont été établis approximativement, d'après les tableaux publiés dans la Statistical Review, trimestriel contenant les Évaluations des Dépenses de la Presse Nationale de toute la GrandeBretagne Ces estimations sont basées sur la lecture de la presse et sur une compilation de l'échelle des tarifs.

(IV) Annonces individuelles

Les limitations de l'espace général de publicité se sont accompagnées d'une réduction de l'espace alloué par les journaux à la publicité faite par les maisons de commerce. Dans bien des cas, l'espace maximum par annonce pour réclame commerciale maintenant permis est de colonnes de 1O x 5 cm. ou de colonnes de 12:5 x 5 cm., selon le format de la feuille, bien que les campagnes de publicité gouvernementales dépassent ces limites dans des cas spéciaux.

Le désavantage de cette restriction, du point de vue des annonceurs est attenué, dans une certaine mesure par le fait que plus le nombre des annonces dans des journaux de format plus petit est restreint, plus chacune a de chances d'attirer l'attention des lecteurs.

(V) Revenus

La rapport entre les revenus découlant de la publicité et de la circulation des Journaux est maintenant de 25 % à 75 % respectivement, alors qu'il était avant la guerre, de 47 % à 53 %. ` Le revenu net des annoncesréclames, y compris celles du gouvernement et les annonces commerciales et financières a baissé de plus de 50 % depuis la déclaration de guerre. Le tableau suivant donne les chiffres pour les années entre 1938 et 1942:

* 1938................£ 28.500.000
1939...................£ 24.250.000
1940...................£ 17.000.000
1941...................£ 13.250.000
1942...................£ l3.000.000

L'examen des 170 classes de produits de marque au cours de la même période accuse un déclin analogue de 54 %. Pourtant certaines variations sont apparentes dans les différentes classes de marchandises. En valeur monétaire, les annonces de médicaments sont celles qui ont le moins diminué: 27 % contre 44 % pour les articles ménagers, 46 % pour les articles d'alimentation et les boissons, 51 % pour les produits de toilette et de beauté, 55 % pour les articles d'habillement, 73 % pour les automobiles et les bicyclettes 79 % pour la radio les instruments de musique etc, et 83 % pour les meubles et pour les articles de fumeurs.

Le premier signe du renversement de cette tendance à la baisse apparut durant le premier trimestre de 1943, lorsqu'on enregistra une augmentation moyenne des dépenses en annonces de 0:04 % par rapport au trimestre correspondant de1942. (Les six derniers mois de 1942 avaient accusé un ralentissement de la baisse, le déclin total n'étant que de 5:86 % de plus que pendant la période correspondante de 1941 et le nombre des annonceurs étant de 3,057 par comparaison avec 2.599 en 1941.) La courbe montante fut maintenue durant les deuxième et troisième trimestres de cette année, les pourcentages augmentation sur les dépenses des périodes correspondantes de l'année dernière étant 3:38 % et 3:85 % respectivement.

(VI) Tarifs

Les tarifs des annoncesréclames ont généralement augmenté de  20 % à 50 %, comme le montrent les chiffres suivants:
....................................................................................1939......................1943
News Chronicle.

2 cm. 54 sur simple colonne..........................£4 12 6 ............... £8 15 0
Par 2 cm. 54 par col.,
par 1.000 numéros.......................................... .83d............................ 1.75d

Star

2 cm. sur simple colonne...............................£3 0 0....................... £4 7 6
Par 2 cm. 54 par col. par 1.000 ................. 1.47 d.......................... .86d

Daily Express
Prix par 2 cm. 54............................................ £6 10 0 ................... £9 0 0
Par 2 cm. 54 par 1.000........................................ 61d.......................... .86d

Sunday Express
Prix par 2 cm. 54 ..........................................£5 10 0.......................£7 10 0
Par 2 cm. 54 par 1.000................................... .85d.............................1.10 d

Evening Standard
Prix par 2 cm 54..........................................£4 10 11.............................£6 5 0
Par 2 cm. 54 par 1.000....................................2.7d...............................3.04d


(VII) Changements dans la technique des annonces

La réduction de l'espace réservé aux annonces individuelles a nécessité certains changements techniques dans la présentation. C'est ainsi, par exemple que l'utilisation de la " continuité " dans les annonces, est interdite. La tendance à limiter les annoncesréclames au type " affiche " qui s'était manifestée par réaction, chez bien des annonceurs, au début de la guerre, n'a pas persisté. Actuellement, la plupart d'entre eux sont au courant de l'art de la présentation de leur affaire en miniature.

Bien des annonceurs ont résolu les problèmes de l'annonce prestige en reliant leur copie aux campagnes gouvernementales. De cette manière, ils maintiennent le nom de leur produit sous les yeux du public sans risquer de causer de l'irritation en recommandant des produits difficiles à trouver. C'est ainsi que Dunlops insiste sur l'économie des pneus; les Lever Brothers expliquent comment les bas peuvent être lavés " sans Lux "; la Saxone Shoe Company donne des détails sur la conservation des chaussures, à l'appui de la campagne du " Faites durer et raccommodez ". D'autres ont offert leur espace au gouvernement, en en informant le public. Un exemple en est l'espace fourni par la Société des Brasseurs au Ministère de l'Information pour sa campagne du " Qu'estce que je fais ? ".

(VIII) Annonces du gouvernement

Les annonces gouvernementales, dans la presse, né sont pas entièrement une mesure du temps de guerre. Avant 1939, plusieurs Départements, notamment l'Administration générale des Postes, avaient profité des méthodes de publicité pour annoncer certaines innovations. Les développements du temps de guerre se sont effectués principalement dans les domaines de la coordination et de la croissance.

Les campagnes du temps de paix étaient menées indépendamment les unes des autres, le contrôle de la Trésorerie s'exerçant sur les finances seulement et non sur les méthodes. Cependant, en 1938, un contrôle central fut envisagé pour le cas où la guerre serait déclarée. Le plan général stipulait que tout département qui considérait que la publicité aiderait à la solution de ses problèmes devrait se mettre en rapports, par l'intermédiaire de sa branche des Relations Publiques, avec le Ministère de l'Information, et formuler son cas. Les chances seraient examinées à la fois sous l'angle de la publicité et du point de vue de la politique de guerre; et si le Ministère les approuvait, il chercherait à obtenir l'autorisation nécessaire de la Trésorerie. Quand la permission serait accordée, le Ministère conduirait la campagne, agissant pour le Ministère " client " en cause, et il passerait des commandes aux agences choisies de publicité, de la même manière que pour les autres contrats gouvernementaux.

Aucun département gouvernemental n'était obligé de patronner cette organisation centrale, mais jusqu'en août 1942, tous à deux exceptions prés, passaient par le Ministère de l'Information.

Les deux exceptions étaient le Comite des Épargnes Nationales et le Ministère des Vivres. Le Comité des Épargnes Nationales a mené une campagne ininterrompue d'annonces depuis 1918 et il fut jugé opportun de lui laisser les mains libres. Le Ministère des Vivres entreprit sa publicité dès le premier jour de la guerre et il mit en ¦uvre les plans compliqués qu'il avait élaborés pour sa campagne. Ces deux départements sont directement responsables devant la Trésorerie et ils ne viennent sous la juridiction du Ministère de l'Information que pour des questions de censure et de politique morale, et ils s'en remettent à lui du soin de désigner les agences de publicité et la coordination des achats de leurs espaces de publicité.

Cette coordination, qui alloue une priorité convenue aux campagnes des divers départements, fut mise en vigueur à la requête des journaux euxmêmes qui éprouvaient de la difficulté à loger tout le matériel gouvernemental et commercial dans le peu d'espace qui leur était laissé pour la publicité. Elle est très sensible aux besoins de la politique du gouvernement dans leur ensemble, et elle équilibre le recrutement urgent d'infirmières et les soucis de la récupération, la sagesse de l'immunisation contre la diphtérie et l'annonce d'un nouveau taux de tickets d'habillement.

Les agences de publicité sont nommées sur la recommandation d'un Comité Conseil du Ministère de l'Information et elles reçoivent des contrats pour une somme donnée pour une période donnée. Aucune agence n'est désignée à titre définitif, et elle ne s'occupe pas de toutes les annonces émanant de tel ou tel departement.

Les dépenses totales du gouvernement en annonces, de mars 1940 à octobre 1943, sont évaluées à £ 6.408.290, soit approximativement 11 % du total des dépenses de publicité pour cette période. Les dépenses trimestrielles les plus élevées furent celles des trois derniers mois de 1942, alors que 30 Départements dépensèrent £ 643.950; les plus faibles furent celles du second trimestre de cette annéelà, alors que 28 départements dépensèrent £ 353.616. Le nombre de départements engagés, chaque trimestre, dans des campagnes de publicité, varie de 20 à 34. Les dépenses les plus fortes ont été celles du Comité des Épargnes Nationales dont le débours total a dépassé 1 million 1/2 de livres sterling. D'autres départements qui ont dépensé lourdement sont le Ministère des Vivres qui versé plus de £ 1.420.000; le Ministère du Combustible qui, entre septembre 1939 et septembre 1943, a dépensé £ 627.710; le Ministère du Travail £ 53l.673; le Ministère de l'Agriculture £ 475.976; le Ministère de Commerce £ 243.754; le Ministère de la Sûreté Nationale £ 214.807; le Ministère du Ravitaillement £ 153.154.

Le gouvernement se voit allouer un escompte supplémentaire de 2 1/2 % sur les taux ordinaires d'espace pour ses annonces, ce qui est un arrangement du temps de guerre seulement, mais les journaux ont autant le droit de refuser la copie du gouvernement que celle des firmes commerciales. Les seuls autres privilèges accordés au gouvernement sont l'allocation d'un espace plus grand par annonce que le maximum commercial, et une plus grande fréquence d'insertion. Un format fréquent est celui de colonnes de 20 cm. 32 x 5:08 et il n'est pas rare de voir une annonce gouvernementale de 27 cm. 94 x 5:08 ou même de 27:94 x 6:62, si cet espace est jugé d'importance capitale. Des demipages furent utilisées pour les premières annonces sur le combustible et lors de l'explication de l'effet de " l'enrôlement " sur les femmes.

On trouve souvent un certain nombre de différentes campagnes officielles dans le même journal, puisque les mesures administratives qui exigent une explication, ne peuvent pas attendre leur tour mais doivent sortir comme " nouvelles ". Des statistiques récentes montraient que pendant une période de trois mois en 1942, le gouvernement utilisa 7:5 % de l'espace total de publicité du Times; 10 % du Daily Telegraph; 11 % du Daily Express; 10 % du Daily Mail 15 % de l'Evening News; 15 % du Daily Sketch; 27 % du Sunday Times, 26 % de The People; 24 % des News of the World et 29 % du Sunday Express.

ANNEXE A. Propriété des journaux

Il y a, en Grande Bretagne, 6 entreprises de presse qu'on pourrait appeler des Trusts, en ce sens que ce sont des combines contrôlées par des corporations financières ou des " chaînes " qui n'ont pas de bases locales particulières. Ce sont, avec le nombre de journaux qu'elles contrôlent:

Associated Newspapers (Rothermere) contrôlant deux journaux nationaux, 1 journal londonien du soir, 10 journaux du soir provinciaux dans 9 villes, et 8 hebdomadaires.

Kemsley Newspapers, contrôlant 5 journaux nationaux et 13 provinciaux (5 du matin, 6 du soir et 2 du dimanche dans 6 villes).

Westminster Press Newspapers, contrôlant 13 provinciaux (4 du matin, 8 du soir et 1 du dimanche dans 8 villes) et 22 hebdomadaires.

Express Newspapers Limited (Beaverbrook), contrôlant 2 nationaux (1 du matin et I du dimanche) 2 provinciaux (1 du matin et I du soir) et 1 londonien du soir.

Provincial Newspapers Limited, contrôlant 4 provinciaux du soir dans 4 villes et 7 hebdomadaires).

Portsmouth and Sunderland Newspapers, contrôlant 3 provinciaux du soir dans 3 villes.

(Les deux derniers indiqués sont, par comparaison, de petites entreprises que nous avons inclues parce que leurs propriétés ne sont pas sur une base locale. Southern Newspapers Ltd, n'est pas inclue comme Trust parce que, bien que possédant 3 journaux provinciaux dans 3 villes, ces organes sont tous dans une zone relativement petite du même district.)

ANNEXE B. Nombre, type et location des journaux

Il y a 128 journaux du matin, du soir et du dimanche en GrandeBretagne, soit:

19 nationaux, dont 8 du matin et 11 du dimanche.

3 journaux du soir londoniens.

106 provinciaux dont 25 du matin, 77 du soir et 4 du dimanche.

Il y a des journaux provinciaux du matin, du soir et du dimanche, dans 65 villes dans 29 desquelles des journaux sont contrôlés par les Trusts. Dans 23 villes, les Trusts ont un monopole. Dans 9 villes, ils contrôlent les journaux du matin et du soir, mais dans 4 de cellesci ils ont des concurrents locaux. Dans 16 villes, le seul journal local est un organe du soir des Trusts. Il y a 4 provinciaux du dimanche dans 4 villes, dont 3 sont la propriétés de 2 Trusts. Des 106 journaux provinciaux 60 % sont indépendants.

Il y a 193 villes de 50.000 habitants ou plus en GrandeBretagne, dans un tiers desquelles sont produits des quotidiens ou des dominicaux locaux. Les deux autres tiers sont en majorité " alimentés " par le journal de la ville la plus proche.

Il y a 788 journaux hebdomadaires dont 77 sont produits dans le Grand Londres, 711 dans les provinces. Presque tous sont indépendants, moins de 40 pour cent étant contrôlés par les trusts. Les hebdomadaires provinciaux sont publiés dans 657 centres et beaucoup d'entre eux ont des éditions localisées dans des régions adjacentes.

ANNEXE C. Associations et agences de presse

Les trois principales organisations de presse sont:‹

La Newspaper Proprietors' Association, représentant les journaux nationaux de GrandeBretagne.

La Newspaper Society, représentant les journaux provinciaux quotidiens et hebdomadaires et les journaux hebdomadaires de Londres et de la Banlieue.

La Periodical Trade Press and Weekly Newspaper Proprietors' Association, représentant les journaux et magazines hebdomadaires de GrandeBretagne.

En outre, il y a le Newspaper Emergency Council, une organisation du temps de guerre qui agit pour toute la presse britannique.

Les principales agences de presse sont: ‹

La Press Association, agence qui, sans but lucratif, fournit des nouvelles de l'intérieur aux journaux de Londres et de la province.

Reuters, contrôlé par la Press Association et par la Newspaper Proprietors' Association, qui alimente la presse en nouvelles du monde entier.

L'Exchange Telegraph, qui s'occupe de nouvelles de l'intérieur et du monde.

La British United Press, succursale britannique de la United Press d'Amérique.

L'Associated Press de GrandeBretagne, succursale britannique de l'Associated Press d'Amérique.

Les journalistes d'outremer, à Londres, sont organisés en:

L'Empire Press Union et l'Overseas Empire Correspondence Association. La E.P.U. est une Union des propriétaires de journaux de l'Empire; I'O.E.L.C. est composée du personnel de presse de l'Empire dans les bureaux de l'Overseas Empire à Londres.

L'Association des Correspondants Américains.

L'Association de la Presse Étrangère.

ANNEXE D. La Compagnie de fourniture du papier

La compagnie fut établie en mai 1940. Elle a un conseil de 12 directeurs appartenant à chacune des entreprises de presse qui souscrivirent au fonds originel de garantie de £1.200.000 . Neuf représentent la presse de Londres, deux celle de l'Angleterre et du Pays de Galles, et un celle d'Écosse.

C'est une compagnie entièrement sans but lucratif qui travaille pour le bien de l'industrie dans son ensemble. Aucun journal particulier ne reçoit de bénéfices spéciaux et les articles de l'Association ne prévoient pas la distribution de dividendes.

Ses fonctions sont:

(1) d'allouer les fournitures de papier, produit à l'intérieur ou importé, sur une base équitable et économique. Cette partie de son travail est effectuée par un comité représentatif de rationnement qui comprend aussi le Contrôleur du Papierjournal et un représentant des papeteries de l'intérieur;

(2) de fixer et d'égaliser les prix du papierjournal;

(3) d'importer du papierjournal des marchés d'outremer. La négociation des contrats à long terme avec les papeteries canadiennes et terreneuviennes implique non seulement l'utilisation des bateaux que possèdent les papeteries, mais aussi l'achat de navires supplémentaires par la Compagnie. Certains de ces bâtiments ont été mis, dans des périodes critiques, à la disposition du gouvernement pour le transport d'articles autres que le papierjournal;

(4) de conseiller les journaux de tout le pays au sujet de leurs arrangements de dispersion afin qu'ils soient aussi efficients er efficaces que possible C'est la tâche du Comité de Dispersion, composé d'experts qui entreprennent de trouver de nouvelles installations si le lieu de dépôt choisi par un journal est réquisitionné par le gouvernement. Les emplacements les plus commodes pour les dépôts ont été trouvés dans les champs: les rouleaux sont empilés sur des plaques de béton et recouverts de bâches.

Bibliographie: Les ouvrages et publications suivantes ont servi à la préparation de ce document:
The Fleet Street Journal, 1942.
The Statistical Review, octobre 194043.
The World's Press News, divers numéros.
The Daily Press, par Wilson Harris.
Wartime Trading Bulletin, Nos. 26 et 94.
Political and Economic Planning, septembre 1935.
The Monthly Circular of the Newspaper Society, janvier 1941mai 1941.
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