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Version 1.1, Aout 1999

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<IDENT lettresjuives1>
<IDENT_AUTEURS argens>
<IDENT_COPISTES swaelensg>
<ARCHIVE http://www.abu.org/>
<VERSION 1>
<DROITS 0>
<TITRE  Lettres Juives (Tome 1)>
<GENRE prose>
<AUTEUR J.B. Marquis d'Argens (1704-1771) Lettres juives (Tome 1)>
<COPISTE G. J. Swaelens (100112.3376@compuserve.com)>
<NOTESPROD>
De ses nombreux voyages et missions diplomatiques, Jean-Baptiste de
Boyer, marquis d'Argens (1704-1771) a tiré la substance de ses
«Lettres juives» sous-titrées «Correspondance Philosophique,
historique & critique, entre un Juif Voyageur en différens Etats de
l'Europe, & ses Correspondans en divers endroits.» L'Eglise a mis par
deux fois les «Lettres Juives» à l'Index, sans doute en raison de
leurs commentaires fortement anticléricaux. L'Encyclopédie Universalis
en décrit l'auteur comme «un parfait représentant du siècle des
Lumières et l'un des premiers écrivains de l'Occident à traiter le
peuple juif avec respect». Les «Lettres Juives» offrent un vaste
panorama sur les conceptions philosophiques, religieuses,
scientifiques et politiques de l'époque. Les volumes dont a été tirée
la présente numérisation ont été confiés au Musée d'art et d'histoire
du Judaïsme, à Paris.(e-mèl:centredoc@mahj.org)

From his many trips and diplomatic missions, Jean-Baptiste de Boyer,
marquis d'Argens (1704-1771) drew his "Lettres Juives", a
"Philosophical, historical & critical correspondence, between a Jew
travelling in different states of Europe, and his Correspondents in
many places". The Roman Catholic Church put the "Lettres Juives" twice
on the Index of banned books, probably because of their strong
anticlerical stance. The French-language Encyclopédie Universalis
describes the marquis d'Argens as "a perfect representative of the
Siècle des Lumières (the Age of Enlightenment, in France) and one of
the first writers in the West to treat the jewish people with
respect." The "Lettres Juives" offer a wide panorama on the
philosophical, religious, political, scientific scene of the time. The
volumes from which this digitalisation has been produced have been
entrusted to the «Musée d'art et d'histoire du Judaïsme», Paris,
France.(e-mail:centredoc@mahj.org)
</NOTESPROD>
----------------------- FIN DE L'EN-TETE --------------------------------

------------------------- DEBUT DU FICHIER lettresjuives11 --------------------------------

Lettres Juives, ou Correspondance Philosophique, historique & critique, entre un Juif Voyageur en différents Etats de l'Europe, & ses Correspondants en divers endroits.


NOUVELLE EDITION, augmentée de Nouvelles Lettres & de quantité de remarques.

***
A LA HAYE, CHEZ PIERRE PAUPIE.

M.DCC.LXIV.

***

TABLE DES MATIERES

Les Lettres a, b, c, d, e, f & g, marquent les Tomes I, II, III, IV, V, VI & VII. (1)

[(1) Note du copiste: La table des matières ci-après occupait la plus grande partie du huitième tome des Lettres Juives. Elle a été placée en tête de l'ouvrage numérisé pour en faciliter la consultation. L'identification du tome et la pagination de l'ouvrage reprises dans la Table des Matières ont été maintenus: «d81», par exemple correspond au Tome IV (d), page 81 de l'ouvrage original. Dans un souci de simplification, les pages paires et impaires successives de l'original ont été regroupées en un seul bloc de pagination numérisée. Cette double référence de tome et de pagination se retrouve donc, entre crochets, en tête des pages paires, par exemple: «[pages d80 & d81]». Le renvoi aux tomes I, III et V (a, c et e) dans la Table des Matières n'est pas toujours d'une grande exactitude, ni l'examen visuel d'un ouvrage datant de plus de deux siècles, ni sa numérisation ne parvenant toujours à différencier clairement ces trois lettres. L'indication Pref. précédée, ou suivie, d'une lettre renvoie à la Préface du tome identifié par cette lettre.
L'orthographe du texte français (très variable) a été respectée. Par ailleurs, la translittération des huit citations en caractères grecs figurant dans les tomes I (a), II (b), IV (d) et VI (f) des «Lettres Juives» a fait apparaître des erreurs probables de copie de l'auteur ou du prote, voire l'emploi de textes défectueux. Seules les erreurs les plus criantes ont été corrigées. Il a paru inutile de donner la version fautive, mais on a indiqué les restitutions entre parenthèses.]

--- A ---

AARON, feuilles & fleurs de sa verge conservée à Aix-la-Chapelle, d81.

Aaron fils de Joseph, Caraïte, auteur d'un ouvrage conservé à Paris, b144.

R. Abarbanel, débite beaucoup de rêveries sur la verge de Moïse, c31. Ses Commentaires sur les Prophétes, excellens, e214. Interdits aux juifs même en Italie. On veut leur interdire tous ses autres écrits, ibid. Son grand savoir loué, 215. Meurt à Padoue, idem..

Abbadie, écrivain judicieux & solide, a202.

Abbas I & II, Sophis de Perse: avanie terrible qu'ils font essuyer aux juifs, b239 & suiv.

Abbés, leurs précautions dans leurs galanteries, a12, 21. Grands liseurs de Romans, a130. Très-hypocrites jusqu'à la possession d'un bénéfice, b255. Asservis à la mode, & dédaignant leur état, c332.

Abélard, persécuté par S. Bernard, a172 & réduit comme au désespoir par les Théologiens & les Moines, idem.. Calomnie touchant Héloïse par Théophile Raynaud, idem..

Abimélech, roi de Gerard: son songe divin, g118.

R. Abraham, absurdité & impertinence qu'il débite touchant Dieu même dans la création des Faunes, c307. d334.

Abrégés historiques, utiles seulement à ceux qui ne lisent que pour s'amuser, ou à ceux qui sont consommés dans l'histoire, b85.

Absalon puni de sa révolte, a61.

Absolution, combien avantageuse aux Ecclésiastiques & abus qu'ils en font, a104, 185, b216.

Académie royale de musique. Voyez opéra.

Académies , celles de France, a29 & suiv., celles des Provinces-unies des Pays-Bas, d151.

Académie Françoise, ses travaux se réduisent à peu de chose, a30. Son Dictionnaire méprisé, ibid. Son injustice envers Furetiere, ibid.. Louis XIV y faisoit recevoir les habiles gens, 31. Fort déchue depuis sa mort, ibid. S'associe les Comédiens, ibid. Celle d'aujourd'hui fort méprisée, 237. Les écrits de ses membres, fades & puériles, g169 & suiv. Censure judicieuse sur leur style énervé, 172 & suiv.

Académie des Sciences, s'occupe de sciences utiles, mais est trop gênée. a31. Composée d'habiles gens, supérieure à toutes celles du Royaume, f331.

Académies des beaux Arts, trois fondées par Louis XIV. a197.

Accords (des) ses bigarrures bien plus de fois imprimées que Descartes & Gassendi, b347

Accouplemens, ceux des Incubes & Succubes avec des créatures humaines, & niés & réfutés, g80.

Achille, ne traîna Hector que par un premier mouvement de fureur, a28. Etourdi & brutal, e55. N'est pas plus connu qu'Homere qu'il a éternisé, b187.

Achmet Chelibi, Poëte Turc extravagant, a281.

Achmet Sultan, sa mosquée bâtie des ruines de Troye. c79.

Acosta, Jésuite; son témoignage judicieux sur les miracles, c332.

Acre, les Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem s'y retirent, g212.

Actions, les belles immortalisent plus les Souverains que tous leurs monumens, e125 & suiv. Très-souvent en contradiction avec les discours de ceux qui les font, e61.

Actrices de l'Opéra, leur caractere, a21. Mises ordinairement à la Salpétriere, 22. Combien pernicieuses au public & leurs artifices, 222. Point d'or, point de fille d'Opéra, 284. Plument impitoyablement les étrangers, d291. Leur manege avec les petits maîtres dans les chauffoirs de Comédie & d'Opéra, g201, 228.

Adam, lui & ses enfans parloient Grec selon un visionnaire, d185. Remarques là-dessus, 187. On y ignore sa langue, ibid. Mais vraisemblablement ce fut l'Hébraïque, ibid. Qu'il reçut de Dieu avec les autres connoissances nécessaires, 288. Peut avoir inventé l'Ecriture & les Lettres, 315 Mais cela fort incertain, aussi bien que sa prétendue science infuse, 322.

Adaison, fort inférieur à Racine, e253. Améliore la Tragédie Angloise, 257. A rendu son Caton moins beau, par une froide intrigue d'amour, dont il ignoroit 1e langage, 259. Le caractere de ce Caton, le plus beau qu'il y ait eu sur aucun théâtre, ibid.

Adrien. Empereur, saccage 980 bourgs & brûle 480 Synagogues de Judée, f59. Priere des Juifs contre lui. 60. Ses excès de cruauté contre Jerusalem, ibid. Et à Bitter, 61. Fait vendre les Juifs comme les chevaux, 63. Cause de sa haine contre eux, ibid.

Adversité, il faut de la force d'esprit pour la supporter généreusement, e249.

Adultere, simple galanterie en France, & combien difficile de l'y punir, a6. b201. En horreur aux Mahométans, aux Siciliens &c. d67. Seul des plaisirs amoureux defendu aux Juifs, 76.

Aeneas Silvius. Voyez Pie II.

Agamemnon, bourreau de sa famille, e46.

Agmon, Philosophe Hermétique, cité, e316.

Agreda. Voyez Marie d'Agreda.

Agrippa, fait presque toute la gloire d'Auguste, e288.

Agrippa, observe que les Théologiens des Cologne faisoient d'Aristote le Précurseur du Messie & un Saint. f252.

Ai, Fables que débitent les Juifs touchant les habitans de cette ville, f91 & suiv.

Ajax, n'étoit qu'un furieux, e46.

Air, son étendue de six pieds ne frappe pas plus notre vue qu'une d'un seul pied, d348. Plein de corps, quoiqu'il paroisse vuide, 349. Sa pésanteur reconnue, e166.

Aix-la-Chapelle, encore grande & belle, quoique bien déchue, d80. Saccagée par Attila, & rebâtie par Charlemagne, qui la fait capitale de la Gaule, ibid. & qui est enterré dans sa grande église, 50. Miracle lors de la dédicace de cette église, ibid. Reliques qu'on y conserve, 81. On y garde les vêtemens imperiaux, que ses magistrats portent à Francfort, 82. & suiv. Autrefois on y sacroit les empereurs, ibid. Dédommagée par une déclaration, nomme l'empereur chanoine, 83. Tire de grands profits de ses eaux minérales, 84. Ses habitans superstitieux & persécuteurs, ibid. Leur procession ridicule de Charlemagne, 85.

Aix en Provence, procession très-ridicule qui s'y fait annuellement, d85 & suiv.

Akiba, très-sçavant Juif, d71 & suiv. Premier compilateur des Deutéroses, ou traditions Juives, 72. Ses écrits gâtés par quantité d'additions ridicules, 73 & suiv. Mérite le titre d'authentique, 53. Maltraité par les nazaréens, 74.

Alacoque (Marie) sa vie plus remplie de visions que les immenses volumes des rabbins, a36. Cette vie composée par Languer, Evêque de Soissons, depuis Archevêque de Sens, ibid. Trait contre cet ouvrage, c259. e244.

Albe (Ferdinand de Tolede, duc d') fait bâtir la citadelle d'Anvers, b257. Sa réponse sage sur un prétendu miracle, d298. Sa reprimande sévere à son Þls sur le siége de Harlem, 299 & suiv.

Albéroni, habile Ministre, b69. Fort loué même par les étrangers, d167.

Albert le Grand, plus savant que Saint Bernard, & plein d'anthiteses, a173. Croyoit les anges spirituels, g81.

Alchimie. Voyez Cabale, Cabaliste & Pierre philosophale.

Alcmene, passe trois nuits avec Jupiter, & porte en mémoire trois croissans dans la coëffure, d217. Badinage de Bayle là-dessus, idem..

Alcoran, le goût des peuples pour le merveilleux fait recevoir ses fables, a180. Les Mahométans en mettent des sentences dans leurs tombeaux, a100, c78. Apporté du ciel par l'ange Gabriel, c259. Beauté & bonté de cet ouvrage, 297 & suiv. Passage notable touchant l'existence & la puissance de Dieu, 298 & suiv. Autre sur la résurrection, 301 & suiv. Autre sur son pouvoir infini, 303. Autres sur les bonnes oeuvres, 304. Ceux qui le blâment ne le connoissent point, 304 & suiv. Moins ridicule cent fois que le Talmud, 306 & suiv. Ses commentateurs lui donnent la torture, e237. Concilié avec la philosophie d'Aristote par leurs commentateurs, f250. Maintenu par ses Sectateurs à coups de sabre & de fusil, 256 & suiv. Les anges y sont regardés comme corporels. g71.

Aleman (Matheo), bonté & utilité de sa vie de Guzman d'Alfarache, d302.

Alexander ab Alexandro, raconte divers songes & leur accomplissement, g131. Tout rempli de préjugés sur cette matiere. 139. Eleve de Jun. Majus, homme de génie, 139 & suiv.

Alexandre le Grand, combien petit, s'il eût vécu du tems de César & de Pompée, a145. Supérieur à ses foiblesses pour le sexe, b93. Combien redevable à la politique de son pere, 95. Donnoit les royaumes après les avoir conquis, 100. Seroit à peine connu sans les historiens, b188. Rapidité de ses conquêtes, c125. Regardé comme grand voleur, 128. Gagne les Macédoniens par argent, c230. Ses derniers excès plus horribles que ceux des Cartouchiens, e47. Son corps enlevé d'une châsse d'or & mis dans une de verre, par Seleucus Cybiofactes, 65 & suiv. Son meurtre de Clitus, digne d'un furieux & d'un assassin, f318. Son songe divin de l'image du grand Prêtre Jaddus, & son accomplissement, g120. Sacrifie dans le temple, 121.

Alexandre VI, Pape, fait pendre Savonarole, pour avoir censuré les désordres, c166.

Alexandre VII. Pape, obligé de céder des antiques à Louis XIV, c81. & d'ériger pour lui une pyramide dans Rome, d214, e280.

Alexandrie, ses monumens & ruines, b295. Son triste état & ses divers changemens, 296 & suiv. Ses débris marquent sa grande magnificence, son état actuel, idem..

Alexandrin, Cardinal, sollicite & obtient le massacre de la Saint Barthelemi, & gage qu'il en reçoit, b312 & suiv.

S. Alexis, ridicule de son histoire & tragédie plus ridicule encore à son sujet, d9 & suiv.

Algaroti, Italien célebre, f325.

Alger, Description de cette ville, & moeurs &c coutumes de ses habitans, f103 & suiv. Sa vue agréable de dessus la mer, mais mal construite, ibid. Son mole seul considérable, mais moins fort que les habitans ne s'imaginent, ibid. Les Maures y sont esclaves des Turcs, & comment le sont devenus, ibid. & suiv. République libre gouvernée par un Dei, 105. Pouvoir & gouvernement de ce Dei, semblable à celui de Rome, 106, Liberté & galanterie des femmes outrée, & punitions qui s'ensuivent, 116 & suiv. Leurs esclaves plus maltraités en pays Nazaréen que les Nazaréens chez eux, 138 & suiv. On y est très-fâché de les voir changer de religion, 145. On y est très ignorant, 150.

Algériens, ne peuvent se dispenser de pirater, & ne sauroient être en paix avec tous les Européens, 150.

Allard, fameux sauteur & danseur de corde, imité par les Convulsionnaires, 252 & suiv.

Allemagne, préjudice que lui porte le changement de religion des Electeurs de Saxe, d230, & c. On la pourroit rendre toute catholique par le moyen de la Pologne, 235. Quitte le Papisme pour le Luthéranisme, 266. Renferme plus de cours & contient plus d'altesses que toute l'Europe ensemble, 287. Tyrannie de ces petits Souverains, 288. Dans presque toutes ses cours, il y a des comédiens François, & souvent des opéra Italiens, 295. Guerriere mais pauvre, & par là peu redoutable, g52.

Allemands, fort savans, mais peu agréables, a282. Trop esclaves de leurs Souverains, 288. Hauteur, ignorance & vanité de leurs nobles, b186. Leur amour flegmatique, 207. S'emparent du meilleur appartement de leurs hôtes, & boivent leur vin, 360. Leurs nobles fiers & hautains, c33. Généralement francs, braves, judicieux & tolérans, d263. Peu vifs ibid. Peres & amis de France, bien venus en France, 264 & suiv. Peu disputeurs, 265. N'ont quitté le Papisme qu'à cause de l'insolence des Moines, leurs écrits curieux, mais trop chargés, 266. Ont de bons Jurisconsultes & d'habiles Médecins, 267. Leurs historiens languissans & trop crédules pour les étrangers, ibid. & suiv. Leur langue propre aux ouvrages de science & de morale, 271. N'ont que peu d'orateurs & de poëtes, 272 & suiv. On ne traduit aucun de ces derniers, ibid. Priment en droit public, politique, littérature & philosophie, 273. Grands voyageurs, & profitant peu de leurs voyages, 292. Aiment la bonne chere, & se sont corrigés sur l'ivrognerie, 294. Leur goût pour les spectacles, 295. Leurs acteurs médiocres, 296. Beaucoup s'établissent chez les Moscovites & les décrassent, c41 & suiv.

Alphabeth, l'hébreu est l'original du grec, d313 & suiv.

Alsace, conquise par les François, d179.

Altena, rival de Hambourg, d294.

Altesses, aussi communes en Allemagne que les Excellences en Brabant, d287 & suiv.

Amadis des Gaules, presque le seul bon Roman Espagnol, d305.

Amans, les François badins & pétulans, volages & perfides, & c. a118. 181. b151. & suiv. d240. Les Espagnols grimaciers, fades & impertinens, c249. D'un Espagnol & d'un François on en feroit un passable, ibid.

Amarat(André d') Chancelier de l'Ordre de Rhodes, trahit cet Ordre & lui fait perdre l'Isle, g210.

Amasis, roi d'Egypte, ses magnifiques temples de Vulcain & de Minerve, c367.

Ambassades, celles de Holstein & d'Angleterre très grossiérement reçues en Moscovie, e38 & suiv.

Ambassadeurs, autrefois très-brutalement traités en Moscovie, e38 & suiv.

Ambition, excellent moyen d'en guérir un sage particulier, a249. Souventes fois punie par le ciel, d176. Exemples notables, 177, & c. Celle d'acquérir le vain nom de Grand, cause des maux infinis, 154. Celle des Souverains très-pernicieuse pour l'Etat, e289 & suiv.

S. Ambroise, repris d'avoir justifié David du meurtre d'Urie, de sa maxime absurde que les rois sont les maîtres des biens & de la vie des sujets, de son procédé altier envers Théodose & de ses injures atroces envers Magnence, f48 & suiv. Croyoit les anges corporels g70 & suiv.

Ambrun, les violences de son Concile accroissent le nombre des Jansénistes, c99.

Ame, son action sur le corps, miracle perpétuel, a214. Crue matérielle & immortelle par plusieurs, b21. Raisons pour son immortalité, 28. Pur esprit, soufle divin, 252. N'a aucune idée innée, c218. Difficultés sur sa nature, 277 & suiv. L'attention qu'elle fait à elle-même, lui prouve l'existence de Dieu, 305. Son existence admise, quoiqu'on n'en connoisse point la nature, d371. Crue mortelle par les Saducéens, a315, e15. Descartes se trompe sur sa nature, 170. Sentimens de Locke contre sa pensée continuelle combattus, 345 & suiv. Et défendus, f29 & suiv. Sa nature inconnue, 31.

Ame du monde, systême de quantité de Philosophes anciens & de Spinosa, b24.

Ame des bêtes, réflexions sur ce sujet, f234 & suiv. Voyez animaux.

Amelot de la Houssaie, cité sur le devoir des Juges, g266. Et sur l'abus des Lettres-de-cachet, aPref. gener.

Aménophis, bannit 250 000 Juifs d'Egypte, b61.

Américains, cruellement traités par les Espagnols, c16. Ces cruautés certifiées par Herrera & las Casas, d301. Leur écriture semblable à celle des Egyptiens, 322.

Ames, politiques & artifices des Ecclésiastiques, touchant celles qu'ils disent être en purgatoire. a307 & suiv. Les courtisanes leur consacrent leur gain d'un jour par semaine. b306. &c. Crues éternelles par les Indiens, d55.

Ami, étrange qu'il puisse livrer son ami au bourreau, g64.

Amiens, on y conserve le flambeau sans fin, ou la chandelle bénite, a342.

Amitié, très rare parmi les François, a120. Ne peut tenir contre l'amour, b29, 31. La fausse décrite & censurée par Cicéron, b164 & suiv. Celle des femmes très légere, 166, & ne sert que de prétexte à l'amour, 170. Doit être fondée sur la vertu, 171. Cicéron en a fait un traité fort sage, d53. Beau passage de Térence à ce sujet, ibid. Très-éloignée du trône, g64.65.

Amour, différence entre la maniere dont on le pratique en France & en Turquie, a97. Fait surmonter tous les obstacles, b29. Caractere de celui de diverses nations, b205 & suiv. Doux & stable en Asie, 208. Ses exploits au bal de l'Opéra de Paris, c224 & suiv. Naît d'un coup d'oeil, & s'éteint sans sujet, 228. Enfant qui n'aime que les ris & les jeux, d276. Poison dans son principe, mais qu'on peut rendre utile, 278. Surmonte tout, b31. &c. Effets de sa grande puissance, 30. &c. Peut seul faire bien peindre les passions qu'il excite, 39. Ame du théâtre, 114. Les femmes y sont plus fermes qu'en amitié, 165. Exerce sur elles tout son pouvoir, 169. Présent du Ciel, 210. Pere des arts, ibid. Son seul abus condamnable ibid. L'hymen & la jouissance l'éteignent, 211. & suiv. Ne perd jamais ses droits, 255. Bien différent en France & en Espagne, d9. Son langage particulier à la Cour d'Espagne, avec les doigts, 174. Celui des Espagnols, fade, grimacier, impertinent, & dégénérant en tyrannie & en fureur, 274 & suiv. Donne la naissance à la sculpture & à la peinture, b210. d322. Son langage & son manege mieux connu & pratiqué en France qu'ailleurs, e258. S'est fait un langage en Barbarie par l'arrangement des fleurs, 117. Extrêmement ingénieux & inventif, ibid. Celui lui des jeunes gens vif & inconstant, celui des personnes plus âgées, plus constant & solide. 10. Le camphre porté sur la chair, ou bien dans quelque liqueur, amortit les passions, g157. Badinage à ce sujet, 158 & suiv.

Amour (Cour d') espèce d'Académie de beaux esprits de Provence, 70.

Amour propre, principe de toutes les actions de l'homme, e210.

Amour de la Patrie, chimere chez les François, mais très-respecté chez les Anglois, e104. 124.

Amour de Dieu, sujet à la mode, a19. Les Jésuites accusés d'en dispenser leurs Disciples, 19, 20. Ils le nient, f135. Puérilement décrit par R. Jordan, a176.

Amphitrion se trouve honoré d'être fait cocu par Jupiter, d217. Badinage de Bayle là-dessus, 218.

Amsterdam, ruine le commerce d'Anvers, d30. Nombre prodigieux de ses vaisseaux, 102. Fortement loué, 103. Beauté de son port, 104. Son Sénat & caractére de ses membres, d155. Son Ecole illustre, ses Imprimeurs & Libraires, en tres-grand nombre, 156. & suiv. Abonde en mauvais Auteurs, ibid.

Amurath, Bey de Tunis, parvient au trône par le meurtre de son oncle, f272. Excessivement cruel, & encore plus débauché, ibid. Puni de ses cruautés inouïes par Ibrahim, qui prend sa place, f120. Divers trains de sa Justice, en même-tems que de ses extravagances & cruautés, 272 & suiv.

Anabatistes. Voyez Mennonites.

Anacréon, ses Odes très-belles b351.

Anatomie, de la compétence du Chirurgien comme du Médecin, c260.

Anaxagoras, favorable à l'ame des bêtes, f240.

Ancienneté, foible & fantaisie de tous les Peuples pour elle, c68, 346.

Anciens & Modernes, dispute sur leur préférence, a102 & suiv. Comment elle devroit se fixer, b348.

Anciens, trop respectés, f152, & ce trop grand respect nuisible, b342, & c. Les Commentateurs déifient jusqu'à leurs défauts, 344. Préventions des François pour eux, 347. En quoi excellent & en quoi les Modernes les surpassent, 349, Trop vantés par les Régens, 352. N'étoient pas plus favorisés de la nature que les Modernes e297. Le moindre éloignement d'eux regardé comme un crime punissable, f255 & suiv.

Anciens d'Israël (les LXX.) reçoivent la Loi Orale de Josué, b147.

Ancre (le Marquis d') sa fin tragique, g62.

Anecdotes Historiques, Galantes & Littéraires, mauvais & ennuyeux écrits d'un Médecin, ci-devant Bateleur. a204. Caractere de cet Ouvrage pitoyable, f. Pref.

Anes: Sainteté & infaillibilité de ceux qui transportent les Pelerins à Notre-Dame de Lorette, b356. Celui de la Fable adopté aux Brabançons petits-maîtres, c355 & suiv.

Angelus, priere passagere du matin, de midi & du soir, d98. Les Espagnols la disent au beau milieu d'une Comédie, ibid.

Anges, leur existence niée par les Saducéens, e14. Selon les Peres, leur chûte causée par l'amour des femmes, & punie de l'enfer, & de la métamorphose en Faunes, Satyres, Sylvains, & c. d354. Grande diversité d'opinions sur leur corporalité ou incorporalité chez les Juifs, les Nazaréens & les Mahométans, g70. & suiv. Leurs apparitions citées par ceux qui les prétendent corporels, 102 & suiv.

Angleterre, bannit le Papisme, d230 & suiv. Seroit toute Protestante sans Jacques I, ibid. Les Papistes avoient lieu de s'y flatter, lorsque Jacques II fut cause qu'on les en chassât, 232. On exclut de cette couronne tout Prince Papiste, 233, 234. Suites heureuses de sa tolérance, e87. Ses troubles causés par l'esprit de rébellion des Papistes, 88. Florissante, abondante & puissante, 92. Son commerce admirable & puissant, 96, 101, & c. Les Grands n'y sont estimés qu'à proportion de leurs bonnes qualités, 103, & c. Pouvoir & prérogatives de ses Rois, 110, & c. Caractere de ses grands Seigneurs, ibid., & c. On y aime les Sciences, méprise l'ignorance, 127 & suiv. Il faut être Anglican pour y posséder des charges, 149. A des Savans fort illustres, 159 & suiv. Son extrême corruption sous Charles II, 179. & cruellement tyrannisée sous Jacques II, ibid. Les prédications de Sacheverel y causent une subite révolution, 287. Les Loix y sont rigidement observées, f32 & suiv. Et la justice sagement administrée, 42. On y dispute de Religion plus qu'ailleurs, f125, & c. Agitée de grands troubles depuis 203 ans, 188. A deux célébres Universités, Oxford & Cambridge, 248. A quel point fut autrefois asservie aux Papes, 356 & suiv. Luther, Calvin & Henri VIII y introduisent la réformation, 357. Nature, droits & prérogatives de son Parlement 363 & suiv. Bannit sous peine de mort tout Jésuite, g17, 21. Séjour de la liberté sensée, 50. Riche, courageuse & puissante par mer, mais manquant de troupes, 52. Son Histoire écrite par divers mauvais Auteurs Etrangers, 84. Preuves dans les Continuateurs de Rapin Thoyras, 85 & suiv. Fort troublée par l'introduction des Episcopaux en Ecosse, 99. L'Histoire de sa réformation & celle du XVIIe siécle, écrites par G. Burnet, 112. Son Clergé bien moins tyrannique que celui de France, g165.

Anglicans, haïssent souverainement Presbitériens & les Papistes, e152. On doit être de leur corps pour posséder des charges en Angleterre & en Irlande, e150. Leur Hiérarchie très-ressemblante à la Romaine, ibid. Nature de leur Clergé 150 & suiv. Fort opposés à l'usage du chapeau en chaire; & plaisanterie à ce sujet, 152 & c. Fort entêtés de leurs observances, quoique d'elles-mêmes très-indifférentes, 156 & suiv. Leur habillement exquis & recherché, leur extérieur rogue & dédaigneux, & leur génie fier & superbe, 157 & suiv. Comparés aux Jésuites hautains & dominans, & aussi disposés à persécuter, 159. Leurs cérémonies aussi ridicules que celles des Papistes, 190., & c. Sujets à rétorsion touchant la Papesse, témoins Elizabeth & Anne, 197 & suiv. Tiennent le milieu entre les Papistes & les Réformés, 99 & suiv. Leur Clergé marié & fort réglé, f333, 348. Ne dominent qu'en Angleterre & en Irlande, n'y en ayant plus en Ecosse, g100. Leur introduction y avoit causé de grands troubles de même qu'en Angleterre & en Irlande, 100 & suiv.

Anglois, caractere des Savans d'entre eux, a29. Non plus justes, mais plus libres en matieres de raisonnement que les François, ibid. Gens de grand discernement, mais peu brillans, b30, Abusent trop de leur liberté, 44. Grands harangueurs au gibet, e202. Souffrent les Moines en habit séculier, b126. Leur amour fier & hautain, 206. Leurs applaudissemens généreux, c26. Leur éloquence mâle & vigoureuse, 29 & suiv. Très-Jésuites touchant Gibraltar & Port-Mahon, 95. Lettres sur leurs moeurs, e106. Peu religieux, 107, Leurs nobles, rogues & dédaigneux, d151. Excluent de leur trône tour Prince Papiste, 29. Leurs Historiens vains & partiaux, c179. Traversent l'agrandissement de l'Espagne, d331. Hautains & brusques, e35. Pénétrans, 43. Leurs moeurs pleines de contrariétés surprenantes, 91. Grands, bien faits & robustes, 92. Justifiés sur leur prétendue brutalité & insolence, 92 & suiv. S'estiment outre mesure, & méprisent les autres, 93. Font continuellement leur panégyrique aux dépens des Etrangers, 94. Qui s'en vengent en les décriant, ibid. Leur orgueil naît de leurs richesses, 95. Jugent faussement de toutes Nations par quelques aventuriers qu'ils en voyent, ibid. Méprisent & haïssent les François & pourquoi, 95 & suiv. Nature de Leurs guerres avec les François, 96 & suiv. Prétendue grandeur d'ame de leurs réfugiés en France, 100. Le commerce est leur ressource, & est chez eux en très grande considération, 101 & suiv. N'estiment leurs Grands qu'à proportion de leur mérite réel, 103. Généralement présomptueux, 104. Se piquent fort de bon sens & de raison, ibid. Humains & généreux d'un côté, & aimant les spectacles sanguinaires de l'autre, 105. Méprisent la bagatelle & sont fous des modes, 106. Processifs & chicaneurs, comme descendans des Normands, ibid. Abondent en faux témoins qu'on punit très-peu, ibid. Ont chacun leur Religion particuliere, quoique l'Anglicane soit la dominante, 107. Moins fous que les autres Peuples, 108. Condamnent hardiment les mauvais usages, ib. Peu curieux de l'extérieur, regardent les gens parés comme des singes & des Sapajous, 109. Inconstans & changeans pour leurs Princes, ib. Exemples, ib. Droits & pouvoir de leurs Rois, & leur sujétion aux Loix, ibid. Les Loix seules jugent leurs coupables, ibid. Caractere de leurs Grands, 111 & suiv. Osent dire la verité, 125. Aiment les sciences & les cultivent, 127 & suiv. Sans mérite, ne sont nullement considérés, 129. Doivent connoître leurs Loix, ibid. Privilége particulier de ces Grands, & aventure à ce sujet, 131. Adoptent les sentimens de Calvin, & gardent la Hiérarchie Romaine, 150. Nature de leur Clergé, ibid. & suiv. Leurs Evêques, Membres de la Chambre haute du Parlement, 151. Inimitié violente & réciproque de Leurs Ecclésiastiques, qui ne sont divisés que sur des minucies, 151 & suiv. Et plaisanterie sur une d'elle, 153, & c. Prétendent l'emporter pour les Sciences sur toutes les Nations, 163. Examen de cette prétention, ibid. & suiv. Autrefois aussi asservis aux Scolastiques que les autres Peuples, 165. Eclairés par les écrits de Descartes, ibid. Aujourd'hui très-grands Philosophes & sont redevables aux François, 166 & suiv. N'approchent point d'eux pour le Scepticisme, 178. N'ont point de bons Historiens, ibid. Plus livrés à l'esprit de parti que les Jésuites mêmes, ibid. Ont trop bonne opinion d'eux-mêmes, pour bien parler des événemens étrangers, 180. Leurs Poëtes excellents, ibid. Les principaux détaillés, 180 & suiv. Encouragent fort à la Poësie, 187. Leur attention pour la consommation de leur haine, 191. Leurs enterremens, ibid., & c. Ont substitué des complimens aux prieres pour les morts, & s'en font payer de même, 194. Leurs cérémonies aussi ridicules, mais plus gayes que celles des Papistes, 195. Description des exécutions de leurs malfaiteurs, manege de leurs pendus, 203 & suiv. N'ont point l'horreur convenable pour ces malheureux, & approuvent follement leur prétendue grandeur d'ame, 207, & c. Vive censure de cet étrange égarement, 209. Leur mépris de la mort, ibid. Leur étrange manie de se tuer eux mêmes, & folles raisons qu'ils en alleguent, d242. Réfléxions contre cette fureur insensée, ibid. & suiv. Veulent que les plus grands forfaits se commettent sans aucun remords, 245. Leurs Poëtes Tragiques, fort inférieurs aux François, 252 & suiv. Leurs Tragédies, vraies farces, 254. Leur génie poëtique dépeint, 236. Se corrigeront à cet égard, ibid. Y donnent dans l'extravagant, l'horrible & le ridicule, 260. Mais ont de grandes beautés, ibid. Jouissent d'une heureuse & sage liberté, ibid. Leurs comiques habiles, mais trop libres & dangereux, ibid. Ils observent mieux les régles que leurs Tragiques, ibid. Gâtent ce qu'ils prennent des François, ibid. Font bruler la Pucelle d'Orléans, & en sont blâmés, 327 & suiv. Combien intéressés à lui faire reprendre l'habit de femme, 337 & suiv. Rigides Observateurs de leurs Loix, f32. &c. & sages Administrateurs de la Justice, 42. Très-intéressés dans le commerce du Levant & de Barbarie, 147. Conduisent leurs Rois jusques sur l'échaffaut, 88. Leur Langue très-changée, 277. Mais non visiblement efféminée ibid. Réfléxions critiques de deux bien opposés, f320. Motifs frivoles de la plûpart de leurs voyageurs, 321 & suiv. Jugement téméraire & ridicule qu'ils portent des François, 324 & suiv. Portraits de divers d'entr'eux, 326 & suiv. Leur Clergé actuel, marié, conservant la Hiérarchie, 334. Et vivant réguliérement, 348, Plusieurs de leurs anciens Evêques refuserent de se soumettre au célibat, 349. Preuves, 350. Nature, droit & prérogatives de leur Parlement, 363 & suiv. Leur Gouvernement regardé comme 1e plus parfait, 364. Pouvoir de leurs Rois sagement restreint 364 & suiv. Infatués leur prétendue intrépidité, g47. Leur valeur louée, 53. Malgré bien des oppositions unissent l'Ecosse à l'Angleterre, 101. Parallele entr'eux & les François, 163 & suiv. Estiment peu les Chevaliers de Malte, 216 & suiv. Grands amateurs des sciences, 119, 246.

Animaux, sensibles & intelligens, b18 & suiv. S'ils ne sont que des machines, 20. Causes de leurs mouvemens, b303. Exemples de deux très-dévots, c330. Systême singulier sur les terrestres, d369. Descartes, Mallebranche & leurs Disciples n'en font que de simples machines, e174. Leur accroissement expliqué par la Chymie 326. Tous naissent par des oeufs, f199. Réflexions étendues sur leur ame, & suiv. Voyez Ame des bêtes.

Anne, Reine d'Angleterre & d'Ecosse: unit pour toujours ces deux Royaumes, g102.

Anéantissement, extrêmement mortifiant pour la vanité humaine, b28.

Annibal, chassé d'Italie par Scipion l'Africain, f295. Fait la guerre aux Carthaginois, & dompte Numance, 296.

Annonciade, le plus beau Temple de Gênes, a297

Saint Anselme, Archevêque de Cantorbéry, galimatias dévot de cet Auteur, a169 & suiv. Un peu raillé, g145.

Antipodes, Virgile de Salzbourg en admet, & est persécuté par les Papes & c. d298. Christophe Colomb fait disparoître l'article de foi qui les nioit, ibid.

Antiquité, partialité des Nazaréens pour elle, a139 & suiv.

Antitheses, fréquentes & puériles chez S. Aug. a168. Et chez les Imitateurs, 169 & suiv.

Anti-Trinitaires. Voyez Arianisme.

Saint Antoine, Moine Egyptien, sa tentation ridicule, a340. Ses conversations avec un centaure & un faune d356. Sa vie faite par Saint Athanase, ibid. Remplace chez les Papistes le Dieu Pan, e58.

Anvers , sa description & moeurs de ses habitans, d129. Autrefois rivale de commerce de Londres, 30. Ce commerce ruiné par Amsterdam, ibid. Belle & bien bâtie, ibid. Sa citadelle & trait notable à son sujet, ibid. Ses habitans superstitieux & naïfs, 31. Et entichés de noblesse, ibid. Ses grands Peintres, 32 & suiv. Et l'histoire singuliere d'un, 37 & suiv. Les Juifs n'y sont point soufferts, 38. Toute dévouée aux Moines, ibid.

Apis, Dieu des Egyptiens, tué par Cambise, c163.

Apocalipse, abus qu'en font les Papistes & les Protestans, e240. Source abondante d'injures & de calomnies réciproques pour les Théologiens, ibid. Les Juifs débitent qu'un de leurs Rabbins l'a faite dans le dessein de tromper les premiers Chrétiens & de les tourner en ridicule, ibid., & f126 & suiv.

Apologie contre la Parodie d'Alcibiade: pitoyable Ouvrage, a205,

Apotêtes, fondriere où les Lacédémoniens jettoient leurs enfans qui naissoient foibles ou malfaits, f40.

Apothicaires, ne peuvent traiter les malades, b249. Obligés de donner eux-mêmes des clisteres, ibid. Plaisanterie là-dessus, ibid. Guérissent autant de malades, & en tuent moins que les Médecins, c262.

Apôtres (les ), très-respectés par les Mahométans, a80. On leur doit la connoissance de l'unité de Dieu, d375. Ont versé leur sang pour le maintien de leur Doctrine, ibid. Leur morale admirable, f44.

Appel comme d'abus, bride de la Cour de Rome, d260.

Apt, Un Mandement de son Evêque brulé, a194.

Arabes, grands Observateurs de l'obéissance filiale, a182. Ont subjugué l'Egypte, c69. Haïssent les villes, c121, 156. Leurs Docteurs ennemis des miracles, 165. Gagnés par le beau style & la saine morale de Mahomet, c321. Voyez Bedouins.

Arabie, ses déserts sans eau, d301, Les Bedouins y creusent des puits, 350.

Arc (Jeanne d') Voyez Pucelle d'Orléans.

Arcadiens, aventure singuliere & étonnante de deux racontée par Cicéron & Valere Maxime, g127 & suiv.

Arcadius, excité à l'intolérance par saint Chrisostôme, a165.

Archelaüs, ce que Joseph raconte de son songe & de son accomplissement, g125.

Architecture, Louis XIV en établit une Académie à Paris, a197. Celle d'une maison d'une seule pierre, c367.

Aretin (Pierre), imprime ses écrits à Venise, quoique défendus par le Pape, b200.

Arfaxa, diable de la possession de Louviers, c145 & suiv. Pris pour dupe par un Moine, 146.

Argens, (1e Marquis d'), caractère de ses Mémoires de Mirmon, & de leur style, b44 & suiv. Recommendation contre ses écrits, ibid. Sa Philosophie au bon sens fait voir l'incertitude des sciences, f2. Cité sur les Hollandois, d148 & suiv. Cité sur l'essence des corps, & c. f21 & suiv. Se défend contre ses calomniateurs, & s'avoue l'Auteur de ces Lettres Juives, aPréface générale.

Argumentation, tant vantée par les Scholastiques, très-propre à gâter l'esprit, d123.

Arianisme, Saint Grégoire de Nazianze exhorte à 1e persécuter, f46 & suiv. Après un triomphe de 200 ans & un oubli de 1300 renaît sur-tout en Angleterre, d129. Défendu par Clarke, & embrassé par Newton, 130.

Arioste, ce qu'il débite des chevaux de Renaud, de Roland, & du bon sens de ce dernier retrouvé, d83. Traduit en diverses langues, d272.

Aristippe, payoit cherement les faveurs de Laïs, a287.

Aristophane, égal à Moliere & Lopez de Vega, b250.

Aristote, sa philosophie en butte à S. Bernard de Clervaux, a172. Se précipite dans l'Euripe, b103. Mauvais Physicien eu égard à Gassendi, Descartes & Newton, & médiocre Métaphysicien eu égard à Mallebranche & Locke, b348. Sans lui on ne peut que s'égarer selon les Scholastiques, c38. Regardé comme la suprême vérité par Averroès, 170. f250. Sa Rhétorique, sa Politique & sa Morale, belles, mais sa Physique très-commune, g136 & suiv. Montaigne & Bacon prédisent la chûte de sa philosophie, c177, e176. Sa mort extravagante, c243. Cité contre les Fables débitées touchant la Divinité, d140. S'imaginoit que les habitans des pays froids manquoient de vivacité, 271. N'est plus cru comme article de foi, 272. Censuré vivement par Mallebranche, e304. & c. Poussé excessivement par les Cartésiens, 313. N'est plus suivi que de certains Moines, ibid. Regardé comme Cabaliste, 316. Condamne le Sénat de Licurgue, & approuve sa loi cruelle sur l'extinction des enfans mal faits, f40. Conseilloit de plus de faire avorter les meres, 41. Ses Livres brûlés en 1209 par un Concile de Paris, 150, 249. Lui & ses Commentateurs bannis des Universités d'Oxford & de Cambridge, 248. Revers fréquens auxquels il a été exposé, 249. Zele de saint Bernard contre sa Métaphysique, ibid. Avoit dominé dans toutes les écoles, ibid. Même dans les Mahométanes, 250. Regardé comme Précurseur du Messie, & comme Saint par les Théologiens de Cologne, 251 & suiv. Comme pere de l'Eglise par bien d'autres, 252. Et comme source d'articles de foi, ibid. Fort élevé par les Jésuites, qui le canoniseroient, s'ils le pouvoient, 253 & suiv. Sa Doctrine soutenue par la Sorbonne & le Parlement, 254 & suiv. Les Protestans qui le condamnerent fortement, causes de tous ces égards, 258, & c. Grand génie, 259. Sa Poetique & sa Rhétorique fort bonnes, 260. Fort blâmé par Luther, ibid. Et loué par Rapin, ibid. Attribuoit tous les songes à des causes naturelles, g134. Sa Philosophie admise par les Jésuites, 183. Passages de Mallebranche, de Descartes & de Locke contre elle, d Pref.

Arles (l'Archevêque d') excommunie en vain des chenilles, a115. Moliniste outré, manque au respect dû au Roi, c87.

Arminiens, ne différent des Réformés que touchant la grace & la prédestination, d129.

Arminius, professeur en Théologie à Leide, d129. Instituteur des Arminiens, ibid.

Armuriers, nombreux à Liége, à cause de la houille, d79.

Arnauld, persécuté par les Moines, a27. Injurié par Jurieu, 151. Ecrivoit bien, ibid. Grand génie, & ennemi des Réformés & des Jésuites, 200. Le désir de la gloire l'expose à souffrit, c246. Rendoit justice au Ministre Claude, d109. Homme illustre, 143. Son nom seul fait supprimer un ouvrage en France, 208. Persécuté par les Jésuites par pure haine, 376. Accusé par eux de magie, d'avoir assisté au Sabat, f157. Et de s'être fait chef des Vaudois, ibid. Insulté & décrié par toute la racaille Monacale de Liége, 158. Respecté par Claude, & calomnié par Jurieu, 159. Fait un libelle diffamatoire contre le roi Guillaume & la Reine Marie, g98.

Arnobe, cité contre les Dieux des Payens, d144. Ses reproches sujets à rétorsion, f129. & suiv.

Arscot (1e duc d') Serment extravagant qu'on lui fait prêter, d30.

Arsileus, philosophe Hermétique, cité, e321.

Articles de Foi, Aristote en est comme une source pour les Théologiens, f252. L'infaillibilité du pape, & la persécution des hérétiques, deux des principaux de Rome, g182. & suiv.

Artisans, plus heureux que beaucoup d'Auteurs, b340. & suiv. c239.

Art. Voyez beaux Arts.

Artus (le roi) cité comme philosophe Hermétique, e321.

Asé & Hammaï, auteurs de la troisiéme compilation du Talmud, dit de Babilone, pire que les deux premieres, b149. & suiv.

Assassins, communs & à bon marché, à Naples & à Milan, b359. c27. Evitent rarement leur juste supplice, e69. Exemples, ibid. Ceux d'Italie réprimés par la crainte d'être pendus sans confession, 209 & suiv.

Assouci, traduisant Ovide en burlesque, se traduit en ridicule, e298.

Astianax, fils d'Hector, certains poëtes & historiens François en font descendre leur nation, c69.

Astolphe, reçoit de S. Jean le bon sens de Roland, & badinage là-dessus, d84.

Astorgas, (la marquise d'), fait manger à son mari le coeur de sa maîtresse, & devient comme enragée de jalousie, d277 & suiv.

Astrologie judiciaire , raison contre elle, a215. Fort aimée des Egyptiens, g113 & suiv.

Astrologues, grands visionnaires, a215. Banissables de tout état bien policé, 217. Presque toujours trompeurs, mais quelquefois dupes de leur propre crédulité, ibid. Aujourd'hui fort décriés, 221. Toujours chassés de Rome, & toujours y restans, e71. Disent quelquefois par hazard des vérités, g126.

Atalaya (le comte de) général Portugais, cruellement insulté par un officier Espagnol, d316 & suiv.

S. Athanase, écrit la vie de S. Antoine, d356, & y rapporte sa conversation avec un Faune, ibid. Croyoit les Anges spirituels, g70. & suiv.

Athées, ne sont point convaincus de leurs principes, a328. Divisés en philosophes & en libertins & débauchés, 332. & suiv. Ninus & Sardanapale l'étoient, 333. Tranquilles en France, b291. N'osent dire qu'ils ont existé de tout tems, c222. Vanité abominable d'un d'entr'eux, 244. Veulent que les hommes soient nés de la terre comme des champignons, & se soient formés des langages, d188. Réfutés, ibid. Approuvés pour les langages, 321. Refusent de croire en Dieu en pleine santé, & croyent tout à la mort, e185. & suiv. Ne se convertissant que par crainte, sont infiniment méprisables, 186. Moins coupables que les Calvinistes, selon Bécan, f135 & suiv.

Atheisme, moins criminel que l'hypocrisie, a324. Son absurdité, 325. & suiv. Plus commun parmi les grands que parmi le peuple, 333. Le manque de respect pour la Religion qu'on professe y conduit, 336.

Athénagore, regarde les Faunes & Satires comme des anges punis, d354.

Atmeidan, l'ancien Hippodrome de Constantinople, f324.

Atomes, difficultés sur leur divisibilité ou indivisibilité, c180 & suiv.

Attestations. Voyez certificats.

Attila, saccage Aix-la-Chapelle, d80.

Attraction, substituée par Newton aux tourbillons de Descartes, e170. & suiv.

Aventures, celles dont il est parlé dans ces Lettres Juives sont réelles, & non controuvées, a2. Celle de M. Mirobolan, Apothicaire, 4 & suiv. Celle d'un Carme & d'une Couturiere, e33. Celle de maître de J. prétendue abbesse, 38. Celle de deux Mousquetaires & de deux Grivoises, 51. Celle d'un Récollet & d'une fille de chambre, 62. Celle de deux maris qui se coëffent réciproquement, 125. Celle d'un Dervis débauché & fourbe, 185 & suiv. Celle d'un évêque galant, 195. Extrêmement fréquentes à Paris, 196. Celle de Gassendi avec un prétendu sorcier, 217. & suiv. Celle de la Prévôt avec le Baillif de M. &c. a228. & suiv. Celle des statues de la vigne Pamphile, mutilées par un Jésuite, 275. Celle d'un officier avec la Petit-Pas, 284. & suiv. Celle du comte de Bonneval avec un prêtre & un iman, 318. & suiv. Celle du Marquis de Levi, 335. Celle d'un sorcier & d'un diable Sapajou, 343 & suiv. Celle d'un Espagnol fort vain, b72. Celle d'un mendiant très-effronté, 97. Celle d'un gardeur de chevres, 102. Celle d'un Cordelier avec une dévote, b128. Celle de deux nobles Vénitiens avec un François & un Espagnol, 196. Celle d'un Etranger avec une Vénitienne, 201. Celle du Duc de Mayenne avec quelques Courtisanes 211. Celle d'un sculpteur Génois & de deux François, 230 & suiv. Celle d'un Evêque trompé par une Mission, 254 & suiv. Celle du Roi de Corse, 258. & suiv. Celle de la fille du consul Hollandois à Messine, 277 & suiv. Celle de deux Anglois avec Sabataï Sevi, 294. Celle d'un esprit rongeur de draps, toiles, & c. 299. Celle des maître d'un Légat Romain & d'un Patriarche de Venise, 311. Celle d'un Légat avec Givri, 315 & suiv. Celle d'un prétendu possédé devant le Saint Cloud de Milan, c24. Celle d'un moliniste & de deux jansénistes, 133. Celle d'un chymiste avec sa femme, 183. Celle d'un mari avec sa femme masquée, 226 & suiv. Celle d'un financier avec sa concubine, 227 & suiv. Celle d'un savant malade avec trois médecins, c264. Celle d'un officier distrait avec une coquette, 337. Celle de deux, capucins paillards, 351. Celle d'une Madelaine indiscrette, & de quelques moines, extravagans, d46 & suiv. Celle des Génoises croisées, 50. Celle d'une reine d'Espagne, & risque qu'elle court, 171. &c. Celle d'une reine d'Espagne avec Monterey, 173. Celle d'un Carme & d'une Espagnole, 219. Celle d'un dominicain avec une courtisane, 225 & suiv. Celle de la marquise d'Astorgas, 277 & suiv. Celle de la fille du comte de Montemar, 284. Les mariages sans le consentement des parens, donnent lieu à de fort tristes, 282. & c. Celle d'un Portugais avec un Espagnol, 326. Celle de deux auteurs se chantant pouilles, d377 & suiv. Celle de Mr & Mde Michon, e59 & suiv. Celle d'un cabaretier avec une grande Dame Angloise & son mari, 131. La triste & tragique d'une famille Angloise, 242 & suiv. Autre d'un François qui voulut imiter les Anglois, 245 & suiv. Celle d'un Espagnol réduit à la derniere misere, 249 & suiv. Une très-cruelle d'un infortuné Chinois, 269 & suiv. Celle du patriarche & du corregidor de Lisbonne, 280. Celle d'Amurath & d'lbrahim, Beis de Tunis, f109 & suiv. Celle de Zulima Maure & de Sebastiano Portugais, 119 & suiv. Celle d'un Bei de Tunis avec divers esclaves, f271 & suiv. Celle du chevalier Bayard avec une jeune demoiselle, 300. Celle d'un curé & d'une jeune paysanne, 146 & suiv. Celle d'un cordelier & d'une jeune villageoise, 160 & suiv.

Aventuriers, fort nombreux à Londres, e96, où l'on juge faussement par eux de toutes leurs nations, ibid.

Avarice, vice inséparable des prêtres & des moines, c207. 209. Entretient & multiplie les superstitions & les folies religieuses, d88.

Aubigné: son histoire redoutée par les jésuites, g184.

Aubusson (Pierre d') conserve Rhodes, malgré les efforts de Mahomet II, g209.

Averroès, extravagance de ce philosophe touchant Aristote, c169. f250. Qu'il avoit traduit en Arabe, 150. Etoit de l'académie de Maroc, ibid., Persécutions cruelles que lui firent essuyer les théologiens Maroquins, 151 & suiv. Se retire à Fez & à Cordoue, 153. Rappellé & rétabli à Maroc, y meurt, 155.

Augures, se prenoient autrefois des entrailles des victimes & des poulets sacrés, b228. Moins ridicules que les cérémonies monacales, f187.

Auguste, cause de grands maux à la république, a303. N'est pas plus connu que Virgile, b187. Vrai voleur de grand chemin, pendable dès sa jeunesse, e48. Tel que le diable étant vieux se fit hermite, ibid. Visite le tombeau d'Alexandre, 65. N'auroit qu'un rang fort médiocre sans Agrippa & Mécénas, e288. Sa clémence envers Cinna, très-louable, quoique peut être politique, 290 & suiv. Aussi meurtrier que Néron, 145.

Auguste II, roi de Pologne, humilié par Charles XII, & protégé par le Czar, b30. Son histoire basse & rampante, 218. Son élection, coup fatal aux protestans, d233.

Auguste III, semblable à Henri IV, mais pour le papisme, d234.

Saint Augustin, sa maxime pernicieuse & abominable touchant les biens des méchans & des hérétiques, a145 & 146, & usage affreux qu'on en peut faire, ibid. Plus sage dans ses écrits philosophiques que dans les théologiques, 152. Fournit beaucoup aux philosophes modernes, 161, 162. A eu de grands défauts, 165, 166. Est le Patriarche des jansénistes, 169. Son style mauvais, 169, 170 & suiv. Gâte bien des théologiens, 172. Trouve le christianisme dans Platon, b152, 153. Loue fort Epicure, c255. Cité contre les Dieux du paganisme, d144, 145. Cité sur la vertu respectée dans les tems les plus corrompus, f41, 42. De sage & modeste devint tellement persécuteur, qu'il acquit le nom de patriarche des persécuteurs, 47, 48. Les jansénistes très-zélés pour lui, 131, 132. Et les Jésuites ses ennemis mortels, 253. Croyoit les anges & les démons corporels, g70.

Augustin des Grecs, saint Chrisostôme ainsi nommé, a165.

Aumônes, leurs motifs semblables chez les Indiens & Papistes, f228.

Aunoi (la comtesse d') ses Mémoires de la cour d'Espagne cités, d173 & suiv. 196, 277, 278.

Avocats François, leur éloquence inférieure à celle des anciens orateurs, c32. Leurs situations en sont la cause, 33 & 34. Ne plaident que sur de maigres sujets, 36. Trop asservis aux formalités & minucies, & à l'autorité des Jurisconsultes, b322. Souvent mercenaires, c39 & suiv. Font plus de plaidoyers en un an, que Demosthène & Cicéron en toute leur vie, 41. En France leur fortune médiocre, en Angleterre peuvent parvenir aux plus grands honneurs, 38, 39. Moins parfaits que les prédicateurs, 42. Se forment mal en jouant des tragédies, g180; aussi ceux formés chez les Jésuites, se sentent-ils toujours du théâtre de Collége, 180 & suiv.

Avocats - Généraux, dans le même cas que les simples avocats, c37. Voyez Avocats.

Auses, n'ont point de femmes particulieres, usant indifféremment de toutes, d67.

Austérités, inutilité de celles des Moines, c254. Leurs motifs semblables chez les Indiens & les Papistes, f225 & suiv.

Autel, celui des Samaritains sur le Mont Garizim, construit des mêmes pierres que celui fait après le passage du Jourdain, e229.

Autels, les portatifs des Indiens, sont semblables aux reposoirs des Papistes, f225.

Auteur, on n'a jamais fait un crime de l'être aux gens de rang & de naissance, d Pref.

Auteurs, la Hollande abondante en mauvais, a204, 212. Leur maniere de composer, 212, 213. Tous les siècles en ont produit quantité de mauvais, b216. Une infinité d'eux périt par 1e mépris qu'on en fait, 217. Leur grand nombre nuit aux sciences, 220. Les anciens tronqués par les Moines, 283 & suiv. Leur manége littéraire plaisamment décrit, 326 & suiv. Plaintes des Libraires contre eux, 328 & suiv. Les mauvais sont les Charlatans de la république des Lettres, 333. Quantité vivoient de mauvais Romans & de fades historiettes, & seroient plus heureux étant cordonniers ou savetiers, 337 & suiv. Beaucoup sont calomniés, & beaucoup calomnient, 364. En grand nombre & très-mauvais à Amsterdam, d203. Fourmillent en Hollande, 204 & suiv. Leur pitoyable style, 205. Dès qu'ils sont bons, sont bientôt traduits, 206. Portrait de deux s'injuriant réciproquement, d377 & suiv. Ne louent qu'à charge de revanche, 378. Vendus aux Libraires, g70. Extrêmement gênés en France, ibid. La plûpart des François, extravagans pour le style, 224 & suiv.

Auto da Fé, exécution publique par ordre de l'Inquisition, d193 & s. Description d'un de Madrid, ibid. & suiv.

Autorité souveraine, respectable, accompagnée de la justice, b266.

Autorités, grand abus de les préférer aux raisons, c39.

Autriche, cette maison qui devoit abimer celle de Bourbon, la voit enrichie de ses dépouilles, d178 & suiv. Aussi puissante pourtant que jamais, & ses états actuels, 179.

Auvergnacs, lourds & pesans, b68.

Azile des Eglises, fondé sur l'ambition des prêtres, c27, 28. A été en usage chez bien des peuples, 28. Abus qu'en font les Prêtres & les Moines, 28. Les princes & les ambassadeurs ne l'accordent qu'aux malheureux & non aux criminels, 29.

Azoth, cinquiéme élément des cabalistes, e319.

--- B ---

Babel, si sa confusion des langues vint de la mésintelligence des ouvriers, d181 & suiv. Futilité de cette question, a320.

Babil, raison impertinente de celui des femmes, 263.

Babylone, nous n'en avons presque point l'idée, & il n'en reste aucun vestige, f164.

Bachas, obligés de faire des présents au Grand-Visir, se récompensent sur les gouverneurs & les peuples, a67. Payent très-cherement les petits présens du Grand-Seigneur, ibid.

Bacon (Roger) cité touchant les excommunications des papes contre les souverains, f53.

Bacon, chancelier d'Angleterre: prédécesseur en quelque sorte de Descartes & de Gassendi, en matière de philosophie, e176. Prévoit & prédit la chûte d'Aristote & des Scholastiques, ibid. Son organum scientiarum cité, 177 & suiv. Ses Oeuvres morales, très-bonnes, mais moins agréables & délicates que les essais de Montaigne, ibid. Privé de sa charge, 187. Compare les scholastiques aux mahométans pour l'établissement de leurs opinions par la violence, f257.

Bagnes, prisons des esclaves en Turquie & Barbarie, 272.

Baguettes, les grands pénitenciers de Rome s'en servent pour toucher les gens en les absolvant de leurs péchés, a69

Bajazet, ses infortunes affreuses, & sa fin tragique, f311.

Baillet, surnommé dénicheur de Saints, a264.

Bain, pris dans les rivieres, efface les péchés chez les Indiens, d59 & suiv.

Bal, description de celui de l'Opéra de Paris, & aventures qui y arrivent, c224. & suiv. Semblable aux fêtes de Cithere & de Paphos, 229.

Baleines, contes puérils des rabbins touchant deux, a262 & suiv.

Balgus, philosophe hermétique, cité, e321 & suiv.

Balmis, (Abraham de) Juif très-savant e216 & suiv. Médecin, Grammairien & Philosophe, ibid. Fait un bon Dictionnaire hébraïque, ibid. Accusé de pirrhonisme, 217.

Bandeleros, voleurs & assassins du royaume de Valence, d120.

Bandits, scélératesse de ceux de Naples détruits par les Allemands & les Espagnols, b359 & s. Méchanceté de ceux du royaume de Valence, d120. Ceux d'Italie méprisant la mort, le duc de Vendôme les fait pendre sans confession, e208 & suiv.

Bannieres, drapeaux des moines, b126.

Barbarie, les Turcs se rendent maîtres de toute cette côte d'Afrique, f105. Les princes Nazaréens en eussent pû détruire les Républiques, mais leur jalousie mutuelle les en empêche, 146.

Barbe, l'humidité la fait recroître dans les cadavres e145.

Barberousse, soumet & dépeuple l'Isle de Lampedousse, f182.

Barbeirac, habile traducteur & commentateur, a203, d206. Cité touchant l'esprit séditieux de Saint Cyrille d'Alexandrie, a142 & suiv. Et touchant une maxime pernicieuse de Saint Augustin, 143.

Barcelone, grande & belle ville, d88. Son port mauvais, ibid. Sa citadelle très-forte, ibid.

Barclai, Quakre illustre, 143.

Bacokebas, faux Messie, ses impostures, f61, & c. Mis à mort par ordre d'Adrien, ibid.

Barreau, son éloquence assujettie à de grands inconvéniens, c34 & suiv. Portée moins loin que celle de la chaire, & pourquoi, 42 & suiv.

Saint Barthélemi; le massacre de ce jour fondé sur une maxime abominable de s. Augustin, a146. Conseillé par un Légat, & autorisé par le Pape, b312. Aveu du Pape Clément VIII à ce sujet, _ibid._

Bartolocci, son témoignage touchant l'interdiction des écrits d'Abarbanel, e214.

Basnage, ses emplois & ses talens, 285.

Basnage de Beauval, Ecrivain agréable, a202.

Saint Basile, ses Homélies aussi pures que le style de Démosthene, a107. Croyoit les Anges corporels, g70.

Bastonade, se donne sur les fesses à Tunis, f172, Aventure singuliere à ce sujet, ibid. & suiv.

Batailles, étonnement qu'elles devroient causer aux personnes sensées, a294 & suiv. Les Nazaréens y font présider & combattre leurs Saints, b138.

Bâtards, tous les Grands - Seigneurs naissent tels, b326. Injustement traités, d68 & suiv. Inconnus chez les Mahométans, _ibid. & chez les anciens Patriarches & les Juifs, ibid._ Défendus & loués 290.

Batarelle (la) Dévote du Pere Girard. c142. Qu'elle baise amoureusement, ibid. f232.

Batême, hors d'usage chez les Quakres, d132. Administré en âge de raison chez les Mennonites, ibid. La damnation des enfans morts sans l'avoir reçu, expliquée par Mallebranche, & cette explication refutée, e304 & suiv.

Bâtimens superbes, leur amour outré dans les Princes, combien pernicieux aux Peuples, e290. On ne sait plus comment les premiers hommes les construisoient, f165 & suiv. Les Romains n'y usoient ni de mortier ni de ciment, 165. Exemple, 165 & suiv.

Bâton, Dieu même ne peut faire qu'il soit sans deux bouts g35.

Baudricourt, (Robert de) regardé comme le Directeur de la fourberie de la Pucelle d'Orléans, e329.

Baumgarten, cité sur le goût des Turcs & Egyptiens pour les Sodomites, c220.

Bayard, Chevalier François, tout rempli de grandes vertus morales & militaires, f300. Sa retenue & sa générosité admirable envers une jeune personne, 300 & suiv.

Bayle, injurié par Jurieu, a151 & suiv. Philosophe & habile critique, ibid. & suiv. Sa maniere d'écrire nette, précise & brillante 201. & s. Etoit fort uni, b184. Condamné par les Jésuites, 335. Fort sincere ibid. Réfute le sot conte d'un Moine touchant Mahomet, c312. Fort estimé des Hollandois, d209. Son badinage sur l'aventure d'Alcmene & sa coëffure singuliere, d217. & suiv. Trouvoit Leti surabondant & peu fidele, 270. Juge Seckendorf fidele & exact, mais trop diffus, ibid. Agréable & délicat sceptique, e178. Son Dictionnaire critiqué, & la critique peu estimée, 299. Se sert utilement des voyageurs contre la superstition, g48. Critiqué par des misérables, 96 & suiv. Redouté par les Jésuites, g172.

Béatification, accordée aux pauvres, comme la Canonisation aux riches, a65.

Béatifiés, différent des canonisés comme les Marquis different des Ducs, aibid.

Beau & bon, Muralt repris de galimatias touchant ces expressions, c109.

Beauchamp, mauvais Auteur, g247.

Beaumont, Peintre médiocre, b181.

Beausobre, cite avec éloge les Lettres Juives, e Pref. Ecrit à l'Auteur contre une Critique insérée dans la Bibliothéque Germanique, a Pref. gener. Fortement loué, la même.

Beaux-Arts, plus facilités à Paris qu'en aucun autre lieu, a196 & suiv. Académies qui les concernent, ibid. Fruits de l'amour, 197. Inventés & perfectionnés peu à peu, b214 & suiv. Demandent de la régularité, d312. e253. Les mahométans leur ont beaucoup nui, f167. D'Italie se répandirent par toute l'Europe, g219. Dégénerent fort en France, 235. Ont leur vicissitude & leur circulation comme la nature, 242 & suiv.

Bécan, jésuite, accuse les réformés de faire Dieu auteur du péché, & d'être pires que les athées, f137.

Bécheran, abbé janséniste, ses convulsions au tombeau de l'abbé Paris, a75. b289 & suiv.

Beïs, chefs de la milice de Tunis, s'en font souverains, f171. Le dernier ayant perdu les fesses par une bastonade, défendit ce supplice, 172. Divers traits de justice, d'un fort corrompu, 303 & suiv.

Bénéfices, sont la clef des coeurs, c21. Tous pour les molinistes, 21.

Bédouins, habitans d'Egypte: leurs moeurs & coutumes c70 & suiv. Divisés en fixes dans les villages, & errans de tous côtés, ibid. Ceux-ci fort considerés par les Turcs, ibid. Les pâturages & l'eau, leurs plus grands trésors, ibid. Pensent ce que bon leur semble, ibid. N'ont ni théologiens, ni avocats, ni médecins, ni soldats, ibid. Leurs chefs jugent d'abord leurs différends, 75. Ceux de Cirene ont des moeurs pures, & leur nourriture est très simple c28. Hospitaliers, mais paresseux, 29. Quoique Mahométans ont des pratiques juives, 29. Peut-être originaires juifs, ibid.

Bel-esprit, but général des François, e339 & suiv.

Belisaire, fait de vastes conquêtes pour Justinien, qui lui fait crever les yeux, & le réduit à la mandicité, g58 & suiv. Sa prison se voit encore à Constantinople, 59.

Bellegarde, derniere ville de France en entrant en Espagne, d95.

Belles-lettres, enseignées par les jésuites, comme non-dangereuses pour leur société, g187 & suiv. Fort négligées en France, & mieux cultivées en Angleterre, 234.

Bénédictins, ceux de saint Denis accusés par Hardouin d'avoir fabriqué tous les auteurs anciens, c191, & c. Donnent de bonnes éditions des peres que ce jésuite veut détruire, 198. N'aiment point les jésuites, d110. Ont eu beaucoup de savans de la premiere classe, ibid. Jansénistes, g151.

Benoît XIII traite de cochonerie les peintures de Raphaël, & les veut détruire, a268.

Bentivoglio, cité touchant le prodigieux nombre de vaisseaux d'Amsterdam,
d102.

Berlin, beauté de cette ville, 263, & c.

Saint Bernard, abbé de Clairvaux, ennemi des sciences, faux prophete & persécuteur, a171. f249. Passage impur de ses méditations très dévotes, a173. Son sentiment sur 1e salut des juifs & des gentils, 259. Sauve sa fausse prophétie sur les croisades par les crimes des croisés, b158. Se déclare envain contre la métaphysique d'Aristote, c175. Un peu raillé, g143.

Bernard, ennemi de Bayle, a201 & suiv.

Bernier, persécuté pour des matieres de philosophie, f Pref.

Bessarion, cardinal, trouvoit les vies des Saints impertinemment écrites, a340.

Bêtes & ame des bêtes. Voyez animaux.

Beze, conseille aux évêques de France de quitter leurs évêchés, & manque par-là de reformer toute l'église de France, f334 & suiv.

Bible, voyez écriture sainte.

Bibliothèques, nombreuses & publiques à Paris, & leur utilité, a126. Abondantes en livres défendus, 127 & suiv Fort piétre en Piémont, b183 & suiv. Communes en Europe, 190. Et pires en Espagne, d284. Souvent Bibliotaphes, e300.

Biens, maxime pernicieuse & abominable de saint Augustin touchant leur propriété, a146.

Billets de banques, risque qu'ils firent courir au régent, f193.

Biron, maxime inique de ce Général, qui ne vouloit point que les militaires craignissent la justice, b. 228.

Biron, se vantoit plaisamment d'avoir vû danser le chef de l'église Anglicane, e197. Secouru par Henri IV, quoique fort jaloux de sa gloire, g62. Sa fin tragique. 173. Quoique coupable, sa punition trouvée dure, 63. Réflexion là-dessus, 64 & suiv.

Biscêtre, maison de correction près de Paris, e227. L'abbé des Fontaines y est mis, & fustigé deux fois par jour, 271.

Bletter, pris par Adrien, & cruautés qu'il y fit exercer, f61. Sa perte a encore plus dispersé les juifs que celle de Jérusalem, ibid.

Blanc (le) ministre d'état, sa disgrâce & sa prison, g62.

Blanche, mere de Louis IX, aimée & chantée par Thibaud, comte de champagne, b70.

Blegny, cite dans son Zodiacus Medico-Gallicus, une fille née sans cerveau, & qui vécut cinq jours, f215. & suiv.

Blondel, extrait de sa Dissertation sur la force de l'imagination des femmes enceintes sur le fétus, f196 & suiv.

Bochoris, chasse les juifs lépreux d'Egypte, b61.

Bockingham, Lord Anglois, bon Poëte, e187.

Boerhave, illustre professeur à Leide, d206.

Boeufs, ceux des jardins de Suze, mathématiciens, b19.

Boiares, courtisans ou esclaves du Czar de Moscovie, e40, 41.

Boileau des Préaux, excellent poëte, a237. Condamné par les Jésuites, b335. Générosité très - louable envers Patru, c43. Mal répris par Muralt, 109. Zélé défenseur d'Homere & de Virgile, e298. Son style mâle & nerveux, g177. Génie mélancolique & peu fin, selon l'agréable & délicat abbé Cartaud, 233. Vouloit faire graver sur son tombeau la lettre de M. Arnauld, a Pref. général.

Bois, (l'abbé du) de Cuistre fait cardinal, e266. Méchant ministre d'état, ibid. Son odieux caractere, f267 & suiv. Très - libéral de lettres-de-cachet, en donne une pour enfermer & fustiger un infortuné chinois, e271.

Bonarscius (Clarus), nom déguisé de Charles Scribani. Voyez Scribani.

Bon goût, voyez goût.

Bonheur, erreur de l'homme à cet égard, b304, 305. Il consiste en sa vertu, sa santé & son nécessaire, ibid. Il ne faut pour y parvenir que du bon sens, & de la droiture, ibid. La science ne le forme point, c237 & suiv. Consiste dans la probité seule, 238 & suiv.

Boniface VIII, pape, probablement auteur de la fraude pieuse de Lorette, b356. Attaque Philippe le Bel, qui le fait insulter jusques sur son trône, d254. Sa lettre insolente à ce prince, & réponse qu'il en reçoit, f361 & suiv.

Boniface, archevêque de Mayenne, persécute Virgile de Saltzbourg, pour avoir admis des antipodes, d298.

Bon jour, indulgence attachée à le souhaiter en Italie, 61.

Bonivet, amiral de France, sa chute, g59.

Bonne aventure, ceux qui se mêlent de la dire, bannissables de tout état bien policé, a217 & suiv.

Bonne Corse, mauvais auteur, e300.

Bonne-foi, très-rare dans la République des lettres, e302. Et chez les Jésuites, g164.

Bonneval, (le comte de) devient Mahométan, & prend le nom d'Osman, a90 & suiv. Bruit de sa mort, 125. Son caractere & jugement qu'on en fait 247 & suiv. N'est ni Nazaréen, ni Mahométan, 256. Fausseté de sa mort, 307. Sa fermeté pendant sa maladie, 308 & suiv. Ses censures à un prêtre & à un Iman, 316, 317. Regardé comme un Juif, 318. Ses lettres à sa femme & au duc *** 323, 324. Parfaitement rétabli, 327. Jugement sur sa conduite, ibid. & suiv. Indignement traité par les Janissaires, 218 & suiv. Les pieces de son différend avec Prié, réimprimées à la Haye, contre les défenses expresses de l'état, sous le titre imposteur de Mémoire du comte de Bonneval, g87.

Bon sens, une des sources du bonheur de l'homme, b191.

Bonzes, responsables du bien & du mal que font leurs dieux, & punis ou récompensés, b267 & suiv.

Borghese, la vigne de cette maison, magnifique, a274, 275.

Bossuet, évêque de Meaux, écrivoit bien, a171. Habile théologien, orateur & historien, 200. Son discours sur l'Histoire Universelle, excellent; mais les continuations mauvaises, b219. Son éloquence, inférieure à celle des anciens, 352. Mais supérieure à celle du barreau, c42. Orateur inimitable, g179.

Boucher, prédicateur séditieux de la ligue, semblable à Grégoire de Nazianze, a138, 139.

Bouchet, Jésuite, sa lettre sur la Métempsicose, cité, d55 & suiv.

Bouhours, décrie le style de Port-Royal, & insulte les Allemands, g187.

Bouillon, aventuriere, qui se fait si sottement de cette famille, qu'elle se trouve fille du cardinal, a39.

Bouillons, abandonnent leur Religion, d132.

Boulen (Anne de), ses charmes, cause de l'établissement de la réformation en Angleterre, f356.

Boulets de canon, faits de marbre des ruines de Troye par les Turcs, c79.

Bouillier, son essai philosophique sur l'ame des bêtes, f240. Il y adopte 1e sentiment d'un principe spirituel dans les animaux, 210. Réfuté, 241 & suiv.

Boulogne, fameux peintre, g331.

Bourbon, (maison de) on a cru qu'elle succomberoit sous celle d'Autriche, & elle s'est aggrandie de ses dépouilles, d178 & suiv. Redevable aux réformés, e50, 51.

Bourbon (1e duc de) délivre un Lettré Chinois cruellement persécuté par les Jésuites, & le renvoie en son pays, e272.

Bourbons, maltraités par les derniers Valois. f369.

Bourdaloue, son éloquence, inférieure à celle des anciens, b352. Mais supérieure à celle du barreau, c42. Seroit haï des Jésuites, s'il avoit été Bénédictin, d65. Ses sermons, excellens, e301. Cité sur la nécessité de l'amour de Dieu, f135. Habile homme, 194. Prédicateur inimitable, g231.

Bourdon, grand peintre, 253.

Bourgeois, plus heureux que le courtisan & le noble, a238 & suiv. Peut donner à ses enfans une aussi bonne éducation, 238. Rançonnés & pillés par les officiers, sans pouvoir s'en plaindre, c324 & suiv.

Bourreau, étrange qu'un ami lui puisse livrer son ami, g64.

Bougaret, savant Provençal, 270. Travaille à l'histoire des provençaux illustres, ibid.

Boyardo, ce qu'il débite des chevaux de Renaud & de Roland, & du bon sens de ce dernier retrouvé, d83.

Boyer d'Aiguiller, célebre Provençal, g269. Député du Parlement de Provence pour la cassation du premier président Marin, ibid. Loué par Tournefort, & très-fortement par l'auteur de ce livre, ibid.

Brabançons, doux, naïfs & un peu stupides, c346. Leurs nobles très - vains, ibid., & c. Foisonnent en excellences, ibid. & suiv. Ont permission de commercer, comme les marchands de s'annoblir, 347. Ne sont pourtant que de simples gentilshommes sans aucun droit extraordinaire sur leurs vassaux, 348. Superstitieux & ignorans, même leurs jésuites, c354 & suiv. Fort entêtés de miracles, ibid. & suiv. Vont se gâter à Paris, c346. L'âne de la fable comparé à leurs petits-maîtres, 356. Serment ridicule & extravagant qu'ils exigent, d30.

Brabant, son air épais, & son climat grossier, c346. Extrêmement rempli de nobles, ibid. & suiv.

Bragardin, tue un hermite cabaliste, e317

Brames, admettent la métempsycose d53. Leurs raisons, 54 & suiv.

Bramins, chez les Canians, le premier a les mêmes droits & honneurs que le Pape à Rome, f223, 224.

Brantôme, cité sur la maxime inique de Biron, b227. d39. Cité sur la cause de la perte de Dom Sebastien attribuée aux Jésuites, 136 & suiv. Cité touchant la lubricité du cardinal de Lorraine, g65 & suiv.

Brebeuf, son passage renommé sur l'invention de l'écriture, d391 & 392.

Brebis, celle de saint François très-dévote, c332 & suiv.

Bretons, se rebellent sous la régence, & sont punis, f131 & 132.

Breviaire, ramas de morceaux de l'écriture & de lambeaux de traditions ecclésiastiques, 69 & 70. Murmures qu'excite celui du diocese de Paris, 71 & suiv. Généralement reçu g207.

Brito, (Jacob), l'un des correspondans de ces Lettres Juives: né à Gênes & élevé à Constantinople, a2. Se rend à Rome, 64. Arrive à Gênes, 397. Arrive à Turin, b63. Arrive à Venise, 194. Arrive à Naples, 354. Arrive à Milan, c21. Arrive à Geneve, 54. Arrive à Lausanne, 99. Arrive à Lion, 132. Arrive à Montpellier, 178. Arrive à Barcelonne, d88, & à Madrid, 112. Se transporte à Lisbonne, 324. D'où il passe à Alger, f149. A Tunis, 162. A Tripoli, 174. Et aux ruines de Cirene, g1. Arrive à Malte, g57.

Brocks, Hambourgeois, excellent Poëte Allemand, d272, 289.

Bruit, Ennemi de l'étude & de la méditation, e43.

Brun, (le) grand Peintre, g234 & s. Ses tableaux aujourd'hui négliges, ibid.

Brunehaut, Reine de France louée par Grégoire le Grand, f313. Sa fin tragique racontée par Pasquier, ibid. & suiv. Justifiée par quelques Auteurs, ibid.

Brutalité, regardée comme une suite de la liberté, e77.

Bruxelles, artifices des Jésuites pour y obtenir des cloches, c349 & suiv. Beauté des Eglises, 350.

Bruyere (la), habile Ecrivain, a237. Cité sur le Gouvernement, 290, d149. Ses caracteres, attaqués par Vigneul Marville, & défendus par Coste, e299. Sur le droit des rois sur les peuples, f49.

Buchanan (George) Ecossois illustre, g112. Ses grandes qualités, & ses beaux ouvrages, ibid.

Bulles, les Vénitiens enferment celles des Papes sans les lire, a60.

Burnet (Gilbert), Ecossois illustre, g112. Veut imiter de Thou, mais lui est très-inférieur, e78. Taxé de vanité & de malignité, & excusé, 179. Convertit le Comte de Rochester, & publie une relation de sa mort, 185. Ses deux principaux Ouvrages, l'Histoire de la réformation de l'Eglise Anglicane, g111. L'Histoire de son tems, e180. Elevé sur le Siége Episcopal de Salisbury, g111.

Burrhus, conduisoit bien Néron, e288. Son caractere bien peint par Racine, 262.

Bussy, Courtisan, Auteur. a237.

--- C ---

Cabale, science chimérique combattue, a338. &c. Diverses de ses suppositions regardées comme possibles, d369. & suiv. Les Juifs en sont fort entêtés, ibid.

Cabale; les mieux formées ne servent quelquefois qu'à rendre le despotisme plus dur & plus affermi, f191.

Cabalistes, grands visionnaires, a213. Quelques-uns de leurs vains secrets, rapportés & réfutés, d284 & suiv. Leurs esprits élémentaires ingénieusement employés par Pope pour peindre les femmes, e184. Discours d'un sur la philosophie Hermétique. e218. & c. Leurs écrits obscurs & inintelligibles 314 & suiv. Obligés de cacher leurs secrets, 315. Leur cinquiéme élément, & ses différens noms, 317. Leurs divers styles, 318. Bien peu réussissent au grand oeuvre, 321. Leurs travaux comparés à ceux de Jason, ibid. Au milieu de leurs chimeres, ont fait de belles découvertes pour la physique, 325.

Cabaretiers, vains & orgueilleux en Espagne; & leurs cabarets détestables, g44.

Cabrioleurs de Paris. Voyez Convulsionnaires.

Cadavres, se conservent long tems dans certains terroirs, e145 & suiv. Plusieurs ainsi conservés dans 1e caveau d'un Couvent de Toulouse, 146.

Cadiere, (la) dévote du Pere Girard: jugée digne du gibet, c134. Calomniatrice, 136. De moitié dans les désordres du Pere Girard, 140. Cause de sa prétendue possession, 142. Favorite du Pere Girard, c293. Comparée à la Pucelle d'Orléans, e333. Le Pere Girard baise la playe de son téton, c142. Trait contre elle, g158.

Cadis, donnent l'entorse à leur révélation, e237. Décident promptement, mais quelquefois prématurément, fibid..

Cadmus, cru Egyptien par les uns, & Phénicien par des autres, 311. Communique l'Ecriture aux Grecs, & est regardé comme son inventeur, ibid. & suiv.

Cachera, origine du nom du Caire, c156.

Cajëtan, Légat du Pape à la Ligue: turlupiné par Givri, b315 & suiv.

Caire (le), Capitale d'Egypte: Histoire, description & moeurs de cette ville, c67, &c. Imposture de ses Dervis, 158 & suiv. Il y demeure des Samaritains, e224. Fort abondante en Devins, Astrologues & c f110.

Calais, repris par les François, & sage réponse d'un Anglois à ce sujet, e32.

Caldéens, étoient de grands interprêtes de songes, g114.

Caligula, monstre né pour la punition des Romains, b267. e113.

Calomnie, les femmes en sont le premier mobile, a184.

Calprenede, ses Romans critiqués, b40. Son style diffus, 83.

Calvin, appuyé de la raison, venge le bon sens opprimé, a311. Loué & blâmé, 312, 313. Fort savant homme, d105. Génie vaste, 239. Ses sentimens adoptés par les Anglois, e150. Accusé & justifié de faire Dieu auteur du péché, f136 & suiv. Capable de grands desseins, 357. Introduit la réformation dans divers états de l'Europe, 358 & suiv.

Calvinisme, perd la France, mais gagne l'Angleterre, d229. Plus coupable que l'Athéisme, selon Becan, f136.

Cambise, Roi de Perse, tue Apis le Dieu des Egyptiens. c163.

Cambrige, Université d'Angleterre, f248. Le Péripatétisme en est banni, & l'on y explique Locke & Newton, ibid.

Camérarius, cité sur les malheurs de Mélanchton, 159.

Camargo, (la) célèbre danseuse de l'Opéra de Paris, g229 & suiv. Saute plus qu'elle ne danse, & ne touche point, 245. Imitée par les convulsionnaires, 252.

Camphre, porté sur la chair, ou bu dans quelque liqueur, amortit les passions amoureuses, 157. Badinage à ce sujet, ibid. & suiv.

Campra, ses Opéra toujours estimés, f268.

Candie, enlevée aux Vénitiens par les Turcs, c137.

Canidie, Magicienne faiseuse de philtres, 148.

Canisius Jésuite maintient une imposture sur l'Incarnation, b155.

Canes, les Romains y sont cruellement battus, f296 & suiv.

Canonisations, très-profitables aux Papes, a65. Les Canonisés comparés aux Ducs, & les Béatifiés aux Marquis, 66.

Capitole, gardé par des chiens, mal récompensés, f219 & suiv. Voyez chiens. Rebâti magnifiquement par Michel Ange, a108.

Caprices, inséparables des femmes, c34.

Captifs, Voyez Esclaves.

Capuchon, vêtement de la superstition, b317.

Capucins, bannis & rétablis par les Vénitiens, b275. Deux séduisent & pervertissent la fille du Consul Hollandois de Messine, 277 & suiv. Leur genre de vie, 278. Leur ignorance les met à couvert des persécutions, c246. Crasseux, dégoutans & vicieux, 350 & suiv. Rebelles en Catalogne, & lascifs en Provence, 351.

Caracteres, ceux de chaque Nation, état, profession, société, & c. se trouveront sous leurs mots propres, comme Anglois, François, Hollandois, Suisses, & c. Ecclésiastiques, moines, religieuses, dévotes, & c. Actions de comédie ou d'opera, coquettes, petits maîtres, jeunes-gens, & c. Jésuites, Jansénistes, Inquisiteurs, Académies, Savans, Théologiens, Philosophes, Historiens, & c.

Caraïtes, Juifs qui n'admettent que l'Ecriture sans expositions, & c. b142 & suiv. Nombreux au Caire, à Constantinople & en Moscovie, 147. Le Judaïsme admirable chez eux, c366. Les Saducéens n'étoient d'abord que tels, e13. Les seuls vrais Juifs de l'Univers, b147.

Caravanserals, maisons de charité des Mahométans, a181.

Cardan, attribue la différence des Religions à l'influence des astres, b59. Son impertinence touchant la Bible, ou les peres de l'Eglise, mis sous le chevet du lit pour procurer de vrais songes, g143. Badinage là-dessus, ibid. Communiquoit le pouvoir de rêver divinement à sa famille & à sa parenté, 144.

Cardinaux, se sont emparés du droit d'élire les papes, a271. En ont quelquefois élu deux & trois, 272. La plûpart grands Seigneurs, 273. Leur utilité à Rome, ibid. Leurs vignes autour de cette ville, 274. N'élisent que de vieux papes, pour que l'âge des désordres soit passé, b94. Devroient rire, comme les augures, du ridicule de tous les moines, f157. Volontiers reçus par les dames Romaines, 197. Grande générosité d'un envers une jeune personne, 268 & suiv.

Carlile (le comte de), très-brutalement traité dans son ambassade en Moscovie, e39 & suiv.

Carlile (la comtesse de), ses intrigues politiques, b89.

Carmes, très-débauchés, b272. Aventure & vengeance d'un, a33 & suiv. Aventure d'un autre avec une Espagnole, d219 & c. Hypocrisie & subtilité de son prieur, 220 & suiv.

Carnaval, célèbre à Venise, b272. Abus qu'en font-là les moines & les religieuses, 308 & suiv. 277. Et de même à Milan, c25 & suiv.

Carochas, espèces de châsses pour les morts, condamnés par l'Inquisition, d198.

Carrosses de louage, rendez-vous & asyles d'infidélité conjugale, c217.

Carraches, excellens peintres, d34. g222.

Cartaud de la Villate, petit collet, auteur, g224. Examen badin, mais solide, de son essai historique & critique du goût, g223. Passages aussi notables que ridicules de cet ouvrage, 228, & c. Grand ennemi des anciens, g223. Pitoyable écrivain, 225 & suiv.

Cartésiens, prennent leurs idées innées de Saint Augustin, a151. Nient 1e vuide, c273 & suiv. Leur défaite ou jeu d'enfans sur l'infini, 276. Force de leur argument sur la divisibilité des Atomes, 281 & suiv. Haïs par les Jésuites, d60 & suiv. Comparent mal à propos Mallebranche avec Locke, e172. Leurs sentimens sur l'essence de l'ame, combattus & défendus, 345, & c. Sur l'essence de la matiere, combattus & défendus, ibid. & suiv. Fortement entêtés de leurs idées innées, g5.

Carthage, étoit bâtie sur un cap qui porte encore son nom, f163. Vaincue par Scipion, 295. Ses ruines, 163. Son réservoir, ses aquéducs & ses citernes, subsistent, ibid. & s. Peut-être rebâtie par les Romains, 168.

Carthaginois, aujourd'hui un des plus vils peuples, c212.

Cartouche, auroit pû donner à ses Collegues des loix semblables à celles de Licurgue, f185.

Cartouchiens, leurs crimes comparés aux derniers d'Alexandre, e47.

Casas (Dom Barthélemi de las) Historien Espagnol, censure vivement les cruautés des Espagnols dans les Indes. d301. Son ouvrage rare, mais traduit en diverses Langues, ibid..

Casse, bonne pour les purgations légères, c261.

Cassini, célèbre savant de France, f324. g181.

Cassiodore, son éloge de l'étude et des sciences, b68.

Castillans, fort haïs par les Catalans, d88. Aiment & servent bien Philippe V, 90.

Casuistes, les Espagnols & Jésuites, cruellement tournés en ridicule par Pascal dans ses Provinciales, 307 & suiv. Imprimées fidelement à Genève, c57.

Catalans, haïssent fort les Castillans, d88. Taxés de grande rébellion 58 & suiv. Leurs femmes plus galantes que dans le reste de l'Espagne, 90.

Catalogne, son état présent, 88 & c. Les François s'y établissent en grand nombre, & y introduisent la galanterie & le cocuage, 90. Ses Miquelets, grands scélérats, e47.

Catena (Girolamo) Sa vie de Pie V, citée touchant le gage de la S. Barthélemi, b314.

Sainte Catherine, une des Directrices de la Pucelle d'Orléans, e335 & suiv.

Catholique Romain, se feroit plutôt Mahométan que Grec schismatique, a85. Sa vraie définition, homme tout dévoué au S. Siége, g184.

Catholiques, ceux de Hollande divisés en molinistes & jansénistes, d252.

Catinat, grand & sage général, a236.

Caton, finit tragiquement, f307. Traité de pédant par un puriste, g223.

Catrou, jésuite, mauvais auteur d'une histoire Romaine fort ennuyante, b82 & suiv.

Catulle, supérieur à Voiture & à Waller, e181.

Caze, bon peintre, soutient généreusement son art, g236.

Sainte Cécile, remplace chez les papistes la déesse Minerve, e59.

Célestin III renverse insolemment la couronne de dessus la tête de l'empereur Henri VI, qui lui baisoit les pieds, f352.

Célibat, extrêmement élevé par les papistes, b177 & suiv. Combien contraire à la société publique, 178. Désordres que cause celui des Prêtres, occasionné par la vanité, ibid. N'est point observé par le clergé Anglican, f333. Fortes raisons contre celui des prêtres, 335 & suiv. Rejetté par quantité d'évêques, & c. 343 & suiv. Source de débauches & de crimes, 345. Pie II vouloit qu'on l'abolît, b179.

Centaure, S. Jérôme en fait jaser un avec S. Antoine, d356.

Cerceau (le pere du) jésuite: ses poësies plus imprimées que le poëme de S. Prosper, b347. Blâmées, ibid.

Cérémonial, celui de la cour d'Espagne extrêmement gênant, d169 & suiv.

Cérémonies, on peut s'en dispenser, a260 & suiv. Exemples des juifs & des nazaréens, ibid. & suiv. Quantité d'inutiles chez les juifs, les nazaréens & les mahométans, 261. Difficile de les connoître, vû leur prodigieux nombre, 263. Etrangeres à la religion, c314. Celles des autres, moins ridicules que les monacales f186. Semblables chez des peuples très-éloignés & fort opposés, 231.

Cérémonies religieuses, ne sont pas indispensablement nécessaires, a42.

Certificats, ceux des gens de justice touchant des matieres de physique & de prodiges, peu valables, e141.

Cervantes (Michel de), ingénieux écrivain, d303. Excellence de son Histoire de Dom Quichotte de la Manche, ibid. Espagnol, il n'a pû y éviter la superstition, 304. Son ingénieuse critique des romans Espagnols, 305. Et de quelques poëtes, ibid.

Cerveau, cervelle, cervelet, ne sont d'abord bord que des vessies aqueuses dont l'eau se condense, f215. On a vû des enfans vivans sans en avoir, ibid. & suiv.

César (Jules), aussi savant que grand capitaine, a209. Cause de grands maux à la République, 303, Supérieur à ses foiblesses pour le sexe, b95. Bien dépeint par Voltaire, b118. N'eût jamais conquis un village, s'il avoit eu des soldats Nazaréens, 217. Repris de rapacité, c114. Regardé comme un grand Voleur, 128. Et un illustre brigand, e47. Destructeur & tyran de sa patrie, f264. Ses 60 assassins périrent tous malheureusement, ibid. Parallele entre lui & Guillaume III, qu'il n'efface point, 297 & suiv. Badinage sur son corps ressuscitant, g39 & suiv. Connoissoit à fond les Gaulois, & les dépeint bien dans ses commentaires, g56 & suiv.

Césarius, moine superstitieux, e200.

Chafaï, S. Turc, miracle que les Dervis lui font faire, c158 & suiv.

Chaire, plaisamment envisagée par un Juif, a45. Son éloquence portée plus loin que celle du barreau, & pourquoi, c34 & suiv. Exemple de l'abus criminel qu'en font certains prêtres, 61 & suiv.

Chaise percée, cérémonial superstitieux & puérile qu'en ordonne le Talmud, e220 & suiv.

Chalamont de Viselede, provençal: fortement loué, g270 & suiv.

Chauffoir d'opéra & de comédie, manége qu'y font les petits-maîtres & les actrices, 205 & suiv.

Chamillard, pauvre ministre d'état, a246, e268.

Champs Elisées, aussi vraisemblables que le Paradis de Mahomet, f268.

Chandelle bénite, fourberie ecclésiastique, a343 & suiv.

Changement, désagréable aux gens d'étude, e44.

Chanmêlé, fameuse comédienne, aimée de Racine, 259.

Chanoines, ceux de Liége autrefois de la plus haute naissance, d77 & suiv. Mais aujourd'hui de très-petite, ibid.

Chansons, autrefois ingénieuses & admirables en France, aujourd'hui très-fades & très impertinentes, g206 & suiv.

Chant, combien séduisant pour la jeunesse, a226.

Chantal, mystique dévote de S. François de Sales, d93.

Chapeau, grand sujet de division entre les Anglicans & les Presbytériens & plaisanterie à ce sujet, e154., & c. Ceux-ci le gardent en lisant leurs Pseaumes, mais l'ôtent en les chantant, 157.

Chapelain, quoique très-mauvais poëte avoit des pensions très-considérables, c44.

Chapelle, agréable débauché, g206.

Chapelle (la) ses beaux talens, a203.

Chapitre, celui de Liége autrefois très-illustre, extrêmement déchû, d77.

Chappes, honneur attaché au retroussement de celles des prêtres, e193.

Chappuis, serment bizarre qu'il rapporte, d29 & suiv.

Charenton, il y a une prison pour les fous, e271. Triste traitement qu'y essuya un Lettré Chinois, ibid.

Charité, admirable chez les Mahométans, a181 & suiv.

Charlemagne, rebâtit Aix-la-Chapelle & en fait la capitale de la Gaule, d80. Y fixe son séjour, & y est enterré, ibid. Canonisé, quoique grand paillard, c292. Sa statue colossale portée en procession, d85. Son épée & son baudrier y sont regardés comme reliques, portés au sacre des Empereurs, & montrés au public pour quelque rétribution, 82 & suiv.

Charles IV, ordonne par la Bulle d'or le couronnement des Empereurs à Aix-la-Chapelle, d. ibid.

Charles-Quint, manque d'être précipité du dôme de S. Pierre, b100. S'est vû maître de l'Europe presqu'entière, d176. La plûpart de ses états passés aux Bourbons, 177. Ses descendans aussi puissans que jamais, ibid. Fait prier Dieu pour la délivrance du pape qu'il tenoit prisonnier, d256, Son histoire par Sleidan, bon ouvrage 269. Son Apophtegme sur les langues de l'Europe, ibid. Sa victoire sur les protestans, & miracle qu'on en débite, ibid. Souvent parjure envers François I, e49, g172. Phébus risible du Jésuite Porée sur son voyage à Paris, ibid. & suiv. Donne l'Isle de Malte aux chevaliers chassés de Rhodes, 212. Voulant couvrir Naples & Sicile, 219.

Charles II, roi d'Espagne, fait appaiser la sédition des cordonniers de Madrid, d113. En cinq ans change de sept confesseurs brouillons & cabaleurs, 120. Nargué par le duc d'Ossone, 160. Eloigne sa mere, & dégrade Valenzuela, 162. Gêne où l'on assujétissoit son épouse, & risque qu'elle court, 170 & suiv. Fait tordre le cou à deux perroquets François, & ne pouvoit souffrir deux chiens semblables, 176. Malgré sa haine, ses états passent aux François, ibid. Sa femme n'ose demander grace pour une jeune Juive, 196.

Charles I, roi d'Angleterre, adoré quelque tems des Anglois, f316. Cromwel lui fait couper la tête, ibid. Réflexion sur cette fin tragique, 317.

Charles II, roi d'Angleterre, contrainte où le tenoient les Presbytériens Ecossois d170. Prince mou & efféminé, c332. Elevé sur le trône avec applaudissement traversé de cabales & de conspirations, e203. Corruption extrême de son regne, ibid.

Charles IX, avide de sang reformé, conclut la S. Barthélemi avec le légat Alexandrin, b312. Et lui en envoye le gage de l'exécution, ibid. Ses violences blâmées, 369.

Charles XII, roi de Suéde, nouvel Alexandre, b30. Rapidité de ses conquêtes, d177. Soumet toute la Pologne, & la donne à Stanislas, 245. Battu à Pultowa par 1e Czar, ibid. Fugitif en Turquie, d177. Blâmé par l'auteur, 246. Excusé par l'abbé de S. Pierre, ibid. & suiv. Ses grandes qualités obscurcies par sa vengeance outrée, e51. Fait cruellement exécuter Patkul, ibid.

Charles-Emmanuel, roi de Sardaigne profite du fâcheux état des Génois, e299. Intéressé à contrecarrer Théodore & les Corses, c90.

Charles Borromée, patron de Milan, e22. N'a perdu le bout du nez, que parce qu'il avoit trop aimé les odeurs, 31.

Châsses des Saints, leur procession décrite, a99.

Châtel (Jean) frappe Henri IV d'un coup de couteau, a253.

Chauvelin, sa disgrace & son exil, g62.

Chelibi, petit-maître ou jeune Seigneur Turc, a97.

Chenilles, excommuniées par le pape, a114 & suiv. & envain par l'Archevêque d'Arles, ibid.

Cheopès, roi d'Egypte, prostitue sa fille pour acheter les pyramides, d41 & suiv.

Cherbury (le baron de) cité touchant les vrais Déistes, e14.

Cheremon, son opinion sur les Juifs, b61.

Chevaux, badinage sur ceux de Roland & de Renaud, d83.

Cheveux, l'humidité les fait recroître dans les cadavres, e145.

Chevreuse (la duchesse de) combien pernicieuse à la France, b89.

Chicane, les Anglois y sont fort portés, e106. Aussi descendent-ils des Normands, ibid.

Chien, sensible & intelligent, b16. f219. Capable de trois opérations de la logique, b.ibid. Un catholique très-dévot, c321. Très disciplinable, 324.

Chiens, certains Turcs font des fondations pour eux, a182. Gardiens du capitole, avec défense d'aboyer le jour, sous peine d'avoir les jambes rompues, f220 & suiv. Cette ridicule punition censurée, ibid. & suiv. Gardiens de Tripoli, mais sans cette extravagante défense, ibid..

Chymie, a procuré de grands secours à la physique, e326.

Chine, très-florissante peu après le déluge, b76. Les jésuites y établissent le christianisme, d386. Mais fort mêlé de paganisme, f179.

Chinois, châtient leurs Dieux, & leurs Bonzes de leur manque d'égard à leurs prieres, b268 & suiv. g150 & suiv. Vantent extrêmement leur ancienneté, c68. Regardent leur langue comme la plus ancienne, d184. Aventure très-cruelle d'un à Paris, c271 & suiv. Se prosternent neuf fois devant leur empereur, f223.

Chipre, les chevaliers de saint Jean de Jérusalem s'y retirent, g214. Guy de Lusignan en étoit roi, ibid. Enlevée aux Vénitiens par les Turcs, c137.

Chirurgiens, leurs fonctions. b248.

Chiva, Rama, Harigara, mots mystérieux, qui effacent les péchés chez les Indiens, d63 & suiv.

Choeurs, suppléoient à la brieveté des tragédies anciennes, b115.

Chou, plus criminel de le voler qu'une ville, c131.

Choucala, (Amurat ben) fait les Anges spirituels, dans son commentaire sur la sonnab, g72.

Chrétiens. Voyez Nazaréens.

Christianisme. Voyez Nazaréisme.

Chrisippe, fournit aux Cartésiens leur défaite sur l'infini, c279.

S. Chrysostome, surnommé l'Augustin des Grecs, a165. Persécuteur des Eunomiens, des Montanistes, & c. ibid. Déposé, rétabli & rechassé, ibid. Meurt en exil, ibid. Est le patriarche des molinistes, ibid. Son style pur, ibid. Croyoit les anges spirituels, g71.

S. Christophe, une de ses vertebres vénérée à Munick, b274.

Cicéron, sa morale plus pure que celle des peres de l'église, a138. Blâme les stoïciens, 144. Cité touchant Platon, b153. Décrit & censure la fausse amitié, 164 & suiv. Ses offices renferment une bonne morale, 348. Grandeur & dignité de son éloquence, 352. Fort supérieur aux orateurs modernes, c33. Son oraison pour Déjotarus, chef-d'oeuvre d'éloquence, 36. L'exorde de sa premiere catilinaire parfait, ibid. Dans les causes ordinaires, n'est point supérieur à Patru & Errard, 37. Ne citoit presque point, 38. Veut prouver l'égalité des péchés, c129. Hardouin fait grace à ses écrits, 193. Reprend Platon sur l'incorporalité de Dieu, c216. Cité sur l'enchaînement des sciences, 345. Cité sur l'existence & la pluralité des Dieux, d139. Cité sur l'éducation des Lacédémoniens, d211 & suiv. Cité contre l'abus des spéculations, e75. Cité sur la fidélité des promesses, f48. Son traité de l'amitié, très-sage, 53. Cité sur le ridicule des augures, g243. Et sur des chiens gardiens du capitole f220. Cité sur la distinction de l'honnête & du honteux, 211. Cité sur la fin tragique de Pompée, 308. Cité propos de Newhoff, 373. Cité sur la connoissance du bien & du mal, g11. Son récit du songe extraordinaire d'un Arcadien averti du meurtre de son ami, 127, 136. Les jésuites ne le lisent à leurs écoliers que malgré eux, 187 & suiv. Critiqué par un auteur petit-maître, 217.

Ciel, on y peut aller par quatre côtés, c111. Le mettre dans ses intérêts, grand artifice des faux dévots, 160.

Cienfuegos, cardinal, habile Ministre, b87.

Cigales, badinage sur celle de saint François, c351 & suiv. Modele des musiciens, e76.

Ciment, voyez mortier.

Cimetieres, voyez tombeaux.

Cyniques, leur impudence, b102. &c. Effronterie d'un moderne, ibid.

Circoncision, n'est point pratiquée par les juifs d'Espagne, a42. Pratiquée par les Mahométans, 95. Les juifs s'en dispensent, ainsi qu'Esther s'allia avec un Idolâtre, 258. A vraisemblablement commencé chez les Egyptiens, c360. Admise par les coptes même pour les femmes, ibid. Passe des Egyptiens aux Phéniciens, Syriens, Macrons, &c. ibid. Et peut-être aux juifs, ibid.

Cirene, caractere de ses Arabes ou Bédouins, 93. Et des Sauvages, ses voisins, réduits au seul instinct, ibid. & suiv.

Saint Cyrille d'Alexandrie, fort séditieux & grand persécuteur, a143.

Citations, les plaidoyers en étoient autrefois remplis, c30. Il y en a moins dans tout Cicéron que dans la premiere page de le Maître, ibid.

Sainte Claire, l'une des patrones des Mystiques, 290.

Clarke, défend vivement l'Arianisme, d129. Superficiel selon Cartaud, g233.

Claude, ministre écrivoit bien, a174. Esprit sublime & juste, 290. Rendoit justice à Arnauld, d159, f109. Réformé très-illustre, d143.

Clémence, égale les hommes à Dieu, a162 & suiv. Nature & étendue de celle de Dieu, b132.

Clément d'Alexandrie, trouve le Nazaréisme dans Platon, b154. Regarde les Faunes & Satyres comme des anges punis, d354.

Clément VII, pape emprisonné & insulté par Charles-Quint, qui fait prier Dieu pour sa délivrance, 254.

Clément VIII, pape, son aveu touchant le massacre de la s. Barthelemi, b312.

Clément (Jacques) Jacobin, assassin de Henri III, a128. Tué par ses gardes, e251. Ses dernieres paroles, ibid. Traité d'honneur éternel de la France par le Jésuite Mariana, d303.

Cléopâtre, cause de la perte de Marc-Antoine, b30. Ses deux obélisques à Alexandrie, c130.

Clerc (le) ennemi de Bayle, a201.

Clerc (le) ses sonnates du goût de Corelli, g254.

Clitus, tort que fait Alexandre le meurtre qu'il en fit, e47.

Cloches, artifice des Jésuites pour en obtenir à Bruxelles, c348 & suiv.

Clou (le saint) de Milan: crû un de la vraie croix, c22 & suiv. Miracle qu'on lui fait faire, ibid. Il s'en trouve en Europe cinquante-deux autres, ibid.

Coche d'eau, incommodités qu'on y essuye, 168 & suiv.

Cochon, en horreur aux Juifs, & badinage à cet égard, 85 & suiv.

Cocuage, très-favorisé par le bal de l'opéra, & les carrosses de louage, 228. Rendu commun en Espagne par les François, 88. Honoré chez les Nasamones, 67. Respecté venant par le canal de la Religion, comme celui d'Amphitrion, 216. Honorable aux Espagnols venant des moines, ibid. & suiv. Tenu à grand honneur au royaume de Decan, c339.

Code, (le) un des avocats des pauvres, & le Digeste, l'autre, g265.

Coëffure, celle d'Alcmene fort singuliere, d217 & suiv.

Coelius Rhodiginus (Ludovicus) repris de puérilité touchant les songes divins, g141 & suiv.

Coeur humain, son étude, seul moyen d'acquérir la sagesse, d66.

Cohabitation publique, celle des Cyniques condamnée, a330 & c. Réflexion singuliere à ce sujet, ibid.

Cohen (Néhémie) savant Juif: veut se donner pour le pauvre messie, & ses disputes avec l'imposteur Sabataï Sevi, b291. & suiv.

Colbert, excellent ministre d'état, a236. Elevé par un seul mérite, 247. Protecteur des arts & des sciences, ibid. Ennemi de Louvois, ibid. Louis XIV lui est très-redevable, e288.

Coligni (l'amiral de) sa mort augmente les Partisans de Henri IV, c98.

Colignis, injustement traités par les derniers Valois, f369.

Colisée, en partie détruit par la friponnerie du neveu d'un pape, a267.

Collége, air farouche d'un disputeur qui en sort, e75.

Colléges, abus de l'éducation qu'y donnent les Jésuites aux jeunes gens, g177 & suiv. 191 & suiv. Celui de Louis le Grand à Paris, fort célèbre, 177.

Colomb (Christophe), fait disparoître l'article de foi qui nioit les Antipodes, d298.

Cologne, ses théologiens font d'Aristote un précurseur du messie, & un saint, f251 & suiv.

Colonnes, la Trajanne & l'Antonine, bien conservées à Rome, a269. Et celle de Pompée à Alexandrie, c130. Conte ridicule que débitent les Arabes de celle-ci, d43.

Comédie, manege importun qui s'y fait pour & contre les piéces, a49. Pour une personne éclairée, il y va cent idiots, 50. Portrait de la vie humaine, b109. Demande de bons acteurs, ibid. Nouveau genre introduit, ibid. Veut de la modestie, sans quoi recommande le vice, e296. Manége des petits-maîtres dans son chauffoir, f201 & suiv. Cas qu'en font les petits-maîtres, 202. Ecole de sentiment, e293.

Comédie Françoise, rivale de la grecque & supérieure à la latine, b370. Fort exercée en Allemagne, d295.

Comédie Latine, inférieure à la Françoise, b111, 350.

Comédie Italienne, sa représentation amusante, mais sa lecture fade & peu instructive, b108 & suiv. Interdite & rétablie, 110. Ses acteurs fort habiles, 109. Avilie par de misérables écrivains, ibid.

Comédie Angloise, mal cultivée par Muralt, c109. Trop libre & dangereuse, e255.

Comédie Espagnole, bizarre & sans régles, d96.

Comédiens, excommuniés, & réflexions là-dessus, a24, 25. Associés à l'Académie Françoise, 31. Les bons font le succès des pièces qu'ils jouent, b109. Ne sont point excommuniés en Espagne comme en France, d99. On leur éleve des mausolées en Angleterre ibid. Les meilleurs, peu connus avant que de venir à Paris, 70.

Commandans des villes de guerre, généralement durs & rançonneurs, c324 & suiv.

Commentaires, piéges tendus à l'esprit & à la raison, b345.

Commentateurs, idolâtres des anciens, deïfient jusqu'à leurs défauts, b344. Partagent avec leurs auteurs les louanges qu'ils leur donnent, ibid. & les louent par coutume, ibid. Vantent toujours l'auteur qu'ils commentent, ce qui les met en contradiction, 345. Grands embrouilleurs de textes, c297. Ceux de l'Ecriture sainte, non seulement inutiles, mais même nuisibles, e238 & suiv. & souvent contradictoires, témoins ceux de l'Apocalypse, 239 & suiv.

Commerce impur, les moines font accroire à leurs dévotes qu'ils en ôtent le péché, a62.

Commerce, origine & vaste étendue de celui; des Hollandois, d102 & suiv. Moins étendu où la noblesse prime, e2. Les Anglois & les Hollandois y gagnent plus que les François & les Allemands, 3. Cause beaucoup de jalousie entre les états Nazaréens, c240 & suiv.

Communauté de femmes, en usage chez divers peuples, d74.

Compagnie de Jésus, insulte faite aux Jésuites sur ces mots, 224.

Comparaison: celles d'Homere condamnées par l'abbé Cartaud, qui en fait de bien plus ridicules, g. g227 & suiv.

Compilateurs, peu judicieux dans leur choix, d267. Travaillent pour un sordide intérêt, g85.

Complimens, d'ordinaire fruits de la dissimulation & de la fourberie, a240. Ceux de l'Académie Françoise, fades & ennuyeux, g174 & suiv.

Conchi (Sébastien), peintre presque ruiné par un moine, a277 & suiv.

Concile de Trente, Voyez Trente.

Conciles, leur autorité indispensable chez les Nazaréens, c202.

Concubinage, celui des ecclésiastiques autrefois mis en tribut, b235.

Condé (le prince de), son nom sera toujours illustre, a236. Grand général, pauvre politique, b95. A contribuer à la gloire de Louis XIV, e288. Bien inférieur en politique à Mazarin, b95.

Confesseurs, assujettis à la mode, a18. Leur manége auprès des malades, b251 & suiv. Regardés comme des Dieux tutélaires, 252. Ceux du roi d'Espagne intriguant & cabaleurs, d120.

Confession, abus qu'en font les ecclésiastiques & avantages qu'ils en retirent, a103 & s. Piscine spirituelle, b169. Celle des Coptes, non détaillée, c206 & suiv.

Confident, devient souvent ennemi, surtout des femmes, b170.

Confirmation, son administration aux mourans, b250 & suiv.

Congreve, 1e meilleur & le plus sage des comiques Anglois, e292. Caractere de cet excellent auteur, 294. Estimoit sans doute Moliere, ibid.

Conquérans, leurs grandes qualités aussi peu estimables que celles d'un voleur de grand chemin, c118 & suiv. Illustres brigands, 128. Furieux et enragés, d132.

Conringius, loue fort l'histoire d'Espagne de Mariana, d302.

Conscience, est le plus habile Jurisconsulte, 69.

Consciences, très-dangereux de les violenter, a85.

Conseils des princes, aussi fertiles en excuses que les Jésuites, c94.

Conseillers, les jeunes sont honteux de l'être, 211.

Consentement, libre & volontaire des parties, fondement unique du mariage, selon le Concile de Trente, d279. Celui des parens nécessaire selon les Loix de France, ibid. & c. Réflexions là-dessus, 280 & suiv.

Constance, son Concile se soumet les papes, qui condamnent sa décision, a270.

Constance, celle des femmes tout autre que celle des hommes, b170, & c. Celle d'un Espagnol dénué de tout, e249 & suiv.

Constantin III, empereur, abandonne l'élection des papes aux Romains, f351.

Constantinople, prise par Mahomet II, f168. Sujette à bien des révoltes, a57. Son gouvernement & celui de Rome tout semblables, 66. Ses moeurs semblables à celles de Paris, 97. Sa Cour bien différente de celle de Versailles, 245. On y manque de respect aux souverains, 250. Désagrément & maux à craindre en cette ville, 97 & c. Magnificence de ses Mosquées, b68 & suiv.

Constitution, Unigenitus, divisions & troubles qu'elle excite en France, a57. Superstitions risibles qu'elle y occasionne, 74 & suiv. Ses suites fâcheuses pour la cour de Rome, d260.

Continence, celle du chevalier Bayard peu connue, aussi admirable que celle de Scipion tant vantée, f300 & suiv.

Continuateurs, ceux des historiens, d'ordinaire très-mauvais & très-méprisés, b218. Peuvent difficilement réussir, & qualités qu'il leur faudroit, 219. Ceux de l'histoire d'Angleterre de Rapin, détestables & calomnieux, g84, 109 & suiv.

Contrat, il y en a un entre les souverains et les peuples, & suites de cet engagement, e114 & suiv.

Contradictions & contrariétés, les femmes y sont fort sujettes, g134.

Controverses, font renaître la pureté du style, a175. Eternisées par la tradition & les chicanes, b157. Presque tous ses livres, autant de Factums trompeurs & illusoires, g90.

Controversistes, presque toujours injurieux, a152. Les Catholiques imprimés fidélement à Genêve, c57. Très-méprisants envers leurs adversaires, c319. Sacrifient tout à leur haine, f52. Chicanes & mauvaise foi de leurs disputes, 125, 137 & suiv.

Convertisseurs, aventure d'un Chrétien & d'un Turc avec le comte de Bonneval, a318 & suiv.

Convulsions, supposées par les Jansénistes au tombeau de l'abbé Paris, a74. g251.

Convulsonnaires, leur grand nombre, & beaucoup d'eux enfermés, a76, 77. Très-fourbes, 163, c125. Frénétiques dignes des galeres, b. Pref. & 258. Très-nombreux & très-insensés, 278. Vrais prophétes de malheurs, 279. Incorrigibles, e55. Démoniaques, ou fourbes & imposteurs, 56. Très-dignes d'être fustigés, g173. Badinage là-dessus, 174 & suiv. Tout leur manége raconté, g263 & suiv.

Coptes, les restes des anciens Egyptiens, c68. En petit nombre, 196. En assez grand nombre, 197, 348. Suivent l'hérésie de Dioscore, c69. & d'Eutychès, 201. Leur langue perdue, 70. Misérables, 208 & suiv. Teneurs des registres des terres du pays, ibid. & suiv. Leur défense contre les Missionnaires, 212. Font un commerce sordide de leur Religion, & y reviennent toujours, 205. Leur confession, non détaillée, 206. Leurs jeûnes austeres, 207. Leurs images, simples mémoriaux, 208. Admettent la Circoncision, même pour les femmes, 360. Pratiquent fort la répudiation, 364 & suiv. Leurs prêtres, aussi fourbes que les autres, d48 & suiv. Vendent toutes leurs cérémonies, ibid.

Coquettes, leurs soins extrêmes de leur parure, a122 & s. Comment se justifient, ibid.

Cordeliers: Héros de la galanterie Monacale, b128. Très-peu scrupuleux, 272. Directeurs d'amour en Espagne, d. 93, & combien dangereux pour les maris, ibid. & suiv. Trait contre leur lubricité, 219. Autre ou aventure d'un avec une villageoise, g160 & suiv.

Cordonniers, ont Saint Crepin pour patron, e59. Ceux de Madrid se rebellent sous Charles II, d115.

Corelli, grand Musicien, b180, g244.

Corneille (Pierre), excellent poëte, a237. Tire 1e théâtre François du cahos, ibid. Porte la tragédie à sa perfection, b113. Supérieur à Sophocle, b. ibid. Ses belles pieces traduites, d271. Estimoit fort Lopez de Vega, & avoit tiré de lui soin Menteur, 307. Fort supérieur à Shakespear, e253. Eut moins perdu à Londres que Racine, ayant plus le talent de peindre les passions fortes & terribles, 259. Le cinquiéme acte de sa Rhodogune, chef-d'oeuvre qui semble fait pour le théâtre Anglois, ibid. Tombe quelquefois dans le rampant, ibid. Exemple ibid. Son Pompée, admirable caractere, 262. Loue fort Sophocle & Euripide, 298, mauvaise critique, 299.

Corneille (Thomas) inférieur à son frere & à Racine, peut balancer les anciens tragiques, b350.

Corps, ne peuvent être mûs que par d'autres corps, a214. Mallebranche ne peut se convaincre qu'il y en ait, e172 & suiv.

Correge, excellent peintre, d33. Ses femmes admirables, ib. Ses tableaux négligés en France, g246.

Correspondance Historique, Philosophique & Critique, & c. Mauvaise imitation, & pitoyable critique des présentes Lettres, f Pref. Quelques-unes de ces censures refutées, a Pref..

Corse, sa situation avantageuse, ou nuisible à la France, selon le Souverain qu'elle a, c90 & suiv. Ses ports bloquent ceux de Provence, 91.

Corses, se rebellent contre les vexations des Génois, 300. Les Génois ne peuvent les réduire seuls, b36 & suiv. Se donnent un roi, & comment ils 1e reçoivent, 258 & suiv. Leur condition améliorée, 259. Etoient réduits au désespoir par les Génois, 262. Leur conduite louée, 263. Un troisiéme parti parmi eux, c89. Vains raisonnements, & réflexions diverses sur leur entreprise, 90, 91 & suiv.

Cortès (Fernand), conquérant du Mexique, d299. Grand meurtrier, b. Ep. Ded. & c. Grand scélerat, d299.

Coscia, cardinal, sa rapacité, & sa punition, a273 & suiv.

Cosmopolite (le) philosophe hermétique, cité, e321.,

Cossoni (la) célèbre chanteuse, f322.

Cossova, village de Servie, infecté de Vampires, e137.

Coste, défend les caracteres de la Bruyere contre Vigneule Marville, e300. Traduit l'Essai sur l'entendement humain de Locke, & le réfute sur l'inutilité de la pensée pendant le sommeil, 446.

Coulange, ses chansons agréables, g206.

Coup d'état, l'équipée de la Pucelle d'Orléans, ne fut autre chose, e329 & c. 333.

Couplet, Jésuite, repris de superstition & de nouveau paganisme, f178.

Cour, plus facile à connoître, qu'on ne croit ordinairement, a225 & suiv. La folie d'y paroître ou ramper, la plus incurable de toutes, g61. Ses diverses catastrophes ne guérissent point ses esclaves, 62, & c. Mer orageuse, 67. L'amitié ne s'y rencontre point, ibid. La calomnie en fait l'essence, ibid. Plus à fuir que les forêts & les déserts, ibid. & suiv.

Cour Ottomane, semblable à l'Inquisition, b236.

Cour céleste, changée par les papistes en Jurisdiction Normande, b177.

Cour de Rome: sa politique poussée au dernier degré, a66. L'avidité des richesses y est extrême, 67. On y vend tout, ibid. Parallele de son gouvernement à celui de Constantinople, ibid. Abuse du titre de Sainteté de ses Papes, a 270 & suiv. S'attire des différens avec tous les souverains, 298. Tout y est vénal, sacré ou profane, de l'aveu même d'un pape, b Pref. Peu aimée des Vénitiens, 275. Vend fort cher ses reliques, ibid.. Cruauté dépeinte, 312 & suiv. Sa monnoie courante, les indulgences, 315. Vetilleuse & chicaniere, c82. Récompense la rébellion cris des ecclésiastiques, 87. Ses abus repris par Savonarole, qu'elle fait pendre, 166. Haïe de toutes les sectes, d243. Racine cité contre elle, 248. Haïe de beaucoup de catholiques, 249. Raisons de sa destruction, 323. Passages notables de Gerson & de Pasquier contre ses entreprises, a 257. N'est presque plus écoutée en France, 259. Un rien la peut brouiller avec elle, ibid. Toujours ambitieuse & empiétante sur le bien & les droits d'autrui, 375 & suiv. Fait bannir les Réformés de France, e82. Peu favorisée des François, 281. Voyez papes, cardinaux & évêques.

Courage, ce n'est pas lui, mais la foiblesse, qui porte les Anglois à se tuer, 242.

Courbes, leurs équations Algébraïques enseignées par Descartes, 169.

Course, exercée à Montpellier, c267.

Courtisannes, abondantes à Rome, a63 & tolérées, 111. Peu pernicieuses en comparaison des filles de l'opéra de Paris, 222, 229. Quelquefois délicates & sensibles, 285 & suiv. Très nombreuses & considérées à Venise, b201 & suiv. Manége de celle de Rome, ibid. & suiv. Quelques-unes occasionnent la fin de la Ligue par le mauvais présent qu'elles font à son chef, 210. Leur vie & leur fin, 211 & suiv. Les Vénitiens en fournissent bien leur ville, 234 & suiv. 272. Etudient la politique, ibid. Une bâtit une chapelle de ses gains, ibid. Manége de celles de Venise, 306 & suiv. Une Egyptienne bâtit une des pyramides, d41. Subtilité & hypocrisie d'une Romaine, 223. Celles de Portugal, vieilles & gâtées, 333.

Courtisans, imitateurs serviles des princes, a231. Réflexions sur leur caractere, 232. Leur manége de fausse politesse, 240. Divisés en trois classes, en amateurs des arts, en liseurs de romans & diseurs de rien, & en petits maîtres & agréables débauchés, ibid. 242. Vrais Caméléons & singes du souverain, 243. Bas & rampants devant le prince & le ministre, & insolents avec leurs inférieurs, 249. Rampent en esclaves, ou tranchent du souverain, ibid. Les empereurs Turcs n'en ont point, 250. Plus attentifs à leur fortune qu'à la gloire de leur maître, a291. Toujours prêts à embrasser la religion du souverain, 147. Pensent plus à leur avantage qu'à celui de leur maître, ibid. Différence entre les François & les Anglois, ibid. Leurs peines & leurs bassesses infinies, g61 & suiv. Incorrigibles, 61. Faux & traîtres, 67 & suiv.

Coutumes & cérémonies, ont souvent des vices pour sources, b65. S'annoblissent en avançant, ainsi que les rivieres, a312. Ce sentiment réfuté, ibid. Les juifs y sont plus attachés qu'à la loi, b146. Etrangeres à la religion, c316.

Coutures (des) combat Descartes touchant les atômes, f169 & suiv.

Couvens, description de la vie qu'on y mene, b119 & suiv. Combien inutiles & préjudiciables, 125 & suiv. Ceux de filles en France, prisons cruelles, c44 & suiv. Réflexions utiles & sensées là-dessus, & description de la vie qu'on y mene, ibid. & suiv. Artifices pour les peupler, b352 & suiv. Extraordinairement nombreux en France, c54. Leurs grandes richesses dans les Pays-bas, 352.

Crainte, bride de l'homme, b260. Trouble l'imagination, & cause la mort, e142. Difficulté d'en guérir, ibid. & s.

Crapaux, voyez vermisseaux.

Créatures, il est absurde qu'elles veuillent connoître à fond le Créateur, c300.

Crebillon, bon poëte tragique, b114. Cité touchant la Corse, 259. 263. Touchant la saint Barthelemi & la cour de Rome, 314. Peut balancer les anciens tragiques, 350. Cité sur la dureté des peres, e4. A été fort critiqué, 285. Sa pensée sur l'espèce d'adoration des anciens, f256.

Crébillon, compose l'Ecumoire sur les troubles du Jansénisme, & se fait enfermer, a132. Ses Egaremens du coeur & de l'esprit fortement loués, quoique repris de faux brillant, b38.

S. Crepin, divinité des cordonniers, e59.

Crime, l'involontaire non-punissable, b50. Pere de la royauté & de la tyrannie, 264. Toujours crime, c113. Doit nécessairement être puni, f235. Ne se doit point punir par un autre crime, d102. Est toujours crime, f375.

Criminels, les grands loués, & les petits blâmés, c113.

Critiques, voyez Zoïles.

Croyance, juste de souffrir pour elle, dans l'espérance d'un très-grand bien, b104. Sa diversité ne doit point porter à haïr qui que ce soit, d371.

Croisades, les crimes des croisés les font échouer, b158 & suiv. Les nazaréens disposés à en recommencer, 151. Et moyens de le faire, d30. Celles des femmes de Gênes, ibid. Inutiles & ruineuses, ibid. Entreprises téméraires & d'un succès très-déplorables, f168.

Croisés, infâmes brigands, b156.

Croissans, Alcmène en portoit trois dans sa coëffure, en mémoire des trois nuits qu'elle avoit passées avec Jupiter, 217 & suiv.

Croix, celles des processions comparées aux étendards à queues de cheval des Turcs, a87 & suiv. Celle des Cortès miraculeuse, ibid.

Crollius, donne un pouvoir excessif à l'imagination, f205.

Crouzas, sa critique du dictionnaire de Bayle, vendue, mais peu estimée, e299.

Cromwel, seroit heureux aujourd'hui d'être le dernier de la chambre baisse, f186. Fait couper la tête à Charles I, & prend le magnifique titre de protecteur, 316.

Croi, cette famille fait remonter sa généalogie jusqu'à Adam, c348. Badinage là-dessus, ibid. & suiv.

Cruauté, celle des François envers leurs filles mises de force au couvent, semblable à celle des Peruviens qui mangent leurs enfants, c45.

Culotte, celle d'un carme métamorphosée en celle de S. Raimond, d219. Entêtement de la pucelle d'Orléans pour la sienne, e338 & suiv. Badinage là-dessus, 341. Cette culotte regardée comme un coup d'état, 339 & suiv.

Culte, absolument nécessaire à l'homme, a325 & suiv. Reglé par Dieu même, 55.

Curés, généralement honnêtes gens & de bonnes moeurs en France, c295. Trésor inestimable, e50.

S. Cyprien, regarde les faunes & les Satyres comme des anges punis, d352.

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Damas, il y demeure des Samaritains, e194.

Damas, aventurier Provençal, sans sçavoir un mot de latin, se charge impudemment de conférer une version de l'histoire de M. de Thou avec l'original, b216 & suiv.

Damnation, moins crainte par certains papistes, que de n'être point enterrés en terre sainte, e209 & suiv. Celle des enfans morts sans baptême, expliquée par Mallebranche, & cette explication réfutée, 210 & suiv.

Damnés, certains théologiens les croient nécessaires à la gloire de Dieu, comme les galériens à celle des rois, b52. Réfutation de cette impiété, ibid. & suiv. Difficultés sur leurs peines éternelles, 129 & c. Raisons pour, & réponses, 136.

Dancourt, médiocre comique François, e294. Ses pièces ont quelque génie, mais sont autant de petits maquignonages de fort mauvais exemple, ibid. & suiv.

Daniel, chevalier, bon peintre, b182.

Daniel, jésuite, son histoire de France, sincere jusqu'à François I, a131. Indique, d110. Quelque peu croyable, 268. Habile écrivain, g173.

Dannemarc, tout protestant, d230. A des prétentions sur Hambourg, 288.

Danois, honteusement défaits par des paysans Suédois presque désarmés, c125.

Danse, combien séduisante pour la jeunesse, a226. Les François croyent l'avoir portée au plus haut point, g273. Les étrangers le nient, ibid. Caracteres des trois principales danseuses de l'opéra de Paris, ibid. Donnée comme moyen miraculeux de guérisons par les Jansénistes, a76 & suiv.

Danseurs de corde, ont pour divinité particuliere S. Pantaléon, e59.

David, choisit une jeune femme dans ses derniers jouis, d76. Juifs & chrétiens, catholiques & protestans, a chantent toutes ses hymnes, ibid. Impertinence des rabbins sur sa conception, e234 & suiv. Justifié par S. Ambroise du meurtre d'Urie, f49. Ses pseaumes mis en beaux vers latins par Buchanan, ibid.

Davila, médiocrement: fidele, mais très-élégant & réfléchissant solidement, d52.

Débauchés, sont tranquilles en France, b297.

Débit, le grand ne prouve point la bonté d'un livre, b347.

Débiteurs insolvables, Sénéque cité sur la dureté apparente de la loi contre eux, e211. f13 & suiv.

Décan, les grands de ce royaume, en droit d'exiger les dernieres faveurs de toute fille & femme a leur gré, f227.

Dédicace, voyez épîtres dédicatoires.

Dei, chef de la république d'Alger, f106. Parvient à ce poste par le crime, & en est privé de même, ibid. Exemple notable à cet égard, 107, & c. Leur Gouvernement dur & cruel les fait tous périr, 113. Celui de Tunis n'a aucune autorité étant soumis au Dei, 171.

Déistes, ceux de France ingénieusement dépeints sous l'idée des Juifs, a41 & suiv. Comparés aux Saducéens, e15. Les vrais ne nient point les récompenses & les peines. 15. Les Mahométans regardés comme tels, à quelques faits & cérémonies près, f182.

Delft, ne fait point à Grotius le même honneur que Rotterdam à Erasme, d269.

Déluge, raisons contre son universalité, b78. Vaines disputes & recherches inutiles à ce sujet, 79 & suiv.

Démocrite, se fait crever les yeux pour mieux méditer, b103. Ses ris continuels mal justifiés, ibid. Favorable à l'ame des bêtes, f239.

Démoniaques, autrefois nombreux en France, les Prêtres y trouvant leur intérêt, a221. Erreur & maladie dont les Ecclésiastiques savent tirer profit, ibid. & c. Peu connus en Angleterre & en Hollande, parce qu'il n'y a point de Moines, b299.

Démons, pouvoir despotique que s'attribuent sur eux les Prêtres & Moines, a339 & suiv. Aventure d'un avec un Charpentier, 343, & c. Leurs peines peuvent finir, b134. On ne connoît point leur nature ni leurs actions, ibid. 135. Comment on les chasse en Angleterre & en Hollande, 299, Quelques-uns uns très-aisés à chasser, 300. Les Moines badinent avec eux, c121. Crus corporels par S. Augustin, g72, & par divers autres qui rafinent & subtilisent là-dessus, 76, & c. En niant les formes matérielles qu'on leur prête, on ruine des milliers de chimeres, comme les Incubes, Sucubes, leurs prétendus enfans, & c. 80 & suiv.

Démosthène, sa simplicité, sa grandeur & son éloquence, a286. Sa force & son sublime, b351. Fort supérieur aux Orateurs Modernes, ibid. c33 & suiv. Ne citoit presque point, c39. Blâmé par les Modernes, g226.

Denain, Villars y bat les Alliés, c135. Ce combat rétablit les affaires de France, d177.

Denis, Roi de Sicile, ses impiétés envers Jupiter & Esculape, a332.

S. Denis l'Aéropagite, croyoit les Anges spirituels, g70.

S. Denis, Abbaye, accusée d'imposture en la fabrication de tous les anciens Auteurs, c77.

Dénonciations, se font à Venise par des Troncs, b276.

Derriere, Mallebranche en conseille le chatouillement violent aux femmes enceintes, pour dérouter les effets de leur imagination sur leurs enfans, f210. & ce plaisant conseil tourné en ridicule, ibid. & suiv. Voyez fesses. Plaisanterie de Rabelais sur celui du Pape, 204.

Dervis, Religieux Turcs, extrêmement respectés, a185. Aussi corrompus que les Moines Nazaréens, g254.

Dervis & Imans, Moines Turcs, a184. Aussi fourbes & débauchés que les Moines Nazaréens, b63. Une de leurs impostures, ibid. & suiv. Grands amateurs de miracles, 66. Supposent des révélations, e309.

Descartes, persécuté par les Moines, a27. Méprisé par les pédans, 134. Emprunte de S. Augustin, 142. Restaurateur de la Philosophie, 167, e198 & destructeur du Péripatétisme, 167. Différence énorme entre lui & un paysan, b6. Cité sur la certitude de la raison éclairée, 41. Très-sociable, 162. Grand Physicien, 369. Rétablit la Philosophie, c168. Donne le dernier coup à la Philosophie scholastique, 169. Avec quel empressement ses écrits sont lus, ibid. Nature de sa méthode, 172 & suiv. Sa modestie, 173. Ses principes démontrés géométriquement par Spinosa, 175. Réfuté sur les atômes par Descoutures 176. Seroit lû chez les Jésuites, s'il avoit été de leur corps. d51. Eut une bâtarde qui mourut jeune, 274. Regardé en Portugal comme un suppôt de Satan, 317. Cité contre Aristote, e. Préface. Ses écrits éclairent les Anglois, e175. Supérieur à Hobbes, inférieur à Newton, ibid. & suiv. qui détruit ses tourbillons, 176, Ses lumieres & ses erreurs philosophiques, 177. Regardoit les animaux comme de simples machines, 183. Sa philosophie se décrédite tous les jours, 319. A eu bien de la peine à détruire le péripatétisme, f162. A fait grand bien aux hommes, 261. S'est utilement servi des voyageurs, 306. Traité de pédant par les petits maîtres, g178. Banni comme hérétique de chez les jésuites, 191. Expliqué dans les colléges de l'Oratoire, 191. Les port-royalistes, ses disciples, 192.

Despotisme, sous lui, point de patrie, a300. Plus dangereux que la brutalité des peuples, d125. Corrompt les moeurs des souverains, 39, f381.

Despréaux, voyez Boileau.

Devendiren, divinité des Indiens, d32.

Devins, se contredisent le plus souvent, g146. Exemples, ibid. & suiv.

Dévotes, leur caractere & leurs intrigues, a12. Faute de prélats & d'abbés, se rabattent sur les moines, 13. Abusent avec eux très-criminellement des retraites, b253 & suiv. Communautés diverses qui s'en forment, c291 & c. Beaucoup renoncent au mariage, & n'en goûtent pas moins tous les plaisirs de l'amour, 293. Quatre des principales du pere Girard, 295. Entremetteuses de galanteries en Espagne, d91. Ont avec les moines une parenté spirituelle, 91. Portrait d'une, f284 & suiv.

Dévotion, immodérée, ressemble à la folie, f204. Celle d'un chien très-catholique, c330. Et celle de la brebis de S. François, 332.

Deutéroses, compilées premierement par Akiba, e218.

Diable-Pourceau, fable des moines de Naples, b362.

Diables, peu connus en Angleterre & en Hollande, parce qu'il n'y a point de moines, b299. Comment on des enchâsse, 300. Quelques-uns très-aisés à enchâsser, ibid. Familiarité des moines avec eux, c145.

Diagoras, son impiété envers Hercule, a334

Diane, on lui sacrifioit des hommes en Tauride, b172.

Dieu, moins dangereux de l'offenser que les moines, a36. Idée que s'en font les Romains, 66. Puérilité que lui prêtent les rabbins, 261. Les ecclésiastiques en disposent à leur volonté, 296. Vûe de tout en lui, prise de S. Augustin par Mallebranche, 153 & suiv. Son existence prouvée par Locke & S. Augustin, 159 & suiv. Regardé comme matériel par bien des gens, b21, & c. Ne peut nous tromper, 49. Les théologiens posent des damnés pour sa gloire, b50. Réfutation, 51. Trop bon & trop juste pour damner ceux qui ont agi conformément aux lumieres de leur conscience, ibid. & suiv. Peut remettre les péchés par des punitions momentanées, b130 & suiv. Indignités qu'en débite le Talmud, 144, 150. Son unité fait la base du judaïsme, 153. Négligé pour les saints par les nazaréens, 177 & suiv. L'idolatrie est le maître des Souverains, 269. En a d'abord fait perdre les justes idées, c214. Et quelles étoient celles des philosophes, ibid. Sa spiritualité inconnue aux anciens, 215. Son existence mal prouvée par les idées innées, 219. Mais bien par son éternité & sa souveraine puissance, 220 & suiv. Beau passage de l'Alcoran là-dessus, 298 & suiv. Le bel ordre de l'univers, la meilleure preuve de son existence, ibid. L'Alcoran en donne de magnifiques idées, ibid. & suiv. Agit toujours par les voyes les plus simples, d66. Tout systême qui ne pose point son existence absolument rejettable, d372 & suiv. Ne peut être matériel, ni coéternel avec la matiere, 373. La connoissance de son unité dûe aux juifs & aux premiers chrétiens, 374 & suiv. Utilité des missions pour la faire connoître, 380. Descartes prouve foiblement son existence, e169. Et croit qu'il peut changer l'essence des choses, 170. Son pouvoir est immense, mais ne peut pourtant rien de contradictoire, comme un bâton sans deux bouts, & c. g35.

Dieux, de quelle maniere les Chinois corrigent les leurs, b269. Leur pluralité admise par les philosophes, comme Aristote, Ciceron, & c. d138 & suiv. Leur infirmité & dépravation censurées par Arnobe, & par saint Augustin, 112 & suiv. f79 & suiv. Les saints de Rome leur ressemblent, ibid. & suiv.

Digeste, un des avocats des pauvres & le Code l'autre, g265.

Digues, combien importantes à la Hollande, d210.

Dinniger (Guillaume) bâtard de Leibnits & lui servant de sécrétaire, d289.

Diodore de Sicile, son idée de l'univers semblable à celle de Spinosa, d183. Regardoit les hommes comme nés de la terre, ainsi que les plantes & les insectes, d184. Ridicule & impiété de cette opinion, 187.

Diogene, le Cynique obtenoit gratis des faveurs de Laïs, a287. Ses impudences, b98 & suiv. Puni par Platon 345.

Diogene Laërce, ses vies des philosophes, mieux écrites que les vies des saints, a340.

Dioptrique, rendu un art tout nouveau par Descartes, el63.

Directeurs, assujettis à la mode, a18. Abusant très-criminellement des retraites, b253. Chefs des mystiques, & comment ils les gouvernent, 193 & suiv.

Dirrachium, aujourd'hui Durazzo, on y présente un satyre à Silia, d357.

Discipline militaire, veut de la sévérité, c324.

Discorde entre le prince & le peuple, cause la ruine des états, a57.

Discours, souvent en contradiction avec les actions de ceux qui les font, e61.

Dispenses, le pape, les évêques, le clergé & les moines en font un grand commerce, a68. Vendues chez les Indiens, comme chez les papistes, f229.

Disputes, les moines en font un art, c167. Et un continuel usage, ibid.

Dissenterie, guérie par l'Ypecacuana, 267.

Dissimulation, extraordinaire & perfide dans les complimens de la politesse Françoise, a119 & suiv. Noeud de la société. Aussi commune à la ville qu'à la cour, a239 & suiv. Horriblement criminelle en fait de religion, 327 & suiv.

Distractions, une tout-à-fait extraordinaire, c337 & suiv.

Ditton, superficiel & n'ayant rien de nouveau selon Cartaud, g233.

Divan, conseil de la république d'Alger, plus souverain, que 1e dei, f108,

Divinité, les anciens n'en ont eu que des idées bien imparfaites, d374. Les anciens philosophes en admettent deux, d375. On en pense aujourd'hui tout autrement, ibid. Les Nazaréens n'en admettent qu'une, f128.

Divinations, les Turcs en sont fort entêtés, sur-tout les Egyptiens, g114. Fortement combattues, ibid. & suiv.

Doge, sa souveraineté n'est qu'imaginaire, b194 & suiv.

Doglioni, écrit les choses notables de Venise, b234. Y loue les Vénitiens d'y attirer des courtisanes, ibid. Censuré, 235.

Doigts, les galans s'en servent pour s'exprimer à la cour d'Espagne, d174.

Domine non sum dignus, plaisamment employé par une reine d'Espagne irritée contre un seigneur peu entreprenant, ibid.

Dominicains, leur imposture touchant la Madelaine, a259.

S. Dominique, fondateur des dominicains, se divertit à brûler les pattes du diable, a340. Instituteur de l'Inquisition, c290. Et l'un des patrons des mystiques, ibid.

Dompré, lieu de la naissance de la pucelle d'Orléans, e332.

Dom Quichotte, ce roman beau, mais sa continuation médiocre, b220. Son héros mis en parallele avec Ignace de Loyola, c250 & suiv. Composé par Michel de Cervantes, & son excellence, d224. Sa suite mauvaise, g88.

Donatistes, persécutés par S. Augustin, a152.

Doria, prince Genois, ne vouloit ridiculement rien que de grand, b33.

Doria, sénateur, conseille sagement touchant Savone, b35.

Dorichia, voyez Rhodope.

Dorset, lord Anglois, bon poëte, e187.

Douaniers, fermiers, &c leur peu de goût pour les pièces d'esprit, g60.

Doute, conduit à la recherche de la vérité, c206.

Dragonades, voyez persécution & papistes.

Drap mortuaire, sa façon & sa vaste étendue en Angleterre, e192. Honneur attaché à son retroussement, ibid. Magnifique ou commun selon le prix, ibid.

Drelincourt, ministre, écrivoit bien, a171.

Droiture, une des sources du bonheur de l'homme, b305.

Druses, habitans du Mont Liban, c221. Epousent leurs filles, ibid. Se mêlent avec les femmes les uns des autres, ibid.

Dryden, améliore la tragédie Angloise, e254.

Duels, faisoient périr les plus braves gens, c269. La politique les fait défendre, ibid. Portés au dernier excès, g16.

Duenna, gouvernante ou surveillante Espagnole, d275.

Dunstan, tenailloit 1e nez du diable, a265.

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Eau, toute remplie de poissons imperceptibles, d347 & suiv. Cinquième élément des cabalistes, a341.

Eau-benite, son usage dans les enterremens, a8. Ses prétendues vertus contre les démons, a341. f179.

Eboli, (la princesse d'), son pouvoir sur Philippe II, b89.

Ecclésiastiques, persécuteurs aussitôt qu'ils ont pû l'être, a138. Aussi corrompus autrefois qu'aujourd'hui, 139 & suiv. Séditieux & rebelles, ibid. Tiennent 1e premier rang en France, 192. Font leur capital de la vengeance, 195. Acharnés à de vaines disputes, 210. Favorisoient par intérêt l'opinion du sortilége, 219. L'enfer leur est inutile, mais le purgatoire très-utile, 308. Se font donner de très-grands biens en annonçant la fin du monde, 311. Approbateurs d'infinité de sots contes, 341. Damnent impitoyablement tous ceux qui sont hors de leur Eglise, b56. Abhorrent le sang & font brûler 1e monde, 160. Au lieu de prosélites ne font que des esclaves, ibid. Combien dangereux contre leurs adversaires, 173. Regardés comme les oracles de la Divinité, ibid. Abus de leur célibat, 178. Concubinaires à prix d'argent, 235. Très-dissolus à Venise, 308. Leurs fourberies devant le saint Clou de Milan, c23. Leur ambition donne lieu aux asyles des églises, & abus qu'ils en font, 28. Eussent protégé Cartouche en ce cas, ibid. Vétilleux & chicaniers, 82. Punis en France par la privation de leurs revenus, 86. Toujours intéressés & avares, 87. Leurs révoltes & rebellions récompensées par les papes, 88. Cause de la plupart des troubles, 94. Par-tout & toujours trompeurs, c160. Très-avares, 207. Abusent très-criminellement des images, ibid. Asservis à la mode, & dédaignans leur profession, 344. Très-riches dans les Pays bas, 356. Ceux des Coptes aussi fourbes que les autres, d48 & suiv. Leur avarice entretient & multiplie les superstitions, 88. Très-paillards en Espagne, 92. Et tyrannie qu'ils y exercent, 94 & suiv. Leurs violences détruiront le papisme, 244 & suiv. Entreprenans & audacieux, e259. Comparés à l'émetique, ibid. Les bons, utiles & estimables; mais les mauvais, dangereux & détestables, ibid. On les empêche en Hollande de persécuter, 80. Grands perturbateurs de la tranquillité publique, d386 & suiv. Ceux de Lisbonne reprimés & mortifiés, e281 & suiv. Causent la ruine de divers princes, 282 & suiv. Persécutent toujours sous ombre de religion, f54. Volontiers reçus par les Dames Romaines, 224. Ceux de la suite du pape, avares & lubriques, 350. Redevables de leurs lumieres aux protestans, 357. Excellent moyen de les rendre sages, g150. Différence entre ceux de Londres & ceux de Paris, 163, &c. Toute l'affaire de S. Paris, une des plus grandes preuves de leur mauvaise foi & imposture, 238. En tous pays, abusent de la religion pour maîtriser les peuples, 259.

Écoles Françoises, presque toutes dirigées en Hollande par des moines défroqués, & des Prestolets révoltés, d213.

Ecoles militaires, celles de France, c 263 & suiv. On y devroit donner des prix, 271.

Ecosse, fort troublée par l'introduction des Anglicans en 1604, g99. Son histoire élégamment & judicieusement écrite par Buchanan, 112. Sa souveraineté bien établie par le même, ibid. Unie avec l'Angleterre, se ressent fort de cette union, ou assujettissement, ibid. & suiv.

Ecossois, peuple vaillant & jaloux de ses droits, e99. Divisés en deux divers peuples, les habitans du plat pays fort civilisés, & les montagnards fort sauvages, ibid. Ceux-ci réduits par Guillaume III, ibid. Tous unis ou soumis à l'Angleterre, mais après bien des difficultés, ibid. Motifs & circonstances de cette union, & ses avantages & désavantages, ibid. & suiv. Les continuateurs de Rapin, fort partiaux à cet égard; & vivement censurés, 103. N'écrivent qu'en Anglois, 109. Leurs savans confondus avec les Anglois, ibid. Deux des principaux, Burnet & Buchanan, ibid.

Ecrits, font plus d'impression que la personne de leurs auteurs, b188.

Ecriture, doit son origine à l'amour, b210. Son invention probablement dûe aux patriarches, d312. Inventée peu à peu, & perfectionnée selon les besoins, 323. Communiquée aux Grecs par Cadmus, 311 & suiv. Et passages de Lucain & Brebeuf là-dessus, 318 & suiv. Celle des Américains semblable à celle des Egyptiens, 323. Celle des femmes, d'ordinaire très-irrégulière, fait comprendre comment on lisoit l'Hébreu sans voyelles ni ponctuation, 315 & suiv.

Ecriture sainte, violemment mise à la torture par les commentateurs juifs & chrétiens, e234 & suiv. Venant de Dieu, doit être claire & intelligible, ibid. Ses expositions & commentaires, non seulement inutiles, mais nuisibles, ibid. Et souvent contradictoires, témoins ceux sur l'apocalipse, 235 & suiv. Ce qu'elle a d'obscur inutile à notre salut, f256. Mise sous le chevet du lit, procure de vrais songes, selon les superstitieux, f76 & suiv.

Ecrivains, les bons en François sont ceux du tems de Louis XIV, 277 & suiv. Il s'en est élevé d'affectés & de précieux, qui gâtent toute leur langue, ibid. & c. Exemple, ibid. Suites fâcheuses de leurs attentats, 290 & suiv. Voyez Auteurs.

Ecumoire, satyre sur les molinistes, qui fait enfermer son auteur, a132.

Edimbourg, spacieux & assez bien bâti, mais se ressentant du sort de toute capitale où 1e souverain n'habite point, g99.

Edouart IV, Roi d'Angleterre, 19. Génie vif & entreprenant, e110. Déposé, ibid.

Education, exposée à de très-grands inconvénients en France, 133. 208. Combien facilitée, 238 & suiv. Peut-être aussi bonne pour le bourgeois que pour le noble, ibid. Trop négligée en Hollande, d211 & c. Où elle est meilleure pour les filles que pour les garçons, 213. Sévérité de celle des Lacédémoniens, 211 & suiv. Forme seule à la politesse ou à la rusticité, e35 & suiv. Celle que les Jésuites donnent aux jeunes gens, fort abusive, g177 & suiv. 191.

Egalité, les hommes y sont généralement enclins, & elle les rend envieux de ceux qui veulent les surpasser, b34. 35. Nécessaire dans les Républiques, d147. Fondement de celle des Provinces-Unies des Pays Bas, 154. Celle entre les Citoyens, base du commerce, e2 & suiv.

Egypte, très-peuplée & florissante peu après le déluge, b76.78. c213. 365. Berceau des Juifs, 68. Ses divers Maîtres, 69. 358. Ruinée par les Empereurs Grecs, & par les Mahométans, 69. Conquise par Meezledin, 155. L'ignorance y est profonde, 206. Conquise par Selim, 358. Son climat heureux égale les tempéramens tristes, 359. Les animaux s'y abatardissent comme les hommes, ibid. Toujours livrée à la superstition la plus grossiere, g113.

Egyptiens, leur culte ridicule, b183. Bernés par Juvénal, c162. Très-différens des Turcs, b320. Leur origine fabuleuse, leurs Dynasties ridicules, 69. Leurs divers Maîtres, ibid. Leurs descendans nommés Coptes, ibid. Plus superstitieux encore que les Espagnols, 161. Leur Dieu Apis tué par Cambise, c164. Leurs Prêtres grands fourbes, ibid. Très-ignorans, 206. Ont les premiers connu les sciences, 212 & suiv. Ancienneté de leur nation & de leurs pyramides, ibid. Aujourd'hui très-avilis, 212. Leurs Prêtres, les premiers philosophes, 214. Regardent les Sodomites comme des Saints, 220. Gais & enjoués, 358. Poltrons au souverain degré, 359. Exclus des grades Militaires, ibid. Voluptueux, & ne respirant que le plaisir, 360. Attachés à leurs Coutumes, ibid. La Circoncision a commencé chez eux, ibid. & a continué chez leurs Nazaréens, ibid. Ils l'ont communiquée à divers peuples, 361, & peut-être même aux Juifs, ainsi que bien d'autres Coutumes. 362. Leur Histoire ne dit mot de la submersion de Pharaon, 366 & suiv. Regardoient leur Langue comme la plus ancienne, d184. Leurs tombeaux décrits, e57 & suiv. Vouoient des tableaux de reconnoissance dans leurs temples, 58. Embaumés après leur mort, 64. Ne travailloient que pour les cabinets des curieux & les boutiques d'apothicaires, 65. Les Payens les plus extravagamment idolâtres, g113. Leur entêtement pour l'Astrologie, les prédictions, & les prodiges, 114. Voyez Coptes & Bédouins.

Eglise & Etat, leurs différentes maximes, a56.

Eglise, plaisamment envisagée par un Juif, a45.

Eglises, refuge des assassins en Italie, c27. Cette immunité fondée sur l'ambition des Prêtres, 28 & suiv. Lieu de rendez-vous & de galanteries en Espagne, d92. A Turin, b64.

Eglogue, ses plus célèbres auteurs, c349.

Electeurs de l'Empire, leur puissance, magnificence de leurs Cours, d295.

Elections, celles des Papes très-favorables aux Romains, a113 & suiv.

Elégie, Auteurs qui y excellent, c351.

Elémens, Maniere embrouillée dont en parle Aristote, c176 & suiv.

Elixir, cinquiéme élément des Cabalistes, e319.

Elisabeth, Reine d'Angleterre, favorisée par Sixte-Quint, d251. Comme chef de l'Eglise Anglicane, étoit Papesse, e196. Rejette la souveraineté d'Hollande & de Zélande, 198. Son trait libre & peu religieux touchant la Messe, 199. Blâmée de dureté envers le Comte d'Essex, g63 & suiv.

Eloges, Commerce vain & intéressé qu'en font les auteurs, d378. Ne se donnent qu'à charge de revanche, ibid. Souvent ne se se font que pour déprimer les autres, f293. Exemples, ibid. Ceux de la Cour perfides & injurieux, g68.

Eloquence, la Françoise, belle, mais fort inférieure à la Grecque & à la Romaine, c33. Les situations, cause de cette différence, ibid. L'Italienne puérile, ibid. Les matieres lui sont bien plus favorables les unes que les autres, ibid. Souvent venale, 34. Celle des Anglois mâle & vigoureuse, 39 & suiv. Celle de la chaire poussée plus loin que celle du Barreau, & pourquoi, 42, & c. Peu estimée des Républiques bien policées, 241.

Embaumement, celui des Egyptiens n'a servi qu'à l'ornement des cabinets des curieux & des boutiques des apothicaires, e65.

Emétique, propre aux fortes évacuations, c261. Bien employé, très-utile; donné mal-à-propos, très-pernicieux; par-là comparable aux Ecclésiastiques, 262

Empedocle, sa vanité le porte à se précipiter dans 1e Mont Ethna. Favorable à l'ame des bêtes, f240.

Empire d'Allemagne, grands risques qu'il court de la part des Turcs & des François, c126. Enlève plusieurs places aux Mahométans, f169.

Empire d'Orient, ses diverses révolutions, c124. Mahomet II s'en rend le maître, f168.

Empire Ottoman, périra par ses dissensions intestines, a57. Les femmes y ont un grand pouvoir, b91. Dureté & cruauté de son gouvernement, 236 & suiv. Aujourd'hui en grand danger, f169.

Empires, leur élévation & leur décadence telle que celle des hommes, c124 & suiv. La médiocrité contribue à leur conservation, 128. Vanité des conjectures politiques sur leur sort, d145. Un rien les soutient ou les détruit, ibid. Assujettis à certaines circulations, 146.

Emulation, excite les bons génies, a51. Premier mobile des sciences, 202, c247.

Enfans, moins criminel à un pere de les tuer, que de les faire souffrir toute leur vie, c45. On ne peut fixer 1e nombre de ceux qui peuvent naître, d64. On n'en faisoit point de distinction odieuse chez les Patriarches, 70. Mal élevés en Hollande, 211, & c. Quelquefois haïs de leurs parens, e4 & suiv. Loi cruelle & barbare de Licurgue pour l'extinction des mal faits & foibles, f40. Cette loi condamnée par Platon, & approuvée par Aristote, ibid.

Enfer, inutile aux Ecclésiastiques, a 308. Rejetté par les esprits forts, 310. A cause de la disproportion de son éternité à des fautes passagères, b138. Peu cru par beaucoup de gens, meme grossiers, 139.

Enterrement, Description de ceux des Papistes, a87. 88. Et de ceux des Anglicans, e190 & suiv. Les premiers, lugubres comme des cérémonies magiques; & les seconds, aussi gais que des fetes, e195.

Epaphrodite Maître d'Epictete, b107. Lui casse la jambe par malice, ibid.

Enthousiasme Poëtique; celui de Lucain bien autrement vif & admirable que celui de Virgile, selon le judicieux Abbé Cartaud, g233 & suiv.

Envie (1'), Maladie & peste qui se communique dans tous les coeurs, f293.

Ephese, son temple brûlé par vaine gloire, b101.

Epictete, sa morale plus pure que celle des peres de l'Eglise, a137. Sa sévérité plus vaine que sage, b107. Esclave d'Epaphrodite, ibid. qui lui casse la jambe par malice, 104. Fort loué, f269.

Epicure, grand & illustre Philosophe, b104. Avoit beaucoup écrit, & il n'en reste presque rien, ibid. Mauvais physicien, & médiocre métaphysicien, b348. Sa volupté très-sèche, & son grand mérite reconnu, c345. N'admettoit l'existence des Dieux que par crainte, d133. Fort loué, f269.

Epicuriens, leurs absurdités refutées, a330 & suiv. Les vrais plus sages que les Stoïciens, b106. Admettent le vuide, c275 & suiv. f237.

Episcopat, grands troubles que son introduction fait naître dans les trois royaumes de la Grande Bretagne, f356 & suiv.

Episcopaux, Voyez Anglicans.

Epitres dédicatoires, honneur accordé à bien des faquins, a. Ep. ded. Badinage sur leur abus & avilissement, b325 & suiv. Illustration d'imbécilles & de gredins, e189. f348. Bassesse & lâcheté de ceux qui les leur adressent, ibid. Celles du présent ouvrage, toutes ironiques, & offertes à un garçon Libraire, à Theodore de Corse, aux rabbins d'Amsterdam, & à de vraies copies de Dom Quichotte & de Sancho Pança, & de M. Nicolas le Barbier. Voyez au commencement de chaque volume de ces lettres.

Equité, souvent guidée par nos passions, a298.

Erasme, canonise en quelque façon Socrate, b190. On lui érige une statue à Rotterdam, d209. Histoire de cette statue, ibid.

Ericus (Joannes Petrus) ses imaginations ridicules touchant l'origine du Grec, d185. Refuté vivement, ibid.

Erostrate, brûle le temple d'Ephese par vaine gloire, b101. Comparé aux prêtres, c37. Moins parfait que les orateurs ecclésiastiques, 42.

Errard, égal à Cicéron dans les causes ordinaires, 37.

Erreurs, celles des théologiens deviennent des vérités en vieillissant, a150. Ne se détruisent point, mais changent seulement de nom, f44.

Esclaves, les hommes se le sont rendus en bâtissant des villes, c73. Ceux des Perses ne pouvoient être punis pour une seule faute, f58 & suiv. Gardiens des femmes à Alger, au lieu d'Eunuques, e4. Ne sont pas traités plus durement chez les Turcs, 25 & suiv. Les voyageurs & les moines grossissent ce qu'ils en racontent, ibid. & suiv. L'usage de les racheter très-ancien & général chez les Nazaréens, 26 & c. Faux qu'on employe des femmes à les séduire, & qu'on les oblige par-là à se faire mahometans, 29 & suiv. Leurs maîtres ne les voient changer de Religion qu'avec chagrin, parce qu'ils redeviennent libres, 30. Aventure singuliere de ceux de Tunis avec leur Bey, 159.

Escobar, mauvais théologien jésuite, c348. d226.

Esculape, sa statue dépouillée de sa barbe d'or par Denys le Tyran, a334.

Esdras, introduit de nouveaux caracteres hébraïques, f345.

Espagne, conquise par les Maures, 106 & suiv. Encore remplie de juifs incirconcis, a42. L'Inquisition lui fait perdre les Provinces-Unies, 84. d201. Meurtriere d'une infinité de juifs, 89. Les François y augmentent la galanterie & le cocuage, 90 & suiv. Comment la galanterie s'y pratique, ibid. & c. La cour y est changée, mais le peuple toujours le même, 114. Les François & les Flamans y vont travailler & en emportent de très-grosses sommes, 118. Abonde plus en moines qu'aucun autre pays, 119. Usage singulier & galant de la cour, 160. Les grands y ont long-tems disputé le ministere avec les moines, 163. Abaissée par Richelieu 168. Bien rétablie sous Philippe V, ibid. Deux ou trois bons regnes peuvent lui rendre sa grandeur passée. ibid. Ses rois assujettis à un cérémonial extrêmement gênant, 170. Une de ces loix fort bizarre, & funeste accident qu'elle pense causer, ibid. & suiv. Les sciences y gémissent sous le dur esclavage de l'inquisition, 397. Son aggrandissement traversé par les Anglois, 328. Pauvre, paresseuse & peu guerriere, 329. Défendue contre les prétendues injures des présentes Lettres, par un nouveau Dom Quichotte, & réponse à ses fausses critiques, d. Pref.

Espagnoles, jalouses à la fureur, d275. Exemple funeste, ibid. & suiv.

Espagnols, regardent le supplice des juifs comme des fêtes publiques, a43. Leur ridicule vanité, b72. C'est leur caractere principal, d276 & suiv. Trait notable, b73 & suiv. A quel point paresseux & arrogans, b101. Persécutoient pieusement les Indiens, 161. Nombre prodigieux qu'ils en font périr, ibid. & suiv. Leur amour furieux & intéressé, 207 & suiv. Se donnent la discipline pour leurs maîtresses, ibid. Toujours ennemis des François, font assassiner Henri IV, 318. Aussi bigots & esclaves des moines que les Italiens, sympatisent avec eux, 359. Leurs cruautés envers les Américains, c17. Fiers & ignorans, 279. Leurs livres de doctrine mauvais, 306. Caractere de leur galanterie, d90. Leurs ecclésiastiques & leurs moines très-paillards, 91 & suiv. Leurs prélats très-sages, ibid. Leur extrême sérieux, ibid. Leur mauvais goût pour le théâtre, 97. Se mettent à genoux pour l'angelus au milieu d'une comédie, 98. Leurs comédiens ne sont point excommuniés, ibid. & suiv. Leurs vexations donnent lieu à l'établissement du grand commerce des Hollandois, 102. Leurs moeurs fort extraordinaires, & leur caractere général, 109 & suiv. Les hôtelleries de leurs routes & leurs cabarets très-détestables, ibid. Ne sont nullement changés, ibid. Aussi pauvres & crasseux que vains, 110. Excessivement orgueilleux, ibid. Autrefois fort séditieux, aujourd'hui fort soumis, 113 & suiv. Leurs magistrats pillards, 116. Leur fainéantise extrême, 117 & suiv. Tirent peu de profit de leurs flottes, ibid. Laissent sortir tout leur argent, ibid. Tyrannie de leurs prêtres & moines, 119 & suiv. Dont ils sont esclaves, ibid. Et dont ils défendent les plus grands forfaits, ibid. & suiv. Traitent horriblement les Indiens, 156 & suiv. Leurs nobles & leurs grands fiers, méprisans, sobres, fainéans & esclaves des moines & des femmes, 158 & suiv. Fort abaissés par Philippe V, 159 & suiv. Insultent les Portugais & leur font satisfaction, 165 & suiv. Leur haine invétérée pour les François, prouvée, 175. Ce que la France leur a enlevé, 177 & suiv. Leur roi obligé d'assister aux Autos de Fé de l'Inquisition, & d'y prêter serment au grand Inquisiteur, 193 & suiv. Leurs grands & leurs nobles y tiennent lieu d'archers & de valets de bourreaux, 194 & suiv. Leur Nazaréisme horriblement cruel, 197. Esclavage de leurs femmes, & leurs débauches avec les moines, 213 & suiv. Soumettent leur jalousie à leur superstition, 214. Leurs moines, des diables en comparaison des Italiens, 225. S'amusent à jouer de la guitarre sous les fenêtres de leurs maîtresses, au lieu que leurs moines s'introduisent d'abord dans la maison, 225. Leurs historiens visionnaires & ridicules, 163, 299. Leur galanterie, fade, ridicule & impertinente, 274, & c. S'y expliquent par signes, & en jouant des doigts, ibid. Dès qu'ils sont mariés, tyrannisent leurs femmes, 275. Présomptueux à l'excès sur leur mérite, ibid. Jaloux à la fureur, exemple, 274, & c. Leur jalousie naît plus de vanité que de tendresse, 276. Abus de leurs mariages, 277 & c. Ont reçu totalement le Concile de Trente, 280. Bien des étrangers y deviennent graves & ridicules, 283. Leurs bibliothéques très-mauvaises, ibid. & c. N'osent penser, 297. Ont quelques historiens estimables, 298. Leurs horribles cruautés en Amérique, attestées par Herrera & las Casas, 300. Ont beaucoup de Romanciers, 303 & suiv. Censure ingénieuse qu'en fait Cervantes, 309. Leurs poëtes nombreux, & généralement mauvais, 311 & c. Leurs théologiens très-mauvais, & bernés par Pascal, 312 & suiv. Très-fanfarons envers les Portugais, 325. Preuve notable, 326. Leurs persécutions blâmées, 359. Leurs missionnaires violens & barbares, 361 & c. Mal défendus & mal loués par le chevalier d'Iberie, d Pref. Plus judicieusement loués par l'auteur, Pref.

Esprit, on admet son existence sans en connoître la nature, 247. Sa vivacité brillante, particuliere aux François, a279. Tout le monde veut en avoir en France, 106. Dégénere en ridicule arrangement de mots n'offrant que de vains sons, g200. Don du ciel & non de la haute naissance, a238. Etant borné, ne doit point s'attacher à ce qui le passe, c271. Ne peut se convaincre par la persécution, d126. Sa satisfaction préférable à l'empire du monde, e7.

Esprit humain, pour composer l'histoire de ses égaremens, il n'y auroit qu'à ramasser les impertinences des moines, c304. Et voyager en Espagne, d112. Grande preuve de sa foiblesse dans le P. Mallebranche, condamnant Aristote, & faisant pis que lui, e304 & suiv.

Esprit de parti, s'échauffe & s'irrite par les supplices, c98. Les Anglois s'y livrent encore plus que les jésuites, d331.

Esprit universel ou de vie, cinquiéme élément des cabalistes, e315. Combien difficile à trouver, 323.

Esprits, peu fréquens en Hollande & en Angleterre, b299. Comment on les en chasse, 300. Quelques-uns très aisés à chasser, ibid. Exemple, ibid.

Esprits élémentaires, possibilité de leur existence, d329. Impossibilité d'un commerce avec eux, 349. Secrets ridicules pour les faire paroître, ibid. & suiv.

Esprits forts & libertins, remplis de remords, croyent la divinité malgré eux, a231 & suiv.

Essars (le chevalier des) mauvais Roman, bas & rampant, b42.

Esséniens , secte des juifs, plus sage que les autres, & vraiment vertueuse, e17. Croyent la prédestination absolue, 18. Croyoient l'immortalité de l'ame & nioient la résurrection des corps, ibid. Comparés aux réformés, 19.

Essex (le comte d') sa fin tragique, g56. Quoique coupable, sa punition trouvée dure, 62.

Esther, le salut des juifs l'obligea d'épouser Assuérus, a258.

Etat, son bonheur dépend d'une autorité souveraine bien administrée, a56. Ses divisions toujours dangereuses, 57. Foible ou puissant, selon son souverain, ou son ministre, 302. Ne se gouverne point comme un couvent de moines, ou une communauté d'ecclésiastiques, e309.

Etats, nombreux & petits en Allemagne, d273. Voyez empires & royaumes.

Etats généraux, quels étoient leurs droits & prérogatives en France, a13I. Leur peu d'union les fait abolir, ibid. 187, f341. Vendus au duc de Guise, ibid.

Etats généraux des Provinces-Unies des Pays-Bas, ne sont que l'organe de la République, & dépendent de leur principaux, d127.

Etendue , le propre de la matiere, f245.

Etherius, évêque persécuté pour 1e nestorianisme, b69. Son passage sur la persécution, ibid.

Ethiopiens, vantent fort leur ancienneté, c75. Ont probablement pris la circoncision des Egyptiens, f249. Regardoient leur langue comme la plus ancienne, g37.

Etiquette, cérémonial très-gênant de la cour d'Espagne, d169 & suiv. Accident funeste à son sujet, 171 & suiv.

Etoffes retroussées, honneur qu'y attachent les Européens, e217.

Etrangers, suspects par tout en tems de guerre, a37. Se gâtent très-souvent en France, c357. Passent très mal leur tems en Portugal, d321. Indignés en Angleterre d'y voir les Anglois faire continuellement leurs Panégyriques, e94.

Etudes, combien facilitées en France a225. Mal dirigées en France, 135. 136 & s. Un bourgeois peut aussi facilement y réussir qu'un noble, 239 & suiv. Chemin de l'immortalité, b169. Très-avantageuses aujourd'hui, ibid. Beaucoup d'inutiles & infructueuses, c267 & suiv.

Evacuation, procurée par l'émétique, c261.

Euclide, Platon fut l'entendre à Mégare, b152.

Eudoxe Impératrice, insultée par S.Chrisostome l'exile, a166.

Eve, puérilité des Rabbins sur son nom, a263.

Evêques, leurs décisions non valables, sinon données dans une assemblée générale, a61. Ce sentiment réfuté, 62, 63. Payent en gros au Pape des indulgences & des dispenses, qu'ils revendent en détail au peuple, 73 & s. Aussi fiers & arrogans que ceux des anciens tems, 140. 141. Persécuteurs & séditieux, 142. Leur ambition extrême, 195. La plûpart vils esclaves de la Cour de Rome, 197. Joués par le Régent, ib. Généralement assez réglés, 198. c309. Asservis à la mode, & dédaignant leurs devoirs, 351. Les anciens grands persécuteurs, f51. Ceux de la suite du Pape, avares & lubriques, e225. Ceux de France auroient tous embrassé la réformation, si on leur y avoit laissé leurs Evêchés, 241 & suiv. Anecdote là-dessus, 242. Les molinistes & les jansénistes, également brouillons & punissables, g209. Tyrans à Paris & en France, eu égard à ceux d'Angleterre, 215 & suiv.

Eugenia, Favorite de la reine d'Espagne, épouse Valenzuela, & le fait devenir Grand d'Espagne, d161 & suiv.

Eumeces, pierre merveilleuse pour procurer des songes véritables selon Pline, g142.

Eunomiens, persécutés par S.Chrysostome, a166.

Eunuques, Messagers d'amour en Asie, comme les femmes-de-chambre en Europe, a98. Faits par intérêts chez les Italiens, & par jalousie chez les Turcs, 112. Infamie de cette coutume, ibid. Privés des grades Ecclésiastiques, ibid. Personnages de comédie. e35. Très-chers à Alger, & peu employés à cause de leur foiblesse, f103.

Euphrate, ses environs les premiers peuplés, f88.

Euripide, excellent Poëte, a237. Naturel, 278. Porte la Tragédie à sa perfection, b113. Moins accompli que Racine, 350. Ses Pièces courtes, ibid. Fort loué par Corneille & Racine, e298. Blâme la loi de Licurgue touchant la lutte & la danse des filles nues de Lacédémone f21 & suiv.

Europe, les Huns, les Gots & autres barbares, lui donnent une nouvelle forme, c126.

Eusebe, Passage notable de cet Historien sur l'arrogance des Evêques, a40.

Eutychès, les Coptes suivent sa doctrine, c201.

Examen, interdit aux Papistes, c202.

Excellences, fort communes en Brabant, c346 & suiv.

Excommunication, les Comédiens y sont assujettis, a25. Abus qu'en font & profit qu'en tirent les Ecclésiastiques, a115 & suiv.

Exorcismes, artifices des Prêtres & des moines pour dominer & dépouiller le peuple, a340, & c. Pratiqués sur les bêtes mêmes, c154.

Expérience, très-difficile à acquérir, sur-tout en Médecine, c262. Souvent dangereuse, 263 & suiv.

Extraordinaire, frappe & saisit l'esprit du peuple, b297.

Extrême-Onction, un Officier la demande avec de l'eau-de-vie & de la poudre à canon, b193.

Ex Voto, voyez Voeux.


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Fanatiques, révoltés du Vivarais, e89.

Fanatisme, extrêmement dangereux, b173. 283. Cause la mort de Henri IV. 29. Un bien étrange des Juifs, g127.

Faquirs, Hermites Indiens, institués par Sita, f223. Leurs austérités, 226, semblables à celles des moines Européens, ibid. Aussi sales & crasseux que les Capucins, ibid. & c. Semblables aux Quiétistes, affectent de recevoir les baisers de leurs dévotes sur leurs parties les plus cachées, ibid. & suiv.

Farfin, (le Marquis de) petit-maître ridicule, 15.16.19.113.

Fats, Agréable description de leurs impertinences, a150 & suiv. Dans la conduite ridicule d'un seul, g188.

Fatuité, celle des nobles plus honorée que le mérite des habiles gens, b186 & suiv. Ce terme substitué à celui de Sainteté par Philippe-le-Bel, répondant à Boniface VIII. f361 & suiv.

Fauchier, Peintre provençal, fortement loué, g251 & suiv.

Faunes, voyez Satyres.

Favoris, Souvent accablés par la fortune, g57. Exemples notables, 58 & suiv. Leurs fréquentes catastrophes ne guérissent point leurs semblables, 60.

Favoris, voyez Courtisans.

Faustine, (la) célèbre chanteuse, f330.

Faux-témoins, fréquens & peu punis en Angleterre, e110.

Fayette, (Me de la) ses Mémoires de la Cour de France pour 1688 & 88, e112. Aveu quelle y fait de l'avilissement de Jacques II, sous les Jésuites, ibid.

Femmes, sur quel pied on les épouse en France, a6. Leur caractere, 12.13. Leur foiblesse en fait de modes, 17. Leurs minauderies dans les spectacles publics, 19. Soumises à l'examen des petits-maîtres, ibid. La parure est par-tout leur foible, 98. Veulent décider des ouvrages d'esprit, ibid. Leur délicatesse de goût, ibid. Leur fourberie, 118, & c. Leur soin extrême de leur parure & coëffure, ibid. & suiv. Grandes liseuses de Romans, 130. Premiers mobiles de la médisance & de la calomnie, a180. Maux divers dont elles sont cause, ibid. Combien celles des Mahométans sont contraintes ibid. Raison impertinente de leur babil, 263. Les François & les Génois occasionnent leur infidélité, b31. N'ont aujourd'hui aucune part au ministere François, 84. Espions dont il est difficile de se garder, ibid. & suiv. Leur grand pouvoir & leurs artifices, 87. Souvent les mobiles des plus grands événemens, ibid. Peu connues des Jésuites, 120. Très-légères en amitié, 166. Plus fermes en amour, ibid. Défendues contre le préjugé d'infidélité, 167 & suiv. Plus constantes que les hommes, 170. Et leur attachement plus violent, ibid. Ami n'est que confident chez elles, 171. Mieux aimées en Asie qu'en France, 205. 207. Leur pluralité chez les Turcs condamnée par les Nazaréens, qui font pis, 245. Combien criminellement abusent des retraites, 255 & suiv. Et des Missions, 256. Par-tout voluptueuses & intriguantes, 258. Leurs intrigues au bal de l'Opéra, c224 & suiv. Leurs faveurs déterminées par l'intérêt, 229. Vaines & fertiles en ressources pour couvrir leurs vices, ibid. & suiv. Toutes capricieuses, ibid. Il y a peu d'hommes qui n'en voulussent être débarrassés, ibid. S'engagent aisément dans la mysticité, 317, & c. Manege risible des Officiers François auprès d'elles, 329 & suiv. Communes chez divers peuples, d44. Leur pluralité permise chez les anciens Juifs, 56. Leur unité, coutume payenne, ibid. Donnent l'accroissement aux sectes, 243. Leur écriture toute imparfaite sert à faire comprendre comment on lit l'hébreu sans voyelles ni ponctuation, 221. Belles & fort lubriques en Portugal, 318, & c. Leurs caractères bien peints par Pope, e194. Leurs caracteres galants, 281. Très-galantes à Alger, f232, & c. Dissertation sur la force de leur imagination sur le fétus, 332 & suiv. Celles de Décan abandonnées à tout grand de ce Royaume, 109. Fort sujettes à l'esprit de contrariété, 240. Leur grande influence sur le public, g257 & suiv.

Femmes-de-Chambre, Messageres d'amour, a98.

Femmes du monde, leur caractere, a14.

Fenelon, Archevêque de Cambrai, sa grande vertu, & ses utiles connoissances, a200. Elève le Duc de Bourgogne, b32. Ses Aventures de Télémaque faites pour l'instruction de ce Prince & des Rois, c118. Dignes d'une parfaite estime, ibid. mises en burlesque par Marivaux, e384.

Fériol, inutilement employé pour avoir une copie de ce qui nous manque de Tite-Live, b271 & suiv.

Fermeté, vertu admirable, qui ne doit point dégénérer en férocité, b98. Il y en a plus à supporter généreusement l'adversité qu'à se tuer, a268. Celle d'un Espagnol dénué de tout, 274.

Fermiers, voyez Partisans & Gens d'affaires.

Fermiers-Généraux, voleurs publics, a. Ep. déd. auteurs des malheurs du peuple, 237. Plus estimés que tous les Savans de France, g199.

Férocité, cause de la fureur des Anglois contre eux-mêmes, e112.

Ferrand (Jean) Jésuite, soutient impudemment la reproduction miraculeuse des Reliques, g53 & suiv.

Fesses, c'est sur elles que se donne la bastonade à Tunis, f166. Un de ses Beis les ayant perdues par-là, défendit ce supplice, le rétablit dans la suite, ibid. Voyez Derriere.

Fêtes Ecclésiastiques, Description de celles d'Italie, b59, & de celles de Milan, c21, & c. Occasion de débauche pour les Prêtres & Moines, 16 & c.

Fétus, les effets de l'imagination des femmes enceintes sur eux, combattus, f197 & suiv. Leurs corps & leurs ames tout-à-faits distincts de ceux de leurs meres, 213 & suiv. Leurs marques & difformités ne viennent que d'imperfections ou d'infirmités, 214 & suiv.

Feu, Barcokebas avoit le secret de paroître en vomir, f64.

Feu, les habitans des pays froids n'en manquent point, comme se l'imaginoit Aristote, d272.

Feuilles volantes, leur utilité, a54. Ces Lettres Juives se sont ainsi distribuées, 61.

Fienus, rapporte 1e prétendu prodige d'une fille ayant une moule pour tête, f205 & suiv.

Fievres d'accès, guéries par le quinquina, c269.

Figures, Dieu défend positivement d'en faire, b259.

Filles, cruellement enfermées dans des Couvens en France, c44, e5. Réflexions utiles & sensées sur cette cruauté, ibid. & suiv. Artifices pour les renfermer ainsi, 46 & c. Leur éducation meilleure que celle des garçons en Hollande, d110. Exercées à lutter & danser nues devant les garçons à Sparte, f37. Cette coutume blâmée, 38. Les Maures qui se sont livrées à des Chrétiens, noyées, si leurs galans ne se font Mahométans, f116 & c. Celles de Décan abandonnées à tout Grand de ce Royaume, 227. Sagesse & bonheur d'une livrée au Chevalier Bayard, 300 & suiv.

Filouteries, tolérées à Tripoli, & même louées, f183.

Financiers, voyez Partisans.

Fins tragiques, celles de divers Princes, & réflexions à leur sujet, f307 & suiv. Celles de divers Ministres favoris, & c. g61.

Flamands, très-superstitieux, b68. Aussi superstitieux que les Brabançons, c348. Voyez Brabançons. Leur Ecole de Peinture, autrefois excellente, aujourd'hui très-déclinée, d34 & suiv. Quantité vont travailler en Espagne, 18 & suiv.

Flandre, en partie conquise par les François, d177.

Flambeau sans fin, fourberie Ecclésiastique, a340 & c. suiv.

Fléchier, son éloquence inférieure à celle des anciens, b352. Mais supérieure à celle du barreau, c42.

Fleuri, son histoire ecclésiastique, et sa continuation médiocre, b220.

Fleuri, (le cardinal de) sa censure modeste à un évêque, a193. Son caractere très-estimable, 245. Très-réservé & très-prudent, b3. &c. Remédie à l'abus des pensions, c268. Ses grandes & belles qualités louées, c265 & suiv. Blâmé par quelques esprits brouillons & mauvais, 267. Louis XV reconnoît combien il doit à ses sages conseils, e280.

Fleurs, dans un certain arrangement, forment le langage amoureux de Barbarie, f118. Significations de quelques-unes, ibid. & suiv.

Florentins, bien plus vifs que les Piémontois, b68. Les premiers négocians au Caire, d233. & suiv. Leurs nobles commercent en gros sans dégénérer, g23.

Folie, portée au suprême degré à Paris, c129. Une bien singuliere d'un seigneur Espagnol, d160 & suiv. Chaque nation ayant la sienne, la plus sage est la moins folle, e125.

Folies & extravagances pieuses, détail de quelques-unes, c231 & suiv.

Follard (le chevalier), convulsionnaire fameux, b290.

Fondation, leurs motifs semblables chez les Indiens & les papistes, f228.

Fontana Rosa, dominicain, habile prédicateur, & grand coureur de lieux de débauche, d223. Ennemi des jésuites, ibid. & suiv. Qu'il insulte & qui lui tendent vainement des piéges, 224 & suiv. Son aventure avec une courtisanne, ibid. & suiv.

Fontaine (la), excellent poëte, a237. Aussi original qu'Esope son modele, 285. Sa cigale appliquée à une coquette imprudente, c231. Cité sur le bon usage des talens, 343. Supérieur à Waller, à Guarini, e181. Se convertit à la mort, 183.

Fontaines (l'abbé des), écrit des riens qui plaisent sans instruire, a131. Mis à Bicêtre & fouetté deux fois par jour, e271.

Fontenelle, sa grande capacité, a100. Son travers en faveur des modernes, ibid. & suiv. Célebre écrivain, 233. Ses églogues, rivales de celles de Virgile, & supérieures à celles de Théocrite, b349. Excepté de l'académie présente, ibid. Fait beaucoup de mauvais singes, d98. g241. Se fait peindre en bonnet, & en est repris, 255.

Forcalquier, lit les philosophes, a239.

Force d'esprit, voyez Fermeté & Grandeur d'ame.

Force (les la), abandonnent leur Religion, d227.

Forces centrales, causes du poids des corps à proportion de leur matiere, e193. Découvertes par Newton, ibid.

Fortune, se plaît à élever du néant aux dignités les plus distinguées, b262. Exemple en Théodore, roi de Corse, & en Valenzuela, d. ibid. & suiv.

Fosse (la la), prétendue Hémorrhoïse des jansénistes, f142. Echoue à leur confusion, g284.

Fouquet, surintendant des Finances, sa disgrace & sa prison, g60.

Fouquet, jésuite, se brouille à la Chine avec ses confrères sur les cérémonies Chinoises, e270. Passe à Rome pour s'y plaindre d'eux, ibid.. Obligé de s'enfuir de Paris, f212.

France, troublée seulement par les ecclésiastiques & les moines, a56. Son état florissant, 81. Moins puissante néanmoins qu'autrefois, ibid.. Troublée des dissensions de Religions, 83, 84. Aime mieux se priver de bons sujets & de leurs richesses, que de leur laisser manger de la viande à leur gré, ibid.. Les esprits y sont extrêmement gênés, 130. L'éducation y est mal dirigée, 136. Division des états de son peuple, 195. Sympatise avec la Hollande en fait de science, 205. Ses savans vers la fin du XVII siécle, & c. ibid.. & suiv. Son gouvernement plus ferme que celui des Turcs, 202. Protege Genêve, mais pourroit un jour s'en emparer, 305. Ses bâtimens peu ornés de marbre, 325. Intéressée à contrecarrer Théodore & les Corses, 338 & suiv. Malheur des habitans de ses villes frontieres, c305, & c. Celles de l'intérieur moins vexées, 305 & suiv. Comme abaissée sous Henri III, & relevée sous Henri IV, d168. Ses conquêtes sur l'Espagne, 175. A en horreur l'inquisition, & désordres qu'elle y causeroit 197, & c. Bannit le calvinisme, 251.Un rien la peut brouiller avec Rome, 262.On n'y admet point la discipline du Concile de Trente 357, & c. Autrefois remplie de petits tyrans, 370. Tous les juifs en sont absolument bannis, 356. Fort agitée de troubles pendant cent ans, f188. Tout y manqua de coeur sous la régence du duc d'Orléans, 192. La réformation s'y seroit établie comme en Angleterre, si on eût de même conservé les Evêchés, & c. aux réformés, 334 & suiv. Anecdote à ce sujet, ibid.. Pensa devenir toute protestante, 363. Toujours défiante & ennemie de Rome, 357. Son clergé bien plus puissant & tyrannique que celui d'Angleterre, g163, & c.

France, (rois de) remarques sur leur grande puissance, & ses causes, a91 & suiv. Leur maniere de vivre ouverte & communicative, 253 & suiv.

Franche-Comté, province favorite de Charles Quint, d176. Conquise par les François, ibid..

Francine, bâtarde de Descartes, qui mourut jeune, d289.

Franciscains, leurs pieuses folies, & leur affreuse saleté, f231, 238.

François, leur politesse pour les Etrangers, a4. La pratiquent plus chez eux qu'ailleurs, où ils n'approuvent rien, ibid.. Leur foiblesse pour la mode, 16, 17. Ne peuvent cultiver les sciences que jusqu'à certain point, 28 & suiv. Les aimant & n'osant s'y livrer, ibid. Cette contrainte sensible dans leurs écrits ibid. Ont diverses académies, 30 & suiv. Leurs Déistes dépeints sous l'idée des juifs, 42 & suiv. Se contentent d'exiler pour cause de Religion, 44. Aiment leur souverain, 57. Amoureux de la nouveauté, ibid. Divisés touchant la Religion, 85. Veulent tous avoir de l'esprit, 107. Fourberie & malignité de leur politesse, ibid. & c. Faux dans leurs civilités, 125. Naturellement médisans, 127. L'amitié très-rare chez eux, ibid. Toujours dans la contrainte, ibid. Naturellement vifs & ingénieux, 137. Assujettis à une mauvaise éducation 138. Avilissent leur noblesse, 195 Ont peu d'égard au mérite, ibid. Leurs trois Etats, 202. Leur légèreté, 209. Leurs Savans de la fin du XVII siécle, & c. 212 & suiv. Regardent l'honneur comme le premier de tous les biens, 237. Respectent toujours leurs Princes, 256. Exceptions bien notables, 257. Leur grande vivacité d'esprit, 279, 281, & c. Caractere de leur peuple, b54, & c. Occasionnent l'infidélité de leurs femmes, 30. Le plus dangereux des ennemis, 91. La vengeance change leur naturel, ibid. Remuent tout dans l'Empire Ottoman, 92. Partagent le crédit avec les Ecclésiastiques & les Moines, 93. Egalent leur théâtre à celui des Grecs, 117. Leur amour léger & volage 105 & suiv. Semblent ne pouvoir aimer sans crime, 207, 271. Sont Jansénistes, ou Molinistes, par mode, & sans savoir pourquoi, 291. Fort prévenus pour les anciens, ibid. Honnêtes & civils envers leurs hôtes, mais cajolent leurs femmes, b360. Leurs Magistrats trop asservis aux formalités, c38. Cruels envers leurs filles, 45 & suiv. Veulent descendre d'Hector, 69. Lettres sur leurs moeurs, 109. Leur esprit inconstant, 199. Leurs joutes & tournois magnifiques, 269. Abolis par la mort de Henri II. ibid. Leurs Villes bien fortifiées, & leurs troupes bien disciplinées, 323. Leurs Officiers durs & rançonneurs, 324, & c. Caractère propre de ces Officiers, ibid. & suiv. Les habitans de leurs frontieres fort vexés, 324 & suiv. Le bel esprit est généralement leur but, 329. Esclaves des modes & manières ridicules, 335. Se gâtent en voulant réfléchir à l'Angloise, 357. Quantité vont travailler en Espagne, d117 & suiv. Leurs Nobles, pétulans & Petits-Maîtres, 151. Les trois quarts d'entre eux regardés comme jansénistes, 260. Descendent des Allemands, & les aiment, 264. Leurs politesses, e42. S'établissent chez les Moscovites, & les décrassent, ibid. Pourquoi décrédités, méprisés & haïs en Angleterre, 95 & suiv. Nature de leurs guerres avec les Anglois & les Allemands, 97. Extrêmement asservis aux charges, postes, grades, & c. 124. Ne savent ce que c'est qu'amour de la Patrie, ibid.. Veulent briller par un extérieur imposant, 128. Parlent mieux que les Anglois, 257. Leur génie & caractère galant, ibid. Peu favorables aux prétentions de la Cour de Rome, 282. Leurs grands & courtisans, toujours prêts à se faire Juifs ou Mahométans, si le Prince le devenoit, ibid.. Leur artifice de la Pucelle d'Orléans & combien intéressés à la laisser vêtue en homme, 327, & c. 341. Laissent altérer & corrompre leur langue, f277. Jugement téméraire qu'en portent les Anglois, 327. Pensent superficiellement, & plus spirituels que savans, 330. N'écrivent que des bagatelles, 331 & suiv. Ont pourtant des génies du premier ordre, ibid.. Sont trop gênés dans leurs écrits, 332. Trop asservis aux modes, ibid. Fort attachés à leurs rois, n'aiment point les Papes, 357. Leurs Ecclésiastiques gâtés à cet égard par les Jésuites, ibid.. Leur civilité & politesse, simple cérémonial, & selle à tous chevaux g46. Leurs Historiens extrêmement gênés, 92 & suiv. Parellele entre eux & les Anglois f163 & suiv. Reçoivent une mauvaise éducation chez les Jésuites, 177. Mais mieux élevés dans les autres Colléges, 192. Leur goût aujourd'hui très-gâté, 221 & suiv.

François réfugiés, leur état de misère & de besoin, e99 & suiv. Taxés de basse flatterie, ibid.. & suiv.

Françoise, langue, a beaucoup changé, d183. Moliere, lui rend un grand service par ses précieuses ridicules, 279, e293. Elle se gâte & corrompt de nouveau, f278. Ses bons Auteurs, ceux du bon tems de Louis XIV, f278. Défendue solidement par Massieu, contre les écrivains précieux, 281, 191 & suiv.

S. François d'Assise, impiété de ses conformités avec Jesus-Christ, b253. Dévotion admirable de sa brebis c332 & suiv. Son caractère rusé & délié, 35, Badinage sur sa Cigale, ibid.. & suiv. Piége que lui tend un gueux, & dont il se tire par un miracle, 352. Ses enfans de grands vauriens, 353. Comparé à Licurgue, f158. Le comble de l'extravagance de l'esprit humain, 186. Comparé à Vistnou, f223. Se vautroit follement dans la neige, 231. Vrai fanatique, n'a formé que des insensés, g24.

SS. François Xavier, & François de Borgia, Saints Jésuites, g154.

S. François de Sales, l'un des Patrons des mystiques, c273. Ses lettres à la soeur Chantal, d93. Son style mystique fait beaucoup de mauvais singes, ibid..

François I, roi de France, avoit de grandes & belles qualités, mais fut parjure envers Charles-Quint, e49. Prisonnier à Madrid, ibid.. Galimatias du jésuite Porée sur la réception de Charles-Quint à Paris, g172 & suiv.

François II, ses violences blâmées, 369.

Frà Paolo. Voyez Sarpi.

Frêne (du) célèbre comédien de Paris plaisamment introduit prêchant, g179.

Friderik-Stad, Fauxbourg de Berlin, sa beauté, d263.

Froc, vêtement de la superstition, b317.

Fromage de Brie, les écrits des théologiens papistes leur ressemblent, a149.

Frugalité, vertu de prétexte en Italie, b65.

Furetiere, son dictionnaire, quoique fort bon, le fait chasser de l'académie, a31.

Furstenberg, cardinal, favorisé par Louis XIV, & maltraité par Innocent XI, d213.

Futur, dépend de la liberté de l'homme, g127. Connu de Dieu seul, 115.

--- G ---

Gabalis (le comte de), cité contre les prétendus Incubes & Sucubes, & leurs prétendus enfans, g82. & c.

Gabriel, archange, apporte à Mahomet l'Alcoran & à Ignace de Loyola les exercices spirituels, c258 & suiv.

Gachtet, langage commun aux Irlandois & aux montagnards d'Ecosse, g102 & suiv.

Galantear, usage de la cour d'Espagne qui permet, même aux hommes mariés, d'y rendre publiquement des soins aux dames, d160 & suiv. Cet étrange usage aboli sous Philippe V, 174.

Galanterie, les femmes y tendent presque toutes, a13. Différence entre celle de Turquie & celle de France, 97. Et celle de France & d'Espagne, d91. Augmentée en Espagne par les François, aussi bien que le cocuage, ibid.. Un de ses usages fort singulier à la cour d'Espagne, f219. Celle d'Espagne fort vantée mais fort fade & fort impertinente, 208 & suiv. Les récolets en sont les héros en Portugal, d331. Ame de la cour, & penchant des femmes, e258.

Galénus (Abrahamsz), anabatiste illustre, d143.

Galeres, les persécuteurs y condamnent les gens pour éclairer leur esprit, b161. Moyen très propre à guérir le fanatisme des convulsionnaires, 289.

Galériens, nécessaires à la gloire des rois, b52.

Galiega (la), fameuse comédienne Espagnole, d96.

Galien, favorable à l'ame des bêtes, f240.

Galilée, renfermé dans l'inquisition pour avoir soutenu le mouvement de la terre, d297.

Galimatias, aujourd'hui dominant en France, g221 & suiv.

Gand, image miraculeuse qu'on y révere, c354 & suiv.

Gardener, observe que l'oeuf de la femme est le nid & la nourriture de l'animalcule communiqué par l'homme, f208 & suiv.

Garizim, montagne de Judée où les bénédictions furent prononcées, e225. Jesus-Christ ne l'a point nié, ibid.. Les Samaritains y offrent des sacrifices, ibid..

Gascons, fort vains, c. Ep. Déd.

Gassendi, philosophe excellent, b70. Provençal, ibid., Méprisé par les pédans, 149. Désabuse un prétendu sorcier, 234 & suiv. Fort sociable, b184. Grand physicien, 148. Rétablit la philosophie, c169. Attaque le premier Aristote, & trouve beaucoup d'adversaires, ibid.. Admet le vuide, ibid.. & suiv. Ses raisons pour le vuide, ibid.. Et polit l'infini, 170. Ose le premier s'élever contre les scolastiques, & sert de précurseur à Descartes, e171. Inférieur a Newton, supérieur à Hobbes, ibid.. & suiv. Ses peines contre le péripatétisme, f151. S'est utilement servi des voyageurs, g49. Fort persécuté pour sa philosophie, g. Pref. Banni comme hérétique de chez les jésuites, 182. A écrit la vie de M. de Peirese, 268 & suiv.

Gauffre, (le pere le), Ses familiarités & quolibets avec le diable, c146.

Gaule, ravagée par les barbares, c126.

Gaussin, (la) célébre comédienne de Paris, g179. Plaisamment introduite plaidant, ibid..

Gaza, habité par les Samaritains, e224.

Gazoeus (Angelinus), jésuite, sa plaisanterie sur les fausses accusations dont on charge ses confreres, d389. Compilation de contes superstitieux, e223.

Gazettes, leur description & leur utilité, a53.

Géans, crus constructeurs des pyramides, d44.

Geber, le plus savant des alchymistes, c189. Passage de cet auteur, ibid..

Généalogies, ridicule d'une remontante jusqu'à Adam, c348.

Génébrard, maintient une imposture touchant l'incarnation, b145.

Génération, tout se fait par oeufs & non par pourriture, f179. Ses trois divers systêmes, ibid.. Tout son mystere par Harvey, de Graef, Leuwemhoeck, & Gardener, ibid.. Voyez oeufs.

Générations, crues éternelles, par les Indiens, d30.

Généraux, quels ils doivent être, b80 & suiv. Comparés aux ministres d'état, ibid.. & suiv. Fort redevables aux savans 194. Doivent connoître les moeurs & les coutumes des peuples, g51. Exemples de quelques-uns disgraciés & malheureux, f80.

Générosité, rare & bel exemple qu'en donne Boileau envers Patru, c41. Deux autres beaux exemples, l'un de Bayard, & l'autre d'un cardinal, f301 & suiv.

Gênes, beautés de cette ville, & vertus & vices de ces habitans, a297 & suiv. La galanterie y regne fort, b29. Faisoit autrefois trembler Constantinople, a268. Ses nobles commercent en gros sans dégénérer, g215.

Génois, fort différens des Romains, a298. Industrieux & laborieux, ibid.. Haïssent fort la France dont ils se voient esclaves, ibid.. Insultés par tous les Italiens, ibid.. Haïssent les Piémontois, 300. Leurs vexations obligent les Corses à se révolter, b19. Tyrannie et rapacité de leurs nobles, a201. Esclaves des grands & des moines, a305. Ne peuvent parvenir à aucun poste, 306. Occasionnent l'infidélité de leurs femmes, b31. Fort polis, ibid.. & suiv. Ne peuvent réduire les Corses, & se font manger par les Impériaux, 35. Réduits à tout craindre pour cette Isle, b259. Leur batimens superbes, c78. Très-intrigués touchant la Corse, 119. Depuis trois ans, occupés en vain de l'assassinat de Newhoff, f374. Censurés là-dessus, ibid..

Génoises, leur croisade pour la terre sainte, d50.

Genêve, sa description, moeurs et coutumes de ses habitans, c53. Protégée par la France & par les Suisses, ibid. & suiv. Métropole de la religion réformée. On y fait assez inutilement des fortifications, ibid.. Qui peuvent tenter les François de s'en emparer, 56. Son commerce en soie & livres, 57. On y en imprime quantité de papistes très-fidélement, ibid..

Génevois, polis & affables, mais graves & affectés, C58. Grands ennemis des papistes, 130. Leurs moeurs pures, 58. Regardés comme des diables par les Italiens, ibid..

Sainte Geneviève, débusque S. Pierre & S. Paul, & est débusquée par S. Paris, a18 & suiv. On frotte des linges à l'étui de sa châsse, comme aux Idoles des Indes, f225. Ridicule & censure de cette superstition payenne, ibid.. & suiv. Les antiquités de la bibliothèque de son couvent, gravées et publiées, 210.

Gens d'affaires, grands coquins, a.Ep. Déd. & auteurs des malheurs publics, 255.

Gens de mérite, il s'en trouve partout, mais plus connus dans les grandes villes & capitales, g268 & suiv.

Gens de robe, honteux de leur profession, c343. Honneur attaché au retroussement de leur robe, e192. Peu favorables aux jésuites, g190.

Gentilshommes campagnards, leur fénéantise, plaisant trait d'un, b170. Leur esprit de débauche, & leurs violences, c328.

Géométrie, extrêmement poussée par Descartes, e165 & suiv.

Saint Géorge, patron des batailles, b158. Remplace le Dieu Mars, e57.

Géorge I, roi d'Angleterre, indignement traité dans la continuation de Rapin-Thoyras, g85.

Géorgiens, leur langue très-simple, d321 & suiv.

Geraldus Crambrensis, Son traité de Illaudabilibus Walliae, f345. Cité sur le mariage des évêques d'Angleterre & de Bretagne, ibid.. & suiv.

Gérard (Jean-Baptiste) Instituteur des hospitaliers & chevaliers de Saint Jean de Jérusalem, g213.

Gerbe, île voisine de Tripoli en Barbarie, conquise sur les chrétiens par Orcan, f174. Qui y construit une pyramide de leurs ossemens, 175.

Gerson, désapprouve l'abus de la puissance pontificale, d257

Giancher, fait bâtir le Caire, c156.

Gibraltar, ignorance grossiere des continuateurs de Rapin Thoyras sur l'étendue de son détroit, & sur la portée du canon, g109 & suiv.

Giovenazzo (le Duc de) ses négociations en Portugal désavouées par la cour d'Espagne, d165 & suiv.

Girard [le Pere] Jésuite, les Jansénistes l'accusent de séduction & de débauche, a78. Il meurt à Dole, & le peuple déchire ses habits 80. Ses confreres lui veulent faire faire un miracle qui échoue, ibid.. Jugé digne du gibet, b46. Séducteur de sa pénitente, 48. Défendu là-contre, a320. Ses désordres très-vraisemblables, & comme avoués, b53 & suiv. Grand fourbe & hypocrite, ibid.. Livre chimérique sous son nom, c293 & suiv. Quatre de ses principales Dévotes, ibid.. Expressions de ses lettres, d93. Baise la playe du téton de la Cadiere, & est baisé par la Batarelle, f232. Trait contre lui, g159.

Girardon, excellent sculpteur, g242.

Givri, Général François, turlupine le Légat Cajetan, b315 & suiv.

Gladiateur superbe, statue de la Vigne Borghese, g274.

Gladiateurs, fort aimés en Angleterre, e105.

Gloire, premier mobile des sciences, a209. Passion dominante des conquérans, b105. Le desir d'en acquérir fait fleurir les Arts & les Sciences, ibid.. Veut qu'on se venge des injures, b226. Les Sçavans en sont plus entêtés qu'ils ne l'avouent, c245 & suiv. Ils écrivent contre, & en sont remplis, 327. Celles des Conquérans, fureur d'enragés d132. Elle a fait les Henri IV, les Guillaumes III. &c. f303.

Gloire [vaine] porte à de très-grands crimes, b104. Exemples, ibid. & suiv.

Gnomes, Esprits terrestres, d336. Possibilité de leur existence, ibid.. & c. Leur commerce impraticable, 341.

Godefroi de Bouillon, se rend maître de Jérusalem, g213. Récompense les hôtes des pelerins & les nomme hospitaliers, ibid..

Gomberville, son Polexandre censuré, b41.

Gondoliers, Esprit intrigant de ceux de Venise, b271. Gagnent beaucoup pendant le carnaval, ibid..

Gondrins, abandonnent leur Religion, d233.

Gonzague [Louis de] petit saint Jésuite, g154.

Gordon, Anglois illustre, f327.

Goulette [la], mauvais Forts qui défendent Tunis, f163.

Goût, aujourd'hui fort gâté chez la plûpart part des Ecrivains François, & lettre entiere sur ce sujet, f283 & suiv. Mot fort usité chez les petits-maîtres, g221 & suiv.

Gouvernement, ressemblance de ceux de Rome & de Constantinople, a66 & suiv. Dureté & cruauté de ce dernier, b147 & suiv. Il y a par-tout le moins bon & le moins mauvais, a3o3. Le moins mauvais est le meilleur, 304. Le François plus sûr que l'Ottoman, ibid.. Celui de Venise, b194 & suiv. & sa grande séverité, b229 & suiv. Approchent assez les uns des autres, ayant tous leur bon & leur mauvais, c119. & celui de Hollande, sage, 137. & tendant à rendre l'homme heureux, d150 & c. L'Anglois regardé comme le plus parfait de tous, 172. La plus difficile des sciences, a302. Le Monarchique & le Républicain comparés, 312 & c.

Gouverneurs militaires, généralement durs & rançonneurs, c324 & suiv.

Gouverneurs Généraux, moins à charge aux peuples, c325.

Graaf [Reigner de] perfectionne le systême de Harvey sur la génération, f200. Découvre que les oeufs existent dans les testicules des femmes, & deviennent féconds dans les Trompes de Fallope, ibid..

Gracian [Baltasar] ses Ouvrages, même son Criticon & son Homme de Cour, peu naturels, & trop alambiqué, d200.

Grand, Abus de ce titre, a290. On ne l'est qu'autant qu'on est juste, & non par le malheur d'un million d'hommes, ibid.. e291. Folie de l'accorder à un mortel né pour le malheur de tout un peuple, d277. E291. Ce titre souvent mieux dû au Ministre qu'au Prince, ibid..

Grandeur, Exemple d'une bien ridicule, b33.

Grandeur d'Ame, il en faut plus pour supporter courageusement l'adversité que pour se tuer, e265. Henri IV en a souvent manqué envers ses Généraux, f265 & suiv. Fait les Héros, & non l'étendue des conquêtes, 297.

Grand-Homme, vaines disputes sur la préférence de ce titre, d290. Passage de Voltaire, qui l'adjuge à Newton d.ibid..

Grands-Hommes, sujets à 1'humanité, b343. Ont tous été attaqués par de méchans Auteurs, g89.

Grand-Oeuvre, combien difficile à opérer, e323.

Grands, fort abaissés en France, a81. Combien petits devant le Prince, & insolens envers leurs inférieurs, 248 & suiv. Dépouillés de leurs titres & de leur parure, se réduisent à rien, b34 & suiv. Leurs airs de hauteur les rendent méprisables, 35.

Grands d'Espagne, autrefois fort peu respectueux pour leur Roi, d160. Aujourd'hui fort humiliés par Philippe V, ibid. & suiv. Très-mortifiés de l'élévation de Valenzuela à leur rang, ibid.. & suiv. Et caprice d'un d'entre-eux à ce sujet, ibid.. Arrachent Valenzuela d'une Eglise, & en font réparation la corde au cou & en chemise, 162. Ont long tems disputé le ministere avec les Moines, 163. Tiennent lieu d'archers & de valets de bourreaux dans les exécutions de l'Inquisition, d195 & suiv. Rampent en esclaves, ou tranchent du Souverain, 196. Caractère de ceux d'Angleterre, e265 & c. Ceux de France toujours prêts à prendre le Turban ou recevoir la Circoncision, s'il plaisoit au Roi, 282.

Grands-Seigneurs ou Sultans, apprennent tous des métiers, a67. Envoyent de leurs ouvrages aux Bachas qui les leur payent chérement, 67. N'oseroient penser à ce que le roi de France exécute, 82. N'ont point de courtisans, 251. Leur vie sombre & solitaire, ibid.. Indignement traités par les Janissaires, 252. Leur grande puissance en est la cause, 254. Crus auteurs des malheurs publics, & pourquoi, ibid.. Leur Gouvernement moins sûr que celui de France. 305. Menés par des femmes, b91. La mort semble les suivre toujours, 237. Naissent tous bâtards, 326. Ne se marient plus depuis que Bazajet vit ses femmes servir nues Tamerlan, f311 & suiv. Leur vie, fort triste, selon les petits-maîtres, g186.

Grand Vizir, vend tout, ainsi que les Ministres des Papes, a66 & suiv. Leur, cruauté, b239.

Gravezande, illustre Professeur à Leyde, d206.

Gravité, bien définie par la Rochefoucaut, d285.

Gray (Jeanne) triste victime de l'ambition de ses parens, f3 16.

Grec, l'ancien & le moderne n'ont presque plus rien de commun, c70. L'ancien ne sera peut-être connu à l'avenir que des sçavans Européens, ibid.. Formé des débris de l'Egyptien, d148. Visions d'Ericus sur son origine, 149.

Grece plus abondante que Rome, & même que l'Univers en bâtimens superbes, c79. f167. Ses jeux, plutôt de politique, que de simple divertissement, c268. Ruinée & détruite par les Mahométans, 270.

Grecs, naturels et grands dans leurs Ecrits, a180. Haïssent plus les Catholiques Romains que les Turcs, 86. Honoroient fort les habiles gens, b205. Fort tourmentés par les Turcs, 138. Ont subjugué l'Egypte, c69. N'entendent plus l'ancien Grec, ibid.. Moins idolâtres que les Egyptiens 164, 212. Aujourd'hui, un des plus vils peuples, 268. Politiques dans leurs jeux publics, c252. Colonie des Egyptiens & des Phéniciens, d147 & suiv. Se disoient nés dans leur pays, comme les Insectes, 149. Ont adopté l'Alphabet Hébreu, d312. Très-polis & civilisés, e35. Vouoient des tableaux de reconnoissance dans leurs Temples, 38.

Grecques, sinceres & naturelles, b205.

S. Gregoire de Nazianze, aussi séditieux envers Julien, que Boucher envers Henri III. & IV, a139. Fort tolérant pendant que l'Arianisme dominoit; mais persécuteur dès qu'il fût déchu, f46 & suiv.

S. Grégoire de Nysse, croyoit que les démons engendroient ainsi que les hommes, g82.

S. Grégoire le Grand, Pape, condamne Tite-Live au feu, b282. Loue fort Brunehaut, 332. Croyoit les Anges corporels & incorporels, c102. Cette ridiculité réfutée, ibid.. Un peu raillé, 182.

Grégoire VII, Pape, ses indignités envers l'Empereur Henri IV, d253. 352. Passage notable de Pasquier à ce sujet, ibid..

Gregoire XIII, Pape, assujettit les Juifs à des instructions forcées & violentes, d126.

Grenade (Louis de) célébre Théologien Espagnol, d. Préf.

Grenouilles, certains enfans naissans ne leur ressemblent que par l'imperfection de leurs joues, lévres, & c. f216.

Grifonet, nom sous lequel on dépeint la misére d'un Auteur mercenaire, c37. &c.

Grotius, son Histoire excellente, mais la continuation mauvaise, b219. Delft ne lui fait pas le même honneur que Rotterdam à Erasme, d209. Imité par Pufendorff, ibid.. Cité sur le pouvoir des Rois & du peuple, e116. Tout-à-fait opposé aux Anti-Royalistes, ibid.. Son traité du Droit de la Guerre et de la Paix, excellent & admirable, 120. Mis dans l'indice de Rome & décrié par des Théologiens protestans, f53.

Guarini son Pastor Fido, rival de, Eglogues de Virgile, & supérieur à celles de Théocrite, b249. Traduit en diverses langues, d272. Rempli de fausses saillies, fort inférieur à Waller, & à la Fontaine, e182.

Guerre, dureté & horreur de ce métier, b227. Les Nazaréens en reconnoissent toute l'iniquité, & la font sans scrupule & sans pitié, 229. Les Grecs s'y formoient dans leurs jeux publics, c268. Demande de la sevérité dans la discipline, 324. En horreur aux Quakres & aux Mennonites, d132. Nature de celles des Anglois, des François & des Allemands, e97.

Guerres Civiles, naissent lorsqu'on y pense le moins, & s'éteignent de même, f189.

Gui de Lusignan, Roi de Chypre, donne asyle aux Chevaliers de S. Jean de Jérusalem, g214.

Guignard [Jean] Jésuite conseille la mort de Henri IV, a253 & suiv. Pendu pour avoir trempé dans un des assassinats de Henri IV, 128.

Guillaume III, Roi d'Angleterre, traité contradictoirement par Larrey, b217. Obscurcit ses grandes qualités en détrônant son beau-pere, e50. Bien servi par les Réformés, 84. Doit ses trois Couronnes aux persécutions faites aux Protestans, ibid.. Prince actif & appliqué, 110. Parallele entre lui & Jules-Cesar, auquel il n'est point inférieur, f300 & suiv. Indignement traité dans la continuation de Rapin-Thoiras, g85. Cruellement injurié dans un libel diffamatoire du Docteur Arnauld, 98. Subjugue enfin les Montagnards d'Ecosse, 100.

Guises, forcerent Henri III à les faire assassiner, f367. & suiv. Justement punis, ibid..

Guion [Madame] Moliniste des plus déterminées, c293. Son moyen court & facile d'oraison, & son cantique des cantiques misticisé, ibid..

Guyon [la] dévote du Pere Girard, c.ibid..

--- H ---

Habillemens, plaisanterie sur les soins qu'en prennent les petits-maîtres, a15 & suiv. & les coquettes, 17.

Hadnagys, Baillifs de Hongrie, e138.

Hainaut, en partie conquis par les François, d179.

Haine, s'affoiblit par le nombre d'objets sur qui elle tombe, a293. Celle de la Religion la plus terrible, b142.

Haine des Hommes, le ciel s'en joue, d167. Exemples notables, ibid.. & c.

R. Hakalph ou Hakkalpasi [Siméon], prétendu frere de Mirian, & contes que les Juifs en débitent, f72 & suiv. 99 & suiv.

Hipacie, Philosophe payennne, victime des fureurs, de Saint Cyrille d'Alexandrie, a143 & suiv.

Hakkadosh [R. Juda] auteur de la Misna, premiere compilation du Talmud, b149. Naît le même jour de la mort d'Akiba, ibid.. Son autorité fort suspecte, ibid..

Hambourg, ville riche & de grand commerce, d286. Bâtie sur l'Elbe, ibid.. Belle & bien bâtie, ibid.. Impériale & République libre, ibid.. Souvent en dispute avec le Dannemarck, & protégée par l'Empire, 287. Ses habitans polis, & aimant les Arts & les Sciences, ibid.. Ont parmi eux le plus grand poëte Allemand, 289. Ses Magistrats humains & sages, ibid.. & suiv. Mais souvent fatigués des mutineries du peuple, 291.

R. Hamma, voyez Asé.

Harangues, celles du P. Porée, remplies de phébus & de galimatias, g172. & suiv. Celles de l'Académie Françoise d'un style fade & puérile, ibid.. & suiv. Les éloges du Cardinal de Richelieu, du Chancelier Séguier & de Louis XIV sont ennuyeusement rebattus dans toutes, 175.

Hardouin, Jésuite, réflexion sur son extravagant système contre l'autenticité de presque tous les anciens Ecrivains, c191. & suiv. Quels Auteurs il excepte, ibid.. Surnommé le Pere Eternel des Petites-Maisons, ibid.. Réfuté par la Croze, Noris, & c. ibid.. Son but étoit de détruire les éditions des Peres faites par les Bénédictins, 198.

Harderwych, l'Académie de Gueldre y réside, d157.

Harvey, découvre la circulation du sang, l'endroit où se forme le poussin dans le germe de l'oeuf, & que tous les animaux sortent d'oeufs, f179 & suiv. Cité sur la formation du cerveau, 216. Et sur la difformité des enfans ressemblans à des singes, grenouilles, & c. ibid.

Hasard, ne peut avoir produit le bel ordre de 1'Univers, b25. Fait naître la sculpture & la peinture, d323. Tout systême, qui le pose pour fondement, rejettable, 372. A souvent plus de part à la réputation que le mérite: on donne souvent au hazard ce qui est naturel, g132.

Hébal, Montagne de Judée où les malédictions furent prononcées, e25.

Hébraïsans, Secte abondante en femmes, & par conséquent fort babillarde, d133.

Hébreu, sa connoissance regardée comme article de foi parmi les Hébraïsans, d133. Difficultés sur son antiquité, 181 & suiv. Source des autres langues orientales, 182. Divers auteurs le contestent, 183. Vraisemblable qu'Adam l'ait parlé, 185. Et que ce soit la première de toutes les langues, 311 & suiv. Jusqu'à Constantin, n'avoit ni ponctuation ni voyelles, 315. Et néanmoins aussi facile à lire que l'écriture des femmes, d'ordinaire très-fautive, & qui n'avoit ni orthographe ni ponctuation, ibid. & suiv. Ses anciens caractères conservés par les Samaritains, e231. Les nouveaux introduits par Esdras, ibid..

Hector, pourquoi traîné par Achille, a28.

Heiduques, Peuple de Hongrie, sa situation, c135.

Héliodore, Aime mieux perdre son évêché que désavouer ses amours de Théagene & Cariclée, c255.

Henri II, Roi de France, périt d'un coup de lance dans un tournoi, ce qui les fait abolir, c269.

Henri III, dégradé par la Sorbonne, a136. Assassiné par Clément, 128. A causé de grands maux f366. La Montpensier le fait périr, ibid.. Laisse dépérir son Royaume, e267. Ses mignons le perdent, 275. Ses violences blâmées, f369. Réduit à faire assassiner les Guises, ibid. & suiv.

Henri IV, Guignard conseille & tente Châtel. Ravaillac accomplit son assassinat, a128. Ne peut réparer tous les maux de Henri III, 303. Toujours mené par des femmes, b90. La Verneuil le fait périr, ibid. & suiv. Assassiné par Ravaillac, 172. Mis sur le trône par les Réformés, b292. Préf. Massacré par les intrigues des Moines, 318, e70. Son mariage, prétexte de sa ruine, ibid.-. Sa franchise & sa sincérité, ibid.. Rétablit son royaume, d168. Autant par la douceur que par les armes, b. Ep. Ded. Son Apophtegme peu religieux touchant la Messe, d230. Favorisé par Sixte V, 251. Digne d'être préféré à tous les autres princes, c53. Excessivement loué, & comme adoré, 57. Sa statue mise sur le Pont-neuf, & extraordinaire enthousiasme de l'auteur pour elle, d56 & suiv. Sa mort, digne d'être vengée dans des mers de sang, ne le fut que par celle de son assassin, ibid.. Vain & jaloux de la gloire de ses Généraux, 265 & suiv. Son triste état pendant la Ligue, & sa gloire après l'avoir ruinée, 295 & suiv. Parallele entre lui & Scipion l'Africain, qu'il égale bien, ibid.. & suiv. Repris de dureté envers Biron, g62. Réflexions à ce sujet, 64.

Henri IV, Empereur très-indignement traité par Grégoire VII, d252 & suiv. f352. Passage notable de Pasquier là-dessus, ibid. & suiv.

Henri IV, Empereur; le Pape Célestin III le couronne & renverse d'un coup de pied sa couronne de dessus sa tête, f351.

Henri VII, Empereur, empoisonné par un Dominicain avec une hostie, e70.

Henri VI, Roi d'Angleterre, génie lent & stupide, e110. Déposé, _ibid._.

Henri VIII, Roi d'Angleterre, ses différends avec le Pape utiles au Protestantisme d241. Avoit écrit pour Rome, ibid.. Et soustrait son Royaume de son autorité, ibid.. De dépit de n'en point obtenir la dissolution de son mariage, 253.

Héraclite, ses pleurs continuels mal justifiés, b104.

Hercilla [Alonso de], son Araucana, écrite excellemment en vers, d306.

Hercule, sa statue mise au feu par Diagoras, a334. Autre retenue à Rome, c81. Celle du palais Farnese, excellente pièce, c351.

Hérétiques, suites affreuses de la maxime des Papistes, qu'il faut les exterminer, a151. Ceux qui le sont dans un pays, passent pour orthodoxes dans un autre, ibid..

Héritiers, leurs grimaces auprès des mourans, b247.

Hermance [la], Actrice de l'Opéra, fille d'un savetier, a24.

Hermaphrodite, superbe statue de la Vigne Borghese, a274 & suiv.

Hermès, Philosophe Hermétique cité, c316.

Hermites, s'abstenoient de toutes cérémonies, f230. Les Indiens, nommés Faquirs, ibid.,

Hérode, pour plaire aux Romains, mêle au Judaïsme diverses cérémonies payennes, & forme une secte de son nom, e18 & suiv.

Hérodiens, Secte de gens toujours prêts suivre les sentimens du Prince, e19. & suiv. Les Sadducéens se joignent à eux, ibid.. Subsistent dans les Courtisans de nos jours, ibid.. & suiv.

Hérodote, cité touchant l'origine de la Circoncision, c362. Et sur diverses coutumes des Egyptiens adoptés par les Juifs, ibid.. Cité touchant le grand nombre des villes d'Egypte, & les Temples de Vulcain & de Minerve, 367. Cité & repris touchant les pyramides, d42. Il ne faut pas le croire aveuglément, 43. Cité sur la communauté des femmes chez les Auses, 67. Et les mariages des Nasamones, 71. Cité sur la corruption des Souverains, 151. Repris de crédulité, f51. Ce qu'il raconte, du songe de la fille de Policrate, & de son accomplissement, g126. Sottement critiqué par l'Abbé Cartaud, 228.

Heros, fort redevables aux Savans, b288. Ce titre souvent donné aux ennemis, & persécuteurs du genre humain, f263. On les loue plus volontiers après la mort que pendant la vie, 300. Il y en a toujours eu de comparables à ceux de Rome, 292 & suiv. Ne se mesurent point à l'étendue des conquêtes, mais à la grandeur d'ame, 295.

Herrerra [Antoine de), son Histoire d'Amérique, bonne & sincère, d301. Supprimée par les Espagnols, ibid.. On en des traductions, ibid..

Hiérarchie Romaine, conservée dans l'Eglise Anglicanne, e150.

Hiérogliphes, cette écriture perdue, ainsi que la Copte, c70. Imitée dans celle des Américains, d322.

Hildebrand. Voyez Grégoire VII.

Himen, est le tombeau de l'Amour, b211.

Hippocrate, son premier Aphorisme, b27.

Hipocrisie, un des principaux soutiens des Moines, a34. Horriblement criminelle, 328. Pire que l'Athéisme, ibid..

Hippodrome, cette place de Constantinople aujourd'hui nommée Atmeidan, f170.

Histoire, on ne sauroit l'écrire avec liberté, a127. Gêne extrême des Ecrivains à cet égard, 128. Demande de la grandeur & de la justesse, b61. ibid.. La postérité, son juge, ibid.. Combien confuse & obscure dans les premiers tems, 81. Veut être étudiée dans les originaux, ibid.. A qui sont propres ses Abrégés, ibid.. Ses Continuateurs d'ordinaire très-mauvais, 219. Conseils pour la bien lire, ibid.. Les anciens y excellent, 221. A laissé bien des faits dans l'oubli, c352 & suiv. Précautions qu'elle exige, d42 & suiv. Celle d'Angleterre très indignement traitée dans la continuation de Rappin-Thoyras, g86. Devroit être inviolable, 87. Espèce de chicane apprise dans l'étude d'un Procureur hargneux, 95. Altérée par les diverses sectes, ibid..

Historiens, très-gênés en France, a227. Les héros, &c. leur sont très-redevables, b128. Les bons très-rares, 188. Leur grand nombre, leur incapacité, & leur mauvaise méthode, très-nuisibles, 215. Les anciens excellens ibid.. & suiv. Soins qu'ils doivent prendre 217 & suiv. Quels ils devroient être, 218. La partialité est le vice dominant de la plûpart, 220.Les Papistes fort injurieux, ibid.. Plaisanterie sur la maniere dont les mauvais composent, 337 & suiv. Respectent peu leurs Lecteurs & la vérité, d44 & suiv. Généralement suspects, 267 & suiv. Les Allemands languissent, ibid.. Les Espagnols aussi faux & visionnaires que ceux des moines, 268. A quelques-uns près, 271, & c. Les Anglois vains & partiaux, 332, e180. Et nullement estimables, ibid.. Les François très-passionnés sur les guerres civiles & de religion, 181. Souvent remplis de contes fabuleux, 335 & suiv. Doivent connoître l'état, le génie, & les coutumes des peuples, g55, & c. Presque tous se vantent, & ne débitent que des faussetés & des calomnies, 90. D'autres flatteurs, vils & méprisables, ibid.. & suiv. Extrêmement gênés sur-tout en France & en Allemagne, ibid.. & suiv. En Hollande, très-passionnés de part & d'autre, 91 & suiv. Insolens même, ibid.. Leur autorité n'est d'aucun poids en matiere de Philosophie, ibid.. Doivent rapporter les prodiges, mais en laisser le jugement aux Physiciens, 132. Ne doivent être que Rapporteurs & non Juges, ibid.. Les Jésuites ne lisent point les anciens à leurs écoliers, comme éclairant trop les hommes sur leurs droits, 187 & suiv.

Hobbes, ami & admirateur de Gassendi, e167. Lui étoit fort inférieur, ainsi qu'à Descartes, & à Spinosa, ibid.. Quelques-uns de ses Ecrits, ibid..

Hochstec, les François y sont défaits, e126. Trait singulier à son occasion contre les flatteries outrées prodiguées à Louis XIV dans les prologues des Opéras, f268 & suiv.

Hojéda (Etienne) Jésuite, Visiteur de Toléde, approbateur pour la Société de l'exécrable traité de Mariana, de Rege & Regis institutione, g27 & suiv.

Hollande, sympatise avec la France quant aux Sciences, a199. Ses savans de la fin du XVIIe siécle, & c. 100 & suiv. Abondante en mauvais Ecrivains, 103. Son gouvernement fortement loué, a305 & suiv. On y tolere les moines en habit seculier, b218. On y connoît peu les diables, parce que les moines n'osent les y faire paroître, 299. Peu ambitieuse de conquêtes, c126. Son gouvernement sage, ibid.. d114. Extrêmement louée, 100 & suiv. Pays ingrat, qui n'a d'autre ressource que le commerce, 101. Asyle de tous les Persécutés, 106, & c. Sa religion dominante, la Réformée, 107. Tolere toutes les autres, ibid. & suiv. Ses Ecclésiastiques. moderés par le Magistrat, ibid.. Grande union de ses habitans, 111. Sa grande liberté de penser & raisonner, sa bénignité envers les Réfugiés François, Juifs, & c, 125 & suiv. Ses diverses Sectes, 126, & c. Tend à rendre l'homme heureux, 153 & suiv. Abondante en Imprimeurs & en Libraires, 155 & suiv. Fourmille de mauvais Auteurs, 204. Nourrie, & souvent maltraitée par la mer 210. Les impôts y sont assez forts, ibid.. On n'y permet pas aux Ecclésiastiques de persécuter, c80. Suites heureuses de cette tolérance, 87. Très-riche, bien fortifiée, redoutable, mais toute occupée, de son commerce, g53.

Hollandois, ennemis de la bigoterie & de la superstition, b68. Leur sang froid & leurs autres qualités, fortement loués, c356 & suiv. b Pref. Le commerce leur unique ressource, d101. Ils établissent le leur sur les ruines de l'Espagne, 102. Leur grande liberté, 125. Leur populace brutale & insolente, ibid.. Liberté de leurs paysans, ibid.. Leurs bourgeois francs, attachés à leurs affaires, & assez froids, 128. Leurs Patriciens attentifs à leurs devoirs, ib. Priviléges de leurs nobles, & leur caractere modeste & estimable. ibid.. Longueur de leurs délibérations, ibid.. & suiv. Ne cherchent point à s'aggrandir, 140. Traitent doucement les Indiens, ibid. & suiv. Leurs Académies, 205. Cultivent fort les sciences, ibid.. 208. Leur grande industrie, & leur travail assidu, 210. Assez chargés d'impôts, 211. Trop indulgens pour leurs enfans, ibid.. Ne leur donnent que de mauvais Précepteurs, 212. & suiv. Leurs Maîtres d'école, Moines défroqués ou Prestolets révoltés, 293. Entêtement de leurs femmes à cet égard, ibid.. Leurs Catholiques divisés en Molinistes & Jansénistes, 242. Enleverent aux Portugais beaucoup de leurs conquêtes dans les Indes, 332. Simples & naturels, e35. Et très-sensés, 40.

Homere, majestueux & sublime, a271. Aussi connu qu'Achille, b188. Excellent Poëte, 349. A de grands défauts, mais des beautés ravissantes, 325. Fait nos délices, & comme celles de la Grece, c131. Tous ses Héros fort vicieux & peu honnêtes gens, e46 & suiv. Blâmé par les modernes, g227. Ses longues comparaisons censurées, ibid. & suiv.

Hommes, leur sort dépend des tems, des lieux, des personnes & de l'usage, qu'en fait leur volonté, a216. Se ressemblent dans tous les Etats, 233 & suiv. Moins constans que les femmes, b168, & c. Et causes de leurs vices & désordres, 208. Bridés par la crainte, 260. Essai sur leur nature, caractère, & c. par Pope, 302. & suiv. Bonne leçon contre leur orgueil, 303 & suiv. La droiture & le bon sens, sources de leur bonheur, 305. De tout tems trompeurs & trompés, c164. Ont perdu les justes idées de Dieu, dès qu'ils sont devenus idolâtres 214 & suiv. A combien peu de tems leur vie se réduit, ibid.. &c. S'attachent trop à de vaines questions, 284. Ce n'est pas le connoître que de n'en étudier qu'une Nation, d67 & suiv. Leur bizarrerie extrême, ibid.. & suiv. Le Ciel se joue de leurs projets & de leurs haines, 176 & suiv. Sortis de la terre comme des champignons, selon les Athées 184. 321. Qui sont réfutés, ibid.. Leurs premiers devoirs, e62. Bien peu agissent conséquemment, 63. En général ont l'esprit de leur état plus porté au mal qu'au bien, d231. Toujours dupes de qui veut les tromper, g267. & suiv. Les plus renommés, comparables par quelque endroit aux plus vicieux, ibid.. Condamnent le meurtre, & s'égorgent comme des bêtes féroces, ibid.. Ne consistent presqu'en imbécilles ou imposteurs, 269.

Hommes illustres, pourquoi plus abondans ou plus rares en certains tems, a207 & suiv.

Honnête, la nature a donné à tous les hommes de le distinguer du honteux, f300, g10. Réfléxion & coutume là-contre, ibid.. & suiv.

Honnêtes-Femmes, pour les mettre en sûreté, les Vénitiens autorisent les courtisanes, b234. Sixte-Quint y réussissoit mieux en punissant sévérement les débauchées, ibid..

Honneur, préféré à tout par les François, a234 & suiv, d232 & suiv.

Honneurs divins, Louis XIV repris d'avoir souffert qu'on les lui rendît, f266.

Honte, voyez Infâmie.

Honteux, voyez Honnête.

Horace, les éditions données par des Moines, tronquées, b283. Ses odes excellentes, 341. Cité sur la vie champêtre, c72. Sur sa réputation future, 131. Toutes ses Odes supposées, selon Hardouin, 193. Cité sur le sang froid Hollandois, 357. Cité sur l'utilité de la plaisanterie, d390. Sottement blâmé par l'Abbé Cartaud, g210.

Hortensius, traité de colifichet par une poupée, g223.

Hospitaliers, voyez Malte.

Hosties [les saintes] de Bruxelles, leur prétendu miracle, & chanson là-dessus, c353 & suiv.

Houilles, charbon de terre, dont usent beaucoup les Liégeois, d79 & suiv.

Houiloux [Prudhomme le] Inventeur du charbon de terre des Liégeois, auquel il donne son nom, miracle débité là-dessus, ibid.. & suiv.

Houlieres [Me des] ses chansons agréables, g206.

Hubner, Historien surabondant, diffus & crédule, d270.

Huile, celle de la confirmation plaisamment envisagée, b250.

Huldric [Jean-Jacques] publie en Hébreu, traduit en Latin, & réfute par d'amples notes, la fausse Histoire que les Juifs ont forgée de Jesus-Christ, f69. & suiv. Amples extraits de cet Ouvrage, 71 & suiv.

--- I ---

Ibérie [le chevalier d'], espèce de Dom Quichotte de la nation Espagnole, & très-pitoyable critique des présentes Lettres, d. Préf. Mauvais copiste des Dictionnaires de Moréri & de Corneille, & c. d.Préf.. Ravale les Espagnols, en voulant les élever. Préf. Convaincu de folie, d'ignorance, de mauvaise foi. Préf. De baladin & de comédien le fait auteur & mari de trois chambrieres, Préf.

Ibnu-Zora, persécute cruellement Averroës, f152 & suiv.

Ibrahim, Aga des Spahis de Tunis, punit le Bei Amurath, & s'empare de sa place, f109 & suiv. Sa prudente conduite, ibid.. & suiv. Sa clémence louée, ibid..

Iconium [la bataille d']. S. George s'y bat en personne, b158.

Iconoclastes, leur zéle outré, blâmé, c207.

Idées, nous viennent toutes par nos sens, e174.

Idées innées, prises de S. Augustin par les Cartésiens, a147. L'ame n'en a aucune, c219 & suiv. Peu propres à prouver l'existence de Dieu, ibid.. Les Spinosistes les nient, 222. Admises par Cicéron, d135. Leur obscurité & leur fausseté, causes des faux raisonnemens, 193. Soutenues opiniâtrement par Descartes, e171. Détruites par Locke, combattues par les moeurs de certains Sauvages, g5 & suiv.

Idiota, voyez Raimond Jordan.

Idolâtres, quittent & reprennent leur idolâtrie, selon que les Missionnaires leur donnent ou ne leur donnent point, e26.

Idolâtrie, le peuple y est excessivement porté, c210. Les anciens Juifs y penchoient extrêmement, ibid.. Dès qu'elle a paru, elle a éteint les justes idées de la Divinité, 211 & suiv. Celle des Payens, combien extravagante, d136.

Idoménée, meurtrier de son fils, e139.

Ignace de Loyola, chassoit les démons avec un vers de Virgile, b300. Son Histoire sous le nom d'Inigo de Guipusoca, ou son parallele avec Dom Quichotte, c250. & suiv. Badinage sur son sujet, ibid.. Sa Chapelle à Rome, presque aussi riche que le Temple de Delphes, f132. Peint imitant Clément XI, 133. Comparé à Jagarnat, 223. Ses traits de gueuserie,
ibid.. Son ignorance bien prouvée, g18. & suiv. Superstitieux, fourbe, habile & hypocrite, 26. & suiv. Parrallele entre lui & Mahomet, 20. & suiv. Badinage sur les troubles que causent ses disciples, 150.

Ignorance, entretenue par les Moines, a29. & pourquoi, ibid.. Base de la tranquillité chez les Moines, b67. Domineroit absolument sans le desir de la gloire, c237. &c. Faux que l'Officier François s'en fasse honneur, 341. Favorise l'établissement du pouvoir des Papes d253. Fort méprisée en Angleterre e127 & suiv. Très-grande en Afrique, f253.

Ignorans, imposent souvent silence à l'homme d'esprit, a50 & suiv. Les Sçavans les laissent primer par ennui & dégoût de les réfuter, c193.

Ilium, voyez Troye.

Images, en horreur aux Mahométans comme aux Juifs, a91. Dieu défend d'en faire, b330, & de leur rendre de culte, c207, en ordonne néanmoins dans le Temple & sur l'Arche, ibid.. Passages là-dessus, ibid.. Leur usage tolérable, mais non leur culte, 193 & suiv. Les livres des ignorans, ibid.. Abus criant qu'en font les Prêtres & les Moines, 114. Miracle d'une vénérée à Gand, 354 & suiv. Les Papistes en mettent dans leurs cercueils, e60.

Imagination, ce n'est point le soleil qui lui donne la vivacité, e280. Les effets de celle des femmes enceintes sur le fétus combattus, f199 & suiv. Pouvoir excessif que lui accordent certains Auteurs, 202.

Imaginationistes, ou défenseurs des effets de l'imagination des meres sur les enfans, fortement réfutés, f197 & suiv.

Imans & Dervis, Moines Turcs, a185. Aussi fourbes & débauchés que les Moines Nazaréens, ibid.. Une de leurs impostures, c154 & suiv. Grands amateurs de miracles, ibid..

Imposteurs, il s'en trouve par-tout, b299.

Impostures, celles des Convulsionnaires Paristes, a75 & suiv. g265. & suiv. Une touchant le tombeau de Platon, b154. Une des Dervis du Caire, c153 & suiv.

Impôts, forts en Hollande, d212. Un bien dur sur les Juifs en Allemagne, 367.

Imprimerie, jouit de beaucoup de liberté à Venise, b209. Met un frein à la mauvaise foi des moines, 282. Fort gênée en France, 286. G165. Fort cultivée à Amsterdam, d123 & suiv. Sa liberté ne doit point être gênée, ni sa licence tolérée, g84 & suiv. En Hollande certains Libraires en abusent au mépris des défenses expresses du Gouvernement, 85. Trop libre en Angleterre, 87.

Incarnation, galimatias dévot d'Anselme de Cantorberi à son sujet, a171 ¶ suiv. Imposture Nazaréenne à son sujet, b154 & suiv.

Inceste, celui de frere à soeur très-commun en Portugal & regardé comme une peccadille, d353. S'efface par un voyage à Rome, 354.

Incubes & Succubes, détruits par la réjection des formes matérielles qu'on prête aux démons, d228.

Indéfini & Indéfinité, foiblesse & abus des Cartésiens sur ces jeux de mots, d93. E181.

Indiens, persécutés pieusement par les Espagnols, b161. Regardent comme éternels, Dieu, les ames & les générations, 330. Ont trois mots dont la répétition efface les péchés, 334. Horriblement traités par les Espagnols, & fort doucement par les Hollandois, c41 & suiv. Parallele entre leurs moeurs & coutumes, & celles des Italiens, f221 & suiv.

Indulgences, monnoie courante de la Cour de Rome, b315. Une des mines des Moines, c154. Les Papes en instituent de cent mille sortes, d57. &c. Ne sont gagnées que par des gens en état de grace, & par conséquent inutiles, 62. Accordées à ceux qui assistent aux exécutions de l'Inquisition, 183. Vendues chez les Indiens, comme chez les Papistes, 214.

Industrie, un de ses plus admirables effets, d222.

Infaillibilité, réservée à Dieu seul, a268. Rome se l'attribue pleinement, ibid.. Et en fait son principal article de foi, g182. Celle des ânes de Lorette, 375.

Infâmie, celle des supplices, propre à retenir les vicieux, 224 Eteinte chez les Anglois, ibid.. Injuste en apparence par la participation qu'y ont les parens, mais avantageuse & nécessaire à la société humaine, 228. Quand le Magistrat la craint, le peuple se gouverne bien d102.

Infidélité conjugale, fort commune en France a10. Faute légere en France, b208, c228, e246.

Infidelle, comment se justifie, c228.

Infini, question indissoluble de Physique, c262. Vaines disputes des philosophes sur ce sujet, 272. Raisons des Gassendistes pour, 275. Défaite & jeu d'enfans des Cartésiens sur ce mot, 278. Il est absurde que les créatures veuillent la connoître, 305.

Inigo de Guipuscoa, voyez Ignace de Loyola.

Innocent II, Pape, couronne l'Empereur Lothaire à Liége, d79.

Innocent XI, Pape, favorable au Protestantisme, d250. & suiv.

Innocent, Ganimede ou Mignon du Pape Jules III, f342. Scandale affreux qu'il donne au Concile de Trente, ibid..

Inquisition, surnommée S. Office, b233. Affamée du sang des Juifs, a83. Fait perdre à l'Espagne les Provinces unies, ibid.. Combien cruelle touchant l'infaillibilité, 267. Fait brûler les gens en leur faisant des complimens, b160. Extrêmement bridée à Venise, 231 & suiv. Semblable à la cour Ottomane, 237. Se contente d'enfermer Molinos, & fait brûler de simples errans, a81. Son seul nom terrible en Espagne, d64. Description de ses Autos de Fe, ou exécutions publiques, 164 & suiv. Son pouvoir étonnant, 168. La sépulture ne met pas à couvert de ses fureurs, 169. Son origine & ses progrès, 170 & suiv. Reçue par les Italiens, les Espagnols & les Portugais, 171. Rejettée par les Flamands & les François, 172 & suiv. Tout-à-fait en horreur en France, 173. Ne s'établira plus nulle part, vû ses horreurs, 174. Ennemie mortelle de la bonne Philosophie, 267. Encore plus sévére au Portugal qu'en Espagne, ibid..

Inquisition d'Etat, très-sévère & très-sage a Venise, b182. & suiv. 193.

Inquisiteurs, leur cruauté insultante, a44, b182. Leur nom terrible en Espagne, d78. Dans un Autos de Fe, le grand Inquisiteur a un trône plus élevé que celui du Roi, & fait faire serment à ce Prince, d192. Suites affreuses de leur maxime abominable, qu'il faut exterminer les hérétiques, e91 & suiv. Leur avarice & leur esprit de domination les rend cruels, f177.

Inscriptions, une utile & nécessaire aux Juges, f307 & une autre encore plus utile aux Rois, 308.

Inspiration, n'a point de degrés de force ou de sagesse, e234. Luther repris à ce sujet de son peu de respect pour l'Epître de Saint Jacques, ibid.. & suiv.

Interdit, autrefois terrible, aujourd'hui méprisé, d255. Pasquier cité là-dessus, 256.

Intérêt, détermine presque toujours les faveurs des femmes, c228 & suiv.

Intolérance, voyez Persécution.

Intrépidité, celle des Anglois, vraie frénésie, g46. & suiv. Ils s'en croyent seuls doués, 47.

Invocations des Saints, préférées au recours à Dieu par les Nazaréens, b175. Leurs vains sophismes à ce sujet, 176.

Irlande, l'abolition du Papisme y fait augmenter le nombre da Papistes, f266. A un langage particulier nommé Gachtlet, qui lui est commun avec les Montagnards d'Ecosse, g100. Fort troublée à cause de l'introduction de l'Episcopat en Ecosse, 110.

Isaï, pere de David, impertinemment accusé d'adultere par quelques Rabbins, e249 & suiv. & ce prétendu adultere approuvé par un autre, ibid..

Israélites, punis dès qu'ils se sont rebellés, a61. N'étoient point persécuteurs, 85. Tâcherent de ramener les dix Tribus, ibid.. Voyez Juifs.

Italie, description de ses Fêtes Ecclésiastiques, b48. On y soupe très-frugalement, ibid.. Ravagée par les barbares, e128. But frivole de la plûpart des voyageurs qui s'y rendent, f323. Et principales curiosités dont ils s'y repaissent, 324. Possède des Sçavans illustres de tout ordre, 325. Mais extrêmement gênés, 332. Peu guerriere, livrée aux Prêtres, g52. Mise à couvert des Turcs par les Chevaliers de Malte, 216. Mere des Arts de Sciences, les répand dans toute l'Europe, ibid.. Conserve encore mille beautés & merveilles, ibid..

Italiens, ignorans, b71. Extrêmement différens des anciens Romains, 49. Très-jaloux, 36, d41. Leur amour stable & jaloux, b105 & suiv. Leurs Prélats, injurieux & ignorans, 244. Très-superstitieux, 247. Plus ou moins abatardis selon qu'ils sont soumis aux Moines, 248. Leur politique scélérate, b352, c106. Mauvais tragiques, b349. Leurs Prédicateurs, vrais Arlequins & Scaramouches, 351. Aussi bigots & esclaves des Moines que les Espagnols, 358. Grands amateurs de miracles, 362. Intolérans outrés, c58. Leurs Prélats peu équitables, d112. Reçoivent l'Inquisition, 199. Ne se guérissent guères de la superstition, 110. Jaloux par tempérament, 275. Parallele entre leurs moeurs & coutumes, & celles des Indiens, f222 & suiv. Fort débauchés, 322. Pleins de saillies & cascades, g227.

Ivrognerie, fort fréquente parmi les Suisses, c88. Très-diminuée parmi les Allemands, d290.

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Jacob, épousent deux soeurs qui lui donnent deux concubines, d71. Ne faisoit nulle distinction entre leurs enfans, ibid.. Sa lutte avec un Ange, g87.

Jacobins ou Thomistes, ne souffrent point qu'on parle de leur assassin, Jacques Clément, a130. Thèse risible de leur école, 138.

Jacobites, font de Marie Stuart une Sainte, d264, g111. Grands ennemis de Buchanan, ibid..

Jacques (S.) Apôtre, son Epître traitée d'Ecrit de paille par Luther, e237 & suiv.

Jacques I d'Angleterre, éléve de Buchanan, g111. Donne lieu au renouvellement du Papisme dans ce Royaume, d128. Introduit l'Episcopat en Ecosse, & donne lieu à des guerres qui accablerent ses trois Royaumes, g108 & suiv.

Jacques II, Roi d'Angleterre, reconnu, quoique Catholique, d226. Son régne extrêmement tyrannique, e180. Obligé de se sauver, b53. Innocent XI contribue à son expulsion, ibid.. Détrôné par son gendre, e60. Assez malheureux ou imbécille pour se laisser conduire par Prêtres, 87. Extrêmement méprisé en France, 88.

Jaddus, Grand-Prêtre des Juifs, apparoît en songe à Alexandre, & va lui demander grace pour son peuple, g120.

Jagarnat, divinité Indienne, f225. Comparée à Ignace de Loyola, 226.

Jalousie d'amour, Extrême chez les Espagnols, exemple notable, f330. Moindre chez les Italiens, 331. Pire chez les Portugais, g27.

Jalousie de talens, partage des esprits vils & rampans, a50. Henri IV en avoit une fort vive envers ses Généraux, c78 & suiv. On en est fort susceptible contre les personnes vivantes, 326.

Jaloux, approuvés par tous les maris, b176.

Janiçon, son Etat des Provinces unies, mauvais ouvrage de commande, composé par jalousie d'Auteur, & avidité de Libraire, b225 & suiv.

Janissaires, toujours prêts à se révolter ainsi que les Prêtres & les Moines, a56, 57, 290. Deshonorent le sang Ottoman, 251. Cruellement punis, 252. f308 & suiv.

Jansénistes, quittes pour l'exil en France, au lieu qu'en Espagne ils seroient brûlés, a45. Font imprimer des Nouvelles Ecclésiastiques très-mordantes, 56, & très-maussades et ridicules, e292. Appellent de la Constitution, a58. Refusent d'obéir au Roi, 59. Quelques-uns exilés, ibid.. Imaginent et supposent les miracles de l'Abbé Paris, & séduisent beaucoup de pauvres esprits, 74 & suiv. Veulent perdre le Pere Girard, 77. Succédent aux Réformés, 81, d230. Saint Augustin est leur Patriarche, c169. Leurs convulsionnaires très-fourbes, b272. Leurs livres injurieux, sur-tout leurs Nouvelles Ecclésiastiques, vainement défendus, 288. Ne songent qu'à grossir leur parti, 289. Dangereux imposteurs, 290. Leur caractère cagot, injurieux & séditieux, 291. Vétilleurs et chicaneurs, c80. Décrient l'Archevêque de Paris, & acceptent son Breviaire, ibid.. & suiv. Les violences du Concile d'Embrun augmentent leur nombre, 98. Dispute vive de deux avec un Moliniste, 130 & suiv. Traités imposteurs, 133. Les anciens estimables b. Préf. Sont une cause indirecte du support des Moines, c294. Injustes envers les Jésuites, c95. La moitié des Catholiques Hollandois le sont, 221. Les trois quarts des François regardés comme tels, 238. Une maîtresse du Prince, dans leur opinion, peut les faire solidement établir, 238. Décrient les Missions des Jésuites, 350 & suiv. Comparés aux Pharisiens, ayant autant de vénération pour Saint Augustin, qu'eux pour le Talmud, e16. Supposent des Saintes Epines, des Hémorrhoïsses & des Saints Paris. _ibid.. Hypocrites & imposteurs, crieroient moins s'ils pouvoient obtenir des bénéfices, 25. Malins & entreprenans, 53. Comparés aux Presbytériens Anglois, 167. Critiquent Montagne, 288. Extraordinairement zélés pour Saint Augustin, f120. N'ont jamais loué les Molinistes, g92. Punissables de leur manége pour leur Saint Paris, 152 & suiv. Les Evêques de leur parti aussi brouillons & punissables que les Molinistes, 157. Leurs Laïques ont beaucoup nui aux Jésuites, 181. Ce mot synonime de Cartésiens, & d'Anti-Jésuites, 182. Toute l'affaire de Saint Paris rapportée, & preuve d'insigne mauvaise foi, 246. Blâment les Lettres Juives, e.Préf_.

Jansénius, les Molinistes fourent dans des éditions frauduleuses de son Augustinus, ses prétendues propositions, c58.

Janvier (S.), miracle annuel du bouillonnement de son sang, b362. Les Napolitains feroient quelque émeute si ce miracle n'arrivoit pas tous les ans, ibid.. Rude apostrophe à cet égard, 363.

Jaquelot, ennemi de Bayle, a100.

Jardins, les trois principaux de Paris, les Tuileries, le Luxembourg & le Palais Royal a125 & suiv.

Jean-Baptiste (Saint) Précurseur de Jesus-Christ pour la grace, comme Aristote pour la nature, f252.

Jean-Damascene (Saint) grand iconolâtre, c207. Un de ses passages à ce sujet, c.ibid. & suiv. Croyoit les Anges corporels & incorporels, cette ridiculité réfutée, g73.

Jean V, Roi de Portugal, protége l'Académie d'Histoire & de Littérature de Lisbonne, d213. Humilie le Patriarche de Lisbonne, & fait rendre justice au Corrégidor, e275. Grandeur de cette action, 284 & suiv. A triomphé dans plusieurs démêlés avec Rome, parce qu'il ne s'est point livré aux Prêtres, 285.

Jeanne, Reine de Naples, ses désordres, ses cruautés & sa fin tragique, f315.

Jehuda, impertinences qu'en débitent les Juifs, f80 & suiv. 91 & suiv.

Jérémie, Prophéte, Eglise bâtie sous son nom à Venise, b273. On y garde une de ses dents, aussi grosse qu'une de cheval, ibid.. Absurdité que les, Rabbins débitent de la manière dont il engendra ben Syrach, g80.

S. Jérôme, Génie véhément & colere, injurie Ruffin, a152. Le premier Pere qui ait écrit purement, a167. Son conte touchant Paul Hermite & son corbeau, a259. Et touchant les conversations de S. Antoine avec un Faune & un Centaure, d356. Ecrit la vie de Saint Antoine, ibid..

Jérusalem, Aléxandre sacrifie dans son Temple, g130. Prise par Pompée, e26. Détruite par Titus, d382. Prise par Godefroi de Bouillon, g208. Reprise par les Sarrasins, ibid.. Son rétablissement attendu par les Juifs, e45 & suiv. Les Turcs ont bâti une Mosquée, où étoit le Saint des Saints de son Temple, f59. Ont néanmoins de la vénération pour cette ville, a91.

Jeschua, voyez Jesus-Christ.

Jésuites, dispensent leurs Disciples de l'amour de Dieu, a19. Puissans & ennemis implacables, 56. Font imprimer à Trévoux un Journal très-partial & méprisé,ibid.. Persécutent les appellans de la constitution, ibid.. Refusent d'obéir au Roi, 58. Veulent prêter un miracle à leur Pere Girard, 79. Ne souffrent point qu'on parle de leur assassin Guignard, 128. Font emprisonner Crébillon pour l'Ecumoire, 132. Enseignent bien les Belles-Lettres, mais sont le fléau de la Philosophie, 135. Terrassés par Arnauld, 198. Un fait mutiler les statues de la Vigne Pamphile, 275. Loués de politesse & de bonnes moeurs, b. Pref. Bannis de Hollande & d'Angleterre, leur caractere dangereux & terrible, 110 & suiv. Peu adonnés aux femmes, 111. Très-artificieux, bannis par les Vénitiens & rétablis, 254. Leurs livres de dispute Moliniste & défendus, 272. Ne songent qu'à augmenter leurs partisans, ibid.. Leur ambition démesurée & leurs violences, 275 & suiv. Abusent tyranniquement des Lettres de cachet, ibid.. Discrètement Molinistes, c88. Chargés des sottises des indiscrets & brouillons, 89. Histoire de leur établissement sous le titre d'Histoire d'Inigo de Guipuscoa & de la Monarchie des Inighistes, 259 & suiv. Leur devise, 322. Ceux des Pays-Bas grossiers, 349. Leurs artifices pour obtenir des cloches à Bruxelles, ibid. & suiv. Combattent très mal la Métempsycose, d55 & suiv. Ennemis jurés des Cartésiens, 70. Et des Ministres. 109. Ont eu de grands-hommes, ibid.. Haïs des Bénédictins, 110. Insultés par Fontana Rosa, à qui ils tendent en vain des piéges, 225 & suiv. Mettent souvent en pratique la doctrine meurtriere de leur Mariana, 303. Ne persécutent Arnauld que par pure haine, 376. Ont eu des Missionnaires estimables, quoique critiqués, 386 & suiv. Souvent injustement censurés, 388. Asservissent Louis XIV à leurs mauvais conseils, e51. Soufferts auprès des Princes par une imbécillité incompréhensible, 71. Avilissent Jacques II, & lui font perdre ses trois royaumes, 81 & suiv. Comparés aux Anglicans, 159 & suiv. Exemple terrible de leur pouvoir & de leur génie tyrannique & persécuteur, c270 & suiv. Causent la perte de Sébastien, Roi de Portugal, 286 & suiv. Ont outré la vengeance contre les Jansénistes, 300. Font supprimer le Droit de la Nature & des Gens de Pufendorff, f55. Nient d'enseigner qu'on ne peut pas aimer Dieu, 135. Leurs calomnies contre M. Arnauld, 156 & suiv. Corrompent le Christianisme de la Chine, 179 & suiv. Extrêmement zélés pour Aristote, qu'ils canoniseroient volontiers à la place de S. Augustin, 253. Ce qu'ils ont tenté de faire. ibid.. Vendus à la Cour de Rome, gâtent la plûpart des Ecclésiastiques de France, 356 & suiv. Proscrits d'Angleterre & honorés par la crainte qu'on a d'eux, g16, & c. Leurs progrès subits & étonnans, ibid.. Vains éloges dont ils tâchent de couvrir l'ignorance de leur Instituteur, ibid.. Traits de Pasquier là-dessus, 18 & suiv. Comparés aux Musulmans, 22. Leur morale relâchée leur a soumis tout le monde, ibid.. Concevable qu'ils ayent gagné les particuliers, mais inconcevable qu'ils se soient soumis les Rois dont ils sont les plus cruels ennemis, 27. La déposition ou le meurtre des Rois, leur doctrine favorite, ibid.. &c. Leurs écrits ne contiennent que tous les sentimens de toute la Société, ibid.. Preuve par l'exécrable livre de Mariana, ibid. & suiv. Se font aimer de ceux qu'ils ont rendus leurs esclaves, ce qui prouve leur grande habileté, 30 & suiv. Exemple en Henri IV, ibid.. Entreprennent la ruine des Protestans François, & y réussissent enfin, ibid.. & suiv. Ennemis dont on doit continuellement se défier, ibid. & suiv. Jamais leur Historiens n'ont rendu justice aux Protestans ni aux Jansénistes, g92. Font imprimer leurs calomnies en Hollande, 96. Leur politique bien marquée dans le triste cas du Chinois fouetté, g149. Badinage là-dessus, 150 & suiv. N'ont plus que des auteurs médiocres ou de la derniere classe, 170. Abus de l'éducation qu'ils donnent aux jeunes gens dans leurs Colléges, 145 & suiv. Leurs Orateurs se sentent toujours du Théâtre de Collége, ibid. & suiv. L'intérêt, leur premier mobile, 149. Expliquent bien les Poëtes, mais non les Historiens & les Orateurs qui éclairent trop l'homme sur ses droits, 156 & suiv. Piége adroit & subtil qu'ils tendent aux Jansénistes Convulsionnaires, 258 & suiv. Blâment & condamnent les Lettres Juives, e. Pref. Réponse vive à leurs imputations, a. Préf. Générale.

Jesus-Christ, Histoire pleine de faussetés & de calomnies que les Juifs en ont forgée, & réfutation de cette Histoire, f69 & suiv. N'a point nié que les Samaritains sacrifiassent sur le Mont Garizim, e227.

Jeûnes, ceux des Juifs & des Mahométans durent jusqu'à la nuit, a92. Ceux des Coptes de même, c206.

Jeunes Gens, gâtés par les Régens, c278. Qui les remplissent de préjugés, b353, d106. Leur vivacité bruyante dépeinte, 282 & suiv. Suites fâcheuses de leur mariages sans le consentement de leurs parens, 285 & suiv. Vifs & inconstans en amour, f123. Ceux qui ont étudié chez les Jésuites, se sentent toujours du Théâtre de Collège, g181 & suiv.

Jeux, ceux de l'ancienne Grece, plutôt de politique que de simple divertissement, a67.

Jeux de force & de souplesse, fort usités à Montpellier, c267. Pour la santé, ibid.. Les cruels & sanguinaires, fort du goût des Anglois, e155.

Jeux sacrés, ceux d'Aix en Provence très-ridicules, d84 & suiv. Produisent beaucoup à cette Ville, ibid..

Job, Plaisanterie sur l'Eglise de son nom a Venise, c265.

R. Jochanam, auteur de la seconde compilation du Talmud, dit de Jerusalem, plus mauvaise que la premiere, b149.

Joie, son excès cause la mort, e145.

Jongleurs, beaux esprits provençaux, b69. Priviléges dont ils jouissoient, ibid..

J..., Aventuriere, prétendue Abbesse; ses divers exploits, a37.

Joseph, Historien des Juifs, e19. Trop dédaigné par ceux d'aujourd'hui, 21. Les Papistes accusés d'y avoir fourré un passage, c58 & suiv. Ce qu'il raconte d'Hérode & des Hérodiens, e28. Du songe d'Aléxandre-le-Grand, g121. Et de celui d'Archelaüs, 125.

Josué, reçoit la Loi Orale de Moyse, & la communique aux 70 Anciens, b147.

Jouissance, est le tombeau de l'amour, b211.

Jovitzo (Stanoska), meurt de Vampirisme, e135. Examen de ce fait, 137.

Journal des Savans, autrefois estimé, a52.

Journal de Trévoux, extrêmement partial, & très méprisé. A54. Repris de mauvaise foi, d'impudence, & c. Préf. Générale.

Journal Littéraire de la Haie, composé d'abord par d'habiles & honnêtes gens jusqu'en Juin, 1732, & estimé, f287. Continué par divers Moines défroqués, & aussi méprisé que celui de Trévoux, 288. Jugemens peu judicieux de ces Continuateurs, ibid.. Exemples & preuves, ibid.. &c.

Journalistes, quelques-uns aux gages des Libraires, a55. Pour vanter leurs impressions, d205, Plaisanterie là-dessus, b371. Beaucoup d'idiots, dupes de ce manege, ibid..

Journaux Littéraires, en trop grand nombre, a55. Piéges tendus à l'esprit & à la raison, b244.

Journaux Politiques, composés par des gens du néant, a53.

Jours caniculaires, Leur observance turlupinée par Moliere, d170.

Joûtes, Images des anciens jeux olympiques, c267. La mort de Henri II les fait finir, _ibid._.

Jouvanci, Jésuite, Historien infidele, & nullement croyable, d268. Menteur insigne, f65.

Jouvenet, grand Peintre, g189.

Juan d'Autriche, (Dom), Fils naturel de Philippe IV, chasse le Pere Nitard du Ministere d'Espagne, d164.

Jubilé, commerce qu'en font les Papes, a68. Pendant sa durée le paradis est une foire franche, ibid..

Judaïsme, extrêmement dangereux en Espagne, a42. Où les Juifs empoisonnent leurs enfans qui refusent de l'embrasser, ibid.. Renouvellé & réformé dans le mahométisme, 94 & suiv. Sa beauté, 179, d383. Attaqué par toutes les religions, a178. Jugement qu'en feroit un Chinois, 315. Sa simplicité fait sa beauté, c318. Admirable dans un Caraïte, mais méprisable dans un Rabiniste, ibid.. Son précis admirable & magnifique, d383. Réfutation de l'opinion qu'il ne subsiste que pour servir de preuve au Nazaréisme, e213. Les impertinences des écrits des Rabbins lui font grand tort, 221.

Judée, son triste état actuel, f60.

Juges, utile au bien public qu'ils ne puissent pas décider arbitrairement, f33 & c. Autrement se livrent à leurs passions, 42. Inscription utile pour leur instruction, 317. Leurs devoirs représentés, g261 & suiv. Amelot de la Houssaye cité à cet égard, 265.

Juives, leur fidélité conjugale, a7 & suiv.

Juifs, sage conduite de leurs Docteurs, a37. Déistes de France dépeints sous leur nom, 39 & suiv. Il y en a encore beau-coup en Espagne, où ils ne sont point circoncis, ibid.. Et leur conduite envers leurs enfans, 42. Leurs supplices sont des jours de fête pour les Espagnols, 54. Par tout sous le joug, 81. Cruellement persécutés en Espagne, sont bien reçus en Hollande, ibid.. Leur unité de foi défendue, ibid.. On leur reproche trop de cérémonies, 87. Leur mauvaise foi sur les Prophéties concernant le Messie, ibid.. Prévarications qu'on leur reproche, 92. Ne boivent que le vin qu'ils ont pressé, & ne mangent que les alimens qu'ils ont coupés, ibid.. Accusés de se croire en droit de tromper tous les autres peuples, 148. Persécutés par Saint Cyrille d'Aléxandrie, ibid.. Haïs des Nazaréens & des Mahométans, 178. Peu changent de religion, ibid.. Obligés de s'avouer tels, requis par le Magistrat, 260. Ont bien des cérémonies inutiles, 261. Sots contes de leurs Docteurs, ibid.. & suiv. Les richesses but de leurs prieres, a322. Ne sont pas les seuls qui seront sauvés, b77, & c. Damnent tous les autres, 5o & suiv. Fiers & vains à l'excès, ibid.. Jouets de tous les peuples, ibid.. Leur origine selon Manethon, Cheremon & Tacite, ibid.. Le plus vil des peuples, 78. Les livres de Moyse relatifs à eux seuls, ibid.. A quel point superstitieux, 142. Plus asservis à leurs traditions qu'à la loi, ibid.. L'unité de Dieu fait la base de leur foi, 148. Se servent habilement de la tradition contre les Papistes, ibid.. Vindicatifs & perfides, 176 & suiv. Crimes dont on les accuse, ibid.. Fort tourmentés par les Turcs, 232, & c. Durement traités & horriblement persécutés par les Persans, ibid.. & suiv. Séduits par Sabataï Sevi, 234 & suiv. Les Portugais haïssent fort les Allemands, 237. Les Eglises de Venise intitulées du nom de leurs Saints, 278. Crédules pour les faux Messies, 302 & suiv. Partialité des Nazaréens contre eux, 360 & suiv. Intolérans pour toute autre religion, c60. On leur refuse de fouiller le Tibre, 78 & suiv. Penchant de leurs Ancêtres à l'idolâtrie, 203. Profanation dont on les charge & les punit, 342. Ont pû prendre la circoncision des Egyptiens, ainsi que bien d'autres coutumes, 360. Leur dédain pour les Nazaréens, 361. Ne font point de distinction entre leurs enfans, d71. La poligamie leur est interdite sous les dominations Nazaréennes, 76. Une infinité immolés par l'inquisition d'Espagne, 125. Reçus bénignement en Hollande, ibid.. Plus libres en Angleterre & en Hollande que partout ailleurs, ibid.. Véxés à Rome, 126. Damnent toutes les autres religions, 136. Leur courage & leur fermeté dans les exécutions de l'inquisition, 195. Et exemple d'une jeune fille, 196. Exposés à bien des avanies en Allemagne, 260. Nombreux en Portugal, & même parmi les plus élevés, 328. Haïs de tout le monde, & recherches des causes de cette haine, 358 & suiv. Accusés de sacrifices cruels & impies, 359 & suiv. Bannis de France, ibid.. & suiv. Leur avarice & mauvaise foi, ibid.. Grands visionnaires, 363. Accusés de faire serment de tromper tous les autres hommes, 364. Mauvaise justification qu'on leur prête, 366. Ne sont soufferts en bien des endroits qu'à prix d'argent, payant vingt sols par heure dans certaines villes, 384. Les anciens eussent dû établir des Missions, ibid.. Leurs diverses sectes décrites, e12 & suiv. Les Saducéens, 13. Les Pharisiens, ibid.. Les Esséniens, 18, les Thérapeutes, 19, Les Hérodiens, 20 & suiv. Leur rigidité dans l'observation du sabbat, & modération qu'ils y apporteront, 26 & suiv. Ceux d'Espagne & de Portugal observent tout l'extérieur Nazaréen, 30. Constance & fermeté admirable des anciens, 38, & c. Aussi nombreux aujourd'hui qu'après le sac de Jérusalem, 40. Leurs captivités, punitions de leurs crimes, 41. Ne se découvrent point dans leurs Synagogues, 153. Taxés d'ignorance crasse, & d'entêtement, 207. Réfutation de l'opinion qu'ils ne subsistent que pour servir de preuve au Nazaréisme, ibid.. Les livres pour leur défense sévérement défendus, 208. Leur cérémonial de la chaise percée, 214. Accusés d'avoir corrompu le Pentateuque, 230. Cruellement traités par Nabucodonosor, Titus & Adrien, g126, & c. Leurs prieres contre eux, 127. Leur zèle fanatique sous Barcokebas, 128. Séditieux, cruels & dignes de l'abandon de Dieu ibid.. & suiv. Ont inventé mille contes odieux & ridicules contre Jesus-Christ, 134. Dont ils ont supposé une Histoire pleine de faussetés & de calomnies, ibid.. Divisés fortement entre eux, f126. Fort méprisés par les Turcs, 174. Leur doctrine touchant les anges, g52. Fort haïs de l'Ordre de Malte & distinction qu'en fait cet Ordre, 207 & suiv. Ceux de France, de Metz & d'Avignon, misérables & ignorans; mais ceux d'Angleterre, d'Hollande, & d'Italie, gens d'esprit & de capacité, c.Préf_.

Jules II, Pape, abusoit volontiers des Jeunes Seigneurs, exemple, f331 & suiv.

Jules III, Pape, étoit de même goût. Voyez Monte (le Cardinal del).

Jules Romain, deux de ses Tableaux courent grand risque par le fanatisme d'un Jésuite, a275 & suiv. Excellent Peintre, d15. Quoiqu'inférieur à Raphaël, g226.

Julien, Empereur, invectivé séditieusement par S. Grégoire de Nazianze, ses grandes vertus, a140. Les Peres l'ont très-injurieusement traité, b222 & suiv. Défendu par le Vayer, 213.

Jupiter, sa statue dépouillée de sa robe d'or par Denis le Tyran, a329. Passe trois nuits avec Alcmene, qui pour cela portoit trois croissans dans sa coëffure, d193. Sa statue dans Jérusalem, f61.

Jurieu, ses emportemens contre Arnauld & Bayle, a154, 203. Accomplissement des Prophéties, encore espéré par quelques réformés visionnaires, e223. Son Esprit de M. Arnauld, libelle diffamatoire désavoué par ses confreres mêmes, f159, g98.

Jurisconsultes, Exemples des maris débonnaires, a6.

Jurisprudence, ne doit point être arbitraire, a292. Ses avantages & ses inconvéniens observés, g258 & suiv.

Justice, doit être exempte des préjugés, a292. Buron ne vouloit point que les Militaires la craignissent, b227. N'est bonne qu'autant qu'elle agit avec connoissance de cause, e269. Inscription sur son équitable administration, f317. Passablement administrée en France, à la longueur près des procès, g261, & c. Peinte avec les yeux couverts, mais leve quelquefois son bandeau, ibid..

Justin Martir, trouvoit le Nazaréisme dans Platon, b358. Regarde les faunes & les satyres comme des anges punis, d353. Croyoit les anges corporels, g69.

Justinien, Empereur, porté à la persécution par les Ecclésiastiques, a144. Dut toute sa gloire à Belisaire, qu'il réduisit à la derniere misere, g57 & suiv.

Juvénal, ses éditions données par des Moines, tronquées, b283. Cité contre le culte ridicule des Egyptiens, c162. Cité sur le génie persécuteur, e117.

--- K ---

Kanton, Province de la Chine, e266.

Kisilova, Village d'Esclavonie infecté de vampires, e136.

Kosika (Stanislas) petit Saint Jésuite, g153.

Kouakres, voyez Quakres.

--- L ---

Lacedemone, sévérité de l'éducation de sa jeunesse, d210. Passage de Cicéron là-dessus, 211. Quelques-unes de ses loix peu sages, & blâmées par Euripide, f38. Son sénat blâmé par Aristote, 40. La loi contre les enfans mal faits blâmée par Platon, & approuvée par Aristote, _ibid._. Le vol y étoit autorisé par une loi de Licurgue, f183 & suiv. Son gouvernement politique sagement balancé par Licurgue, 366.

La Crose, ses Vindicoe veterum Scriptorum, contre le systême extravagant du Pere Hardouin, c192. Son témoignage touchant Mahomet & l'Alcoran, 206. Et la religion Mahométane, 210 & suiv. Cité touchant les Missions étrangeres, d383 & suiv. Censure vivement le christianisme prêché aux Chinois par les Jésuites, f178 & suiv.

Lactance, ce qu'il dit des Prêtres payens, appliqué aux moines, d215. Regarde les faunes & les satyres comme des anges punis, 342. Croyoit les anges corporels, g70.

Lafiteau, jésuite, Evêque de Sisteron, ecrit contre les Jansénistes sa reponse aux Anecdotes sur la constitution malgré la suppression de ce Livre y fait une Suite, qui est aussi défendue, c64.

Laïques, cultivent les sciences, d215 & suiv. Leur morale plus saine & meilleure que celle des Ecclésiastiques, f55 & c. Ont beaucoup inquiété les Jésuites, g182 & suiv. Exemples, 183.

Laïs, accordoit gratis à Diogene des faveurs qu'elle vendoit cher aux autres, a288.

Laine, attention & industrie des Anglois pour en procurer la consommation, e189 & suiv.

Lamet (Louis) Dominicain, chargé par tous les Moines de Liége de poursuivre le Docteur Arnauld, f158.

Lampedousse, Isle déserte, voisine de Tripoli, de Barbari, f181. Dépeuplée par Barberousse, plaisanterie sur son Hermite, prétendu mi-parti Mahométan & Chrétien, ibid..

Lamy (Bernard), sa rhétorique ou art de parler, cité sur l'origine des Langues, d180. Sur l'opinion des Grecs touchant la leur, 183 & sur celle d'Ericus touchant le Grec, 184. Cité sur l'origine des Lettres, d314. Et sur la langue des Georgiens, 320.

Lanceta, habile musicien, b180.

Lancret, Peintre de colifichets, g221. Aujourd'hui fort en vogue, ibid.. Le Marivaux de la peinture, 234. Met en vogue les Arlequins, Scaramouches & autres grotesques, 235 & suiv.

Langage d'amour, se pratique avec les doigts en Espagne, d152. Et avec des fleurs mises en certain arrangement en Afrique, f218 & suiv.

Langey, regardoit la Pucelle d'Orléans comme une fourberie imaginée par les Généraux de Charles VI, e313.

Languedociens, vifs & ingénieux, b71.

Langues, Leur diversité nombreuse à Amsterdam, d181. Leur confusion à Babel, à cause de la mésintelligence des Ouvriers, ibid.. Plutôt dialectes que langues diverses, ibid.. Naissent les unes des autres, 182, 186. La plûpart des orientales viennent de l'Hébraïque, & la Grecque de l'Egyptienne, ibid., La Latine & la Françoise ont beaucoup changé 187. Chaque peuple accorde l'ancienneté à la sienne, 190.
Puérilités d'Ericus, sur l'origine de la Grecque, 189 & suiv. La premiere donnée de Dieu à 1'homme, 192. Sentiment de Locke sur leur origine, 193. Sont le lien commun de la société, ibid.. L'Allemande peu propice aux Oraisons & aux Poësies, 271. Et rude, 272. Apophtegme de Charles Quint sur les principales de l'Europe, 274. L'Hébraïque bien plus ancienne que Cadmus, 311. Et la premiere de toutes, 312. Les hommes nés de la terre s'en seroient fait une, 315 & suiv. Lucrece cité là dessus, 318 & c. Ne commencent que par peu de mots nécessaires, ibid.. Moliere rendit un grand service à la Françoise, e267. Qui se corrompt de nouveau, 287. Leur changement leur nuit, & fait oublier d'excellens auteurs, 309. Exemples, ibid..

Languet, Evêque de Soissons & Archevêque de Sens, sa Vie de Marie Alacoque, pleine de chimeres, a38. Plus visionnaire que les Rabbins & les Cabalistes, 39. Faits contre cet ouvrage, e259. N'a point retiré les exemplaires de ce livre, f. Préf.

Languet, Curé de Saint Sulpice, frere du précédent, esprit bouillant & fanatique, c88. Fait le diable à quatre contre le Bréviaire de Paris, ibid._. Son écrit brûlé par le bourreau, 89. Fait parachever son édifice., & sous ce prétexte prend à toutes mains, 90.

Largilliere, grand Peintre de portraits, g90.

Larrey, son Histoire des sept Sages, mauvaise, b243. Ses Histoires de Louis XIV & de Guillaume III, médiocres & contradictoires, 244.

Latin, a beaucoup changé, d184.

Launoi, Catholique sensé, b. Préf.

Lausanie, illustre guerrier, a238.

Lausanne, Capitale du pays de Vaud, caractere de ses habitans, c102 & suiv.

Lewenhoek, découvre dans la semence de l'homme une infinité de vermisseaux imperceptibles, f199 & suiv.

Légats, & autres Ministres des Papes; artisans de rébellion, b312.

Législateurs, doivent se conformer à la loi naturelle, d69. Il n'en est aucun qui n'ait ordonné quelque chose d'extravagant ou de contraire aux bonnes moeurs, 248 & suiv. Exemples, ibid. & suiv. La plûpart dignes, des Petites-Maisons, f185.

Légitimité, plaisamment reconnue chez les Auses, d68.

Leibnitz, tient lieu de cent Poëtes aux Allemands, d275, 290. Son bâtard lui servoit de secretaire, ibid.. Regardoit le mahométisme comme un déisme accompagné de cérémonies, f181.

Leide, l'Université de Hollande y réside, d157.

Lelio, Comédien Italien, misérable écrivain, b117.

Lenglet, cité sur les difficultés du déluge, b. 84, 85.

Lent (Joannes à), son Traité de Pseudo-Messiis Judoeorum, f59. Cité sur les prieres des Juifs, 60, 61 & sur les cruautés d'Adrien à Biter, 62, & la cause de la haine entre eux, 63.

Lepide, un des Triumvirs, vrai voleur de grand chemin, e53.

Léon de Modene, savant Juif, ses ouvrages imprimés à Venise, b233. Nie 1e serment attribué à sa Nation de tromper tous les autres hommes, d365.

Leti (Gregorio) impiété de sa maxime qu'un Historien doit être sans religion, b221 & suiv. Historien aussi surabondant que peu fidele, d270. Repris par Bayle, ibid..

Lettres, leur invention, probablement due aux Patriarches, d311 & suiv. Les mêmes dans l'Alphabet Hébreu & dans le Grec, ibid.. Attribuées à Cadmus par les Grecs & les Romains, ibid. & suiv. Passages de Lucain & de Brebeuf là-dessus, 312. En Grec ne signifient rien, mais en Hébreu signifient quelque chose, ibid..

Lettres-de-cachet, Abus qu'en font les Jésuites, b291, e266. Mot inconnu en Angleterre, ibid.. Usage terrible qu'en font les ministres iniques, & exemple bien notable, 261 & suiv. Leur abus devenu si excessif, qu'on pendit des gens pour en avoir contrefait, 268. Amelot de la Houssaye cité contre cet abus, a. Préf. générale.

LETTRES JUIVES, défendues contre de mauvaises & injustes critiques, a. Préf. b. Préf. d. Préf. e. Pr. f Pref. & a. Préf. génér. Moins hardies que celles de l'Espion Turc, a. Préf. Fort goûtées en Hollande, en Angleterre & même à Paris, Préf. Réimprimées à Avignon, & traduites en Anglois, en Hollandois & en Allemand, d. Préf. Louées par diverses personnes, & blâmées par d'autres c. Préf. Mal comparées à L'Espion Turc, & aux Lettres Persanes, Préf. Enfin avouées par le Marquis d'Argens, a. Pref. générale_.

Lettrés Chinois, Traitement horrible qu'essuya un à Charanton par l'iniquité des Jésuites, e265 & suiv.

Levantins, outrés & gigantesques dans leurs écrits, a279. Ne s'allient pas avec les Maures, f108.

Levi, Maison noble de France, se dit descendante de la Tribu de Levi, a258.

Levi, [le marquis de], Trait de son peu de religion, a334 & suiv.

Libelles séditieux, cause de l'assassinat de Henri IV. a131.

Liberté d'agir, cause des détermination de l'homme, g17. Détruit l'Astrologie, & les connoissances des démons, 116. Dieu seul connoît 1'usage qu'on en fera, ibid..

Liberté civile, c'est le propre de l'homme, a16. Très-gênée en France pour les Ecrivains, 130. Très-grande à Venise, b178. Cause quelquefois la fierté & l'insolence, d143. Mise en danger par les présens, 144. N'occasionne point la brutalité de certains peuples, a42 & suiv. Nécessaire pour bien penser, 162.

Liberté de conscience, générale en Hollande, d106.

Liberté de la Presse, ne doit point être gênée, ni sa licence tolérée, g89.

Liberté de l'Eglise Gallicane, paroles cabalistiques de la secte Janséniste. b266. Mots fort odieux aux Jésuites, g198.

Libertins, fort tranquilles en France b298.

Libraires, plainte des Auteurs contre leur avarice, b329, & c. Et d'eux contre l'ignorance & la mauvaise foi des auteurs mercénaires, 330 & suiv., Avec quelle reconnoissance certains servent le public, 331. Payent des Journalistes pour vanter leurs impressions, a57. Plaisanterie là-dessus, b332, 336. Mourroient de faim si on n'imprimoit que de bons Livres, ibid.. Très-nombreux à Amsterdam, d157 & suiv. Et en Hollande, 203. Ne s'embarrassent guere de ce qu'ils impriment, pourvû qu'il soit nouveau, ibid.. Leur manege pour se défaire de leurs mauvaises impressions, 205 & suiv. Leurs boutiques, laboratoires d'empoisonneurs de l'esprit humain, 207. En Hollande certains impriment malgré les défenses du Gouvernement, g89. Font composer des Histoires à leur gré, 90.

Librairie, soumise à une espéce d'inquisition en France, b286 & suiv. Sa licence en Hollande, d157 & suiv. Jusqu'a enfreindre les défenses expresses du Souverain, g86. Sa licence en Angleterre, ibid..

Licurgue, quelques-unes de ses Loix peu sages, f37 & c. & blâmées par Euripide, ibid.. Son Sénat interposé entre les Rois & le peuple, condamné par Aristote, 38. Son Ordonnance sur l'extinction des Enfans mal faits, condamnée par Platon & approuvée par Aristote, ibid.. Autorise le vol par une loi, 185. Que Cartouche auroit pû imiter, ibid.. Comparé à François d'Assise, 186. Balance sagement le gouvernement politique de Lacédémone, 366. Son Sénat loué, ibid..

Liége, sa description, son Gouvernement, & c. d78. L'Empereur Lothaire y est couronné par Innocent II, ibid.. Son Chapitre autrefois des plus illustres, extrêmement déchu, ibid.. Son Evêque & son Souverain, ibid.. Abondante en Armuriers, 79. Toute la racaille monacale de cette ville se ligue contre le Docteur Arnauld, f158 & suiv.

Liégeois, le plus mauvais peuple de l'Univers, mais leurs nobles plus honnêtes gens, d79 & suiv. Patrons qu'ils s'attribuent & miracle d'un d'eux, ibid.. & suiv. Excommuniés pour avoir enterré l'Empereur Henri IV, f352. & suiv.

Lieux infâmes, Protégés dans Rome & cette Pratique censurée, f329 & suiv.

Ligue, ses prédications séditieuses, & ses Libelles; cause de l'assassinat de Henri III, & Henri IV, a123. La Sorbonne s'y joint & se deshonore, 134. Fondée sur une maxime affreuse de Saint Augustin, 146. Sa fin occasionnée par les débauches du duc de Mayenne, b211. Tâche en vain d'établir l'Inquisition dans le Royaume, d201. Cause de cette rébellion, f193. Vouloit livrer la France à l'Espagne, 372.

Lille, Capitale de la Flandre Françoise, bien fortifiée & garnie de troupes bien disciplinées, e347.

Lille [la Drevetiere, sieur de], son Timon le Misantrope, & son Arlequin sauvage, bonnes Comédies, b109. Faussement attribuées à un Médecin de la Haye, ibid..

Lille-Adam, trahi par le Chancelier de Rhodes, & un Médecin juif, est obligé de rendre cette Isle à Soliman, g210 & suiv.

Limiers, sa continuation de Mezerai mauvaise, b219.

Lion, (la) dévote du pere Girard, C293.

Lipse (Juste), sçavant Brabançon, c348.

Lisbonne, Capitale de Portugal, d330. Très commerçante & très riche, a62. Ses Ecclésiastiques réprimés & mortifiés e282. Séjour d'ignorance & de superstition, g82.

Livre d'or, les nobles Vénitiens écrivent leurs noms dans un livre ainsi nommé, b195. Registres d'exclusion de l'Ordre de Malte contre toutes les familles Juives, g208 & suiv.

Livres, beaucoup sont défendus par les Moines, a127 & suiv. C'est en exciter la curiosité, 129. Cette défense en dénote d'ordinaire la bonté, ibid.. Comment se font en Hollande 206. Les bons doivent plaire & instruire, b43. Ne suffisent pas pour la connoissance des peuples, 152. Ne sont point soumis à l'Inquisition à Venise, 232. Proscrits & défendus en France trop sévérement, 286. & cette défense 1es fait rechercher, 287. Plaisanterie sur la maniere dont ils se composent, 322 & suiv. Permis aux mauvais Ecrivains d'en faire, aux Libraires de les vendre & aux sots de les lire, 333. Bien peu de gens sçavent distinguer les bons, 337. Les plus parfaits frappent moins que les vifs & brillans, 338. On en juge sur la réputation de l'Auteur, & non sur leur lecture même, 344. Le grand débit n'en marque point la bonté, ibid.. La rareté non plus, 346, les bons se réimpriment souvent, ibid.. Quelquefois attribués à d'autres Auteurs, 349. Les catholiques imprimés fidélement à Genève, pendant que les Papistes les corrompent chez eux, c57. Les Libraires changent les titres des mauvais pour s'en défaire, d205. Leur bonté prouvée par les critiques qu'on en fait, e301. On en accorde des priviléges en Hollande, uniquement pour la fabrique & nullement pour la matiere, g88.

Livres Saints, voyez Ecriture-Sainte.

Locke, emprunte de Saint Augustin, 188 & suiv. Excellence de son Essai sur l'entendement humain, a280. Très-modeste, b184. Grand Métaphysicien, 348. Seroit lû chez les Jésuites s'il avoit été des leurs, d65. Son sentiment sur l'origine & la nécessité des langues, 377. Cité contre Aristote, d. Préf. N'a pas son pareil dans toute l'Espagne, e164. Bien plus sage Métaphysicien, que Mallebranche, 172 & suiv. Ses sentimens sur la nature de l'ame, ibid.. Détruit les idées innées, ibid.. Critiqué par Stillingfleet, 30. Ses réponses, f33. Sa candeur & sa pénétration lui gagnent tous les Métaphysiciens, e313. Ses sentimens sur la pensée continuelle de l'ame combattus, 346 & suiv., & défendus, f30. Ses écrits lûs & expliqués dans les Universités de Cambridge & d'Oxford, 248. Cité contre les idées innées, g7. Et sur l'application utile, 15. Se sert utilement des voyageurs, 49. Banni comme hérétique de chez les Jésuites, 178. Médiocrement éclairé selon le sçavant Cartaud, 218. Ses livres ne seroient point imprimés en France, f. Préf.

Lofrase [Antoine de], sa fortune d'amour, pleine de sel et de génie, d306.

Logiciens, tous portés pour Locke, e313.

Logique, non son défaut, mais celui d'idées justes, cause les faux raisonnemens, d190. Celle de Port-Royal composée par Nicole & autres, g185.

Loi écrite, les rabbins la supposent donnée à Moyse pendant le jour, & expliquée par la loi orale pendant la nuit, b147. Cette derniere loi passe de lui à Josué, aux anciens, aux prophétes & aux Sanhedrins, ibid..

LOIX, autant supérieures aux souverains, qu'ils le sont à leur peuples, a59. Veulent être accommodées aux tems & aux situations, e47. Juges des hommes, & les souverains leurs exécuteurs, ibid.. Ne sont justes qu'autant que conformes à la loi naturelle, d68. Beaucoup contraires à l'humanité, 69. Une fort bizarre en Espagne, & accident qu'elle pense causer, 292 & suiv. Exigent de justes limites, e13 & suiv. Impossible qu'elles soient utiles à tout le monde, 204. Rigidement observées en Angleterre, f32. & c.
Nécessaire qu'elles soient sages & raisonnables, 34.39.

Lombards, détruisent la domination des Empereurs Grecs en Italie, f351.

Londres, remplie d'aventuriers par lesquels les Anglois jugent faussement de toutes les nations, c302. Abondante en plaideurs & en faux témoins, 312. Ses ecclésiastiques bien moins puissans & tyranniques que ceux de Paris, g164 &c. Ses marchands gens d'étude & de sens, 168.

Longueville (la Duchesse de) accusée d'avoir été au sabbat, f157.

Lorette, on y gagne de grandes Indulgences, b306. Conte des ecclésiastiques touchant la maison qu'on y visite, 335. Extraordinairement respectée & fréquentée, ibid.. On y va comme au bal & comme en mascarade, ibid.. Dévotion ou manege comique que pratiquent les pélerins, 337. Conjecture touchant cette fraude pieuse, ibid..

Lorgnettes, leur jeu dans les spectacles, a22.

Lorraine (le Cardinal de), baise la Duchesse de Savoye malgré elle, f337. Se vante d'avoir couché avec bien de grandes dames, ibid.. Extrêmement lubrique ibid., & suiv. Opine néanmoins au Concile de Trente pour le célibat des Prêtres, 340.

Lothaire, empereur, couronné à Liége, & particularité très-notable de ce couronnement, d78 & c suiv.

Louanges, déplacées, tiennent lieu d'injures, a121. Poison caché dans une liqueur agréable, ibid.. Utiles à l'encouragement des sciences, 304. Regle peu sûre pour juger de la bonté d'un livre, b348. Ne se donnent gueres qu'à charge de revanche, sur-tout parmi les auteurs, d378. Très souvent injustement refusées aux habiles gens vivans, e179 & c. Souvent ne se donnent aux uns que pour déprimer les autres, ibid.. Exemples. ibid.. Celles des courtisans perfides & injurieuses, 350.

Louis IX, Roi de France, accorde des franchises aux Troubadours, Jongleurs, & c. b71. Va persécuter les Mahométans, en Afrique, où il périt, d35. & cela par le mauvais conseil de ses prêtres, e287.

Louis XII, Roi de France, sa bonne foi & sa candeur, c114, Pere de son peuple, ibid..

Louis XIII, ou le Juste, Roi de France, ennemi des Protestans, d230 & suiv. Trembloit à la vue d'un moine, e79. Extrêmement redevable à Richelieu, e86.

Louis XIV, ou le Grand, Roi de France, fonde des Académies pour les Sciences & les beaux Arts, a194. Protégeoit les sciences, 206. Conserve de l'estime pour Mazarin, 246. Trop abaissé, trop relevé par Larrey, b217. Ses ordres pour avoir Tite-Live complet, 284. Entretenoit magnifiquement bien de mauvais auteurs, entre autres Chapelin, & laissa mourir Patru dans l'indigence, c43. Dépense des sommes immenses a Versailles, 78. Fait venir des Antiques de Rome, 81. Battu à Hochestec, & victorieux à Denain, 136. Son ambition a pensé deux ou trois fois subjuguer l'Europe, d177. Se voit à deux doigts de sa perte, ibid.. Rétabli par l'affaire de Denain, ibid.. Ennemi des Protestans, ibid.. & suiv. Ses plaintes contre Innocent XI, 257. Singulierement excusé d'ambition & de persécution, & blâmé d'adultere & de soumission outrée aux Jésuites, e50 & suiv. Fort redevable aux Condés & Turennes, ainsi qu'aux Louvois & Colberts, 285. Aimoit trop à figurer dans les spectacles, & souffroit qu'on lui rendît des honneurs divins, f268. Repris à cet égard par Montausier, ibid.. N'a fait punir de supplice que le Chevalier de Rohan, ibid.. Quoique fort papiste, réduit le Pape à élever une pyramide dans Rome même, d258. Consent qu'elle soit détruite, ibid.. Son éloge fadement rebattu dans toutes les harangues de l'Académie Françoise, g178.

Louis XV, Roi de France, successeur des vertus de son bisayeul, a209. Elevé par le Cardinal de Fleuri, 247. Fort réservé, b86 & suiv. Fortement loué, e53. Sa bonté & sa clémence, ibid.. Reconnoît les services du Cardinal de Fleuri, a247

Louis, Roi de Hongrie, périt en bataille, par le mauvais conseil d'un Cardinal, e283.

Louviers, exorcismes des possédés de cette ville, a340.

Louvois, habile Ministre d'Etat, a238. Elevé par son mérite, 249. Propre au militaire & aux affaires étrangeres,ibid.. Ennemi de Colbert, ibid.. A beaucoup servi Louis XIV, e284.

Lucain, son passage renommé sur 1'origine des Lettres, d313. Son enthousiasme bien autrement admirable que celui de Virgile, selon le galant Abbe Cartaud, g231.

Luce [Sainte] remplace chez les Papistes la déesse Lucine, e58. Guérit les maladies des yeux, g258.

Lucine, remplacée chez les Papistes par Sainte Luce, e58.

Lucrece, cité touchant l'origine du monde. a330. Sur l'intelligence des animaux, b16 & suiv. Développe les secrets de la nature, 188. Conservé en son entier, 283. Pernicieux touchant la divinité mais admirable dans le reste, ibid.. Cité touchant le vuide, 276 & suiv. Cité sur la possibilité d'une langue que se seroient formées des hommes nés du hasard, 295 & suiv.

Lulli, ses Opéra toujours estimés, g244.

Lumiere, sa nature mal expliquée par Descartes, e170.

Lumiere Naturelle, suffisante à l'homme, g5, voyez Raison.

Lune, tâchée par l'attouchement de l'aile de l'Ange Raphaël, g72.

Lunettes d'approche, leur invention, e166.

Luques, ses nobles commercent en gros sans déroger, g216.

Luther, Augustin Allemand, appuyé de la raison venge le bon sens opprimé, a311. Loué & blâmé, ibid.. Sçavant homme, d105. Homme d'esprit, 265. Porte le coup fatal à Rome, ibid.. Repris touchant son peu de respect pour l'Epître de Saint Jacques, e232 & suiv. Condamne la Philosophie d'Aristote, f261. Enleve au papisme un tiers de l'Europe, 357.

Luthéranisme, Seckendorf en donne une histoire exacte & sincere; mais diffuse, d271.

Lutte, exercée à Montpellier, c25. Celle de Jacob avec un Ange, expliquée, g80.

Luxembourg [le Palais du], son jardin, théâtre des nouvellistes, a113 & suiv. Sa galerie excellent morceau de Rubens, d33.

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Mabillon, Catholique sensé, b. Préf.

Macédoniens, Rapidité de leurs conquêtes, c125.

Macérations, semblables chez les Indiens & les Papistes, f336.

Machiavel, impiété de sa maxime, qu'un Historien doit être sans Religion, e91 & suiv. Sa politique détestable, 338.

Macrisi, Docteur Turc, ennemi des miracles, c166.

Macrens, reçoivent la circoncision des Egyptiens, c362.

Magdelaine [Sainte], fourberie des Dominicains touchant elle, a259. Et extravagance de quelques autres, d46 & suiv. Sa statue d'argent enlevée par le Marquis de Lévi, sous prétexte de parenté, a336.

Magdelaine l'Egyptienne [Sainte], une courtisanne Vénitienne lui bâtit une chapelle de ses profits, b272.

Madrid, vrai séjour de l'ignorance & de la Superstition, d186. Sédition de ses Cordonniers & de ses Maçons, 115 & suiv.

Maffei [le Marquis], sçavant très-illustre, f323.

Magiciens, voyez Sorciers.

Magistrats, assujettis à la mode, c344. Leur sagesse rend le peuple sage, e309 & suiv.

Magnence, atrocement injurié par S. Ambroise, f49.

Mahomet, après Moyse & Jesus, perfectionne la loi de Dieu, a94. Reçoit du ciel l'Alcoran, c262. Impertinences qu'en débite Moréri, 313. Ses grands talens, 314. Illustre fourbe, 315.

Mahomet II, prend Constantinople, & menace Rome, f167. Honneur que lui fait la crainte qu'avoient de lui les chrétiens, g17 & suiv. Songe qu'il fit la veille de la prise de Constantinople, & son accomplissement; ce songe regardé comme une de ses impostures, 116. Sans religion, & mettant tout en usage pour ses desseins, 144. Tente en vain de se rendre maître de I'Isle de Rhodes, 208

Mahométans, peu scrupuleux sur divers articles, a25. Leur servile respect pour leurs Santons & leurs Dervis, 81. Entêtés de faire des Prosélites, 85. Ne font point de quartier aux Chevaliers de Malte, ibid.. Moins haïs des Grecs que les Papistes. 86. Leur antipathie mutuelle dans les sectes d'Omar & d'Ali, ibid.. Sont les vrais Juifs, 92. Font enterrer avec eux des sentences de l'Alcoran, e65. Ne discutent point de Religion, a181. Leur respect pour leurs parens, 283. Ne sont point médisans, 184. Leur bonne foi, 182. Ne sont point fainéans, 184. Leurs femmes fort renfermées, 185. Silencieux & taciturnes, ibid.. N'élevent qu'à proportion du mérite, 191. Peu flatteurs envers leur souverain & leurs ministres, 253. Ont bien des cérémonies inutiles, 261. Se tourmentent touchant leurs femmes, b31. Maltraitent fort les Juifs & les Grecs, 238. Font croire à leurs femmes que leur ame est mortelle, 245. Leurs Dervis aussi fourbes que les Moines, c164. Moins ignorans qu'on ne le débite, b233 & c. Beauté de leur confession de foi, 235. Ont l'adultere en horreur, 312. Leurs mariages plus sensés que ceux des Nazaréens, 320. Haïssent plus les Juifs que les Nazaréens, d358. Ne se découvrent point dans leurs Mosquées, e156. Leurs Cadis & Muftis donnent l'entorse à leur révélation, 234. Bâtissent une Mosquée sur le Saint des Saints du Temple de Jérusalem, f59. Grand nombre de leurs sectes, 124. Ont beaucoup nui aux sciences & aux beaux arts, 163. Regardent les victoires comme une marque de la protection de Dieu, 173 & suiv. Leurs missions plus louables que celles des Jésuites, 182. Reçoivent la philosophie d'Aristote, & la concilient avec l'Alcoran, 250. Comparés aux Péripatéticiens, 256. Leur doctrine touchant les Anges, g70 & suiv.

Mahométanes, fort sujettes à l'infidélité conjugale, a9, b245. Leurs maris leur font croire que leur ame est mortelle, ibid..

Mahométisme semblable à la tour de Babel, a87. Comparé au judaïsme épuré, 100 & suiv. Sa grossiéreté & ses défauts, 172 & suiv. Comparé au Paganisme, 176 & suiv. Les Nazaréens en débitent cent sots contes, c310. Sa simplicité louable, 319. N'est qu'un déisme cérémoniel, f174. A souvent détruit le paganisme, ibid..

Mayenne [le duc de], le fruit de ses débauches occasionne la fin de sa rébellion, b212.

Maimbourg, Jésuite, grand falsificateur d'histoires, a128. Ecrit plus sincérement son Schisme d'Occident, & est chassé de son ordre, 129. Nullement croyable, f29. Défendu par les Jésuites qui rétabliront son autorité, 212.

Mais, banni du style énervé & décousu des Académiciens d'aujourd'hui, g172 & suiv.

Maisin [le Chevalier de], conducteur de Monceca dans Paris, a20, 21. Ses réflexions sur les courtisans, 229.

Maison, une superbe d'une seule pierre, c272. Avec quelle précaution un homme d'étude doit la choisir, e48.

Maître [le], son éloquence inférieure a celle des anciens, b352. Grand citateur, c.38. Moins parfait que les orateurs ecclésiastiques, 42.

Maîtres d'Ecole, d'ordinaire Moines défroqués, ou Prestolets révoltés en Hollande, d213.

Maîtresses, leur pouvoir prodigieux, b92. Celles des Ecclésiastiques & des Financiers, les plus heureuses, d196. Leurs divers sorts & leur fin, b212. Celles des Prélats & Prêtres Vénitiens, très-vaines & très-indiscretes, 310 & c. Une Janséniste peut établir cette secte, d252. Une parfaite devroit avoir la tendresse Espagnole, l'enjoument Italien & la liberté Françoise, 261.

Majus (Junians), grand interprête des songes à Naples, g140. Et par conséquent grand fourbe & imposteur, ibid. & suiv.

Mal, ne peut venir de Dieu, d57.

Malades, comment traités chez les Nazaréens, a142. & suiv. Exposés aux caprices & à l'incertitude des Médecins c264. Exemple notable, ibid.. & suiv.

Maldonat, (Lopez de), ses Eglogues égales à celles de Virgile, si elles n'étoient trop diffuses, d306. Ses chansons dictées par l'amour, & ses vers galans comparables à ceux d'Anacréon, ibid..

Malherbe, ses Odes, quoique belles, inférieures à celles des anciens, b351. Ses beaux vers sur les tombeaux des Souverains & Grands de la terre, 66. Ses Ouvrages comparables à ceux d'Horace, 67.

Mallebranche, méprisé par les pédans, a134. Emprunte de Saint Augustin, 154 & suiv. Grand Métaphysicien, 202,234. Cité contre les questions indissolubles, c172. Et touchant la Méthode de Descartes ibid.. Cité sur le mauvais choix des études, 285 & suiv. Observe que Dieu agit toujours par les voyes les plus simples, d66. Plutôt Poëte que Philosophe, tend trop haut, & reste en chemin, 57. Sa Philosophie, Roman ingénieux, mais quelquefois inintelligible, 58. Mal comparé à Locke par les Cartésiens ibid.. & suiv. Admet des idées innées, & d'autres qui font voir tout en Dieu, ibid. g139. Ne peut se convaincre qu'il y ait des corps, e172 & suiv. Censure séverement Aristote, & est repris de même, 297, & c. Explique la damnation des enfans morts sans baptême, & en est vivement réfuté, 298 & c. Son crédit tombe tous les jours, 307. Cité contre Aristote, d. Préf. Son Histoire d'un prétendu rompu de naissance, réfutée, f208 & suiv. Et le chatouillement du derriere qu'il prescrit comme remede tourné en ridicule, 209 & suiv. Repris touchant l'ame des bêtes, 236. Approuvé sur la spiritualité de l'ame, 237. Expliqué dans les Colléges de l'Oratoire, g184.

Malte [Chevaliers de], Fureur de leurs voeux contre les Turcs a86. Leur histoire générale, g207 & suiv. Leur Fondateur, Jean Baptiste Gérard, directeur d'un Hopital de Chrétiens à Jérusalem sous les Califes d'Egypte, 212. Lui & les siens récompensés par Godefroi de Bouillon & nommés Hospitaliers, ibid.. Font un quatriéme voeu de défendre les Pélerins, & de religieux deviennent militaires & chevaliers de Saint Jean de Jerusalem, 206. Chassés de Jérusalem par les Sarrasins, se retirent à Acre, puis en Chypre, & se rendent maîtres de Rhodes, dont ils prennent le nom, 214. Attaqués par Mahomet II en 1480, & conduits par d'Aubusson, l'obligent de se retirer, 210. Attaqués par Soliman en 1522, & conduits par 1'lsle-Adam, succombent par la trahison de leur Chancelier et d'un Medecin Juif, ibid.. Charles-Quint leur donne Malte, dont ils prennent le nom, 211. Soliman les y attaque en vain en 1566 & depuis cela, restent tranquilles, ibid.. Preuves de noblesse nécessaires pour être admis dans leur ordre, 2 14 & suiv. Les Juifs & tous leurs Alliés, en sont exclus à jamais, & notés dans un Livre d'Or, à cause de la trahison du médecin Juif, 209 & suiv. Leur utilité fortement vantée, 216 & suiv. Peu estimés par les Anglois, 210 & suiv. Mais plus par les Hollandois, 218. Avantageux aux beaux-arts, ibid. & suiv.

Maltotiers, aujourd'hui plus estimés à Paris que tous les Savans de France, d344.

Manassés ben Israël, Juif fort savant, e217. Son Conciliator excellent, ibid..

Manche, usage singulier de celle de l'habit des nobles Vénitiens, b269.

Mandians, effronterie étrange d'un, b97.

Manethon, son sentiment touchant l'origine des Juifs, b61.

Mancala, Jeu de coquilles chez les Turcs, a186.

Manie d'écrire, très-violente en Hollande, d203.

Maniere, défaut de peinture, très difficile à corriger, d36.

Manne du désert, conservée à Aix-la-Chapelle, d80.

Mansor, Roi de Maroc, condamne & exile Averroës, f152 & suiv. Et le rappelle, 153.

Manteau-royal, ducal, & c. Honneur attaché à leur retroussement, e193.

Manuscrits, nombreux à Paris, a128. Tronqués & détruits par les moines, b283.

Maratti [Carlo], Peintre illustre, b175. Ses femmes admirables, d32 & suiv.

Marbre, peu commun dans les bâtimens de France, c78. Il n'y en a que peu à Versailles, ibid.. Les Turcs l'enlevent des monumens des anciennes Villes, 79.

Saint Marc, Patron des Vénitiens, & son magnifique Temple, b196 & suiv.

Marc-Antoine, cause de grands maux à la République, a300. Procure l'Empire à César, b45. Perd l'Empire & la vie pour Cléopatre, ibid.. Bien dépeint par Voltaire, 118. Repris de rapacité, c114. Et regardé comme voleur de grand chemin, e55.

Marcellus, rêvoit souvent qu'il se battoit avec Annibal, g124.

Marchands, très-estimés à Londres, e109 & c. Leur conduite sensée, ibid.. g170.

Mardochée, sa fidélité pour Assuérus, a26.

Marets [des], son Ariane critiquée, b41. Ennemi des Anciens, g229.

Sainte Marguerite, une des directrices de la Pucelle d'Orléans, e324.

Marguerite de Valois, Reine de Navarre, protége les Réformés, d256.

Maria sia laudada, mots auxquels sont attachés mille ans d'indulgence, & cinq cens à qui y répond Amen, d64 & suiv.

Mariage, description de ses dégoûts, 60. Combien le célibat lui est contraire, 188. Pie II vouloit qu'on le repermît aux Prêtres, 189. S'il est convenable aux Savans d'y entrer, c232. Est toujours un esclavage, ibid.. Les dévotes & mystiques renoncent à tous ses plaisirs, 286. Permis aux Ecclésiastiques Protestans, d107 f333. Et fortes raisons pour cette permission, 335 & suiv.

Mariages, espèce de commerce en France, a7. Comment se font, 188. Les nobles Vénitiens acculés de ne marier qu'un d'entre eux pour tous les freres, b198. Il s'en romproit une infinité si l'on pouvoit, d50. Dans ceux des Nasamones, tous les conviés couchoient avec la mariée, d71. Ceux des Mahométans plus sensés que ceux des Nazaréens, 72 & suiv. Ceux-ci pernicieux au bien public, 78. Le Concile de Trente autorise ceux qui sont faits sans le consentement des parens, 274 & suiv. Lesquels sont cassés en France, ibid. & c. Ces cassations louées, 276, & c. Réflexions là-dessus, 277 & suiv. Tout cela contredit, e1, 3. Les paysans plus heureux en s'y mettant que les gens de rang, 9. Le Pape en accorde les dispenses, en ordonne le divorce, & s'en fait bien payer, f229.

Mariana [Jean] Jésuite Espagnol, son Histoire d'Espagne excellente, d301 & suiv. d. Préf. Loué par Conringius, ibid.. Ses sentimens affreux sur l'obéissance des peuples aux Souverains répandus dans son livre de Rege & Regis Institutione, 302. Il y loue hautement l'assassin Jacques Clément, ibid.. d. Préf. Ce Livre exécrable condamné au feu par le Parlement de Paris, 303. Approbation solennelle que lui avoit donnée la société, g27 & suiv.

Marie d'Agreda, Religieuse, sa mystique cité de Dieu, toute remplie d'extravagances superstitieuses, e223.

Marie Stuart, Reine d'Ecosse, regardée comme une sainte par les Jacobites, & comme un démon par les Whigs, d262. Bien dépeinte par Buchanan, 140.

Mariette (la), fameuse danseuse de l'opera de Paris, fort grimaciere, g245.

Marin, Premier Président du Parlement de Provence, déposé, g268.

Maris, fort débonnaires en France, a9. Comment agissent avec leurs femmes, 12, 13. Très-souvent deshonorés par les moines, ibid.. Se deshonorent quelquefois réciproquement, a123. Fort débonnaires à Gênes, b45. Leur jalousie autorisée par tous leurs semblables, 167. Fort sujets à l'infidelité conjugale, c227. Ceux de Décan fort charmés d'être cocufiés par les Grands de ce royaume, f226.

Maris débonnaires, ce mot, simple plaisanterie, f. Préf.

Marivaux, écrit d'une maniere touchante, mais d'un style guindé a131. Sa double inconstance, & sa surprise de l'amour, louées, b108. Traduisant Fenelon en burlesque, se traduit en ridicule, e299. Un des chefs des Novateurs en fait de langage, f283. Exemples de son style affecté & précieux, ibid. & suiv. Comparé à Vateau, Peintre en colifichets, g132.

Marius, cause de grands maux à la République, a299. Plus criminel que les Miquelets & les fanatiques, e46. Réduit à se cacher dans un marais bourbeux, 247. Cité comme un exemple de grandeur d'ame & de fermeté, ibid.. Finit tragiquement, f308.

Marlboroug, sa prudence militaire louée, g90. Indignement traité dans la Continuation de Rappin-Thoyras, 85.

Maroc, a une académie, f254. Averroës en a été Professeur, ibid.. On y suit Aristote, ibid..

Marot, ses Poësies citées par Boileau, mais non ses Pseaumes, c198. Cité à propos du Célibat des Prêtres, f335.

Mars, remplacé chez les Papistes par S. George, e67.

Marseille, digne de la curiosité des voyageurs, g262 & suiv.

Marsham, médiocrement éclairé, selon le savant Abbé Cartaud, g233.

Martiniere (Bruzen la), son Introduction à l'Histoire d'Asie, d'Afrique & d'Amérique, très-mauvaise compilation, b224.

Martinius, Missionnaire Jésuite, habile homme, d387.

Masange, Savant Provençal, g262 & suiv.

Masque, combien respecté et aventures qu'il occasionne, c223 & suiv. Grand moyen de débauche & de cocuage, ibid..

Masr, Ville abandonnée pour Le Caire, c156.

Massieu, défend la pureté du François, contre les auteurs précieux, f280. Autre excellent passage contre ces Novateurs, 290.

Massillon, Provençal, b69. Grand Orateur, ibid..

Masturbation, suites chimériques & impertinentes que lui attribuent certains théologiens, g83.

Mathurins, ignorans, mais tranquilles, c246.

Mathys [Quintius], de Serrurier l'amour en fait un Peintre habile, d38. Son épitaphe, 39.

Matiere, n'agit que sur la matiere, a207. Difficulté sur son infinité ou indéfinité, 260 & suiv. Ne peut être infinie, car elle seroit Dieu, 263. Sa divisibilité incompréhensible, 207, & c. Inutilité de cette dispute, 171. Doit avoir été créée, 298. Absurdité de sa coéternité avec Dieu, 299. L'étendue est son propre, g36.

Matieres, bien plus favorables à l'éloquence les unes que les autres, c33 & suiv.

Maupas, son témoignage sur une déposition contre le Docteur Arnauld & Me de Longueville, d'avoir assisté au sabbat, f157.

Maupertuis, François savant & célebre, f324.

Maures, les Jésuites causent la mort de Dom Sébastien, Roi de Portugal, en lui conseillant de livrer bataille, e284. Font de vastes conquêtes, soumettent l'Espagne & dépeuplent leur pays, f105. Reçoivent les Turcs, qui les rendent leurs esclaves, aussi-bien que ceux qui furent chassés d'Espagne, 103, 104. Fort lâches & poltrons, 106. Leurs filles jettées dans la mer, si les Chrétiens qui les ont séduites ne se font Mahométans, 116. Fort inconstantes, & pourquoi, 118 & suiv. Ces peuples sont d'une grande ignorance, & ont adopté le Péripatétisme, 144. La jalousie mutuelle des Nazaréens empêche leur ruine, 140 & suiv. Moins malheureux à Tunis qu'à Alger, 172. Leur dernier Bei vouloit les affranchir du joug des Turcs, mais n'osa, ibid.. Aussi assujettis à Tripoli qu'à Alger, 181. Observent assez mal la défense du vin & de certaines viandes, g3.

Maux, ne doivent être endurés que dans l'espérance d'un grand bien, b106.

Maux Vénériens, médicamentés par le mercure, c261.

Mazarin, Cardinal comparé à Oreste d'Aléxandrie, a145. Son caractere, 239. Très-habile Ministre, b95. Sa supériorité politique sur le Prince de Condé, ibid..

Mécénas, contribue fort à la gloire d'Auguste, e330.

Méchans, leur prospérité, argument de l'immortalité de l'ame, b27.

Médecine, incertitude & danger de cette Profession, c260 & suiv. N'a que six remedes, 261.

Médecins, leur manége auprès des malades, b246 & suiv. Font condamner les Apothicaires à clistériser eux-mêmes, 242. Plaisanterie là-dessus, ibid.. Taxés d'incrédulité, 260. On peut le devenir dans trois jours, c260 & suiv. Hazardent facilement & témérairement, 263. Exemple, ibid..

Medina Coeli, (le Duc de), sa mauvaise administration, d117. Ses peines touchant les Confesseurs du Roi, 120.

Médiocrité, ses avantages, a238. Utile à la conservation des Etats, c128.

Médisance, foible des François, a121. Vice particulier des Petits-Maîtres, 122. Peu en usage chez les Mahométans, 180. Les femmes en sont le premier mobile, ibid. & suiv. Les Petits-Maîtres & les grands parleurs y sont fort adonnés, 182.

Médreiga, Village de Hongrie, infecté de Vampires, e135.

Meezledin, Calife, conquiert l'Egypte, c155.

Megare, aventure singuliere qu'y essuyent deux Arcadiens, g127 & suiv.

R. Meyer, ajoute quelques ridiculités au Talmud, b149.

Mélancolie, se dissipe par la musique, e77 & suiv. Cause de la fureur des Anglois contre eux-mêmes, 245.

Mélanchton, persécuté par ses confreres jusqu'à lui faire souhaiter la mort, f159 & suiv. Condamne la philosophie d'Aristote, ibid..

M... (le Bailiff de), son aventure avec le Prevôt, a226 & suiv.

Mémoires historiques, mauvais Journal politique d'un ancien maltotier, a200.

Ménandre, égal à Moliere, b350.

Mendés (Alphonse), Jésuite Missionnaire, détruit tout le fruit des missions de ses prédécesseurs, d385.

Menezès, Missionnaire Portugais, ses cruautés envers les Indiens, d384 & suiv.

Mennonites, Disciples de Menno, d132. A peu près semblables aux Quakres, administrent le baptême & la cêne en âge de raison, ibid..

Mensonge, toujours odieux, c114. Combien en horreur aux Perses, 115.

Mentz (Juda), Juif savant, qui fut Recteur de l'Académie de Padoue, c216.

Mer, nourrice, & dangereuse ennemie des Hollandois, d210. Origine de tout selon un prétendu Arabe, 211.

Mer rouge, aucun Historien n'a parlé de son passage par les Israëlites, c363 & suiv.

Mercure, regardé comme constructeur des trois pyramides, d40.

Mercure, Remede des maladies vénériennes, c184, 261.

Mercure, cinquiéme élément des Cabalistes, e319.

Mérite (le) élève les gens en Turquie, a190. Seul digne de récompense, c270. N'est pas la cause des louanges, f263. Ni de la réputation, g258 & suiv.

Merlin, philosophe hermétique, e321 & suiv.

Mersenne, son observation sur la quantité d'eau que fournissent les plus violens orages, b79.

Merveilleux, fait recevoir les fables des Poëtes, celles de l'Alcoran, & c. a180. Aussi méprisable que le galimatias, b53.

Messe, traitée de comédie par Elizabeth, e198. Et trait peu religieux qu'elle lâche à cet égard ibid..

Messie, (le) très-respecté par les Mahométans, a92. Beauté de sa morale, ibid.. Encore espéré par les Juifs, & oeuvres magnifiques qu'ils en attendent, 91 & suiv. Aristote regardé comme son précurseur, f252 & suiv.

Messies [faux] Joannes à Lent touchant eux, f59. Histoire d'un nommé Sabataï Sevi, b24 & suiv. D'un autre se disant le pauvre Messie, 295 & suiv. D'un autre en Candie, 297. Et de Barcokebas, f59 & suiv.

Messine, on y séduit la fille du Consul Hollandois, & on le met lui-même en danger, b277 & suiv

Métaphysicien, Dispute plaisante entre un & un Musicien sur les avantages de leurs professions, e78 & suiv.

Métaphysiciens, fort gênés en France, a23, 30. Ajoutent de nouvelles erreurs aux anciennes, e310. Tous portés pour Locke, 312.

Métempsicose, très-suivie chez les anciens & louée par les grands génies, d169 & suiv. Encore suivie par les Indiens, ibid.. Très méprisée en Europe, ibid.. Chargée d'absurdités par les adversaires, 173. Très mal réfutée par les Missionnaires, même les Jésuites, ibid. & suiv. Raison de ses partisans, 174, & c. Réponses des Missionnaires, ibid., & c. Ne se peut bien détruire que par la bonne philosophie sur la nature de l'ame, 184. Très-ressemblante au purgatoire, c332, f228. Les Missionnaires s'en servent pour faire des conversions, 219.

Méthode, les Scholastiques n'en avoient que peu, & très-mauvaise, c170.

Metiers, chacun d'eux a un Saint pour divinité subalterne, e62.

Mets, agréables mais pernicieux, sur les grandes tables, g199.

Meurs (Philippe), Réfutation du prétendu prodige de sa soeur, ayant une tête de moule, f205 & suiv.

Meurtre, condamné par des millions d'hommes, qui s'égorgent & se massacrent néanmoins comme des bêtes féroces, g16. Autorisé & comme recommandé par les noms abusifs de courage, valeur & intrépidité, ibid. & suiv. Celui des rois ou leur déposition, doctrine favorite des Jésuites, 26.

Mexicains, nombre prodigieux qu'en font périr les Espagnols, b161. Leur façon d'écrire, d322.

Mexique, sa conquête décrite par Antoine de Solis, d299. Ses conquérans, vrais scélérats, ibid..

Mezerai, attribue la fin de la Ligue au fruit des débauches du Duc de Mayenne, b211. Passera à la postérité, 217. Sa continuation très-mauvaise, 219. Assez croyable, d380. Redouté par les Jésuites, g186.

Michel Ange, rebâtit magnifiquement le Capitole, a110.

Michon [M. & Me], leur aventure fort plaisante, e59.

Microscopes, font apercevoir mille choses qui échappoient à nos yeux, d334.

Milan, moeurs & coutumes de cette ville, c21 & suiv.

Milanois, fort jaloux, c21 & suiv. Ses patrons, Charles Borrommée, & le Saint Clou, 22. Accommodent leur superstition à leurs plaisirs, ibid.. Leurs spectacles, & comment y applaudissent, 24. Leurs nobles avares, 25. Leurs assassins, nombreux, ibid.. Leurs reliques, 26 & suiv.

Militaires, voyez Officiers.

Millo, Heiduque, meurt de Vampirisme, e136 & suiv.

Milton, inférieur aux anciens, 59. Son Paradis perdu, traduit en diverses Langues, d272. Ce poëme inférieur à l'Enëide, mais bien supérieur à la Gierusalemme liberata, e181. La religion y est mieux employée, ibid. & suiv. Exemple, 182. Avoit passé par toutes les sectes d'Angleterre, e89. Leur accordoit à toutes une égale tolérance excepté au papisme, non comme religion, mais comme faction persécutante, ibid. & suiv.

Minarets, Clochers des Turcs, c161.

Minerve, remplacée chez les papistes par Sainte Cécile, e58.

Ministres d'Etat, gens de capacité & d'expérience, a245. Leur caractere, & étendue de leur pouvoir, 246 & c. Ceux de France très-habiles depuis Henri IV, sur-tout les ecclésiastiques, ibid.. La présomption des courtisans les rend froids & réservés, 250. Exposés à la haine publique, 254. Quels ils doivent être, b86. Les plus habiles n'ont point été mariés, 87. Preuves, ibid.. Doivent avoir de 1'âge, 93 & c. Comparés aux Généraux, 94 & suiv. Ne sauroient réunir tous les suffrages c271. Leur emploi extrêmement difficile en Espagne, d164. Ne doivent point avoir un pouvoir trop étendu, e267. Perdent souvent ceux qui donnent des avis au Prince, 269. Remarques sur l'abus de leur pouvoir, 273 & suiv. Quelquefois blâmés sans raison, 275. Et deux exemples notables en Fleuri & Walpole, 276 & suiv. Divers ont mieux mérité le titre de Grand que leurs Maîtres, 286. Doivent connoître l'état & les moeurs des peuples, g54. Exemple de quelques-uns renversés, 62.

Ministres, réglés en Hollande, d76. Tous égaux, & ne jouissant d'aucuns titres pompeux, qu'ils porteroient peut-être fort volontiers, f103. Leur science fortement louée, ibid.. Grands ennemis des Jésuites, 104.

Miquelets, grands voleurs & scélérats de Catalogne, e48.

Miracles, grand moyen pour surprendre & étonner les esprits, a74. Celui de S. Jacques secoue-chevaux, 70. Ceux de l'Abbé Paris, 74 & suiv. On en veut faire faire au Pere Girard, 78 & suiv. Celui de la sainte chandelle d'Amiens, 342. Les Nazaréens en sont fort avides, b155. Et sur-tout les Italiens, 354 & suiv. Celui du diable-pourceau, celui du bouillonnement du sang de saint Janvier, ibid.. Ceux du Saint Clou de Milan, c22. Celui du nez de saint Charles Borrommée, ibid.. & suiv. Celui de saint Martin fut une vache possédée, 154. Celui d'un saint Turc, 158 & suiv. Peu aimés des Arabes, 161. Abus qu'en font les Prêtres & les Moines, 209 & suiv. Badinage sur ceux de saint Ignace & de saint Paris, c315 & suiv. Vains & inutiles, s'ils ne sont conformes à l'écriture, 333. Un de saint François, 353. Celui des hosties de Bruxelles, ibid.. Fort nombreux dans les Pays-bas ibid.. Un d'une image de Gand, ibid. & suiv. Celui d'un des patrons de Liége, d79, Celui de deux saints qui viennent dîner avec Charlemagne, 80. Adoptés en foule par A. de Solis, 299. Celui de la victoire de Charles-Quint sur les Protestans, ibid.. Fort communs aux Indes, f231. Tite-Live en est plein, & a dû les rapporter, g139. Recueil de ceux de saint Paris & leur vérité prétendue démontrée, f273 & suiv. Le peu de foi, réponse bannale a tous ceux qui ne les croyent point, moyen d'établir toute absurdité, ibid. & suiv.

Mire (Aubert le), Sçavant Brabançon, c348.

Miriam, nom de la Vierge Marie chez les Juifs, & calomnies impertinentes qu'ils en débitent, f72. & suiv. 90 & suiv.

Mirobolan, Apothicaire de Châlons sur Saone, tente en vain de punir l'infidélité de sa femme, a5.

Misna, premiere compilation du Talmud par R. Juda Hakkadosh, moins ridicule que les suivantes, b149.

Missionnaires, leur mauvaise foi envers les errans, c202. Se servent de la terreur de la Métempsycose pour convertir les Indiens, d51. Combattent très-mal ce dogme, ibid. & suiv. Souffrent le froid & le chaud, 6o. Leurs travaux & leur zele fort loués, d380 & suiv. Leurs violences blâmées, ibid. & suiv. Les Allemands & les François doux & humains, 385. Les Espagnols & les Portugais très-persécuteurs, ibid.. Exemples, ibid.. Les Jésuites en ont eu de très-estimables, 386 & suiv. Se réunissent tous pour persécuter les Protestans, e79 & suiv. Les Jésuites accusés de mêler le Paganisme au Christianisme, f179 & suiv. Les Mahométans plus utiles que les Nazaréens Papistes, ibid. & suiv.

Missions étrangeres, leur peu de fruit, malgré le grand bruit qu'on en fait, c204 & suiv. Les anciens Juifs en eussent dû établir, d380. Celles des Mahométans plus utiles que celles des Moines, & sur-tout des Jésuites, f179 & suiv.

Mysteres, la démangeaison de les expliquer, sources d'erreurs dans toutes religions, e309 & suiv.

Mysticité, interdit tous les plaisirs du mariage, c284. Entraîne au quiétisme, ibid.. Mais moins criminelle, 287 & suiv.

Mystiques, espèce de République particuliere dans les Etats, c283. Leurs regles & maximes, ibid.. & suiv. Dégénérent en quiétistes, 287 & suiv. Leurs expressions extraordinaires, comparées aux Térapeutes, e32.

Mode, son empire en France s'étend sur tout, a16 & suiv. Les ouvrages d'esprit y sont sujets, b46. Motifs des louanges des commentateurs, 355. Les militaires mêmes obligés de s'y assujettir, c334. Regne sur tout, ibid. & suiv. Les Anglois l'aiment à l'extravagance, e241. Les François y sont trop assujettis, f320.

Modernes & Anciens, dispute sur leur préférence, a100. Comment on la devroit fixer, b349.

Modernes, peu propres à écrire l'Histoire ancienne, b82 & suiv. Et le Poëme Epique, 353. Méprisés par les Régens, ibid.. Exemple notable en Voltaire, ibid..

Modestie, partage des vrais Savans, b185.

Moine (le), bon peintre, se jette dans les colifichets de Vateau & de Lancret, g236.

Moines, Gens vils & méprisables, a14. Deshonorent les trois quarts & demi des maris, ibid.. Gênent & persécutent fort les sciences en France, 27 & suiv. La fourbe & l'hypocrisie sont tout leur pouvoir, 35. Plus dangereux de les offenser, que Dieu même, 37. Troublent seuls la France, 59. Comparés aux Janissaires & Spahis, ibid.. Font croire à leurs dévotes qu'ils ôtent le péché du commerce impur, 63. Abondans à Rome, 65. Revendent les dispenses achetées du Pape, 68. Leurs divers habillemens, 89. Ont leurs semblables chez les Mahométans, 100. Abusent de la confiance des peuples envers les Saints, ibid.. Les battre ou satyriser, crime capital, 105., Abusent de la crainte de la mort, & en font trafic, 107. Défendent les meilleurs Livres, 128. Instigateurs de l'assassinat de Henri IV, ibid.. Corrupteurs de l'éducation, 133. Séditieux, passent pour martyrs, 143. Partiaux pour l'antiquité, 145. Ne se battent qu'à coups de plume, & font battre les autres à coups de sabre, 179. Leurs mauvaises qualités, 193. Sentine de tous les vices, ibid.. Leurs sots contes, causes de division & schisme entre les Nazaréens, 260 & suiv. Un mutile des statues, 273. Un autre veut détruire deux tableaux, ibid.. & suiv. Ont moins de crédit en France qu'en Italie, 275. Imaginent le purgatoire, & profits immenses qu ils en tirent, ibid.. & suiv. Annoncent la fin du monde, & profitent des donations des sots, 308. S'attribuent un pouvoir despotique sur les Démons, 336 & suiv. Damnent sans pitié tous ceux qui sont hors de leur Eglise, b55. Font de l'ignorance la base de la tranquillité, 68. Charitables envers les pauvres, 119. Leur vie dépeinte, ibid. & suiv. Leur inutilité, 124. Leur préjudice, ibid.. Troupes du Pape, ibid.. Soufferts en Angleterre & en Hollande en habit séculier, 125. Fort adonnés aux femmes, 126. Pernicieuse engeance, ibid. & suiv. Leurs écrits remplis d'invectives, 223. Leur domination abatardit les peuples, 226. Ont quelque crédit sur les gens de guerre, 229. N'ont aucun pouvoir à Venise, ibid. & suiv. Concubinaires à prix d'argent, 236. Ne s'oublient point auprès des mourans, 250. Abusent très-criminellement des retraites, 253 & c. Fort dissolus à Venise, 177 & suiv. Ont tronqué & fait périr bien des écrits, 280 & suiv. L'imprimerie met un frein à leur mauvaise foi, ibid.. Mais ils l'assujettissent à une espèce d'inquisition, 286. Troquent des prieres contre les faveurs des courtisanes, 307. Se livrent à tous les plaisirs du carnaval à Venise & à Milan, où ils jouent des comédies, 309. Font assassiner Henri IV, 318. Abus qu'ils font de l'asyle des Eglises, c27. Gourmands & menteurs, 27. Causes de la plûpart des troubles, 105. Abus & commerce qu'ils font des reliques, 150. Leurs trois minces, les reliques, les possédés & les indulgences, ibid.. Ne fçauroient vivre sans cabaler, 168. Elevés en disputeurs éternels, ibid.. Méprisent le bon sens & la raison, ibid.. L'avarice inséparable d'eux, 206. Abusent horriblement des images, 208 & suiv. Tournés en ridicules par leurs propres gens, 244. Partisans zélés du quiétisme, 280. Fainéans, fourbes & débauchés, 290. Haïs & méprisés, & cependant très-accrédités, ibid.. Supportés à cause des réformés, & puis des jansénistes & des molinistes, ibid. & suiv. Leurs impertinences, excellens mémoires pour l'Histoire des égaremens de l'esprit humain, 301. Sot conte d'un sur Mahomet, 307. Extrêmement riches dans les Pays-Bas, 356. Extravagance de quelques-uns à Marseille, d46 & suiv. Leur avarice entretient & multiplie les superstitions, ibid.. Font périr une infinité de Juifs en Espagne, ibid.. Leurs rébellions en Catalogne, 87. Leur parenté spirituelle, ou commerce de galanterie avec les dévotes & religieuses, 91 & suiv. Très-paillards en Espagne, ibid. & suiv. Usent très-volontiers des femmes de leur prochain, 108. Injustes envers leurs adversaires, 113. Leur pouvoir étonnant en Espagne, 117 & suiv. Supplice d'un très-grand scélérat, & vengeance qu'ils en tirent, 118 & suiv. Ont long-tems disputé le ministere aux Grands d'Espagne, 163. Leur fureur dans les exécutions de l'inquisition, 193 & suiv. Très-méprisés par la noblesse Françoise, 202. Lactance cité contr'eux, 205. Leurs débauches avec les Espagnoles, ibid. & suiv. Découverts, se tirent d'affaire par hypocrisie, ibid.. Et preuve notable ibid. & suiv. Abusent de la religion pour couvrir leurs désordres, ibid.. La seule crainte les leur fait cacher, ibid.. Hypocrisie & subtilité d'un à Rome, 222 & suiv. Les Italiens sont des Saints en comparaison des Espagnols, 223. Chassent les maris de leurs maisons pour jouir de leurs femmes, ibid.. Les femmes ne les admettent que faute de galans séculiers, ibid.. Leurs persécutions détruiront le papisme, 250 & suiv. Très méprisés, 252. Leurs Historiens visionnaires & ridicules, ibid. & suiv. Encore plus tyranniques en Portugal qu'en Espagne, 317. Leur insolence extrême, & vive imprécation contr'eux, 328. Fort lubriques à Lisbonne, ibid. & suiv. Grands assassins de Princes, preuves, e70. Soufferts auprès des princes par une imbécillité inconcevable, ibid.. N'entrent point sans permission à Versailles ibid.. Louis XIII trembloit à leur vue, ibid.. Dignes de ce que Tacite disoit des astrologues, ibid.. Persuadent à bien des imbécilles de se faire enterrer dans leur froc, 82. Leurs contes & superstitions font grand tort au Nazaréisme, 116. Employés au rachat des Captifs, s'en acquittent assez bien, quoiqu'ils en grossissent fort les tourmens, f150 & suiv. &c. Tous ceux de Liége se liguent contre le sieur Arnauld, 158 & suiv. Fous, dignes des Petites-Maisons, f186. Fainéans, avares, ignorans & débauchés, ibid.. Leurs austérités semblables à celles des Faquirs ou Hermites Indiens, 231 & suiv. Leur célibat, source inépuisable de débauches & de crimes, 223. Leur intérêt à fomenter la superstition leur fait inventer mille contes absurdes, g127. Excellent moyen de les rendre plus retenus, 155. Les cavaliers ont jadis eu la fureur de se faire peindre en leur habit, 242.

Moines défroqués, nombreux en Hollande, & mauvaises rapsodies qu'ils y composent, d204. La plûpart mauvais précepteurs ou maîtres d'école, 213. Avec quelle ignorance & partialité ils écrivent l'Histoire, g95.

Moïse, très-respecté par les Turcs, a92. Conduit les Juifs d'Egypte en Syrie, b62. Ses livres relatifs aux seuls Juifs, 77. Comment reçut la Loi écrite, & la Loi orale, selon les Rabbins, 147. Plaisanterie sur l'Eglise de son nom à Venise, 274. Sa verge conservée à Milan & à Rome, c31. Et rêveries qu'en a débitées Abarbanel, ibid.. Son serpent d'airain conservé à Milan, 32. Ses précautions contre l'idolâtrie, 189 & suiv. Ordonne chez les Juifs la circoncision, 362.

Moïse, Juif de Candie, se dit l'ancien Moïse, & fait périr bien des Juifs crédules, 297 & suiv.

Moliere, excellent auteur, a237. Ses meilleures pièces prises sur les moeurs de la ville & du royaume, & non de la Cour, 238. Excellence de ses bonnes pièces, & foiblesse de ses médiocres, b111. Comparable, si non supérieur aux Grecs, 112. Sa plaisanterie sur le peu de remede des Médecins, c257. Turlupine l'observance des jours caniculaires, d170. Cité touchant une origine ridicule du Grec, 186. Fort supérieur à Wircherley, e292. Beauté & utilité de ses comédies, ibid.. Ses précieuses ridicules, corrigent le langage affecté des femmes, 293. Son Ecole des femmes avilie par Wircherley, g36. Pillé, défiguré & injurié par les mauvais comiques Anglois, 40. Ses plus belles pièces ibid.. Passage de ses femmes savantes, appliqué, 42, f186.

Molinistes, Saint Chrisostome est leur Patriarche, a164. Leur caractere doux & poli, mais ambitieux & persécuteurs, b291 & suiv. Sont la cause de la moitié des maux de la France, ibid.. Fourent les cinq propositions dans des éditions frauduleuses de Jansénius, e51. Vétilleux & chicaneurs, 76. S'élevent contre le Bréviaire de Paris, & en décrient l'Archevêque, ibid.. Avec quelle discrétion les Jésuites le font, 82. Dispute vive d'un avec deux Jansénistes, 127 & suiv. Persécuteurs des Jansénistes, 219. Cause du support des Moines, 279. La moitié des catholiques Hollandois le sont, d250. Fiers & entreprenans, c54. Persécuteurs d'Arnauld, f159. Les Evêques de leur parti aussi brouillons & punissables que les jansénistes, g154. Leurs oppositions aux miracles de l'Abbé Paris, 250 & suiv.

Molinos (Michel de), Restaurateur du Quiétisme, sa guide spirituelle, & sa communion particuliere. Corrompt beaucoup de femmes dans les confessionnaux. Est mis à l'inquisition & y meurt, c287.

Molinosisme, voyez Quiétisme.

Monarques, voyez Souverains.

MONCECA (Aaron) l'un des correspondans de ces Lettres Juives, consent qu'on les traduise en François, a1 & suiv. Arrive à Marseille, à Lyon & à Paris, 2 & suiv. Passe à Bruxelles, c323. Et de-là à Anvers, d29. Liege & à Aix-la-Chapelle, 77. Arrive à Amsterdam, 100. Passe à Berlin, 262. Et de-là à Hambourg, 285, Arrive à Londres, e90. Passe à Edimbourg, g100. Retourne à Paris, 149. Se rend à Marseille pour retourner à Constantinople, 243.

Monde, son bel ordre la meilleure preuve de l'existence de Dieu, b25. Systême qu'en forme un prétendu Arabe, d369 & suiv. Patrie des philosophes, e43.

Montagne, excellent auteur, b4. Cité touchant la cruauté, c45. Prédit la chûte de la philosophie d'Aristote, 277. Ne fait point de cas de la rhétorique, 241. Cité touchant l'yvrognerie des Allemands, d295. Cité sur les avis nécessaires aux Souverains, e125. Agréable & délicat sceptique, 175. Attaqué par les Jansénistes, 294. La beauté de ses Essais les conserve malgré son vieux langage, f277.

Montagnes, hauteur des plus élevées, b78.

Montanari, habile Musicien, b181.

Montanistes, persécutés par S. Chrisostome, a165.

Montausier (le Duc de), ose reprocher indirectement à Louis XIV les flatteries outrées qu'on lui prodiguoit dans les prologues des Opéra, f268

Monte [le Cardinal del], Légat à Trente, scandale affreux qu'il donne, à tout le Concile par ses transports impétueux pour son petit Ganimede; devient Pape sous le nom de Jules III, f331 & suiv.

Montemar [le Comte], voit marier sa fille avec un homme de rien, d283.

Monterei [le comte de], répond mal aux avances d'une Reine d'Espagne & en est dédaigné, d175.

Montespan [la], grande tache à la gloire de Louis XIV, e50.

Montesquiou, [le Président de], François illustre, f325, g169.

Montfleuri, Auteur peu estimable, d. Préface.

Montgeron [...Carré de], Conseiller au Parlement de Paris, présente au Roi la vérité des miracles de M. Paris démontrée, & se fait mettre à la Bastille, g259.
Ridicule, fanatisme & imposture de cet ouvrage, ibid..

Montpellier, abonde en Médecins, & en enterremens. Les jeux & exercices y sont en usage, c267. Son Evêque actuel extrêmement zélé pour le Jansénisme & S. Paris, 317.

Montpensier [le Duc de], odieux persécuteur, d38.

Monumens, n'immortalisent point les Souverains. Utiles aux hommes médiocres, c129.

Morale, celle des Peres moins pure que celle de quelques payens a138. Doit être modérée, & non outrée, f46. Celle des anciens, belle, ibid., Celle des Européens, généralement fort corrompue, 49 & suiv. Pure pourtant chez les Laïques, tels que Grotius & Pufendorff, 56 & c. Son plus grand obstacle est la haine des Théologiens pour les défenseurs de l'humanité, ibid.. Celle des inquisiteurs Italiens, Espagnols & Portugais, très-mauvaise, ibid..

Morée, enlevée aux Vénitiens par les Turcs, c137.

Moréri, a fait une mauvaise compilation historique, que d'habiles gens ont vainement tenté de rectifier, g87. Repris touchant Vanini, e241. Ses impertinences touchant Mahomet, réfutées, 306. Et ses imputations injustes à M. de Thou, g87.

Mort, trafic que les Moines font de sa crainte, 107. Fin des miseres humaines, 108. Moins fréquente dans les villages que dans les villes, 109. Etrange manie qu'ont les Anglois de se la donner, & folles raisons qu'ils en alléguent, e251 & suiv. Les grands hommes ne se la font donner que pour leur Patrie, ou leur honneur, 258. Sa crainte & la Religion peuvent seules retenir le peuple. Moins redoutée que les tourmens par les scélérats. Preuves, ibid.. & suiv.

Mortemar, fortement loué, a241.

Mortier, les anciens Romains n'en usoient point, non plus que de ciment, dans leurs édifices, f165 & suiv. Exemple, ibid..

Morts, comment s'enterrent en France, a90. Et en Angleterre, e190 & suiv. Il ne seroit gueres plus fou de danser sur leurs tombeaux que d'y chanter, a91. Voyez cadavres.

Morts tragiques, celles de divers Souverains, & réflexions à leur sujet, f306 & suiv.

Moscovites, donnent des rois à la Pologne, d247. Leur conquête nuisible au papisme, ibid.. Leur haine pour cette religion, ibid.. Brutaux & esclaves, e37. Leur brutalité envers les Ambassadeurs, ibid.. & suiv. Décrassés & rendus plus sociables par Pierre I, ibid.. Conduite de leurs jeunes gens envoyés en France, 41. L'humanité leur est enseignée par les François & les Allemands, ibid.. Persécuteurs, & persécutés, 80.

Motte [Houdart de la], fils d'un Chapelier, a235. Méprisé, b359. Ses Odes, quoique belles, inférieures à celles des anciens, 350. Cité contre les sermens, d131. Ses Fables écrites d'un style affecté & précieux, & fort critiquées, f281. Ennemi des anciens, g227. Comparé à Lancret, peintre de colifichets, 235.

Mouches, avec quel soin les femmes s'en parent, a122 & suiv.

Mouchoirs, frottés aux idoles des Indiens, de même qu'à la châsse de Sainte Geneviéve, f223. Censure de cette superstition payenne, ibid. & suiv.

Mouhy, très-pitoyable auteur, f283. g247.

Moule, prétendu prodige d'une fille en ayant une au lieu de tête, f205 & suiv.

Mourans, manèges des Prêtres & des Moines auprès d'eux, b250.

Mouvement, ses loix mal appliquées par Descartes f283.

Muftis, donnent l'entorse à leur révélation, e237. Supposent bien des choses comme révélées, 309. Croyent les Anges matériels, g71.

Multiplication, celle des enfans de Noé prodigieuse, b76 & suiv.

Munster, accuse Balmas de pirrhonisme, e217.

Muralt, ses Lettres sur les François & les Anglois, critiquées, c109. Comme peu exactes, e128. Ce qu'il dit du mérite des Seigneurs Anglois, approuvé, ibid. & suiv.

Musembroek, recueille de bonnes expériences de physique, d206.

Muses, un langage rude leur est peu propre, d273. Réduites à prostituer leurs louanges à bien des imbécilles & des faquins, e189.

Musicien, dispute plaisante entre un & un Métaphysicien sur les avantages de leur profession, e73 & suiv.

Musique, principal objet des fêtes ecclésiastiques en Italie, a3 & c, Supplée aux choeurs des anciennes pièces de théâtre, b114. L'Italienne fort goûtée en Allemagne, d295. Ses avantages étalés contre un philosophe, e71 & suiv. Plaisamment envisagée par ce philosophe, ibid.. & suiv. Soulage les vapeurs, mélancolie, & éteint le venin des tarantules, 75. La Françoise fort dégénérée, g253. Et mêlée avec l'Italienne, n'est plus ni l'un ni l'autre, ibid.. L'instrumentale s'est mieux conservée, ibid.. Anciens opera préférés aux nouveaux, ibid..

Mustapha, Pacha, assiége en vain Malthe pour Soliman, g212.

--- N ---

Nabucodonosor, son songe divin de la statue, f59. Les Juifs prient contre lui, ibid..

Nairos, Grands du royaume de Décan, f225. Ont droit d'exiger les dernieres faveurs de toutes filles & femmes à leur gré, ibid..

Naples, ville souvent ravagée, b359. Ses beaux monumens, ibid.. Grande, généralement réguliere, & plus belle que les principales de l'Europe, _ibid.. Son séjour moins agréable que celui de Rome, 361. Sa Cour très-liée avec celle d'Espagne, ibid._.

Naples, Royaume, passe à un Bourbon, d174.

Napolitains, le peuple le plus scélérat de l'Europe, b359. Les Allemands & les Espagnols exterminent leurs bandits ibid. & suiv. Leur disposition pour les Allemands, les François & Espagnols, 360. Ignorans, hébétés, même ceux de rang distingué, 366. Les nobles vont séjourner à Rome, ibid.. Beauté & magnificence de leurs temples, ibid.. Très-superstitieux. ibid.. Fous de leur miracle de S. Janvier, 368. Et vive apostrophe à ce sujet, 369.

Naplouse, autrefois Sichem; il y demeure des Samaritains, e224.

Narcisse, les mauvais conseils pernicieux à Néron, e289.

Nasamones, tous ceux d'une nôce jouissoient de la mariée avant de lui donner leurs présens, d71. Estimoient fort la vertu, ibid.. Singularité de leurs sermens, ibid.. Tout cela répété, 73.

Nassau [les Princes de] forment la République des Provinces-Unies, f194.

R. Nathan Benjamin, disciple de Sabataï Sevi, b252.

Nations, ont chacune leur genre de folie, e109. La plus sage est la moins folle, ibid..

Nature, agir toujours de la même manière, f189 & suiv. La seule volonté de Dieu peut la changer & la détruire, 198 & suiv.

Naudé, rapporte l'éloge outré qu'Averroës a fait d'Aristote, f250.

Naufrages, les Egyptiens & les Grecs qui en échappoient en vouoient des tableaux dans les temples, e58. Cette coutume adoptée par les papistes dans leurs Ex voto, ibid..

Navigation, la jalousie mutuelle des Etats Nazaréens fait qu'ils ne l'assurent pas totalement contre les Turcs & les Maures, f161 & suiv.

Nazaréens, ce mot ne se prend point en mauvaise part, f. Préf. Dérangement de leurs moeurs & particuliérement touchant l'adultere, a6 & suiv. Assujettissent la religion à la mode, 19. Chez eux tout est mystère & révélation, 24. Chargés de chaînes par les Papes, 32. Peuvent plutôt offenser Dieu que les moines, 36. La plûpart n'exercent le Nazaréisme qu'extérieurement, 42. Frappés d'esprit de perversion, 83. Se persécutent mutuellement, ibid. & suiv. Grands faiseurs de prosélytes, 84. Regardent les Juifs comme réprouvés, ibid.. Leurs enterremens, 87. Abondans en cérémonies, 91. Toujours intolérans & persécuteurs, 138. Leur partialité pour les peres, 140 & suiv. Ont bien des cérémonies inutiles, 257. Se divisent sur les sots contes des Moines, 259. Combien crédules, 325. Beauté de leur religion primitive, 330. Fort credules sur les génies & les esprits, 353. Leurs livres de religion, vrais Romans, ibid.. Servant le même Dieu que les Juifs, ne doivent point être exclus du salut, b51. Veulent qu'il y ait des damnés pour la gloire de Dieu, 52. Les premiers tous Platoniciens, 153. Supposent une prophétie à Platon, 154. S'appuyent de fourberies & d'impostures, 156. Grands amateurs de miracles & de prodiges, ibid.. Prêts à recommencer des croisades, 158. Négligent Dieu pour s'adresser aux Saints, 176. Caracteres de leur amour, 205 & suiv. Se perdent avec des courtisanes pendant qu'ils condamnent la pluralité des femmes des Mahométans, 213. Leurs Historiens fort partiaux & injurieux, ibid. & suiv. Conviennent de l'iniquité de la guerre, & la font sans aucun scrupule ni pitié, 229. Donnent presque tous quelques legs aux Moines, _ibid.. Leur partialité contre les Juifs, 367 & suiv. Leurs cruautés envers leurs filles cloîtrées, c45. Obligés de fixer leur ancienneté, ainsi que les Juifs, à la création du monde, 70. Leurs supplices en augmentoient le nombre, 98. Très-crédules sur les possessions de démoniaques, & c, 153 & suiv. Chicaneurs, 200. Débitent cent sots contes sur le Mahométisme, ibid. & suiv. Leurs mariages moins sensés que ceux des Mahométans, d71 & suiv. Se sont mutuellement égorgés pour les disputes de religion, 84. Haïssent plus les Juifs que les Turcs, 358. Leur morale admirable, 369. Acharnés à blâmer les Juifs, 388. Mettent des images dans leurs cercueils, e58. Tournent en ridicule leurs superstitions eux mêmes, & néanmoins en sont les esclaves, 63. Veulent être gouvernés par les moines, 71. Vains jusqu'au tombeau, 187. Toujours disposés à damner les Juifs, 210 & suiv. Donnent la torture à la révélation, 300 & suiv. Supposent bien des choses comme révélées. Leur morale corrompue, 302 & suiv. Mais meilleure chez les Laïques, f55 & suiv. Extrêmement désunis, & leurs sectes très nombreuses, 126 & c. Ne sont point Trithéïtes, & professent 1'unité de Dieu, 127. Exposés aux rétorsions, ibid._. Condamnent le meurtre, & s'égorgent comme des bêtes féroces, g17. Leur doctrine touchant les anges, 72 & suiv.

Nazaréennes, fort sujettes à l'infidélité conjugale, a10.

Nazaréisme, n'est exercé qu'extérieurement par la plûpart des Nazaréens, a40. Semblable à la tour de Babel, 85. Sa beauté & sa pureté primitive, 308. N'auroit pas besoin d'impostures, b156. N'est propre qu'à faire des lâches, b224. Horreur de celui d'Espagne d197. Agité par de puissantes factions, 228. Sa morale aujourd'hui fort corrompue, 216 & suiv. Fondé sur l'unité de Dieu, f128. Celui de la Chine mêlé de paganisme par les Jésuites, & c. 177.

Nazaret, la maison de la Vierge en est transportée par les airs en Dalmatie & en Italie, b355.

Nécessaire, une des sources du bonheur de 1'homme, b293.

Nécessité, dispense des cérémonies religieuses les plus essentielles, a42. Oblige quelquefois à de grandes cruautés, 43. Dispense de bien des choses, e27.

Négocians, très-estimés en Angleterre, leur conduite sensée, e93 & suiv.

Négociations, combien vétilleuses chez les Espagnols, d158.

Népotisme, combien pernicieux aux Romains, a114. Ruine perpétuellement Rome, 258 & suiv. Exemple dans Coscia, 265 & suiv.

Néron, fit plus de mal que dix Titus ne feroient de bien, a303. Né pour la punition des Romains, b267. La politique fut sa seule vertu, e289.f269. Brûle Rome par vaine gloire, b101.

Newhoff [le Baron de] se fait Roi de Corse, b267. Sous le nom de Théodore I. Voyez ce mot.

Newton, méprisé par les pédans, a130. Loué par Pope, b303. Grand Physicien, 348. Meurt Arien, d129. Fortement loué, 292. Regardé comme un suppot de satan en Portugal, 330. Supérieur à Gassendi & à Descartes, mais à leur place n'auroit peut-être pas été aussi loin qu'eux, e168. Admet certains principes du premier, entr'autres la nécessité du vuide, ibid.. Profite des opinions de Descartes, rectifie & pousse extrêmement ses découvertes, ibid.. & suiv. Fait l'admiration de tous les Physiciens, 313. Ses écrits lûs & enseignés dans les Universités d'Oxford & de Cambrige, f248. A fait un grand bien, aux hommes, 262. Se sert utilement des voyageurs, g49. Médiocrement éclairé, selon le savant Cartaud, 233.

Nicolas (le Pere) Carme, jugé digne du gibet c133. Ses débauches 139 & suiv.

Nicole, ses Essais de morale excellens e222. Un des auteurs de l'Art de penser ou Logique de Port-Royal, g185.

Nil, les tombeaux des Egyptiens bâtis sur ses bords, e57 & suiv.

Nîmes, ses arènes construites sans ciment ni mortier, f165.

Nimphes, voyez Satyres.

Ninus, Athée paresseux, a333.

Nitard, Jésuite, élevé au ministere d'Espagne, d164. Dépossédé par D.J. Juan d'Autriche & chassé d'Espagne, 165. Se retire à Rome, & y est fait Cardinal, ibid..

Nobles, grands dissipateurs, a239. Moins heureux que les bourgeois, ibid. & suiv. Leur fatuité plus honorée que le vrai mérite, c34. Caracteres des petits en Allemagne, 36. S'imaginent tous occuper l'attention de la postérité, 42. Trait plaisant d'un, ibid. & suiv. Les pauvres toujours méprisés, 47. Les Vénitiens fiers & hautains, ibid.. Les Napolitains ignorans & hébétés, 356. Les Milanois avares, c28. Leur cruauté envers leurs filles cloîtrées, 41. Les Brabançons, vains à la folie, 356, & c. Ceux d'Anvers, persécuteurs, 365. Ceux de Hollande, sages & modestes, d152. Les Anglois rogues & dédaigneux, ibid.. Les Allemands fiers, ibid.. Les François pétulans & Petits-Maîtres, ibid.. Les Espagnols dédaigneux, sobres & fainéans & esclaves des Moines & des femmes, 153 & suiv. Et archers ou valets de bourreaux de l'inquisition, 193 & suiv. Parallele des Anglois & des François, ibid.. Ceux de Gênes, Florence & Sienne, & Luques, commercent en gros sans déroger, g213. Voyez Gentilshommes Campagnards.

Noblesse, vénale en France, a188. Dépend en Turquie des talens & du mérite, 189. Le second état en France, 190. Son envie contre le Clergé, 191. Moins considérée qu'autrefois, b187. Vanité de celle d'Allemagne, ibid.. Ses Ecoles militaires en France. c269.

Noé, difficultés sur la nombreuse postérité de ses trois fils b80, & c. Vaines disputes, ibid. & suiv. Ils sont la source certaine de toute l'humanité, 81.

Nombre 666, Juifs l'expliquent par les cornes & les couronnes des sept lettres des deux mots Hébreux qui signifient Jesus Nazarenus, f97.

Noris, son Miles Macedonicus contre le P. Hardouin, c192.

Normands, grands chicaneurs, e106. Leurs Juges, tardifs & pillards, g261.

Novatiens, persécutés par S. Cyrille d'Alexandrie, a143.

Nouveauté, toujours agréable au peuple, a180. Qui en est toujours la dupe, 222. Espèce d'obsession dont bien des gens sont tourmentés, e44. Maladie incurable, ibid..

Nouvelles, s'effacent promptement les unes les autres à Paris, a296.

Nouvelles Ecclésiastiques, publiées par les Jansénistes, & très-dignes de châtiment, a55. Libelle séditieux & injurieux, b288. Trait contre elles, d270. Maussade & ridicule écrit, e301.

Nouvellistes, tiennent leurs séances au Luxembourg, a124. Leur ridicule, ibid.. Vains discoureurs & conjectureurs, ibid..

Numance, détruite par Scipion, f296.

--- O ---

Obéissance aveugle, ordonnée aux papistes, c203.

Obéissance filiale, admirable chez les Turcs, les Tartares & les Arabes, a181.

Obstination, n'est vicieuse que quand on agit contre ses lumieres, e30.

Ode, parfaite chez les anciens, mais médiocre chez les modernes, b351.

Oeufs, Harvey découvre que tous les animaux en naissent, f199. De Graaf, qu'ils existent dans les testicules des femmes, ibid.. Et Gardener qu'ils servent de nid et de nourriture aux petits vermisseaux découverts par Lewenhoeck dans la semence de l'homme, ibid..

Offenses, leur pardon, grande vertu des Mahometans, c200. Recommandée dans l'Alcoran, ibid..

Officiers, espérances chimériques dont les plus petits se flattent b192. Brusques, hautains & insupportables, c182. Durs & rançonneurs, 325. Leurs griveleries, ibid. & suiv. Caractere des François, 328. Parmi lesquels il y en a de fort éclairés, mais obligés de cacher leurs lumieres, c329. & Leur conduite plus détaillée, 335 & suiv. Ne méprisent point les sciences, 336. Quelques-uns réellement sçavans, 340.

Officiers réformés, fort entêtés des vieux tems, a134.

Ondins, esprits aquatiques, d336. Possibilité de leur existence, ibid.. Leur commerce impraticable, 341.

Ongles, l'humidité les fait croître dans les cadavres, e145.

Onis (Isaac), l'un des correspondans de ces Lettres Juives, rabbin de Constantinople, a2. Ses voyages en Allemagne dans le Nord, 3. Rebuté des absurdités du Talmud, se fait Caraïte, b149 & suiv. Abandonne Constantinople, & arrive à Smirne, 236. Arrive à Alexandrie, c60. Arrive au Caire, 153. Va voir Jérusalem, f59. Et revient au Caire, ibid..

Opéra ou Académie Royale de Musique, sa description, a21 & suiv. Minauderies qu y font les femmes, 22. Elles & les acteurs excommuniés, 25. Les femmes n'y chantent point à Rome, mais des eunuques, 112. Etabli par Louis XIV, 196. Corruption & intrigues pernicieuses de ses Actrices, 220. Leurs artifices, 221. Celui de Milan fort beau, c25. Bal de celui de Paris, & aventures qui s'y passent 225 & suiv. Ce bal semblable aux fêtes de Vénus, 229. L'Italien fort aimé en Allemagne, d295. Où il y en a aussi d'Allemands, ibid.. Gaïté d'un homme qui en sort, ibid.. Leurs prologues, où la flatterie pour Louis XIV est poussée à l'excès, semblables à l'idolâtrie payenne, f243. Tort que cela fait à ce Prince & à ses sujets, 244. Aveu sincere que lui en fit Montausier, 245. Regardé comme le temple du vice & de la débauche, ibid.. Manége des Petits-Maîtres & des Actrices dans son chauffoir, g299 & suiv. Son éloge par un petit-maître, ibid.. Ceux de Lulli & de Campra toujours aimés, 243.

Opinions, leur force & leur empire, d135 & suiv;

Or potable, cinquiéme élément des Cabalistes, e319.

Orateurs, les anciens Grecs & Romains fort supérieurs aux modernes, b353. Les François bien inférieurs, c33. Les situations, cause de cette différence, ibid.. Les séculiers moins parfaits que les Ecclésiastiques, 41. Peu estimés de Montagne, 241. Rares parmi les Allemands, d272. Se forment mal en jouant les Tragédies, g79. Aussi ceux des Jésuites se sentent-ils toujours du Théâtre de Collége, 181 & suiv. Les anciens peu lus chez les Jésuites, comme éclairant trop l'homme sur ses droits, 192. Voyez Avocats.

Oratoire [les Peres de l'], fort Jansénistes, b. Pref., g148. Expliquent Descartes & Mallebranche dans leurs Colléges, 185.

Orcan, soumet l'Isle de Gerbe, & y fait construire une pyramide d'ossemens de Chrétiens tués, f153.

Orchestre, celui de l'Opéra, a22.

Oreste, Gouverneur d'Alexandrie, persécuté par S. Cyrille, a143.

Oretes, Lieutenant de Cambyse, fait pendre Policrate tyran de Samos, g126.

Origéne, sombre, mélancolique & bizarre, se mutile lui-même pour être plus parfait, e301. Croyoit les Anges corporels, g70.

Orléans, [le Duc d'], Régent de France, se joue des Parlemens & du Clergé, a191. Sa fermeté malgré ses foiblesses, b8. Rétablit la Comédie Italienne à Paris, 102. Dissipe habilement la révolte prête à tout bouleverser, f193. Heureux que tout manquât alors de coeur en France, ibid.. Mémoires de sa Régence, composés par un laquais, & reproduits tous le titre de Vie du Duc d'Orléans, g93.

Orthodoxes, ceux qui le sont dans un pays, passent pour hérétiques dans un autre, e79.

Os, on en voit qui n'ont jamais eu aucune solidité, ou qui l'ont perdue, f212.

Osman, Empereur Ottoman, indignement massacré par les Janissaires, a250. Réflexions sur cette fin tragique, d121.

Osman, bacha, voyez Bonneval [le Comte de]

Ossat Cardinal, rapporte un aveu du Pape Clément VIII touchant la saint Barthelemi, b313.

Ostracisme, bannissement de dix ans chez les Grecs, a28. Exercé sur les sçavans de France, ibid..

Ottomans, ces Princes ne se marient plus pour ne point exposer leurs femmes à l'infamie de servir au plaisir d'autrui, comme celles de Bajazet devant Tamerlan, f311.

Ovide, sa Médée perdue & louée, b104. Combien examinée, si elle se retrouvoit, c193. Se plaint délicatement dans ses Elégies, b188. Editions donnée par des Moines, tronquées. b283, 341. Beauté de ses Elégies, ibid.. Loue Pythagore & la métempsicose, d51. Mis en vers burlesques par d'Assouci, e298. Cité sur les querelles des dieux, f130. Taxé de rapsodies, g234.

Outreman, jésuite, compilateur de contes superstitieux, e223.

Ouvrages d'esprit, immortalisent plus les Souverains que les monumens, b166, 188.

Oxford, Université d'Angleterre, f248. La philosophie péripatéticienne en est bannie, & l'on y explique Locke & Newton, ibid..

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Paciotto, ingénieur, bâtit la citadelle d'Anvers, d30.

Padoue, on reçoit dans son Université des Professeurs de toute Religion, b235.

Paganisme, moins corrompu que le Molinisme, a19. Combien extravagant, d137. Trait d'Arnobe contre l'incertitude de ses Dieux, 143 & suiv. Lactance cité contre ses Prêtres, d214. Ses Dieux comparés aux saints de Rome f129 & suiv. Mêlé au Nazaréisme par les Jésuites, 177, & c. Détruit en bien des endroits par le Mahométisme, 179.

Payens, sentiment de quelques, Théologiens sur leur salut, & suiv. Immoloient les Nazaréens à leurs Dieux, c220. Impiété de leurs prieres, a209 & suiv.

Paillardise, exemple d'une bien effrénée, c350.

Pays, certains propres pour certains talens, d1 & suiv.

Pays-Bas Autrichiens, la noblesse y fourmille, fl06. Et a permission d'y commercer, 107. Les Moines y sont presqu'aussi riches & puissans qu'en Italie, 117.

Paysan, énorme différence de lui à un Philosophe, b16. Combien grossier dans sa Religion, c210. Combien ménagé en Hollande, d145. Plus heureux, dans le choix d'une femme que les gens élevés, e10.

Paix de Nimégue, son Histoire fort mauvaise, b218.

Palais, méprisés par les Bédouins, c23.

Palais Royal de Paris, son jardin domicile de l'amour, & théâtre du cocuage, a12.

Paléologue Pacha, attaque en vain Rhodes pour Mahomet II, g210 & suiv.

Palladio, habile Architecte, e253.

Palmerin d'Angleterre, un des trois bons romans Espagnols, d305.

Phamphiles, la vigne de ces Princes, magnifique, a271. Ses statues, mutilées à l'instigation d'un Jésuite, 272.

Pan, remplacé chez les Papistes par S. Antoine, e58.

Pendira [Joseph] prétendu galant de Miriam, & contes ridicules que les Juifs en débitent, f72 & suiv.

Pantaléon [Saint] divinité subalterne des danseurs de corde, e58. Voeu fort étrange qui lui est présenté, ibid.. & suiv.

Panthéon, autrefois temple de tous les Dieux, & aujourd'hui de tous les saints, a267.

Papes, se donnent le titre de Vicaires de Dieu, a32. Leurs orgueilleuses prétentions, ibid.. Veulent être infaillibles, & raisonner sensément, lors même qu'ils extravaguent, 57 & suiv. Les Vénitiens enferment leurs Bulles sans les lire, 59. Gains prodigieux qu'ils font aux canonisations, 66. Vendent tout, ainsi que les grands Visirs, 67. Se font payer par les Evêques de grosses sommes, que ceux-ci reprennent sur les Prêtres qui dépouillent les peuples. Font commerce de dispenses, 68. Profits immenses qu'ils font aux Jubilés, 69. Peuvent tout sçavoir par le moyen de la confession, 169. Admettent en payant les Eunuques aux grades Ecclésiastiques, 176. Expédiens comiques à quoi les réduit leur infaillibilité, 177. Se font adorer comme Dieu, ibid.. Leurs morts & nouvelles élections, ardemment desirées par les Romains, ibid.. Disposent des tems & des saisons, ibid.. Grands ennemis des Parlemens opposés à leurs usurpations, 292. Leur puissance spirituelle comparable à celle de l'ancienne Rome, 209. Autrefois élus par le peuple & confirmés par les Empereurs, 267. Aujourd'hui par les seuls Cardinaux, 269. Ont usurpé le titre de Sainteté, 267 & suiv. Passage de Pasquier là-dessus, ibid.. On a quelquefois élu deux & trois, 270. Plaisanterie sur leur infaillibilité, _ibid. & suiv. Déclarés inférieurs aux Conciles, condamnent cette déclaration, 271. Ne sont élus que fort âgés, b94. Ont dans les Moines autant de soldats, 124 & suiv. Principalement dans les Jésuites, 126. Leurs Ministres artisans de rébellions, 311. Leur politique très-fourbe & très-cruelle, 313. Récompensent la rébellion des Ecclésiastiques, c87. Commercent scandaleusement de Reliques, 153. Instituent cent mille sortes d'Indulgences, d61. Accordent des Indulgences aux spectateur des exécutions de l'Inquisition, 197. Haïs de toutes les Sectes, 242. Etablissent leur pouvoir à la faveur de l'ignorance, 252. Abusent beaucoup de la Religion, ibid.. Autrefois mettoient aisément les Etats à l'interdit, & ne l'osent plus aujourd'hui, 255. Vénérés & ridiculement idolâtrés par les Italiens, f222 & suiv. Se font payer pour les dispenses de mariage & le divorce, 225. Leur pouvoir a été énorme en Angleterre, & dans les autres Etats, 221 & suiv. Ce pouvoir & ses progrès comparés à celui des Romains, f358. Et les suites terribles, ibid._ & suiv. Leurs élections faites, confirmées par les Empereurs, & puis par le peuple, 359. Leurs insolences envers les souverains, 360 & suiv. Peu aimés en France, 366, & c. Se font baiser les pieds par les Souverains, g255.

Papesse, les Anglicans sujets à rétorsion sur cet article, témoin Elizabeth & Anne, e196 & c.

Papistes, leurs Ecrivains injurieux, b244 & suiv. Grands corrupteurs de livres, c58 & suiv. Intolérans pour toute autre Religion, 60. Leur expulsion d'Irlande y en fait augmenter le nombre, 98. Persécuteurs & chicaneurs, 202. La raison leur est inutile, 203. Sentent leur ridicule dans les autres, & les forcent à le quitter, ibid.. Damnent leurs adversaires, d104. Très-nombreux & tranquilles en Hollande, 105. Regagnent la France, mais perdent l'Angleterre, 216. Gagnent les Electeurs de Saxe, ibid.. Leur avantage dans les élections de l'Empire & de la Pologne, 221. Leur grande perte en Angleterre 238 & suiv, Toutes les sectes se réunissent contre la leur, 244 & suiv. Leurs violences détruiront leur parti, ibid.. Haïs des Moscovites, dont les progrès leur sont nuisibles, mettent des images dans leurs cercueils, e57 & suiv. Copient leur Ex voto sur ceux des Egyptiens & des Grecs, ibid.. Leurs Saints & Saintes substitués aux Dieux & Déesses des payens, ibid.. & chacun d'eux préside à quelque métier, ibid.. Veulent être menés par des Moines, 67. Persécuteurs dans tous les pays de leur créance, & tolérés chez les Protestans, 76. Leur esprit de rébellion cause les troubles d'Angleterre, ibid.. Indignes de tolérance, non comme professant une Religion, mais comme factieux & persécuteurs, 84. Tous leurs partis se réunissent lorsqu'il faut violenter, quelque préjudice qu'ils en puissent recevoir, 85. Peuvent user de rétorsion sur la Papesse envers les Anglicans, mais non envers les réformés, 90. Quelques-uns moins épouvantés d'être damnés que de n'être point enterrés en terre-sainte, 209 & suiv. Jugent peu équitablement des livres Protestans, 238. Parallele entre leurs cérémonies & coutumes, & celles des Indiens, f223 & suiv. Redevables de leurs lumieres aux Protestans, 357 & suiv.

Papus, prétendu mari de Miriam, f72, &c 98 & suiv.

Paracelse, fameux cabaliste, d336. Son ridicule secret pour se passer de manger, 344. Accorde un pouvoir excessif à l'imagination, f103.

Paradis, foire franche pendant le Jubilé, a70. On y peut aller par quatre côtés, 71.

Pardons des offenses, grande vertu des Mahométans, a313. Recommandé dans l'Alcoran, ibid..

Parens, extrêmement respectés chez les Mahométans, a181.

Parenté spirituelle, commerce de galanterie des Moines avec les Dévotes & les Religieuses, d93.

Paresse, vertu des bêtes & des Espagnols, d158.

Parfait, mauvais auteur, g247.

Paris, le théâtre de l'amour & de la folie, a282. Question ridicule d'un noble Napolitain sur le port de cette ville, b361. Il y a peu de marbre dans les bâtimens c78. Centre du ridicule, comme du bon goût, ibid.. Décrit par Wallin, d265. Son Université condamne la Pucelle d'Orléans, e339 & suiv. Son Concile de 1209 fait brûler des Ecrits d'Aristote, f150. Friponnerie de ses cabaretiers, g46. Ses Ecclésiastiques bien plus puissans & tyranniques que ceux de Londres, 164 & suiv.

Paris [l'Abbé], Diacre Janséniste, ridicule de ses prétendus miracles, a74 & suiv. Le Roi fait envain fermer son cimetiere, 75, 89. N'a plus pour lui que les harangeres, b298. Gâte l'esprit d'une infinité de gens, ibid.. Trait contre la vérité de ses miracles démontrée, c259. Badinage sur son sujet, 306 & suiv. Autorisé par les Jansénistes, e17. Ses partisans très-punissables, g149. Badinage là dessus, 150. Abrégé historique des entreprises faites pour ou contre lui & assemblage des passions les plus criminelles, 247. Sa vie & ses miracles imprimés font grand tort à ses partisans, 255. Et encore plus la vérité de ses miracles démontrée, 256. Ridicule & imposture de cet ouvrage, ibid. & suiv. Débusque Sainte Géneviéve de l'esprit des badauts, 267.

Parlemens d'Angleterre, sa nature, ses droits & ses prérogatives, f265. & suiv.

Parlemens de France, leurs priviléges fort diminués, a192. Toujours opposés aux Papes & à ses suppôts, 193. Cruellement joués par le Régent, & celui de Paris exilé, 194. Attentifs à la conduite des Magistrats subalternes, 196. Ont en horreur l'inquisition, d202. Répriment les entreprises ambitieuses de la Cour de Rome, 259. Rejettent la discipline du Concile de Trente, 281. Celui de Paris condamne au feu le livre de Mariana, 303. Séveres contre la rébellion, 367. & contre les attentats de Rome, ibid.. e276. Celui de Paris rend des Arrêts en faveur de la Philosophie d'Aristote, f254 & suiv. f Préf.

Parmenide, favorable à l'ame des bêtes, f240.

Parodie d'Alcibiade, infâme ouvrage, a204

Parthes, regardés comme barbares, c44.

Partialité, vice dominant de beaucoup d'Historiens, b221. Et des sociétés religieuses l'une contre l'autre, c315.

Partisans, titres & rangs qu'ils usurpent, a188. Leur manége pour s'agrandir & s'allier. Leur vanité ridicule ibid. & suiv. Comment menés par les filles d'Opéra, 222.

Parure, est par-tout le foible des femmes, a99. Seul & unique soin des femmes, 123. Celle des Quakres, d'une très-grande simplicité, d130.

Pascal, catholique illustre, d143. Tourne cruellement en ridicule les Théologiens, Casuistes Espagnols dans ses Provinciales, 308 & suiv. 376. Les écrit par animosité contre les Jésuites, ibid.. Qui en sont très-mortifiés, 377. Fort mal voulu d'eux, 350. Leur ayant beaucoup nui, f156. g184.

Pasquier, son passage notable sur l'abus que fait la Cour de Rome du mot de Sainteté, a266. Cité contre les interdictions des Papes, d256 & suiv. Regard la Pucelle d'Orléans comme une sainte, e296. Divers faits qu'il en raconte, ibid.. Repris de crédulité, 299. Raconte la fin tragique de Brunehaud, f312. Et la triste fin de l'Empereur Henri IV, 353 & suiv. Traits de ses Recherches contre Ignace & les Jésuites, g21 & suiv. A qui il a beaucoup nui, 184.

Passeports pour l'autre Monde, les Moines en donnent aux mourans, a108. Le seul salutaire consiste en nos bonnes oeuvres, ibid..

Passions, l'homme en est le jouet, a109. Elles le déterminent toujours, 110. Savent se revêtir de l'apparence des vertus, b30.

Pater, Peintre de colifichets & de marionnettes, g237.

Patkul, cruellement mis à mort par ordre du Roi de Suede, e52.

Patriarches, Rois & Peres de leurs familles, b265. Probablement inventeurs des Lettres, d208.

Patrie, son amour fort cher aux Anglois, & chimérique pour les François, c108.

Patru, son éloquence inferieure à celle des Anciens, b352. Egal à Ciceron dans les Causes ordinaires, c37. Moins Parfait que les Orateurs Ecclésiastiques, 42. Travaille pour la gloire, & meurt dans l'indigence, ibid.. Générosité de Despréaux envers lui, 43. Son style mâle & nerveux, g176. Orateur inimitable, 179.

Pavillon François, fort respecté, f304.

Paul (Saint) Apôtre: sa statue placée sur une colonne à Rome, a264. Reprend S. Pierre son Collegue, ibid..

Paul (Saint), Hermite, nourri 50 ans par un corbeau, a258. Prioit avec une chaîne sur ses épaules, c147. Son entretien avec un Faune, d356. Sa Vie écrite par S. Jerôme, ibid..

Paul de Samosate, son caractere arrogant, a142. Sa fierté se retrouve dans tous les Prêtres modernes, 143

Paul, Diacre, maintient une imposture sur l'Incarnation, b155.

Paule (Arnould), Heiduque, écrasé d'une charrette de foin, e137. Se trouve être un signalé vampire, ibid. & suiv.

Pauvres, leurs vrais & seuls Avocats, le Code & le Digeste, g267.

Peau, ses maux guéris par le souffre, c261.

Péché mortel, s'efface pour un teston, ou pour un peu de cire, a270.

Péché originel, sa communication aux enfans, singulierement expliquée par le Pere Mallebranche, & réfutation de cette explication, e305 & suiv.

Péchés, remis par les Grands Pénitenciers de Rome, en touchant les gens d'une baguette, a70. Regardés comme égaux par Cicéron, c333. S'effacent chez les Indiens par la prononciation de trois mots, & par le bain dans les rivieres, d59.

Peines, difficultés sur leur éternité, b130 & c. Juifs, Nazaréens & Mahométans, décisifs pour elle, ibid.. Raison pour elle, & réponses, 135 & suiv. La crainte des passageres produit son effet, même sur les plus scélérats, 138. Leur utilité lorsqu'on les pose conformes aux notions naturelles, ibid..

Peintres, abondans à Rome, 101. Habiles & célebres à Anvers, d31 & c. Histoire singuliere d'un, 37. Ceux de portraits se soutiennent, g252.

Peinture, il y en a une Académie à Paris, a194. Et à Rome, 195. Aimée, mais mal exercée en Piémont, b182. Réflexion sur ses diverses Ecoles, & sa décadence, 278 & c. Doit son origine à l'amour, & au hazard, d326. Aujourd'hui peu goûtée en France. f283. Y dégénere tous les jours, g223 & suiv. Celle des portraits se soutient encore, 242.

Peirese, savant Provençal, b70. Antiquaire illustre, ibid.. Gassendi écrit sa vie, g270.

Pélerinage, moyen des Espagnols pour arriver gratis à Rome, b72. Ceux de Lorrette vraies parties de plaisir, 354. Semblable chez les Indiens & les Papistes, f233.

Pélerins, aussi considerés chez les Nazaréens que chez les Mahométans, b82. Galanterie de ceux de Lorette, 354. Et leur dévotion grotesque, ibid..

Pelicier (la), Actrice de l'Opéra, autrefois ravaudeuse à Rouen, a24.

Pelisson, son style mâle & nerveux, g182.

Pénates & Lares, les Saints de Rome leur ressemblent, a101.

Pendus, ceux d'Angleterre grands harangueurs, a322. Leur manêge comique ou déplorable, e203. Follement applaudis par leurs compatriotes, 204 & c. On imprime même leurs harangues, ibid.. Vive censure de cette conduite, ibid. & suiv.

Pénitences, celles des Indiens, semblables à celle des Papistes, f228 & suiv.

Pénitentiers (Grands) de Rome, remettent les péchés en touchant les gens d'une baguette, a70.

Pensée, le propre de l'esprit, comme l'étendue l'est de la matiere, f245.

Pensées, ce que dit Locke de leur inutilité pendant le sommeil, combattu, e350, & c. Et défendu, f30.

Pensilvanie, colonie des Quakers en Amérique, séjour des vertus, g51.

Pensions, ci devant très mal administrées en France, c269. Accordées très libéralement, combien pernicieuses aux peuples, e287.

Pentateuque, les Samaritains ne reçoivent que cette partie de la Bible, e230. Et accusent les Juifs de l'avoir corrompue, ibid..

Pera, a autrefois appartenu aux Génois, c128.

Peres de l'Eglise, leur aigreur & leur fiel, a137. Leur morale moins pure que celle de quelques payens, ibid.. Moins respectés qu'autrefois, 140. La plûpart seroient regardés comme séditieux, s'ils avoient écrit sous Henri III & IV, 146. Partialité des Nazaréens pour eux, ibid.. Excusés, 150. Plus sages comme Philosophes que comme Théologiens, 151. Traitent de saint zèle leur emportement, ibid.. Leur zèle outré, & leur ambition démesurée, ibid.. Souffrent le froid & le chaud, ibid.. Ont crû Dieu matériel, b21. Fort injurieux, 244. Défenseurs des images, c206. Regardent les faunes & les satyres comme des anges punis de rébellion, d352. Défauts & erreurs de divers d'entre eux, f55 & suiv. Exposés aux rétorsions, ibid. &c. Aristote mis en leur rang, 255. Mis sous le chevet du lit procurent de vrais songes, selon les superstitieux, g157. Badinage là-dessus contre SS. Grégoire., Bernard, Anselme, Idiota, & c ibid. & suiv.

Peres Grecs, écrivent plus purement que les Latins, a164.

Peres & meres, cruels en France envers leurs enfans mis de force dans des Couvens, c44. Réfléxions utiles à cet égard, ibid. & suiv. Artifices dont ils usent, pour ce sujet, 46 & c. Leur pouvoir trop étendu chez les Romains, e4 & suiv. Haïssent quelquefois leurs enfans, ibid..

Peripatétisme, ses partisans nient le vuide, c276, e169. Décrié par Descartes, ibid.. Adopté en Afrique, y dure plus qu'en Europe, f150 & suiv. Où Descartes & Gassendi ont eu bien de la peine à le détruire, 151. A dominé dans toutes les écoles, 235.

Pérault, petit auteur subalterne, e299. Son Parallele des Anciens & des Modernes fait déchirer les premiers, ibid.. Blâmé de ce travers, g229. Censure les longues comparaisons d'Homere, 230.

Perroquets, deux tués par ordre du Roi d'Espagne, parce qu'ils parloient François, d280.

Persans, font essuyer une terrible avanie & persécution aux Juifs, b239 & suiv. Ont subjugué l'Egypte, c69.

Perses, avoient en horreur le mensonge, c116. Education de leurs enfans, ibid.. Moins idolâtres que les Egyptiens, 117. Regardé, comme barbares, e38. Ne se découvrent jamais la tête, 161. Quoique très-soumis à leurs Princes, ne pouvoient être mis à mort pour un seul crime, f50. Fort modérés dans la punition de leurs esclaves, ibid. & suiv.

Persécution, ses suites affreuses, b160. e82 & suiv. Dernier moyen des fausses religions, b160. Folie ou fureur pernicieuse, d37. Très-mal propre à convaincre l'esprit, 127. S. Augustin en est regardé comme le patriarche, f47. Réflexions contre son usage, 167 & suiv.

Persuasion, talent rare & merveilleux, d190.

Péruviens, engraissent & mangent leurs concubines & leurs enfans, c45. Horriblement traités par les Espagnols, 47.

Pétau, Jésuite, son calcul singulier de la postérité de Noé, b71. Réfuté là-dessus, 78. Habile, e299.

Petites-Maisons, la plûpart des Législateurs & prétendus Sages dignes d'y être mis, f185.

Petitpas (la), son aventure avec un Officier, a283.

Petits Maîtres, leur fatuité en fait de modes & d'habillemens, a16. Leur autorité sur la parure des femmes, 21. Ont leurs semblables en Turquie, 99 & suiv. Très peu dévots, ibid.. Leur perfidie, 118, & c. Esclaves des passions des femmes, 183. Grands babillards, 184. Joués par les actrices d'Opéra, 222 & suiv. En droit d'être infidéles & volages, b165. N'ont qu'un certain nombre de phrases, c336. Leur pétulance & leur étourderie, fort ridicules, ibid.. Incorrigibles, meurent dans leur folie, e44. Fort infatués d'eux-mêmes, & cependant très-prévenans & polis, 93. Regardés par les Anglois comme des singes & des sappajous, 127. Description de leurs puérilités, ibid. g167 & suiv. Font parade de fidélité, & sont de la derniere inconstance, e256. Toute leur vie représentée par la conduite ridicule d'un seul, g187. Se laissent habiller sans s'aider, non plus que des poupées, 199. Vont aux spectacles pour ne les écouter ni les voir, 203, & c. Leur impertinent goût pour les chansons de Pont-neuf, 220.Leur influence sur le public, 242. & suiv.

Pétrarque, traduit en diverses Langues, d272.

Pétrone, loué de beaucoup de tranquillité à la mort, a316. Retrouvé presque entier, b284. Combien de disputes ses fragmens ont excitées, c192. Son beau passage sur l'impiété des prieres des payens, d364. Cité sur les songes, f54.

Peuple, toujours dupe de l'imposture & de 1'hypocrisie des moines & des Ecclésiastiques, a34 & suiv. Toujours dupe des imaginations les plus folles, 79. Ne peut être retenu que par la religion ou la crainte de la mort, f366.

Peuples, leur bonheur dépend de leur soumission aux Loix, a55. Ne doivent point juger leurs souverains, 59. Les livres ne les font connoître qu'imparfaitement, b152. Se sont fait des prisons en bâtissant des villes, c45 & suiv. Toujours avides de chimeres, 164. & dupes de qui veut les tromper, ibid.. Portés à la superstition & à l'idolâtrie, 210. Les plus fameux autrefois, aujourd'hui les plus vils, 212. Nés pour être tourmentés par leurs conducteurs, 320. Leur brutalité moins dangereuse que le despotisme des Souverains, d145. Embrassent aisément la religion de leurs Souverains, 226. Ne sont pas faits pour être les jouets des Princes, 225. Réflexions sur leurs droits & ceux des Souverains, ibid. & suiv. Le manege des Jansénistes pour Saint Paris, une des plus grandes preuves de leur aveuglement, g250. Portent la peine des fautes de leurs Princes, e267. Ont tous quelque ressemblance marquée, f222. Et preuve dans les Italiens & les Indiens, ibid. & suiv. Sont sages & prudens, quand leurs Magistrats redoutent l'infâmie, ibid.. Leur étrange esclavage des Papes, 356. Leur comparaison les fait connoître, g50.

Peur, son excès cause la mort, e144 & suiv. Difficulté d'en guérir, ibid. & suiv.

Pharaon, puni de Dieu. a10. Son songe divin, g127. Aucun Historien n'a fait mention de sa submersion, c145 & suiv. Regardé comme constructeur d'une des pyramides, d40.

Phare d'Alexandrie, l'une des merveilles du monde, c67. Bâti par Sostrate de Gaide, ibid.. Ruiné & enseveli sous les eaux, ibid..

Pharisiens, leur nom pris de ce qu'ils se séparoient des autres comme plus parfaits, e13. Tout pétris de visions, causent l'incrédulité des Saducéens, ibid.. Subsistent encore dans les Juifs Rabbinistes, ibid. & suiv. Orgueilleux & hypocrites, 15 & suiv. Ont négligé l'écriture, & se font chargés de mille chimeres, ibid.. Comparés aux Jansénistes, 18 & suiv.

Pharsale, la bataille plus funeste aux Romains que tous les meurtres de Néron, f265.

Phéniciens, reçoivent la circoncision des Egyptiens, c361. Regardés comme inventeurs des lettres, & de l'art d'écrire, d311. Passages de Lucain & de Brebeuf là-dessus, 312 & suiv.

Philippe, Roi de Macédoine, reproche à son fils ses propres maximes, c230.

Philippe de Neri, Patron de Turin, b175. Y est extrêmement véneré, ibid.. Beau tableau qu'en fait Solimaine, 176. Son panégyrique quant au célibat, ibid. & suiv.

Philippe II, Roi d'Espagne, ses violences sanguinaires lui font perdre les Provinces-Unies, 99. Traversé par Sixte-Quint, d251.

Philippe IV, Roi d'Espagne, aventure d'une de ses femmes, d173 & suiv.

Philippe V, Roi d'Espagne, aimé & bien servi par les Castillans d116. Change les moeurs de sa Cour, ibid.. Et soumet le peuple, ibid.. Abaisse les grands & les nobles, 159. A eu d'habiles Ministres, entr'autres Alberoni, 169. Qui ont rétabli son Etat, 170.

Philippe-le-Bel, Roi de France, attaqué par Boniface VIII, se fait insulter jusques sur son trône, g6. Lettre insolente qu'il en reçoit, & réponse qu'il y fait, f361 & suiv.

Philippe, Cordelier, forme une croisade de Genoises pour la Terre-Sainte, d49

Philon, favorable à l'ame des bêtes, f239 Sa doctrine sur les Anges, g77.

Philosophes, fort différens des Théologiens, a153. Avantages de leurs recherches, 154. Ce qui en a porté divers à nier la Divinité, a330 & suiv. Généralement fort vains, b105. Quelquefois extravagans, 106. Doivent être compatissans, ibid.. Les anciens ont été de grands voyageurs, 152. Les, Prêtres Egyptiens ont été les premiers, c214. N'avoient point de justes idées de la Divinité, ibid. & suiv Avoient presque tous le même systême que Spinosa, ibid.. Attentifs à cacher leurs défauts, 230. N'estiment que leurs philosophes, 237. Ont admis la pluralité des Dieux, d138. Systême singulier d'un, 352 & suiv. Ont pensé bien imparfaitement de la Divinité, 359. Quelques-uns à force de modestie, tombent dans le pirrhonisme, e12 & suiv. Tombent dans les défauts qu'ils reprennent en autrui, 299. Et exemple notable en Mallebranche ibid.. &c. Les modernes ajoutent de nouvelles erreurs aux anciennes, ibid.. Critiquent mutuellement & furieusement leurs sistêmes, 116. Seuls à l'épreuve de la plus sévére critique, f268. Tous les modernes bannis de chez les Jésuites, g187.

Philosophie, Les Jésuites en sont le fléau, a145. Autrefois pitoyablement enseignée en France, & méprisée, c170. Rétablie par Descartes & Gassendi, 171. Et découvertes dont on leur est redevable, 172. La bonne, inconnue en Espagne, d297. Et en Portugal, 329 & c. Plaisamment dépeinte par un musicien, e74, & c. Ses avantages extraordinairement vantés, f301. Toute moderne, bannie de chez les Jésuites, g187.

Philosophie scholastique, très-pernicieuse à l'esprit, a134. Détruite par Gassendi & Descartes, b92. Ses divers défauts, c173 & suiv. Très méprisée, d252. Bannie des Universités d'Oxford & de Cambrige, f248. A dominé dans toutes les écoles, 249. Maintenue par la Sorbonne & le Parlement, 254 & suiv. Etablie par violence, 257. Admise seule chez les Jésuites, g186.

Philosophie hermétique ou Transmutatoire. Voyez Pierre philosophale, Cabale & Cabalistes.

Philtres, amoureux, ne peuvent déterminer la volonté, mais disposent le corps à se livrer au premier objet, a208.

Physique, l'expérimentale claire & intelligible, la spéculative indissoluble, c272. Les principales difficultés de celle-ci consistent dans le vuide & l'infini, 273. A bien profité des découvertes des Chymistes, e321.

Physiciens, tous déclarés pour Newton, e310.

Pie II, Pape, son passage notable sur l'abus du célibat des Prêtres, b179. Autre sur la vénalité de tout à Rome, Préf.

Pie V, Pape, fait solliciter le massacre de la Saint Barthelemi par le Cardinal Alexandrin, b312. Sa Vie écrite par Catena, 313.

Piés, ceux des Reines d'Espagne intouchables sous peine de la vie, d171. Triste aventure d'une à ce sujet, ibid. & suiv.

Piémontois, haïssent fort les Genois, a255. Leur caractere mi-parti Italien & François, b65. Très-ignorans, 66. Leurs assemblées de beaux esprits fort risibles, 67. Très-soumis à l'inquisition, ibid.. Ont peu de vivacité, ibid.. Fort inférieurs aux Florentins, 68. N'ont aucun nom dans les sciences, ibid. & suiv. Leur peu de goût pour les belles pièces, 71. Suivent les modes françoises, b175. Leur vie très-uniforme, ibid.. Bons Symphonistes, mauvais chanteurs, 178. N'ont point de peintres, 179. Aiment les beaux arts & n'ont aucun goût pour les sciences, ibid.. Leur dédain pour tout ce qui n'est point catholique, ibid.. Leurs bibliotheques fort piétres, 180.

S. Pierre, Apôtre, repris par S. Paul son collegue, a264. Sa statue placée sur une colonne à Rome, ibid..

Pierre I, Czar de Moscovie, son caractere & son mariage bizarre, b30, e11. Prêt à être mis sous le joug, défait Charles XII, d170. Moins généreux que ce Prince, 246. Décrasse & rend moins brutaux ses sujets, e37 & suiv. Avoit bien des vertus, mais bien des vices, 52. Sa férocité lui fait sacrifier son fils, ibid..

Pierre philosophale, critique de cette folle Science, c181 & suiv. On en a peu de bons livres, & beaucoup de supposés, ibid.. Geber, son plus savant auteur, ibid.. Commence par mentir, continue par travailler en vain, & finit par la misere, 182. Voyez cabale & cabalistes.

Pierre, une de si horrible grandeur qu'on en fait une belle maison, c263. Celles de l'autel du passage du Jourdain, encore existantes, selon les Samaritains, d109. Celle de dessus laquelle Mahomet monta au ciel, conservée dans la mosquée de Jérusalem, 269.

Pindare, excelle dans l'Ode, b351.

Piper, propose à Charles XII de garder la Pologne, d246.

Pyramide, une courtisanne Egyptienne en bâtit une de ses gains, c86, d40. Voyez Rhodopha. Une d'ossemens & de têtes de chrétiens dans I'Isle de Gerbe, f175.

Pyramides d'Egypte, leur haute antiquité, c212 & suiv. d39. Tombeaux des rois & des grands, 65, e81. Ne sont point des bâtimens informes, 171. On ignore leurs constructeurs, d40. Ce qu'en dit Hérodote, cité & réfuté, ibid. & suiv. Dépouillées de leur revêtement de marbre, 42. Plaisante origine que leur donnent les Arabes, 43. Tiennent plus de la barbarie orientale que des graces Grecques & Romaines, ibid..

Piraterie, la jalousie mutuelle des états Chrétiens fait qu'ils ne détruisent point totalement celle des Turcs & des Maures, f146 & suiv.

Pirrhoniens, voyez Sceptiques.

Pirrhonisme , quelques philosophes y tombent à force de modestie, e12. Socrate, par exemple, ibid. & suiv.

Pitagore, enseigne la métempsycose, d51. Loué par Ovide à ce sujet, ibid.. Son sentiment reçu par toute l'antiquité, ibid. & suiv. Et très-mal réfuté dans ces derniers tems, 53, & c. Regardé comme cabaliste, ibid. & suiv.

Sainte Placide, Divinité subalterne des Tailleurs, e58.

Planettes, corps sans connoissance, e176.

Plantes, leur végétation expliquée par la Chymie, e326.

Planis-Campi, Philosophe hermétique, e314.

Platon, avoit de fausses idées de la nature de Dieu, 7. Punit la vanité de Diogene, 85. Grand & sage philosophe, 141. Grand voyageur, 142. Son idée de Dieu, peu semblable à celle des Juifs, 143. Les premiers Nazaréens presque tous ses sectateurs, ibid.. Et le traitoient de Saint & de Prophéte, ibid.. Fourberie monacale touchant son sépulchre, 145. Mauvais physicien & médiocre métaphysicien, ibid.. A eu quelque idée de l'immatérialité de Dieu, c215. Repris là-dessus par Cicéron, ibid.. Son systême revenant à celui de Spinosa, 216. Blâme la loi de Licurgue sur l'extinction des enfans mal faits, f40. Très-sage, 269.

Plaute, crû Piémontois, b66. Ingénieux & diversifié, mais souvent plat & puérile, 111. Egal à Moliere, 351.

Pline, presque le seul ancien auteur autentique, selon Hardouin, c192. Parle des Satyres dans les Indes, d357. Cité sur les effet de l'imagination, f202. Et sur la ressemblance, ibid.. Ce qu'il débite touchant la pierre Eumeces, merveilleuse pour procurer de vrais songes, un peu berné, g150.

Pline le jeune, son Panégyrique comparé aux Concetti des Italiens par un Abbé puriste, g237.

Pluye, observation sur la quantité qui en tombe en certain espace de tems, a40. La Chimie explique comment elle se forme par le soleil de l'attraction des eaux, e326.

Plutarque, excellent Historien, b81. Cité sur l'origine du mal, d67. Parle d'un Satyre présenté à Silla, d337. Cité sur le gouvernement de Lacédémone, f185. Raconte divers songes, entr'autres celui de Ptolomée le Foudre, g142 & suiv.

Poëme épique, les anciens y sont fort supérieurs aux modernes, b353.

Poësie, fort encouragée & applaudie en Angleterre, e189.

Poëtes, le goût pour le merveilleux a fait recevoir leurs fables, a180. Grands louangeurs, a205. Avancent peu par leur mérite, 188. Prostituent aisément leur plume, 190. Rares parmi les Allemands, d275. Les Espagnols nombreux & mauvais, 307. Les Tragiques François fort au-dessus des Anglois, e240. Ces derniers vifs & ingénieux, mais ne suivant aucune regle, ibid., Leurs comiques bien meilleurs, mais trop libres, 241. Amplifient & grossissent toujours les objets, f168.

Poëtique, celle d'Aristote excellente, f258.

Poison, employé par les Juifs Espagnols sur leurs enfans qui refusent d'embrasser le Judaïsme, a42. S'accordoit autrefois aux personnes malheureuses, 109.

Police, très sévere chez les Vénitiens, b181 &c.

Policrate, tyran de Samos, pendu sur une montagne, par ordre d'Oretes, Lieutenant de Cambyse g140. Ce qu'Hérodote débite du songe de sa fille à cet égard, ibid. & suiv.

Politesse, dissimulation perfide de celle des François, a122. N'est dûe qu'à leur manque de candeur, ibid.. Pur cérémonial, & selle à tous chevaux, g49. Tient lieu de cordialité, a122. Naît de l'éducation, e40 & suiv. S'apprend mieux à Paris qu'à Constantinople, g52.

Politique, celle de la Cour de Rome, poussée au dernier dégré, a64. Etant très-fourbe & très-cruelle, b317. Celle de tous les Italiens semblable, ibid.. Inutile pour bien gouverner, c119. Fait défendre les duels comme les tournois, 273. Portée jusques sur le théâtre en Angleterre, e260. Celle des Etats Nazaréens se traversant les uns les autres fait le salut des Turcs & des Maures, f145. N'est pas incompatible avec l'ignorance, témoin Ignace de Loyola, g24 & suiv.

Politiques, vains discoureurs & conjectureurs, c97. Vanité de leurs conjectures & prédictions, ibid.. La connoissance de l'état & des moeurs des peuples leur est nécessaire, g54.

Polnites (le Baron de) a été petit collet, b.Ep. Déd. Compliment de l'auteur a ce sujet, Préf. géner.

Pologne, par son moyen on pourroit rendre l'Allemagne toute catholique, 230. A presqu'été toute Luthérienne, & peut le devenir, ibid.. Soumise par Charles XII, & donnée à Stanislas, ibid.. Les Moscovites lui donnent un roi, ibid..

Polygamie, en usage chez les anciens Juifs, les Mahométans, & c. d75 & c. Défendue aux Juifs de la domination Nazaréenne, 77.

Pompée, cause de grands maux à la république, a304. Sa colonne à Aléxandrie, excellent morceau, c131. Profite habilement de l'observation scrupuleuse du sabbat, pour prendre Jérusalem, e26. Admire la confiance & la fermeté des Prêtres Juifs, ibid.. Illustre brigand, destructeur & tyran de sa patrie, 50 & suiv. Sa fin tragique & déplorable, f307.

Pomponace, accorde un pouvoir excessif à l'imagination, f201.

Pomponius, Evêque de Naples, délivre cette ville d'un diable pourceau, b362.

Pope, le meilleur Poëte d'Angleterre, b302. Et digne rival d'Homére, de Virgile, de Corneille, de Racine & de Despréaux, e184. Précis de son Essai sur l'homme, b302 & c. Divers de ses ouvrages traduits, d272. Son Poëme de la Boucle enlevée, fortement loué, e182. Morceau de ce Poëme sur les caractères des femmes, ibid.. Zélé défenseur d'Homére & de Virgile, 294. Homme fort, illustre, f327, g177.

Porée (Charles) Jésuite, ses harangues mal écrites & remplies d'antithéses puériles, g175. Censure d'un passage singulier d'une, ibid. & suiv.

Porto Vecchio, pris par Théodore b259.

Portraits, leurs peintres François, 1es meilleurs de l'Europe, g242. N'ont point encore dégénéré comme les autres Peintres, ibid..

Port Royal, détruit par les Moines, a29. Ses solitaires exposées à souffrir par leur amour pour la gloire, c245. Ils ont beaucoup nui aux Jésuites, g179. Disciples de Descartes, ibid.. Leur style censuré par Bouhours, ibid..

Portugais, ne font que de mauvais ouvrages, a280. Grands brûleurs de Juifs, c221. Insultés par les Espagnols, qu'ils obligent à leur faire satisfaction, d167. Reçoivent l'Inquisition, 201. Tout semblables aux Espagnols, mais plus vifs, & proprement les Gascons d'Espagne, d324. Fanfarons à l'excès, ibid.. Long-tems soumis à l'Espagne & délivrés de son joug par Richelieu, 325. Haïssent à la mort les Espagnols qui ne les aiment point, ibid.. Preuve notable, 326. Se déclarent pour Charles III, contre Philippe V, ibid.. Encore plus soumis aux Moines que les Espagnols, 327. Leur Inquisition plus sévere, ibid.. Ont néanmoins beaucoup de Juifs cachés, même parmi les plus élevés, ibid.. La bonne philosophie leur est inconnue, 329. Ont une Académie protégée par le Roi, ibid.. Leurs Moines aussi débauchés que les Espagnols, 330. Plus propres au commerce que les Espagnols, & en font beaucoup avec les Anglois, 331. Perdent grande partie de leurs conquêtes dans les deux Indes. Lisbonne, leur capitale, très-commerçante & très-riche, ibid.. Leurs femmes aussi belles & bien faites qu'ils sont laids & mal bâtis, 332. Jaloux à l'excès & leurs femmes très-coquettes & très-renfermées, ibid. & suiv. De-là naissent des crimes affreux, & sur-tout l'inceste, ibid.. Regardent ce crime comme une bagatelle, l'effacent par un voyage à Rome, ibid.. Leurs maisons aussi closes que les sérails des Turcs, 333. La Cour même se ressent de cette gêne & de cet esclavage, ibid.. Leurs persécutions des Indiens blâmées, 381. Leurs Missionnaires persécuteurs, 385 & c. Leurs Ecclésiastiques mortifiés à Lisbonne, e299. Regardent leur patriarche comme une divinité, 300. Esclaves des Prêtres & des Moines, ibid. & suiv. g89. Fortement taxés de poltronerie, ibid..

Possédés, autrefois nombreux en France, les Prêtres y trouvant leur intérêt, a220. Il n'y en a point en Angleterre & en Hollande, parce qu'il n'y a point de Moines, b260. Dans le Milanès, ont recours au saint Clou, c25. Une des mines des Moines, 154.

Possession & obsession, impostures des Moines, c146. Combien les peuples y sont crédules, ibid. & suiv. Celle d'une vache délivrée par saint Martin, 154. Les Prêtres échouent souvent dans leurs prétendues guérisons, e52.

Poudre de projection, extrêmement difficile à trouver, e318.

Poulets sacrés, consultés sur la guerre, b227. Plaisanterie d'un Général Romain à cet égard, ibid..

Pourriture, ce n'est point par elle que se fait la génération, f199.

Poussin, le lieu où il se forme dans le germe de l'oeuf, découvert par Harvey, f198 & suiv.

Poussin (le) excellent Peintre, g236. Ses tableaux aujourd'hui négligés, ibid..

Pradon, fait en un mois sa Phédre, qui passe d'abord aux beurrieres, b213. Supérieur à Sénéque le tragique, 350. Mauvais auteur, e295.

Précepteurs, généralement mauvais en Hollande, d214. Ce ne sont guères que des Moines défroqués, & des prestolets révoltés, ibid. & suiv.

Prédestination, point de division entre les Réformés & les Arminiens, d129. Crue par la plûpart des Réformés, par les Esséniens, ibid..

Prédicateurs, assujettis à la mode, a17. Ceux de France sages & attachans, b350. Leur éloquence plus parfaite que celle des Avocats, & pourquoi, c43. Sermon ridicule d'un impertinent, 63 & suiv. Censure des abus qu'ils font de la chaire, 65. Devroient être sévérement examinés avant d'avoir la liberté de prêcher, 67. Combien il importe au public qu'ils soient sages & bien instruits, ibid. & suiv. Répetent leurs sermons comme les petits-maîtres leurs quolibets, 336. Se forment mal en jouant des Tragédies, g184. Aussi ceux des Jésuites se sentent-ils toujours du théâtre de Collége, ibid. & suiv. Plaisamment décrits par un Juif, a45. Payés pour prêcher contre ce qu'ils pratiquent, 46. Insolence & rébellion de ceux de 1 ligue, 138.

Prédications séditieuses, cause de l'assassinat de Henri IV, a148. Et des troubles en Angleterre, e284.

Prédictions, fort puissantes sur les Egyptiens, g119. Pures fourberies, ibid..

Préfaces, piéges tendus à l'esprit & au bon sens, b345. Presque toutes menteuses, ibid. & suiv.

Préjugés, fortement inculqués par les Régens, & c. dans l'esprit de la jeunesse, b351. Extrêmement difficile de s'en défaire, d136 & suiv.

Presbytérianisme, seul dominant en Ecosse, où il n'y a plus ni évêques ni Anglicans, g117 & suiv.

Presbytériens Ecossois, contrainte extrême où ils tenoient Charles II, d171. Seuls maîtres des églises en ce royaume, g102. Haïssent fort les Anglicans. ibid..

Presbytériens Anglois, haïssent souverainement les Anglicans & les Papistes, e154. Fort opposés aux Anglicans touchant 1'usage du chapeau en chaire, & plaisanterie là-dessus, 161. &c. Fort entêtés de leurs usages, ibid.. Leur habillement lugubre, & leur maintien sombre & fâché, 162. Comparés aux Jansénistes appellans, & aussi envieux & hypocrites qu'eux, ibid. & suiv. Leurs cérémonies, simples & moins choquantes que les Anglicanes, 197.

Présens, toujours dangereux à la liberté publique, f371.

Presse d'Imprimerie, sa liberté ne doit point être gênée, ni sa licence tolérée, g90 & suiv.

Prétendant, lui & ses fils dans le même cas que les anciens Rois rampans à Rome, a113.

Prêtres Nazaréens, embrouillent la Religion à dessein de dominer, a24. Gênent extrêmement les Sciences, 26. Sont seuls cause des troubles en France, 56. Comparés aux Janissaires & Spahis, ibid.. Revendent les dispenses qu'ils ont achetées du Pape & des évêques, 66. Favorisent l'opinion de sortilege, 220. Approbateurs de cent sots contes, ibid.. S'attribuent un pouvoir despotique sur les démons, 339. Toujours trompeurs, b78. Et hargneux, 80. L'avarice est leur propre, c2o6. Leurs mauvais conseils pernicieux à bien des Princes, e281 & suiv. Fortes raisons pour leur mariage, f324 & suiv. Qui leur a été permis jusqu'au douziéme siécle, 340. Excellent moyen de les rendre sages, g185.

Prevôt (la), excellente danseuse de l'Opéra de Paris, g246. Touchoit & contentoit, 247. Ses débauches, a. ibid. & suiv.

Prevôt d'Exiles, ses romans approuvés, b42.

Prideaux, cité touchant le courage & la fermeté des Prêtres Juifs, e20 & suiv.

Prieres, esprit d'avarice & d'impiété de celles des payens, & même des Juifs. a21 & suiv.

Privilèges, ne s'accordent en Hollande que pour la fabrique des livres, & nullement pour leur matiere, g89. Abus qu'en font certains Libraires de Hollande, 90.

Prix, de quelle utilité seroient dans les écoles militaires, c267.

Prix, mettre un sur la vie des homme non criminels, infâmie inexcusable, f366.

Probité, fondement du bonheur, c240. Louée dans les religions les plus impies, f38.

Procès, leur horrible longueur, c76. Fort communs en Angleterre, e300 & suiv.

Processions, celles des châsses des saints décrites, a100 & suiv. Une très-ridicule à Aix en Provence, d86 & suiv. Celle des papistes & celle des Indiens très semblables, f226.

Procurateurs de saint Marc, leurs fonctions & prérogatives, f198.

Prodiges, relation de ceux des Vampires, e138 & suiv. Fort observés & craints des Egyptiens, g120. Les Historiens doivent les rapporter, mais en laisser le jugement aux Physiciens, 137.

Properce, ses élégies très-belles, b350.

Prophétes des Juifs, fort respectés par les Turcs, a92. Reçoivent la loi orale des soixante-dix anciens, & la communiquent au Sanhedrin, b157.

Prophéties, mauvaise foi des Juifs touchant celles qui concernent le Messie, a93.

Prosélytes, les Nazaréens & les Mahométans fort entêtés d'en faire, a87.

Prospere (saint), son poëme imprimé moins de fois que les poësies de du Cerceau, b345.

Protecteur de la Nation Angloise, titre cent fois plus expressif & plus magnifique que celui de Roi & d'Empereur, f317.

Protestans, ne se décident point sur le salut des autres, b52 & suiv. Leur réponse au colloque de Poissy sur le salut des hommes, 56. Rejettent les traditions ainsi que les Caraïtes, 154. N'admettent que l'écriture, 156. Conservent leurs maisons nobles, sans cloîtrer cruellement leurs filles, e46. Ne condamnent pas les papistes, mais peu s'en faut, d103. Leurs ecclésiastiques mariés, 105. Rapidité de leurs progrès, & étendue de leurs acquisitions, 230 & suiv. Ont beaucoup perdu en Allemagne, 234. Ne sont point persécuteurs, 243. Tirent avantage de la conduite d'Innocent XI, 248 & suiv. Tolerent les papistes qui les persécutent partout, e82. Ne permettent point à leurs ecclésiastiques de persécuter, ibid.. Jugent peu équitablement des bons livres Romains, 121. Ecrivent fortement contre la philosophie d'Aristote, f252 & c. Extrêmement aidés par le renouvellement des sciences, ibid. & suiv.

Protestantisme, danger qu'il court en Saxe, d233. Presqu'éteint dans le Palatinat & dans l'Evêché de Spire, ibid.. Ses pertes en France & en Allemagne, 236 & suiv. Les nouvelles sectes ne lui nuisent point, 250. Favorisé par Marguerite de Valois, Henri VII, & c. d. ibid..

Provençaux, vifs & ingénieux, b67. Ont une foule de grands hommes, 69.

Provence, toujours fertile en gens de génie & en sçavans, ibid.. De-là les sciences se répandirent dans le royaume, ibid.. Ses ports bloqués par ceux de Corse, e91. Son Parlement justifié touchant le jugement du pere Girard & de la Cadiere, ibid.. Quelques-uns de ses sçavans, autres illustres, g29 & suiv.

Provinces-Unies, secouent le joug Espagnol à cause de l'inquisition, a119. Deviennent le dépôt des richesses de l'univers, & les protectrices de la liberté opprimée, b191. Leur état présent mauvaise compilation, 218 & suiv. Perdue pour l'Espagne par la cruauté de Philippe II, 138. Leur république fondée sur l'égalité, ibid.. Leur Académies, ibid. & suiv. Réunies par les Princes de Nassau, f194.

Prude, caractère d'une amoureuse, b39.

Prudence, trop confondue avec la mauvaise foi, c115.

Psamméticus, regardé comme constructeur des pyramides, d41.

Pseaumes, les réformés & les presbytériens sont couverts en les disant, mais se découvrent pour les chanter, e161.

Psaume II, verset 7, impertinemment expliqué par quelques Rabbins, e232 & suiv.

Psellus, croyoit les anges corporels, g76.

Ptolomée le Foudre, défait & tué par Séleucus, g131. Ce que débite là-dessus Plutarque du songe des amis de ce Prince, ibid..

Public, toujours facile à tromper, ses divers foibles, a180. Dupe de l'intelligence entre les Libraires & les Journalistes mercénaires, b334 & suiv. Toujours dupe de qui veut le tromper, c187.

Pucelle d'Orléans, l'histoire de cette fille rapportée & examinée, e322. Regardée par bien des François comme une fourberie des Généraux de Charles VII, 323. Comparée à la Cadiere, 327.

Pudeur, louée & estimée dans les religions les plus impies, f37.

Pusendorff, la Continuation de son Introduction à l'Histoire, très-mauvaise, b119. Savant du premier ordre, & rival de Grotius, d267. Son Traité du Droit de la Nature & des Gens, ibid.. Excellent ouvrage, f52. Défendu à la sollicitation des Jésuites, 33. Qui le redoutent fort, g189.

Puget, excellent sculpteur, g243. Ses statues à Gênes, 244. Etoit de Marseille, ibid.. Et y a fait un excellent éleve, 270.

Pultowa, Charles XII y est battu par le Czar, d245. Voyez Charles XII.

Punition, très-sagement administrée chez les Perses, f51.

Purgations, légeres, faites à l'aide de la rhubarbe, du séné & de la casse, e260.

Purgatoire, imaginé par les moines, & profits immenses qu'ils en tirent, a304 & suiv. N'est crû que par le peuple, 306. Admis par bien des religions, b136. Chargé d'absurdités par les Papistes, ibid. & suiv. Il en pourroit être un, & quel sens, ibid.. Les courtisannes de Venise lui sacrifient leurs gains certains jours de la semaine, b306 & suiv. Fort semblable à la métempsycose, e19. f228 & suiv. Son inutilité, 290 & suiv.

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Quakers, leurs opinions & leurs coutumes, d130 & suiv. N'ont aucun Sacrement, pas même le Baptême, 298. Ne sont point haïs par les autres Nazaréens, 358. Détail de leurs vertus, f73.

Quesnel, le désir de la gloire l'expose à souffrir, c247.

Question indissoluble, les hommes y sont trop attachés, c282.

Queue, honneur attaché au retroussement de celles des gens de Justice, d'Eglise & des femmes, e195.

Quiétisme, contemplation passive & union intime avec Dieu, qui tient lieu de toutes les vertus, c290. Opinion dangereuse, qui permet au corps tout plaisir, pourvû que l'esprit s'éleve à Dieu, autorise les plus affreux désordres, ibid.. Originaire d'Orient, & fort chéri par les moines, ibid.. Livres de cette opinion, tant réels qu'imaginaires, 292. Fort combattu par les Evêques & les Prêtres, ibid.. Les Faquirs Indiens pratiquent à peu près, & aussi tranquillement, les mêmes impuretés, f228.

Quinquina, remedes des fievres d'accès, c260.

Quintessence, cinquiéme élément des cabalistes, e316.

Quintilien, témoigne que le Latin a extrêmement changé, d183. Traité de misérable ancien par l'Abbé Cartaut, g134.

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Rabbins, ne cherchoient point à dominer sur les Juifs, a36. Moins visionnaires que l'Archevêque de Sens, ibid.. En imposent quelquefois aux Juifs, 81. Sincérité d'un, 97. Ont introduit bien des puérilités dans leur religion, 268. Une de leurs impertinences, 261. Autre, 264. Damnent tous les Nazaréens, b53 & suiv. Fort opposés aux Caraïtes, 136. Superstitieux à l'excès, 146 & suiv. Plus asservis à leurs traditions qu'à la loi, ibid. & suiv. Supposent la Loi écrite donnée ce jour, & expliquée de nuit par la Loi orale, 147. Font Dieu pécheur, vicieux & pénitent, 150 & suiv. Leurs absurdités, plus grandes que celles de l'Alcoran, c304. Et une insigne, ibid.. Ont rendu le Judaïsme puéril & méprisable, 360. Leurs contes sur les faunes, d352. Ne font que des livres de visions, & aucun de murale pour la correction de leurs peuples, 359. Leurs écrits sévérement défendus, e210. Font grand tort au Judaïsme par les impertinences de leurs écrits, 322. Donnent la torture aux Livres sacrés, 232. Exemple, ibid. & suiv. Supposent bien des choses comme révélées, 305. Leurs écrits, cause des divisions des Juifs, f126. Leurs doctrine touchant les Anges, g84.

Rabbinistes, voyez Pharisiens.

Rabelais, sa plaisanterie sur le derrière du Pape, f233.

Racine, excellent Poëte, a236. Se modele sur Sophocle & Euripide, ibid.. Porte la Tragédie à sa perfection, b113. Plus parfait qu'Euripide, ibid.. Son Esther & son Athalie peuvent être mises au nombre des anciennes Tragédies, 115. Peint admirablement Ibrahim, 116. Beauté de son Bajazet, 117. Son Théramene blâmé, 350. Fut un an à composer sa Phedre, vrai chef-d'oeuvre, 184. Beaux vers de son Britannicus, 191. Cité touchant l'assassinat de Henri IV, 113. Cité contre la Cour de Rome, f239. Diverses de ses pièces traduites, & son Andromaque en Italien, 266. Fort supérieur à Adisson, e257. Amoureux de la Chanmélé, comédienne, entendoit parfaitement le langage de l'amour, ibid.. N'eût pas réussi en Angleterre, où le théâtre demande d'autres passions, 249. Son Burrhus, & son Joas, beaux & admirables caracteres, ibid.. Loue fort Sophocle & Euripide, 295. A essuyé de fort mauvaises critiques, ibid..

Ragotski, cru le nouveau Roi de Corse, b260. Bigot, ibid..

Ragoûts, agréables, mais pernicieux sur les grandes tables, c38.

Raimond Jordan surnommé Idiota, a174. Ses antitheses puériles, ibid.. Exemple, 175. Un peu raillé, g147.

Raimond (Saint) de Pennaford, badinage sur sa prétendue culotte, d219 & suiv.

Raison, présent de Dieu, qui ne peut nous tromper, b49. Passage de Descartes là-dessus, a260. Principes de toutes nos actions, b302. Inutile aux Papistes, c192. Suffisante à l'homme pour se conduire, g6.

Raisonnemens, causes de leur fausseté, d187.

Ramagegam, Livre saint des Indiens, d61.

Raphael, Ange, tache la lune avec une de ses aîles, g72.

Raphael, excellent peintre, a164, Beaux morceaux de sa façon, 166. Méprisé par un pape, qui les veut détruire, ibid.. Ses femmes excellentes, d67, Au-dessus de tout autre en son art, g221. Ses tableaux négligés en France, 239 & suiv.

Rapin, Jésuite, ses Réfléxions sur la philosophie vivement censurées, d. Préf. Traitées d'absurdes, & réfutées, f261 & suiv.

Rapin Thoyras, bon Historien mais inférieur aux anciens, b. 349. Son Histoire d'Angleterre très-sagement écrite, & adoptée même par les Anglois, d232. Sage & désintéressé, g86. Son livre traduit en Anglois par Tindal, g112. Redouté par les Jésuites, 186. La continuation de son Histoire, très-mauvais libelle, a204 & suiv. Ses auteurs, ibid.. Ennemis déclarés du protestantisme, e85. Adoptent le trait vif de Me de la Fayette contre Jacques II, 86. Lettre entière contre ce mauvais libelle, g87 & suiv. Son récit partial & séditieux de l'union de l'Ecosse, & vive censure de ce récit, 114. Pleines d'ignorances crasses, & particulierement en Géographie, ibid. & suiv. Préjugés & erreurs qu'elle peut faire naître, ibid. & suiv.

Rareté, n'est point la marque d'un bon livre, b349.

Rasis, philosophe hermétique, cité, e312 & suiv.

Rason, Philosophe hermétique, cité, e311.

Ravaillac, assassine Henri IV, a252.

Rainaud (Théophile), Jésuite, calomnie Abélard & Héloïse & leurs religieuses, f160.

Réaumur, célèbre Savant de France, g172.

Rébelles, se couvrent du manteau de la religion, a242. Toujours odieux aux Souverains, c110. Loués souvent, 111.

Rébellion, celle des Ecclésiastiques, moyen de faire leur cour au Pape, c88. Condamnée par les loix divines & humaines, d367. Presque toujours excitée par des gens qui savent séduire & tromper les peuples, f191.

Récollets, aventure galante d'un, a64 & suiv. Sont les héros de la galanterie en Portugal, portant à leurs sandales les livrées de leurs galantes, d331.

Récompenses, encouragent à la perfection des sciences & des arts, a202. Et à l'amour de la religion, c270.

Réformation, son établissement par Luther & Calvin dans les deux tiers de l'Europe, f357 & suiv. Se seroit établie en France comme en Angleterre, si on y eût laissé de même les Evêchés, &c aux Réformés, 333 & suiv. Anecdote singuliere là-dessus, 334.

Réformés, persécutés en France, a84. Et enfin chassés, 85, b292. Avoient mis Henri IV sur le trône, 293. Et l'y avoient conservé, c91. b. Préf. Massacrés à la requisition de Rome, b308. Regardent Genêve comme leur Métropole, c37. Ont donné des exemples de parfaite vertu, 62. Leur massacre fait augmenter leur nombre, 99. Ne condamnent que le culte des images, & non leur usage domestique, 113. Ne damnent pas les Papistes, mais peu s'en faut, d105. Laissent liberté de conscience à tous leurs habitans, 106. Quoique leurs dévots persécutaient très-volontiers, ibid.. Leurs ministres mariés, mais peu gagés, & ainsi traités peu favorablement par Calvin, ibid. & suiv. Ne different des Arminiens que touchant la prédestination, d127. Rapidité de leurs progrès & étendue de leurs acquisitions, 229 & suiv. Perdent la France, mais gagnent l'Angleterre, 242. Persécutés par Louis XIII & Louis XIV, 234. Tous les Grands Seigneurs abandonnent leur religion 236. Ne pouvoit espérer de se soutenir en France, 205. Ceux de Hongrie, protégés par les Moscovites, 249. La plûpart Prédestinatiens, e19. Comparés aux Esséniens, ibid.. La Maison de Bourbon leur est redevable, 52. Persécutés, & vaines excuses à cet égard, ibid.. Leur exil signalé par une infinité de meurtres & de proscriptions, ibid.. Bannis à la requisition de Rome & des Moines, 83. Rendent de grands services à Guillaume III, 84. Prêchoient autrefois avec 1e chapeau, & plaisanterie là-dessus, 157 & c. Fort attachés à leurs usages, 161. Sont couverts en lisant leurs Pseaumes, mais se découvrent pour les chanter, ibid.. Ne craignent point de rétorsion sur la Papesse, 195. Leurs cérémonies simples & modestes, ibid.. Accusés & justifiés de faire Dieu autour du péché, f136 & suiv. Crient fort contre le christianisme paganisé des Jésuites, 178 & c. S'élevent fortement contre la philosophie d'Aristote, 258. Leurs auteurs toujours disposés à condamner les Papistes, g93.

Régens, se préférent aux plus grands hommes, a232. Gâtent les jeunes gens, c85. Leur prévention pour les anciens, ibid.. Croyent que sans Aristote on ne peut que s'égarer, 39. Leur maniere de disputer embrouillée, peu convenable, 81.

Regnault, Jésuite, ses Entretiens physiques loués par le Journal Littéraire, & cette louange, convaincue de ridicule, f291. Passages de ces Entretiens, & critique de ses termes affectés, 293. Mauvais Ecrivains, ibid.. g175.

Regulus, finit tragiquement, f310.

Relations, les meilleures souvent imparfaites, b152.

Religieuses, leur galanterie à Venise, b308. Jouent des comédies à Milan, c25. Celles de Paris plus sages, mais gênées, 45 & suiv. Réflexions utiles & sensées sur leur triste vie, 47 & suiv. Artifices pour les renfermer ainsi, 49 & c. Les Dames ont autrefois eu la manie de se faire peindre en leur habit, g243.

Religion, assujettie à la mode en France, a19. Embrouillée à dessein par les prêtres & les moines, 24. Crue sur leur seule déposition, 32. Guerres ruineuses qu'elles cause en France, 83. Combien celle des souverains a d'influence sur celle de leurs sujets, a47 & suiv. Les Princes fort disposés à en changer, d233 & suiv. Il n'y en a aucune qui ne se divise en sectes, e19. Indigne d'un homme d'honneur d'en changer par complaisance ou par intérêt, 42. Seroit à propos qu'elles n'eussent rien à démêler avec le Gouvernement, 88. On en abuse pour voiler les erreurs, f91. On en dispute en Angleterre plus qu'ailleurs, 125. Sa bonté ne se prouve point par son étendue, 187. Manteau dont se couvrent les rébelles, 190. On n'en doit changer que lorsqu'on est dans l'erreur, 192. Ses préceptes sont indispensables, 201. Le manque de respect pour celle qu'on professe mène à l'Athéisme, 265. Dégénérée en fanatisme, combien dangereuse, b172. Sert par-tout de voile à la débauche, 248. Sa diversité n'autorise point à se rébeller contre les Souverains, 317.

Religion naturelle, son précis en un seul vers Latin, d389.

Religion Romaine. Voyez Papistes.

Religions, leur joug insupportable fait qu'on ne les observe point, a24. Diversités à l'influence des astres, 146. Il y a des gens de bonne foi dans toutes, 195. En juger par les relations de leurs adversaires, c'est apprendre l'Histoire dans les Contes des Fées, 304. Presque toutes surchargées d'usages abusifs, 305. Les Savans semblent les adopter toutes dans le commerce de la vie, d110. Ne causent point de division en Hollande, ibid.. Toutes damnées par les Juifs & les Papistes, excepté les leurs, ibid. & suiv. Combien difficile d'en vaincre les préjugés, 143 & suiv. Les plus folles suivies par les plus grands hommes, 148. Et crues par le peuple, 153. L'une adopte les chimeres & puérilités de l'autre, & perpétuent ainsi la superstition, e64. N'excitent point de troubles, lorsqu'elles se tolerent mutuellement, 87. Leur différence, source des plus fortes antipathies entre les peuples, 99. Juvénal cité sur leur génie persécuteur, 109. Toutes supposent des révélations particulieres, 120. Les plus impies & les plus déréglées ont eu des défenseurs de la pudeur, de la vertu & de la probité, f56. Celles qui ne s'accroissent que par la violence & le meurtre, ne sont qu'un enthousiasme infernal, 176.

Reliques, vendues fort cher par la Cour de Rome, b273. Abandonnées au vulgaire à Venise, 275. Peuvent devenir partie du corps des voleurs de grand chemin, c151. Leur inefficacité, ibid.. Leur conservation excusable, mais leur culte condamnable, 152 & suiv. Les Papes en commercent scandaleusement, 153. Une des mines des Moines, ibid.. Impudence d'un Jésuite sur leur reproduction, g44. Leur multiplicité, suite de l'avarice des Moines, ibid.. La plûpart, fruits du hazard & de l'imposture, ibid. & suiv.

Remedes, ceux de la Médecine réduits à six. f139.

Renard, bon Poëte, a238. Sa plaisanterie sur les apothicaires, b249.

Renaud, l'Arioste & le Boyardo font passer son cheval par une infinité de mains, d83.

Rendez-vous, se font dans les Eglises en Espagne, d91.

Renégats, nombreux & favorisés à Tripoli, f183. Plusieurs décapités en plaisantant par un Bey de Tunis, 304 & suiv.

Reposoirs, ceux des processions papistes fort semblables aux autels portatifs des processions des Indiens, d40.

Représailles, horribles & trop usitées en matieres de persécutions pour Religion, e92.

République des Lettres, on n'y a que très-peu de bonne foi, e288. Veut une honnête liberté, g171.

Républiques, les bien policées ne font pas grand cas des Orateurs, c246. L'égalité y est nécessaire, d147.

Répudiation, fort usitée chez les Coptes, & prise des Egyptiens ou des Arabes, c366 & suiv. Condamnée par les Nazaréens, d76.

Réputation, mauvaise regle pour juger de la bonté d'un Livre, b346. N'est pas toujours causée par le mérite, g261 & suiv.

Requiem & lux perpétua, plaisanterie sur ces mots de l'Office des Morts, a90.

Ressemblance entre parens, comment formée selon Pline, f210.

Ressemblances de moeurs & coutumes, il y en a une notable entre les peuples les plus éloignés, & en apparence opposés, f223. Preuve par celle entre les Italiens & les Indiens, ibid. & suiv.

Résurrection, bien prouvée dans l'Alcoran, c303 suiv. g35. Niée par les Saducéens, e16. Et par les Esséniens, ibid.. Reçue également chez les Juifs, les Nazaréens & les Mahométans, g35. Difficultés contre, ibid. & suiv. Certaine, mais la maniere inconnue, 45.

Retraites, assemblées de femmes chez certains Moines, abus qu'ils en font, b251 & suiv.

Retz, Cardinal, aussi séditieux que Saint Cyrille d'Alexandrie, & leurs rébellions comparées, a146. Partialité des François à leur égard, b89. Moins dangereux que la Chevreuse, ibid..

Révélations, différentes & supposées dans les diverses religions, e295. Soumission qu'il convient d'y donner, 306.

Revenans, relation touchant ceux qu'on dit paroître en Hongrie, Esclavonie, &c & qu'on nomme Vampires, e132 & suiv.

Revenus, leur privation, punition des Ecclésiastiques en France, & c. c84.

Rêves. Voyez Songes.

Révoltes, leurs terribles sujets, d89. Excitées par des gens qui trompent les peuples, f314. Naissent souvent de rien, & fort subitement, 281 & suiv.

Révoltés, toujours odieux aux Souverains, c112. Ne se rendent tels que par degrés, ibid..

Révolutions, ordinaires dans tous les Etats, f189.

Rhétoricien, n'estime que sa réthorique, c240.

Rhétorique, dédaignée & blâmée par Montagne, c246. Celle d'Aristote excellente, f260.

Rhinsbourgiens, Secte sortie d'entre les Arminiens, f360.

Rhodes, les Chevaliers de Saint Jean de Jerusalem s'en rendent maîtres sur les Sarrasins, g202. Et en sont chassés par les Turcs, ibid. & suiv. Les Juifs chargés de sa perte, b172.

Rhodope, regardée comme ayant bâti une des pyramides, d41 & suiv.

Riccius, Jésuite Missionnaire, habile homme, d44.

Richard l'Anglois, Philosophe hermétique, découvre son secret au Roi, & est exécuté dans la tour de Londres, e313.

Richard, jeune enfant de Paris fouetté & crucifié par les Juifs, d360.

Richelieu [le Cardinal de], son caractere, a246. Très-habile Ministre, b87. Suivant les vûes de Henri IV, abaisse l'Espagne, d168. Délivre les Portugais du joug Espagnol, 326. Fait toute la gloire du regne de Louis XIII, e275. Son éloge fadement rebattu dans toutes les harangues de l'Académie Françoise, g179. Aussi zélé pour la gloire d'auteur que pour celle de grand politique, d. Préf.

Richelieu, (le Duc de), brillant & aimable, a246.

Richesses, motif des prières des Juifs, a316. Plus elles sont divisées, mieux l'Etat s'en trouve, c45. Déterminent presque toujours les faveurs des femmes, c230 & suiv.

Rigaud, excellent peintre de portraits, g241.

Rigord, Médecin & historiographe de Philippe-Auguste, raconte le sacrifice d'un enfant par les Juifs, & leur bannissement général, d290. Et la condamnation d'Aristote dans un Concile de Paris en 1209, f253 & suiv.

Rigueur, seul moyen de maintenir les sujets dans le respect, e54.

Rio (Martin del) reprend Junianus Majus de fourberie & d'imposture dans l'interprétation des songes, g144.

Riperda, sa disgrace & son exil, g63. Se retire à Maroc, b263. Ep. Ded. Cru le nouveau Roi de Corse, ibid..

Robin, mot terrible aux gens de robe, c354.

Rochefoucault [le Duc de la], Courtisan, auteur, a240. Sa définition de la gravité, d286.

Rochester, [le comte de], satyrique anglois aussi énergique que Boileau, e184, Vit comme Pétrone, & meurt comme la Fontaine, ibid.. Capitule avec Burnet & se convertit, ibid..

Rodrigues, Jésuite Espagnol, mauvais auteur mal traduit, d. Préf.

Rohan, [le Chevalier de] le seul grand que Louis XIV ait fait exécuter pendant tout son regne, f265.


Rohans, abandonnent leur religion, d233.

Rohault, philosophe illustre, a204.

Royaumes, leur tranquillité dépend de l'harmonie entre le prince & ses sujets, a56. Foibles ou puissans selon leurs rois ou leurs ministres, d168.

Royauté, son origine dûe à l'intérêt, b266.

Rois, doivent être soumis aux loix, a60. Réduits à baiser les pieds des Papes, 112. Et à d'autres cérémonies, 192. Ceux de France ne font mourir personne que sur la sentence des juges, 248. Les grands rampans en leur présence, 251 & suiv. Quels ils doivent être, 292. Donnés de Dieu dans sa colere, 296. Très-redevables aux sçavans, b188 & suiv. Soumis aux loix, 262 & suiv. Leurs devoirs détaillés, 263 & suiv. Doivent leur origine au crime, ibid.. Voyez souverains.

Roland, retrouve son cheval & son bon sens, d83. Badinage là-dessus, ibid..

Rollin, son histoire ancienne, bon livre, a131.

Romagnesi, comédien Italien, misérable écrivain, b109.

Romans, amusemens de femmelettes & d'abbés, a131. Fausse idée qu'on en a, b34. Ceux de la Calprenede repris, 35. Autrefois outrés & gigantesques, aujourd'hui plus naturels, ibid. & suiv. Talens & qualités qu'ils exigent de leurs auteurs, 37. Bien faits, aussi utiles que la comédie, 43. On y doit peindre la nature & le vraisemblable, ibid.. Leur style doit être simple, ibid. & suiv. La galanterie est leur ame, ibid.. Les dames leurs juges, 44. Leur lecture pernicieuse, 339. Ne doivent être lus que par amusement, ibid.. Font vivoter quantité de mauvais écrivains, ibid.. Très-nombreux & mauvais en Espagne, & critiques ingénieuses qu'en fait Cervantes, d. 306 & suiv. Aussi nombreux & mauvais en France, g227. Et vain amas de mots, dont on cherche en vain le sens, ibid..

Romanciers, leur pitoyable maniere de composer, b35 & suiv. Moeurs risibles, & langage impertinent qu'ils prêtent à leurs héros, 37 & suiv.

Rome, description de ses moeurs, a67 & suiv. Métamorphose étonnante qu'elle subit, 110 & c. Conte d'un Talisman, cause de sa puissance, 208. Ses bâtimens modernes aussi beaux que les antiques, 270. Toujours en proie à l'avarice, des neveux des Papes, ibid.. Déchirée par les dissensions de Marius & Silla, de César & Pompée, & d'Auguste & Antoine, 274. Mise en feu par Néron, b100. Avoit moins de bâtimens superbes que la Grece, c82. Combien de Cardinaux lui sont utiles, 22. Manége de ses courtisannes, b203 & suiv. Défendu d'en sortir des statues, tableaux, & c. c90. On n'y est pas fort pécunieux, ibid.. Il n'y reste aucune trace de sang Romain, c127. Tout s'y pardonne, excepté les ombres de fautes contre l'autorité ecclésiastique, f202 & suiv. Le magistrat y protége les lieux infâmes, 330. Censure de cet abus, ibid. & suiv.

Romains, très-superstitieux, a76. Très-différens des Génois, a300. Fainéans & fiers, ibid.. Très-différens des Vénitiens, b277. Ont subjugué l'Egypte, c70. Absolument détruits, 127. Aujourd'hui un des plus vils peuples, 357. Reçoivent des Grecs les arts, les sciences & les fables, ou la religion, d273. Leur pouvoir exorbitant sur leurs enfans, e4 & suiv. Très-polis & civilisés, 36. Les anciens n'usoient point de mortier ni de ciment dans leurs édifices, f167 & suiv. Vouloient descendre des Troyens ont rebâti Troye, 168 & suiv. Faisoient garder la nuit le Capitole par des chiens, à qui ils rompoient les jambes s'ils aboyoient le jour, 219 & suiv. Cette punition ridicule blâmée, ibid.. Leurs progrès & leur
chûte, 360.

Roscomon, Lord Anglois, bon Poëte, e175.

Rose [sainte] 1'une des patrones des mystiques, c291.

Roterdam, fait ériger une statue à Erasme, d209.

Rougeurs, cause de celles que l'on regarde sur les enfans comme effets de l'imagination des meres, f215.

Rouillé, Jésuite, mauvais auteur d'une Histoire Romaine, fort ennuyante, b82 & suiv.

Rousseau, fils d'un savetier, a240. Ses Odes louées, & ses autres écrits blâmés, b301. Caractère affreux & traits de son histoire, c13 & suiv.

Rousset, fort entendu en politique, a208.

Ruban rouge ou bleu, on s'expose à tout pour l'obtenir, c270.

Rubarbe, bonne pour les purgations légéres, c260.

Rubens, excellent peintre, mais dont les figures ont quelque chose de matériel & de pesant, 32. Ne peut entiérement perdre en Italie le goût Flamand, 33. Sa galerie du Luxembourg admirable, ibid.. Forme d'habiles éléves, ibid..

Rue [de la], Jésuite, habile écrivain e297.

Ruffin, injurié par saint Jerôme, a152.

Rufo [Jean], son Austriada excellemment écrite en vers, d305.

Ruines, On ne voit aujourd'hui que celles des anciennes villes rebâties du tems des Romains, f164.

--- S ---

Sa [Emmanuel], jésuite, traits de sa doctrine sur la déposition des rois, f29.

Sabataï Sévi, Histoire de ce faux Messie, b241. Autres particularités touchant cet imposteur, 293 & suiv.

Sabatier [le pere], ami de coeur du pere Girard, c291.

Sabbat, rigidité de son observation, & modération qu'on y apporte, e25 & suiv. Les Nazaréens bien moins exacts sur le leur, 29.

Sabbat, le docteur Arnauld & la duchesse de Longueville accusés par les Jésuites d'y avoir assisté, e134.

Sacheverel, ses prédications politiques causent une révolution surprenante en Angleterre, e284.

Saci, célébre janséniste, a beaucoup nui aux Jésuites, g183.

Sapho, ses vers, galans & ingénieux, g209.

Sacrifices, quelques-uns barbares & cruels attribués aux Juifs, d359 & suiv.

Saducéens, deux de leurs erreurs, a41. N'étoient d'abord que Caraïtes, e14. Par opposition aux superstitions des Pharisiens, deviennent incrédules & profanes, ibid.. Nient l'immortalité de l'ame, la résurrection des corps & l'existence des Anges, & n'admettoient de récompenses qu'en cette vie, ibid.. Se joignent presque tous aux Hérodiens, ibid.. Les déistes de Paris les remplacent aujourd'hui, ibid..

Sage, les Stoïciens s'attribuoient très-abusivement ce nom, b106.

Sages, la plûpart de ceux à qui l'on a prodigué ce titre, dignes des petites-maisons, f184.

Sages de la Grece, seroient aujourd'hui réduits à faire des dédicaces à des traitans & financiers, b98. Divers de leurs Apophtegmes cités, d140 & suiv.

Sagesse, son amour excite moins les sçavans que la gloire & la vanité, c242 & suiv. Ne se peut acquérir que par l'étude du coeur humain, d65. A formé les Socrates, les Lockes, les Gassendis, & c. f270 & suiv.

Saignées, trop fréquentes font tomber en étisie, a85. Autant du ministère du chirurgien que du médecin, c266.

Saint Ciran, le desir de la gloire l'expose à souffrir, c251.

Saint Evremont, sa pensée sur le grand pouvoir des femmes, b90. Aimable débauché, g209.

Saint Jacques Secoue-Chevaux, temple à Rome & origine burlesque de ce nom, a71 & suiv.

Saint Julien, village de Savoye à demi-lieue de Genêve, c63. Prédication impertinente, qu'y fait un Curé, ibid. & suiv.

Sainte Justine de Venise, beauté de ce temple, e13.

Saint Pierre de Rome, magnificence de cet édifice, a72. Piler du marbre sur son degré est la pénitence de l'inceste, d333.

Saint Pierre (l'abbé de), quoiqu'homme de génie & de bon sens, donne dans de fausses idées & dans la flatterie, a132 & suiv. Excuse le Roi de Suede, d246 & suiv.

Sainteté, titre autrefois commun aux ecclésiastiques, & que les Papes ont usurpé, a270 & suiv. Passage de Pasquier, ibid.. Fruit de l'orgueil humain, d137. Ce titre changé en celui de fatuité par Philippe le Bel, f367 & suiv.

Saints & leurs Reliques, assujettis à la mode, a20.

Saints, processions de leurs châsses, a98. Chacun d'eux guérit quelque maladie, ibid.. Comparés aux dieux Pénates des payens, ibid.. Leur dénicheur, 267. Leurs vies ridicules & plus mal écrites que celles des philosophes, 344. Description de leurs fêtes en Italie, b64. Servis selon leur réputation, ibid.. Introduits dans les batailles par les Nazaréens, 158. Servis préférablement à Dieu par les Nazaréens, 176 & suiv. Vains sophismes des Nazaréens sur cette invocation, 177. Leurs reliques peuvent devenir partie du corps de voleurs de grand chemin, c153. Détail de diverses de leurs folies pieuses, ibid. & suiv. Prennent chez les papistes la place des divinités payennes, e60. Aussi divisés que les dieux payens, & sujets aux mêmes reproches, f130 & suiv.

Saladin, bâtit la citadelle du Caire, c122.

Salamandres, esprits de la région du feu, d243. Possibilité de leur existence, ibid. & c. Leur commerce impraticable, 352.

Sallo, son Journal des Sçavans sincere, b336.

Salluste, excellent historien, b349. Connoissoit à fond son sujet, g48.

Salomon, avoit très-grand nombre de femmes & de concubines, d77.

Salomon ben Virga, sçavant Juif, e217. Son Histoire des Juifs fort estimable, ibid..

Salpétriere [la] lieu de correction fort connu des filles de l'opéra, a23.

Salut, les Nazaréens y peuvent prétendre comme les Juifs, b52 & suiv. Réponse des protestans là-dessus, 53. Sentiment de saint Bernard à ce sujet, ibid.. De saint Thomas & de Vega, 55 & suiv.

Salutation, se fait aux nobles Vénitiens en leur baisant la manche, b240.

Saluts, cérémonies ou fêtes ecclésiastiques en Italie, b65.

Samaritains, celle des Sectes Juives, qui s'est le moins écartée des anciennes coutumes, e224. Leur histoire & leurs opinions, ibid. & suiv. Accusent les Juifs d'avoir corrompu le Pentateuque, 225. Ne reçoivent que cette partie de la Bible quoiqu'ils croyent le reste écrit par des auteurs inspirés, 226. Réfutés à cet égard, 227 & suiv.

Sanbenito, habillement funeste des malheureux condamnés par l'inquisition, d193.

Sanchès, Jésuite, théologien relâché, d213.

Sandoval, passable historien, mais trop superstitieux, d299 & suiv. Preuve, 300.

Sang, abhorré par les ecclésiastiques, qui brûlent ou assomment le monde, b148 & suiv. Injustement répandu fait embrasser le parti du supplicié, c98. Fluide dans certains cadavres, comment se peut expliquer, e147. Sa circulation découverte par Harvey, f198.

Sanhedrin, premier tribunal des Juifs à Jérusalem, b146. Reçoit la loi orale des prophétes, ibid..

Santé, une des sources du bonheur de l'homme, b305. Le plus précieux de tous les biens, f157.

Santons, religieux Turcs, extremement respectés, a120. Plusieurs tombeaux trouvés au grand Caire, c160.

Sarasin, son style mâle & nerveux, g180.

Sardanapale, athée paresseux, a334.

Sarpi (Frà Paolo), son bon mot sur la valise du Concile de Trente, a276. Son Histoire du Concile de Trente imprimée à Venise, b233. Inférieur aux anciens historiens, 348. Très-fidéle, d267. Excellent historien, e180. Remarque qu'Aristote est regardé comme source d'articles de foi, f253. Cité sur le scandale affreux donné au Concile de Trente par le Cardinal del Monte & son mignon Innocent, 342.

Sartena, pris par Théodore, b259.

Satyres ou Faunes, selon l'impertinence d'un Rabbin, restent imparfaits, parce que Dieu ne put les achever avant l'heure du sabbat, c101. Selon les peres de l'Eglise, sont des anges punis de rébellion, d352. Selon les payens, sont des divinités réelles, ibid.. Ne doivent peut-être leur existence qu'à l'imagination de quelque peintre, ibid.. Saint Jérôme en débite quelques apparitions, 353. On amena quelque chose d'approchant à Sylla, ibid. & suiv. Selon Pline il y en a aux Indes, ibid.. Peut-être le fruit de quelques accouplemens d'hommes & de bêtes, 354. Détruits par la réjection des formes matérielles qu'on prête aux démons, g82.

Savant, ce titre trop libéralement accordé à Paris, f351. N'appartient point à un simple faiseur de comédies, ibid..

Savans, combien gênés en France, a26. Sujets à l'ostracisme, ibid.. Persécutés par les moines, ibid.. Font imprimer ailleurs, 28. Leur nombre fort diminué en France, 100. D'ordinaire peu dévots, ibid.. Pourquoi abondans ou très-rares en certains tems, 203. Dans le commerce civil sont de toutes sortes de Religions, d210. Doivent éloigner leur demeure du mouvement & du bruit, c46 & suiv. Les plus célébres ont tous eu leurs Zoïles, 294. La plûpart de leurs disputes critiques, & c. remplies de mauvaise foi, 298. Leur haine dangereuse & excessive, f152. Exemples notables, 157 & suiv. Ceux d'Italie très-gênés, 257 & suiv. Aujourd'hui peu estimé, g173. Et extrêmement gênés, 174. S'ils doivent se marier ou non, c230 & suiv. Leurs soins, & travaux combien pénibles, 231 & suiv. Plus attachés à la gloire qu'ils ne l'avouent, 225 & suiv. Leur partialité, ibid. & suiv Ecrivant contre la gloire, semblables à un ivrogne préchant la tempérance, 331. Différence entre celui qui a vu & celui qui n'a que lû, d79. Fort méprisés par les Savoyards, b180. Combien utiles au genre humain, 182. Caractère modeste des vrais, ibid.. Peu considérés au prix d'un fat de qualité, 183. La postérité leur rend justice, 184. Leur avantage sur les conquérans, les héros & les princes, 185 & suiv. Qui leur sont très-redevables, 186. Connus & estimés en tous les tems & en tous les lieux, 188. Leurs écrits font plutôt naître l'estime que leur personne, 189. Laissent primer les ignorans par dégoût de les réfuter, 226.

Savoyards, lourds & pesans, b70. N'ont acquis aucun nom dans les sciences & dans les arts, ibid. & suiv.

Savonarole, prêche contre les désordres de la Cour de Rome, & est pendu, b166. Regardé comme précurseur de Luther & de Calvin, e178.

Savone, tyrannisée & soulagée, b35.

Saurin, excellent prédicateur, d170.

Saut de Carpe, pas de la danse convulsive de l'abbé Bécheran sur le tombeau de l'abbé Paris, a77.

Sauvages, horriblement traités par les Espagnols, & fort doucement par les Hollandois, d156.

Sauvages, certains voisins de Cirenne reduits à l'instinct & à l'état des bêtes, g2 & suiv.

Saxe, danger qu'y court la religion protestante, d236.

Saxe (électeurs de) quittent le luthéranisme & embrassent le papisme, d234 & suiv. Préjudice qu'en reçoit l'Allemagne, 235.

Scaliger [Joseph] ne croyoit point le déluge universel, b78.

Scandalum magnatum, loi par laquelle il est défendu d'invectiver les seigneurs Anglois, e132. Aventure à ce sujet, ibid..

Scarron, traduisant Virgile en burlesque, se traduit en ridicule, e295. La suite de son Roman comique, mauvaise, g88. Auteur peu estimable, Préf.

Scélérats, il n'y en a point qui ne sente son crime, b30. On doit les épouvanter par tous les moyens, e208 & suiv.

Sceptiques, les François incomparablement meilleurs que les Anglois, e180 & suiv.

Scevola [Mutius], se brûle la main dans un brasier ardent, d195.

Schall, Missionnaire Jésuite, habile homme, d386.

Scheveling, la moitié de ce village emportée par la mer, d210.

Schisme d'Occident, comparable à l'ancien cahos, a276.

Sciences, cultivées en France, mais d'une maniere fort bornée, a26. Ont des tems favorables, 208. Pourquoi languissantes ou fleurissantes en certains tems, 104. La gloire & 1'émulation leurs premiers mobiles, 230. b104. Le bourgeois peut aussi bien s'y perfectionner que le noble, 108. Conduisent à l'immortalité, 219. Leur chemin doit être libre à toutes les religions, 236. Le fanatisme & l'hypocrisie leurs plus grands ennemis, c270. Menent au doute & à la vérité, c202. Combien de travaux elles coutent, 231. Inutiles au bonheur, 235 & c. Certaines ne veulent être traitées que comme les Romans, 269. Traité sur leur incertitude, 270. Les officiers veulent paroître les aimer, e326 & suiv. Attachées les unes aux autre, 327. Favorables au protestantisme, d251 & c. Cultivées par les laïques, gémissent en Espagne, 297. Fort estimées & enlevées en Angleterre, e164. Propres à certaines professions, ibid.. Les Mahométans leur ont beaucoup nui, f167. Leur renouvellement dissipe la superstition & favorise la réformation, 357. Fort tombées en France, g173. Et extrêmement gênées, 177. Celles qui accoutument à raisonner, dangereuses selon les Jésuites, 175 & s. D'Italie se répandent par toute l'Europe, 222. Ont leur vicissitude & leur circulation comme la nature, 234 & suiv.

Scipion l'Africain, parallele entre lui & Henri IV, qu'il ne surpasse point, f295. Sa continence louée, 297.

Scithie, très-florissante peu après le déluge, b76.

Scolastiques, toute leur réputation perdue, b346. Hors de leur routine, ne sçavent plus où se fixer, c53. Méprisent le bon sens & la raison, 168. Défauts de leur philosophie, ibid. & suiv. Font tout l'ornement des Bibliothèques d'Espagne, d268 & suiv. Leur chûte prévue par Montagne, c173. Et par Bacon, e172. Les Anglois secouent absolument le joug, f276. Comparés aux Mahométans pour l'établissement de leurs opinions par la violence, 283. Ont fait beaucoup, de mal, 285. Luther, Calvin leur portent de terribles coups, ibid.. Leur philosophie seule admise par les Jésuites, g207.

Scot, toute sa réputation évanouie, b345. Préféré à la raison par les Moines, 176.

Scribani [Charles], recteur des Jésuites d'Anvers, publie un affreux libelle sous le nom de Clarus Scribanius, & sous le titre d'Amphitheatrum Honoris, g27. Il y soutient que les Papes peuvent priver, quand bon leur semble, les Princes de leurs états, ibid..

Scudery, auteur de romans diffus, b85.

Sculpture, il y en a une Académie à Paris, a198 & à Rome, ibid.. Doit sa naissance a l'amour & au hazard, b220. Se soutient assez, g243.

Sébastiano, Carme Espagnol, son aventure avec une Sévillanne, d183.

Sébastiano, Portugais, se fait Mahométan pour épouser Zulima, f120 & suiv.

Sébastien, Roi de Portugal, ne périt que pour avoir suivi les mauvais conseil des Jésuites, e281 & suiv.

Seckendorf, bon & sincere historien, mais trop diffus, 233. Son Commentarius Historicus Apologeticus de Lutheranismo, ecrit avec force & candeur, 254.

Sécretaires d'Etat, qualités qui leur conviennent, a248.

Sectes, se réunissent toutes contre le papisme sans nuire au protestantisme, d137 & c. Redevables de leur accroissement à des femmes, 261. Comment se forment, s'accroissent & s'éloignent du tronc dont elles sortent, e13 & suiv. Les Nazaréennes d'aujourd'hui ont autrefois été chez les juifs, 16.Toutes les anciennes sont péries, 38. Leur nombre étonnant chez les Juifs, les Mahométans & les Chrétiens, f127. Comment se forment & s'accroissent, ibid. & suiv. Leur haine réciproque, fort violente, 177.

Séditions, naissent quelquefois subitement d'un rien, f198. Et ne doivent point surprendre, ibid..

Séduction, exemple notable d'une, b277 & suiv.

Segrais, ses Eglogues, rivales de celles de Virgile, & supérieures à celles de Théocrite, b349.

Séguier, Chancelier de France, son éloge fadement rebattu dans toutes les harangues de l'Académie Françoise, g181.

Seize (les) de Paris, misérables, dignes d'exécration, f198.

Seleucus Cybiofactes, enleve la châsse d'or du corps d'Alexandre, & lui en substitue une de verre, e67. Défait l'armé de Ptolomée, g128.

Selim, soumet l'Egypte par une seule bataille, c360. Fait inhumainement pendre le Sultan Tonombey, ibid..

Semence de l'homme, passage singulier de S. Bernard à son sujet, a173. Autre d'un Italien, ibid.. Leeuvenhoek découvre qu'elle est remplie d'une infinité de vermisseaux imperceptibles, c308.

Séné, bon pour les purgations légeres, c262.

Séneque, accusé de peu de courage en mourant, a322. Reconnoît la volupté d'Epicure très-séche, c265. Cité touchant la fainéantise Espagnole, d159. Cité sur la dureté de la loi sur les débiteurs insolvables, e208 & suiv. Conduisoit bien Néron, e284.

Séneque mourant, superbe statue de la Vigne Borghese, a276.

Séneque le Tragique, ses pièces peu naturelles & outrées, b112. Inférieur à Pradon, 350.

Sépulture, les comédiens en sont privés, a28.

Sépulture. Voyez Tombeaux.

Sergius, Moine, prétendu associé de Mahomet dans la compilation de l'Alcoran, d75.

Sérieux, extrême chez les Espagnols, d75.

Serment, un bien bizarre & bien extravagant, d30. Singularité de ceux des Nasamones, 71. En horreur aux Quakres & aux Mennonites, 128. Passage de la Motte contre leur inutilité, 129. On n'a plus d'égard, comme autrefois, à leur dispense par les Papes, 257. On accuse les Juifs d'en faire un de tromper tous les autres hommes, 364.

Sermons, plaisamment envisagés par un Juif, a48. Un impertinent d'un Curé Savoyard, c63 & suiv. Un d'un Presbytérien François plaisamment décrit, e7.

Serpent d'airain de Moyse, conservé à Milan, c33.

Serrail, l'indolence de ce lieu bien décrite par Racine, b117. Horreur de ce séjour, 226. On ne peut gueres connoître l'intérieur de ces sortes de lieux, ibid..

Service du Roi, paroles magiques des Officiers pour piller impunément les bourgeois, c326.

Sévérité, nécessaire, sur-tout envers les disputeurs, tels que les Jansénistes & Molinistes, b290.

Shakespear, tragique Anglois, fort inférieur à Corneille, e251. A de fort beaux endroits, mais rares, 253. Ses monstres brillans plaisent aux Anglois, 254. Dans son Jules-César fait entretenir Brutus & Cassius avec les Savetiers de Rome, 259.

Si, banni du style énervé & décousu des Académiciens d'aujourd'hui, g178 & suiv.

Siamois, admettent la métempsycose d42.

Sichem. Voyez Naplouse.

Siciliens, très-ignorans, c. Ep. Déd. L'adultere leur est en horreur, d66 & suiv.

Sigisbées, espèces de galans avoués des maris à Gênes, b30.

Silence, les gens sensés aiment mieux le garder que d'écrire contre leur sentiment, a138. Nécessaire aux voyageurs en matiere de religion, c355.

Silla, maux qu'il cause à la République, a304. Plus criminel que les Miquelets & les Fanatiques, e48. On lui présente une satyre à Dirrachium, d356.

Silphes, Esprits aériens, d305. Possibilité de leur existence, 307, & c. Leur commerce impraticable, 354.

Siméon Stilite, se tient 40 ans debout sur une colonne, a267 & suiv.

Simonet, jeune enfant de Trente sacrifié par les Juifs, d360.

Symphonistes, excellens en Piémont, b181.

Singes, certains enfans naissans ne leur ressemblent que par l'imperfection de leurs joues & levres, f216.

Syriens, reçoivent la circoncision des Egyptiens, a158.

Sirmond, Jésuite, habile écrivain, e296.

Sirvantes, Poësies Provençales, b73.

Systêmes, tous ont leurs difficultés, d357. Ceux qui n'admettent point l'existence de Dieu, absolument rejettables, 363 & suiv. Un singulier d'un prétendu Arabe sur le monde & sur l'homme, ibid. & suiv. Ceux qu'on change souvent, mauvais & rejettables, f197 & suiv.

Sita, Patriarche des Faquirs ou Hermites Indiens, f230. Inventeurs des pélerinages, ibid..

Sixte-Quint, Pape, bannit de Rome les courtisannes, b234. Punit sévérement les débauchés, ibid.. Favorise Henri IV & Elizabeth contre Philippe II, d251.

Saleidan, son Histoire de l'Etat, de la Religion & de la République sous Charles. Quint, bon ouvrage estimé de tous les Allemands, d269.

Smaus, mot injurieux pour désigner un Juif Allemand, b244.

Soanin, Evêque de Senez: sa déposition accroît le nombre des Jansénistes, c100.

Société, n'est presque maintenue que par une dissimulation trompeuse & perfide, a120.

Société civile, combien le célibat lui est contraire, b177.

Sociniens, accusés de mauvaise foi en traitant les Orthodoxes de Trithéites, e42.

Socrate, grand & sage philosophe, b106. Xénophon recueille ses discours, ibid.. En quelque façon canonisé par Erasme, 189. Très-mal marié, c235. Victime de son opinion sur 1'unité de Dieu, d100. Repris de pirrhonisme, e13. Regardé comme cabaliste, ibid.. Fort loué, f264.

Sodomistes, regardés comme saints chez les Turcs & les Egyptiens, c220.

Soleil, ce n'est point lui qui excite l'imagination des peuples ingénieux & & spirituels, b53. Miracle ou conte qu'on en débite au sujet de la victoire de Charles-Quint sur les Protestans, d287. La chymie explique comment il forme la pluie & la rosée par son attraction de l'eau, e320.

Solimaine, Peintre, ses tableaux à Gênes, a297. Son tableau de Philippe Néri, b175. Excelle dans sa profession, d37.

Soliman, se rend maître à Rhodes en 1523, g21 & suiv. Attaque en vain Malte en 1566, 214.

Solis [Antoine de], son Histoire de la conquête du Mexique, bonne quoique trop chargée de miracles, d297.

Solitude, son portrait, b39.

Solon, bâtit un temple à Vénus du tribut des filles publiques, b283. Vouloit que les Magistrats fussent aussi soumis aux loix, que les peuples aux Magistrats f268 & suiv.

Somis, habile joueur de violon, b179 & suiv.

Songes, ce qu'en dit Locke, combattu, e352. Et défendu, 3 5 6 & suiv. Autrefois exposés par les Chaldéens, g118. Réflexions & exemples pour prouver qu'ils ont du surnaturel, 122 & suiv. Ce que nient les philosophes & les esprits forts, ibid.. Réflexions pour prouver le contraire, 136 & suiv. Ceux de l'Ecriture sont miraculeux & ne doivent point servir à établir une opinion générale, ibid.. Les autres sont purement naturels quoique quelquefois surprenans, ibid.. Badinage sur leurs explications, 146 & suiv.

Sophocle, excellent poëte, a240. Majestueux & sublime, 281. Porte la Tragédie à sa perfection, 115. Moins accompli que Corneille, b350. Ses pièces courtes, 106. Fort loué par Corneille & Racine, e294.

Sorbonne, le plus renommé des Colléges de France, a138. Perd son lustre en se joignant aux séditieux, ibid.. Ne peut retablir sa réputation, ibid.. Ses Docteurs taxés d'irréligion b256. Maintient la philosophie d'Aristote, f254 & suiv.

Sorciers, imposteurs ou visionnaires, a214 & suiv. Un désabusé par Gassendi, ibid. & suiv. Autrefois brûlés en France, ce qui les multiplioit, ibid.. Niés par divers Parlemens, ibid.. Nombreux au Caire, g113. M. Arnauld accusé d'assister au sabbat, f157.

Sort, dépend de la volonté de l'homme & de 1'usage qu'il fait des tems, des lieux & des personnes, & c. a214 & suiv. b84.

Sortiléges, les Nazaréens y sont extrêmement crédules, c146 & suiv.

Sostrate de Gnide, bâtit le Phare d'Alexandrie, c68.

Sotomaior (Dom Jaime de), sauve la Reine d'Espagne, & court risque d'en être puni, d170 & suiv.

Souffre, remede des maladies de la peau, c266.

Sousamour, martre zibeline en François, a16.

Souverains, toujours respectables, a58. Ne doivent point être despotiques & tyrans, mais peres de leurs peuples, 62. Doivent être soumis aux Loix, ibid.. Assujettis à baiser les pieds des Papes, 118. Et à autres cérémonies 198. Grands & courtisans, rampans devant eux, 251 & s. Moins exposés à la haine publique que leurs Ministres, 262. Quels ils doivent être, 292. Réduisent la tyrannie en art, ibid.. Ont grand besoin d'avis, 294. Juges & peres de leurs sujets, ils en sont les victimes de leurs passions, ibid. & suiv. Combien redevables aux Savans, b187 & suiv. Soumis aux loix, 265. Leurs devoirs détaillés, ibid. & suiv. Formés par le crime, ibid.. C'est à Dieu à les punir, 267. Ne dépendent que de lui seul, ibid.. On doit leur obéir, de quelque religion qu'ils soient, 317. Doivent être prudens, mais non fourbes, c106. Remplissant leurs engagemens, deviennent les peres & l'amour de leurs peuples, ibid. & suiv. Télémaque, composé pour leur instruction, 108. Ne sont point immortalisés par les monumens, 142. Leur despotisme dangereux, d128. Leur religion entraîne celle de leurs sujets, 212. Très disposés à en changer par intérêt, 219. Fort communs & médiocres en Allemagne & leur manege, 268. Leur ambition, cause de maux infinis. 273. Ne sont estimables qu'autant qu'ils sont les peres de leurs peuples, ibid. Fort respectés en France & en Allemagne, 342. Ont tous eu de grands défauts, e47. Les meilleurs, les moins respectés, 80. Adorés pendant leur vie, & leurs tombeaux violés après leur mort, 68. Beaux vers de Malherbe là-dessus, ibid. La Providence semble punir tous leurs assassins, 70. Presque tous les Nazaréens assassinés, le furent par des Moines, ibid. N'est jamais permis de se rébeller contre eux, 75. Ne sont établis, que pour protéger les peuples, & non pour les opprimer, 116, & c. Réflexions sur leurs droits & sur ceux des peuples, 117. Leurs vices supportables comme les déréglemens de la nature, ibid. Ont plus besoin que qui que ce soit d'avis & de conseils, 129. Dangereux néanmoins de les conseiller, ibid. Intéressés à modifier pouvoir de leur Ministres, d292. A écouter les plaintes de leurs sujets, ibid. Et à ne les punir que par une exacte justice, 300. Leur plus grand malheur est de se livrer aux avis des Ecclésiastiques, 311 & suiv. Heureux quand ils choisissent bien leurs Ministres, ibid. & suiv. Leurs fautes retombent sur leurs peuples, 313. Maîtres de la vie & des biens des sujets, selon S. Ambroise, f49. Le contraire établi par la Bruyere, ibid. Morts tragiques de divers, & réflexion à leur sujet, 306 & suiv. Ceux de Barbarie ont pû & dû s'y attendre., mais non les Européens, ibid. & suiv. Inscription utile pour leur instruction, 316. Réflexions sur leur juste administration, 365, & c. Leur meurtre ou leur déposition, doctrine favorite des Jésuites, g27. Et cependant ils en font leurs amis, leurs confesseurs, leurs Ministres, & c. ibid. & suiv. Implacables, ou ne pardonnant qu'à des conditions cruelles, 69 & suiv.

Spartes. Voyez Lacédémone.

Spectacles publics, manege qu'y font les hommes & les femmes, a22. Leur utilité, 24. Fréquentés par les Abbés, 47. Les féroces & sanguinaires, fort du goût des Anglois, e105. Louis XIV aimoit trop à y figurer, f267.

Spéculations, Cicéron cité contre leurs abus, e78.

Spinosa, son sistême est à peu près celui de l'ame du monde, b24 & suiv. Horreur de ce systême, ibid. Reçoit un coup de couteau d'un Juif, & quitte leur communion, 170 & suiv. Son systême, celui de presque tous les philosophes anciens, e221. Sans excepter Platon, ibid. Nie le vuide, ibid. Démontre géométriquement les principes de Descartes, 22 & suiv. Cité touchant l'indivisibilité des atomes, 227 & suiv.

Stanislas, fait Roi de Pologne par Charles XII, Roi de Suéde, d255.

Statues, selon les Mahométans demanderont des ames à leurs Sculpteurs, a181. Celles de la Vigne Pamphile, mutilées à l'instigation d'un Jésuite, 280. Histoire de celle d'Erasme, d225. Celle de Henri IV, Roi de France, extrêmement respectée par l'Auteur. Voyez Henri IV.

Style, mauvais jusqu'au XV. siécle, 180. Les controverses l'épurent alors, ibid. Détestable parmi bien des Compilateurs habitués en Hollande, d208. Celui des Académiciens d'aujourd'hui décousu, énervé & fade, g179. Est bien différent de celui de Sarrasin, Patru, Pelisson, & Despréaux, ibid.

Stoïciens, Philosophes frénétiques, 106. Leurs prétentions orgueilleuses & chimériques, ibid. & suiv. Repris par Cicéron, 107. N'avoient pour but que de satisfaire leur vanité, ibid. Leur sagesse ridicule, 304.

Suarès, Théologien Jésuite relâché, d308.

Sublime, la diction la plus simple suffit pour l'exprimer, c33. Exemple en la Genese V, ibid. Celui de l'Exorde de l'Oraison de Cicéron pour Déjotarus, 34 & suiv.

Suédois, valeur admirable de leurs paysans, c128.

Sueur [le], excellent peintre, g134. Ses tableaux aujourd'hui négligés, ibid. & suiv.

Suger, Abbé de S. Denis, très-habile Ministre d'Etat, b87.

Sujets, ne doivent point juger leurs Souverains, a60 & suiv. Toujours victimes des passions des Princes, 248. Suivent aisément la religion de leurs Souverains, d228. Ne doivent point se rébeller contre leurs Souverains, e92. Devroient avoir la liberté de leur adresser leurs plaintes & remontrances, 160 & suiv. Portent la peine des fautes de leurs princes, d326. Leurs biens & leurs vies dépendent du Prince, selon Saint Ambroise. ibid. Le contraire établi par la Bruyere, ibid. & suiv.

Suisses, mal que cause leur derniere division, a303. Protégent Geneve, c54. Les pertes de leurs Catholiques les réunissent, 98. Endurcis à la fatigue, ibid. Modestes & d'une grande frugalité, 99. Fort ivrognes, mais sans déranger leurs affaires, 100. Doivent leur liberté à leur union, 101. Disciplinent leurs troupes aux dépens des autres Souverains, ibid. Leur discipline militaire, l02. Leur situation les met à couvert des invasions, 103. L'Abbé de Saint Gall allume une guerre cruelle entre eux, 104. Et malgré ses billets superstitieux distribués à ses soldats, est bien battu, ibid. & suiv. Comment établirent la réformation, 106. Peu distingués dans les sciences, ibid. Leurs bibliothéques moins garnies de volumes que leurs caves garnies de tonneaux, 107 & suiv. Explication de l'auteur à ce sujet, ibid. De beaucoup de bon sens, mais de peu d'esprit, ibid. Leur liberté chimérique, 109. Leurs baillifs durs & peu aimés, ibid. Doivent leur conservation à leur peu d'ambition & à leur amour pour la liberté, 137. Simples & naturels, e38. Et francs, 43.

Sunnab, recueil des traditions des Mahométans, g84.

Superstition, exemples de celle des Romains, a73 & suiv. Exemple de celle des Parisiens, ibid. & suiv. Et de ceux de Dole, ibid. & suiv. Vêtue d'un capuchon & d'un froc, b318. Par tout utile aux fourbes, 164. Le peuple y est extrêmement porté, g119. Entretenue & multipliée par l'avarice des Ecclésiastiques, d85. Un Italien ne s'en guérit gueres, 106. Se perpétue de religion en religion, e28. Les Nazaréens la tournent en ridicule, & en sont les esclaves, 66. Exemple notable de son grand pouvoir, 198 & suiv. Autre plus singuliere encore, 199 & suiv. Dangereux de vouloir désabuser les gens chez qui elle regne, f327.

Supplices, leur honte & infamie éteintes chez les Anglois par les applaudissemens qu'ils donnent à l'impudence de leurs exécutés, e198. Leur crainte très-efficace pour le repos public, 239.

Suze, (la Comtesse de), ses Elégies fort belles, mais inférieures à celles des anciens, b356.

Syrach (ben), impertinence des Rabbins touchant la maniere dont Jérémie l'engendre, g83.

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Tableaux de reconnoissance, les Egyptiens & les Grecs en vouoient dans leurs temples, e6o. Originaux des Ex voto Papistes, ibid.

Tacite, son passage curieux touchant les Juifs, b75. Excellent Historien, 94. Son autorité d'un grand poids, 180. b252. Il les accuse d'une haine cruelle, 180. Dit qu'on chassoit toujours de Rome les Astrologues, & que toujours ils y restoient, e70. Connoissoit son sujet, g61.

Tailleurs, ont pour divinité subalterne Sainte-Placide, e63.

Talens, ne veulent point être forcés, 342. Certains, propres & affectés à certains pays, d7 & suiv.

Talismans, Conte d'un, prétendue cause de la puissance de Rome, a220. Bien des gens en sont infatués, ibid. Raison contre leur prétendue vertu, 221 & suiv.

Talmud, recueil des traditions des Rabbins, b153. Erreurs & ridiculités de ce livre, 154. Ses préceptes, mieux observés que la loi, 155 & suiv. Ses divers auteurs, & tems de sa compilation, 158 & suiv. Plus ridicule cent fois que l'Alcoran, c189. Les Juifs sensés n'en admettent point les impertinences, d59. Auxquelles Akiba n'a point de part, 78 & suiv. Cause des divisions des Juifs, f117. Plein de rêveries, d85 & suiv. Une fort notable, 86 & suiv.

Tambourin, mauvais Théologien Jésuite, c334. d270.

Tamerlan, cru fils d'un simple pastre, c31. Son élévation moins étonnante que celle de Théodore de Corse, 89. Traité cruellement & honteusement Bajazet & ses femmes, f286 & suiv.

Tarantules, leur venin dissipé par la musique & la danse, e80. g242.

Tartares, très-obéissans à leurs parens, a180.

Tasse (le), inférieur aux Anciens, b349. Sa Gierusamme liberata, inférieure au Paradis perdu de Milton, d183.

Tellier [Maurice le], Archevêque de Rheims, son extrême mépris pour Jacques II, e88.

Tensons, Poësies provençales, b82.

Térence, cru Piémontois, b78. Bon
Peintre, habile écrivain & sage oeconome, mais trop uniforme, b121. Egal à Moliere, 326. f36.

Terrasson, ennemi des anciens, e292.

Terre, Galilée enfermé pour avoir soutenu son mouvement, d297. S'embrasera par sécheresse, & se dissipera en étincelles, 371.

Terre-Sainte. Voyez Judée.

Terre-Sainte au Cimetieres, entêtement des papistes pour y être enterrés, e209. Exemple notable, 210 & suiv.

Terres, leurs culture très-négligée par les Espagnols, d118.

Tertullien, croit l'ame matérielle, b323. Croit les Faunes des anges punis, d338. Renverse l'ordre des sociétés, états, & c. & damne tous les Magistrats, f42.

Théatre, manege importun qui s'y pratique pour & contre les pièces, a48. Et dans son chauffoir, 50 & suiv. L'amour en est l'ame, b135. Ecole de sentimens, e287.

Théâtre François, tiré du cahos par Corneille, a236. Fort commun en Allemagne, d275. Représente bien le caractere de sa nation, e356 & suiv.

Théâtre Italien (nouveau), ses piéces amusantes à voir, mais fades à lire, b117. Sort de l'ancien à Paris, ibid.

Théâtre Espagnol, bizarre & sans regles, d98 & suiv.

Théâtre Anglois, ses Tragédies pitoyables, e250. Représente bien sa nation, ibid. & suiv. Philosophique & politique, 268. Ses comédies trop libres & dangereuses, 250. Voyez Comédie & Tragédie.

Théocrite, inférieur à Virgile, & même au Guarini, à Segrais & à Fontenelle, 384.

Théodore I, Roi de Corse, en quel équipage arrive dans cette Isle, b252 & suiv. Merveilleux de son aventure, ibid. & suiv. Cru Ragotski ou Riperda, 260. Reconnu pour le Baron de Newhoff, ibid. Quel est son pouvoir, 165. Plaisanterie sur son origine, 223. Manque d'argent & décline, c82. Vains raisonnemens, réflexions diverses sur son entreprise, 83. Son élévation plus étonnante que celle de Tamerlan, ibid. A plus d'une fois deshonoré le caractere de Gentilhomme, 84. Fait arquebuser quelques gens, 91 & c. Ep. Ded. Demande à envoyer un Ministre à Vienne, & vivement censuré là-dessus, 107. Reçoit des secours inconnus, 118. Embarrasse fort les Génois, ibid. & suiv. Qui travaillent envain à le faire assassiner, f345. Etoit en droit de leur déclarer la guerre, 346. Le second tome de ces Lettres lui est dédié.

Théodose, Empereur, traité impérieusement par Saint Ambroise, f32.

Théologiens, veulent en être crus sur leur parole, a32 & suiv. Peu propres a être consultés sur la guerre, b251. Trop méprisans envers leurs adversaires, c311. Les Espagnols très-mauvais, d297 & s. Les François plus sages & plus savans, 299. N'écrivent presque que par envie & par haine, 344. Hargneux & disputeurs, 345 & suiv. Par tout ambitieux, jaloux & persécuteurs, e160. Abusent de l'Apocalipse, pour se couvrir réciproquement d'injures & de calomnies, e237 & suiv. Sacrifient tout à leur haine, f33.142. Leur opposition aux défenseurs des droits de l'humanité est le plus grand obstacle à la morale, 143 & suiv. Redevables de leurs lumieres aux Protestans, 339. Sottise très sale qu'ils débitent sur les prétendus enfans des Incubes, g83.

Théophile, sa Tragédie de Pirasme & Thisbé, devenue dure & peu harmonieuse pour le langage, f250.

Thérapeutes ou Contemplatifs, Sectes de Solitaires Juifs, donnant dans le fanatisme, e20 & suiv. Comparés aux Mystiques, c280 & suiv. Ses écrits remplis de visions & tiennent chez eux lieu de révélation, ibid._ d. Préf.

Theses, une ridicule de l'école des Thomistes, a134.

Thibaud, Comte de Champagne, son amour & ses vers pour la Reine Blanche, b91.

Thomas d'Aquin, contient de bonnes choses, mais bien des absurdités, a173. Ecrivoit mal, 284. Son sentiment sur le salut des Gentils, b71. Surnommé l'Ange de l'Ecole, 174. Soutient une imposture touchant l'Incarnation, ibid. Plus estimé que la raison par les Moines, c162. Fort protégé par les Inquisiteurs d'Espagne, f241. Absurdités qu'il débite d'une fille couchée avec son pere, g85.

Thomassin, Historien louable, b84.

Thou [de], son excellente Histoire passera à la postérité, b216. Quoique Papiste très-estimé des Réformés, 222. Inférieur aux anciens Historiens, 354. d246. Excellent Historien, e276. Le Tite-Live & Tacite de ces derniers siécles, & le plus sage Historien François, g100. Justifié contre Moréri de penchant pour le Calvinisme, ibid. Continuellement harcelé par les Jésuites, 101. A qui il a beaucoup nui, 186. Aussi l'ont-ils en horreur, 188.

Thucidide, excellent Historien b357. Fortement critiqué par l'Abbé Cartaud, g227 & suiv.

Tibere, n'eût d'autres vertus que sa politique, d183. Etoit jaloux de la gloire de ses Ministres, f253.

Tibre, doit renfermer d'immenses richesses en statues, colonnes, & c. c80. On refuse aux Juifs de le fouiller, ibid. & suiv.

Tibulle, ses Elégies très-belles, b352.

Tindal, Anglois célèbre, f335.

Tindal, traduit en Anglois la belle Histoire d'Angleterre de Rapin Thoyras, mais non sa mauvaise Continuation, f307.

Tintoret, excellent Peintre, d22. g221.

Tirans, ne sont servis que par crainte, b273. Toutes leurs grandes qualités aussi peu admirables que celles d'un voleur de grand chemin, 274. Rare de les voir vieillir, g121.

Tirannie, réduite en art par les Souverains, a288. Fille du Vice, 155.

Tiran le Blanc, un des trois bons Romans Espagnols, d293.

Tite Live, excellent Historien, b81. Condamné au feu par Grégoire le Grand, 272. On l'a cru entier dans la bibliothéque du Grand-Seigneur, ibid. Démarches inutiles de Louis XIV pour en avoir copie, 273 & suiv. Dit qu'on doit supporter les vices comme les déréglemens de la nature, ibid. Cité sur l'impossibilité de rendre les loix commodes à tout le monde, f25. Connoissoit à fond son sujet, g56. Plein de miracles qu'il a a dû rapporter, 138.

Titien, excellent Peintre, d12. g220. Ses portraits admirables, 237.

Titres, ceux qu'on prodigue aux Princes, combien peu fondés, a287. e284. Traits de l'orgueil humain, d279.

Titres des Livres, les Libraires les changent pour se défaire de leurs mauvaises impressions, d191.

Titus, détruit Jérusalem, d332. Ses bonnes qualités le font aimer de tout l'Univers, e289.

Toiles, défendu de s'en servir pour les morts en Angleterre, e201 & suiv.

Tolérance, grande & sage à Venise, b277. Encore plus en Hollande, d98, 102 & c. e95. Et en Angleterre, ibid. Doit être universelle, excepté pour le Papisme, non comme religion, mais comme faction persécutante, ibid.

Tombeaux, ceux des Egyptiens décrits, e74 & suiv. Les pyramides étoient ceux des Rois & des Grands, ibid. Beaux vers de Malherbe sur ceux des Souverains & autres Grands, 75.

Topinambous, regarde la vengeance comme le chemin du ciel, c220.

Torres, [Dom Louis de las], sauve la Reine d'Espagne, & court risque d'en être puni, d159.

Toulouse, les morts se conservent dans le caveau d'un de ses Couvens, e149.

Tourbillons, ceux de Descartes détruits par Newton, e163.

Tournefort, Provençal, célèbre Botaniste, b85. Ecrit son Voyage du Levant, & y fait l'éloge de M. Boyer d'Aiguilles, g269.

Tournois, images des anciens jeux olympiques, la mort de Henri II les fait finir, c263.

Traditions, fort des Rabbins & des Papistes, b154. Combien utiles aux Juifs contre les Papistes, 159. Cheval de bataille du Papisme, c305.

Traductions, nous procurent les auteurs dès qu'ils ont du mérite, d317.

Tragedie, les femmes décident de son mérite à Londres comme à Paris, e253.

Tragédie Grecque, portée à la perfection, b117.

Tragédie Latine, très-mauvaise, b119.

Tragédie Françoise, portée à la perfection, b120. Egalée par les François à la Grecque, ibid. Fort supérieure à l'Angloise, e253 & c. Quelquefois manque d'action & ne donne que des conversations en cinq actes, 255.

Tragédie Angloise, fort inférieure à la Françoise, e252, & c. N'offre que des farces, & quelquefois ridicule, ibid. Améliorée par Dryden & Addisson, 271. Pourra s'améliorer, 273, 277 & suiv.

Tragédies, les Jésuites en font jouer à leurs Ecoliers, g180, & c.

Traîtres, utiles, mais odieux aux Souverains, c113. Le deviennent par degrés, ibid.

Trente, les Juifs accusés d'y avoir sacrifié un jeune enfant. Voyez Juifs. Plaisanterie sur la valise de son Concile tombée dans l'eau, a270 & suiv. Ce Concile autorise les mariages faits sans le consentement des parens, d271 & suiv. e1 & c. N'est reçu en France que pour la doctrine, & non pour la discipline, 250.

Trevisani, peintre célèbre, b185. d34.

Trévoux, le Journal ou les Mémoires qu'y font imprimer les Jésuites extrêmement partial & très-méprisé, a53. b332. Repris de mauvaise foi, d'impudence, &c. a Préf. gén.

Tribunaux judiciaires, leur affreuse lenteur & leur partialité, c75.

Triomphes. Voyez Victoires.

Tripoli de Barbarie, moins considérable qu'Alger, & n'approche point de Tunis, f182 & suiv. Gouvernée comme Alger, & les Maures y sont aussi peu assujettis, ibid. Les renégats y sont nombreux & ignorans, 183. Ses pirates peu cruels, mais grands voleurs, ibid. Les enfans y sont élevés à voler adroitement, comme à Lacédémone, ibid.

Trithéísme, les Nazaréens en sont accusés à faux, f129.

Troye, ses ruines magnifiques, c60. Enlevées par les Turcs pour leurs bâtimens, 69 & suiv. Ou brisées pour faire des boulets de canon, 75. Ce ne sont point les ruines des palais de Priam & d'Hector, mais de cette ville magnifiquement rebâtie par les Romains, f166 & suiv.

Troye [de] grand peintre de portraits, g241.

Trône, la vanité & l'orgueil, la présomption, &c. en sont inséparables, g60. Et l'amitié ne s'y trouve jamais, 62.

Troubadours, Poëtes Provençaux, b81. Privilèges dont ils jouissoient, ib. & suiv.

Tu, raison des Quakers pour 1'usage de ce mot, préférablement à celui de vous, d117.

Tuilerie, rendez-vous des Petits-Maîtres & des Coquettes, & théâtre de la médisance, a122.

Tunis, bâtie à trois lieues des ruines de Carthage, f141. Défendue par les mauvais forts de la Goulette, 142. Sa situation peu gracieuse, ibid. A encore le réservoir, les citernes & les aqueducs de Carthage, ibid. & suiv. Son Dei n'a nulle autorité, mais le Bei en est le vrai souverain, 150. Aventure singuliere du dernier, 151 & suiv. Divers traits de justice d'un fort corrompu, f264 & c.

Turbe, recueil d'ouvrages de philosophie hermétique, e311. C'est le Talmud & l'Alcoran des cabalistes, 312.

Turcs, baisent le cordon, instrument de leur mort, a32. Risquent tout pour de l'argent, b287. Leur barbarie contre les édifices antiques, 329. Ont subjugué l'Egypte, c71. Détruisent les monumens des anciennes Villes, 81. Brisent les chapiteaux & les colonnes, pour en faire des boulets de canon, ibid. Regardent les sodomites comme des saints, 218. Sérieux & phlégmatiques, deviennent gais & enjoués en Egypte, 345. Et leurs enfans qui y sont nés simples soldats, 346. Grossiers & impolis, e37. Ne se découvrent jamais la tête, 155. Passent en Afrique, & font les Maures leurs esclaves, f86 & suiv. Fort courageux, 81. Leurs esclaves plus maltraités en pays Nazaréens, que les Nazaréens chez eux, 124 & suiv. Aujourd'hui menacés de grands dangers, 152. La jalousie mutuelle des Nazaréens empêche leur ruine, ibid. & suiv. Regardent les victoires comme la protection de Dieu, 157 & suiv. Méprisent les Juifs, 158. Observent peu l'ordonnance touchant l'abstinence du vin & de certaines viandes. Voyez Mahométans.

Turques, aussi galantes que les Françoises, a94. Différence de leur galanterie, ibid.

Turenne, ses grandes actions toujours mémorables, a237. Louis XIV lui est très-redevable, e286. Loué pour déprimer Villars, f269,

Turin, grande & belle ville, b77.

Turpin Archevêque, n'usoit point d'épée pour ne point répandre de sang, mais de massue pour assommer épiscopalement les gens, b171, d184.

Turpin (saint) son culte restitué & avanture à ce sujet, g158 & suiv.

--- U ---

Ulisse, éternisé par Homère, b186. Maître fourbe, e45.

Unité de Dieu, fondement de tout le Nazaréisme, b181 & suiv.

Univers, ne peut être l'effet du concours fortuit des atômes, a324 & suiv. Son bel ordre, la meilleure preuve de l'existence de Dieu, c210.

Urie, le meurtre qu'en fit faire David justifié par Saint Ambroise, f34.

Usurpateurs. Voyez Tyrans & Conquérans.

Utile, la nature a donné à tous les hommes de le distinguer du nuisible, f280.

--- V ---

Valence (le royaume de) peuple de voleurs et d'assassins, d105 & son viceroi déplacé pour en avoir fait pendre un qui étoit moine, ibid. & suiv.

Valenzuela, après avoir été page du duc de l'Infantado, tombe dans la misere, d154. Obtient une petite charge par le moyen d'un moine, ibid. Epouse D. Eugenia, dame du Palais, 155. Est fait grand d'Espagne de la premiere classe, ibid. Dégradé & exilé aux Philippines, 156.

Valere Maxime, raconte l'aventure merveilleuse & étonnante de deux Arcadiens à Mégare, g127.

Vampires, relation touchant cette espèce de morts, vivans & suçans les gens pendant leur someil, e136 & suiv. Traités de fabuleux & de chimériques, 138.

Vambrugh, bon comique Anglois, e289.

Van Dyck, excellent peintre, digne du nom de Rubens, épuré, d33. Bien plus correct dans son dessein que tous ses compatriotes, ibid. Ses portraits admirables, g240.

Vapeurs, se soulagent par la musique, e80.

Vanini, ses ouvrages fort rares, c342. Sa vanité abominable, & particularités de sa mort, 349 & suiv.

Vanité, vice favori des grands hommes, b105. Celle des Espagnols ridicule & excessive, b73. Trait notable à ce sujet, 74 & suiv. Celle des nobles, ibid. & suiv. Fait cloîtrer une infinité de malheureuses filles, c54. Les sçavans en ont plus qu'ils n'en font paroître, 241 & suiv. Les sçavans écrivent contre, & en sont remplis, 330. Suit les Nazaréens au tombeau, 190. Très-pernicieuse dans un souverain, 291.

Varillas, nullement croyable, g120.

Varius, poëte latin, son Thieste perdu & loué, b113. Combien cette pièce seroit examinée si on la retrouvoit, c191.

Vateau, peintre de colifichets, g220. Aujourd'hui fort en mode, ibid. Le la
Motthe
de la peinture, 232. Met en vogue les arlequins, les scaramouches & autres grotesques, ibid. & suiv.

Vauban, illustre guerrier et ingénieur, a287.

Vaud, [le pays de], production de ce canton, c107.

Vaudois, le docteur Arnauld accusé de s'être fait leur chef, f125.

Vaujour [le duc de] son éloge, a241.

Vayer [la Motthe le] justifie mal les ris de Démocrite, & les pleurs d'Héraclite, b103. Défend l'Empereur Julien contre les injures des peres, b245.

Vega, son sentiment sur le salut des gentils, b63 & suiv.

Vega [Lopez de) bon auteur comique Espagnol, c345, d. Préf. Egal aux anciens Grecs & Romains, ibid. Ses pièces très-négligées par les Espagnols, d80. Mais très-estimées par Corneille qui tire de lui son Menteur, 278.

Vendôme (le duc de) modèle des généraux, a237. Fait pendre sans confession des bandits, parce qu'ils ne craignoient point la mort, e208 & suiv. Trait généreux de ce prince, mal imité par Villars, f279.

Vengeance, le plaisir le plus sensible des Ecclésiastiques, a200. Chemin du ciel chez les Topinambous, c220.

Vengeance des Moines, une d'un Carme, a34 & suiv. Une d'un Récollet, 63.

Venise & Vénitiens, description, moeurs & gouvernement de cette république, b189 & suiv. 225 & suiv. 274 & suiv. 331 & suiv.

Venius (Otho) illustre peintre d'Anvers, mais lourd & pesant, d32.

Venlo, bons peintres, Soutiennent généreusement leur art, g236.

Ventas, détestables hôtelleries Espagnoles, d100.

Ventimille, Archevêque de Paris, quoique galant homme, fort haï & dénigré par les Jansénistes, c80. Fait faire un nouveau breviaire qui lui attire la haine des molinistes, 81 & suiv. Soutenu par le Parlement, 80.

Vénus, Solon lui bâtit un temple du tribut des filles publiques, b272. Blessée au siége de Troye, d140. Chargée de fort vilains emplois, ibid. Sa statue chez les Médicis, excellente piéce, g239.

Verbe, celui de Platon exposé, c223.

Verge de Moyse, conservée à Milan & à Rome, c30. Rêveries qu'en débite Abarbanel, 31.

Verge d'Aaron, ses feuilles & ses fleurs, conservées à Aix-la-Chapelle, d74.

Vérité récompensée par les Anglois, a27. Rien de si précieux, b343. Extrêmement chere aux Perses, c127. Le doute y conduit, 213. Portée au pied du trône en Angleterre, e141. Persécutée & anéantie par beaucoup d'historiens, g74.

Vermisseaux, Leuwenhoek découvre qu'il y en a une infinité d'imperceptibles, & ressemblans à de petits crapaux dans la semence de l'homme, f187.

Vers, il y en a une infinité d'imperceptibles dans le vinaigere, d215 & suiv. Une colonne qui s'en formeroit de la terre au ciel ne seroit point apperçue sans microscope, ibid.

Versailles, il y a peu de marbre, ses antiques tirées de Rome, 76. Les Moines n'y peuvent entrer sans permission, e82.

Vertot (l'abbé de) son abrégé de l'Histoire Romaine, bon & utile, b93.

Vertu, n'illustre plus les familles, a193. Chez les Turcs elle seule éléve aux grandeurs, 194. Doit être le fondement de l'amitié, b170. Une des sources du bonheur, 301. Celle des Religieuses souvent forcée, c55. Aimable par-tout où elle est, e62. Respectée en tout pays, f34.

Veuves, leurs grimaces & nouveaux engagemens, a7 & suiv.

Vicaire de Dieu, titre qui n'appartient qu'au Messie, a32. Usurpé néanmoins par les Papes, f206.

Victoires, regardées par les Turcs comme marques de la protection de Dieu, f154 & suiv.

Vie, étrange manie qu'ont les Anglois de se l'ôter, & folles raisons qu'ils en alléguent, e238 & suiv.

Vie humaine, à combien peu de tems se réduit, e242 & suiv.

Vie de Guzman d'Alfarache, livre agréable & utile, d287.

Vierges perpétuelles, une des joies du Paradis de Mahomet, a182.

Vigneul-Marville attaque les caractères de la Bruyere, & est attaqué par Coste, c275.

Villars, bon général, a237. Fortement loué, ibid. Bat les alliés à Denain, e127. Heureux, f262. Aimant l'argent jusqu'à se railler lui-même de ce vice, 273 & suiv. Un de ses traits à cet égard, ibid. Sa prudence militaire louée, g54. Harangue fanfarone fort de son goût, ibid. & suiv.

Villedieu (madame de) beauté & pureté de ses Exilés de la Cour d'Auguste, f273 & suiv.

Villes, entre les plus belles, Naples l'emporte sur Rome, Londres, Paris & Venise, b360. Prisons que se sont construites les peuples, c75. Haïes par les Arabes, 150. Nous n'avons presque aucune idée des plus célèbres de l'antiquité, f148. Les principales rebâties du tems des Romains, 149. Et ce sont leurs ruines qu'on voit aujourd'hui, ibid. Exemple, ibid.

Villes Impériales, républiques libres, & jouissant de beaux droits, d269. Nombreuses en Allemagne, ibid.

Vinaigre, contient une quantité prodigieuse de vers imperceptibles, d324 & suiv.

Vinci, son opéra d'Artaxerxès loué, e72.

Virgile, regardoit comme Dieu l'ame du monde, g9. Cité là-dessus, ibid. Aussi connu qu'Auguste, 174. Ignace de Loyola chassoit les démons avec un de ses vers, 286. Excellent Poëte, 337. Cité sur le triste état d'Alexandrie, c60. Cité sur l'avarice & l'imposture des Moines, 155.
Son Enéide accusée de supposition par Hardouin, 247. Adorée presque par Stace, 289. Son beau passage sur la métempsicose, d30 & suiv. Et sur la descente aux enfers, e8. Ses héros des champs élisées, majestueux, 180. Mis en vers burlesques par Scarron, 291. Cité à l'occasion du molinisme, f115. Blâmé par les modernes, g212. Son enthousiasme inférieur à celui de Lucain, selon le galant abbé Cartaud, 225 & suiv.

Virgile, Evêque de Salzbourg, persécuté pour avoir admis des antipodes, d268.

Virginité, les Vénitiens vendent celles de leurs filles, b185. Trait plaisant à ce sujet, ibid. & suiv.

Virvès (Christoval) son Montserrat, excellemment écrit en vers, d285.

Visions, voyez songes.

Visir, voyez Grand Visir.

Visirs, font mourir qui bon leur semble, a250.

Voeux, vulgairement dits Ex voto images vouées dans les temples & églises, e60. Superstition prise des Egyptiens & des Grecs, ibid.

Voyageurs, leurs agrémens & leur profits, b156. Contrariétés de leurs Journaux, ibid. Les anciens philosophes en étoient de grands, ibid. Combien doivent être circonspects en matiere de Religion, c341. Les Allemands le sont volontiers, d266. La plûpart voyagent mal & sans fruit, ibid.

Voyages, combien utiles pour la connoissance de l'homme, d54. Un tout-à-fait merveilleux, 55. Leurs écrivains utiles aux sçavans, aux Princes, aux Ministres, aux Généraux, & c. g51 & suiv.

Vol, très-fréquent & toléré à Tripoli, f169. Les enfans y sont élevés à le pratiquer subtilement, ibid. Autorisé par une loi à Lacédémone, 156, & c. Cette coutume blâmée, 170.

Voleurs de grand chemin, leurs qualités aussi louables que celles des conquérans & des tyrans, c114 & suiv. e46 & suiv.

Voltaire, ses Lettres Philosophiques l'exposent aux persécutions des Moines, & le font exiler, a2. Fort passionné pour les Anglois, b. Préf. Bon Poëte tragique, introduit une nouvelle méthode, 107. Jugement de la Mort de César, 108, 109. Ses personnages trop uniformes, ibid. Taxé d'irreligion & de jansénisme, 315. Inférieur aux anciens pour le poëme épique, les peut balancer pour la tragédie, ibid. & suiv. Sa Henriade admirée pour les vers & les pensées, mais condamnée parce qu'elle est d'une moderne, 350. Accusé
d'irreligion quoiqu'il loue fort la Divinité, 362. Calomnié par Rousseau, 363. Eloge & extrait de son Alzire, 364 & suiv. Cité touchant Charles II, d155. A essuyé de fort mauvaises critiques, e293. Loue fort les Lettres Juives, e. Préf.

Vuide, question indissoluble de Physique, c251. Admis par les Epicuriens & les Gassendistes, 274 & suiv. Rejetté par les Péripatéticiens & les Cartésiens, ibid. & suiv. Son horreur, erreur ridicule, e169. Sa nécessité rétablie par Gassendi, & maintenue par Newton, 170.

--- W ---

Waller, Poëte Anglois, inférieur à Catulle & à la Fontaine, mais supérieur à Voiture & au Guarini, e186.

Wallin, son éloge des François, d245.

Walpole [Robert], Ministre d'Etat d'Angleterre, son grand mérite & son apologie, e271.

Wicherley, bon comique Anglois, approchant de Térence et de Moliere, quoiqu'inférieur à celui-ci & à Congréve, e293 & suiv. Gâte l'Ecole des Femmes de Moliere, en y introduisant un faux Eunuque fort immodeste, 294.

Wiggs, regardent Marie Stuart comme coupable d'adultere & d'assassinat & l'envoyent à tous les diables, d261.

Wicquefort, son passage touchant la brutalité des moscovites envers les Ambassadeurs, e40 & suiv.

--- X ---

Xenophon, sa netteté, sa précision & son exactitude, a275. Excellent historien, b86. Recueille les discours de Socrate, 111.

Ximenès cardinal très-habile ministre, b85.

--- Y ---

Ypecacuana, remède des dysenteries, c171.

--- Z ---

Zacharie Pape, persécute l'Evêque Virgile, pour avoir admis des Antipodes, d186.

Zéle outré de Religion, aveuglement, & fureur pernicieuse & détestable, d36 & suiv.

Zocotora, les peuples de cette Isle refusent d'écouter les Missionnaires Portugais, d257. Donnent la mort à leurs peres lorsqu'ils sont dangereusement malades, g17.

Zoïles ou mauvais critiques, a50. Il n'y a guères d'écrivain illustre qui n'en ait eu un ou plusieurs, e294. Exemples en Homere, Virgile, Corneille, Racine, Bayle, la Bruyere, Montagne, Locke, & c. ibid. & suiv.

Zonare, débite un conte touchant le tombeau de Platon, b153.

Zulima, Maure Algérienne, étrange expédient auquel elle a recours pour épouser son galant, f99 & suiv.

Zurita, bon historien Espagnol, d. Préf.

FIN DE LA TABLE.

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AVIS AU RELIEUR.

_Le Relieur coupera les premières pages par bandes.

Il trouvera dans le Tome VI deux feuilles dont les signatures sont répétées, mais dont les chiffres se suivent._


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Lettres Juives, ou Correspondance Philosophique, historique & critique, entre un Juif Voyageur en différents Etats de l'Europe, & ses Correspondants en divers endroits.

NOUVELLE EDITION, augmentée de Nouvelles Lettres & de quantité de remarques.

TOME PREMIER [a]

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A LA HAYE, CHEZ PIERRE PAUPIE.

M.DCC.LXIV.

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PREFACE GENERALE DE TOUT L'OUVRAGE. [Pref. gen.]

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Je pourrois éviter, si je voulois, de faire une Préface générale. Celles qui se trouvent à la tête de chaque volume suffisent assez pour détruire les fades critiques & les puériles objections qu'ont fait mes prétendus censeurs. L'approbation du public semble d'ailleurs me dispenser assez d'y répondre plus amplement: & ce seroit déshonorer en quelque manière le succès qu'a eu cet ouvrage, que de vouloir le défendre contre les attaques de quelques misérables barbouilleurs de papier, gens aussi ignorans dans la république des lettres, que déshonorés dans la société civile. Les injures grossieres qu'ils ont vomi contre moi, ne pourront jamais me faire aucun tort dans le monde, quoiqu'ils aient poussé l'impudence jusqu'à l'extrême, & qu'ils aient inventé les calomnies les plus atroces pour me rendre odieux & méprisable. J'ai dédaigné jusqu'a présent de les confondre, & de mettre au grand jour leur scélératesse. Mais il ne sera pas hors de propos que d'un seul trait je fasse connoître la fausseté de leur reproche. Ils ont eu l'audace de m'accuser d'avoir quitté le service par débauche & par libertinage, & ont circonstancié de cinquante particularités insultantes cette impudente calomnie. Voici, pour la détruire, la copie d'un certificat, dont j'ai fait mettre l'original chez le libraire qui a imprimé ces Lettres. Ceux qui voudront le voir, en seront les maîtres.

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Nous, capitaine au régiment de RICHELIEU, certifions à tous ceux qu'il appartiendra, que M. LE MARQUIS D'ARGENS a servi dans notre régiment en qualité de capitaine pendant toute la campagne de Philisbourg en 1734; & qu'il a quitté ledit régiment après la campagne, à cause de ses infirmités, & d'une chûte qui le mettoit hors d'état de continuer ses services. Ladite retraite faite avec l'agrément de M. le duc de Richelieu, l'estime & l'amitié de tous ses camarades. Ce que nous certifions avec grand plaisir. A Maubeuge, le 11 Mars 1738. Signé, LUMAJOUR, major, le chevalier d'ARISSAC, LA TOUR; D'ARGENSON; le chevalier DE LUMAJOUR; RAYNE; TERSON; MAJENVILLE; le chevalier d'ARTIGNOSE; LA ROUZET, commandant du troisieme bataillon; LA LANDELLE; GUICHEN; LE GRAS; SALHA; D'ESGUILLE; MAYNARD; RICHEBOURG; VAUGELAS.

Le sceau & cachet du régiment est posé & mis sur le présent certificat.

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Si mes indignes calomniateurs étoient capables de quelques sentiments d'honneur ne devroient-ils pas mourir de confusion, de se voir convaincus d'être les personnes les plus déshonorées de l'univers? Mais doit-on attendre le moindre remords de leur part? Ce seroit demander l'impossible. La honte n'est pas faite pour des gens de leur espece. Je sens que je m'avilis, en parlant trop long-tems d'eux. Mes lecteurs m'excuseront. La nécessité m'y a forcé; & il a fallu que je me résolusse à faire connoître le caractere, la naissance & la probité de ces écrivains gagés, qui, sans aucun sujet, s'étoient déchaînés contre moi.

Il est vrai que je ne dois point ranger tous mes critiques dans la même classe. Il en est quelques-uns, qui ont écrit avec plus de retenue, quoique cependant si l'on ôtoit de leurs ouvrages toutes les injures, on en supprimeroit plus de la moitié. Je ne puis m'empêcher de rire lorsque je songe aux vains efforts qu'ont fait cinq ou six petits auteurs pour s'opposer au cours de ces Lettres. Le succès prompt & heureux qu'elles ont eu, loin de les rebuter, a semblé exciter leur bile. Las d'employer la force ouverte, ils ont eu recours à l'artifice; & voyant que leurs misérables critiques étoient méprisées du public, ainsi qu'elles méritoient de l'être, ils se sont servis en quelque maniere du nom des véritables savants. Il est vrai qu'ils en ont été la dupe, & que le mal qu'ils vouloient me faire m'a procuré l'honneur le plus sensible que je pusse espérer.

Il y a quelques mois qu'il parut contre cet ouvrage une assez plate rapsodie dans la Bibliotheque Germanique. Voici la lettre que m'a fait la grace de m'écrire à ce sujet l'illustre & savant M. de Beausobre, dont l'Europe entiere respecte le mérite, & admire les vastes connoissances & la profonde érudition.

«MONSIEUR,

J'ai été fort surpris & fort mortifié de trouver dans le tome XL de la Bibliotheque Germanique une lettre où l'on critique une de vos Lettres Juives. Comme on n'ignore pas que j'ai part à ce journal, vous auriez pu croire, monsieur, que j'en ai, aussi, à la publication de cette lettre. C'est ce qui m'oblige à vous dire que cette piece a été fourrée à mon insu, dans la Bibliotheque. La longue maladie qui m'est survenue au commencement de l'automne, & dont je ne suis pas encore remis, m'a empêché de donner aucune attention au journal. J'ai seulement envoyé la section IX de la réponse aux journalistes de Trévoux, & ne me suis point mêlé du reste. Si j'avois quelques observations à faire sur vos ouvrages, je vous les communiquerois, monsieur, pour en faire l'usage que vous trouveriez à propos. Ces égards sont bien dûs à un auteur qui, comme vous, a infiniment de l'esprit, & qui enrichit le public d'ouvrages très-agréables & très-instructifs. Continuez, monsieur, à mériter l'estime des honnêtes gens qui ont du goût pour le vrai & pour le beau. Vous vous êtes acquis toute la mienne, &c.»

DE BEAUSOBRE.

A Berlin. le 15 Février 1738

Quel gré ne dois-je point savoir à l'auteur subalterne qui a fait insérer dans la Bibliotheque Germanique, la piece où il a prétendu décrier mes ouvrages, puisqu'elle me procure ce que j'aurois acheté par tout ce qui m'eût été le plus cher? Accoutumé de bonne heure à regarder M. de Beausobre comme un des plus vastes & des plus sages génies de l'Europe, son estime m'avoit toujours paru d'un prix infini; & peut-être sans mon critique, n'eussai je jamais su jusqu'où alloit sa complaisance pour mes foibles talents. Il faut que j'avoue que, si j'ai jamais ressenti quelques mouvements de vanité, c'est à la premiere lecture de sa lettre. Mais ces mouvements font bien excusables, & si Boileau fit tant de cas de la lettre que lui écrivit M. Arnaud, qu'il vouloit la faire graver sur son tombeau, quelle satisfaction ne dois-je pas ressentir de celle de M. de Beausobre, théologien aussi grand qu'Arnaud, critique aussi éclairé que Bayle, historien aussi sincere & aussi correct que de Thou? Une seule de ces qualités suffit pour former un grand homme. Je demande quel est le mortel qui puisse être insensible à l'approbation d'un personnage aussi illustre & aussi respecté, non-seulement dans la république des lettres, mais parmi tous les gens de mérite & de goût. Puissent tous les grimauds du Parnasse écrire contre moi plus de rapsodies que Pradon & Bonnecorse n'en ont écrit contre Boileau, si l'ennui passager qu'elles me causeront est réparé par une gloire éternelle. Dorénavant, je croirois être indigne de l'honneur que j'ai reçu, si je faisois la moindre attention à des personnages aussi sots que ridicules, & dont je ne dois me venger que par un parfait mépris.

Je place dans cette classe les journalistes de Trévoux. L'univers entier connoît leur mauvaise foi. Que peut-on espérer de bon de trois jésuites, chargés par leur état de défendre toutes les iniquités de la société? pour les faire rentrer en eux-mêmes, leur dira-t-on qu'ils n'ont ni honneur ni probité? On les en a convaincus plusieurs fois. Le front d'un jésuite n'a jamais su rougir que du dépit de ne pouvoir pas nuire à ses ennemis. Aussi n'est-il aucun mensonge que ces journalistes n'inventent, aucune fourberie à laquelle ils n'aient recours pour en venir à bout. Je ne répondrai point ici aux injures grossieres qu'ils m'ont dit; & je renvoie mes lecteurs à la préface du cinquiéme volume, & à la lettre où il est parlé d'eux dans le second. (1).

[(1) Lettre XIII]

On trouvera dans ces deux endroits de quoi pouvoir juger de l'équité de ces révérends peres, qui ont eu l'impudence de m'accuser de déïsme, parce que j'avois plaisanté sur quelques friponneries des moines, & en passant, aussi sur les leurs.

Quoi! l'état de jésuite est-il si glorieux,
Qu'on ne puisse en parler sans offenser les dieux?


C'est avec bien de la raison qu'un de nos plus sages écrivains a dit: «Si vous attaquez aujourd'hui quelque auteur moine qui ait du crédit à la cour, ou auprès des magistrats, il va obtenir des lettres de cachet, ou des arrêts, pour vous faire envoyer en exil comme si c'étoit une querelle d'état ou de religion. Quasi illud respublica esset(1).

[(1) Amelot de la Houssaie, Annal. de Tacite, Liv. IV, pag.288. Réflexions politiques.]

J'ai éprouvé cette vérité; & il n'a pas tenu aux faux dévot & aux moines, de soulever l'univers entier contre moi. Mais s'ils savoient combien je me ris & combien je me moque de leur impuissante haine, ils cesseroient de criailler inutilement. Philosophe encore plus par tempérament que par étude, rien ne peut me faire de la peine, que les reproches secrets de ma conscience. Or, il n'est aucun principe, aucune maxime dans les Lettres Juives que je ne sois fermement persuadé être très-conforme aux regles de l'honneur, de la probité & du bon & vertueux citoyen. On y voit par-tout cette soumission qu'on doit aux puissances que Dieu nous a données pour nous conduire. Le respect pour la personne des souverains y est fortement établi. Toutes les qualités morales y sont mises dans un assez grand jour; & le public qui juge sans passion a justifié par son approbation mes sentimens.

Les invectives des faux dévots ont fait si peu d'impression sur les honnêtes gens, & sur les personnes d'un certain rang, que divers souverains m'ont fait assurer de leur protection, si je voulois me retirer dans leur état. Il n'y a pas encore trois mois qu'un des plus illustres, des plus estimables, & des plus respectables princes d'Allemagne, frere d'un grand roi, dont les vertus égalent la naissance, répondit à une personne de distinction qui lui avoit écrit à mon sujet, que si j'avois dessein de m'établir dans son pays, j'y jouirois de sa protection dans une pleine & entiere liberté. Ma santé ne m'a pas permis de pouvoir être assez heureux pour aller le remercier de ses bontés, & elle m'oblige à me fixer dans un autre climat. Mais, dans quelque endroit que je sois, je me moque de la haine des hypocrites, des faux-dévots, & de celle de tous mes ennemis. Je leur conseille donc de se tranquilliser, & de ne point se tourmenter vainement.

En voilà, je crois, assez pour ma justification. Quelque ennuyeux que soit ce détail, les lecteurs verront qu'il étoit nécessaire. Plus ils ont eu de bonté pour mes ouvrages, & plus je me flatte de les voir passer à la postérité. J'ai dû par conséquent me purger des calomnies dont on m'avoit chargé. Il est impossible d'estimer parfaitement un livre, lorsqu'on mésestime la personne qui l'a écrit.

Au reste, quelque bon accueil que le public ait fait à mon ouvrage, il s'en faut bien que je le croie exempt de défauts. S'il y a quelque chose de louable, & qui le distingue de la plupart de ceux d'aujourd'hui, c'est que la vérité y paroît hardiment. Je n'ai point craint de heurter de front tous les abus qui m'ont paru ruiner la société. J'ai plus fait que de condamner la superstition, le fanatisme, l'hypocrisie, la mauvaise foi. J'ai démasqué ceux qui profitent habilement de ces vices, pour parvenir à leurs fins, & qui font servir à leur intérêt particulier les malheurs & les calamités publiques. C'est là ce qui m'a fait tant d'ennemis: Hinc prima mali labes. Mais dussai-je en voir croître le nombre à chaque jour, rien ne pourra me forcer à manquer à ce que je dois à mes concitoyens. Je n'ai écrit que pour leur être utile. Devois-je déguiser la vérité? Je l'ai dite hardiment, & la dirai toujours. Et si fractus illabatur orbis, impavidam ferient ruinae.

Je viens actuellement aux augmentations que j'ai faites dans cette derniere édition. Les nouvelles Lettres que j'y ai ajouté, me paroissent aussi passables, & j'ose dire aussi intéressantes que les autres. Je n'avois pu les donner en feuilles périodiques, parce que le même sujet contenant quelquefois deux ou trois _Lettres, on ne pouvoit guere les lire, encore moins les vendre & les débiter séparément. J'ai ajouté dans beaucoup d'endroits des notes, des remarques, & quelques citations qui m'ont paru nécessaires. Comme on doit tâcher de rendre un ouvrage, le plus qu'il est possible, utile aux lecteurs, j'ai cru devoir leur présenter sous les yeux, certains passages des plus grands hommes qui autorisoient ou justifioient quelques-uns de mes sentimens, qui, peut-être sans cela auroient moins trouvé de croyance chez les gens qui se déterminent difficilement. J'ai recorrigé bien des fautes d'impression, qui s'étaient glissées dans les premieres éditions; & il est peu de Lettres où il n'y ait, outre cela, quelque changement ou augmentation. Je prie donc le public de ne point s'arrêter aux différentes contre-façons_ qu'on a fait de cet ouvrage dans divers pays. Elles sont remplies de fautes, & entiérement différentes de cette édition. Je n'ajouterai rien à ce sujet; l'exactitude de celle-ci fera assez connoître sa supériorité sur toutes les précédentes.

Au reste, je suis obligé, & comme philosophe, & comme galant homme, de déclarer ici, que je n'ai eu aucune intention de faire de la peine à M. le baron de Polnitz, en disant qu'il avoit été abbé. J'ai cru, qu'il regarderoit cela comme une plaisanterie. J'ai su le contraire, & ayant pour la naissance & le mérite de M. le baron de Polnitz tous les égards que je dois, je suis bien aise de protester publiquement, que personne n'est plus convaincu que moi qu'il est digne de l'estime de tous les honnêtes-gens. Je lui ai en particulier des obligations que je ne dois point oublier. Mes lecteurs lui en ont aussi; car sans lui, peut-être n'eussai-je jamais fait les Lettres Juives. Il appaisa le gouverneur de Rome & d'autres prêtres, fort irrités contre moi, & deux Suisses très-aimables, à cause de certains discours peu mesurés que nous avions tenu sur la pantoufle du pape, & sur les miracles de S. Jacques secoue-chevaux. M. le baron de Polnitz étoit chéri de tout ce qu'il y avoit à Rome de gens de distinction. Le pape lui avoit donné un appartement dans son palais; & je l'ai vû très-souvent à Monte-Cavallo, où sa sainteté fait sa demeure. Je rends à ce seigneur Allemand la justice qu'il mérite, avec d'autant plus de plaisir, que j'ai l'agrément qu'il n'est aucun particulier qui puisse se plaindre de moi; & qu'en blâmant les défauts des hommes, j'ai évité, autant qu'il m'a été possible, des personnalités également odieuses & déplacées.

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A MONSIEUR JAQUES, GARÇON LIBRAIRE.

J'apprends, M. JAQUES, que vous êtes d'une exactitude infinie a porter les Lettres que j'envoie deux fois par semaine à votre maître. Souffrez que je vous en fasse mes remerciments, & vous en montre ma reconnoissance dans une épître dédicatoire.

Vous recevez un honneur qu'on a rendu aux plus grands héros, mais qu'on on a aussi accordé à bien des faquins. Le mérite a occasionné les louanges qu'on a données aux premiers: les richesses les ont attirées aux derniers. Vous n'étes, vous, M. JAQUES, ni grand-homme, ni riche; car votre maître m'a assuré, que vous ne gagniez que douze sols par semaine, & l'on me soupçonnera peu d'avoir voulu flatter votre vanité, pour partager vos trésors. Mais enfin, tout pauvre que vous êtes, je vous aime mieux,

Avec votre indigence,
Qu'un commis engraissé des malheurs de la France.

Vous êtes, du moins, honnête garçon: & les gens d'affaires sont ordinairement de grands coquins. Le nom de quelqu'un d'entre-eux eût admirablement convenu à la tête des LETTRES JUIVES, _par la ressemblance que les fermiers-généraux, partisans, & autres voleurs publics, ont d'ordinaire avec quelques-uns des Israélites modernes. Mais puisque le vôtre s'y trouve placé, il y restera, s'il vous plaît.

Je suis, Monsieur JAQUE,

Votre très-humble & très obéissant serviteur,_

Le traducteur des Lettres Juives.

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PREFACE DU TRADUCTEUR.

Lorsque j'entrepris la traduction des LETTRES JUIVES, j'entrevis une partie des inconvéniens qu'il y avoit à les rendre publiques, & je n'eusse jamais consenti à me dessaisir du manuscrit si mes amis ne m'eussent reproché de vouloir priver les philosophes & les honnêtes-gens de la lecture d'un ouvrage qui pourroit les amuser. Ils me rassurerent sur l'inimitié des moines, & me persuaderent enfin que ces Lettres conservant pour la personne des souverains le respect qui leur étoit dû, & ne contenant que des maximes utiles au bien & à la tranquillité publique, les lecteurs judicieux ne se laisseroient point prévenir aux déclamations de quelques bigots & de quelques ignorants, qui croient que c'est attaquer Dieu, que de démasquer le vice & l'hypocrisie.

Cependant, ce que je prévoyois est arrivé. L'on m'a regardé, parmi certaines gens, comme un homme dont la religion étoit suspecte; & l'on m'a voulu rendre responsable des sentiments de mon auteur. N'y a-t-il pas de l'extravagance à vouloir exiger qu'un Juif approuve des maximes & des usages qui sont directement contraires à sa loi & à ses préjugés? S'est-on scandalisé des lettres de l'Espion Turc? Elles sont infiniment plus hardies que celles dont j'ai donné la traduction. Cependant on n'a pas cru, chez les honnêtes gens, devoir rendre responsable le François des maximes du Musulman.

Si l'approbation des connoisseurs, le succès d'un ouvrage, récompensent un auteur de la peine que peuvent lui faire certains discours, j'ai lieu de me consoler de la critique de quelques ignorants, & de la calomnie de certains bigots. J'ai reçu des lettres de différents endroits de l'Europe, qui me félicitent du bon sens d'Aaron Monceca: & récemment, mon copiste de la Haye m'a envoyé l'original d'une lettre de mylord***, dans laquelle il écrivoit en Hollande son sentiment à son ami sur les Lettres Juives, de la maniere du monde la plus obligeante pour moi. Je sais que l'approbation d'un réformé paroîtra suspecte à un catholique outré; & que plusieurs ont été choqués de quelques plaisanteries sur les cérémonies de l'Eglise. Mais ils auroient dû s'appercevoir, qu'en attaquant l'écorce, & pour ainsi dire l'inutile, & le superflu de la religion, on en a relevé le fonds & le solide avec beaucoup de netteté & de précision. Ce n'est pas quelque plaisanterie sur le rit Romain, qui a révolté les faux-dévots: ce sont leurs friponneries, leurs fourbes & leurs hypocrisies, mises à découvert.

Cela leur a été d'autant plus sensible que l'ouvrage a eu un cours qui leur a fort déplu, & auquel ils auroient bien voulu s'opposer.

Si l'attention que je dois à des seigneurs de la premiere volée, n'arrêtoit la vanité que leur approbation me donne, il eût été aisé de faire voir, qu'au milieu de Paris même, les Lettres Juives ont trouvé d'aussi grands partisans qu'en Hollande & en Angleterre. C'est à des génies de la premiere classe qu'on doit s'efforcer de plaire. Doit-on s'embarrasser d'être condamné par un tas de grimauds, d'ignorants, de moines & de faux dévots? Ce qu'ils condamnent en vaut-il moins?

Au reste, quelques savants, au goût desquels je ferai toujours gloire de me soumettre, eussent voulu qu'Aaron Monceca eût donné l'extrait de quelques livres nouveaux. La chose étoit fort aisée. J'ai plusieurs lettres de lui, traduites, prêtes à être mises sous presse, & qui concernent uniquement la littérature, mais le libraire, plus attentif à contenter le public que le petit nombre de savants, a préféré de publier d'abord toutes celles qui regardent les moeurs & les coutumes, comme intéressant plus de monde, en se débitant plus aisément. Dans le second volume de cet ouvrage, on tâchera de contenter alternativement les savants, les petits-maîtres & les dames qu'on devoit mettre les premieres. On annonce même la paix aux moines, dont les lettres prochaines font assez peu de mention; le second volume de cet ouvrage roulant uniquement sur la galanterie, la littérature et les moeurs.

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Lettres Juives, ou Correspondance Philosophique, historique & critique, entre un Juif Voyageur en différents Etats de l'Europe, & ses Correspondants en divers endroits.

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[Pages a1, a2 & a3]

LETTRE DE MONSIEUR D... AU LIBRAIRE.

Je viens enfin d'obtenir d'Aaron Monceca ce que vous souhaitez avec tant d'empressement: il consent que je vous envoie réguliérement la traduction des principales lettres qu'il écrira sur les sujets qui lui paroîtront dignes de ses réflexions. Il m'a même promis de me communiquer les réponses de son ami Isaac Onis, rabbin de Constantinople; & celle de Jacob Brito, juif Génois, son correspondant en Italien. Comme il a changé de nom depuis qu'il est en France, il n'a aucun ménagement à garder. Ainsi, Monsieur, tout votre secret doit se borner à cacher le traducteur, que vous mettriez dans la nécessité, s'il étoit connu, de déguiser les noms de ceux dont il parle dans ces lettres (1), & d'adoucir certaines expressions qui dépeignent au naturel les véritables sentimens de ses philosophes Hébreux. Je sais, Monsieur, &c.

[(1) Les aventures qui sont insérées dans ces Lettres sont conformes à la plus exacte vérité.]

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LETTRE PREMIERE.

Aaron Monceca, à Isaac Onis, rabbin de Constantinople.

Après bien des fatigues, mon cher Isaac, je suis enfin arrivé à Paris, & depuis mon départ de Constantinople, c'est ici le premier moment où j'ai pu te donner de mes nouvelles. J'aurois souhaité de t'écrire de Marseille; mais j'y ai séjourné si peu, & tant d'embarras m'ont accablé, qu'il m'a fallu différer. J'ai été heureux de savoir la langue du pays: sans cet avantage, il m'eût été impossible de terminer mes affaires.

Depuis que je suis en France, je n'ai pû profiter des avis que tu m'avois donnés avant mon départ; ni de tes instructions fondées sur l'expérience de tes voyages dans les cours d'Allemagne, de Pologne & du Nord.

En traversant un pays, sans s'arrêter qu'autant de temps qu'il en faut pour satisfaire à la faim & au sommeil, il est impossible de s'instruire. Il faudra donc te contenter de quelques remarques vagues, qui sont le fruit des conversations que j'ai eues avec trois compagnons de voyage, & de quelques avantures qui me sont arrivées sur la route. Je réparerai, à la seconde lettre que je t'écrirai, le vuide de la premiere; & je m'apperçois déja, depuis vingt-quatre heures que je suis ici, que je ne manquerai pas de matiere pour entretenir notre correspondance philosophique.

[Pages a4 & a5]

Le négociant de Marseille m'avoit adressé à Lyon à son correspondant: il voulut absolument que je logeasse chez lui; & le matin que je partis pour Paris, il me conduisit au carrosse. Nous étions quatre dans cette voiture, deux marchands, un officier & moi. A peine eûmes-nous fait deux lieues, qu'on eût dit que nous nous étions connus depuis dix ans. Ils avoient la complaisance de répondre, avec une politesse & une douceur infinies, aux questions que je leur faisois, & j'ai déjà reconnu que les François ont généralement beaucoup plus d'attention pour les étrangers dans leur pays, que lorsqu'ils sont hors de chez eux. C'est assez leur défaut, à Constantinople, de n'approuver rien que ce qui vient de France, ou que ce qu'on y fait.

A deux journées de Lyon, (1) en descendant dans l'hôtellerie, nous entendîmes un bruit étonnant, & nous vîmes beaucoup de gens assemblés devant la porte d'une maison voisine.

[(1) A Châlons sur Saône]

Nous nous informâmes de ce qui pouvoit causer cette émeute: un homme qui se trouva là, nous en apprit le sujet. «Messieurs, nous dit-il, le logis, où vous voyez tous les voisins du quartier, appartient à Mr. Mirobolan, apothicaire: il vient de se produire dans le monde d'une façon brillante; & désormais, ce sera un des saints illustres de la grande confrérie. Il a trouvé Mme Mirobolan en flagrant-délit avec un de ses garçons de boutique. La fureur l'a saisi: il a pris une vieille arquebuse, & a voulu la décharger sur son rival. Le fusil, plus sage & plus bénin que lui, à refusé de prendre feu. L'amant a sauté par une fenêtre dans la rue: la femme a appellé les voisins; ils sont accourrus & ont trouvé M. Mirobolan, la rage dans les yeux, & le fusil en main, assommant sa chere moitié à coups de crosse. L'on a eu grande peine à la sauver de son courroux.

Et que fera-t-on, Monsieur, lui dis-je, à cette femme adultere?

«Et que voulez-vous qu'on lui fasse, me répondit-il? elle va porter plainte contre son mari, qui, n'ayant aucun témoin de l'affront qu'il prétend avoir été fait à son honneur par le garçon de boutique, sera obligé de lui donner une pension chez ses parens, où elle va se retirer.»

Vous n'y pensez pas, repliquai-je; vous voulez obliger un mari à payer argent comptant les infidélités de sa femme?»

[Pages a6 & a7]

«Ce sont nos loix, me répondit-il, & nos jurisconsultes, exemples des maris débonnaires, les ont approuvées & soutenues par des milliers de volumes.»

Que penses-tu, mon cher Isaac, de la confusion & du dérangement qui regne dans les coutumes & les moeurs des nazaréens? Ils vantent tous les jours la beauté & la régularité de leur morale & l'adultere passe chez eux pour galanterie. Quelle différence de l'innocence d'Israël aux débauches des infidéles! Nos femmes mettent leur plus grande gloire à n'aimer que leurs époux: c'est de leurs tendresses dont elles attendent cette lampe qui doit éclairer de l'un à l'autre hémisphere; & si quelquefois l'humanité & la foiblesse l'emportent chez elles sur la sagesse & la raison, elles effacent la moitié de leur crime par les soins qu'elles prennent d'en ôter la connoissance au public.

Les nazaréens regardent l'infidélité des femmes comme un sujet inépuisable de plaisanteries & de bons mots. Cet officier, de qui j'étois compagnon de voyage, se moquoit de mon étonnement. Ses discours, sont si gravés dans mon esprit que je me servirai, autant que je pourrai des mêmes mots que lui, pour que mes expressions te paroissent aussi originales que les faits que je te raconterai.

«On voit bien, me disoit-il, que vous venez du bout du monde. Eh quoi! une femme galante vous étonne? Vous vous humaniserez, si vous restez quelque temps dans ce pays, & vous quitterez cette austere vertu.»

Comment, lui dis-je, Monsieur, voit-on souvent des scenes pareilles à celle qui vient d'arriver?

«Non, me répondit-il: tous les maris ne sont point aussi sots que M. Mirobolan, & ne rendent pas publiques les affaires de leur ménage.»

Il faut donc, repliquai-je, que les mariages soient bien mal assortis dans ce pays: ce qui doit faire le bonheur de la vie en fait toute l'infélicité.

«Vous vous trompez, me dit-il; nous sommes accoutumés à ces sortes d'accidens: le sort de nos voisins, de nos parens, de nos amis, nous prépare au nôtre, & nous en ôte l'amertume. D'ailleurs, le mariage chez nous est une espece de commerce. On prend une femme comme on prend une piece de drap: on mesure l'un à l'aune, & l'autre aux louis d'or.»

Je crois, lui répondis-je, qu'une femme doit peu aimer un mari, qui n'a trouvé d'aimable en elle que les richesses, & qu'elle doit le perdre sans le regretter.

[Pages a8 & a9]

«Il en meurt peu, me dit-il en riant, de douleur d'être veuves. Elles observent pourtant un grand cérémonial. D'abord qu'une femme perd son mari, vous diriez qu'elle va suivre son sort. Elle s'enferme dans son appartement, que l'on dépouille de toutes les parures ordinaires: tableaux, miroir, tout est condamné. Une tapisserie noire & lugubre en fait tout l'ornement. On croiroit qu'elle est retirée dans un tombeau. Au moindre souvenir du défunt, ses yeux sont deux fontaines qui versent de l'eau en abondance. Ses cris, son désespoir éclatent dans le public. Voyez-la dans le particulier, elle écoute dès le premier jour, les consolations que lui donnent ses confidentes. Un ami prend soin de lui représenter, qu'elle est encore dans un âge où elle ne doit point s'enterrer vivante.»

Vous êtes jeune, aimable, belle, voudriez-vous ensevelir tant de charmes? Il est peu d'hommes qui ne s'estiment heureux de succéder à votre époux. Croyez-moi, ma chere enfant: le conseil que je vous donne, je le prendrois pour moi. Vous n'ignorez pas quelle est la façon de penser du chevalier. Il avoit du goût pour vous, lorsque votre époux vivoit: pensez-vous qu'il ne le remplaçât pas avec plaisir?

«La veuve, à ce discours, baisse les yeux, & fait la petite bouche. L'amant vient faire dans ce moment une visite de bienséance: sa présence acheve de persuader; & le mari n'est point encore enterré, que la veuve est déjà remariée.»

De semblables moeurs. mon cher Isaac, ne sont-elles pas une punition visible de la colere de Dieu? Il noya autrefois Pharaon & les Egyptiens dans la mer rouge: il abîme les nazaréens dans un gouffre de perdition & de réprobation. Il a garanti son peuple de ces excès, & le vice n'a pu se naturaliser ainsi chez nous. Nos femmes ont levé les mains au ciel conjointement avec nous: elles ont béni le dieu d'Israël; & il n'a point répandu, ni sur elles, ni sur leurs enfans, l'esprit de perdition.

As-tu jamais réfléchi, mon cher Isaac, sur le caractere des femmes juives? Ce sont les seules de l'univers, sur qui les moeurs des pays n'influent pas: elles ont par-tout la même liberté & la même retenue. L'Europe, l'Asie, l'Afrique, les voient également vertueuses: il n'en est pas ainsi des femmes des autres religions.

[Pages a10 & a11]

Les mahométannes doivent leur sagesse aux verroux, aux portes & à la vigilance des eunuques: elles ont autant de penchant à l'infidélité que les nazaréennes; & elles sont même moins difficiles à seduire. Lorsque l'occasion est favorable, la conclusion suit de près la déclaration. La contrainte, dans laquelle elles sont retenues, leur fait profiter du premier moment. La seule vertu est la regle des filles de Sion: elles sont aussi libres en Asie, que les Européennes; & elles y ont la sagesse des mahométanes: elles la conservent de même parmi les débordemens des pays nazaréens, sans être séduites, ni tentées par le mauvais exemple.

Ce que cet officier me disoit des femmes de son pays, me fit naître l'envie d'être instruit de leur caractere moins superficiellement. Je jugeai que les éclaircissemens qu'il me donneroit, pourroient me servir, lorsque je serois à Paris, à débrouiller plus aisément le chaos dans lequel me jetteroient des coutumes si différentes, & des moeurs si dissemblables des nôtres.

Monsieur, lui dis-je, ce que vous m'avez appris excite ma curiosité. Souffrez que, comme étranger, j'ose vous demander de me mettre un peu au fait des femmes Françoises; & je vous aurai l'obligation d'être plus en état d'en juger par moi-même, si vous voulez bien m'en donner quelques idées générales.

«Nos femmes, me répondit-il, peuvent être distribuées en deux classes, qui contiennent toutes les autres: les femmes du monde forment la premiere, & les dévotes la seconde. Leurs façons de vivre, dans deux états aussi éloignés tendent pourtant au même point; & par des routes différentes, aboutissent à la galanterie: c'est-là le but où se réunit la différence de leur caractere. Je vais, pour vous donner des idées plus distinctes vous les faire examiner séparément.»

«Une femme du monde ne doit se lever qu'à deux ou trois heures après-midi. Comme il seroit messéant qu'elle partageât le lit de son mari, elle a son appartement séparé. Elle reste quelquefois des semaines, sans lui parler, & sans le voir, si ce n'est dans les assemblées générales, au bal, à la comédie, où l'époux a grand soin d'éviter de l'approcher, de lui parler, s'il ne veut être regardé, ou comme un petit bourgeois, ou comme un jaloux & un hypocondriaque. A peine est-elle habillée, qu'elle envoye un domestique chez la marquise, chez la baronne, chez la présidente.

[Pages a12 & a13]

«L'après-diné se passe en complimens. Cinq heures sonnent, elle est encore indéterminée si elle ira à la comédie Françoise, ou à l'Italienne. Comme elle a une partie de souper aux porcherons, ou au Port-à-l'Anglois, elle donne la préférence à l'opéra. Elle en sort pleine de maximes qu'elle y a entendu débiter: le vin, la bonne chere, la liberté du souper, leur donnent une nouvelle force; elle en est si convaincue, qu'avant de se retirer chez elle, elle les met en usage avec son Amant jusqu'à cinq heures du matin, que le jour, malgré elle, la ramene au logis.

«La dévote, au contraire, fuit cet air bruyant, & cette façon de vivre dérangée; elle réduit ses passions dans une espece de retenue. Un plumet la scandalise: les manieres vives, étourdies, ne lui conviennent pas: un jeune homme pourroit lui faire perdre la réputation que trois ans de contrainte lui ont acquise: c'est un abbé, obligé à des ménagemens pareils aux siens, qu'elle choisit pour galant. Leur intérêt pour le silence est commun: le moindre éclat perdroit la dame de réputation, & feroit évaporer l'évêché que l'hypocrisie de l'abbé est à la veille de lui procurer.

«Toutes les femmes ne peuvent point avoir des prélats & des chanoines: ce sont là des trésors qui ne sont destinés que pour celles qui sont les plus heureuses; mais il est une seconde classe de gens d'église, dont elles se servent au besoin. Ce sont nos moines, gens vils & inutiles à l'état. Ils sont, en galanterie auprès des dévotes, ce que les Suisses sont en France, troupes auxiliaires, & jouissent de tous les privileges de la nation. Le secret est leur partage: ils se glissent dans les familles sous les noms de directeurs spirituels, de conducteurs dans la voie du salut; & ils promettent de mener par la main, dans le chemin du ciel, jusqu'au petit chien de la fille du logis. Le mari est le premier trompé, & bénit chaque jour l'heureuse connoissance de celui qui le déshonore.»

Quels excès, mon cher Isaac, & quels déréglements! Je t'avouerai que je souffrois, lorsque cet officier me tenoit ces discours. J'avois peine à les croire; mais je suis à même d'examiner tout.

[Pages a14 & a15]

S'il ne m'en a point imposé, juge, si, lorsque j'entrerai dans le détail, je manquerai de matiere pour nos lettres. Je t'avoue que je me félicite tous les jours d'être né juif. Je n'aurois pu m'accoutumer à de pareils désordres; & j'eusse mieux aimé d'être privé du doux nom de pere, que d'épouser une nazaréenne. Tu connois mieux qu'un autre tout le prix des femmes Juives, & tu possedes dans Sara la personne la plus accomplie. Elle n'est occupée que de son ménage. Lorsqu'elle a eu soin de pourvoir aux affaires de ta maison, d'aider elle-même tes domestiques à t'apprêter à manger, de te présenter le café & le sorbet de sa main, elle apprend à ses enfans les principes de notre sainte loi: c'est là son divertissement, & le tems de sa récréation. Je te prie de lui faire lire les lettres que je t'enverrai: elles pourront servir à l'amuser.

Je n'ai reçu encore aucunes nouvelles, ni de Marseille, ni de Genes. J'ai écrit à Livourne à Jacob Brito: j'attends sa réponse au premier jour.

De Paris, ce....

***

LETTRE II.

Aaron Monceca, à Isaac Onis rabbin de Constantinople.

Tu ne me reconnoîtrois plus mon cher Isaac, si tu me voyois dans mon nouvel habillement. J'ai quitté la robe à la Levantine, pour endosser un juste-au-corps. Au lieu d'un bonnet fourré de peau de sousamour (1), qui tenoit ma tête chaude, je porte une perruque, qui ne peut me garantir du froid.

[(1) Mot Turc qui signifie Martre Zibéline.]

En vain j'ai voulu conserver mon ancien vêtement: il a fallu m'habiller à la Françoise, ou me résoudre à fixer sur moi les regards de tout Paris. Mon tailleur m'a assuré que mon habit étoit d'un goût galant fort à la mode. Un petit-maître, avec qui j'ai fait connoissance & qui loge dans le même hôtel où je suis, en a eu la direction. Il a voulu qu'on le fît sur le modele du sien, qui passe pour un chef-d'oeuvre, & dont il est l'inventeur. Il m'a protesté qu'il avoit rêvé plus d'un mois à la seule façon des manches, & que le reste l'avoit occupé une grande partie de l'été.

[Pages a16 & a17]

Vous avez, lui ai-je dit, des affaires de peu de conséquence à régler, puisque vous consumez tant de tems à de pareilles bagatelles.

«Appellez-vous, m'a-t-il répondu, l'invention d'une nouvelle mode une bagatelle? On voit bien que vous venez d'un pays barbare, d'où le bon goût est exilé. Il faut plus de talent, plus d'esprit, plus de science, pour régler la tournure d'un habit, que pour la construction d'un palais superbe. Croyez-vous qu'il soit aisé de posséder l'art de grossir les épaules aux gens minces, de les rendre plattes & effacées à ceux qui les ont rondes, de donner des hanches à ceux qui n'en ont point, de ranger un panier, un pli, une manche, sous les loix de la bonne grace & du bon goût? Ce n'est que par une longue étude, & par une méditation profonde, qu'on peut atteindre à ce degré. Il faut même que la nature, se prête à l'application; sans quoi, l'on ne sort jamais du médiocre. Le talent de la parure est un don du ciel: beaucoup s'empressent à l'avoir; mais peu sont assez heureux pour l'obtenir.»

J'ai ri, mon cher Isaac, d'ouir de pareilles fadaises. De quelques égaremens dont je crusse les hommes capables, je ne pensois pas qu'ils s'étendissent jusqu'au point de leur faire regarder comme une affaire sérieuse un pli de plus ou de moins. Je me suis informé d'un François qui s'occupe de quelque chose de plus essentiel que des nouvelles modes, s'il y avoit à Paris beaucoup de gens entêtés de semblables sottises?

«Il y en a, m'a-t-il répondu, plus que vous ne sauriez croire: la mode est le foible de notre nation: chez le beau sexe, c'est une fureur. Une femme, sortant le matin de sa toilette, consume une partie de la matinée à se parer des nippes qu'elle a achetées la veille. Elle va à la Comédie: la mode a changé de midi à trois heures; & elle est surprise de voir dix robes d'un goût nouveau. Elle est vêtue à l'antique: elle souffre à regret qu'on la regarde;,elle est au désespoir. Elle sort donc du spectacle au second acte, va s'enfermer jusqu'à ce que dix couturieres, qui veillent toute la nuit, la mettent en état de reparoître le lendemain.

«Ce n'est pas sur les habits seuls que la mode étend ses droits. Elle est souveraine de toutes les actions de la vie: la religion même est de son ressort.

[Pages a18 & a19]

«Un directeur, un confesseur doit être à la mode. Tel curé dirigeoit la semaine passée quatre cents femmes de condition, qui n'est plus chargé de la conscience que de deux ou trois servantes: un mathurin, un récollet, un augustin l'ont déplacé; & l'ont été successivement par un minime, qui suivra dans deux jours le sort des autres. La parole de Dieu, les mysteres de la foi, tout doit être à la mode. Un prédicateur qui n'a pas la vogue, prêche aux bancs de l'église, ou à la populace; il est, pour les gens du bel air, comme un mandarin de la Chine qui débiteroit la croyance de Confucius: encore peut-être écouteroit-on ce dernier par curiosité. La façon de penser sur la religion est encore sujette à la mode. Il a été un tems qu'on étoit moliniste: on est ensuite devenu janséniste; on a retourné au molinisme. Le jansénisme regne aujourd'hui: peut-être, sera-ce demain la fin de son regne.

«Les saints ne sont point exempts du goût pour la nouveauté. Saint Pierre, saint Paul, ont été remplacés par sainte Genevieve. Le crédit de sainte Genevieve est passé: saint Pâris a pris le dessus, jusqu'à ce que quelque autre remplisse sa place. L'amour de Dieu a même été sujet à la mode. Il y a eu un tems, où l'on a cru en être dispensé. Des gens qui se piquoient d'austérité dans les moeurs, avoient introduit ce dogme abominable, & le soutenoient par des argumens pitoyables & ridicules.»

Que penses-tu, mon cher Isaac, d'une religion sujette au changement? La stabilité & l'immutabilité sont les marques de la vérité. Cette fille du ciel n'est point vacillante: elle ne court pas après la nouveauté, & ne se prête pas aux idées chimériques des hommes. As-tu jamais vû dans le paganisme, je ne dis pas dans le paganisme éclairé, mais dans l'idolâtrie la plus crasse, rien d'aussi monstrueux que d'agiter si la créature doit aimer son créateur? Dès le moment que Dieu donna la loi à son peuple, ce fut-là son premier commandement. Les nazaréens croient, enseignent, conservent les mêmes commandemens qui furent écrits sur la montagne de Sinaï. Comment ne leur servent-ils pas de soutien contre de semblables égaremens? Je crois que le dieu d'Abraham, a répandu sur eux cet esprit de perversion, qui les empêche de se servir des notions les plus claires. Ils nous reprochent tous les jours notre entêtement, notre indocilité.

[Pages a20 & a21]

Veulent-ils que nous embrassions une loi, qui dispense d'aimer Dieu, & qui, à la faveur des deux syllogismes & d'un enthymême, répand une obscurité sur le précepte le plus clair & le plus nécessaire? Laissons-les, mon cher Isaac, dans leur aveuglement; & ne faisons attention à leurs opinions & à leurs moeurs qu'autant qu'elles servent à nous instruire.

Le François qui m'a parlé si raisonnablement, a fait plusieurs voyages. Il s'appelle le chevalier de Maisin. Il a été en Italie, en Egypte, & au grand Caire: Il aime le mérite par-tout où il le trouve; & la différence de nation & de croyance n'influe point sur ses idées. Il sçait parfaitement l'Hébreu & le Grec. Je lui ai fait présent d'un manuscrit d'Homère, que j'avois apporté de Smyrne. Il fréquente ici tous les gens de lettres, & cultive les beaux arts. Il est en état de me procurer d'excellentes connoissances qui fourniront à la matière de notre correspondance philosophique.

Le petit-maître, qu'on nomme le marquis de Farfin, s'est chargé de me présenter à un nombre d'aimables femmes, & de gens du bel air. Il devoit hier me conduire à l'opéra, le spectacle étant de son département, mais il fut obligé d'aller montrer à la comédie Françoise un manchon & une ceinture d'un nouveau goût qui augmenteront de beaucoup sa réputation. Le chevalier de Maisin m'accompagna à sa place.

Je n'avois aucune idée juste de ce spectacle, qu'on appelle Académie royale de musique. Ce titre pompeux avoit en partie causé mon erreur. J'entrai dans une salle, dont le fond est garni d'un théâtre, & le reste entouré de trois rangs de tribunes (1) construites l'une sur l'autre.

[(1) L'Auteur veut dire Loges.]

Ces tribunes étoient remplies par des personnes des deux sexes. Au milieu de cet édifice, il y avoit un nombre de gens debout (2) qui examinoient avec soin à l'aide de lorgnettes, la physionomie & l'habillement de toutes les femmes.

[(2) C'est le Parterre.]

D'abord que ces lorgnettes se fixoient sur quelqu'une, elle tournoit doucement les yeux, elle sourioit d'une maniere aimable, elle minaudoit galamment avec son manchon, ou avec son évantail. Ce manège duroit jusqu'à ce que les lorgneurs commençassent d'examiner sa voisine, qui jouoit aussitôt le même rôle.

[Pages a22 & a23]

Monsieur, dis-je au chevalier, _je vous prie de m'apprendre qui sont ces gens qui paroissent si curieux, & pourquoi ces dames prennent tant de peine & de soin?

«Ces personnes que vous voyez me répondit-il, sont des petits-maîtres, examinateurs & contrôleurs nés de la parure des femmes. Ce sont eux qui décident de leur mérite, de leur esprit, & même de leur vertu. Voyez-vous cette dame sur qui les lorgnettes sont arrêtées actuellement? Dans un instant d'ici, il va être décidé souverainement qu'elle a fait un amant nouveau; que l'abbé qu'elle a eu sur son compte tout l'été, vient d'être cassé aux gages, par l'arrivée de ce jeune officier qui l'a conduite avant-hier à la comédie Italienne, hier à la Françoise, & aujourd'hui ici. Celle qui a été examinée avant elle, a essuyé un arrêt moins favorable: on a trouvé qu'elle étoit mal coëffée, qu'elle sourioit de mauvaise grace, & qu'elle n'avoit point les yeux brillans.»

Dans le moment que le chevalier de Maisin m'instruisoit de ces particularités que je n'eusse pû deviner par moi-même, j'entendis une symphonie qui me surprit. Je tournai les yeux du côté ou étoient les Musiciens. Je les apperçus au pied du théâtre, & comme enterrés dans un trou (1).

[(1) C'est l'Orchestre.]

Quelque tems après, je vis paroître une femme, suivie de plusieurs autres, qui fit cinq ou six pas gravement: elle chanta; & bientôt toutes ses suivantes mêlerent leurs voix à la sienne. Des hommes, qui parurent ensuite, augmenterent ce Concert; & je compris que ce qu'on appelloit un opéra étoit, une comédie en musique, dont j'avois pu voir la premiere idée dans les choeurs des anciennes tragédies Grecques. Le plaisir, que le chant, les machines & les danses me donnerent, suspendit quelque tems mes questions: mais la curiosité l'emportant, je priai le chevalier de m'apprendre le nom de quelques-unes de ces dames qui formoient cette académie royale, & que je croyois devoir être des premieres de la cour; ne me figurant point, que ce ne fût qu'à un ramas de simples comédiennes que l'on donnât un semblable titre.

«Qu'appellez-vous, me répondit-il. Vous demandez le nom de ces dames de condition? Y pensez-vous? Ce ne sont là que des chanteuses à gages. Cette reine de Crete est la Pelissier, autrement appelée la Manon: son premier métier étoit d'être ravaudeuse à Rouen.

[Pages a24 & a25]

«Cette autre, qui représente la princesse sa soeur, est la Hermance: son pere étoit savetier. Il est peu de ces princesses & de ces reines qui n'aient fait en leur vie un ou deux tours à la Salpétriere, ou aux Madelonnettes; sans compter les absences qu'elles font quelquefois, lorsqu'elles sont en retraite chez quelque habile chirurgien.

«Tous ces gens, continua-t-il, que vous voyez sur ce théatre, sont excommuniés & séparés de notre église: ils sont regardés par nos prêtres comme indignes de la sépulture; & cet avilissement occasionne une partie de leurs débauches.»

Pourquoi,? lui dis-je, les souffre-t-on, pourquoi permet-on qu'on vienne les entendre, & qu'on serve de prétexte à leur perte?»

«Le spectacle, répliqua-t-il, est nécessaire dans une grande ville. Il occupe agréablement le public: c'est un délassement pour les gens d'étude, & un amusement pour ceux du monde. Il épargne aux joueurs leurs bourses: il suspend la médisance & la calomnie chez les femmes; & l'ivrognerie, les carillons, & les tapages, chez les jeunes gens.»

Comment donc, lui répondis-je, n'empêchez-vous pas vos prêtres de couvrir d'ignominie des personnes si utiles à la société? Je vois que chez vous autres, la religion & l'état ont leurs maximes à part.

«Vous avez raison, me dit le chevalier: la nécessité le veut & l'exige de même. Si notre religion étoit aussi simple que la vôtre, nos prêtres auroient moins le moyen de l'embrouiller: elle approcheroit alors de la nature & du droit commun; mais, chez nous, tout est mystere, tout est révélation. Ce que touchent les dépositaires de notre foi devient sacré dans leurs mains; & leur ambition les portant à étendre leurs prétentions sur toutes les matieres, l'état n'a pu se sauver & se garantir des invasions de la religion, que par la différence de ses moeurs, de ses coutumes & de ses maximes. L'église excommunie tous les jours un homme pour un sujet qui le rend cher à la république, & lui fait obtenir une pension du prince.»

Ce que ce François me disoit me rappella ce que j'ai vu si souvent à Constantinople, où bien des mahométans ne se font pas scrupule de boire du vin, de ne point jeûner le Ramadan, & de manquer le pélérinage de la Mecque.

[Pages a26 & a27]

Tel est le sort des religions, qui imposent un joug insupportable, & un amas de maximes inutiles. Elles tombent dans le cas de n'être point observées. L'homme né pour la liberté, brise, à la fin, des chaînes qui le tiennent dans un esclavage qui lui ôte l'usage de la vie & de la société civile.

Porte-toi bien, mon cher Isaac. Si tu as répondu exactement à mes lettres, j'aurai bientôt une de tes réponses.

De Paris, ce...

***

LETTRE III.

Aaron Monceca, à Isaac Onis, rabbin de Constantinople.

On cultive & l'on aime les sciences dans ce pays mais l'on ne peut les pousser que jusqu'à un certain point. Les grands sujets sont défendus aux François: la cour & les prêtres, sont deux barrieres insurmontables, qui arrêtent les découvertes que pourroient produire l'étude & la méditation. Il faut qu'un métaphysicien accommode sa philosophie à la politique de l'état, & aux rêveries des moines: ou bien il est forcé de ne communiquer ses idées qu'en secret à ses plus intimes amis. Si ses sentimens éclatent dans le public, les ecclésiastiques l'excommunient, & les magistrats l'exilent ou le confinent dans une prison.

Il y a cinq à six mois, qu'un François qui s'est acquis de la réputation (1), s'avisa de rendre public un livre rempli d'opinions un peu hardies, soutenues par des raisonnemens persuasifs & remplis de sel (2).

[(1) Voltaire.
(2)Les lettres philosophiques.]

Les moines s'éleverent contre lui: il eut beau vouloir se justifier; il fut proscrit du royaume, & ses ennemis le punirent moins des erreurs qu'ils croyoient entrevoir dans son ouvrage, que de quelques traits de plaisanteries qu'il y avoit sur eux.

On exerce sur les savans dans ce pays-ci l'ostracisme (3) que les Grecs exerçoient sur leurs concitoyens.

[(3) Bannissement de dix ans, auquel les Athéniens condamnoient ceux de leurs citoyens qui étoient trop puissans.]

D'abord qu'un homme de lettres devient illustre, & qu'il s'éleve par son génie au dessus des autres, on le bannit.

[Pages a28 & a29]

Ce que je te dis te paroîtra extraordinaire; mais il est conforme à l'exacte vérité. Ce fameux Descartes, dont tu as lu la philosophie avec tant de plaisir, fut obligé de se retirer dans le fond du Nord; l'ignorance & la haine monacale l'y poursuivirent: tout mort qu'il est, elles l'attaquent journellement. Le plus grand des théologiens (1), dont les ouvrages furent le plus ferme soutien de la croyance de Nazareth, fut exilé en Flandre; &, long-tems après, on renversa, on brûla, on rasa la retraite d'un nombre de savans (2), dont les écrits passeront à la postérité la plus reculée.

[(1) M. Arnauld.
(2) Port-Royal.]

Les moines commanderent eux-mêmes les troupes qu'on destina à l'exécution de ce projet: ils triompherent de cette maison, comme les Grecs triomphent de Troie. Ils allerent plus loin. Achille ne déterra point Hector, pour le traîner dans le camp: ce fut dans un premier mouvement de fureur. Mais les moines firent exhumer les morts; &, après leur avoir fait mille outrages, ils en laisserent un grand nombre en proie à l'avidité des bêtes féroces.

Je ne puis approuver cette bizarrerie dans le goût des François: ils aiment les sciences, & craignent qu'elles ne viennent les éclairer. C'est un reproche que les Anglois leur font. Ceux-ci, uniquement sectateurs du vrai & du bon, tâchent de découvrir le mensonge, & d'appercevoir la vérité: ils la cherchent avec empressement, & récompensent ceux qui la trouvent. On peut comparer les savans de France à des oiseaux, à qui l'on a coupé une partie des aîles, & qui n'ont la liberté de s'élever que jusqu'à un certain point. Quelque génie qu'ait cette nation, cela répand dans ses écrits un air de contrainte, qui gêne & l'auteur & le lecteur. Plusieurs savans ont recours aux imprimeurs étrangers pour éviter de tomber dans ces défauts, pour exprimer plus naturellement leurs pensées: mais leurs livres sont regardés comme des marchandises prohibées & empestées. Les gardes sont attentifs, sur les frontieres du royaume, à n'en point laisser entrer; & s'il en pénetre plusieurs, c'est par ruse & par finesse.

Cette gêne éternelle empêche les assemblées des gens de lettres de produire des ouvrages parfaits. Il y a plusieurs sociétés à Paris, qui portent le nom d'Académie. La principale & la plus ancienne est l'académie Françoise.

[Pages a30 & a31]

Elle n'a produit jusqu'ici qu'un ramas de complimens. Elle est composée de quarante personnes qui s'assemblent trois fois par semaine. Ces académiciens sont réguliers à se rendre à leurs devoirs, parce que le roi fait distribuer à chacun une médaille d'argent, & que celle des absens est donnée aux présens. Leurs assemblées, depuis près de quatre-vingts ans, se passent en discours de félicitations & de réception, & en louanges qu'ils se prodiguent mutuellement: ils se félicitent de leurs talens & de leur mérite; après quoi ils retournent chez eux. Ils s'occupent quelquefois à régler un mot ou une syllabe. Alors l'académie entiere travaille, dispute, étudie pendant six mois, & prononce une sentence qui condamne une expression à la mort. Il arrive souvent, que le public n'ayant aucun égard à son jugement, tant de peines & de soins deviennent inutiles. Elle travailla pendant cinquante ans à un dictionnaire. Elle l'annonça avec de grands eloges: il parut, & fut généralement méprisé: un autre, composé par un seul académicien, qui fut imprimé dans le même tems, & généralement goûté, acheva de le décrier. L'académie voulut venger son honneur outragé, & acheva de le perdre: elle bannit de son corps un auteur (1), qui n'avoit fait d'autre crime que de mériter l'estime du public.

[(1) Furetiere.]

Sous Louis XIV, tous les grands hommes étoient de cette académie: ce monarque ordonnoit qu'on les reçût, lorsqu'on tardoit à leur rendre justice; depuis sa mort, un tas d'ecclésiastiques, de prélats, & de petits-maîtres leur ont succédé. Ils ont associé à leur assemblé les comédiens (2), à qui ils ont donné séance parmi eux: & ont préféré deux ou trois baladins & farceurs à cinq ou six hommes de la premiére classe, qu'ils ont exclus à perpétuité de leur corps, pour avoir plaisanté sur une conduite aussi ridicule.

[(2) Les comédiens François.]

Il y a une seconde société littéraire, appellée Académie des sciences. Celle-là mérite des louanges pures & sinceres: elle s'occupe d'études profondes & suivies, quoiqu'elle ne puisse pousser que jusqu'à un certain point ses réflexions sur la métaphysique. Elle produit tous les jours mille découvertes utiles, nécessaires & curieuses, pour l'astronomie, la médecine, &c.

[Pages a32 & a33]

Si les savans, qui composent cette assemblée, n'étoient point gênés & retenus, je ne doute point, mon cher Isaac, qu'ils ne donnassent au public des chefs-d'oeuvres, qui feroient bientôt tomber le bandeau de l'illusion. Mais l'ignorance a dans ce royaume un ferme soutien dans les moines. Leurs intérêts exigent que les peuples ne soient point éclairés: ils connoîtroient la fourbe & la tromperie de ces faux docteurs; & la ruine de leurs opinions & de leur crédit suivroit bientôt après.

Que penses-tu d'une religion, dont les dépositaires demandent d'en être crus sur leur parole, & sans rendre aucun compte? Je regarde un théologien comme un négociant qui voudroit qu'on reçût ses marchandises sans les examiner. C'est ainsi que le souverain pontife des nazaréens (1) débite toutes ses réveries. Il veut que ceux de sa croyance reçoivent ses ordonnances, & ses réglemens (2), comme les Turcs reçoivent le cordon que leur envoie le grand seigneur.

[(1) Le pape.
(2) Bulles.]

Tu sais qu'ils baisent l'instrument de leur mort. Le pontife veut que les nazaréens portent avec joie les chaînes dont il les charge. Son aveugle ambition va jusqu'au point de prendre un titre qui n'est dû qu'au messie (1), qui viendra un jour faire reluire la gloire d'Israël.

[(1) Lieutenant ou vicaire de Dieu en terre]

J'ai examiné avec soin ce qui pouvoit avoir acquis un crédit si considérable aux moines. J'ai eu plusieurs conversations à ce sujet avec des savans désintéressés, qui parloient sans prévention & sans passion. Il m'a été aisé de connoître que l'hypocrisie & la fourbe en avoient été les principaux motifs. Le peuple se laisse conduire aux premiers objets qui le frappent: les apparences le touchent; & il n'approfondit jamais rien. La vie austere des religieux, leurs habits grossiers, leur air humble & contrit, l'ont empêché de voir leurs désordres & leurs débauches. Je vais t'en apprendre un trait que je tiens du chevalier de Maisin, dont je t'ai parlé dans ma derniere lettre.

Dans une des principales villes du royaume, un jeune carme, nommé le pere Ange, alloit souvent chez une couturiere,: il y étoit plus assidu qu'à ses offices.

[Pages a34 & a35]

Sa conversation ne rouloit pas sur des matieres de religion. Le moine s'amusoit à quelque chose de plus gai. Il usoit du privilege des prêtres Grecs; &, quoique sa regle lui défendît le commerce des femmes, il avoit cru pouvoir s'exempter d'une gêne aussi dure. Depuis plus de six mois il jouissoit d'une paix profonde, & son bonheur n'avoit point encore été interrompu, lorsqu'un jour une vieille femme, qui logeoit au-dessus de la couturiere, apperçut un trou au plancher, par lequel on pouvoit voir ce qui se passoit dans la chambre au-dessous. La curiosité l'ayant engagée à regarder, le premier objet qu'elle apperçut, fut le carme & la couturiere dans une situation qui n'inspiroit pas la modestie: le moine travailloit à la construction d'un petit anachorete. Surprise d'une pareille vision, elle appelle les voisins, & fait un vacarme étonnant. Le monde accourt en foule, & tout le quartier est en rumeur: l'un croit que le feu est à la maison, l'autre qu'on a égorgé ou volé quelqu'un. Quand la vieille a dit le sujet de ses allarmes, le calme succede à la frayeur: les voisins prennent seulement la résolution d'attraper le moine gaillard: ils barricadent en-dehors la porte de la chambre qu'il avoit fermée en-dedans, & lui annoncent qu'on est allé chercher le pere prieur, pour être témoin de ses hauts faits. Le pere Bonaventure arrive peu après: il ordonne d'un ton de maître d'ouvrir la porte. L'amant monacal ne trouve de ressource que dans son désespoir; il jure qu'il n'obéira point; le supérieur la fait enfoncer; & à la tête de la populace qu'une pareille scene avoit rassemblée, il reconduit son ouaille dans son bercail.

Tu crois, sans doute, mon cher Isaac que ce moine a reçu la punition que subissoient les vestales Romaines. Il en a été quitte pour deux jours de jeûne & neuf coups de discipline, & n'a été châtié que pour le scandale qu'il a donné. Si son crime n'eût éclaté que parmi ses confreres, on l'eût regardé comme une peccadille.

Il arrive tous les jours de semblables aventures. Le peuple imbécille n'en est pas plus éclairé: sa crédulité surpasse la fourbe de ceux qui le trompent. Si quelqu'un veut faire luire le flambeau de la raison, on le regarde comme un novateur, comme un homme soupçonné & même convaincu d'hérésie.

[Pages a36 & a37]

Il est moins dangereux pour un nazaréen qui veut vivre tranquille, de mépriser Dieu que les moines.

Heureuse notre religion, mon cher Isaac! Heureuse notre sainte loi! Nos docteurs n'ont point voulu s'acquérir une vaine estime, fondée sur notre aveuglement. Ils nous ont imprimé une horreur infinie pour le crime, & l'ont haï eux-mêmes; nos rabbins nous regardent comme leurs fils: nous les regardons comme nos peres. Ils nous conduisent par la raison, & ne veulent mériter notre estime que par leurs soins à nous instruire. Je défie les nazaréens de pouvoir reprocher de pareils excès à nos docteurs. Qu'ils les attaquent tant qu'ils voudront sur leurs prétendues visions. Tout homme équitable avouera qu'il seroit aisé de prouver, qu'il y a plus d'imposture & de ridiculité dans le seul volume de Marie Alacoque (1), que dans les ouvrages immenses de tous nos rabbins.

[(1) Vie mystique d'une sainte.]

Lorsque ce marchand de Péra nous prêta ce livre, & qu'il nous assura qu'il avoit été fait par un évêque, savant théologien, je crus toujours que c'étoit quelqu'un de ses ennemis qui avoit voulu ternir sa réputation, en lui attribuant un ramas de pareilles puérilités: depuis que je suis en France, j'ai sçu que ce prélat se glorifioit d'être l'auteur d'un écrit si ridicule.

Si tu as été exact à m'écrire, je recevrai par le premier courier une de tes réponses. Il n'est pas nécessaire que je t'avertisse d'y être retenu. Je suis dans un état, où la qualité d'étranger devient suspecte en temps de guerre; & mes lettres pourroient être interceptées. Si tu veux que je t'expose fidélement ce qui pourra transpirer jusqu'à moi & servir à la gloire de notre sainte loi, & à la connoissance des coutumes & des moeurs des pays par où je passerai, bannis de tes lettres ce qui pourroit intéresser le gouvernement des états, & la personne des souverains. Quand on pense d'une façon aussi sage que toi, dans quelque pays qu'on se trouve, on respecte ceux à qui Dieu a commis la conduite des peuples. La différence de religion ne peut servir de prétexte. Nos livres nous en ont conservé un exemple fameux dans Mardochée, attentif à garantir les jours d'Assuérus qui tenoit Israël captif.

Porte-toi bien, mon cher Isaac, & que le dieu de nos peres répande sur toi ses bienfaits en abondance.

De Paris, ce...

***

[Pages a38 & a39]

POST-SCRIPT.

Depuis ma lettre écrite, le chevalier de Maisin m'en a montré une qu'un de ses amis lui a écrite de Hollande. Je l'ai trouvée si plaisante, que je l'ai prié de vouloir m'en laisser copier une partie: & je ne doute pas qu'elle ne t'amuse beaucoup.

«Je vous ai des obligations infinies de m'avoir mis au fait de la naissance & des aventures de notre abbesse Hollandisée, la prétendue madame de J... (1).

[(1) Voyez les mémoires de mademoiselle de Mainville, pages 214 & suivantes.]

«Je reconnois parfaitement, au portrait que vous m'en faites, que c'est cette même touriere, échappée du couvent de force, où elle avoit été mise, pour s'être évadée de son monastere avec un amant. L'indice que vous me donnez du temps qu'elle a été fille-de-chambre chez la femme du médecin Helvetius, acheve de m'en convaincre. Elle parle de lui incessamment, & le cite sans cesse comme son ami de coeur.

«En arrivant en Hollande, elle reprit son premier métier, & se mit gouvernante chez un négociant de Rotterdam. Un domestique jeune & égrillard, qui servoit dans la même maison, lui fit faire une nouvelle brêche à ses anciens voeux de chasteté. Le bourgeois Hollandois qui s'en apperçut, la chassa de sa maison.

«Elle se retira à la Haye, où elle a longtemps dupé les personnes charitables de cette ville. Depuis elle a passé à Amsterdam, où elle joue encore le même manége. C'est dans la premiere de ces villes que je l'ai connue. Dès qu'elle y fut arrivée, elle changea de style & de façon, & se dit d'une naissance distinguée. Elle fut cependant, embarrassée du choix de la maison dont elle vouloit sortir. Elle ne savoit si elle adoptoit quelque famille de simple gentilhomme, ou si elle prendroit sa tige dans quelque maison titrée, ne fût-ce que du côté gauche. Elle choisit ce dernier parti, & s'allia avec celle de Bouillon. Tous les seigneurs de cette maison devinrent ses proches parents: l'un étoit son cousin, l'autre, son frere, l'autre son neveu; en sorte que, n'ayant pas bien pris ses précautions, & leur ayant distribué à tous les degrés de parenté, il ne restoit que le cardinal défunt qui pût être son pere.

[Pages a40 & a41]

«Quelqu'un lui fit faire malicieusement cette réflexion: & quoiqu'elle aimât mieux sortir d'un cardinal que d'un simple bourgeois, elle souffrit impatiemment la plaisanterie. Elle fait donc présentement un mystere de sa naissance, & se contente d'en laisser soupçonner la noblesse.

«Comme la qualité & les titres ne font pas vivre à la Haye, elle se fit revendeuse à la toilette, s'associa avec des Juifs, qui lui firent quelques légeres avances. C'est chez un commerçant de mes amis, où elle porte souvent des ouvrages brodés, que j'ai eu l'occasion de la voir. La curiosité m'a porté à m'instruire de ce qu'elle pouvoit être, & je vous suis obligé de l'éclaircissement que vous m'avez donné. Je retourne à Amsterdam au premier jour; & je me ferai un plaisir de jouir de son embarras, lorsque je lui ferai sentir, que je sais la plupart de ses aventures.»

***

LETTRE IV.

Aaron Monceca, à Isaac Onis, rabbin de Constantinople.

J'ai une question épineuse à te proposer; & je te prie de l'exposer à quelques autres rabbins de tes amis, pour que je puisse sçavoir leurs sentimens & le tien. J'ai découvert à Paris un nombre infini de juifs, qui le sont, sans croire l'être, & sans en rien sçavoir. Ce que je te dis te semblera un conte fait à plaisir. Rien n'est cependant plus vrai. Tout ce qu'on appelle ici esprit-fort, gens du bel air, femme du monde, n'exercent la religion nazaréenne que dans l'extérieur. Au fond du coeur, il en est très-peu qui en soient persuadés. Ils se contentent de croire un Dieu. Plusieurs pensent que l'ame est immortelle: beaucoup d'autres, ainsi que les saducéens, soutiennent qu'elle est sujette à la mort. Je regarde ces derniers comme des gens dans l'erreur: quant aux premiers, je ne sçais si nous pouvons leur refuser le titre de Juifs.

[Pages a42 & a43]

Ils croyent un Dieu qui a créé l'univers, qui récompense les bons, & punit les méchans. Que croyons-nous davantage? N'est-ce pas là toute notre religion; excepté quelques cérémonies, que nos docteurs & nos prêtres nous ont ordonnées? Mais les cérémonies ne sont pas indispensablement nécessaires: il me sera aisé de t'en donner des preuves convaincantes.

Tu sçais que l'Espagne est encore remplie de nos freres, malgré la persécution qu'ils y souffrent. Le moindre soupçon de judaïsme fait condamner un homme au feu. Les Juifs Espagnols ont donc été forcés de ne plus circoncire; car, pour peu qu'on eût soupçonné quelqu'un, il eût été aisé de vérifier le fait: & la nécessité les a dispensés de la plus essentielle de nos cérémonies. Si tu réfléchis à ce que je te dis, tu ne pourras refuser de reconnoître ce nombre de Pharisiens dont je te parle, pour des enfans d'Israël. Ce seroit un grand bien pour notre sainte loi, si l'on pouvoit leur apprendre de quelle religion ils sont, & les réunir à notre communion. Il faudroit leur envoyer quelque habile rabbin qui fût en état de leur ouvrir entiérement les yeux: & si la douleur de l'opération de la circoncision faisoit peine à quelques-uns, on pourroit leur accorder le même privilége qu'aux juifs Portugais & Espagnols. Il faudroit seulement user de grandes précautions, pour que ces conversions ne vinssent point aux oreilles du ministre. On prend en Espagne des mesures si justes, que rarement on découvre ceux de notre religion. Un pere ne déclare à son enfant qu'il est Juif, que lorsqu'il a atteint l'âge de raison. Il examine, avant de lui confier son secret, de quelle maniere il pourra l'apprendre. S'il doute qu'il renonce au christianisme, il le laisse dans son égarement. Mais dès le moment qu'il a fait cette dangereuse confidence, s'il ne veut pas embrasser la foi d'Israël, il est condamné à la mort. La nécessité oblige à cette cruauté. On l'empoisonne bientôt. Il y a en Espagne beaucoup de médecins juifs. Ils distribuent aux peres de famille un venin subtil, qu'ils composent & & réservent pour cette occasion.

Ces choses, mon cher Isaac, doivent être toujours cachées à nos ennemis: ils nous accuseroient de cruauté & de perfidie.

[Pages a44 & a45]

Mais pour éviter de nous porter à ces excès, ils n'auroient qu'à avoir plus d'humanité; & le sang de ses enfans que les peres sont contraints d'immoler, retombera sur nos tyrans, sur ses cruels inquisiteurs, dont le plus doux plaisir est de nous pourchasser comme des bêtes féroces. Le jour où ils condamnent un Juif au feu, est pour eux un jour de plaisir & de triomphe.

Les rabbins, qui viendroient à Paris, n'auroient pas à craindre le même châtiment. Dans ce pays, on ne punit les gens qui sont d'une religion différente de celle du prince, qu'en les exilant du royaume: tout ce qui pourroit leur arriver, c'est qu'on leur donnât des lettres de cachet, pour aller tenir compagnie à quelques théologiens jansénistes. On appelle de ce nom certains docteurs qui veulent introduire de nouveaux dogmes. S'ils étoient en Espagne, ils n'en seroient pas quittes à si bon marché: on les traiteroit aussi cruellement que nous.

Je t'ai souvent parlé dans mes lettres précédentes du chevalier de Maisin. Il m'est dans ce pays-ci d'une grande utilité. Sans lui, il me seroit impossible de percer le chaos d'idées que produisent dans mon esprit toutes les nouveautés que je vois. Je vais t'en citer un exemple.

Quoique je ne me fisse aucune peine d'entrer dans l'église des nazaréens, ayant résolu de voir tout par moi-même, ce fut sans le sçavoir que je m'y trouvai hier. Je passai dans une rue peu fréquentée. Je vis une salle, dont la porte étoit ouverte, où chacun parloit & s'entretenoit librement. Je crus que c'étoit quelque halle publique, & je n'eusse jamais soupçonné que ce fût un temple. En y entrant, j'apperçus à peu près ce que j'avais vu à l'académie de musique. Il y avoit un seul rang de tribunes qui formoit le même spectacle que celles de la salle de l'opéra. Une de ses tribunes étoit occupée par des musiciens, dont la symphonie me parut mélodieuse. Le milieu de cet édifice étoit rempli d'hommes & de femmes; & la seule différence que j'y trouvois, c'est qu'ils étoient assis, au lieu que ceux qui sont dans le parterre se tiennent debout. Chacun parloit: je voyois des femmes tenir une conduite pareille à celle dont je m'étois apperçu au spectacle. Les hommes couroient avec un air de dissipation, faisant usage de leurs lorgnettes. Je n'avois point avec moi le chevalier de Maisin, qui auroit pû m'éclaircir de mon erreur.

[Pages a46 & a47]

Je n'étois jamais entré dans des églises de nazaréens: & ces lustres, ces images, ces tableaux qui s'offroient à mes yeux; cette symphonie, qui frappoit mes oreilles, ne servoient point à m'éclaircir. A quelque chose près, j'avois vû & entendu à l'opéra, ce qui dans ce moment causoit mon erreur. Je n'osois confier mes doutes à personne. Je regardois par-tout si je ne découvrirois point de théâtre: il ne s'en présentoit aucun à ma vûe. J'apperçus enfin une espéce de petite tribune, contre un des piliers de la salle, dans laquelle je vis entrer un homme avec un habillement qui m'étoit inconnu, & qui tenoit du grotesque. Il avoit mis sa chemise sur son habit, & sur sa tête un bonnet noir, dont le haut se terminoit pat quatre cornes. Je ne doutois pas que ce ne fût-là le comédien qui devoit ouvrir la piéce. Je croyois qu'il alloit parler; mais il resta quelque tems sans rien dire. Il regarda l'assemblée, toussa, cracha, se mit à genoux, remua ses levres, se porta la main sur les épaules, sur l'estomac, sur le ventre. Je ne doutois plus que ce ne fût une pantomime: je crus qu'il alloit occuper toujours de même l'assemblée; car elle étoit fort attentive à toutes ces grimaces, & je voyois qu'il falloit qu'elle entendît à fond ce langage. Cependant lorsque je m'y attendois le moins, cet homme dit gravement une phrase latine; & parlant ensuite François, fit un discours qui me parut assez bon, sur les dangers où la comédie exposoit en excitant les passions. J'étois assez attentif, & je ne pouvois comprendre pourquoi il décrioit ainsi ses confreres. Je n'aurois jamais cru que c'eût été là un docteur qui annonçoit la loi de Dieu. Ses gestes, ses contorsions, ses emportemens, ses tons, tantôt violens, tantôt modérés, son air doux dans certains momens, hagard & furieux dans d'autres, tout cela me confirmoit dans mon opinion.

Lorsque j'étois dans une si grande erreur, j'apperçus le chevalier de Maisin à l'autre bout de la salle. J'usai du privilége des autres; je traversai la foule, & fus le joindre.

Expliquez-moi, lui dis-je, l'endroit où je suis; car je vous avouerai que je ne puis le deviner.

«Vous êtes, me dit-il, dans une de nos églises; & vous y entendez un sermon, que débite un fort bon prédicateur.»

[Pages a48 & a49]

Vous appellez donc, lui dis-je, cet homme qui se démene dans cette tribune un prédicateur, & ce qu'il recite un sermon? Mais, continuai-je, cela me paroît assez bon: pourquoi ne le dit-il pas simplement ?

«C'est pour lui donner plus de grace, pour toucher plus vivement les coeurs de ses auditeurs, & pour donner plus de force à sa morale.»

Il faut, repliquai-je, que vous ayez le coeur bien dur, que votre morale soit bien mauvaise si de pareilles contorsions & de semblables criailleries, sont nécessaires pour vous émouvoir à la vertu.

Pendant cette conversation, le prédicateur finit: il termina son discours par les mêmes grimaces qu'il avoit faites au commencement, & disparut par un trou qu'il y avoit dans le pilier.

A peine eut-il cessé de parler, que le chevalier de Maisin me proposa d'aller à la comédie Françoise.

Eh quoi? lui dis-je, oubliez-vous ce que vient de vous dire ce prédicateur?

«Il a fait, me dit-il, son métier, comme nous faisons le nôtre. Cet homme est payé pour crier contre les plaisirs. il crie: hé bien, laissons-lui gagner en paix son argent; mais ne soyons point assez dupes pour nous ennuyer par de vaines craintes. Vous le verrez lui-même ce soir au spectacle. C'est un abbé du grand air. Il y est très assidu: il va changer sa longue soutane en manteau court; &, en la quittant, se dépouiller de toute sa rigidité. Ces femmes que vous voyez, vont s'y rendre dans le moment. La curiosité d'entendre l'abbé qui a la réputation d'avoir de l'esprit les a amenées ici; cette même curiosité les conduira à la comédie; on joue aujourd'hui une piéce nouvelle: je suis bien aise de m'y trouver, l'auteur étant de mes amis.»

Je suivis le chevalier à la comédie. En y arrivant, nous trouvâmes que toutes les places étoient prises depuis long-tems; à peine pûmes-nous trouver à nous asseoir. Dès que l'acteur eut dit quelques vers, on battit des mains pour applaudir. A la fin de toutes les scènes ce bruit recommençoit, & interrompoit l'attention des auditeurs. J'enrageois contre ces applaudissemens hors de propos. Dès que la comédie fut finie, je m'informai du chevalier pourquoi on n'attendoit pas la fin de la piéce pour applaudir?

«La plûpart de ces gens, me dit-il, qui ont battu des mains étoient priés ou payés pour le faire. L'auteur, qui avoit une cabale considérable contre lui, auroit vû tomber sa piéce, s'il n'eût eu un parti plus fort & plus nombreux que ses ennemis.»

[Pages a50 & a51]

Mais pourquoi, répliquai-je, voulez-vous qu'elle n'eût pas réussi, puisqu'elle est excellente?

«Ce n'est pas-là une raison, me répondit-il, pour la mettre à couvert de la critique. D'excellentes piéces du théâtre sont tombées au commencement; & ce n'a été qu'avec le tems, que quelques gens de bon goût ont fait revenir le public. Pour une personne éclairée qui vient à la comédie, il y en a cent qui n'ont pas le sens commun, & qui se laissent conduire par un nombre de demi-sçavans & d'esprits-faux, toujours ennemis du mérite & des bonnes choses. Pour balancer ces Zoïles modernes, & étouffer leurs critiques, on leur oppose ces battemens, & ces applaudissemens qui entraînent le public ignorant, le préviennent, & lui font croire excellent ce que souvent il auroit trouvé mauvais sur la foi des autres, & sans le connoître.»

Mais, lui dis-je,lorsqu'on veut critiquer un ouvrage, & le rendre méprisable, il faut qu'il ait des défauts essentiels. Quelque porté qu'on soit à ne rien approuver, que peut-on dire d'un bon ouvrage?

«Ce qu'on en dit, reprit le chevalier de Maisin? Qu'il ne vaut rien. On n'entre point dans le détail: on se contente de crier qu'il est détestable, abominable, mal écrit, rempli de pensées usées. Si quelqu'un veut entrer en matiere, & demander ce qu'on trouve de mauvais, on redit encore que tout est détestable, abominable & mal écrit. L'homme d'esprit leve les épaules, & gémit de voir le sçavant en butte à l'ignorant, qui, à force de crier, entraîne tous ses pareils»

Les hommes, mon cher Isaac, ont été de tout tems les mêmes. Dans les siécles passés, la noble émulation a servi d'aiguillon aux grands génies, & la basse jalousie a été le partage des esprits vils & rampans. Il en est de même aujourd'hui.

Il arriva hier ici, dans le fauxbourg saint Martin, une aventure assez plaisante. Deux jeunes mousquetaires soupoient avec leurs maîtresses dans une maison dont la réputation n'étoit point en odeur de sainteté. Le commissaire du quartier s'y étant transporté, trouva les mousquetaires à table avec leurs princesses. Il procéda d'abord, selon le devoir de sa charge; & après avoir griffonné du papier, il étoit sur le point de se saisir des filles.

[Pages a52 & a53]

Lorsqu'il voulut faire signer le procès-verbal aux mousquetaires, qui, pendant qu'il écrivoit, avoient eu le tems de se consulter, un d'eux s'approcha des filles, l'autre éteignit la chandelle; & mettant l'épée à la main, cria tue, tue. Le commissaire & ses archers mourant de peur, & craignant de se blesser mutuellement, se mirent ventre à terre, pour éviter la rencontre des épées qu'ils croyoient voltiger dans la chambre. Les mousquetaires gagnerent la porte, emmenerent les deux donzelles; & en sortant enfermerent à clef le commissaire dans la chambre. Lorsqu'il n'entendit plus de bruit, & qu'il fut rassuré, il voulut sortir: mais il fallut qu'il enfonçât la porte; ce qu'il ne put faire aisément, n'ayant point de lumiere. Pendant ce tems, les deux couples d'amans eurent le moyen de se mettre en sûreté.

Porte-toi bien, mon cher Isaac, & que le Dieu de nos peres te comble de richesses, & te donne une nombreuse postérité.

De Paris, ce...

***

LETTRE V.

Aaron Monceca, à Isaac Onis, rabbin de Constantinople.

Je t'ai fait part, dans mes lettres précédentes, des réflexions que j'avois faites sur les choses qui m'ont le plus frappé à Paris. Je comptois recevoir quelqu'une de tes réponses: mais je n'ai pas eu cette consolation; & j'aime mieux en accuser le défaut de commodités que la paresse.

Quoique je n'aie point encore reçu de tes lettres, je sais tout ce qui arrive à Constantinople, & dans les principales villes du monde. On débite ici, deux fois par semaine, un papier imprimé, dans lequel sont écrits les principaux événements journaliers. Celui qui compose cet écrit, est en relation avec des gens de toutes les nations: & de son cabinet, il sçait ce qui se passe à Ispahan. Il est vrai qu'il est quelquefois trompé par ses correspondans, & qu'il trompe à son tour le public; mais lorsqu'il a donné une nouvelle fausse, & qu'il la reconnoît pour telle dans la suite, il a la bonne foi d'avouer son erreur.

[Pages a54 & a55]

On a encore un nombre infini de feuilles volantes de cette espèce. Les unes roulent sur la littérature, les autres sur la politique, quelques-unes sur la galanterie. Ces dernieres sont assez à la mode: elles sont du goût des femmes & des abbés. Celles qui traitent de littérature ont moins de vogue; mais elles ne laissent pas d'être goûtées. Les plus ridicules sont celles que font certains politiques qui veulent connoître à fond les intérêts des princes. L'empereur n'a rien de caché pour eux. Le roi de France leur communique tous ses secrets. Ils donnent avis à un tel prince d'Allemagne, de prendre garde à ne point signer un traité qui pourroit lui être contraire: ils invitent un autre à y accéder. Il ne se fait pas le moindre mouvement dans une cour dont ils ne sçachent les ressorts cachés. Tu te tromperois si tu croyois que les auteurs qui travaillent à ces écrits politiques, fussent des gens nourris dans les affaires d'état, élevés dans le ministère, ou ayant du moins quelque correspondance avec ceux qui l'exercent. Ils sont nés dans une condition qui les en éloigne, & n'ont d'autre certitude de leurs discours que quelques raisonnemens vagues & quelques préjugés peu décisifs, auxquels ils joignent les idées qu'ils se sont forgées.

Il y a encore des ouvrages plus considérables qu'on débite, les uns tous les trois mois, d'autres tous les six. On appelle ces livres des journaux: il y en a deux ou trois qui méritent d'être là. Celui qu'on nomme journal des sçavans a été digne de l'estime des connoisseurs. Mais il y a tant de ces sortes d'ouvrages, que peu s'en faut qu'ils ne surpassent le nombre des auteurs. On peut regarder ces sortes d'écrits comme des crieurs publics, payés par les libraires, pour louer les livres qu'ils impriment, & pour en faciliter le débit, en prévenant le public. Chaque libraire a un journaliste à ses gages, qui loue les ouvrages qu'il débite, & blâme ceux que vendent ses confrères. Il y a ici une société de docteurs nazaréens qui en ont plusieurs soumis à leurs ordres; ils les font travailler sur les matières qu'ils veulent. Ce sont eux qui leur donnent les idées, qui leur réglent les expressions; & ces auteurs (1) ne sont proprement que des secrétaires copistes: aussi sont-ils généralement méprisés,

[(1) Les journalistes de Trévoux.]

[Pages a56 & a57]

& n'ont d'autres lecteurs que les gens que la crainte ou l'ambition attachent à ces docteurs nazaréens (1), dont le crédit est puissant, & la haine implacable. Un parti de plusieurs ecclésiastiques qui leur est entièrement opposé, imprime une feuille volante (2) qui les a mis en fureur.

[(1) Les jésuites.
(2) Les nouvelles ecclésiastiques.]

Ils ont vainement cherché à en connoître l'auteur: il a sçu se cacher, & a été heureux de pouvoir le faire; car on l'eût puni rigoureusement, s'il eût été découvert. Il est vrai qu'il méritoit une punition exemplaire; non pas pour avoir écrit contre des moines & des prêtres; mais pour avoir manqué en plusieurs endroits de respect au souverain, au ministère & à la nation. Cet endroit de ma lettre me conduit imperceptiblement au respect que les sujets doivent à leurs princes.

Il me paroît, mon cher Isaac, que le bonheur des peuples dépend de leur soumission aux loix de l'état, & aux ordres de ceux à qui Dieu en a confié la conduite. La tranquillité & la paix d'un royaume consistant dans l'harmonie & dans l'union du souverain & des sujets. Dès que cette union ne se trouve point, tout est en combustion: il faut que, par les fréquentes secousses que la discorde donne à un état divisé, il s'écroule & tombe en ruine. L'empire Ottoman ne périra jamais que par ses propres forces: il renferme dans son sein ses plus cruels ennemis; & ses changemens de visirs, ses sultans détrônés, ses janissaires toujours prêts à se révolter, sont des accès de fureur qui déchirent ses entrailles.

On doit rendre cette justice aux François qu'ils aiment leur souverain; & l'on ne voit point ici de ces catastrophes si communes à Constantinople. Mais ce qui te paroîtra surprenant, c'est que les troubles intérieurs de cet état ne sont causés, ni par les grands, ni par la noblesse, ni par les troupes, ni par les peuples. Tu prendras ce que je te dis pour une énigme, & tu ne pourras comprendre qui peut les occasionner. Ta surprise augmentera, lorsque je te dirai, que c'est par les moines & les ecclésiastiques. Ils font ici les mêmes manoeuvres que les janissaires & les saphis, & sont divisés en deux partis aussi opposés que le sont ces deux corps de milice. Le sujet de leur haine est un écrit que le souverain pontife a fait, par lequel il ordonne à tous les nazaréens de penser, d'écrire & de soutenir, qu'il pense juste lorsqu'il se trompe (1).

[(1) L'infaillibilité du pape.]

[Pages a58 & a59]

Cette ordonnance a révolté beaucoup de gens, & sur-tout quelques docteurs mathématiciens, qui n'ont pas trouvé que les preuves de cette proposition pussent se démontrer géométriquement. Ils ont donc appellé à la pluralité des voix de tous les pontifes subalternes. Mais, quoiqu'ils ne dussent pas s'y attendre, ils ont été condamnés; & ces pontifes ont décidé que leur souverain avoit raison, & pensoit juste, même quand il pensoit mal. Les docteurs, révoltés d'une semblable décision, & ne voulant pas s'y soumettre; ne sçachant cependant quelle raison alléguer pour ne point obéir, se sont avisés de soutenir, qu'il falloit que la décision des pontifes eût été faite dans une assemblée générale, où ils eussent tous assisté; soutenant qu'ils n'avoient pu juger légitimement cette question, parce qu'ils avoient donné leurs voix séparément, & chacun dans son pays (1).

[(1) Diocèse.]

Les autres se sont récriés sur une proposition si extraordinaire. Ils ont dit, que leurs ennemis ne demandoient cette assemblée, dont la tenue étoit impossible, que pour avoir un prétexte de soutenir leur erreur; & qu'il étoit aisé de voir, qu'un homme ne changeoit point d'opinion, parce qu'il étoit obligé de faire un voyage.

Le ministère, ennuyé de toutes ces disputes, ordonna aux deux partis de se taire. Ils n'obéirent ni l'un ni l'autre; & pour colorer leur désobéissance, ils s'aviserent d'un plaisant expédient. Ils s'accuserent mutuellement d'être mauvais sujets, ennemis de l'état & rebelles au roi; & sous prétexte de défendre les intérêts du prince, ils s'attaquerent plus vivement que jamais. La paix, & l'inaction dans laquelle étoient les François, dont le génie est naturellement amoureux de la nouveauté, fit prendre parti à bien des gens dans cette querelle. Les suites en devenoient dangereuses pour l'état; mais la guerre, & la punition de quelques-uns de ceux qui ne vouloient pas croire que le souverain pontife raisonnoit sensément, lors même qu'il extravaguoit, a fort appaisé les divisions.

Je t'avouerai, mon cher Isaac, que, si j'avois été chargé du ministère de France dans le commencement de cette affaire, j'en eusse prévu les suites, & je les eusse évitées. Les Vénitiens, dont tu connois le génie politique, reçoivent souvent de ces écrits pontificaux, & les renferment, sans les lire, dans un coffre, où il y en a déjà nombre d'autres, & qui sert toujours au même usage.

[Pages a60 & a61]

Il eût été prudent de tenir la même conduite. Mais lorsque le souverain s'étoit déclaré, qu'il vouloit que cet écrit fût reçu, & qu'il regardoit comme ennemis de l'état ceux qui le refusoient, la désobéissance des sujets devenoit un crime. Le bien public, la tranquillité, le repos de la patrie, exigeoient d'eux cette complaisance.

Ce n'est pas, mon cher Isaac, que j'accorde au roi cette puissance aveugle & despotique qu'exercent les sultans. Non, ce n'est pas-là mon sentiment. Je veux qu'un roi soit le pere du peuple, & n'en soit pas le tyran. Mais je soutiens que, pour le bonheur de l'état, il doit avoir un pouvoir supérieur; & qu'il faut qu'il soit au-dessus de ses peuples, autant que les loix doivent être au-dessus de lui. J'ajoûterai même, que s'il viole les loix, il faut laisser au ciel à juger de la punition qu'il mérite, dont ses sujets ne peuvent & ne doivent jamais connoître. Quel embarras, quel trouble, quelle division ne s'ensuit-il pas du principe contraire? Dès qu'il y a deux partis dans un état, il est impossible qu'un roi les satisfasse tous les deux également. Les mécontens pourront aisément couvrir leurs révoltes de la nécessité d'empêcher le violement des loix.

Nous voyons rarement dans nos livres, que nos peres aient pris les armes contre les rois d'Israël: s'ils l'ont fait, Dieu a permis qu'ils en aient été punis rigoureusement, eux & leurs chefs. Le sort d'Absalon peut servir d'exemple à ceux qui se laissent entraîner à l'esprit de révolte. J'espère que tu trouveras mes réflexions justes. Je sais qu'elles ne sont pas sans réplique; mais je crois qu'elles tendent à maintenir le calme dans la société.

Pour concevoir une idée de ces feuilles volantes dont je viens de te parler, figure-toi les lettres que je t'ai écrites. Si je les communiquois à quelqu'un, & qu'il s'avisât de les rendre publiques, il en feroit un ouvrage périodique. Elles plairoient à quelques-uns: elles seroient critiquées par d'autres; mais je crois qu'elles trouveroient dans les moines de dangereux ennemis. Ils ne me pardonneroient jamais la façon libre dont je t'écris sur leur compte. Les traits de galanterie, dont je te parle quelquefois, seroient des offenses, dont tôt ou tard ils se vengeroient. Ils prêchent perpétuellement la nécessité de pardonner, & ne pardonnent jamais. Je vais t'en donner une preuve.


[Pages a62 & a63]

Il y a quelque tems qu'un récollet appellé le pere Placide, dirigeoit la femme de chambre d'une dame fort aimable. Il prenoit ordinairement, pour donner ses instructions à sa pénitente, le tems où sa maîtresse étoit absente. Il ne perdoit point les momens en discours frivoles, & agissoit si bien, qu'il ne tenoit pas à lui qu'il ne donnât à son éleve un avant-goût des plaisirs qu'il lui promettoit dans l'autre monde. Ce moine caffard avoit persuadé à cette fille qu'il avoit le droit d'ôter le crime d'une telle action. Jeanneton qui se piquoit de dévotion, & qui pour tous les biens du monde n'eût point voulu manquer à sa loi, n'auroit pas troqué son amant pour le premier prince du monde, tant elle estimoit le pouvoir qu'il avoit d'ôter un pareil péché.
Pere, lui dit-elle un jour, je m'étonne que ma maîtresse s'amuse avec monsieur D..., & qu'elle ne prenne plutôt quelqu'un de vos peres. Mais peut-être n'ont-ils pas la puissance d'ôter les péchés, lorsque les femmes sont mariées.

Non, lui dit-il, nous autres simples moines n'avons point un pouvoir aussi étendu. L'adultere est un cas réservé à nos prélats. Vous perdriez même l'indulgence que je vous donne, & tomberiez dans un grand crime, si jamais vous révéliez ce qui se passe entre nous.

Ne craignez rien, répondit Jeanneton, soyez assuré du secret.

Pendant près de six mois, il n'étoit arrivé aucun incident. Un jour auquel le directeur s'étoit surpassé dans ses instructions, se trouvant las & fatigué, il voulut se décharger de son froc. Il en mit bas une partie, & resta en sandales, en culotte, & en camisole. Lorsqu'il étoit dans un équipage aussi leste, la maîtresse de Jeanneton revient au logis dans un tems où elle n'étoit point attendue. Elle appelle Jeanneton, qui ne répond pas: elle entend du bruit dans sa chambre; & la curiosité la porte à regarder par la serrure. Elle apperçoit le moine qui se mettoit à sa toilette, & reprenant son capuchon & son manteau. Quelque surprise qu'elle fût d'une semblable vision, elle voulut éviter le scandale. Elle ordonna d'un ton de maîtresse d'ouvrir, menaçant d'appeller du monde, & de faire enfoncer la porte. Le moine vint d'une maniere pieuse l'ouvrir, & baissant les yeux en terre,
Madame, lui dit-il, excusez: je ne voulais point interrompre le sacrement de pénitence; & j'en étois à l'absolvo lorsque vous avez appellé Jeanneton.

......Mon pere, dit la jeune dame, vous serez moins contraints à l'avenir. Sortez de ma maison, & gardez-vous d'y paroître jamais, ni l'un ni l'autre.

[Pages a64 & a65]

Tu aurois cru, mon cher Isaac, que ce moine eût dû s'estimer heureux d'être sorti d'un pareil embarras. Il voulut se venger de l'affront qu'il croyoit avoir reçu. Jeanneton lui avoit dit que le chevalier D... étoit amoureux de sa maîtresse. Il écrivit à son mari une lettre anonyme, remplie d'impostures, dans laquelle il lui en donnoit avis. On sut dans la suite qu'il étoit l'auteur de la lettre: & la dame, plus prudente, négligea de le punir, ne voulant point que cette affaire transpirât dans le public.

De Paris, ce...

***

LETTRE VI.

Jacob Brito à Aaron Monceca.

Je t'adresse ma lettre à Paris, parce que je ne doute pas que tu n'y sois arrivé, depuis le tems que tu m'as écrit de Marseille. Un voyage que j'ai été obligé de faire à Rome, où je suis encore, m'a empêché de m'acquitter des commissions dont tu m'avois chargé de la part d'Isaac Onis. D'abord que je serai retourné à Genes, où je n'ai pu rester que quelques jours, j'expédierai ce qu'il m'a demandé, & le lui enverrai par le même bâtiment qui m'a amené de Constantinople. Si ce que tu vois en France, te surprend autant que la plupart des choses qui s'offrent ici à mes yeux, je ne doute pas que nous ne profitions beaucoup en nous communiquant nos réflexions.

Cette ville n'est presque peuplée que de trois sortes de gens, de moines, de peintres & de courtisannes. On trouve aussi rarement dans Rome un cordonnier, un tailleur & un marchand, qu'un prêtre & une fille publique dans les autres pays. Les docteurs nazaréens qui sont ici, enseignent au peuple qu'il n'y a qu'un Dieu. Ils le regardent comme un grand roi, lui composent une cour magnifique, & lui donnent un grand nombre de princes & de seigneurs pour en faire l'ornement. Ce sont les ecclésiastiques qui sont en droit d'expédier les lettres-patentes de ceux qui doivent occuper ces postes. Comme elles se vendent très-cher, & que le souverain pontife y trouve son intérêt, il est attentif à faire de tems en tems de très-nombreuses promotions. On appelle cela, en termes nazaréens, canonisation d'un saint. Ce brevet coûte cent mille écus par tête.

[Pages a66 & a67]

Ceux dont les héritiers peuvent donner une semblable somme, sont élevés à ce haut rang. Mais ceux dont les familles sont pauvres, quelque mérite qu'ils aient, se contentent d'être béatifiés. On peut comparer les premiers aux ducs, & les seconds aux marquis. Ils sont tous nobles, mais différens en dignité. Ainsi, mon cher Aaron, si toi & moi mourions nazaréens, quelque estime que nous nous eussions acquis pendant notre vie, nous n'aurions jamais pu espérer que d'avoir le rang de marquis en paradis.

La politique dans ce pays est poussée à son dernier degré. L'avidité des richesses n'y regne pas moins. C'est là le péché ordinaire. On met tout à profit. Puisqu'on vend les honneurs & les dignités de l'autre monde, juge ce qu'on doit faire des charges & des emplois de celui-ci.

J'ai trouvé entre le gouvernement de Rome & celui de Constantinople, une ressemblance marquée. Dès qu'un grand visir est élevé en dignité, toutes les créatures de son prédécesseur sont déplacées, & souvent disgraciées: il donne & vend tous les emplois. Il en est de même ici. A peine un pontife est-il expiré, que ses neveux n'ont plus de crédit. Les parens du nouveau prennent les rênes du gouvernement, vendent & donnent les charges. Le vizir contraint les bachas de lui faire des présens considérables. Les bachas se récompensent sur les simples gouverneurs de villes, & les gouverneurs de villes pillent & pressent le peuple. Le Souverain pontife exige un tribut des pontifes (1): ceux-ci mettent des taxes considérables sur les simples prêtres, & les prêtres font payer aux peuples jusqu'à la terre qui leur sert de sépulture.

[(1) Les bulles des évêchés.]

Je vais pousser plus loin ce parallele, & tu le trouveras aussi vrai. Lorsque le grand-seigneur veut avoir de l'argent, il envoie au bacha du Caire une bague de crin, qu'il aura faite lui-même (2); à celui de Smyrne, un arc ou un javelot.

[(2) Les grands-seigneurs apprennent tous un métier.]

L'honneur de recevoir un semblable présent est toujours suivi d'un grand nombre de bourses, que donne celui à qui il est envoyé. Le souverain pontife en use de même. Comme il ne s'occupe point à des ouvrages manuels, ainsi que les sultans, il n'envoye ni arc, ni bague: mais il adresse à tous les pontifes subalternes un écrit, par lequel chaque nazaréen, à qui il le distribue, moyennant une certaine somme, est dispensé de certain point de religion comme de manger maigre, de jeûner pendant le carême, &c.

[Pages a68 & a69]

Il y a beaucoup de gens, qui, pour leurs commodités, achetent de cette marchandise. Il en est encore une d'un plus grand prix, mais qu'on vend moins communément: elle se négocie lorsqu'on veut épouser une de ses parentes. Outre ces marchandises, qu'on ne peut avoir, si l'on ne les paye selon le tarif auquel elles sont fixées, il y a quantité d'autres choses, dont on laisse le prix à la générosité d'un chacun, & qui passent sous le titre d'aumônes.

Pour exciter la charité des nazaréens, le pontife, de temps en temps, ouvre les portes du ciel. Autrefois cela n'arrivoit que tous les cent ans: actuellement, comme on s'est apparemment apperçu que les hommes vivoient moins, on fait cette ouverture tous les vingt-cinq; & même quelquefois on n'attend pas que le terme soit expiré. Il ne faut pas se figurer que le chemin du ciel soit absolument fermé dans les autres temps; mais le passage est plus étroit, & les impôts qu'on paye pour y entrer, sont plus considérables. Pendant le jubilé, le paradis est une foire franche, le prix des douanes est baissé de moitié. D'abord que les jours de franchise sont écoulés, les droits & les péages sont remis sur l'ancien pied.

J'ai été voir l'autre jour le temple de saint Pierre. L'oeil est étonné de la grandeur, de la magnificence & de la régularité de ce superbe édifice. Sa splendeur me rappella le souvenir du fameux temple de Jerusalem, dont nous voyons la description dans nos livres. En examinant les beautés de celui de saint Pierre, je vis cinq à six prêtres (1), assis dans de petits cabinets de bois (2), qui tenoient de longues baguettes avec lesquelles ils frappoient sur la tête de ceux qui, passant auprès d'eux, fléchissoient les genoux.

[(1) Les grands pénitenciers.
(2) Les confessionnaux.]

Je m'informai quelle étoit cette cérémonie.

Ces gens, me dit-on, sont des grands pénitenciers: ils ont le droit d'absoudre de tous les péchés; & comme ils ne pourroient subvenir à écouter les fautes que des gens de toutes les nations du monde viennent leur avouer, ils lavent & nettoyent l'ame des immondices, & la purgent des crimes, en appuyant le bout de leur bâton sur la tête.

[Pages a70 & a71]

Cette cérémonie me parut grotesque. Je gardois cependant le silence, & ne dis point quel étoit mon sentiment.

En sortant du temple de saint Pierre, j'entrai dans un autre, qui n'en est pas éloigné. Dans le tems que je l'examinois, deux hommes me présenterent un plat, & me demanderent quelque chose pour l'entretien de monsieur saint Jacques. Ayant toujours aimé à assister les malheureux, je mis la main à la poche, & leur donnai un teston. Dès que je fus dans la rue, je priai un négociant de mes amis qui m'accompagnoit, de m'apprendre qui étoit ce monsieur Saint Jacques, qui se trouvoit dans le besoin; & si c'étoit celui-là même à qui j'avois donné l'aumône? Après avoir beaucoup ri de ma demande: Ce monsieur saint Jacques, dit-il, que vous croyez dans le besoin, est un saint à qui il ne faut rien. Il est mort depuis plus de seize cents ans.

Et pourquoi donc, répondis-je, demande-t-on pour lui?

C'est,répliqua-t-il, pour l'entretien des prêtres qui desservent son temple.

Je compris d'abord que c'étoit-là un des moyens dont les moines se servent pour attraper de l'argent, & dont je n'avois eu jusqu'alors aucune connoissance. Il faut qu'il y en ait bien d'autres que j'ignore: & dont je t'instruirai, lorsque je les découvrirai.

Ce temple de saint Jacques n'étoit autrefois qu'une simple chapelle: il a été bâti à l'occasion d'un miracle. Lorsqu'on achevoit l'église de S. Pierre, toutes les colonnes & les chapiteaux qu'on portoit pour orner ce fameux édifice, passoient devant la porte de S. Jacques. Il souffroit pendant un tems qu'on eût pour lui aussi peu d'égard; espérant que, lorsqu'on auroit travaillé à la construction de cette église, on penseroit à le mieux loger. Comme il vit dans la suite que les Romains ne songeoient point à lui, il résolut de prendre ce qu'on ne lui donnoit pas. Il apperçut un jour deux colonnes de marbre granite, que deux charrettes portoient au temple de saint Pierre: il les trouva fort à son gré, & forma le dessein de se les approprier. Il attendit qu'elles fussent auprès de le porte de sa petite cahute, & par sa toute-puissance, il ôta la force aux chevaux, les rendant incapables d'ébranler le fardeau qu'on vouloit leur faire traîner. Le charretier qui ignoroit le dessein de saint Jacques, déplie son fouet, le fait claquer, & jure de toutes ses forces. Tout cela ne les fit point marcher. On crut qu'ils étoient rébutés; on en attela six de plus: ils ne firent pas davantage.

[Pages a72 & a73]

Enfin l'on alla jusqu'à en mettre cent à chaque charrette sans qu'elles pussent avancer d'un pas. Quelqu'un plus spirituel que les autres, pénétra le dessein de saint Jacques. Il dit qu'il falloit les conduire jusqu'à la porte de son église. Pour mieux constater le miracle, on ne laissa à chaque charrette que deux chevaux, qui s'en allerent au trot, & comme s'ils n'avoient rien traîné, remettre au saint les colonnes dont il avoit envie. Bientôt après, on jetta à bas la chapelle: on lui bâtit un temple, dans lequel on les plaça, & le peuple, en mémoire de ce miracle, lui donna le nom de Saint-Jacques secoue-chevaux (1)

[(1) Il n'est aucun Romain qui n'assure le fait pour véritable: & en mémoire de ce prétendu miracle, l'église a retenu le nom de CHIESA DI SAN GIACOMO SCOSSA CAVALLI.]

Ecris-moi, je te prie, si tu vois & si tu entends en France des choses qui puissent approcher de l'absurdité de celles que je t'écris. Que nous sommes heureux, mon cher Monceca, d'être nés juifs! De pareilles chimères, ne trouvent jamais place dans notre esprit: & sous quelque voie que l'imposture & le ridicule s'offrent à nos yeux, nous ne les adoptons jamais pour des miracles.

Porte-toi bien, & que le Dieu d'Israël répande sur toi les richesses & l'abondance.

De Rome, ce...

***
LETTRE VII.

Aaron Monceca à Jacob Brito.

J'ai reçu ta lettre, mon cher Jacob, & je te félicite d'être plus exact à répondre qu'Isaac Onis, dont je n'ai point encore de nouvelles. Je ne doute pas que tu ne sois aussi surpris de ce que tu vois à Rome, que je le suis de ce que j'apperçois à Paris. Tous les objets qui se présentent à nos yeux, nous étoient inconnus. Il semble que nous soyons transportés dans un nouveau monde. Tu devrois pourtant être moins étonné que moi. Ton pere étois Génois: tu as été élevé jusqu'à l'âge de dix ans dans les pays nazaréens; & quoiqu'alors tu ayes passé à Constantinople, d'où tu n'es sorti qu'à présent, il te doit rester une idée confuse de ce que tu as vû dans ta jeunesse.

J'ai lû avec plaisir ce que tu m'écris sur la superstition des Romains.

[Pages a74 & a75]

Il arrive journellement dans ce pays des preuves convaincantes des excès où elle peut entraîner le peuple. Dans le moment que je t'écris, il y a peut-être à Paris deux mille personnes qui sont attaquées de vapeurs, qui tiennent du démoniaque, & dont les extravagances & les fureurs passent pour des miracles. C'est un ordre du souverain pontife qui a rendu tous ces gens-là semblables à des possédés. Voici le fait.

Tu auras sans doute entendu parler à Rome d'une certaine constitution, qui fait beaucoup de bruit en France. Un prêtre (1), qui s'étoit joint aux opposans qu'elle avoit trouvés dans ce royaume, mourut il y a quelques années.

[(1) M. Paris. Il n'étoit que diacre.]

Pendant sa vie, il a été ignoré de l'univers entier: après sa mort, il a eu une réputation étonnante. Quelques-uns des opposans allerent s'aviser de vouloir lui donner un de ces brevets, dont tu dis que le pape est le seul dispensateur, & par lequel un homme est reconnu pour un seigneur de la cour céleste. Comme ils n'espéroient pas que le souverain pontife y consentît jamais, ils résolurent de lui faire faire de si grandes choses, que le peuple lui accordât cette dignité, sans son consentement. Ils eurent recours au miracle: c'est là le grand moyen pour frapper les esprits; & dans les choses qu'ils voulurent faire opérer par la vertu de leur confrère mort, ils y répandirent de la gaieté, & les ornerent de la pompe du spectacle. Es crurent, qu'en amusant le peuple par des objets gracieux, leurs miracles feroient un plus grand effet, que s'ils arrivoient simplement. Ils résolurent donc de donner au nouveau saint le pouvoir de guérir ceux qui auroient recours à lui par des ballets & des chansons. Un abbé (1), après avoir étudié long-tems en particulier, ouvrit le premier cet exercice. Il dansa sur le tombeau du prêtre une danse, dans laquelle il y avoit un pas nommé le saut-de-carpe, qui plaisoit infiniment au public, & que l'abbé faisoit dans la perfection.

[(1) Les convulsions de l'abbé Becheran sur le tombeau de l'abbé Paris.]

Il avoit une jambe plus courte que l'autre de quatorze pouces, & prétendoit que tous les trois mois elle s'allongeoit d'une ligne. Un mathématicien, qui calcula le tems auquel sa guérison seroit complette, la régla à cinquante-cinq années de cabrioles.

[Pages a76 & a77]

Beaucoup de gens trouvèrent ce goût de spectacle charmant: ils y allerent pour le voir; & dans la suite, plusieurs voulurent danser eux-mêmes: en sorte qu'il y eut peu de troupes de danseurs de corde aussi complettes. Ceux du parti contraire voulurent engager les comédiens François & Italiens à présenter une requête au parlement, pour faire finir un spectacle qui leur portoit préjudice. Mais, soit que ceux-ci eussent été gagnés, soit qu'ils ne voulussent pas empêcher leurs confreres de gagner leur vie, ils garderent le silence.

Cependant ces ballets déplurent au roi: il fit murer la porte de leur salle (1); & leur défendit, sous de grieves peines, de continuer leurs exercices.

[(1) Du cimetière où étoit le tombeau du prétendu saint.]

Ne pouvant plus danser en public, ils représenterent chacun chez soi, & à huis clos. Mais comme le nombre de ces danseurs avoit beaucoup augmenté, & que leurs sauts, accompagnés d'airs barbares chantés d'une voix forte, faisoient un bruit effroyable: les prélats, qui avoient passé une partie de la nuit à table, en étant éveillés trop matin, obtinrent qu'on arrêteroit ceux qui étoient dans leurs quartiers, & qu'on les conduiroit prisonniers au château de Vincennes. Il s'y en trouva près de trois cent. Juge le beau carillon qu'ils devoient faire, lorsqu'ils commençoient leurs entrechats. Quelques-uns ennuyés d'être renfermés, promirent de renoncer entiérement à la danse & à la musique; & on leur rendit la liberté. Les autres ont été retenus, & ont continué leurs exercices. Il en est encore outre ceux-là, plus de deux mille à Paris, qui n'ont point été arrêtés.

Avoue, mon cher Brito, que ceux qui trompent ainsi ce peuple facile a séduire, méritent des peines rigoureuses. J'admire la clémence du roi de France: de pareils fauteurs à Constantinople eussent bientôt été empalés: on les eût mis dans un état à ne plus cabrioler. Il semble que ce soit le sort du peuple d'être sans cesse la dupe des imaginations des esprits turbulens. Il donne dans tous les pieges qu'on lui tend, & ne sort des uns, que pour retomber dans les autres.

Un de mes amis m'a raconté une plaisante aventure, sur la simplicité d'une femme, dont il a été le témoin oculaire. Dans la Franche-Comté (1),

[(1) Dole.

[Pages a78 & a79]

on avoit enterré un prêtre (1), membre d'une société entiérement opposée aux danseurs dont je viens de te parler.

[(1) Le pere Girard, jésuite.]

On l'avoit accusé pendant sa vie d'avoir rendu une fille démoniaque, pour avoir le moyen de l'abuser. L'affaire ayant été portée pardevant un tribunal souverain, il fut renvoyé absous. Ses ennemis dirent que la protection l'avoit tiré d'affaire, mais quant à moi, je t'avouerai, qu'après m'être informé du fait, j'ai cru que c'étoit un tour que lui avoient joué les cabrioleurs, dont il étoit ennemi déclaré. Ses confrères étoient tous au désespoir de l'éclat qu'avoit fait ce procès. Pour réparer après sa mort, le mal qu'il leur avoit causé pendant sa vie, ils résolurent de lui faire expédier un brevet de canonisation de la première classe. Il leur étoit très-facile d'en venir à bout par le crédit qu'ils ont auprès du souverain pontife, mais il falloit quelque miracle qui pût ôter le préjugé où l'on étoit à son désavantage.

Une femme qui avoit perdu la vûe depuis quelques mois, faisant brûler des cierges & de l'encens à l'honneur de tous les saints du Paradis. Aucun n'étoit assez complaisant pour vouloir la lui rendre: ils étoient sourds à ses prieres; & la bonne femme perdoit son tems & ses présens. Son directeur la conseilla de faire une neuvaine sur le tombeau du pere défunt, qui avoit mérité par les persécutions qu'il avoit souffertes, d'être un bienheureux de la premiere classe. L'aveugle y consentit: elle eût fait des voeux à Mahomet, si elle eût cru pouvoir en être soulagée le neuvieme jour. Comme elle faisoit son oraison sur le tombeau du demi-saint (1), le soleil lui darda sur les yeux ses rayons, au travers d'une des vitres de l'église.

[(1) Il est dans une chapelle auprès d'une fenêtre.]

Comme elle appercevoit encore dans le grand jour un reste de clarté, sans distinguer aucun objet, ces rayons rendus plus vifs par le réfléchissement du verre, lui firent voir une espèce de lumière blanchâtre, qui la surprit. Elle s'écria qu'elle voyoit clair: & dans le premier moment de sa joye, faisant avec précipitation trois ou quatre pas sans être conduite, elle alla donner de la tête contre le pilier, & se fit une bosse au front, qui causa un grand échec à la réputation du nouveau saint, & obligea de différer l'expédition du brevet qu'on lui devoit accorder.

[Pages a80 & a81]

Cette aventure a beaucoup décrédité certains petits morceaux d'étoffe, que le peuple avoit coupé de sa robe lorsqu'on l'enterroit, & qu'il gardoit pieusement (1).

[(1) Lorsqu'on enterra à Dole le pere Girard, le peuple coupa des morceaux de sa robe, pour en faire des reliques.]

Je doute, mon cher Brito, que la superstition aille plus loin dans le pays que tu habites. Crois-tu que les cabrioleurs de Paris ne soient pas un juste équivalent de l'aventure de saint-Jacques secoue-chevaux? Par-tout le peuple est également crédule. Tu connois le servile respect qu'ont les mahométans pour leurs santons & pour leurs dervis. Nous-mêmes, je l'avouerai, nous donnons quelquefois trop crédulement dans les idées de nos rabbins. Je t'écrirai quelque jour ce que je pense là-dessus.

Porte-toi bien, & que le Dieu de nos peres répande sur toi ses richesses en abondance.

De Paris, ce...

***

LETTRE VIII.

Aaron Monceca, à Isaac Onis, rabbin de Constantinople.

Je suis étonné tous les jours de la grande puissance du roi de France. Je ne doute plus de ce que m'avoient dit quelques négocians de Pera. C'étoit avec peine que j'ajoûtois foi à leurs discours, lorsqu'ils m'assuroient que leur prince étoit en état d'exécuter des entreprises, auxquelles le grand-seigneur n'oseroit penser. Trois choses sont les principaux mobiles de sa grandeur: l'amour de ses sujets; l'abbaissement des grands, que les rois ses prédécesseurs ont abbattus & appauvris; & l'heureuse situation de ses provinces, qui sont excessivement peuplées. Comme je vantois au chevalier de Maisin l'état florissant de ce royaume:
Vous ne voyez, me dit-il, que les restes de notre grandeur. Nous nous sommes détruits nous-mêmes; & nos divisions intestines ont fait ce que nos ennemis n'avoient pu exécuter.

[Pages a82 & a83]

«Quelques points de religion continua-t-il, ayant partagé les esprits il y a près de deux cens ans, nos théologiens se divisèrent entr'eux: la cour se déclara pour les uns; une partie du peuple, & de la noblesse pour les autres. Pendant quelque tems, la chose se passa en simples disputes; mais peu-à-peu la haine & la jalousie s'y mêlèrent. La cour trouva mauvais qu'il y eût dans le royaume des sentimens différens des siens, & le roi ordonna à ses sujets de s'y conformer. Il n'est rien de si dangereux que de violenter les consciences: on n'en a que trop souvent vû de funestes effets. Les François, qu'on appeloit novateurs, refuserent de s'y soumettre: ils prétendirent que la fidélité qu'ils devoient à leur prince, n'exigeoit pas qu'ils manquassent aux points principaux de leur religion. Leur refus servit de prétexte à leurs adversaires pour les persécuter. On en fit mourir un grand nombre: on fit même brûler plusieurs honnêtes gens; & ce qu'il y a de plus surprenant, c'est que la persécution augmentoit les novateurs, au lieu de les diminuer. Leur parti devint redoutable: il fut accru & relevé par quelques princes du sang, qui s'en rendirent les chefs; & pendant le regne de deux ou trois rois, nous nous déchirâmes mutuellement. Enfin, le parti de la cour ayant pris le dessus, on exila les novateurs du royaume. L'état aima mieux perdre le quart de ses sujets, & voir passer son or & ses manufactures dans les pays étrangers, que de permettre de prier Dieu en françois, & de manger du mouton le samedi. On crut que désormais l'union regneroit: mais à peine ces citoyens eurent-ils été proscrits, que d'autres ont été regardés comme de nouveaux novateurs. Ils sont en grand nombre; & si on vouloit se servir du même reméde qu'on employa pour détruire les premiers, le royaume seroit bien-tôt comme un homme, que de trop fréquentes saignées ont fait tomber dans la phtisie.»

Mon cher Isaac, ne semble-t-il pas que le dieu de nos peres prenne le soin de nous venger des nazaréens & des infidèles? S'il permet que nous soyons dans la captivité, & que nous essuiyions le joug de ces fiers tyrans, il répand sur eux l'esprit de perversion & de vertige, pour nous montrer par leurs erreurs, la vérité de cette loi, que Dieu donna lui-même à Moïse.

Je ne sçais si tu as jamais fait réflexion aux persécutions mutuelles que les nazaréens se font entr'eux.

[Pages a84 & a85]

Pour moi, j'ai toujours cru que c'étoit une punition visible des excès auxquels ils se sont portés contre nous. Cette inquisition affamée du sang d'Israël, dont les horreurs ont même touché nos plus cruels ennemis, a fait perdre à l'Espagne les Provinces-Unies: & ces mêmes provinces, qui reçurent nos frères dans leur sein, & leur donnerent un asyle, sont devenues le dépôt des richesses de l'univers, & les protectrices de la liberté opprimée.

Considère, mon cher Isaac, la conduite du peuple de Dieu, auprès de celle des nazaréens. Lorsque les dix tribus se séparerent, nous fîmes ce que nous pûmes pour les ramener dans le bon chemin: mais sous des feintes promesses, les attirâmes-nous dans le temple pour les y faire servir de victimes? Un lévite crut-il jamais que la mort de quelque saducéen dût le conduire à devenir grand-prêtre? Dieu exige-t-il que nous versions le sang de nos frères, & ne nous le défend-il pas en termes exprès dans le commandement de sa loi?

J'ai observé que chez les infideles, l'envie de faire des prosélytes va jusqu'à la fureur. Les Mahométans & les nazaréens employent à ce sujet toutes sortes de moyens. Rebutés du peu de succès qu'ils ont trouvé parmi nous, ayant vainement employé les menaces, les supplices & les promesses, ils ont tourné leurs armes mutuellement les uns contre les autres.

Les nazaréens ont des soldats religieux (1), qui font un voeu solennel d'immoler autant de Turcs qu'il leur sera possible, à la gloire de Dieu; & ceux-ci en revanche, ont fait un point de leur loi de leur rendre le réciproque.

[(1) Les chevaliers de Malthe.]

N'est-ce pas-là une façon pitoyable d'éclairer l'esprit & le coeur? Ne voilà-t-il pas une plaisante foi, qui n'est fondée que sur la crainte, & qui ne croit que parce qu'elle n'ose ne point croire? La plus légère difficulté, la plus petite dispute arme ces infidèles les uns contre les autres: ils s'égorgent, ils se massacrent pour le moindre point contesté: & dès que celui-là est fini, il en renaît bien-tôt un autre. Les grecs de Constantinople haïssent moins les mahométans que les latins; & il n'est pas un marchand à Pera, qui ne se fît plutôt turc, que ce qu'il appelle schismatique. Tu connois l'anthipathie des Turcs & des Persans, & la division des sectes d'Omar & d'Aly.

[Pages a86 & a87]

Je considère le mahométisme & le nazaréïsme comme deux grandes tours, pareilles à celle de Babel, qui produisent perpétuellement un amas de disputes & d'idées différentes.

Les nazaréens nous font un reproche qui fait la gloire de notre sainte loi. Ils prétendent que notre dispersion dans l'univers est la marque de notre réprobation. Mais cette unité de foi & de croyance (1) que nous avons conservé; cette simplicité dans les points essentiels de notre religion, à laquelle ni le tems, ni nos malheurs, ni la différence des climats, n'ont pu apporter aucun changement; ne sont-elles pas des preuves visibles de la grandeur & de la vérité de notre sainte loi?

[(1) Par le terme d'unité de foi & de croyance, Aaron Monceca n'entend que les points principaux de la croyance Judaïque. C'est pourquoi il ne fait aucune attention à la différence qu'il y a entre les sentimens des Juifs Allemands, Portugais, Asiatiques & Afriquains.]

La confusion, le désordre & le changement, sont le partage des inventions humaines; la stabilité & la confiance, les marques du doigt de Dieu.

Ecris-moi, mon cher Isaac, si tu trouves mes réflexions justes. Je suis dans un pays où je n'ose communiquer mes idées, qu'autant qu'elles servent à éclaircir mes doutes, & de telle façon que la curiosité naturelle aux étrangers les rende excusables.

Je me trouvai hier à l'enterrement d'un nazaréen. Les cérémonies m'en parurent aussi nouvelles que celles que j'avois déjà vûes dans leur église. Une grande quantité de moines marchoient deux à deux dans les rues, en chantant un certain air lugubre. Parmi ces moines, il y en avoit de vêtus de plusieurs manieres & de différentes couleurs. Les uns étoient habillés de gris, portoient une longue barbe, & n'avoient pour chaussure qu'une sandale de bois. Les autres étoient noirs & blancs, & sans barbe. Il y en avoit d'une couleur verdâtre. Tous ces moines formoient plusieurs corps différens: & ils étoient divisés selon leurs vêtemens. A la tête de chaque troupe, on portoit un étendard fait en croix, assez ressemblant aux enseignes des bachas, si ce n'est qu'il n'y avoit point de queue de cheval qui pendît aux bâtons. Ces premiers prêtres, qui formoient comme l'avant-garde, étoient suivis par d'autres couverts d'une espèce de manteau à-peu-près semblable aux cappes des bergers de l'Arabie. Des hommes leur soutenoient un des bouts de la robe.

[Pages a88 & a89]

Ils avoient chacun un long flambeau à la main: l'on eût pû les prendre pour ses lanciers, qui faisoient le corps d'armée. Ils formoient autour du mort, que quatre personnes portoient, un bataillon quarré. Une foule de gens habillés de noir, à la tête desquels étoit un homme entiérement couvert d'un grand crêpe, fermoit la marche, & servoit d'arriere-garde. La curiosité m'engagea à voir la fin d'une cérémonie aussi extraordinaire. Je suivis le convoi funebre. Dès qu'il fut arrivé à l'église, on plaça le corps mort au milieu de plusieurs flambeaux: les prêtres l'entourerent, & prirent congé de lui, par quelques airs & quelques chansons qu'ils chanterent. Comme j'étois éloigné, je ne pus distinguer ce qu'ils lui disoient: mais il me parut qu'ils lui souhaitoient beaucoup de repos, de tranquillité, & une parfaite conservation de la vûe (1).

[(1) Aaron Monceca fait allusion à ces paroles de l'office des morts: Dona eis requiem, & lux perpetua luceat eis.]

Avant de descendre le défunt dans le caveau, on voulut voir par précaution s'il ne seroit qu'évanoui. Un jeune homme apporta un pot rempli d'eau (2), & chacun lui en jetta sur le visage.

[(2) L'eau-bénite que les prêtres jettent sur les morts, pour éloigner les mauvais esprits.]

N'ayant donné aucun signe de vie, on l'enferma dans le tombeau: après quoi, l'on chanta encore un petit air sur sa sépulture pour lui dire le dernier adieu. Je n'ai pu pénétrer quelle est la raison de cette cérémonie. Je veux donc m'informer si les nazaréens croient que les morts, dans l'autre monde, soient métamorphosés en enfans, qu'on les endorme par des chansons.

On nous accuse d'avoir trop de cérémonies dans notre religion. Peut-on en trouver de plus ridicules, & en plus grand nombre, que chez les nazaréens? Que doit penser un vivant de voir chanter sur le tombeau d'un mort? Je ne connois de plus grande folie que celle d'y danser.

Porte-toi bien, mon cher Isaac, & remercie Dieu de t'avoir fait connoître sa loi.

De Paris, ce...

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[Pages a90 & a91]

LETTRE IX.

Isaac Onis, rabbin de Constantinople, à Aaron Monceca.

Un capitaine, dont le vaisseau est arrivé hier dans ce port, vient de me remettre quatre de tes lettres. Apparemment qu'elles ont été arrêtées à Marseille: notre correspondant me les a toutes envoyées par le même bâtiment.

Je ne doutois point de la surprise que te causeroient les nouveautés que tu vois. La premiere fois que je partis de Constantinople pour aller à Vienne, je me trouvai dans un pareil cas au tien. Nourri dans les manieres Levantines, tout ce qui n'en approchoit pas me paroissoit extraordinaire. J'ai ri de bon coeur de ta méprise sur les chanteuses de l'opéra, & de l'embarras que te causa le sermon. J'ai fait voir tes lettres à Osman Bacha (1), qui depuis quelques jours, est arrivé dans ce pays.

[(1) Le comte de Bonneval.]

Il a trouvé juste le jugement que tu as porté sur l'état des sciences en France. Tes réflexions sur notre religion ont occasioné, entre son secrétaire & moi, une dispute vive & plaisante. C'est un jeune homme qui s'est fait mahométan depuis trois ans. Il avoit été quelque tems moine. Ensuite, las du nazaréisme, il vint se faire Turc. Le Bacha le vit, lui trouva beaucoup de talent, & le prit à son service. Il a voulu me prouver que la véritable religion étoit la mahométane, & qu'elle contenoit le judaïsme épuré, tel qu'il étoit dans le tems que Dieu donna les tables de Moïse. J'ai été surpris de le voir si zélé pour Mahomet. Je croyois qu'il étoit aussi mauvais turc qu'il avoit été mauvais nazaréen. Comme, en disputant, ses raisons avoient beaucoup amusé Osman, il lui ordonna d'en faire un précis, pour qu'il put les examiner à loisir. Je t'envoie une copie du mémoire qu'a fait ce secrétaire. Préjugé à part, mande-moi ce que tu en penses.

Mémoire de Haly, secrétaire d'Osman Bacha, autrefois comte de Bonneval.

[Pages a92 & a93]

«Nous avons, nous autres musulmans, les mêmes cérémonies & la même croyance que vous autres juifs, dans tous les points essentiels. Un seul Dieu, l'immortalité de l'ame, la punition des méchans, la recompense des bons, la circoncision, l'horreur des images, l'observation du jour du sabbat; & nos mosquées, ainsi que vos synagogues, ne sont point souillées par des idoles. Lorsque nous jeûnons, nous ne mangeons, comme vous, qu'après le soleil couché. Nous avons du respect pour la mémoire de Moïse & des prophetes. Nous regardons avec veneration la ville de Jérusalem. Nous nous abstenons des viandes défendues. Voilà, dans tous les points le judaïsme ancien: voilà la foi d'Israël dans son plus grand jour, & telle qu'elle subsistoit dans le tems de David.

«Examinons à présent qui sont ceux qui ont le plus changé & ajouté, ou de nous, ou de vous.

«Un des deux griefs que vous nous reprochez, consiste dans le culte que nous rendons au Messie (l).

[(1) Les Turcs regardent le Messie comme un grand prophete: ils ont même beaucoup de respect pour les prophetes.]

«Mais pourquoi ne voulez-vous pas que nous reconnoissions sa venue, lorsqu'il en est tant de preuves évidentes? Comment réglez-vous votre attente éternelle avec les semaines de Daniel? Vous avez perdu votre compte; & las de faire d'inutiles supputations, vous avez mieux aimé dire que c'étoit un mystere, auquel vous n'entendiez plus rien. Vous vous tirez d'affaire, approchant de la même maniere, sur l'explication de cette prophétie, dans laquelle il est dit si clairement, que le sceptre ne sera point ôté de la maison de Juda, jusqu'à l'arrivée de celui qui doit venir. Je sais que vous soutenez que ce n'est pas du sceptre dont il est parlé dans la prophétie, mais d'un mot qui signifie verge de tribulation: &, moyennant un tour forcé que vous donnez à ce passage, vous voulez le faire servir à votre défense. Cependant, malgré toutes les ténebres que vos rabbins ont voulu répandre sur les prophetes, vous savez l'histoire d'un de vos plus fameux docteurs. Etant prêt à mourir, il fit assembler sa famille autour de son lit.

«Mes enfans, leur dit-il, j'ai bien peur que ce Jesus de Nazareth, que nos peres ont crucifié, ne soit le Messie.

«Il mourut peu après; & quelque soin qu'on voulût apporter pour cacher au public les doutes de ce rabbin, on n'en put venir à bout.

[Pages a94 & a95]

«Mais enfin, supposons pour un instant, que nous nous trompions, en croyant que le Messie soit arrivé, voyons quels sont les changemens essentiels que cela nous a fait faire au fond du véritable judaïsme. Aucun: & les mêmes cérémonies, les mêmes points fondamentaux, qui fixoient la loi d'Israël, lorsque Jérusalem étoit dans sa gloire, sont encore notre unique croyance; & vous en êtes convenu il n'y a qu'un instant. Quel mal peut-il y avoir à honorer un prophete, un grand homme, un législateur, dont la morale est si belle, & si utile au repos & à la tranquillité de la société? S'il nous a appris à ajouter quelque chose à l'ancien judaïsme, ce sont des sentimens si épurés, qu'on voit bien qu'ils viennent du ciel; & si Moïse ne les inspira point aux anciens juifs, c'est qu'il connut que la dureté de leurs coeurs les en rendoit incapables. Nous n'avons donc apporté d'autres changemens à l'ancienne religion, que d'épurer la morale, & de rendre à celui qui nous la prêchoit la gloire que nous lui devions. Nous n'avons point poussé les choses à l'extrême, comme les chrétiens; &, au lieu qu'ils se sont entiérement éloignés du judaïsme, nous n'avons fait que l'épurer.

«Vous nous reprochez encore la profonde vénération que nous avons pour Mahomet. Pourquoi ne nous sera-t-il pas permis d'honorer l'envoyé de Dieu; celui, qui, après Moïse & Jesus, est venu apporter la clarté en terre, & achever de perfectionner la loi de Dieu, dont il est le favori?

«Voyons si vous n'avez pas fait des changemens plus considérables. Vous avez manqué dans votre dispersion, aux points les plus nécessaires de la loi. Vous avez cessé de circoncire en Espagne; cependant, quelque crainte qu'il y eût à le faire, rien ne pouvoit vous obliger à discontinuer une cérémonie aussi essentielle. Vous avez sacrifié, pendant un tems, en France, des enfans que vous achetiez: &, contre la volonté de Dieu, vous avez arrosé les autels que vous lui dressiez, de sang humain, quoiqu'il vous fût défendu expressément de sacrifier hors de Jérusalem. Je ne parle point de toutes les rêveries de vos docteurs.

[Pages a96 & a97]

«Où avez-vous trouvé dans les livres anciens, qu'il vous fût défendu de couper votre pain avec de certains couteaux; & qu'il ne vous fût pas permis de boire du vin que vous n'aviez point pressé? Dans quel endroit de la Genese, du Deutéronome, des pseaumes de David, avez-vous lu ce principe impie, que c'est un point de religion de tromper tous ceux qui ne sont pas de la vôtre? Je sais que vous n'accordez pas publiquement que vous avez ces sentimens. La raison en est évidente. On seroit beaucoup plus sur ses gardes; & vous auriez peine à faire les fonctions de votre nouveau judaïsme. Convenez donc que vous n'avez des anciens juifs, que le nom, & que les musulmans en ont la religion.»

Il te sera aisé, mon cher Monceca, de démêler le foible de cet écrit, & les sophismes dont il est rempli. Mais, je t'avouerai que j'en ai trouvé l'idée singuliere. Bien des gens nous ont reproché d'être dans l'erreur: mais personne ne s'étoit avisé de vouloir nous prouver que les mahométans étoient les véritables juifs, sous un nom différent.

Je voudrois qu'un sentiment aussi singulier pût te rendre le plaisir que me font tes lettres: elles renouvellent en moi le souvenir de tout ce que j'ai vu en Allemagne. J'y ai trouvé tout ce que tu rencontres à Paris: ses petits-maitres, ses femmes galantes, ses moines hypocrites & fripons, &c.

Lorsqu'on examine les hommes en général, on apperçoit beaucoup de ressemblance des uns aux autres. La différence de climat ne change rien aux coeurs: elle ne fait que les habiller à la mode des pays. On aime à Constantinople comme à Paris. Les Turques sont aussi portées à là galanterie que les Parisiennes; mais c'est dans un goût différent. Ici, le silence est le noeud d'une intrigue; on risque tout par la moindre indiscrétion; la nécessité, & non pas l'inclination, force un amant à se taire. Un usage différent dispense un François de tant de précautions; & s'il cache moins les faveurs de sa maîtresse, c'est qu'il a moins à craindre. Un Turc seroit peut-être aussi indiscret, si son intérêt ne l'obligeoit à ne pas l'être. Ces airs de petit-maître, ces façons, ces manieres affectées ne sont pas inconnues en Turquie. Elles se présentent sous d'autres formes, mais sont pourtant les mêmes. Les plumets, les habits brodés, les lorgnettes, les cannes, les tabatieres sont transformés ici, en habillement de chelibi (1), en turban orné de fine mousseline, en boëte de senteur, en tablette à écrire des vers tendres, & en pipes d'un goût fort galant.

[(1) Chelibi, jeune seigneur Turc.]

[Pages a98 & a99]

La parure, dans tous les pays, est le foible des femmes. Le désir de plaire à un amant qui les a su charmer, & leur hardiesse à tout entreprendre pour y réussir, est une passion qui leur est naturelle. Il n'y a qu'un peu de différence dans la façon de venir à leur but. En France & en Allemagne, une femme-de-chambre trompe un mari, porte les lettres, & prête son secours à sa maîtresse. Un eunuque fait ici le même manege. Lorsque le François s'en apperçoit, il en rit, ou il le supporte patiemment. L'Asiatique fait rage, mais sa colere ne change rien à son sort. Qu'il le supporte paisiblement ou non, il faut qu'il l'essuie. Les moines même, dont les actions te causent de l'étonnement, ont ici des copies très-ressemblantes de leur avarice, de leurs fourberies, de leur hypocrisie, de leur paresse, & de leur inutilité au bien de l'état. Tout est bien égal entre un religieux nazaréen & un dervis mahométan.

Ne te plains plus, si tu ne reçois pas exactement de mes nouvelles: le peu de vaisseaux qui partent ne m'en laissent pas le maître.

De Constantinople, ce...

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LETTRE X.

Aaron Monceca, à Isaac Onis, rabbin de Constantinople.

On promene ici dans les rues, en grande cérémonie, un nombre de figures & d'idoles grotesques, qu'on appelle les châsses des saints. Elles sont escortées de la même façon que le sont les morts qu'on porte dans le tombeau; & aux vêtemens près, qui ne sont pas noirs, il n'y a aucune différence. Ces pagodes ont leurs jours marqués dans le cours de l'année pour leurs promenades. Les unes n'empietent pas sur les droits des autres: quelque envie qu'ait une idole de prendre l'air, & de visiter les rues, il faut qu'elle attende que sa fête arrive. Elle est duement enfermée jusqu'alors, & ne sort de son étui, que par la permission des marguilliers (1).

[(1) Conducteurs des églises.]

Chacune de ces châsses a son département dans le gouvernement de la nature. L'une commande aux vents, l'autre aux mers, l'autre dispense les biens de la terre.

[Pages a100 & a101]

Une des plus considérées, est celle qui a la puissance de faire pleuvoir: elle tient le premier rang, & jouit du droit de se promener plus souvent que les autres. Il en est encore plusieurs, dont le pouvoir est plus borné. Elles président à la vue, au mal de dents, à la goutte, à la peste, aux voyages, aux entreprises, au commerce, à la découverte des choses perdues, & ont les mêmes attributs que les dieux Lares ou Pénates des anciens. La croyance ferme, dans laquelle est le peuple de la puissance de ces châsses, va occasionner le nouveau systême d'un physicien. Il a trouvé, par leur secours, le moyen d'expliquer aisément tous les secrets de la nature; & comme cette philosophie convient parfaitement aux moines, il y a apparence qu'ils feront tout leur possible, pour la mettre en vogue.

Je t'ai déja appris plusieurs choses sur les savans de ce pays: mais je n'ai pu entrer dans un détail particulier. Je suis à présent en état de te satisfaire, ayant fait connoissance avec quelques-uns.

On peut diviser les savans de Paris, comme les Grecs divisoient leurs dieux, en dieux & en demi-dieux. Les demi-savans fourmillent en France. Tout le monde veut y avoir de l'esprit: c'est le foible de la nation. On aime mieux passer pour fripon que pour bête. Tel homme ne se soucie pas d'être regardé comme une personne dont les moeurs sont scandaleuses, qui seroit au désespoir qu'on ne le crût pas en état de deviner les énigmes du Mercure, & de composer un madrigal.

Les femmes veulent aussi, décider souverainement des ouvrages d'esprit. Ce qu'il y a de particulier, c'est que souvent leurs décisions valent mieux que celles des hommes; qui n'étant pas gâtée par des études mal dirigées, rend leur goût plus fin & plus assuré, que l'est celui des demi-savans. Depuis quinze à vingt ans, les génies supérieurs, qui vivoient pendant le regne de Louis XIV, n'ont point été remplacés. Il semble que la nature avoit pris le soin de former un nombre de grands hommes dans les sciences & dans les beaux arts, pour que tout répondît en même temps à la grandeur de ce monarque.

Il y a cependant encore des savans illustres, & qu'on ne peut, sans injustice, refuser de placer dans la premiere classe. Le plus ancien (1) est un excellent philosophe, bon poëte dans sa jeunesse, habile critique, & grand physicien dans un âge plus mur.

[(1) Fontenelle.]

[Pages a102 & a103]

Croirois-tu que, doué de talens aussi rares, il a donné dans un travers étonnant, soit par vanité, soit par foiblesse? Il abandonna ses confreres les savans, & se fit le chef des grimauds & des avortons du Parnasse. Il prostitua sa savante plume pour soutenir leurs rêveries: & le public vit avec étonnement un homme tel que lui défendre une aussi mauvaise cause. Il s'agissoit de prouver la supériorité des modernes sur les anciens. Quelque chimérique que fût cette entreprise, peut-être auroit-on démontré leur égalité en traitant cette matiere avec la justesse & la neutralité qui convenoit. Mais on poussa cette ridicule dispute, jusqu'au point de soutenir qu'Homere était un radoteur, Démosthene un braillard, Virgile un poëte fort ordinaire: on voulut leur apprendre à parler leur langue; on leur reprocha des expressions basses, des termes ignobles; & un homme, né sur les bords de la Seine, prétendit trois mille ans après la mort d'Homere, lui apprendre le choix des mots et la noblesse des expressions Grecques. Ce qu'il y avoit de particulier dans cette dispute, c'étoit la différence des adversaires. Tous les véritables savans, tous les génies du premier ordre se rangeoient du parti des anciens, ils avouoient que c'étoit à leur lecture qu'ils étoient redevables de ce qu'ils savoient; & ceux qui les combattoient étoient l'opprobre de la littérature, & l'excrément des belles-lettres. Aussi furent-ils bientôt réduits au silence. Ils s'adresserent, dans leur confusion, au savant dont je te parle. Ils lui offrirent de le reconnoître pour leur maître. Il se laissa toucher de la flatteuse idée d'être chef d'un parti, & écrivit avec beaucoup d'esprit, de très-mauvaises choses. Il y a apparence qu'il les condamnera bientôt: car les nazaréens sont obligés d'avouer en mourant les mensonges qu'ils ont dit pendant le cours de leur vie; & comme il est très-avancé en âge, je crois qu'il ne tardera pas à faire aux bons écrits qu'il a critiqués, une réparation authentique, qui servira à effacer la seule tache dont sa gloire ait été flétrie.

Cette coutume, que les nazaréens ont d'avouer à leurs prêtres toutes leurs actions, les rend dépositaires du secret de toutes les familles. Le souverain pontife, assis sur son trône au milieu de la ville de Rome peut savoir ce que pense, non-seulement un européen & un Africain, mais un Indien nazaréen.

[Pages a104 & a105]

S'il ne veut pas entrer dans le détail, il est toujours le maître de le faire, lorsqu'il le souhaite: pour donner une preuve perpétuelle du pouvoir qu'il a de lire dans les coeurs, il se réserve dans toute la chrétienté la connoissance de certains crimes, dont lui seul peut accorder le pardon. Battre un moine, écrire contre lui, &c. voilà des cas dont lui seul peut absoudre. Si j'étois nazaréen, la lettre que je t'écris, m'obligeroit à faire le voyage d'Italie; mais pour avoir assassiné six hommes, volé dix familles, j'en serois quitte en l'avouant au premier moine que je trouverois, & parfaitement absous, moyennant quelques aumônes applicables à lui ou à son couvent. Si j'étois fort riche, peut-être m'obligeroit-on à faire quelque pieuse fondation. Mais alors j'aurois des restes de mon absolution; & je pourrois donner quelques coups de bâton sur le marché fait, sans que cela me fût compté la premiere fois que je retournerois en faire le récit.

Cette absolution, dont les prêtres sont les seuls dépositaires, est pour eux les mines du Pérou & du Potose. Ils la regardent comme une terre dont la culture les nourrit: ils en ont réglé les revenus en trois différens payemens, qu'ils retirent les jours de leurs trois fêtes principales; & par une grace spéciale, ils ont accordé aux jeunes seigneurs & aux dames de la cour, le privilége de payer dans une seule fois, mais dont rien ne peut les dispenser. Il y a cependant bien des gens qui fraudent les droits. Il s'est trouvé tel homme qui, à l'article de la mort, a avoué avoir fait cette contrebande pendant vingt & trente ans. Les petits-maîtres & les sçavans sont fort sujets à tromper la gabelle. Il y en a beaucoup des premiers qui ne payent qu'à l'extrémité, lorsque la maladie, les préjugés & la crainte les y oblige; & dans le nombre des derniers, plusieurs meurent sans acquitter leurs dettes. Aussi les moines ont-ils soin de déclamer contre un pareil abus. Pour y remédier autant qu'il étoit possible, ils ont passé un concordat avec les mauvais anges, par lequel ceux-ci s'obligent à se saisir de tous ceux qui n'auroient pas payé les droits avant leur mort. Les moines ont rendu public ce traité, & prennent soin d'en renouveler très-souvent le souvenir. Cette alliance, qu'ils ont contractée avec les esprits infernaux, avoit tellement frappé quelques nazaréens, qu'ils ne pouvoient se résoudre à mourir, quoiqu'ils eussent acquitté les droits.

[Pages a106 & a107]

Ils craignoient toujours que les diables ne leur cherchassent quelque chicane. Pour calmer leur frayeur, quelques docteurs nazaréens trouverent l'invention de leur expédier un récépissé qui serviroit de passe-avant. Ils imposerent un léger droit sur cet acquit; ce qui augmenta leurs revenus, par la précaution que prirent bien des gens de s'en munir avant leur départ pour l'autre monde. Ces passe-ports me rappellent certaines sentences de l'Alcoran, quelques Turcs superstitieux font enterrer avec eux. Ils ne doutent pas que leur prophête ne leur tienne compte d'une action si pieuse.

Quelle erreur, mon cher Isaac, et quel aveuglement! Nous n'aurons de sauf-conduit après la mort que celui de nos bonnes actions. C'est une conscience pure qui nous donne une noble assurance, lorsque nous sommes prêts à faire ce voyage. Quand on a vécu innocent, pourquoi craindre le trépas? Il met fin à nos peines. Infortunés pélerins, jouets des passions, en butte à toutes les rigueurs du sort, qui peut causer nos regrets? Si le ciel ne nous avoit commandé de ne point attenter sur nos jours, j'aurois approuvé la coutume qu'on observoit dans certaines villes du tems de Pompée, où il étoit permis, lorsqu'on étoit trop malheureux, de demander le poison qu'on gardoit exprès dans la république, & dont les magistrats étoient les sages dispensateurs, & jugeoient si les infortunes dont on se plaignoit étoient assez violentes pour mériter le reméde public. Mais comment leurs jugemens pouvoient-ils être justes? L'homme ne voit qu'à travers le voile de ses passions: ce sont elles qui le déterminent toujours. Un amant malheureux devoit accorder tout le poison à celui qui vouloit mourir pour la perte d'une maîtresse. Un joueur qui croyoit qu'il convenoit beaucoup mieux à celui qui avoit perdu son argent. Un ambitieux l'auroit accordé avec plus de plaisir à un courtisan disgracié. Et je crois que ces juges, lorsqu'ils ne ressentoient pas les mêmes passions que celui qui présentoit sa requête, la lui accordoient plus souvent par grace, que par une véritable persuasion de nécessité.

Le courrier va partir, & je finis ma lettre. Porte-toi bien, mon cher Isaac, & prospère tous les jours davantage.

De Paris, ce...

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[Pages a108 & a109]

LETTRE XI.

Jacob Brito à Aaron Monceca.

Je continue d'examiner les beautés de Rome. Je considère avec un plaisir mêlé d'étonnement, les restes de la grandeur de ces fameux Romains. J'allai hier voir le capitole. Sur les ruines de l'ancien, on a bâti un palais moderne, dont Michel-Ange, fameux architecte, a donné le dessin. Après avoir examiné ce qu'il renferme de curieux, je donnai un vaste champ à mes réflexions. Quelle seroit, disois-je en moi-même, la surprise de Marius, de Sylla, de César, de Sertorius & de Pompée, s'ils revenoient au monde & qu'ils pussent être transportés dans Rome, sans être prévenus des changemens qui y sont arrivés? Ils croiroient prendre leurs places au capitole, & les verroient remplies par une douzaine de monsignors. Ils trouveroient les anciens sénateurs métamorphosés en abbés, & l'ordre des chevaliers changé en un essaim de moines. Au lieu des licteurs & des faisceaux, qui précédoient & suivoient les consuls Romains, ils appercevroient un prélat escorté de ses estafiers, ou quelque cardinal qui se promeneroit in fioco (1) Que sont devenues les légions?

[(1) En cérémonie.]

Ils iroient au champ de Mars, & n'y trouveroient que des ronces & des serpens. Eh quoi! Romains, s'écrieroient-ils, qu'est devenu votre amour pour la gloire? Qu'avez-vous fait de cette ardeur martiale, qui vous rendit les maîtres du monde? A ces discours, le peuple leur riroit au nez. S'ils demandoient à visiter les arsenaux, à voir l'état des armes, & la dépense que peut faire la république; on les meneroit dans la bibliothéque du Vatican, on leur feroit voir les bulles d'excommunication qui ont été lancées, & celles qui sont prêtes à l'être à la premiere occasion. S'ils vouloient vérifier l'état des finances, les fonds qui les produisent, l'arrangement qu'on prend pour lever les subsides, on leur ouvriroit des coffres remplis d'indulgences, de bulles, & de nominations aux bénéfices. S'ils étoient curieux de sçavoir les récompenses qu'on donne aux citoyens qui se distinguent, & les statues qu'on leur élève; on leur montreroit des chapelets, des agnus & des reliquaires bénis par le pontife.

[Pages a110 & a111]

S'ils s'informoient des couronnes triomphales, on leur porteroit des mitres & des calottes rouges. S'ils demandoient à voir les rois de Bithynie, de Comagene, d'Arménie, du Pont & tant d'autres souverains assidus courtisans du moindre des sénateurs, on leur présenteroit le prétendant & ses deux fils. Et si leur curiosité s'étendoit jusqu'à sçavoir les princes qu'on a vaincus, on leur raconteroit l'assassinat de Henri IV, & celui de son prédécesseur.

Crois-tu, mon cher Aaron, que ces hommes illustres, pleins de l'ancienne grandeur de leur patrie, en voyant son avilissement fussent moins surpris que nous ne le sommes des nouveautés que nous appercevons? Je crois qu'ils le seroient davantage: & César auroit plus de peine à reconnoître un ancien Romain dans un Italien, que tu n'en aurois à deviner l'usage & le but de la cérémonie la plus embrouillée du nazaréisme.

Les plaisirs ont pris dans cette ville une nouvelle face. L'arrivée du carnaval les a rendus plus vifs. J'allai hier à l'opéra: il n'y a que des hommes qui y chantent. Je m'informai quelle en étoit la raison. On me répondit qu'il ne convenoit pas que dans une ville sainte, il y eût des femmes dans le spectacle public. Je te dirai qu'il n'est rien de si ridicule que cette délicatesse hors de propos. Il y a à Rome, dans la rue Serène & dans la rue Longare, deux à trois cent courtisannes. Il est faux qu'elles payent un tribut au Pontife, ainsi qu'on le dit ordinairement; mais elles sont tolérées, & même protégées par le gouverneur de Rome. Je te prie de considérer lequel est moins digne de la ville sainte, ou trois cent maisons de débauche, ou deux chanteuses, dont les moeurs dans ce pays sont assez réglées. D'ailleurs, elles sont remplacées par des hommes, à qui, pour donner de la voix, on a ôté le moyen de devenir peres de famille.

Ce crime qui, selon moi tient de la barbarie, & que les Turcs ne souffrent que par l'excès de leur jalousie, se commet tous les jours au milieu de Rome. Un pere, pour un vil intérêt, rend son fils en naissant, incapable de perpétuer sa famille, & le met dans un état où il n'est plus ni homme ni femme. Je ne conçois pas comment on tolere une pareille coutume. Ces hommes ne sont-ils pas assez malheureux par les maux où la nature les a assujettis, sans leur en procurer de nouveaux?

[Pages a112 & a113]

Une loi fondamentale chez les nazaréens, exclut tous les eunuques des honneurs & des gardes ecclésiastiques. Cependant le pontife a trouvé un accommodement à cette ordonnance. Comme il ne peut réparer le dommage causé par l'opération, il permet qu'on donne la prêtrise à ceux qui portent sur leur estomac les tristes reliques de leur honte enfermées dans une bourse de cuir.

Ce n'est pas là le seul expédient comique dont les pontifes se servent pour accommoder les loix de leurs prédécesseurs avec leurs fantaisies. Ils inventent tous les jours mille moyens aussi ridicules. Ils sont obligés de se soumettre à cette gêne, par la nécessité de soutenir leur infaillibilité: car si l'un changeoit, & condamnoit ce que l'autre a fait, toute la sureté de leurs décisions crouleroit; & c'est un point essentiel de la religion nazaréenne, ainsi je te l'ai déjà écrit, de croire que le pontife pense sensément, lors même qu'il extravague.

Les honneurs qu'on lui rend sont semblables à ceux qu'on réserve pour la divinité. On se prosterne à ses pieds: on baise avec respect sa chaussure. Les plus grands rois nazaréens ne sont point dispensés de cette cérémonie, & la regardent comme un honneur.

Lorsque le pontife est élu, on l'assied sur l'autel du premier temple des nazaréens (1), & là le peuple assemblé tombe à ses genoux, l'adore, lui demande de répandre sur lui les biens de ce monde, & le prie de lui assurer ceux de l'autre après la mort.

[(1) Sur le maître-autel de l'église de S. Pierre.]

Le grand-prêtre se rend à ses prieres. Pour garant de sa parole, il allonge deux doigts de la main, & fait un mouvement du bras. Par ce seul geste, les péchés sont remis, les humains deviennent vertueux, & la nature change de face. Tel autrefois le Jupiter des Payens mouvoit l'Olympe d'un coup d'oeil. Il est ensuite porté en triomphe dans son palais. Pour achever le bonheur des Romains, il n'a plus qu'à mourir bientôt.

Ce que je te dis paroît bizarre, & si je ne te l'expliquois, tu n'en comprendrois pas la raison. Chaque élection d'un Pape rend considérablement à la ville. Elle y attire un concours d'étrangers: elle fait un changement dans le ministere & dans les charges, chacun croit gagner quelque chose au changement, excepté les parens du pontife régnant.

[Pages a114 & a115]

Ceux-ci perdent beaucoup à sa mort. On appelle la faveur le népotisme. Comme le grand-prêtre n'a point d'enfans légitimes, n'étant point marié, on a trouvé ce mot très-propre à expliquer le pouvoir de sa famille pendant le cours de son pontificat. Il s'est trouvé tel favori, qui a poussé le népotisme plus loin que le despotisme ne l'est à Constantinople, et qui a plus pillé lui seul dans trois ans que vingt visirs dans cinquante.

Les Romains n'entendent point leurs intérêts, en souhaitant le changement de pontife, il leur seroit bien plus aisé de contenter l'avarice d'un affamé qui, après s'être rassasié, les laisseroit tranquilles, que d'être en proie à l'insatiabilité de trente qui se succédent en peu de tems l'un à l'autre.

Pour réparer les maux que cause ce népotisme, les grands-prêtres ont pris un empire absolu sur les saisons, sur les élémens, & sur les fruits de la terre. Par ce moyen, ils rendent au peuple, du moins ils le lui font accroire, ce que leur famille & leur favori lui enlevent.

Il y a quelque tems qu'un nombre étonnant de chenilles rongeoit & détruisoit tous les arbres: chacun se plaignoit de ces insectes. On eut recours au souverain pontife. Il promit de les exterminer, mais comme il n'étoit pas sur de son fait, & qu'il doutoit que les chenilles eussent assez de complaisance & de docilité pour vouloir crever, il différa pendant long-tems, sous divers prétextes. Enfin la saison devenant fort avancée, & le froid se faisant déjà sentir, il comprit qu'il pouvoit, aidé de l'hyver qui approchoit, risquer son autorité contre ces insectes. Il envoya un simple pontife les excommunier de sa part, & leur ordonner d'avoir à crever le plutôt qu'il leur seroit possible. Elles obéirent d'autant plus aisément, qu'il gela beaucoup cinq ou six jours après l'ordonnance publiée. Le peuple cria miracle. On fit des processions par la ville: les châsses furent promenées en triomphe; & les moines reçurent beaucoup de charités pour les payer des prieres qu'ils avoient faites.

Quelque tems après, un simple pontife (1) qui voulut imiter son souverain, fut moins heureux.

[(1) Celui d'Arles.]

Des sauterelles désoloient son pays: il les excommunia trois années consécutives; mais apparemment, étant de race janséniste, elles appellerent comme d'abus de l'ordonnance du pontife; & ne s'aviserent de mourir que l'année où elles n'avoient point été excommuniées.

Porte-toi bien, mon cher Monceca, & que tes richesses surpassent tes desirs.

De Rome, ce....

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[Pages a116 & a117]

LETTRE XII.

Aaron Monceca, à Isaac Onis, rabbin de Constantinople.

J'allai hier dans une assemblée de dames & de petits-maîtres. Le marquis de Farfin, dont je t'ai parlé au commencement de mes lettres m'y conduisit. Je fus à même d'y faire des réflexions sur la fourberie des femmes, & la perfidie des hommes. Lorsque j'arrivai, on étoit occupé à tourner en ridicule une comtesse, dont chacun protestoit d'être ami.

Je ne sçais, disoit une jeune femme, dans quel endroit la comtesse prend les vieux contes dont elle vient nous ennuyer. En vérité, il n'est pas permis de radoter de si bonne heure. «Vous avez tort, madame, répondit un petit-maître, avec un air doucereux. Si l'âge donne des droits pour ennuyer le public, la comtesse en est en possession depuis plus d'une année.» Vous êtes un malicieux, reprit une femme, je connois la comtesse. Elle n'est point d'âge à radoter. Elle s'est mariée l'année que je suis née: elle avoit alors vingt-quatre ans, & j'en ai trente-deux. «Comment, madame! s'écria certain fat, avec un air de surprise, vous paroissez un enfant, & vous avez trente-deux ans? Ce que vous dites-là est aussi surprenant, qu'il est incroyable que la comtesse n'en ait que cinquante-six, quoiqu'elle n'en avoue que quarante.»

Dans le moment qu'on décidoit du tems de la naissance de cette comtesse, elle entra dans l'assemblée. Chacun changea de discours. Mon Dieu, Madame, lui dit cette femme qui venoit de lui donner si libéralement cinquante-six ans, vous avez aujourd'hui un teint de lys & de roses, un air de fraîcheur. Vous ne paroissez pas avoir trente ans.

[Pages a118 & a119]

«J'en ai pourtant davantage, reprit la comtesse en souriant doucement, tournant les yeux méthodiquement, & mordant dans sa lévre pour la rendre plus vermeille. Je n'ai point, continua-t-elle, dormi la nuit passée: je me faisois peur à moi-même ce matin dans mon miroir. En vérité, j'avois résolu de ne me pas montrer aujourd'hui. Il a fallu que l'envie de voir bonne compagnie m'ait déterminée à sortir.» Nous aurions perdu infiniment, reprit ce petit-maître qui l'avoit déchirée un instant auparavant; car personne, Madame, ne répand plus d'enjouement que vous dans une assemblée. J'ose vous le jurer avec sincérité; j'aime mieux une des petites histoires qu'il vous plaît de nous raconter quelquefois que le meilleur conte de Bocace & de la Fontaine.

J'étois étonné de ce que j'entendois. Cette dissimulation me paroissoit une perfidie insupportable. Je ne pouvois approuver qu'on eût pris plaisir à répandre un ridicule sur une personne, avec laquelle on vivoit journellement, & à qui on donnoit le titre d'amie. Mais j'étois encore plus révolté des louanges déplacées qu'on lui prodiguoit. Je les recevois comme des injures d'autant plus sanglantes, qu'elles enfermoient une ironie, dont tous ceux qui se trouvoient présents avoient une parfaite connoissance.

Dès que je fus sorti de cette assemblée, je ne pus m'empêcher de témoigner ma surprise au marquis de Farfin. Si tous les gens, lui dis-je, avec lesquels vous vivez, ont autant de dissimulation, je vous plains; & il vous est difficile d'ajouter foi aux discours que vous entendez. Qui peut vous assurer qu'on ne parle pas sur votre compte d'une façon aussi extraordinaire, que sur celui de cette comtesse? Ces gens, dont le coeur est si faux, se disent de ses amis, comme ils protestent qu'ils sont des vôtres. «Je sçais, me répondit le marquis, à quoi m'en tenir. Je connois trop le monde, pour être la dupe de ces vaines protestations d'amitié, & de ses louanges prodiguées, sans choix & sans fondement. Je me conforme à l'usage & à la mode, je loue moi-même souvent ce que je trouve ridicule; & je me réserve de pouvoir m'en réjouir lorsque l'occasion se présente.» Mais, lui demandai-je, à quoi sert ce déguisement? Pourquoi trahir sans cesse les sentimens de votre coeur? Votre bouche n'en est jamais l'interprête. La sincérité est une vertu qui vous est connue.

[Pages a120 & a121]

«Telle est, me dit-il, la façon de vivre dans ce pays. La dissimulation est le noeud le plus étroit de la société. Comme on a vu qu'on ne pouvoit prendre assez sur soi, pour aimer véritablement bien des gens qu'on fréquentoit, on a employé la contrainte. L'artifice a pris la place de la vérité. la politesse tient lieu de la cordialité; & la nécessité a rendu excusable ce déguisement.»

Voilà, mon cher Isaac, une des principales causes de cette politesse, si vantée parmi les François. Ils ne doivent cette qualité, dont ils se glorifient si hautement qu'au manque de candeur & de sincérité. Leurs complimens, leur accueil gracieux, leurs discours flatteurs sont des suites de leur dissimulation. Un philosophe doit regarder leurs louanges comme un poison renfermé dans une liqueur délicieuse au goût.

Un homme dans ce pays, n'est occupé que du soin de plaire superficiellement à tous les gens qu'il rencontre. Il salue l'un, il flatte l'autre. Il embrasse, avec des marques de tendresse, une personne qu'il connoît foiblement. On diroit que tous les François sont des Titus, & qu'ils comptent,les jours où ils n'ont pas rendu quelqu'un heureux, pour des jours perdus. Lorsqu'on approfondit leur caractère, on en découvre le faux. Il y a tel homme qui en a loué un autre pendant dix ans, & qui ne perd pas l'occasion de porter un coup sensible à sa réputation, en satisfaisant son humeur mordante. Le génie des François est tourné à la médisance; c'est le foible de la nation. Un ami sacrifie souvent son ami au plaisir de dire un bon mot: & il est peu d'amitiés dans ce pays qui soient à l'épreuve d'une saillie heureuse. Aussi voit-on rarement des gens qui soient assez heureux, pour avoir quelqu'un qu'ils puissent rendre le confident de leurs peines, & le dépositaire de leurs secrets; & si les véritables amis sont rares par-tout, ils le sont plus en France qu'ailleurs.

Cet esprit critique & médisant, qui domine les François, répand une contrainte infinie dans toutes leurs actions. Ils mesurent leurs moindres démarches. Ils savent qu'ils sont sans cesse examinés par des yeux jaloux & attentifs à donner un ridicule. Aussi, dans les assemblées publiques, aux spectacles, aux promenades, ils prennent garde à leurs gestes, à leur façon de marcher, à leur maniere de rire, à leur ton de voix, & sur-tout à leur parure. Les femmes poussent l'exactitude sur cet article à un point surprenant.

[Pages a122 & a123]

Un général ne délibère pas avec plus d'attention dans un conseil de guerre, sur la réussite d'une bataille qu'une coquette examine, avec ses femmes-de-chambre, la bonne grace de sa robe & de sa coëffure. Le succès d'une mouche placée au coin de l'oeil pour le rendre plus vif, ou mise auprès de la lévre, pour la faire paroître plus vermeille, est une affaire qui mérite une profonde attention. Vingt miroirs sont consultés avant qu'on se fixe à une détermination. Ces sortes d'agrémens ont tous des noms marqués, & qui expriment leurs qualités & leurs utilités. La mouche au coin de l'oeil est tirée du nom d'assassin.

Une femme auroit moins de peine à rester enfermée, & prisonnière chez elle pendant dix ans, qu'à paroître un instant aux Tuileries sans être parée. C'est le nom qu'on donne au jardin du palais du roi, qui fait la plus belle & la plus agréable promenade de Paris. Elle est très-fréquentée dans la belle saison; & c'est le rendez-vous ordinaire des petits maîtres. On les voit attentifs à répandre leur médisance sur tous les objets qui s'offrent à leurs yeux. Je ne sais, dit l'un, à quoi pense la présidente, mais en vérité, elle aurait dû ne pas amener l'abbé de *** aux Tuileries. Qu'elle reste avec lui toute la journée, j'y consens; mais du moins elle ne devrait pas le conduire à la promenade: c'est braver le public trop hardiment. «Et pourquoi ne le feroit-elle point, répond un autre? Voilà la marquise & le chevalier ensemble. Elle s'est séparée de son mari depuis huit jours: mais elle s'embarrasse fort peu des discours, & mène ses affaires bon train.»

La médisance est la seule occupation qu'ont une grande partie des gens qui vont se promener dans ce jardin. Il en est un autre (1), fréquenté par des personnes d'un caractere different.

[(1) Le Luxembourg.]

Ils sont uniquement occupés de nouvelles. Ils s'intéressent aux affaires de tous les princes de l'Europe. L'un assure qu'il sait de bonne part que Thamas-Kouli-Kan n'entrera jamais en aucune négociation avec la Porte. L'autre proteste qu'il ne doute pas du contraire. Un troisieme raisonne sur les préliminaires de la paix entre l'empereur & la France. Il veut gager cent pistoles qu'ils ne pourront avoir une durée fixe & stable, & que la guerre recommencera dès le printems. Un vieux officier réformé assure que la France sera obligée de faire la paix, & qu'elle est dans l'impossibilité de continuer la guerre.

[Pages a124 & a125]

Il en donne pour preuve la différence de la valeur des troupes d'aujourd'hui à celle de son temps; & soutient, que quiconque n'a pas vu M. de Turenne ne peut avoir de courage. Il gémit au siege de Philipsbourg: il traite cette place de bicoque; & pense que la plus grande puissance du roi consiste dans la compagnie d'invalides.

Il est un troisieme jardin (1), moins fréquenté aujourd'hui, qu'il ne l'étoit lorsque le duc-régent vivoit.

[(1) Le Palais royal.]

L'Amour, les Ris & les Jeux y avoient élu leur domicile. Il se passoit peut de jours qu'il n'y arrivât quelque aventure préjudiciable à l'honneur des maris. L'Amour y faisoit perpétuellement la guerre à l'Hymen. On m'a raconté une plaisante histoire à ce sujet. Plusieurs particuliers ont dans leurs maisons des portes qui donnent entrée dans ce jardin. Un amant s'étoit caché dans un endroit écarté. Il attendoit sa maîtresse qui lui avoit promis d'aller le rejoindre pendant la nuit, sous prétexte de prendre le frais. Elle lui tint sa promesse, & se servit de cette excuse auprès de son mari, pour pouvoir s'absenter après le souper. Il y consentit d'autant plus volontiers, qu'il avoit lui-même un rendez-vous dans le même jardin. Peu après qu'elle fut partie, il alla trouver sa maîtresse. L'endroit qu'il choisit pour amortir ses feux, n'étoit pas éloigné celui où sa femme prodiguoit ses faveurs. Il entendit une partie du bruit; & elle comprit aussi que les gens qui étoient auprès d'elle ne perdoient pas le temps en discours frivoles. Deux ou trois personnes, qui se promenoient dans le jardin, s'étant approchées du lieu où se passoit cette scène, interrompirent les acteurs, & les forcerent à changer de place. Quelle fut leur surprise, lorsque les deux amans reconnurent qu'ils s'étoient rendu le réciproque, & que la femme de l'un étoit la maîtresse de l'autre! Dans leur premier mouvement, ils ne purent assez se contraindre, pour que des gens qui les écoutoient, sans en être vus, ne fussent au fait de leur aventure, qu'ils rendirent publique le lendemain. Les infortunés maris n'en arrêterent le cours qu'en dissimulant parfaitement leur dépit, & en se consolant en eux-mêmes de ce qu'ils s'étoient vengés par la loi du talion.

[Pages a126 & a127]

Porte-toi bien, mon cher Isaac...On dit ici qu'Osman bacha (1) est mort.

[(1) Ci-devant comte de Bonneval.]

Écris-moi, je te prie si cela est vrai, & les particularités du trépas d'un homme aussi extraordinaire.

De Paris, ce...

***

LETTRE XIII.

Aaron Monceca, à Isaac Onis, rabbin de Constantinople.

J'allai, il y a quelque temps, visiter les bibliothéques publiques. On en voit plusieurs à Paris; & l'on y trouve des manuscrits qui sont dignes de la curiosité des savans. Elles sont ouvertes certains jours de la semaine. L'on peut aller y travailler sous les yeux des bibliothécaires, qui montrent la place des livres dont on a besoin, & prennent soin qu'on n'en enlève aucun. C'est un soulagement pour tous ceux qui s'appliquent aux sciences, que la commodité d'avoir l'usage de tant d'écrits, dont le ramas a coûté plusieurs siecles, beaucoup de soins & de dépenses.

On trouve dans ces bibliothéques toutes sortes de livres: ceux que les nazaréens regardent comme prohibés y sont aussi. Cela les rend beaucoup plus complettes & plus utiles: car tu ne saurois croire combien d'ouvrages dignes de l'estime de la postérité la plus reculée sont défendus parmi eux. Dès qu'un livre traite de philosophie, il est examiné par les moines. Pour peu que le systême qu'il contient ne leur convienne pas, il est condamné, & les exemplaires sont supprimés. S'il traite de politique, il faut encore qu'il soit plus réservé: cela regarde le ministere. L'histoire même ne peut être écrite avec la liberté qu'elle demande. Il est dangereux que les vivans n'embrassent le parti des morts. Un auteur est obligé de pallier bien des faits qui se sont passés dans les regnes précédens, par l'intérêt qu'y prennent des familles puissantes, & des corps nombreux & accrédités.

Un historien qui voudroit écrire fidélement ce qui est arrivé depuis Henri III, jusqu'aujourd'hui, seroit obligé d'opter entre le plaisir de dire la vérité, & la douleur de se bannir de sa patrie. Il faudroit qu'il cherchât dans les pays étrangers un asyle contre la persécution, qu'il s'attireroit.

[Pages a128 & a129]

Certains moines (1) ne lui pardonneroient jamais le fidéle récit du meurtre de Henri III (2). D'autres (3) emploieroient leur crédit pour venger l'exacte description qu'il feroit du crime de leur pere Guignard (4).

[(1) Les jacobins.
(2) Ce crime énorme fut commis par Jacques Clément, moine jacobin.
(3) Les jésuites.
(4) Jésuite qui fut pendu, pour avoir trempé dans un assassinat commis contre Henri IV, par Jean Châtel, jeune écolier que ses régens avoient séduit.]

Et tous enfin se réuniroient ensemble,lorsqu'on les accuseroient d'être les auteurs indirects de l'assassinat de Henri IV, par leurs prédications séditieuses, par leurs libelles diffamatoires, & par leurs infâmes déclamations, tant que la ligue subsista.

Les auteurs qui écrivent ces faits, ne sauroient en ôter entiérement la connoissance; mais ils les déguisent en partie. Ils tâchent de les adoucir selon l'intérêt qu'ils y prennent, ou selon qu'ils sont forcés de le faire par la gêne & la contrainte dans laquelle ils sont retenus.

Il y a quelque temps qu'un moine (5), qui avoit écrit plusieurs histoires dans lesquelles on lui reprochoit d'avoir falsifié un grand nombre de faits, s'avisa, pour rétablir sa réputation, de vouloir écrire, selon l'exacte vérité, les disputes de quelques souverains pontifes (1).

[(5) Maimbourg, jésuite.
(1) Le Schisme d'Occident.]

Dès que son livre parut, il fut proscrit à Rome. Le pontife nazaréen fut vivement touché, qu'on eût osé troubler les mânes de ses prédécesseurs. Il crut que leurs désordres étoient un mystere, qu'il n'étoit pas permis à un simple mortel de vouloir pénétrer. Par son ordre, le moine fut chassé de son couvent: il fut puni d'avoir écrit la vérité, & perdit les faveurs & les récompenses que lui avoient attirées ses mensonges (2).

[(2) Le pape avoit écrit une lettre à Maimbourg, pour le féliciter sur son Histoire du schisme des Grecs.]

La défense des livres est cependant un fort mauvais moyen pour les supprimer. Dès qu'on interdit la lecture d'un livre tout le monde s'empresse à l'acheter. Le libraire en augmente le prix: il se vend beaucoup plus qu'il ne se vendoit auparavant & tel ouvrage auroit été imprimé dix fois dont on n'auroit pas vendu deux cents exemplaires, si l'envie & la curiosité du public n'avoient point été excitées par les défenses des magistrats & des pontifes.

[Pages a130 & a131]

Ce qui accrédite encore ces livres prohibés, c'est qu'ils sont ordinairement bons & instructifs, & qu'ils intéressent les gens d'esprit & les savans: au lieu que la plupart de ceux qu'on débite publiquement ne sont que des romans & des historiettes, propres à divertir quelques femmelettes & quelques abbés; un homme de génie aimant mieux garder le silence que d'écrire contre ses sentimens.

Je t'ai déja parlé de quelques savans de ce pays: j'en connois plusieurs autres. Un d'entr'eux (1) vient de donner un ouvrage de politique.

[(1) L'abbé de S. Pierre.]

Quoiqu'il ait beaucoup de feu, d'esprit & de bon sens, il n'a pu éviter de donner dans des idées fausses. Il y a été entraîné par la crainte & par les préjugés. L'espérance de quelque récompense l'a déterminé à soutenir par de nouveaux écrits les absurdités des premiers. Il rend dans son systême, les peuples, non-seulement esclaves, mais il leur ôte même la consolation de porter leurs plaintes au pied du trône (1), & de soulager leurs maux par la liberté de les apprendre à ceux qui peuvent y remédier.

[(1) L'abbé de S. Pierre semble désapprouver les remontrances des parlemens.]

Au reste, dans tous les sujets où il a pu écrire librement, la raison se présente par-tout d'une maniere brillante; & la flatterie bannie de son livre, il devient un ouvrage parfait. Il est un autre auteur (2), dont le style est vif & plaisant: on voit qu'il a le génie brillant; mais il est peu profond. Ses écrits sont des riens agréables; si l'on peut appeller riens quelque chose qui plaît sans instruire.

[(2) L'abbé des Fontaine.]

Un religieux (3) a donné depuis quelques années une histoire de France, écrite avec pureté, & même avec sincérité, jusqu'au regne de François I. Dès ce tems-là, la vérité commence à s'éclipser, & elle disparoît entiérement sous les regnes suivans.

[(3) Le pere Daniel.]

Un autre auteur (4) n'a point été gêné dans une histoire qu'il a donnée de plusieurs anciens peuples.

[(4) M. Rollin.]

[Pages a132 & a133]

Cet ouvrage est un morceau achevé. Il est écrit purement, & avec d'autant plus de sincérité & de liberté, qu'il n'y avoit point de jésuites chez les Medes, & que la cour prend peu de part aux affaires arrivées sous Philippe de Macédoine, & sous Alexandre son fils.

Un jeune homme (1) écrit des comédies & des histoires galantes d'une maniere touchante; mais son style est guindé.

[(1) M. de Marivaux.]

Il a conservé dans ses écrits un certain air précieux qui tient peu du naturel. On diroit volontiers quelquefois en lisant ses ouvrages, que l'auteur invente, & que le petit-maître écrit.

Le fils d'un célebre poëte (2) fit, il y a quelque tems une satyre, plus maligne qu'ingénieuse des désordres & des troubles que cause la dispute des jansénistes & des molinistes (3), dont je t'ai déja parlé dans mes lettres précédentes. Il sentit l'effet de la colere des ennemis qu'il s'étoit attiré; & ce fut avec bien de la peine qu'il échappa à leur vengeance.

[(2) M. de Crébillon fils.
(3) L'Ecumoire.]

Les François ont naturellement l'esprit vif & pénétrant. S'ils étoient les maîtres de donner l'essor à leur génie, il n'est point de peuple qui poussât les réflexions aussi loin qu'eux. C'est vainement que les Anglois se flattent d'une plus grande justesse dans le raisonnement. Ils n'ont que l'avantage de pouvoir laisser agir leur imagination, & de ne pas la réduire sans cesse à des principes toujours ennemis du vrai. Comment est-il possible d'approfondir aucune matiere, si l'on est à chaque instant arrêté; s'il faut toujours chercher des moyens pour allier la raison aux chimeres, la vérité au mensonge?

On doit regarder comme une chose surprenante, qu'il y ait dans ce pays autant de gens d'un génie vaste & élevé. On fait tout ce qu'on peut pour accoutumer les esprits à ne pas sortir d'une certaine sphere: on craint qu'ils ne s'élevent trop haut. Dès la tendre jeunesse, l'éducation qu'on donne aux enfans, tend plutôt à leur donner des idées chimériques & confuses, qu'à leur apprendre à raisonner d'une façon juste & précise. Les moines qui sont chargés de leur conduite, & qui les élevent dans leurs principes, les éloignent de la bonne méthode d'étudier.

[Pages a134 & a135]

Lorsqu'un jeune homme a atteint l'âge de neuf à dix ans, il est enfermé dans un college. On lui inspire de l'horreur pour les sciences, par la façon dont on veut les lui apprendre. On le dégoûte des bons auteurs par la maniere dont on lui en explique les écrits. On lui parle de Gassendi, de Descartes, de Newton, comme de personnes d'un génie médiocre. Il est peu de régens de philosophie qui ne prennent fiérement le pas sur ces grands-hommes, & qui ne fassent plus de cas de leurs cahiers que des ouvrages de Mallebranche. Il y a une société de moines (1) qui enseigne les belles-lettres avec assez de succès: mais elle a un tel éloignement pour la bonne philosophie, qu'elle en est devenue le fléau.

[(1) Les Jésuites.]

Le plus renommé de ces colleges, est celui qu'on appelle la Sorbonne: aussi est-il le plus ancien. Il en est plusieurs autres sous sa direction. Sa réputation a été considérable dans les siecles passés; mais depuis plus de cent ans il perd tous les jours de son lustre. Il s'est rendu odieux par les décisions qu'il rendit dans le tems de la ligue: il favorisa le crime & l'assassinat, & suivit le parti de la révolte & de l'impiété qui se couvroient du voile de la religion. (1)

[(1) En l'année 1589, la Sorbonne eut l'insolence de rendre un décret sanglant contre Henri III. Il ne tint pas à elle que la couronne ne passât dans la maison des Guise, ou qu'elle ne devînt le butin des Espagnols, que la révolte, couverte du voile de la religion, avoit attirés dans le coeur de la France.
.........Soepius olint
Religio peperit scelerosa atque impia facta
,
Lucret. de rerum Nat. lib. 1, ver. 84. ]

Dans la suite, il voulut montrer de tems en tems quelque action digne de sa premiere gloire; mais il ne put y réussir. Le grand nombre de ceux qui le composoient l'emporta sur les avis de quelques-uns, qui vouloient soutenir hautement leurs privileges & ceux de leurs églises.

Par ce que je t'apprends, tu juges combien il est difficile à un François de s'élever jusqu'à un certain point. Loin que les études de sa jeunesse puissent lui être utiles, elles ne servent qu'à former un obstacle à son avancement, & à l'éloigner de la vérité. La philosophie scolastique est un poison qui trouble l'esprit & le rend incapable de cette justesse qu'il faut dans les raisonnemens, & qui ne s'acquiert que par une profonde méditation.

[Pages a136 & a137]

Il est cependant plusieurs François, qui, sans aucun secours, s'élevent à un degré éminent. Il faut qu'ils aient d'autant plus de génie & d'imagination, qu'outre l'ignorance, ils ont à vaincre les préjugés de l'enfance, & ceux de l'éducation que leur ont inspiré ces premiers maîtres. Tu rirois, mon cher Isaac, si je t'écrivois quelques-unes des theses philosophiques, sur lesquelles on exerce les écoliers dans ce pays. En voici une des plus considérables d'une école tenue par des moines (1).

[(1) L'école des Thomistes.]

Dieu peut avoir créé le monde, & le monde être éternel: en voici la preuve. Il n'est point de tems dans Dieu: en lui l'effet suit toujours la volonté. Supposons que Dieu eût voulu que le monde eût été de tout tems, le monde auroit donc pu l'être. Un enfant comprend qu'une chose ne peut passer du non-être à l'être, sans avoir eu un commencement. Ainsi le monde a été fait, il faut qu'il y ait eu un tems où il n'ait pas été. Donc il n'est pas éternel. C'est dans des subtilités de cette espece, & des raisonnemens aussi chimériques que les jeunes gens passent le temps de leurs études; & après avoir travaillé plusieurs années, ils se trouvent aussi ignorans qu'ils l'étoient au commencement.

Porte-toi bien, mon cher Isaac. Je réparerai à la premiere lettre le sérieux de celle-ci. Je tâche de t'écrire alternativement de quoi amuser ton esprit, & de quoi l'instruire. Je me figure que j'ai en toi tous les goûts à contenter; & je traite les différents sujets qui s'offrent à mon imagination.

De Paris, ce...

***

LETTRE XIV.

Aaron Monceca, à Isaac Onis, rabbin de Constantinople.

Je retournai il y a quelques jours, mon cher Isaac, examiner les bibliothéques dont je te parlai dans ma derniere lettre. Je parcourus les ouvrages des anciens docteurs que les nazaréens appellent les Peres. J'y trouvai plusieurs choses excellentes, &, dignes de l'attention d'un philosophe; & je fus surpris de l'aigreur & du fiel que des gens, qu'on regarde comme les modéles de la modération, ont répandu dans plusieurs endroits.

[Pages a138 & a139]

Je jugerai que les livres de quelques auteurs payens, tels que sont les offices de Cicéron, & les préceptes d'Epictete; contenoient une morale plus pure, & plus conforme à la loi naturelle. De tout temps, les docteurs nazaréens ont diminué le prix de leurs ouvrages, par l'envie qu'ils ont eu de noircir leurs adversaires, & d'exciter contre eux la haine du public. Cette passion si contraire à la grandeur d'âme & à la sagesse, les a portés aux plus grands excès. Dès qu'ils ont commencé d'être appuyés de l'autorité des princes, ou de celle des peuples, ils ont prêché l'intolérance, & se sont crus en droit de ne point épargner les personnes les plus respectables: ils ont également déchiré les souverains & les simples particuliers.

Les François se récrient aujourd'hui sur l'affreuse licence des prédicateurs du temps de Henri III & de Henri IV. Ils condamnent hautement les actions de ces séditieux. Ils regardent comme contraire au bien public, & au caractere de l'honnete homme, l'opinion qui permet de se révolter contre son prince, & de lui manquer de respect, parce qu'il est d'une religion différente de celle de son peuple. Ils ne prennent pas garde, que ce qui est arrivé dans le temps de la ligue, avoit été pratiqué peu après la mort de Constantin, c'est-à-dire dès que les ecclésiastiques ont eu assez de crédit pour exciter des troubles & des divisions. Les prédications séditieuses de Boucher contre Henri IV, ne sont pas plus contraires au respect que l'on doit à la personne du souverain, que les invectives outrageantes de Grégoire de Nazianze contre l'empereur Julien. Ce docteur nazaréen se crut en droit d'écrire contre ce prince de la maniere la plus sanglante, parce que, lorsqu'il fut parvenu à l'empire, il effaça par des sacrifices profanes, & souilla par des mysteres abominables l'eau de son baptême, l'initiation qu'il avoit reçue aux saints mysteres.(1) Cela se réduit à dire qu'il crut devoir outrager la perfidie de Julien, à cause qu'il avoit quitté le nazaréisme.

[(1) Aïmati men ouk to loutron, atorruptetas tê kath' êmas teleïôseïn tou musous antithiteïs.*-- Gregorii Nazianzeni, invectiva in Julianum, pag. 58.]

(* Voir note en tête de la table des matières au sujet de la translittération du texte grec de l'ouvrage original)

[Pages a140 & a141]

Le séditieux Boucher prenoit le même prétexte pour déclamer contre Henri IV, qu'il accusoit d'anti-papisme, ou de protestantisme. Je ne comprends pas, mon cher Isaac, pourquoi ce qui été innocent il y a quatorze cent ans, doit être regardé comme criminel aujourd'hui. Ou il faut avouer que Boucher eut raison de se déchaîner contre Henri IV, (ce qu'il est affreux de soutenir:) ou il faut convenir que Grégoire de Nizianze eut tort de vouloir flétrir la mémoire de l'empereur Julien, prince doux, sobre, chaste, savant, libéral, intrépide, & possédant en un degré éminent toutes les vertus morales.

Beaucoup de nazaréens, mon cher Isaac, sont revenus du culte & de l'adoration, qu'on rendoit généralement autrefois à tous les anciens docteurs. Il y a eu dans ces derniers temps plusieurs savans, qui secouant le joug des préjugés, ont condamné hautement ce qu'il y avoit dans les écrits de ces peres de contraire à la droiture & à l'équité. Il est même surprenant qu'on ait tardé si long-temps à ouvrir les yeux, & à reconnoître combien la conduite des anciens docteurs, étoit ressemblante à celle des modernes, contre laquelle on a si vivement écrit.

En remontant dans les premiers siecles du nazaréisme, je trouve, mon cher Isaac, chez les ecclésiastiques les mêmes moeurs, la même façon de penser, & les mêmes maximes que chez ceux qui vivent aujourd'hui. Eusebe me dépeint dans la personne de Paul de Samosate, la fierté des prélats Italiens, François, Allemands, Anglicans, &c. Nous ne dirons rien, dit cet auteur, de l'orgueil & de l'arrogance que lui ont causé les dignités séculieres dont il étoit revêtu. Il aimoit mieux qu'on lui donnât le titre de ducenaire que celui d'évêque. Il marchoit pompeusement dans les places publiques, lisant & dictant des lettres, environné de gardes, dont les uns le précédoient, & les autres marchoient à sa suite. Son faste & son arrogance avoient rendu la religion chrétienne haïssable aux gentils (1).

[1) Oute ôs upsêla phroneï upertaï kosmimia; aksiamata upoduo manduos. E, Doukhênarios mallon ê Episkopos thelan kaleïsthaï kaï soboun kala tas agoras. Kaï epis(t)olas anaginoskan kaï upagoreôn badidzôn dêmosia kaï doruphoru manduos tôn men ephepomanduo pollôn ton arithmon ôs kaï p(a)sin phthoneisthaï kaï miseisthaï dia to og(k)on autou kaï tên uperêphanian to kardias.*]

[*(Voir note en tête de la table des matières au sujet de la translittération du texte grec de l'ouvrage original)

[Pages a142 & a143]

Pourroit-on faire, mon cher Isaac, un portrait plus exact d'un cardinal allant in fioco dans les rues de Rome? Pour qu'on le crût extrait des livres d'un historien moderne, il ne faudroit que changer les trois derniers mots, & mettre, son faste & son arrogance avoient rendu la religion Romaine, meprisable aux Juifs, à la place de la religion chrétienne aux gentils.

Si les anciens docteurs & prélats nazaréens avoient la fierté des modernes, ils en avoient aussi l'esprit de domination. Ils prenoient également soin d'intéresser les souverains dans leurs causes, & de leur persuader que la religion exigeoit qu'ils persécutassent ceux qu'on ne regardoit point orthodoxes. C'étoit par leurs avis, que l'empereur Justinien ne croyoit pas commettre un homicide, lorsque ceux qu'il condamnoit à la mort, faisoient profession d'une autre religion que de la sienne.(1)

[Oukh(i) oi edokeï ph(th)onos anthropou eïnaï ên ke mê tês aitïas dokês oï teleutôntes tukhoïen ontes.*-- Procopius, in Anekdotoïs, pag. 60]

[*(1) (Voir note en tête de la table des matières au sujet de la translittération du texte grec de l'ouvrage original)]

Je découvre encore, mon cher Isaac, chez les anciens pontifes nazaréens un penchant à pousser les choses à l'extrême, à animer le peuple, à exciter des séditions, lorsqu'elles peuvent servir à l'augmentation de leur pouvoir. Cyrille d'Alexandrie fut un véritable cardinal de Retz. Il fit en Egypte tout ce que ce dernier fit en France. Les auteurs nazaréens, de quelque secte qu'ils soient, conviennent de cette vérité. Saint Cyrille, dit Barbeirac (1) étoit, selon le jugement de M. l'abbé du Pin, un homme ambitieux & violent, qui, ne cherchant qu'à augmenter son autorité, ne se vit pas plutôt élevé sur le siège épiscopal qu'il chassa, de son autorité, les novations, & dépouilla leur évêque des biens dont il jouissoit. Il attaqua les juifs dans leurs synagogues, & à la tête de son peuple, il les leur enleva, les chassa d'Alexandrie, & permit que les chrétiens pillassent leurs biens, appuyés sans doute de la sainte maxime de l'évêque d'Hypponne, que tout appartient aux fidéles, & que les méchants ne possedent rien avec justice.

[(1) Préface du droit de la nature & des gens, page xlvj.]

[Pages a144 & a145]

S. Cyrille se brouilla encore avec Oreste, gouverneur d'Alexandrie, sur l'autorité duquel il ne faisoit qu'empiéter. Cinq cent moines soutenant leur évêque, entourerent un jour le gouverneur, le blessèrent d'un coup de pierre, & l'eussent tué, si ses gardes & le peuple n'eussent arrêté leur fureur. Il en coûta la vie à un moine qui fut pris, & mourut à la question. S. Cyrille le fit passer pour un saint. Une célebre philosophe payenne, nommée Hipacie, fut la victime que les partisans de l'évêque immolerent aux mânes de leur martyr. Elle fut déchirée cruellement, parce qu'on l'accusa d'avoir irrité le gouverneur contre le prélat.

Ne voila-t-il pas, mon cher Isaac, le juste équivalent des troubles causés par les frondeurs? Il est vrai que le cardinal de Retz ne se faisoit point escorter par cinq cent moines, lorsqu'il alloit au parlement: mais il en employoit un grand nombre à diverses choses qui n'étoient pas moins utiles à ses desseins. Je crois voir dans la personne du gouverneur Egyptien, le cardinal Mazarin obligé de sortir de Paris; & dans celle de Cyrille, je trouve la fierté, l'audace, l'ambition & l'esprit séditieux du pontife Parisien. Je ne pense pas qu'on puisse trouver deux caracteres aussi ressemblans que ceux de ces prélats nazaréens. Cependant par votre bizarrerie étonnante, dont le seul esprit humain peut être capable, l'un est considéré comme un saint, comme un auteur, dont les écrits doivent servir de fondement à la morale nazaréenne, & l'autre comme un séditieux, comme un fourbe, & comme un homme indigne du rang qu'il occupoit. La raison d'un sentiment aussi hétéroclite, c'est apparemment que l'un vivoit il y a treize cent ans, & que l'autre, pour son malheur, est né dans ces derniers tems. S'il eût été patriarche d'Alexandrie, il auroit pu impunément assiéger le gouverneur à la tête d'une armée de moines, révolter le peuple, & l'exciter à mettre en pièces une femme que son sexe & son esprit supérieur ne garantirent point de la fureur monacale, sans que des actions aussi contraires à son état eussent flétri sa mémoire.

Il est heureux pour bien des personnes d'être nées dans de certains tems. Elles doivent à la superstition & à l'ignorance autant que plusieurs conquérans ont dû aux circonstances & au hasard. Si Alexandre eût vécu dans le siecle de César & de Pompée, c'eût été un petit roi de Macédoine, qui se seroit estimé heureux de servir sous un de ces Romains.

[Pages a146 & a147]

Il n'auroit pas joué dans le monde un rôle plus brillant que celui de Déjotarus, de Ptolomée & de tant d'autres souverains. Si les Cyrille, les Grégoire du Nazianze, les Augustin, & divers autres, avoient écrit sous Henri III & Henri IV, on les regarderoit comme des séditieux, ou comme des gens qui ont prêché quelquefois une morale entiérement contraire à l'équité naturelle. Est-il rien, en effet, qui soit plus directement opposé à l'humanité, que le sentiment qu'a soutenu Augustin? Il prétend que, selon le droit divin, tout est aux justes aux fidéles, & que les hérétiques ne possèdent rien légitimement. Un moderne a fait à ce docteur une sévère réprimande au sujet de cette opinion, si contraire à la tranquillité publique. Ce principe abominable, dit-il, (1), renverse de fond en comble la société humaine.

[(1) Barbeyrac, préface du Droit de la nature & des gens, pag. xxxvj.]

On ne sauroit condamner avec trop de chaleur & trop de véhémence un sentiment dont les suites ont été si souvent pernicieuses au monde entier. Les plus grands malheurs dont les états ont été affligés, n'ont eu ordinairement d'autre source que la dangereuse croyance qu'il étoit permis de s'emparer du bien des infideles, & de les forcer à changer de religion. Sur quoi fonda-t-on le massacre affreux de la Saint-Barthelemi si ce n'est sur cette pernicieuse maxime? Combien tous les gens de probité ne se sont-ils pas récriés contre les théologiens qui avoient animé l'esprit des peuples par leurs discours séditieux? Combien n'ont-ils pas détesté les libelles, les prédications & tous les ouvrages sortis de la plume des ligueurs. Cependant tous ces ouvrages-là ne renferment que le même principe, soutenu avec tant de vivacité par Augustin. Les prédicateurs modernes n'y disoient, ou plutôt ne faisoient que paraphraser les discours des docteurs anciens. Ils prétendoient qu'on ne devoit point reconnoître Henri IV, pour roi, & qu'on devoit exterminer ses partisans. Sur quoi fondoient-ils leurs opinions? Sur l'autorité des peres, & particuliérement sur celle d'Augustin, qui prétend qu'on doit détruire les hérétiques, les punir de mort & s'emparer de leur bien. Je me mets pour un instant, mon cher Isaac, à la place du prédicateur Boucher.

[Pages a148 & a149]

Dès que mes auditeurs seront persuadés de la bonté de la morale, je leur prouverai qu'ils doivent assassiner Henri IV. & exterminer tous ceux qui lui sont attachés, s'ils veulent se distinguer par une action louable. Voici un argument auquel il n'y a point de réponse: Les livres de S. Augustin ne contiennent que des préceptes utiles, & qui doivent être regardés comme essentiels à la religion; un de ces préceptes ordonne expressément de punir de mort les hérétiques, & de s'emparer de leurs biens: Henri IV, est un hérétique excommunié par le pape, & ceux qui lui sont attachés, sont aussi criminel que lui; Donc il faut l'exterminer, & tous ses partisans aussi. Quiconque soutient un sentiment contraire, est dans l'erreur, & refuse de se soumettre à l'autorité des peres de l'église.

Lorsqu'on réfléchit, mon cher Isaac, à cette objection, contre la croyance aveugle que bien des nazaréens accordent aux écrits de leurs anciens docteurs, sans vouloir distinguer ce qui s'y trouve de bon d'avec ce qui s'y trouve de mauvais, on est surpris de la force des préjugés. Si les admirateurs outrés des peres disoient simplement, qu'on trouve des choses excellentes dans leurs ouvrages, ils auroient raison. Mais qu'ils veuillent recevoir comme des principes certains & évidens les erreurs qu'on y découvre; & que, parce qu'Augustin, Grégoire de Nazianze, Chrysostome, & autres, auront avancé une opinion contraire au droit des gens & à la lumiere naturelle, il faille violenter le genre humain pendant la durée de plusieurs siecles, & donner la torture au bon-sens: en vérité, c'est exiger des hommes, qu'ils regardent comme des dieux, quelques autres hommes qui n'ont eu que l'avantage de vivre avant eux. Un auteur peut dire son sentiment sur les opinions particulieres de Bossuet & de du Pin, de Baronius, de Bellarmin, parce qu'il n'y a pas encore mille ans qu'ils sont morts. Mais lorsque dix siecles auront passé sur leurs écrits, les erreurs qui s'y trouvent seront changées en des vérités certaines. Cela étant ainsi, les livres des docteurs nazaréens ressemblent aux fromages de Brie, qui ne sont bons qu'après un certain tems.

Porte-toi bien, mon cher Isaac: vis content, heureux; & garde-toi soigneusement des mauvaises maximes des peres.

De Paris, ce...

***

[Pages a150 & a151]

LETTRE XV.

Isaac Onis, rabbin de Constantinople, à Aaron Monceca.

Je réponds, mon cher Monceca, à la lettre dans laquelle tu me parles des anciens docteurs nazaréens. Je ne puis qu'approuver les objections que tu fais contre certaines de leurs opinions erronées, & contraires au bien public. Mais il me paroît qu'en blâmant les défauts de ces auteurs, tu n'as point rendu justice à leurs bonnes qualités. Je conviens que la plûpart d'entr'eux ont donné souvent dans de grands travers, que la passion les a emportés trop loin, & qu'un zele outré leur a fait soutenir des sentimens directement opposés à la bonne morale. Ils étoient hommes, & comme tels, sujets à l'humanité. La haine, la superstition & les préjugés les ont écartés du bon chemin. Mais quels sont les docteurs à qui cela n'arrive pas? Dans toutes les religions, les théologiens sont de simples mortels, par conséquent des créatures foibles, qui sont la dupe d'elles-mêmes, & le jouet de leurs passions.

Les seuls philosophes peuvent en écrivant éviter de tomber dans certains excès. Comme ils dirigent leur esprit avec le sens-froid d'une personne qui cherche à convaincre par la raison, & non par la violence & par l'autorité; si la vivacité & l'amour-propre les portent à quelques écarts, ils reconnoissent bien-tôt leurs fautes; ils corrigent leurs saillies, & retournent dans le bon chemin, éclairés par la lumiere naturelle que Dieu a accordée aux hommes pour leur servir de guide, & que les philosophes consultent toujours avec beaucoup de soin. Il faut donc, mon cher Monceca, distinguer dans les anciens docteurs nazaréens, le théologien & le philosophe. Lorsqu'ils ont écrit des matieres de controverses, ils ont fait ce que font encore les écrivains de ce tems. Lorsque les raisons leur manquent, ils tâchent de dénigrer leurs adversaires; ils donnent le nom, de zele, saint & pieux à leur bile, & ils déchirent pour la plus grande gloire de Dieu, la réputation de ceux contre lesquels ils écrivent. C'est ainsi que le ministre Jurieu a agi dans ces derniers tems à l'égard d'Arnaud et de Bayle; & c'est ainsi qu'agit autrefois Jérôme envers Ruffin.

[Pages a152 & a153]

Mais quand les anciens docteurs ont traité des matieres philosophiques, qu'ils ont raisonnés sans être emportés par leur passion, ils ont souvent égalé la gloire des plus grands hommes.

Pour être convaincu de cette vérité, il ne faut qu'examiner avec quelque attention les écrits d'Augustin. Ceux où il parle en philosophe, sont aussi beaux que ceux, dans lesquels il agite des matieres de controverses, sont remplis de sophismes & de principes contraires à la bonne morale, au nombre desquels est celui qu'il établit lorsque les disputes qu'il eut avec les Donatistes, l'eurent mis de mauvaise humeur. Il soutint qu'il falloit exterminer les hérétiques. S'il n'étoit parvenu à la postérité que certains écrits de ce docteur nazaréen, je le regarderois comme un homme digne de l'estime, & même de l'admiration des plus grands philosophes. Les Descartes, les Mallebranches, les Lockes lui sont redevables de plusieurs idées; & les choses qu'ils ont emprunté de cet Africain, ne sont pas les moins brillantes de leurs ouvrages.

Tu n'as peut-être jamais réfléchi à ce que je te dis. Il me sera aisé de te montrer clairement, que les métaphysiciens modernes ont puisé leurs principales opinions dans les livres du docteur nazaréen. C'est lui que l'on doit regarder comme le premier restaurateur de la métaphysique.

Je commencerai cet examen par Mallebranche. Son systême sur les idées, par lesquelles nous voyons tout en Dieu, est exposé fort au long par Augustin. Le philosophe moderne a presque copié les expressions de l'ancien. Dieu, dit ce moderne (1), est très-étroitement uni à nos ames par sa présence, de sorte qu'on peut dire, qu'il est le lieu des esprits, de même que les espaces sont les lieux des corps: cela étant supposé, il est certain que l'esprit peut voir ce qu'il y a en Dieu qui représente les êtres créés, puisque cela est très-spirituel, très-intelligible, & très-présent à l'esprit. Ainsi l'esprit peut voir en Dieu les ouvrages de Dieu, supposé que Dieu veuille bien lui découvrir ce qu'il y a dans lui qui les représente.

[(1) Recherche de la vérité, liv. 3. chap. 6, pag. 199.]

[Pages a154 & a155]

Et voici comment parle l'ancien. Dieu tout-puissant, tu as créé tous les êtres & tu les vivifies. Tu es dans tous les lieux, tu les remplis tous également. L'esprit peut le sentir; mais il ne peut le connoître. Quoique tu sois présent partout, lorsque ce n'est pas pour récompenser la vertu, c'est pour punir le vice. Toutes les choses qui existent, existent dans toi. Tu donnes la vie à quelques-unes & la perception à quelques autres. (1).

[(1)Qui solus vivificas omnia; qui creasti omnia; qui ubique es, & ubique totus; qui sentiri potes, videri non potes; qui nusquam dees;... qui ubi non es per gratiam, ades per vindictam; qui omnia tangis;... quaedam enim tangis ut sint & vivant, non tamen ut sentiant, & discernant; quaedam vero tangis, ut vivant & sentiant, & discernant;... & omnia contines sine ambitu, & ubique es praesens sine situ & mora. August. Hiponens. Ep. Médit. cap. 29, n. 3 & 6.
Les Bénédictins de S. Maur ont prétendu que cet ouvrage n'étoit point de S. Augustin cependant les éditeurs de Louvain des oeuvres de ce pere, n'ont pas pensé de même. Bien des théologiens attribuent constamment ces méditations à S. Augustin. Un Jésuite de Cologne a publié une édition particuliere de cet ouvrage, à la tête duquel il a mis une préface qui prouve qu'il est fermement persuadé que S. Augustin en est l'auteur. Quoiqu'il en soit enfin, on retrouve presque dans les mêmes termes le passage que je cite ici, dans les confessions de S. Augustin, ainsi que ceux que j'ai extraits des Soliloques. Il est donc toujours certain que je ne fais parler & penser S. Augustin, que comme il a réellement pensé et parlé.]

Je pense, mon cher Monceca, que j'ai raison, de soutenir que le systême du philosophe François n'étoit point inconnu à l'Africain. Tout le reste du chapitre, dont je viens de te citer ce passage, fortifie mon sentiment: & Mallebranche a semblé reconnoître lui-même que cette opinion avoit été reçue, & même adoptée par Augustin.

Celle des idées innées si chere aux Cartésiens, se trouve encore dans ses ouvrages. Les métaphysiciens modernes y ont puisé tous les argumens dont ils se servent. Je pense donc, je suis, dit un des illustres sectateurs de Descartes (1).

[(1) L'art de penser, 1, par. chap. 1. pag. 12.]

[Pages a156 & a157]

Or nous ne pourrons avoir aucune certitude de cette proposition, si nous ne concevions distinctement ce que c'est qu'être, ce que c'est que penser... Si donc on ne peut nier que nous n'ayons en nous les idées de l'être & de la pensée, je demande par quel sens elles sont entrées? Sont-elles lumineuses ou colorées, pour être entrées par la vue? D'un son grave ou aigu pour être entrées par l'ouie? D'une bonne ou mauvaise odeur, pour être entrées par l'odorat? De bon ou de mauvais goût? pour être entrées par le goût? Froides ou chaudes, dures ou molles pour être entrées par l'attouchement?... Que si l'on ne peut rien répondre à tout cela qui ne soit déraisonnable, il faut avouer que les idées de l'être & de la pensée ne tirent en aucune sorte leur origine des sens. Voilà, mon cher Monceca, les plus fortes raisons qu'on allégue contre le systême qui fait venir toutes les idées de nos sens. Elles servent encore à prouver que nous avons de la divinité une notion innée que l'ame apporte avec elle. Car, dit le même auteur que je viens de citer, nous sommes portés naturellement à croire que nos jugemens sont faux, quand nous voyons clairement qu'ils sont contraires aux idées des choses. Ainsi, nous ne pourrions juger avec certitude que Dieu n'a point de parties, qu'il n'est point corporel, qu'il est par-tout, qu'il est indivisible, si l'on n'en avoit aucune idée, que par le moyen des sens.

Toutes ces objections sont prises presque mot à mot dans les écrits d'Augustin, qui prouve d'une maniere forte & persuasive qu'il faut chercher à connoître Dieu dans soi-même, & non pas dans les choses extérieures; les sens ne pouvant donner aucune véritable idée de la divinité. J'ai long-tems erré comme une brebis égarée, dit ce docteur nazaréen, je te cherchois hors de moi, & tu étois dans moi. J'ai fait agir tous mes sens, mais ils n'ont rien pû m'apprendre & si tu ne m'eusses éclairé, mon Dieu, & appris que tu résidois dans mon esprit, je ne t'aurois jamais connu, puisque je ne le pouvois par la voie des sens (1).

[(1) Ego erravi sicut ovis, quae perierat, quaerens te exterius qui es interius; & multum laboravi, quaerens te extra me, & tu habitas in me...... Misi nuncios meos omnes sensus exteriores, ut quaererent te, & non inveni: quia malé quaerebam foris, quod erat intus. Video enim, lux mea Deus,qui illuminasti me, qui malé te per illas quaerebam, quia tu es intus, & tamen ipsi ubi intraveris nescierunt. August. Soliloq. cap. 31. n. 1.]

Après avoir posé pour principe l'idée innée de la divinité; il la prouve par les mêmes raisons que les philosophes Cartésiens employoient pour démontrer que les notions de l'être & de la pensée ne peuvent venir par les sens.

[Pages a158 & a159]

Si j'interroge mes yeux, continue-t-il, ils m'apprennent que, puisque tu n'es pas coloré, ce n'est point par eux que tu es entré dans mon esprit. Mes oreilles me disent, que n'étant point sonore, ce n'est pas par elles. Mon nez n'a point de part à ton idée, qui ne peut avoir d'odeur. Ma bouche de même, ton idée ne pouvant être goûtée. Et tous mes sens m'annoncent que, puisque tu n'es point corporel, ils n'ont pû me donner aucune notion de toi... Je connois à présent que cette notion étoit gravée dans mon ame, &c. (1).

[(1) Nam oculi dicunt, si coloratus non fuit, per nos non intravit. Aures dicunt, si sonitum non facit, per nos non transivit. Nasus dicit, si non oluit, per me non venit. Gustus dicit, si non sapuit, nec per me introivit. Tactus etiam addit, si corpulentus non est, nihil me de hac re interroges... Absit ut ista crederim Deum meum, quae etiam à brutalium sensibus comprehenduntur... Augustinus, ibid. num. 2.]

Après t'avoir montré, mon cher Monceca, que non-seulement les principales opinions métaphysiques des Cartésiens, mais encore les raisons dont ils les appuyent sont prises dans les écrits d'Augustin, je te ferai voir avec autant de facilité, que Locke est redevable à ce docteur nazaréen des preuves de l'existence de Dieu, & de la création de l'univers. Il est d'une évidence mathématique, dit ce grand philosophe Anglois (2), que quelque chose a existé de toute éternité, puisque tout ce qui n'est pas de toute éternité a un commencement, & que tout ce qui a un commencement doit avoir été produit par quelque autre chose. Il est de la même évidence, que tout être qui tire son existence & son commencement d'un autre, tire aussi d'un autre tout ce qu'il a, & tout ce qui lui appartient. On doit donc reconnoître que toutes ces facultés viennent de la même source. Il faut donc que la source éternelle de tous les êtres soit aussi la source & le principe de toutes leurs puissantes facultés. De sorte que cet être éternel doit être tout puissant.

[ (2) Locke, de l'entendement humain, liv. 4, chap. 2, pag. 513.]

Augustin a pensé les mêmes choses que Locke. Il les a exprimés véritablement d'un style moins précis, & moins philosophique.

[Pages a160 & a161]

J'ai demandé à la terre, dit-il, si elle étoit mon Dieu? Elle m'a appris qu'elle n'étoit qu'une simple créature, sujette à la corruption, aux changemens. Tous les êtres qu'elle contient m'ont dit la même chose. La mer & les animaux qu'elle renferme, l'air & les oiseaux, le soleil, la lune, les étoiles m'ont donné une semblable réponse. «Nous ne sommes que des êtres, créés ainsi que toi par un premier moteur. Si tu veux trouver la divinité, remonte jusqu'à la source & à l'origine de toutes les choses._(1)»

[(1) Interrogavi terram, si esset Deus meus? & dixit mihi quod non; & omnia quae in ea sunt, hoc idem confessa sunt. Interrogavi mare, & abyssos, & reptilia, quae in his sunt, & responderunt: «Non sumus Deus tuus; quaere super nos: Interrogavi stabilem aerem & inquit universus aër cum omnïbus incolis suis: Fallitur Anaximenes, non sum ego Deus tuus. Interrogavi caelum, lunam & stellas: Neque nos sumus Deus tuus, inquiunt. August. Soliloq. lib. cap. 31. num. 4]

Le témoignage de l'univers entier me fait donc connaître l'existence d'un Dieu tout-puissant. En considérant les créatures, je vois qu'il est évident que tout être, tire aussi d'un autre tout ce qu'il a. L'existence des créatures est une preuve convaincante de celle de la divinité, & une attestation qu'on ne peu rejetter pour me servir des termes d'Augustin. (2).

[(2) Et dixi omnibus his quae circumstant fores carni meae, Dixistis mihi de Deo meo, quod vos non estis, dicite mihi aliquid de illo. Et clamaverunt omnes voce grandi, Ipse fecit nos. Interrogavi denique mundi molem. Dic mihi si es Deus meus an non? Et respondit voce forti; Non sum, inquit, ego; sed per ipsum sum ego. Quem quaeris in me, ipse fecit me... Interrogatio creaturarum profunda est consideratio ipsarum: responsio earum attestatio ipsarum de Deo. Augustin. Soliloq. lib, cap. 225.]

Voyons à présent la ressemblance des preuves de ce docteur avec celles de Locke sur la nécessité de la création de la matiere par un être intelligent & spirituel: je commence par les objections de ce dernier: D'autres s'imaginent, dit-il, que la matiere est éternelle, quoiqu'ils reconnoissent un être éternel, pensant & immatériel... Il faut, disent-ils, reconnoître que la matiere est éternelle. Pourquoi? Parce que vous ne sauriez concevoir comment elle pourroit être faite de rien? Pourquoi donc ne vous regardez-vous point aussi vous-même comme éternel? Vous répondrez que c'est peut-être à cause que vous avez commencé d'exister depuis vingt ou trente ans... Mais si je vous demande ce que vous entendez par ce vous qui a commencé alors d'exister, peut-être serez-vous embarrassé de le dire. La matiere dont vous êtes composé ne commença pas alors d'exister: parce que si cela étoit, elle ne seroit point éternelle. Elle commença seulement à être formée & arrangée de la maniere qu'il faut pour composer votre corps. Mais cette disposition de parties n'est pas vous: elle ne constitue pas ce principe pensant qui est en vous, & qui est vous même...

[Pages a162 & a163]

Quand est-ce donc que ce principe pensant qu'il est en vous a commencé d'exister? S'il n'a jamais commencé d'exister, il faut donc que de toute éternité, vous ayez été un être pensant... Que si vous pouvez reconnoître qu'un être pensant a été fait de rien,...... pourquoi ne pouvez-vous reconnoître qu'une égale puissance puisse tirer du néant un être matériel? (1)

[(1) Locke, essai philosophique sur l'entendement hum. liv. 4., chap. 2, pag. 520.]

C'est par la réflexion qu'on fait sur soi-même que Locke prouve la puissance du Créateur. Augustin se sert de la même objection. J'ai réfléchi, (2) dit-il, sur mon essence, & j'ai considéré mon état. J'ai vu que j'étois un homme raisonnable & mortel.

[(2) Et redii ad me, & intravi in me, & aio ad me: Tu qui es? Et respondi mihi; Homo rationalis & mortalis. Et incepi discutere, quid hoc esset, & dixi: Unde hoc tale animal, Domine Deus meus? Unde, nisi abs te? Tu fecisti me, & non ego ipse me. Quis tu per quem vivo ego; tu per quem vivunt omnia?... Dic, quaso per miserationes tuas, unde hoc animal, nisi abs te? An quisquam sese faciendi erit Artifex? An aliunde quam a te, traditur esse & vivere? Nonne tu es summum esse, à quo est omne esse? Quidquid est, à te est, quia sine te nihil est? August. Soliloq.lib. cap. 31, num. 3& 4]


D'où peut donc venir une semblable créature, ai-je dit, si ce n'est de la premiere source de tous les autres êtres? Si Dieu ne les a pas créés, il faut que chaque chose soit son créateur; ce que je reconnois par mon existence être impossible. Il est donc nécessaire que toutes les choses qui existent aient été produites par un premier être souverainement puissant, intelligent & éternel.

La ressemblance, mon cher Monceca, qui se trouve entre les principales opinions métaphysiques des plus grands philosophes modernes, & celle d'Augustin, doit t'engager à distinguer toujours dans cet écrivain, ainsi que je te l'ai dit dans le commencement de ma lettre, le théologien controversiste avec le philosophe. En agissant de la même maniere que dans la lecture des autres anciens docteurs nazaréens, tu pourras profiter de bien des choses utiles & instructives qui se trouvent dans leurs ouvrages, & dont la connoissance est nécessaire à tous les sçavans, de quelque religion qu'ils soient.

Porte-toi bien, mon cher Monceca: vis content & heureux, & cultive toujours soigneusement les sciences.

De Constantinople, ce...

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[Pages a164 & a165]

Lettre XVI

Aaron Monceca, à Isaac Onis, rabbin de Constantinople.

Depuis la lettre que tu m'as écrite, mon cher Isaac, en faveur des anciens docteurs nazaréens, je m'applique à découvrir les beautés & les défauts de leurs ouvrages. Malgré l'éloge pompeux que tu me fais d'Augustin, je trouve qu'il a des défauts considérables, indépendamment de ceux dans lesquels la passion & l'emportement l'ont fait tomber. Un zele outré, qu'on peut justement appeller une ambition démesurée, a été le partage de presque tous les théologiens à qui par excellence les nazaréens accordent le nom de peres. Ce qu'il y a d'assez plaisant, c'est que dans le même temps qu'ils prêchoient l'intolérance, qu'ils cabeloient contre les princes, qu'ils persécutoient leurs adversaires, ils semoient dans quelques-uns de leurs ouvrages un grand nombre de fort beaux préceptes moraux. C'est avec raison, mon cher Isaac, que tu veux qu'on distingue chez les peres le théologien du philosophe: car il est peu de gens qui aient autant soufflé le froid & le chaud, & tant chanté la palinodie. Chrysostôme, par exemple, qu'on appelle fort à propos l'Augustin des Grecs, & qui étoit aussi bilieux & aussi emporté que cet Africain, loue infiniment la clémence. Il n'hésite pas à dire que cette vertu égale les hommes à la divinité. (1)

[(1) Nihil est quod sic Dei similes faciât, ut malignis atque laedentibus esse placabilem. Chrysostom. Homil.XX. in Matthaeum.]

On se tromperoit fort, si on croyoit qu'il mit en pratique cette maxime. La premiere chose qu'il fit lorsqu'il fut élu pontife de Constantinople, ce fut de solliciter l'empereur Arcadius à rendre une ordonnance rigoureuse contre les Eunomiens & les Montanistes. Il obtint ce qu'il demandoit. Ces nazaréens, auxquels on donnoit le nom d'hérétique, furent bannis, non-seulement de la ville impériale, mais des plus considérables de l'empire, & il leur fut défendu de faire des assemblées, sous peine de la vie. L'Augustin des Grecs ne s'en tint point-là. N'ayant plus de montanistes à chasser, il répandit sa bile sur les personnes les plus distinguées, & prononça contre elles des harangues ou plutôt des invectives publiques.

[Pages a166 & a167]

Son humeur chagrine lui suscita enfin tant d'ennemis, que plusieurs pontifes nazaréens s'étant assemblés, le déposerent. L'empereur confirma la sentence de ces pontifes & chassa Chrysostôme. Après quelque tems d'exil, il fut rappellé, & on lui rendit sa dignité. Mais les maux qu'il avoit soufferts n'avoient nullement changé son caractere. Il déclama de la maniere la plus indécente contre l'impératrice Eudoxie, qui le chassa de nouveau de Constantinople. Il mourut enfin comme on le conduisoit en exil à Pytius sur la mer Noire.

Ce Chrysostôme est le patriarche des molinistes, comme Augustin est celui des jansénistes. On peut dire néanmoins que si ces deux auteurs ont des sentiments bien opposés sur la matiere de la croyance nazaréenne, ils se réunissent dans l'opinion qui soutient l'intolérance, & qui détruit le premier principe du droit naturel, qui ordonne de ne point faire à autrui ce qu'on ne voudroit pas qu'on nous fît. Or je demande s'il est aucun nazaréen qui fût satisfait, si les Turcs ordonnoient que tous ceux qui vivent dans leur pays croiroient à Mahomet; ou seroient punis de mort?

Les ouvrages de Chrysostôme sont écrits d'une façon assez pure. Son style approche beaucoup plus de celui des auteurs de l'ancienne Athènes, que celui d'Augustin de l'élégance des écrivains du siecle d'Auguste. En général, les peres Grecs se sont énoncés d'une maniere plus pure que les Latins. Les homélies de Basile sont dignes d'être comparées, pour le langage, aux Philippiques de Démosthène. Jérôme a été le dernier docteur nazaréen, qui ait écrit en Latin d'une maniere supportable.

Il faut qu'Augustin dise d'aussi bonnes choses que celles qu'on trouve dans certains de ses ouvrages, pour qu'on puisse supporter l'ennui que cause son style. C'est celui d'un déclamateur: il répété vingt fois & de vingt façons différentes la même pensée. Est-il rien, par exemple, de si puérile, rien de si guindé que cet endroit, où, après avoir montré, ainsi que tu l'as remarqué dans ta lettre (1), que les sens ne peuvent communiquer à l'ame aucune notion de la divinité, il retourne de cette façon l'objection qu'il vient de faire?

[(1) La Lettre précédente.]

[Pages a168 & a169]

Cependant je cherche, mon Dieu, je cherche une lumiere au dessus de la lumiere que l'ame n'apperçoit point. Je cherche une voix au-dessus de toutes les voix que l'oreille n'entend point. Je cherche une odeur au dessus des odeurs que le nez ne peut sentir. Je cherche une chose moëlleuse au-dessus de toutes les choses moëlleuses que le tact ne peut discerner.(1)

[(1) Attamen cum Deum meum quaero, quaero nihilominus quamdam lucem super omnem lucem, quam non capit oculus; quamdam vocem super omnem vocem, quam non capit auris; quamdam odorem super omnem odorem, quam non capit naris; quamdam dulcorem super omnem amplexum, quem non capit tactus. Div. August. Soliloq. lib. cap. 31, num. 3.]

La même pensée est encore exprimée tout de suite par de nouvelles antitheses (2): & ce n'est qu'après avoir employé deux pages à la retourner de toutes les manieres différentes, qu'il se résout à l'abandonner.

[(2) Ista lux quidem fulget ubi locus non capit. Ista, vox sonat ubispiritus non capit. Odor iste redolet ubi status non spargit. Sapor iste sapit ubi non est edacitas. Amplexus iste tangitur ubi non devellitur. Idem, ibid.]

Ce style de déclamateur nuit infiniment aux plus beaux ouvrages d'Augustin. Le lecteur voit avec peine, & même avec indignation un philosophe courir après de faux-brillants, & accabler la raison sous le poids d'ornements froids & puériles.

Cette façon vicieuse d'écrire d'Augustin a gâté & rendu ridicules les ouvrages d'un nombre d'anciens docteurs nazaréens, qui l'ont voulu imiter. Ils ont pris son style: mais ils n'ont pu acquérir son génie, & sont restés infiniment au-dessous de leur modéle, n'en ayant pris que le mauvais. Les théologiens du X. du XI. & du XII. siécles ont donné dans les antitheses ridicules. Leurs écrits ne sont remplis que de sophismes exprimés en termes pompeux. Anselme, archevêque de Cantorbéry, qui vécut dans le XI. siecle, pour prouver la nécessité de l'accomplissement d'un mystere du nazaréisme, fait un discours très-long, dans lequel il ne dit rien de ce qu'il devoit dire. Après s'être proposé une difficulté, il ne la résout que par un jeu de mots. Quelque nécessité, dit-il, exigeoit-elle que la Divinité se revêtit d'un corps humain pour sauver les hommes? L'Etre tout-puissant n'a qu'à vouloir une chose, & l'effet suit toujours sa volonté. Les hommes pouvoient donc être sauvés dès qu'il l'eût jugé à propos. Par conséquent l'incarnation étoit inutile. Mais non, elle ne l'étoit point, parce qu'elle n'a été opérée que par la volonté de Dieu, qui est toujours juste. Il l'a jugée à propos, non pas qu'il eut besoin de sauver les hommes de cette façon, mais parce que la nature humaine devoit satisfaire la Divinité par cette incarnation.

[Pages a170 & a171]

Dieu n'avoit pas besoin de souffrir; mais l'homme avoit besoin des souffrances de Dieu pour être racheté des peines de l'enfer...... Dieu seul pouvoit suffire à cela; & sans l'incarnation, l'homme n'eût pu recouvrer la pureté des anges. (1)

[(1) An aliqua necessitas coegit, ut altissimus sic se humiliaret, & omnipotens ad faciendum aliquid tantum laboraret? Sed omnis nécessitas & impossibilitas ejus subjacet voluntari: quippe quod vult necesse est esse; & quid non vult impossibile est esse. Solo ergo volente, & quoniam omnis ejus voluntas semper bona est. Solâ fecit hoc voluntate, non enim Deus egebat ut hoc modo hominem salvum faceret; sed humana natura indigebat ut hoc modo Domino Deo satisfaceret. Non egebat Deus ut tam laboriosa pateretur; sed indigebat homo, ut sic de profundo inferni erueretur divinâ naturâ... Haec omnia humanam naturam, ut ad hoc restitueretur, propter quod facta erat necesse erat facere. Sed nec illa, nec quidquid Deus non est poterat ad hoc sufficere; nam homo ad quod institutus est non restitutur, si non ad similitudinem angelorum, in quibus nullum est peccatum, provehitur. Anselmi, Archiepisc. Cantuarensis, Medit. de Redemptione generis humani, cap. 3. num 1.]

Ne voilà-t-il pas, mon cher Isaac, un beau ramas de phrases inintelligibles, ou du moins qui ne signifient rien? N'est-il pas ridicule, après avoir dit que la Divinité étoit la maîtresse de sauver les hommes comme elle vouloit, de conclure qu'elle ne pouvoit les sauver qu'en se revêtant d'humanité, parce qu'elle seule pouvoit suffire à cela? On trouve dans ce discours un jeu de mots qui acheve de rendre les idées de l'auteur incompréhensibles. Un théologien qui s'exprimeroit aujourd'hui d'une maniere aussi diffuse, & dont les argumens ne seroient pas plus concluans, s'exposeroit à une sévere réprimande. Ce n'est point ainsi qu'ont écrit les Bossuets & les Arnaulds, les Drelincourts & les Claudes. Cependant tous ces savans n'ont point acquis parmi ceux de leur religion le fastueux nom de peres. Il faut avouer que pendant un tems les nazaréens ont bien prodigué ce titre, & l'ont accordé à des génies très-médiocres. S. Bernard, qui vécut dans le XII. siecle, non-seulement fut peu savant, mais il se déclara l'ennemi de tous ceux qui cultiverent les sciences. Il ne tint pas à lui que l'ignorance n'achevât de les éteindre entiérement. Cet homme, en contrefaisant le prophete, s'étoit acquis un crédit infini sur l'esprit des peuples, mais même sur celui des souverains; & il fit périr par ses fausses promesses un nombre prodigieux de nazaréens, qui s'étoient croisés pour aller conquérir la Palestine, sur les assurances certaines qu'il leur donnoit de la victoire.

[Pages a172 & a173]

N'ayant plus de Turcs à persécuter, il répandit son fiel sur les savans. Abelard fut sa premiere victime. Il fit tout ce qu'il put pour faire défendre la philosophie d'Aristote, qu'on commençoit à enseigner en France depuis quelques années. Il auroit été surprenant qu'un auteur de ce caractere eût produit des ouvrages excellents, & bons à former l'entendement humain. Aussi, n'a-t-il laissé que des écrits plus propres à l'usage des dévots mystiques, qu'à celui des savans & des philosophes. On trouve dans quelques-uns des expressions si basses, & qui offrent à l'esprit des idées si sales, que toutes les licences vicieuses de Petrone paroissent couvertes d'un voile honnête auprès des expressions de ce théologien. Que suis-je, dit il, dans un livre intitulé: Méditations très-dévotes, mais dont le titre est fort abusif: Que suis-je? Un homme fait d'une matiere liquide. Dans le moment que j'ai commencé d'exister, j'ai été formé par la semence humaine. Ensuite cette écume venant à se congeler, & à croître, elle s'est changée en chair, &c. (1).

[(1) Quid sum ego? Homo de humore liquido. Fui enim in momento conceptionis de humano femine conceptus. Deinde spuma illa coagulata. modicum crescendo caro facta est. Divi Bernardi meditationes devotissimae ad humanae conditionis cognitionem, chap. 2, num. 1.]

Il faut avouer, mon cher Isaac, que voilà des méditations assez convenables à des médecins: mais je pense qu'elles sont peu propres à l'édification des jeunes personnes. En effet, comment une fille de quinze à vingt ans, ou un jeune homme du même âge, peuvent-ils penser sérieusement & sans distraction à cette semence écumeuse, qui vient ensuite à se congeler? Il est ridicule de donner à de pareils discours le titre de Méditations très-dévotes. Si cela peut avoir lieu, il faut aussi placer cette saillie Italienne parmi les sentences édifiantes & pieuses: Penso, è ripenso, come l'uomo sia fatto dello sputar d'un cazzo. (1) Ces paroles sont le juste équivalent de celles du docteur nazaréen.

[(1) On doit pardonner la licence de ce passage Italien, en faveur de la ressemblance avec celui de S. Bernard.]

Albert & Thomas d'Aquin, qui vinrent après Bernard, furent beaucoup plus savans que lui. Ils profiterent de l'étude des livres d'Aristote, dont le prophête des croisades avoit voulu qu'on interdît la lecture. Les sciences commençoient à jetter quelques étincelles, & à renaître de leurs cendres dans le tems de ces deux auteurs.

[Pages a174 & a175]

Les écrits du premier sont traités dans le goût de ceux de ces prédécesseurs (1); mais les antitheses & les jeux de mots y sont moins prodigués, & les sophismes beaucoup plus rares & moins choquans.

[(1) Sunt quaedam vitia, quae libenter sive frequenter speciem virtutis praetendunt, ut cum vere vitia sint, credantur esse virtutes, sicut severitas putatur esse justitia, amaritudo mentis dicitur maturitas...... Dissolutio creditur spiritualis mentis laetitia, pigritia sive inordinata tristitia judicetur morum gravitas, &c. Alberti Magni Paradis. Anim. de Virtut. libr. Prolog. Cette énumération des vices, auxquels on donne le nom des vertus, contient deux grandes pages, & va bien de pair avec les longues antithèses de S. Augustin.]

Les ouvrages du second te sont parfaitement connus. On ne peut nier qu'ils ne contiennent plusieurs choses excellentes: mais elles sont obscurcies & flétries par un nombre d'autres puériles, inutiles & absurdes, que l'ignorance & la superstition scolastique ont consacrées sous le nom de théologie, & couvertes du voile de la religion. Le style de Thomas d'Aquin n'est gueres plus épuré que celui des auteurs qui l'ont précédé. Le mauvais goût dans la maniere de s'énoncer & d'écrire, subsista jusque dans le XV. siecle, & ne fut totalement détruit que par les troubles qui s'éleverent parmi les nazaréens. Les théologiens ayant formé plusieurs différentes sectes se virent réduits à la nécessité de plaire à leurs lecteurs. Pour se les rendre favorables, ils voulurent imiter les grands modeles; & le langage de Cicéron & de Virgile revint en usage. Peu après, la maniere de raisonner changea de face, ainsi qu'en avoit changé la diction.

Si le nazaréisme n'eût jamais été troublé par des divisions intestines, peut-être écriroit-on encore aujourd'hui d'une maniere aussi confuse que du tems de Thomas d'Aquin. Il ne paroît pas que les docteurs nazaréens, qui vinrent plusieurs années après lui, eussent beaucoup perfectionné le goût, & avancé dans le bon chemin. Il semble au contraire, que quelques-uns s'en éloignent encore plus. Raimond Jordan, qui vivoit dans le XIV. siecle, & qui n'a donné ses écrits que sous le nom d'Idiota, les a remplis d'antitheses affectées, & son style est beaucoup plus vicieux que celui d'Augustin. Il court sans cesse après des pensées plutôt puériles que brillantes. Le portrait qu'il fait de l'amour divin semble être écrit par quelque bon capucin de village.

[Pages a176 & a177]

L'amour, dit-il, raccommode les choses rompues. Il rend constans les esprits volages. L'amour apprend. L'amour ne connoît point d'ennemi. L'amour loue, l'amour blâme, l'amour ne connoît point les soupçons criminels. Sans l'amour rien n'est bon; avec l'amour tout est bon. L'amour réjouit le coeur, & l'éleve au-dessus des choses terrestres. L'amour n'est jamais oisif: il agit toujours: il augmente toujours. L'amour est la vie de l'ame: qui n'aime point, ne jouit point de la vie. L'amour ne demande point de paix....... L'amour perfectionne les hommes. Il soutient tout, il supporte tout patiemment, &c. (1)

[(1) Amor confracta solidat, depressa sublevat, nutantem animum constantem reddit. Amor docet, & addiscit, & inimicum nescit. Amor laudat, amor reprehendit, amor pravâ suspicione caret. Ubi amor defuerit, nihil valet quidquid agitur: contra, omnia valent quae cum amore aguntur. Amor hominem loetificat, & à terrenis sublevat. Amor nunquam est otiosus, sed semper aliquid operatur, semper & crescit & augetur. Amor vita est animae, & qui non amat mortuus est. Verus amor non requirit praetium etsi mereatur... Amor hominem perficit, omnia sustinet, omnia patienter portat, &c. Idiotae, viri docti & sancti, contemplationes de amore divino, cap. 1. ]

Je m'arrête-là, mon cher Isaac; car il y a encore une page de tous les attributs de l'amour. Un missionnaire récollet, après avoir placé ce long passage dans un sermon, pourroit ajouter à la fin: L'amour fait faire des cocus, fait débaucher des filles, fait faire des bâtards; & c'est à quoi, mes cheres soeurs, vous devez bien prendre garde. Ce ne seroit pas-là ce qu'il y auroit de plus inutile dans la prédication.

Porte-toi bien, mon cher Isaac; vis content & heureux.

De Paris, ce...

***

LETTRE XVII.

Isaac Onis, rabbin de Constantinople, à Aaron Monceca.

Si les vents ont été favorables au capitaine à qui j'avois remis ma premiere lettre, tu dois avoir reçu le mémoire que je t'ai envoyé du secrétaire d'Osman Bacha. Je serai charmé d'apprendre le jugement que tu en auras fait. Il y avoit des idées assez singulieres: mais l'on y découvroit aisément cette haine que les mahométans & les nazaréens portent aux Israélites.

J'ai souvent réfléchi que notre loi doit être bien belle & bien conforme à la droite raison, puisqu'on l'attaque avec aussi peu de succès.

[Pages a178 & a179]

On écrit perpétuellement contre nous dans toutes les religions: nous ne répondons jamais aux ouvrages de nos adversaires, ou c'est rarement. Malgré notre silence, nous perdons peu de nos freres, & l'on ne voit gueres de juifs qui se fassent turcs ou nazaréens. Il arrive au contraire, que ces derniers se rendent très-souvent mahométans. Ils sont d'autant moins excusables, que le libertinage les engage à ce changement.

Je ne saurois comprendre comment un homme qui a les premieres notions de la simple raison, peut donner la moindre croyance aux visions de Mahomet. Je m'étonne même que ceux qui naissent dans une religion, malgré les préjugés de l'enfance, n'en pénétrent pas le ridicule. Je ne sais si tu as jamais examiné le tissu d'impertinences que forme la loi mahométane. Je défie l'esprit le plus déréglé & le plus visionnaire de produire rien d'aussi chimérique & d'aussi gigantesque. Comment se peut-il trouver un homme assez imbécille pour se figurer qu'il goûtera après sa mort des plaisirs charnels; qu'un des principaux biens que lui donnera la divinité, sera la jouissance de plusieurs femmes toujours vierges? On s'étonne que les payens crussent les contes & les fables que leurs poëtes racontoient des champs Elisées, où les héros retrouvoient des chars, des armes, des chevaux & des couronnes de laurier (1).

[(1) Arma procul, currusque virûm miratur inanes.
Stant terrâ de fixae hastae passim solutis
Per campos pascuntur equi, quae gratia curruum.
Armorumque fuit vivis, quae cura nitentes
Pascere equos, eadem sequitur tellure repostos.

Virg. Aeneid. lib. 6 vers. 707.

Mais ces idées sont-elles moins vraisemblables que les autres? Les peines que les anges noirs font souffrir, ne sont-elles pas un juste équivalent des ames qu'on plongeoit dans le Tartare & dans le Phlégéton? Cependant nous nous étonnons tous les jours de la crédulité des Payens, & nous ne disons rien de celle des Turcs, parce que l'usage & l'habitude nous y ont accoutumés.

Outre le ridicule, la religion mahométane a quelque chose du sauvage, ou pour mieux dire, de la brute. L'imbécillité que les Turcs ont de croire qu'une statue demandera une ame dans l'autre monde à celui qui l'aura faite, les a portés à détruire tous les morceaux antiques qu'ils ont trouvés dans la Grece.

[Pages a180 & a181]

Mahomet, qui comprit que les beaux arts donnoient à l'esprit une certaine pénétration, voulut éloigner de ses sectateurs tout ce qui pouvoit leur faire sentir le ridicule de ses préceptes. Il connut que sa religion ne pouvoit résister au plus léger examen. Aussi défendit-il d'en disputer que le sabre à la main. Si les moines nazaréens avoient eu une semblable maxime, je doute qu'il se fût formé tant de sentimens différens parmi eux. Les docteurs qui se disputoient se contentoient de se battre à coups de plume: tandis que ceux qui embrassoient leur parti, s'égorgeoient mutuellement pour des opinions auxquelles ils n'entendoient rien.

Le peuple a été de tout tems facile à séduire, aisé à tromper, difficile à éclairer. Il aime la nouveauté: il suit toujours les objets qui le frappent. L'extérieur l'arrête, le saisit: il lui faut quelque chose de singulier pour le toucher. La raison simple & dépouillée de chimeres, lui paroît nue. Il veut quelque chose de merveilleux pour lui remplir l'esprit. C'est par-là que les rêveries des poëtes ont trouvé de la croyance chez les Payens, & que les Mahométans regardent comme véritables les fables de l'Alcoran.

Cependant, malgré les absurdités de la religion des Turcs, je t'avouerai que j'y trouve des préceptes dignes de l'admiration des plus grands philosophes. Cette charité, qui leur est ordonnée si souvent dans leurs livres, & le pardon de leurs ennemis, sont deux points qui contiennent la morale la plus épurée. Mais ce qu'il y a de plus beau chez eux, c'est qu'ils ne se contentent pas de croire ces maximes, & qu'ils les pratiquent exactement. Tu sais jusques où va leur charité envers les pauvres: elle prévient une partie de leurs nécessités; & va au devant de leurs besoins. Il est peu de Turcs qui ne donnent en leur vie des aumônes considérables qui sont appliquées au soulagement des malheureux. Les caravanserais, les puits, les fontaines, bâtis sur les chemins pour la commodité des pélerins & pauvres voyageurs, de quelque religion qu'ils soient, sont des monumens éternels de la piété des mahométans. Leur sensibilité pour les malheureux s'étend encore plus loin. Ils ont des hôpitaux pour les incurables, pour les estropiés, & pour les insensés. Ils conservent même pour ces derniers une espece de vénération, & les regardent comme des personnes à qui Dieu n'a ôté l'usage de la raison que pour leur donner le moyen de se garantir plus aisément du péché.

[Pages a182 & a183]

Si tu n'étois pas toi-même de Constantinople, tu aurois peine à croire qu'il y ait des Turcs qui laissent en mourant un legs pour servir à la nourriture commune des chiens de leur quartier. C'est en vérité porter la charité bien loin. Les autres vertus ne leur soit pas inconnues. Il est peu de peuples où la bonne foi est plus exactement gardée. Ils sont esclaves de leur parole, & la différence de religion ne leur sert point de prétexte à tromper ceux avec qui ils ont des affaires d'intérêts.

Le respect que les Mahométans portent à leurs parents est digne de louange. On voit peu à Constantinople de ces fils qui font rougir la nature, & qui sont si communs dans le pays des Nazaréens. Un chef de famille chez les Turcs conserve sur ses enfans cette autorité qu'avoient nos anciens patriarches. Les Tartares & les Arabes sont encore plus zélés observateurs de l'obéissance filiale. Mais ce que je trouve de plus admirable, c'est le peu de penchant qu'ils ont à la médisance. Il est rare de les entendre se déchirer mutuellement les uns les autres. Ils ignorent l'art d'empoisonner leurs discours: leurs conversations ne sont point un tissu de calomnies, & un ramas d'histoires scandaleuses. J'ai réfléchi sur ce qui peut les avoir garantis de ce vice. Les hommes étant assez semblables dans tous les pays, je ne pouvois comprendre ce qui rendoit les Turcs exempts de ces foiblesses. J'ai compris que leurs moeurs & leurs façons de vivre les avoit préservés de ces défauts. Ils ont peu de commerce entr'eux, si ce n'est pour les affaires de leurs charges & de leurs emplois. On ne voit point chez eux des maisons destinées à la retraite d'illustres fainéans. Ils ignorent l'art de passer une partie de la journée renfermés dans une assemblée à se communiquer mutuellement les aventures qui sont arrivées la veille. Lorsqu'ils vont aux cafés, qui sont les seuls endroits publics, ils y boivent du sorbet ou d'autres liqueurs qui leur sont permises. Quelquefois, mais rarement, ils jouent une partie aux dames ou au mangala (1): le tout dans un silence étonnant, & se retirent bientôt après chez eux.

[(1) Jeu Turc qui se joue avec de petites coquilles.]

L'impossibilité de voir les femmes est encore une raison décisive du peu de médisance, qui regne à Constantinople.

[Pages a184 & a185]

Les dames en Europe sont les principaux mobiles de la calomnie. La haine, la jalousie, l'ambition, l'envie de plaire: toutes ces passions les font agir, ou contre leurs rivales, ou contre les personnes qui peuvent être contraires à leurs désirs. Il leur est aisé d'entraîner un grand nombre de petits-maîtres, zélés admirateurs de leurs caprices, & esclaves soumis à leurs volontés. La contrainte dans laquelle vivent les femmes Turques, ne leur permet pas de pouvoir remuer les mêmes ressorts: tout ce qu'elles peuvent faire, c'est de cabaler dans l'intérieur de leur ménage, & contre leurs rivales; ce qui ne peut s'étendre au-delà de l'enceinte de leur maison, & dont le public ne sauroit s'appercevoir.

Le caractere des Turcs, silentieux & taciturne, est encore un préservatif contre la médisance. Les grands parleurs, les diseurs de contes & de sornettes, sont ordinairement enclins à ce vice. C'est un moyen dont ils se servent pour se faire écouter: & le coeur de l'homme plus enclin à blâmer qu'à louer, se prête aisément aux discours calomnieux. Les petits-maîtres nazaréens, grands discoureurs de leurs métiers, ainsi que tu l'as observé, sont très-sujets à ce défaut.

Cette candeur qui regne chez les Mahométans, m'a souvent fait faire des sérieuses réflexions. Je t'avouerai, mon cher Aaron, que je suis vivement touché, lorsque que je considere le sort qu'ils auront après le trépas. Je ne puis qu'être sensible à la perte de tant d'honnêtes gens, qui n'ont commis d'autre crime, que d'avoir suivi les préjugés de l'éducation, & d'avoir donné une croyance trop aveugle aux rêveries de leurs imans & de leurs dervis. Ces moines Turcs jouent ici le même personnage que les moines nazaréens. Ils trompent & fourbent le peuple: ils lui remplissent l'esprit de chimeres; & sous le voile de la religion, autorisent leurs vices & leurs moeurs déréglés.

Je vais te raconter l'histoire d'un dervis, arrivée lorsque j'étois à Andrinople. Tu y trouveras un juste équivalent de celles que tu m'écris quelquefois sur les moines nazaréens. Ce dervis s'étoit retiré dans un hermitage éloigné d'une demi-lieue de la ville. Il restoit des semaines entieres sans en sortir; sa porte étoit fermée: l'on disoit qu'il avoit alors des extases, pendant lesquelles l'ange Gabriel venoit s'entretenir familiérement avec lui.

[Pages a186 & a187]

Sa réputation augmenta. On accouroit pour le consulter de tous les côtés. Beaucoup de gens alloient faire des retraites chez lui. Les femmes voulurent connoître ce saint personnage. Plusieurs se rendirent à l'hermitage. Elles en revinrent fort édifiées. L'humeur jalouse de quelques Turcs ne s'accommoda pas de ces fréquentes visites; & les maris défendirent à leurs femmes de retourner chez le dervis. Elles allerent se plaindre au cadis, & lui dirent qu'on vouloit les empêcher d'aller chez le saint. Ce juge les renvoya, & ne voulut rien décider. Cette affaire ayant fait éclat, le dervis en fut instruit; il résolut d'en tirer avantage. Il s'en falloit bien qu'il fût aussi dévot qu'il le paroissoit; & parmi les femmes qui l'étoient allé voir, plus de trois auroient pu certifier ce fait. Il y avoit un cimetiere auprès de son hermitage. Il ouvrit la tombe d'un mort qu'on avoit nouvellement enterré: il fit eunuque ce cadavre; & ce qu'il lui avoit coupé fut pendu dans sa cellule, auprès du chevet de son lit, entre deux sentences de l'alcoran. Il s'enveloppa ensuite dans son caban, & se coucha. Les premiers qui vinrent le visiter ayant apperçu les débris de cette opération, en furent dans une grande surprise. J'ai voulu, dit le dervis, ôter tout sujet à la médisance, & me mettre en état d'instruire librement tout le beau sexe. Cette action du dervis redoubla l'estime qu'on avoit pour lui. Peu s'en fallut qu'on ne lapidât les maris qui avoient occasionné la pieuse action du solitaire. Les femmes retournerent en foule chez lui. Le dervis en désabusa quelques-unes; & les époux n'en eurent aucun soupçon. Il jouit pendant plusieurs années de sa réputation; mais enfin la jalousie ruina ses affaires. La femme d'un négociant, piquée de la préférence qu'il donnoit à sa rivale, l'accusa pardevant le cadis, d'avoir voulu la violer. Elle raconta l'histoire du cadavre que le solitaire lui avoit confiée, & s'offrit, si elle mentoit, à souffrir le supplice le plus rigoureux. On fit visiter le dervis, & l'on trouva qu'il s'en falloit de beaucoup qu'il ne fût eunuque. Le juge ordonna qu'on lui fît réellement l'opération, pour le punir de son crime. Les maris qui devoient se plaindre étoient en si grand nombre, qu'ils se consolerent mutuellement; & malgré leur jalousie, ils ne voulurent ni rien éclaircir ni rien apprendre. Je crois que tu trouveras que l'action de ce dervis égale les bons tours des moines.

La paresse, l'inutilité au bien de l'état, l'hypocrisie; la fourbe; tout est bien égal entre un religieux nazaréen & un dervis Mahométan.

De Constantinople, ce...

***

[Pages a188 & a189]

LETTRE XVIII.

Aaron Monceca, à Isaac Onis, rabbin de Constantinople.

La seule vertu dans ce pays n'illustre point une famille. Dix ayeux, dont la candeur & la bonne foi auront mérité l'estime du public, ne valent pas un pere secrétaire du roi. La noblesse s'achete comme une marchandise. Un partisan engraissé du sang du peuple, fait de son fils un seigneur titré; & celui d'un habile historien, d'un illustre poëte, qui souvent hérite des talens de son pere, n'a d'autre rang ni d'autres honneurs à prétendre que ceux qu'Apollon lui accorde. Le métier le plus éclatant, la science la plus étendue ne vaut pas, pour parvenir aux grandeurs & aux richesses, un emploi de sous-fermier. On voit tous les jours à Paris des gens dont le premier mérite fut d'être laquais, traînés dans des carrosses superbes, & logés dans des palais magnifiques. Ces jeux de la fortune sont ici fort ordinaires. Mais ce qui te surprendra, c'est que ces gens, qui sont regardés comme l'opprobre de la nation & l'instrument du malheur des peuples, trouvent un grand nombre de personnes qui s'abaissent jusqu'au point de leur faire la cour. Leur table servie magnifiquement attire beaucoup de parasites. Les seigneurs même paroissent avoir des égards pour eux: la commodité de trouver de l'argent à emprunter, les force à cette complaisance. Ils poussent quelquefois leur foiblesse jusqu'à contracter des alliances avec ces financiers; & le dérangement de leurs affaires les oblige à une démarche aussi indigne de leur naissance.

Lorsqu'un partisan se trouve revêtu de grands biens, il tâche d'acheter une fille de condition. Les parens concluent le mariage: on sort la demoiselle du couvent; & elle est toute étonnée que son mari se trouve le cousin de sa fille de chambre. Dès que cette alliance a donné un nouveau lustre au financier, il oublie totalement son ancien état. Il ne se souvient plus des vexations qui lui ont acquis ses richesses: il oublie les maux qu'il a faits à la veuve & à l'orphelin.

[Pages a190 & a191]

Il ne parle plus que de noblesse & d'anciens titres. Il cherche dans tous les greffes, chez tous les notaires, des papiers qui doivent servir à prouver l'ancienneté de sa maison. A force de dire à tout le monde qu'il est homme de condition, peu s'en faut qu'il ne se le persuade à lui-même. Il trouve des généalogistes prêts à faire l'histoire de sa maison, & des poëtes affamés qui prostituent leurs plumes à le louer: & s'il veut être le héros d'un poëme épique, en bien payant l'auteur, il sera chanté comme Achille & comme Enée.

Ces honneurs & ces biens prodigués à des gens qui le méritent si peu, sont une des choses qui m'ont le plus surpris à Paris. La façon de penser des Mahométans est bien plus sensée. Chez eux la seule vertu mene aux grandeurs. Il n'est d'autre noblesse que celle qu'on acquiert par ses actions & par ses talens. Le fils d'un visir, qui n'est pas digne d'occuper un emploi honorable, reste souvent dans un rang obscur; & celui d'un savetier, s'il a du mérite, peut être élevé à cette éminente dignité. Considere, mon cher Isaac, combien cette maxime est plus utile au bien de l'état & de la patrie. Elle encourage tous les citoyens à se rendre dignes des honneurs. Elle leur éleve le courage, par l'espérance de pouvoir atteindre au plus haut rang. Ils se portent aux belles actions avec d'autant plus d'espérance & de fermeté, qu'ils savent que la naissance n'est point un défaut qui leur ferme la porte des honneurs. Si les François comptent si fort sur les sur les sentimens de leurs nobles, que doivent espérer les Turcs, puisque le moindre Mahométan pense & agit comme un noble, a les mêmes désirs de la gloire & la même espérance d'y parvenir. Je sais que chez les François on a vu quelquefois, par des accidens extraordinaires, un homme du simple peuple s'élever dans un degré éminent; mais ce cas arrive si peu, que c'est un foible préjugé. Tous les emplois, tous les honneurs sont remplis par la noblesse; & c'est un hasard, lorsqu'un roturier franchit tous les obstacles qui s'opposent à sa fortune.

Ces réflexions me conduisent aux différens états dont la France est composée. On la divise en trois; l'église, la noblesse & le peuple. Les ecclésiastiques, à la tête desquels sont les pontifes (1), tiennent le premier rang: la noblesse vient ensuite; & le peuple représenté par les députés des villes & des provinces, est le dernier en grade.

[(1) Les évêques.]

[Pages a192 & a193]

On tenoit autrefois des assemblées, où se trouvoient ces trois corps: on les appelloit les états généraux. Ils délibéroient conjointement avec le souverain, des choses qui paroissoient nécessaires au bien de la patrie. Ils servoient d'équilibre entre la cour & le peuple. Les rois peu-à-peu abolirent ces assemblées. Ils étoient les seuls maîtres de les convoquer, & ils éviterent de le faire. Ils suppléerent, par leur autorité, aux ordonnances de ces états, & par ce moyen, leur seule volonté eut autant de force que les décisions de la nation entiere. La division des trois corps qui la représentoient, fut un des principaux moyens qui favorisa les souverains dans leur projet: la haine des ecclésiastiques contre la noblesse, l'envie du peuple contre ces deux états, devinrent le premier instrument du joug des François.

Cette désunion n'est point encore finie: le tems n'a pu la diminuer. L'ambition des pontifes (1), leur penchant à la domination, est une tyrannie qui paroît insupportable aux nobles.

[(1) Les évêques.]

Ils voient avec regret les dignités, les postes éminents remplis par des gens qui leur sont opposés. Ils souffrent à regret le pouvoir des ecclésiastiques; & plus le crédit de leurs ennemis est grand, plus leur haine s'en augmente. Le peuple, de son côté, est charmé de l'abaissement de la noblesse. Il voit avec plaisir qu'on humilie ceux qui le méprisent: plus la noblesse est oppressée, plus il semble respirer librement. Le joug des uns devient un soulagement à la captivité des autres.

Il est encore plusieurs corps respectables (1), qui ne sont compris, ni parmi la noblesse, ni parmi le peuple.

[(1) Les parlemens.]

Ce sont les tribunaux qui administrent la justice. Ils conservent un reste de leur ancienne splendeur. C'est par leur canal qu'il est encore permis aux peuples de faire transpirer leurs malheurs & leurs infortunes jusqu'au souverain. Mais souvent l'accès du trône leur est défendu. Un ordre d'un tribunal supérieur (2) leur ferme le bouche. Ils n'ont le droit de parler pour le peuple qu'autant qu'on leur permet de le faire; & quoique leurs anciens privileges fussent beaucoup plus étendus, ils ont été restreints à ce point.

[(2) Le conseil privé.]

[Pages a194 & a195]

Ces corps, qu'on appelle les parlemens, sont toujours directement opposés aux souverains pontifes, & aux pontifes subalternes. Comme seuls dépositaires du reste de la liberté de leur église, ils sont toujours en garde contre les invasions de Rome & les ordonnances qui en émanent (1).

[(1) Les bulles.]

Cette attention leur attire la haine de la plûpart des pontifes, qui sont fort attachés à leur chef; & il regne entr'eux une éternelle mésintelligence. Le feu duc régent, lorsqu'il prit les rênes de l'état, se servit adroitement de cette désunion. Pour amuser dans les commencemens de son ministere, les parlemens, il leur livroit habilement quelques pontifes. Il sembloit approuver la punition & la rigueur qu'ils faisoient subir à la personne & aux écrits de quelques-uns. (2)

[(2) L'évêque d'Apt, dont le mandement fut brûlé & le temporel saisi.]

Lorsqu'il eut obtenu des parlemens ce qu'il en vouloit, il les accabla à leur tour. Il les exila même, & poussa le despotisme plus loin qu'aucun souverain. Les pontifes virent avec joie les malheurs de leurs ennemis, & oublierent leurs offenses en faveur de celles que recevoient les parlemens.

Le plaisir de la vengeance est le plus sensible aux ecclésiastiques; ils ne perdent aucune occasion de nuire à ceux qui leur sont opposés: c'est-là un des vices auxquels ils sont les plus enclins. Ils vivent assez régulierement: leurs moeurs, en général n'ont rien de déréglé; & si la haine & l'ambition étoient bannies de leurs coeurs, ils auroient peu de défauts essentiels. Ce que je dis ne regarde que les pontifes, & les simples prêtres; car quant aux moines, c'est la sentine de tous les vices: la vie de la plûpart est aussi scandaleuse que celle des autres paroît réglée. Il est même quelquefois des pontifes qui payent le tribut à l'humanité; mais il faut leur rendre justice, ce cas arrive rarement,

On débite ici une histoire à ce sujet qui me paroît assez plaisante. On assure qu'un pontife de la province d'Auvergne, écrivant à sa maîtresse & au premier ministre, s'est trompé dans les adresses de ses lettres, & qu'il a envoyé à sa maîtresse celle du ministre, & celle du ministre à sa maîtresse.

[Pages a196 & a197]

Celui-ci fit réponse à la lettre qu'il avoit reçue, (dans laquelle le pontife disoit qu'il avoit écrit à la vieille éminence pour obtenir la permission de retourner à Paris) que le roi lui ordonnoit de demeurer chez lui jusqu'à nouvel ordre, & que la vieille éminence lui conseilloit d'avoir des moeurs plus pures._ L'aventure passe ici pour véritable. Cependant je ne puis t'assurer qu'elle soit entiérement comme on l'a dit. La bévue de ce pontife est assez plaisante, & les rieurs en ont fort badiné. Ce qui doit consoler l'auteur de cette méprise, c'est que la premiere nouvelle qui courra dans Paris, fera oublier sa sotise.

Les contes & les histoires se succédent ici comme les flots de la mer. A peine parle-t-on le lendemain de ce qui faisoit la conversation de la veille. L'esprit léger de cette nation ne s'arrête pas long-tems sur le même sujet. Dans huit jours d'ici l'aventure que je viens de t'écrire sera regardée comme aussi ancienne que si elle étoit arrivée sous François I.

Je continue de m'instruire de tout ce qui peut me donner des idées justes de l'état des sciences dans ce royaume. J'examine aussi les progrès qu'y font les beaux-arts. Ils trouvent plus de ressources & de facilité à Paris que dans aucun lieu du monde. Louis XIV les y fixa pour toujours par les établissemens qu'il fit. Je t'ai parlé dans mes lettres de trois académies qui renferment en elles toutes les sciences. Il y en a trois autres qui contiennent tous les beaux-arts. La premiere est composée des fameux peintres, sculpteurs, &c. La seconde des habiles architectes. La troisieme est pour les musiciens. Il y a des prix que le roi fait distribuer dans les deux premieres, pour récompenser ceux qui se distinguent par leur mérite, & encourager les autres à perfectionner leurs talens. Ces établissemens sont dignes d'un souverain. Rien ne marque plus sa grandeur que la tranquillité & l'aisance dont jouissent les sciences à la faveur de sa protection. La gloire d'un prince qui fait fleurir les arts rejaillit sur la nation entiere: c'est un honneur qu'il partage avec elle. Louis XIV, non content de procurer à ses sujets toutes les facilités pour exceller dans la peinture, la sculpture & l'architecture établit une académie à Rome (1), où ceux qui ont remporté les prix à Paris sont entretenus pendant trois ans aux dépens du prince.

[(1) Elle subsiste encore.]

[Pages a198 & a199]

Ils travaillent sous les yeux d'un habile directeur, & vont, comme les abeilles, se nourrir du suc des plus excellentes fleurs pour en enrichir leur demeure.

J'ai reçu des nouvelles de Moïse Rodrigo: il m'enverra d'Amsterdam les livres que je lui demande; & dès que je les aurai reçus, je les ferai partir pour Marseille. Je l'ai prié de m'écrire son sentiment sur les auteurs les plus connus, & sur les ouvrages nouveaux qu'ils donneront au public. Je pourrai par ce moyen t'envoyer tout ce qui paroîtra de bon en Hollande & en Angleterre.

Conserve ta santé, mon cher Isaac, c'est le bien le plus précieux que le ciel puisse nous accorder. Lorsqu'il y joint les richesses, notre bonheur est parfait.

De Paris, ce...

***

LETTRE XIX.

Aaron Monceca, à Isaac Onis, rabbin de Constantinople.

Je viens de recevoir les livres que j'attendois de Hollande. Moïse Rodrigo les a envoyés par Rouen, & je les ferai partir au premier jour pour Marseille. Notre correspondant aura soin de les embarquer pour Constantinople. On a joint aux livres un mémoire que j'avois demandé sur les auteurs dont je pourrois acheter les ouvrages. Il m'a paru exact & précis. Je t'en envoie une copie.

«DISSERTATION LITTERAIRE

«Je vais répondre avec le plus de justesse qu'il me sera possible, aux instructions que vous me demandez. Il en est de même ici qu'à Paris. Les belles-lettres & les bons auteurs ont des tems & des saisons qui leur sont plus favorables les unes que les autres. Ce qu'il y a de particulier, c'est qu'il semble y avoir une certaine sympathie entre la France & la Hollande; & l'on diroit que ces différens états ont eu en même-tems des génies sublimes ou médiocres.

«Dans le siecle passé, & au commencement de celui-ci, la France renfermoit un nombre de savans de la premiere classe. Mais la Hollande lui disputoit l'avantage d'en avoir plus qu'elle. Le parallele des uns & des autres prouvera aisément la vérité de ce fait.

[Pages a200 & a201]


«Un génie vaste, profond, universel,(1) fut le plus ferme soutien de sa religion. De la même plume dont il combattit ses ennemis (2), il terrassa des adversaires qu'il eut parmi ceux de sa propre croyance (3).


[(1) Arnauld.
(2) Les réformés.
(3) Les jésuites.]

«Un esprit sublime, juste (4), qui malgré les ténebres de l'antiquité la plus reculée, dévoiloit les coutumes des siecles passés, fut directement opposé à ce grand homme: & s'ils ne purent s'accorder mutuellement, du moins avouerent-ils qu'ils étoient seuls capables de se convaincre, s'ils eussent pu l'être, ou l'un ou l'autre.

[(4) Claude.]

«A peu près dans le même tems, la France eut encore plusieurs autres grands hommes. Un évêque (5), grand orateur, bon historien, subtil théologien, força ses plus cruels ennemis à rendre justice à son mérite.

[(5) Monsieur de Meaux.]

«Un autre prélat (6) dont la candeur, la vertu & la bonne foi égaloient la science, traça des leçons pour l'éducation des rois &, pour le bonheur des peuples. Il suivit les anciens; mais il alla au-delà de ses modeles, & fut plus original que ceux qu'il avoit imités.

[(6) Monsieur de Cambrai.]

«Un philosophe (1) renferma dans deux petits volumes beaucoup plus de secrets de la nature & d'expériences physiques, que mille ans, & un ramas immense d'énormes volumes, ne nous en avoient appris. Disciple du restaurateur de la bonne philosophie (2), il a su, à l'aide des leçons de son maître, affranchir la raison du joug des anciens préjugés.

[(1) Rohault.
(2) Descartes.]

«Un autre métaphysicien (3) rechercha la vérité par des études profondes. S'il ne la découvrit pas entiérement, du moins il l'apperçut souvent, & porta ses connoissances jusqu'au dernier point ou peut atteindre la foiblesse humaine.

[(3) Mallebranche.]

«Dans le tems que ces illustres génies florissoient en France, la Hollande avoit des auteurs qui ne leur étoient pas inférieurs. Le premier (4) étoit un esprit universel, savant philosophe, habile critique, génie vaste.

[(4) Bayle.]

[Pages a202 & a203]

«Il eut des ennemis à combattre. Sa réputation, sa sincérité, Il les vainquit par son mérite & par sa science; & ne laissa aux uns (1) que la honte de l'avoir attaqué, & aux autres (2) que la douleur de n'avoir pu lui nuire.

[(1) Jurieu.
(2) Jaquelot, Bernard & le Clerc.
Note du transcripteur: une portion de texte semble manquer dans le paragraphe précédent.]

«Un autre auteur (3), censeur ingénieux, délicat, pénétrant, fut un agréable critique.

[(3) Basnage de Beauval.]

Un troisieme écrivain (4) rendit sensibles aux plus foibles esprits les preuves de la religion, & fut le premier qui osa s'appuyer de la seule raison pour prouver les vérités de la révélation.

[(4) Abbadie.]

«Vers le tems où la mort priva la Hollande de ces grands hommes, la France perdit aussi les génies supérieurs dont je vous ai parlé. Il en resta encore quelques-uns qui méritoient dans la république des lettres, un rang distingué; mais le nombre en étoit petit. On s'apperçut avec étonnement du vuide que la perte de tant de sçavans avoit causée: les sciences semblerent avoir perdu le flambeau à la faveur duquel elles éclairoient les esprits. On crut que lorsque la parque auroit ravi le peu de grands hommes qui restoient encore, la nature épuisée n'en formeroit plus de semblables. On se rassura dans la suite, & l'on vit par expérience, que si tous les siecles ne produisoient pas un égal nombre de génies supérieurs, il y en avoit toujours quelques-uns qui se succédoient les uns aux autres. En France il y eut plusieurs savans qui se distinguèrent par leur mérite; & en Hollande on en vit paroître quelques-uns, dignes de succéder à la gloire des premiers.

«S'Gravesande, fameux philosophe, disciple & rival de Newton, a publié une excellente Introduction à la philosophie, concernant la métaphysique & la logique.

«Barbeyrac, le sçavant traducteur des ouvrages de Pufendorff & de Grotius, a enrichi la république des lettres de plusieurs livres très-utiles.

«La Chapelle remplace dignement les Drelincourt & les Claude. Tous les ouvrages qui sortent de sa plume sont remplis d'une érudition qui n'a rien de dégoûtant. Il a tous les talens & toutes les rares qualités des savans, sans en avoir les défauts.

[Pages a204 & a205]

«Rousset traite d'une maniere juste, sensée & profonde, tout ce qui concerne la politique, les intérêts des princes, &c.

«Il est encore quelques auteurs en Hollande dont les écrits méritent d'être lus; mais il s'en faut bien que le nombre des savans soit aussi considérable qu'il l'étoit il y a vingt ans. Ce n'est pas qu'il n'y ait autant d'écrivains: & s'il suffit pour avoir du génie de faire imprimer quelques rapsodies, jamais il n'y eut tant de gens d'esprit en ce pays.

«L'un, forcé par la misere, fait un ouvrage pitoyable. (1) Il censure un livre dont l'auteur a mérité d'être pilorié, & sa critique est pire que l'ouvrage de son adversaire.

[(1) L'auteur des Anecdotes historiques, galantes & littéraires.]

«L'autre, lassé de vendre l'orviétan, & ennuyé du métier de bateleur, se décore du titre de médecin. (2) A l'abri de son nom, il croit impunément ennuyer le public par ses ouvrages, comme il faisoit autrefois par des misérables discours qu'il débitoit sur des trétaux dans les places publiques & les carrefours.

[(2) L'auteur des Mémoires historiques & politiques.]

«Un ancien maltotier (1) s'est avisé de vouloir devenir auteur; il compose quelques misérables histoires, & quelques Mémoires historiques & politiques. Ces livres sont du goût et du style de la Serre & de Neuf-Germain.

[(1) L'apologie contre la parodie d'Alcibiade.]

«Un moine échappé de S. Victor a eu l'effronterie de se charger de la continuation de l'histoire d'Angleterre de Rapin-Thoyras. Il a associé à ce travail un ex-comédien & un ex-jésuite réfugiés en Hollande. Que pouvoit-on attendre de bon d'une pareille union? Elle a produit ce à quoi les gens sensés s'attendoient; & la continuation de l'histoire d'Angleterre de Rapin-Thoyras est le plus méprisable libelle qui ait paru depuis long-tems. L'effronterie, la mauvaise foi & l'ignorance, semblent se disputer à l'envi, dans cette rapsodie, le déshonneur d'en flétrir toutes les pages.

«Un ancien comédien, qui du théâtre avoit passé dans l'antichambre d'un seigneur, aussi ennuyé d'être réellement domestique, que peu flatté d'être en imagination un prince Troyen ou Romain, a pris, il y a déja plusieurs années, le parti de se faire auteur. Il compose ses ouvrages de la même maniere qu'il copioit ses rôles. Il ramasse quelques passages pillés, il fait une compilation à laquelle il donne son nom.

[Pages a206 & a207]

«Il est dans ce pays un nombre d'auteurs qui ne travaillent que pour vivre. La faim & la soif sont les muses qui les inspirent. Ils ont apprécié un pain à six lignes d'écriture; & la cuisine chez eux n'est fondée que sur le nombre de feuilles de papier qu'ils barbouillent. Les libraires trouvent le moyen de débiter ces livres, bons ou mauvais. Il leur importe peu que le goût du public soit gâté & corrompu par ce nombre d'écrits fades. Ils ne peuvent pas vendre des mains de papier blanc à ceux qui demandent sans cesse des ouvrages nouveaux. Ils leur donnent des romans écrits durement, sans conduite & sans caractere; des poésies qu'Apollon ne dicta jamais; & des histoires composées au hazard.

«Il est tel auteur qui se figure qu'il est de son métier, comme de celui d'un maçon. Il fait un livre, comme les autres font une muraille. Autant de pieds de maçonnerie, autant d'écus: autant de pages, autant de florins. Le maçon borne sa journée à trois toises: l'auteur la regle à trois feuilles d'impression; tout lui est égal, pourvu qu'il remplisse son papier.

«Je me flatte que les livres que je vous ai envoyés, ne sont point dans le nombre de ceux qui sont écrits de cette maniere; & j'ai tâché de ne choisir que ceux qui m'ont paru les meilleurs.»

Je ne sais, mon cher Isaac, si tu seras content des portraits que fait cette dissertation. Ceux des auteurs morts il y a déja quelque tems, m'ont paru fort justes. Tu as lu une partie de leurs ouvrages. Ainsi il te sera aisé d'en juger par toi-même. Dès que tu auras vu les livres nouveaux, apprends-moi tes sentimens.

J'ai réfléchi plusieurs fois sur ce grand nombre d'hommes illustres qui vivent dans certains regnes; & sur la petite quantité qu'il en paroît dans certains autres. Seroit-ce que la nature s'épuise, & qu'il faut des siecles pour préparer une matiere qui puisse former la tête de Descartes ou celle de Newton? Les ames seroient-elles de différentes qualités?

[Pages a208 & a209]

On ne peut, sans absurdité, soutenir de semblables theses. Cette question se réduiroit à savoir, si les arbres sont plus gros dans certains siecles, que dans certains autres. La nature n'agit pas différemment dans ses opérations. Comment a-t-elle donc oublié, pendant deux mille ans, la façon dont elle avoit formé les cerveaux de Sophocle & d'Euripide, & n'a-t-elle semblé s'en ressouvenir qu'en constituant ceux de deux fameux poëtes François?(1)

[(1) Corneille et Racine.]

Pour éclaircir le défaut & le manque de génies supérieurs, il faut chercher d'autres raisons que l'impuissance de la nature. Elle forme dans chaque siecle un égal nombre de personnes à qui elle accorde la faculté de pouvoir s'élever au grand & au sublime: mais il faut que ces talens soient cultivés. Que peut rapporter une terre excellente, si elle est en friche? Il en est de notre ame comme d'un champ: elle ne produit que le gain qu'on y seme. Je t'ai écrit de quelle façon les jeunes gens faisoient leurs études, & combien peu de profit ils en retiroient. D'ailleurs, la gloire & l'émulation sont les premiers mobiles des sciences. Lorsque le desir d'aller à l'immortalité n'est pas soutenu par les louanges, par les récompenses & par l'estime du public, ces vertus languissent, & paroissent comme en léthargie.

Sous Louis XIV, ainsi qu'au siecle d'Auguste, on ne connoissoit pas cette étrange inégalité, qu'on semble mettre entre un grand poëte & un excellent historien, & un homme dont tout le mérite est d'avoir une longue suite d'ayeux. La vertu, la science étoient récompensées dans tous les états; & le monarque, amateur du mérite, faisoit pénétrer ses bienfaits jusques dans les lieux les plus éloignés. La cour, imitatrice servile des vices & des vertus du souverain, cultivoit & favorisoit les sciences, peut-être sans les aimer. Sous le regne présent, les muses sont aussi protégées. Le monarque successeur de son ayeul, l'est aussi de son bon goût; mais les guerres, les embarras, les négociations, ont empêché qu'on ait cultivé les arts autant qu'ils l'étoient autrefois. Les courtisans, l'esprit rempli de chevaux, d'armes, de sieges & de combats (1) oublient que le plus grand capitaine Romain fut le plus savant de la république.

[(1) Cette lettre a été écrite pendant la campagne qui suivit le siege de Philipsbourg.]

[Pages a210 & a211]

Les ecclésiastiques acharnés dans de vaines disputes, se sont occupés à des écrits inutiles pour l'instruction de la postérité, & ennuyeux pour les gens sensés qui vivent aujourd'hui. Le bon goût a disparu à demi: il ne faut, pour le faire reparoître, que la paix, l'union & la tranquillité.

Porte-toi bien, mon cher Isaac, & déplore, ainsi que moi, les vicissitudes des sciences.

De Paris, ce...

***

LETTRE XX.

Aaron Monceca à Jacob Brito.

J'ai lu avec plaisir ta lettre, mon cher Jacob. J'ai trouvé le parallele de l'ancienne Rome & de la nouvelle très-judicieux. Tu aurois pu le pousser plus loin, & comparer la puissance spirituelle qu'elle a aujourd'hui dans l'Europe au pouvoir souverain qu'elle eut autrefois. J'ai entendu soutenir à ce sujet, par un savant de ce pays une opinion fort singuliere, & assez plaisante. Il prétend qu'on enterra dans le milieu de Rome, lors de sa fondation, un talisman, qui l'assure d'une perpétuelle puissance sur l'Europe, tant que le charme durera; & que le talisman n'ayant point été enlevé, ni détruit lors des saccagemens & des embrasemens de cette ville, elle a toujours repris la domination sur la plus grande partie des peuples Européens. J'opposois à ces raisons la différence de la souveraineté des anciens Romains à celle de ceux d'aujourd'hui. Il me répondit que le talisman ne régloit point le genre de puissance; qu'il assuroit seulement une autorité souveraine: & qu'on ne pouvoit nier que le pontife n'eût cette autorité réelle sur les états nazaréens, par la toute-puissance spirituelle qu'on lui accordoit; puisque les grands rois, soumis à certains principes de religion & à certaines coutumes, étoient obligés de s'y conformer malgré eux, & ne pouvoient en être dispensés que par la permission qu'il leur en accordoit. Comme le savant qui soutenoit la réalité du prétendu talisman me paroissoit convaincu de son opinion, je crus que je devois avoir recours à des raisons plus philosophiques pour le dissuader de son erreur.

[Pages a212 & a213]

J'ai vu, mon cher Jacob, beaucoup de gens persuadés de la puissance des talismans. Plusieurs de nos rabbins semblent favoriser cette opinion, dont la saine philosophie démontre aisément la fausseté. Il me sera aisé de te prouver évidemment la vérité de mon sentiment.

C'est un principe sûr, que la seule matiere peut agir sur la matiere. Je laisse à part le mystere incompréhensible de l'action de notre ame sur notre corps, dont je crois qu'on doit rapporter le pouvoir à un perpétuel miracle de l'auteur de la nature. Or, si le principe qu'un corps ne peut être mis en mouvement que par l'impulsion d'un autre corps est évident; comment se peut-il faire qu'une chose qui ne peut agir, qui n'a aucun pouvoir sur une autre, puisse lui communiquer quelque vertu? Pour qu'un talisman, un charme, un enchantement agisse, il faut qu'il puisse déterminer la chose sur laquelle il doit agir, à faire tel mouvement ou tel autre. Comment donc un morceau de terre ou de cuivre grand comme la main, sur lequel on a gravé quelques caracteres bizarres, peut-il faire impression sur un François à trois cents lieues de là, & lui inspirer cette humilité ou cette sujétion, qu'il est nécessaire qu'il ait aux ordres du pontife?

D'ailleurs, il ne suffit pas pour que l'enchantement ait son effet, que la matiere agisse sur la matiere: il faut encore que le charme ait le pouvoir de diriger l'intention, & de disposer l'esprit à l'obéissance; ce qu'il est absurde de dire. Car ces prétendus philtres amoureux que donnent certains charlatans, qui veulent qu'on les croie magiciens, ne peuvent jamais déterminer précisément la volonté de l'ame. Ces misérables composent des breuvages, qui, en échauffant le sang, disposent les esprits à l'amour, & excitent des mouvemens de concupiscence. Il y a plusieurs plantes, plusieurs animaux, dont le suc cause en nous des agitations; mais ceux qui s'en servent ne sont pas déterminés à un objet plutôt qu'à l'autre. Il est vrai qu'il arrive souvent qu'une femme à qui l'on a fait boire de ces prétendus philtres, se livre à son amant. La raison en est évidente. Dans les momens où la situation du corps ne laisse pas à l'ame le moyen d'agir avec une entière liberté, l'esprit se porte naturellement aux objets dont il est le plus frappé. L'état où ces liqueurs réduisent étant une espece de sommeil, on a toujours présent à l'imagination les idées dont on est le plus touché ordinairement; de même qu'on voit souvent en rêvant les objets qui nous ont occupés pendant la journée.

[Pages a214 & a215]

Si les philtres pouvoient déterminer la volonté de l'homme, il s'ensuivroit nécessairement que ceux qui auroient le secret de les composer, auroient un pouvoir qui n'est réservé qu'à Dieu seul. Ils seroient maîtres de la nature: ils dispenseroient le bien & le mal; puisqu'un homme ne sauroit être coupable des actions qu'il fait par une force absolue, & auxquelles son ame est déterminée par un mouvement supérieur. D'ailleurs, humainement la matiere ne peut agir que sur la matiere: ainsi, les philtres ne peuvent agir directement sur la volonté. Ils peuvent bien en remuant les ressorts du corps auquel la nature a attaché la correspondance avec l'ame, l'assoupir, lui faire sentir de la douleur; enfin toutes les sensations; mais toujours directement, & par le seul moyen du corps sur lequel ils agissent. Or, n'opérant qu'en second degré, & par le moyen d'un autre mobile, il seroit ridicule de soutenir qu'il pussent avoir plus de pouvoir que lui: & je ne crois pas que personne pense que notre corps & nos organes, déterminent notre volonté.

S'il est donc vrai que les philtres ne peuvent déterminer notre ame, à plus forte raison les talismans n'auront point ce pouvoir, puisqu'ils n'agissent pas même matériellement, & qu'ils n'ont pas l'avantage qu'ont les autres charmes. Quel pouvoir a sur la matiere la figure d'un triangle, l'arrangement de certaines lettres? Quelle impulsion, quel mouvement peuvent faire tous les hiéroglyphes des anciens Egyptiens sur le cerveau d'un homme? En vérité, mon cher Brito, lorsque je considere les chimeres des cabalistes, rien ne me paroît aussi ridicule que leurs opinions.

Les sectateurs de l'astrologie judiciaire sont encore des peuples nourris de chimeres, & pétris d'imaginations. Si cet art étoit vrai, la nature se seroit liée les mains, & nous les auroit liées à nous-mêmes. Tous nos mouvemens seroient écrits dans les cieux, & il ne nous resteroit rien de libre. Nous serions nécessités au mal comme au bien, puisqu'il faudroit que nous finissions absolument ce qui seroit écrit dans le prétendu registre des astres, ou bien le livre seroit faux, & la science des devins incertaine.

[Pages a216 & a217]

Notre sort dépend des lieux, des personnes, des temps, de notre volonté, & non pas des conjonctions chimériques des charlatans. Deux hommes naissent sous la même planete: l'un est un porteur d'eau, & l'autre un souverain. D'où vient donc cette différence? Jupiter le vouloit ainsi, répondra un astrologue. Mais qu'est-ce-que Jupiter? C'est un corps sans connoissance, & qui ne peut agir que par son influence. D'où vient donc agit-elle dans le même moment, dans le même climat aussi indifféremment? Comment cette influence peut-elle avoir lieu? Comment peut-elle percer la vaste étendue des airs? Un atôme, la moindre petite portion de matiere arrête, détourne, diminue ces prétendues particules qu'on veut que ces planètes nous envoient. D'ailleurs, les astres influent-ils toujours, ou n'influent-ils que dans certaines occasions? S'ils n'influent que dans certains momens, & lorsque les particules qui s'en détachent viennent à nous rencontrer, comment l'astrologue peut-il connoître le tems précis où cela arrive pour décider de leur effet? Et si les influences sont continuelles, comment peuvent-elles être assez promptes pour percer la vaste étendue des airs, forcer la matiere qui les arrête ou les détourne, & s'accorder avec la vivacité de nos passions, d'où naissent les principales actions de notre vie. Car si les astres réglent tous nos sentimens & toutes nos démarches, il faut que leurs influences agissent avec autant de rapidité que notre volonté, puisque ce sont eux qui la déterminent.

En vérité, mon cher Jacob, je m'étonne qu'il se trouve des hommes assez imbécilles pour donner dans des visions aussi ridicules. On devroit chasser d'un état bien policé tous ces diseurs de bonne-aventure, & punir rigoureusement ces prétendus magiciens. Ils mériteroient les mêmes supplices que les empoisonneurs. Ils abusent un grand nombre de gens crédules, répandent parmi le peuple ce ramas de superstitions contraires à la raison & au repos public (1).

[(1) Genus hominum, potentibus infidum, sperantibus fallax. Tacit. Historiar. lib. 1.]

Il s'est trouvé quelques-uns de ces misérables qui ont été la dupe de leur propre crédulité. Ils se sont persuadés que les impostures qu'ils débitoient étoient des vérités.

[Pages a218 & a219]

Gassendi a été témoin oculaire de l'égarement d'un de ces prétendus magiciens. Ce philosophe se trouvant dans un village, où il alloit ordinairement se délasser de ses études, apperçut une foule de paysans qui conduisoient un berger lié & garotté. La curiosité le porta à demander ce qu'avoit fait cet homme qu'on menoit en prison. Monsieur, répondit un paysan, c'est un sorcier, Nous l'avons arrêté, & nous allons le remettre entre les mains de la justice.

Les idées philosophiques de Gassendi furent réveillées à ce mot de sorcier. C'étoit pour lui un plaisir doux que d'examiner par lui-même les fables qu'on débite sur le compte de ces imposteurs. Il ordonna aux paysans de conduire cet homme chez lui, & de le remettre entre ses mains. Comme il avoit beaucoup d'autorité sur les gens de ce village ils n'hésiterent pas à lui obéir.

Mon ami, dit-il au sorcier, lorsqu'il fut seul avec lui, il faut que tu m'avoues naturellement, si tu as fait quelque pacte avec le démon. Si tu confesses ton crime, je te rendrai la liberté; mais si tu t'obstines à garder le silence, je vais te mettre entre les mains du prévôt.

Monsieur, répondit le berger, je vous avoue que je vais tous les jours au sabbat. C'est un de mes amis qui m'a donné le baume qu'il faut avaler; & je suis reçu sorcier depuis près de trois ans. Gassendi s'informa avec soin de la réception de ce prétendu magicien qui lui parla de tous les démons, comme s'ils eussent resté toute leur vie ensemble.

Ecoute, lui dit Gassendi, il faut que tu me montres la drogue que tu prends pour aller à l'assemblée infernale: je veux ce soir t'y accompagner. Il dépendra de vous, répondit le berger, je vous y menerai dès que minuit aura sonné.

Lorsque l'heure fut arrivée, allons, dit Gassendi, voici le temps de notre départ. Le magicien sortit de sa poche une boëte, dans laquelle il y avoit une espèce d'opiate. Il en prit pour lui de la grosseur d'une noix; il en donna autant au philosophe, lui dit de l'avaler, & de se coucher ensuite sous la cheminée: l'assurant que peu de tems après, il viendroit un démon sous la figure d'un gros chat l'emporter au sabbat, & que les sorciers étoient accoutumés de se rendre dans leurs assemblées montés sur de pareils chevaux.

Gassendi ayant reçu l'onguent, feignit de ne pouvoir le prendre sans l'avoir enveloppé. Il passa dans un cabinet à côté de sa chambre, prit dans un pot un peu de confitures, qu'il couvrit de pain à chanter & ayant rejoint le berger, allons, lui dit-il, je suis prêt à te suivre. Couchons-nous tous les deux sur le plancher, répondit le magicien; dans cette attitude, nous prendrons notre baume.

[Pages a220 & a221]

Ils s'étendirent par terre tous les deux auprès de la cheminée. Le philosophe avala la confiture, le sorcier sa drogue ordinaire. A peine quelques minutes se furent-elles écoulées, qu'il parut étourdi, & comme un homme ivre. Il s'endormit, & pendant son sommeil il parla continuellement, & débita mille extravagances. Il conversoit avec tous les démons. Il parloit avec ses camarades, qu'il croyoit magiciens, ainsi que lui. Après quatre ou cinq heures de sommeil, il s'éveilla, & se trouva dans le même endroit on il s'étoit couché. Et bien, dit-il à Gassendi, vous devez être content de la façon dont le bouc vous a reçu. C'est un honneur considérable que celui d'avoir été admis dès le premier jour de votre réception à lui baiser le derriere. Il raconta toutes les histoires qu'on débite sur ces prétendus sabbats.

Gassendi, touché de l'état de ce malheureux, le défabula de son erreur. Il fit en sa présence l'expérience de son baume sur un chien à qui il en fit avaler, & qui bientôt après s'endormit. Le berger fut mis en liberté. Apparemment il détrompa ceux de ses confreres qui croyoient les mêmes impostures.

Autrefois on brûloit en France ces prétendus magiciens. Les prêtres qui publioient avoir le droit de chasser les démons, & à qui ce pouvoir donnoit un grand crédit, favorisoient cette opinion. On ne voyoit que démoniaques, & que possédés: tout étoit plein d'enchantements. On eût dit qu'on étoit dans le tems des Amadis. Peu-à-peu le mensonge fut connu: le nuage qui éclipsoit la vérité se dissipa; & l'on n'eut plus de foi à ces fourberies. Plusieurs parlements déciderent qu'ils ne croyoient point qu'il y eût des sorciers: lorsqu'ils jugèrent quelques-uns de ces imposteurs, ils les punirent comme des fourbes, & non pas comme des magiciens. La conduite des gens d'esprit fit ouvrir les yeux à bien des personnes. Actuellement le crédit des astrologues, magiciens, diseurs de bonne-aventure ne s'étend pas au-delà des femmes & du menu peuple.

Porte-toi bien, mon cher Jacob; & déplore avec moi l'imbécillité du vulgaire.

De Paris, ce...

***

[Pages a222 & a223]

LETTRE XXI.

Aaron Monceca à Jacob Brito.

J'ai répondu amplement aux premiers articles de ta derniere lettre. Je vais te communiquer les réflexions que j'ai faites sur les autres.

Si tu vivois à Paris, & que les moeurs des filles de l'opéra te fussent connues, tu ne condamnerois plus les Romains de ne point en souffrir dans leurs spectacles. Tu te récries sur trois cent courtisannes qui sont à Rome, & sur la dureté qu'il y a de priver des hommes du bonheur d'être peres, pour leur rendre la voix plus belle, & suppléer par-là au défaut de chanteuses. Je n'approuve point ces coutumes; mais je soutiens qu'elles sont moins pernicieuses à l'état que les filles de l'opéra. Deux danseuses ou deux chanteuses dans les choeurs, causent plus de trouble & de scandale, font plus faire de banqueroutes aux marchands, de dettes aux seigneurs, & de filouteries aux enfans de famille, que les trois cent courtisannes dont tu te plains. En approfondissant ce que je te dis, il te sera aisé d'en connoître la vérité.

Qui sont les gens qui fréquentent les filles publiques de la rue Longare & de la rue Serene? Peu de personnes en état de faire une certaine dépense, & nées dans un rang distingué, s'abaissent jusqu'au point de se laisser entraîner à de pareils excès. S'ils voient ces sortes de femmes, le commerce qu'ils ont avec elles n'est point de durée, & ne peut porter préjudice ni à leur honneur ni à leur bourse. Le peuple, les gens d'une naissance obscure, quelques bourgeois débauchés, peuvent tomber dans leurs piéges: encore le cas n'arrive-t-il pas souvent. L'horreur qu'inspire le métier infâme des courtisannes est un préservatif contre leurs attraits & leurs charmes. L'idée que le public a de leur caractere les rend moins pernicieuses à la société: l'on hait ordinairement le vice qui ne sait pas se couvrir des apparences de la vertu. La feinte & l'artifice sont les talens dans lesquels les filles de l'opéra excellent. Leur profession les met à même de voir bonne compagnie. Elles savent, sous un maintien déguisé & un air de modestie, couvrir un coeur dévoré de l'amour des richesses, & dépouillé des sentiments de la vertu quelles regardent comme une gêne importune.

[Pages a224 & a225]

Elles ont des manieres aimables. Le vice chez elles est semblable à un serpent caché dans une corbeille de fleurs. Ceux qu'un long usage a rendu savans dans leurs maximes, ne se laissent point toucher à ces appas extérieurs. Ils connoissent trop le fond de leur coeur pour être la dupe de leurs artifices. Mais un nombre de jeunes gens sans expérience, de vieillards sans jugement, donnent dans le piége qu'on leur tend. Ils sont d'autant plus difficiles à éviter, que ces sortes de femmes savent prendre le caractere qu'elles veulent. Prothée ne sut pas se déguiser sous un plus grand nombre de différentes formes qu'une fille de l'opéra.

A-t-elle envie de duper un vieillard, elle affecte pour tous les jeunes gens un mépris souverain. Elle se récrie sur l'imprudence des femmes qui s'abandonnent à l'indiscrétion d'un étourdi; elle loue la prudence d'un homme d'un certain âge. Elle proteste qu'elle ne pourroit être sensible que pour quelqu'un dont les années eussent mûri le jugement.

Veut-elle plaire au contraire à quelque petit-maître, quiconque a passé trente ans, est pour elle un objet de plaisanterie. La jeunesse a seule le droit de charmer. Comment peut-on aimer un vieillard; quel goût trouve-t-on dans un amant sexagénaire? Elle danse, elle chante, elle folâtre: on diroit que les ris & les jeux ont fixé leur séjour auprès d'elle.

Si elle tourne les yeux du côté d'un riche partisan, c'est encore un manége différent. Elle affecte de mépriser quiconque n'est pas riche. A quoi sert, dit-elle à un fermier-général dont elle tire des sommes, l'amitié des jeunes seigneurs? A perdre une femme de réputation, & à la ruiner; loin de pouvoir lui donner de quoi vivre. Une personne sensée peut-elle aimer un homme, parce qu'il voit le roi, qu'il est colonel, qu'il fait une révérence de bonne grace? Je vous jure, ajoute-t-elle, qu'on est bien plus sensible aux bonnes manieres d'un homme qui sait donner à propos, & procurer une aisance nécessaire au bonheur de la vie.

Tu vois, mon cher Brito; combien il est difficile d'éviter d'être trompé par ces dangereuses syrenes. Elles ont de plus grands avantages que celles de la fable qui ne séduisoient que par l'ouie.

[Pages a226 & a227]

Celles-ci charment par les oreilles (1) & par les yeux (2).

[(1) Le chant.
(2) La danse.]

Lorsqu'un mortel a été assez malheureux pour tomber dans les piéges de ces enchanteresses, il est perdu & renfermé dans un labyrinthe dont il ne sort plus. L'adresse, la fourberie, les faux-sermens, le feinte, le désespoir simulé, la fausse assurance d'une tendresse éternelle, sont des détours dans lesquels il ne sauroit se retrouver.

Le talent de retenir un coeur dans ses chaînes, est réservé aux filles de l'opéra. Apperçoivent-elles que la jouissance & la tranquillité rendent leurs amans moins empressés, elles savent leur donner à propos de la jalousie; mais la dose en est si bien composée, qu'elles ne craignent point que le dépit fasse ce que l'inconstance auroit pu faire. Croyent-elles que leurs amans soupçonnent leur fidélité; aussi-tôt elles se noyent dans les larmes: les sermens les plus forts deviennent les garans de leur tendresse. Pour peu qu'elles voient que leurs pleurs ne font pas l'effet qu'elles en espéroient, elles se livrent au désespoir. On diroit que leurs jours ne sont pas assurés; & qu'on doit se défier de la fureur qui les anime. Un amant ne peut résister aux marques d'une passion si violente. Il revient aisément, avoue qu'il a tort, & joint de nouvelles chaînes aux premieres.

Les filles de l'opéra excellent encore dans l'art de ruiner leurs amans par les présens qu'elles en exigent. C'est une science qu'elles possédent en perfection. Elles ont fait de leurs rapines un art qui a ses regles: les vieilles chanteuses des choeurs sont les professeurs qui enseignent aux nouvelles venues ses préceptes & ses maximes. Lorsqu'elles veulent un diamant, un habit, une coëffure de dentelle d'Angleterre, elles vantent adroitement quelqu'un de ces bijoux ou de ces nippes qu'elles ont vû à une de leurs amies. Monsieur le marquis de ***, disent-elles, a fait présent à la Hermance d'un diamant; & monsieur le comte de * * * a donné à la Campoursi un habit superbe. Ces femmes sont en vérité bienheureuses. Je ne sais pas si c'est leur fidélité qu'on récompense; mais, je crois que si leur tendresse n'étoit payée qu'au juste prix, leurs amans seroient dispensés de faire ces présens.

Un homme amoureux, & qui craint souvent d'être déplacé, comprend aisément toute la force de ce discours.

[Pages a228 & a229]

Il envoie le lendemain un habit pareil à celui de la Campoursi; & ce second habit occasionne le don d'un autre à toutes les filles de l'opéra. Il semble que ce soit une taxe générale qu'elles aient chacune imposé à leurs amants. Cependant la dépense qu'ils font ne les assure pas du coeur de ces créatures. Elles reçoivent de toutes mains; quand elles trouvent l'occasion favorable, leur vertu ne s'effarouche pas. Elles prennent grand soin que ces sortes d'aventure soient cachées à leurs adorateurs. Elles ne voudroient pas pour un gain passager, perdre un profit continuel; mais lorsqu'elles sont assurées d'un secret, ou qu'elles croient l'être, leur marché est bientôt conclu. Je vais te raconter une histoire à ce sujet.

Une danseuse nommée la Prévôt, avoit un amant (1) qui tenoit un rang distingué dans le monde & qui l'accabloit de bienfaits.

[(1) Le bailiff de M***.]

Un provincial nouvellement arrivé à Paris, la vit à l'opéra. Il en devint éperdument amoureux. Il alloit tous les jours voir danser l'objet dont il étoit charmé; & tous les jours sa blessure devenoit plus profonde. Il fut bientôt réduit en un état pitoyable. Il ne vit plus ses amis; il évitoit tout ce qui pouvoit le distraire de son aimable maîtresse, & n'avoit d'autre consolation que l'espérance de voir arriver l'heureux moment ou l'opéra commençoit. Au sortir du spectacle, il se livroit à sa mélancolie. Un de ses amis le pria de lui apprendre la cause de ses chagrins. Le coeur se soulage à se plaindre: le provincial avoua qu'il étoit amoureux de la Prévôt. L'impossibilité, ajoûta-t-il, que je vois à pouvoir jamais être heureux me rend insensible à tous les bien de la vie. Calmez-vous, lui répondit son ami, vos maux ne sont pas sans remede, je connois une fille des choeurs. Je lui parlerai demain en votre faveur; peut-être serez-vous plus heureux que vous ne pensez. Au reste, vous ne devez point espérer de pouvoir vous déclarer amant de la Prévôt. Elle est aimée d'un seigneur; mais si vous vous contentez d'un seul rendez-vous, & que vous ne regrettiez pas cent louis, je crois votre affaire sûre. Le provincial consentit à ces conditions. L'ami les proposa à la fille des choeurs, & la fille des choeurs à la Prévôt. L'adroite confidente s'acquitta à merveille de son ministere. Il y avoit six louis pour elle si le rendez-vous étoit accordé. Aussi le fût-il. Le provincial donna les cent louis d'or, comptés dans une bourse.

[Pages a230 & a231]

Il eut depuis neuf heures du soir jusqu'à huit heures du matin, l'objet de ses voeux à discrétion. Apparemment il tâcha de gagner ses cent louis, & de mettre le tems à profit. La jouissance le rendit content. Il retourna satisfait dans sa province. Cette aventure donna du goût à la Prévôt pour tenter quelquefois semblable fortune; mais ses autres infidélités ne lui réussirent pas aussi bien. Son amant s'en apperçut: il l'abandonna entierement. Elle fit ce qu'elle put pour le faire revenir: & voyant que tous ses artifices étoient inutiles, elle eut l'impudence de lui demander le payement de certaines sommes, & de l'attaquer en justice réglée. Le crédit de l'amant fit cesser un procès aussi surprenant: cette affaire fut terminée dans la suite par des gens qui prirent soin de l'étouffer entierement.

Tu vois, mon cher Brito, que les courtisanes de Rome ne remuent pas de pareils efforts. Le mal qu'elles font toutes ensemble, ne sçauroit être égalé aux éclats & aux voleries d'une seule fille de l'opéra de ce pays. Heureux ceux qui fuient avec soin la connoissance de ces pernicieuses enchanteresses, & dont les moeurs pures ne sont pas souillées par leur commerce.

Porte-toi bien, mon cher Brito, & écris-moi si tu resteras encore long-tems à Rome.

De Paris, ce...

***

LETTRE XXII.

Aaron Monceca, à Isaac Onis, Rabbin de Constantinople.

Je t'ai fait un détail, dans ma derniere lettre, des différents états de ce pays. J'ai tâché de te donner une idée exacte des ecclésiastiques, des magistrats, des gens d'affaires & du peuple. Il me reste à te parler des seigneurs & des courtisans. J'ai cru que le chevalier de Maisin pourroit suppléer aux fautes que le peu de tems qu'il y a que je suis à Paris pourroit occasionner. Comme je ne connois la cour que superficiellement, je l'ai prié de vouloir me communiquer ce qu'il en pensoit, il m'a donné un mémoire qui m'a paru assez nouveau. Tu sçais qu'on a jusqu'ici regardé le caractere des courtisans comme impénétrable. Il soutient qu'il est aussi aisé de lire dans le coeur du plus rafiné courtisan que dans celui d'un simple bourgeois. Quoique je ne sois point entiérement de son sentiment, je t'envoie son mémoire pour en juger par toi-même.

[Pages a232 & a233]

«Sur le caractere des Courtisans.

«On croit à Paris qu'on ne peut connoître la cour que par une étude pénible, & une habitude consommée de ses usages. Le bourgeois de la rue saint Denis se figure que le coeur d'un homme qui vit à Versailles, qui voit le roi, qui parle au ministre, est aussi impénétrable que les secrets les plus cachés de la nature. Il entend dire perpétuellement que la dissimulation est le talent des courtisans: & comme il ignore combien il est aisé lorsqu'on connoît les hommes, de s'appercevoir des passions qui les font agir; il pense qu'on ne peut lire à travers un voile qui déguise foiblement.

«Bien des gens qui ne connoissent la cour que sur le récit qu'ils en ont entendu faire, ou sur les portraits généraux qu'ils en ont lûs dans quelques livres, donnent également dans cette erreur. Mais il n'est pas besoin d'un grand usage pour être bientôt au fait des maximes de la cour, & du caractere de ceux qui la composent.

«Il en est des courtisans ainsi que des autres hommes. La nature ne les a pas formés d'un limon différent. Elle n'a pas choisi leur ame dans un autre magasin. L'éducation a changé & ajouté quelque chose à leur extérieur; mais l'intérieur chez eux est le même que chez nous.

«L'on trouve à la ville les vices & les vertus qui regnent à la cour; & quelque forme que prennent les passions, il est aisé au philosophe de les reconnoître.

«Pour avoir une idée juste de la cour, il faut l'examiner de deux vûes différentes. L'on apperçoit aisément alors que ce qu'on croit un mystere impénétrable ne vient que d'un préjugé qui empêche d'approfondir par soi-même une chose qui paroît au-dessus des lumieres ordinaires.

«La vertu, le mérite, la science & l'esprit, ce sont-là les premiers objets auxquels je vais m'attacher. Je parcourra ensuite les vices opposés à ces vertus. De cet examen résultera la preuve d'une parfaite ressemblance entre les hommes, dans quelque état que Dieu les ait placés. Il sera facile ensuite de conclure qu'il est aussi aisé de définir le vrai caractere d'un courtisan, que celui d'un autre homme.

[Pages a234 & a235]

«On inspire à tous les François qui sont nés au-dessus du menu peuple, les mêmes sentimens. Les parens, les précepteurs, leur répetent sans cesse, que l'honneur est le premier de tous les biens: que les richesses ne peuvent tenir lieu ni remplacer la perte de la réputation; qu'il vaut mieux mourir que de vivre deshonoré: qu'un galant homme, un bon citoyen doit aimer son roi, sa patrie. Un gentilhomme de campagne n'explique pas ces maximes à son fils, aussi pleinement & en aussi bons termes qu'un gouverneur les débite à un jeune duc & pair: mais il les lui répéte plus souvent, & prend peut-être plus de soin de les lui faire pratiquer. Deux cent mille livres de rente, dont le duc doit hériter, ne sont pas les raisons qui le déterminent à goûter ces instructions salutaires avec plus de plaisir que le noble qui n'a que le nécessaire & qui regarde la vertu comme une partie de son appanage. Ainsi le tempérament seul décide entr'eux du mérite qu'ils peuvent acquérir.

«Quant à l'esprit & à la science le courtisan, quelque riche qu'il soit, n'a aucun avantage sur le simple particulier. Un bourgeois fait étudier son fils sous les plus habiles rhétoriciens du royaume, sans qu'il lui en coûte un sou. Les écoles publiques sont faites pour tout le monde. La vivacité du génie, la disposition aux sciences, sont les seules choses qui déterminent l'avancement d'un jeune homme dans les belles-lettres. D'un marquis stupide, dix philosophes ne feront jamais un géometre; & de simples régens ont fait d'habiles gens du fils d'un savetier (1) & d'un chapelier (2).

[(1) Rousseau.
(2) La Motte.]

«Je crois que par l'aisance & la commodité que les peres de famille ont dans ce royaume pour l'instruction de leurs fils, l'éducation ne peut servir de raison à mettre une différence entre le mérite & la science d'un courtisan avec celle d'un homme qui n'a jamais vû ni le roi, ni les ministres. Si l'on peut prouver ce fait, il détruit le préjugé où l'on est, qu'il y a plus d'esprit, plus de délicatesse à la cour qu'à la ville.

[Pages a236 & a237]

«On sera forcé d'avouer que le goût d'un homme qui se nourrit de la lecture des bons livres, & qu'un maître habile forme de ses mains, n'a pas besoin pour l'épurer de rester tous les matins six heures dans l'antichambre d'un ministre, d'aller l'après-dîné étaler sa figure aux Tuileries, & de faire le fat le soir dans le chauffoir de la comédie. Pour mettre cette these en évidence, il faut avoir recours à l'expérience.

«Parmi les génies supérieurs, & les grands hommes qu'a produit le siecle de Louis XIV, non-seulement dans les sciences, mais même dans l'art de la guerre, à peine la postérité se souviendra-t-elle du nom de cinq ou six de ceux, qui nés dans un rang éminent, n'ont dû leur grandeur qu'à leur naissance. Elle lira avec étonnement les actions du grand Condé, & s'instruira avec soin de celles du Vicomte de Turenne. Elle proposera pour modele des généraux le duc de Vendôme. Mais opposons à ce petit nombre qui passera à l'immortalité, cette foule de grands hommes qui se sont élevés par leur seul mérite, Catinat, Vauban, Laubanie, Louvois, Colbert, le maréchal de Villars enfin, aussi utile à la France, que le vainqueur d'Annibal le fut à sa patrie.

«Si de la vertu & de la valeur nous passons au génie, à peine trouvera-t-on à la cour deux écrivains. Bussy, la Rochefoucault feront-ils un juste équilibre à Corneille, Boileau, Racine, la Fontaine Moliere, la Bruyere, Fontenelle, Renard, & tant d'autres enfin, dont les noms seuls formeroient un volume, en ne comprenant même que ceux qui ont écrit des matieres qui concernent uniquement les belles-lettres?

«L'on ne sçauroit dire que ces auteurs aient formé leurs goûts à la cour. C'est à eux seuls, & à leurs talens, qu'ils en sont redevables. Lorsque Corneille fit le Cid, les Horaces, Cinna, Pompée, & tira le théâtre François du cahos où il étoit; il consulta les Latins; il étudia les esprits du siécle d'Auguste, & point du tout le génie des petits-maîtres. Racine prit dans Sophocle & dans Euripide l'idée de la plûpart de ses tragédies: & s'il sçut si bien émouvoir & toucher les coeurs, c'est à la nature, qu'il connut parfaitement, qu'il en est redevable. Moliere eut plus d'obligation à la cour: elle lui fournit nombre d'originaux; mais il trouva à la ville le même avantage. Ses meilleures piéces sont des caracteres formés sur de simples particuliers. Le Tartufe, l'Ecole des Femmes, les Précieuses ridicules, les Femmes sçavantes, sont des sujets pris sur les moeurs de Paris & du royaume entier.

[Pages a238 & a239]

«L'esprit est un don du ciel. Le rang & la naissance ne sçauroient en procurer à ceux à qui Dieu en a refusé. Ainsi, lorsqu'un bourgeois a eu une éducation convenable, qu'il a été élevé par des gens dont le goût est sûr & délicat, il peut profiter des leçons de son maître aussi aisément que le fils d'un souverain. Voilà donc le génie & le mérite également partagés à tous les différens états.

«Voyons si le grand seigneur a plus d'avantage pour éviter les vices. J'ai déja fait voir au commencement de ces réflexions, que, par les principes qu'on inspire aux enfans, les mêmes préceptes sont expliqués & recommandés aux bourgeois comme aux nobles. Ainsi, il ne reste plus que d'examiner dans quel état, les occasions sont plus à craindre.

«Un Parisien qui vit content dans sa maison d'un bien honnête qu'il a reçu de ses ayeux; qui soigneux de le conserver sans l'augmenter par des lésines, ne cherche point à le dissiper par de vaines dépenses; est-il au même risque qu'un seigneur à qui cent mille écus ne suffisent pas pour la moitié de l'année? Il dépense cinquante mille écus de plus que son revenu; & avec des biens immenses, il est plus pauvre que celui à qui mille écus suffisent pour son entretien. Une honnête médiocrité n'entraîne point après elle ni les bassesses de la misere, ni les dépenses folles de la richesse.

«Un homme qui sçait se contenter & se fixer, méprise le droit d'emprunter & de ne point payer par le privilége d'un grand nom ou d'un emploi qu'on respecte. Il n'est point à charge aux tailleurs, aux selliers, à trente domestiques qu'il nourrit du bien d'autrui, & auxquels il doit leurs gages. Il auroit honte de flatter un fermier-général, pour obtenir de cette sangsue du peuple quelques onces du sang dont il s'est engraissé.

«S'il est donc vrai que le grand seigneur, malgré sa noblesse, n'ait ni plus d'esprit ni plus de vertu que le bourgeois; qu'il soit plus exposé que lui aux passions; pourquoi sera-t-il plus difficile à connoître? Est-ce à cause de cette profonde dissimulation, qu'on prétend être le talent de la cour? Mais cette dissimulation ne se trouve-t-elle pas à la ville? Si le même esprit s'y rencontre, pourquoi ne sçaura-t-on pas s'y contraindre? On le fera même plus aisément, puisqu'on sera agité par moins de passions.

[Pages a240 & a241]

«Malgré les feintes caresses, les embrassemens redoublés, les compliments recherchés que se font les courtisans, il n'en est aucun qui ne sache à quoi s'en tenir sur le compte de ceux qui croient le tromper. La dissimulation de la cour vient plutôt de l'habitude que du raisonnement, & tel homme passe pour un grand politique qui de sa vie n'a su pourquoi il méritoit cette réputation.

«Dans tous les états, les hommes étant à peu près semblables, il est bien aisé aux philosophes de percer le voile qui semble couvrir les replis du coeur d'un grand seigneur. Aussi crois-je qu'on trouvera justes les définitions que j'ai faites de leurs différens caracteres.

«Je distingue les courtisans en trois classes. Les uns sont aimables; les autres ont le génie médiocre; les derniers n'ont de commun avec les autres que les habits, les équipages & les domestiques.

«Le nombre des seigneurs doués d'un mérite distingué est le plus considérable. Il en est cependant plusieurs dignes de l'estime des honnêtes gens: ils ne sont point enivrés de leur vaine grandeur. Ils ne croient pas que la naissance donne de l'esprit & du mérite. Ils cultivent les belles-lettres, & recherchent avec empressement l'approbation & la société des gens qui s'y distinguent.

«L'un (1) s'applique à la lecture des philosophes. Savant pour lui seul, & soigneux de cacher son savoir, il est dans son cabinet aussi bon métaphysicien qu'amant tendre auprès de sa maîtresse.

[(1) Le comte de Forcalquier.]

«L'autre (2), d'un esprit vif & juste, dans un âge encore peu avancé, remplit dignement une des places destinées aux quarante premiers génies du royaume.

[(2) Le duc de Villars.]

«Un troisieme (3) est le protecteur des beaux-arts; & comme les sciences sont enchaînées entr'elles, il les possède toutes.

[(3) Le duc de Mortemart.]

[Pages a242 & a243]

«Un autre (1) a le goût délicat & l'esprit vif & judicieux.

Parmi des courtisans illustres, le neveu d'un grand Ministre (2) tient un rang distingué, & il joint un esprit brillant à une aimable figure.

[(1) Le duc de Vaujour.
(2) Le duc de Richelieu.]

«La seconde classe des courtisans est plus nombreuse que la premiere. Elle est composée de ceux qui, secourus de l'usage du monde, & de la lecture de quelques romans, tâchent, en parlant peu, en souriant à propos, en plaçant heureusement un trait qu'ils auront appris par hasard d'acquérir la réputation d'avoir de l'esprit. Ils en imposent aux ignorans qui composent la troisieme classe.

«Le mérite de ceux qui sont dans ce dernier rang consiste à connoître les quartiers en Champagne où l'on fait le meilleur vin mousseux. Ils savent les aventures & intrigues de quelques femmes, & l'opéra qu'on doit jouer le mois prochain. Il y en a qui poussent même l'étendue de leurs connoissances jusqu'à lire le mercure galant. Leur vie est aussi une uniforme que le cours du soleil. Le matin, ils se promenent dans l'antichambre des ministres: le reste de la journée, ils le passent à table, au jeu ou aux spectacles. Ils se rendent au souper du roi: après quoi ils vont se mettre à table jusqu'au jour. Les actions les plus brillantes de la journée se réduisent à quelques révérences faites de bonne grace, à quelque coup-d'oeil gracieux. Si à de si grandes qualités, ils ajoutent un couplet de chanson chanté dans le goût de la Petit-Pas, ils plaignent alors les gens qui ne sont pas doués de talens si rares. La cour seule peut former le goût; & ce sont eux qui la composent. Il est défendu, sous de grieves peines, à tout homme qui ne peut pas joindre un titre à son nom, d'avoir de l'esprit & de penser juste.

«Quelque différence qu'il y ait entre les trois sortes de caracteres que je viens de dépeindre, ils se rassemblent pourtant tous les trois dans l'envie & le dessein de plaire au souverain. On peut, en général, définir le courtisan un caméléon, ou le singe de son maître; triste, gai, dévot, débauché, toujours prêt à tout. Imitateur servile des vertus & des défauts du prince, on diroit que mille corps sont animés par un seul esprit.

[Pages a244 & a245]

«On voit encore un nombre de personnes à la cour qu'il ne faut point confondre parmi la foule des courtisans. Ce sont ceux que leurs charges & leurs emplois attachent auprès du souverain. C'est un état qu'il faut distinguer du courtisan désoeuvré. Le mérite ordinaire est le partage de ces derniers; & les affaires dont ils sont chargés exigent qu'ils joignent la capacité à l'expérience.»

Je crois, mon cher Isaac, que ces réflexions pourront te plaire. Je prierai quelquefois le chevalier de Maisin de vouloir me communiquer ses idées, & sur-tout dans les matieres que je ne serai point à même d'approfondir avec autant de justesse que lui.

Porte-toi bien, mon cher Isaac, & que Dieu te comble de bienfaits.

De Paris, ce...

***

LETTRE XXIII.

Aaron Monceca, à Isaac Onis, rabbin de Constantinople.

Je t'ai promis dans ma derniere lettre de te parler des ministres, des secrétaires d'état & des autres personnes que leurs charges attachent à la cour, & qui n'y sont point dans la seule qualité de courtisans.

Les rois de France n'élevent ordinairement au ministere que des gens d'un génie éminent, & qui leur sont entiérement dévoués. Ils ne leur donnent point cette autorité despotique que les sultans, accordent aux visirs. Les monarques François prennent des ministres pour les aider dans l'expédition des affaires, & non pas pour partager leur pouvoir avec eux. Non-seulement le ministre ne peut faire mourir personne de son autorité, mais il est obligé de rendre compte au roi des ordres qu'il donne pour arrêter les particuliers qui tiennent quelque rang distingué. Un visir à Constantinople peut impunément faire périr un homme qui lui déplaît. A Paris, le roi même n'use point d'un droit aussi tyrannique: lorsqu'un de ses sujets a mérité la mort, il le fait condamner par des juges qui instruisent son procès.

[Pages a246 & a247]

Depuis Henri IV, les personnes qui ont été employées dans le ministere jusqu'à ce jour, ont presque toutes été douées d'un génie supérieur. Les plus grands & les plus illustres ont été tirés de l'ordre des ecclésiastiques (1).

[(1) Le lecteur s'apperçoit sans doute, que, dans le nombre de ces habiles ministres, on n'a pas eu l'intention de comprendre Chamillard & le cardinal Dubois.]

Sous Louis XIII, le cardinal de Richelieu, esprit vaste, génie supérieur, grand dans la prospérité, intrépide dans l'adversité, malgré son état, aussi bon général d'armée qu'habile ministre dans le cabinet, ami intime, ennemi irréconciliable, amateur zélé des sciences & des arts, commença de jetter les fondemens de la grandeur à laquelle atteignit Louis XIV.

Le cardinal Mazarin éleva l'enfance de ce monarque. Il lui rendit des services dont ce prince conserva toujours le souvenir. Ce ministre n'eut pas toutes les vertus du cardinal de Richelieu son prédécesseur; mais aussi n'en eut-il pas les défauts. Il vécut dans un tems rempli de trouble & de divisions, & n'étoit appuyé que par l'autorité d'un roi encore mineur. Il avoit à combattre les princes du sang, & presque tous les grands du royaume. Il fit par sa politique rafinée, ce que le cardinal de Richelieu eût fait par sa fermeté; & après plusieurs infortunes, il mourut regretté de son maître, craint de ses ennemis & estimé de ceux qui l'avoient plus haï.

Le seul mérite éleva Colbert & Louvois au rang qu'ils occuperent. Ils furent ennemis l'un de l'autre tant qu'ils vécurent; & cette inimitié contribua au bonheur de leur maître. Ils s'efforcerent mutuellement de gagner son estime, & se surpasserent dans ce qui regardoit leur ministere & leur emploi. Attentifs à s'observer, ils se servirent d'aiguillon. L'un (1) fut grand dans le détail du militaire, & habile dans les négociations étrangères. L'autre (2), consommé dans la conduite des affaires de l'intérieur du royaume, fut le protecteur des sciences, & des arts.

[(1) Monsieur de Louvois.
(2) Monsieur de Colbert.]

Tous deux inimitables dans leurs qualités, & dont les talens réunis eussent produit un ministre parfait.

[Pages a248 & a249]

Celui d'aujourd'hui s'appelle le cardinal de Fleury. Rien ne m'oblige à le flatter; mais il en est peu qui méritent des éloges plus purs. Il forma lui-même les moeurs de son souverain dès la plus tendre enfance; il a fait du plus grand roi du monde, le plus honnête-homme de l'univers: caractere rare chez les princes à qui la vertu, la piété & la candeur paroissoient souvent des vertus ridicules. L'Europe entiere lui a rendu la justice qu'il mérite: les ennemis du royaume sont forcés d'avouer que depuis le cardinal de Richelieu, jamais le ministere de la France n'a été conduit avec autant de secret, de prudence & de bonheur.

Il est encore des ministres qui ont un rang inférieur au premier. On les appelle les secrétaires d'état. Ces places sont ordinairement remplies par des gens d'un génie supérieur. On tâche de choisir parmi les habiles gens de l'état les plus propres à occuper des charges aussi importantes. La nécessité qu'il y a que celui qui occupe une place de cette importance, soit capable de soutenir le poids des affaires, empêche les souverains de se déterminer uniquement par goût & par amitié.

Les courtisans en général sont aussi bas & timides devant les ministres, qu'ils sont pleins de hauteur & de confiance avec les gens qui leur sont inférieurs. Malgré leur fierté, ils s'accoutument à une vie qui se passe dans une antichambre ou dans une galerie. Il est vrai qu'ils rendent avec usure à ceux qui sont assez malheureux pour avoir besoin d'eux, la douleur qu'ils ont d'être obligés de ramper. Ils se récompensent à la ville par des airs hautains, ridicules & insupportables, des mortifications qu'ils essuyent à la Cour.

Quelque vanité qu'ait un grand, il se trouve petit à la cour. La majesté souveraine éclipse les autres grandeurs. Lorsqu'il prend à un particulier quelques mouvemens violens d'ambition, je lui conseille, pour se guérir de cette passion, d'aller au souper du roi. Il apperçoit dans un état si bas & si humilié, ces personnes dont il a envié les grades & les honneurs: il les considere dans une situation si différente de celle où il les voit ordinairement, que pour peu qu'il réfléchisse, il n'enviera pas le frêle bonheur de trancher du souverain pendant la moitié de la journée pour devenir esclave pendant l'autre.

[Pages a250 & a251]

La présence du prince, ou du premier ministre, change les traits & la physionomie de beaucoup de courtisans. On a peine à les reconnoître. Plus ils sont naturellement fiers & superbes, plus leur contenance paroît avilie. La contrainte qu'ils souffrent, & leur grandeur anéantie, augmente leur embarras. Si on rencontre certain courtisan hors de la vue du souverain, il ne salue plus, ou du moins que légérement. Il vous appelle, il vous parle, il vous interroge, sans daigner vous regarder. Il vous fait sentir par le ton haut & impérieux avec lequel il vous parle, qu'il est infiniment au-dessus de vous. Il se fait entourer, & au milieu d'un cercle, il décide, condamne, approuve, prend du tabac, regarde sa montre, & fait mention de ses équipages. Le prince arrive par hazard: sa présence fait tomber toute cette ridicule grandeur: le protée change de figure, baisse la voix, & devient humble. Le souverain s'éloigne-t-il? Il retourne à son ancienne forme: il se rassure sur ses pieds, hausse les épaules & veut décider de nouveau. Plein de confiance avec ceux qui n'ont pas de génie, timide avec les gens d'esprit, il parle de guerre à un ecclésiastique, de mathématiques & de fortifications à un jurisconsulte, de philosophie à un officier.

Ce caractere plein de vanité & de présomption, est une des raisons principales de la réserve & de la retenue des ministres à ne point se livrer à cette foule de courtisans. Ils perdroient bien-tôt leur autorité, s'ils étoient moins attentifs à en faire sentir l'étendue. L'honnête familiarité, la cordialité ne peut être employée dans le commerce & la société d'un homme, qui, ne pouvant se tenir dans un juste milieu, ou rampe comme un esclave, ou trance du souverain.

Les mahométans ont pour leurs ministres autant de respect & d'attention que les François; mais ils n'emploient point pour leur plaire ses basses flatteries qui sont si communes dans ce pays. Quelque pouvoir qu'ait un visir, & quelque rang que sa charge lui donne au-dessus de simples officiers, ils ne lui font point une cour servile: ils lui rendent les honneurs qui lui sont dûs, & conservent dans leur soumission un air de grandeur mêlé de modestie. Les Turcs dans toutes leurs actions observent une certaine bienséance qui prévient les gens en leur faveur.

[Pages a252 & a253]

Un courtisan paroîtroit à Constantinople un homme d'un caractere surprenant & indéfinissable. Il y a une différence infinie entre la cour de France & celle de la Porte. Les gens attachés auprès de la personne du sultan, par leurs charges & leurs emplois, ne le voient uniquement que pour régler les affaires dont ils sont chargés. Cette foule d'eunuques, de capigis, de bostangis, & d'autres personnes destinées pour le service du serrail, ne sont qu'un ramas de domestiques & de gardes. Ainsi l'on peut dire qu'il n'est point de courtisan attaché auprès du grand-seigneur. Il choisit quelquefois parmi ses visirs, ou bachas, un ou deux favoris: ce sont là les seules personnes qui le voient, sans qu'ils s'agissent de régler quelque chose qui concerne leur jurisdiction. Toute sa cour se réduit à quelques eunuques noirs, quelques muets & quelques nains. Pour des dames, il y en a peut-être autant qu'en France; mais elles sont plutôt les esclaves de deux ou trois favorites, que leurs compagnes & leurs égales.

La maniere de vivre des sultans a quelque chose de sombre & de solitaire. Il sont enfermés dans leurs palais. La plupart ne se montrent au peuple que dans certains jours. Esclaves de leur propre grandeur, ils ressemblent aux idoles nazaréennes dont je t'ai parlé, qui ne sortent de leur étui que par la permission de leur gardien.

Les monarques François vivent d'une maniere bien différente. Ils mangent en public; ils se montrent aussi familiérement qu'un simple particulier. Ils parlent à ceux de leurs sujets qu'ils aiment. Comme ils savent qu'ils sont infiniment au-dessus de tout ce qui respire dans le royaume, ils dédaignent la ridicule vanité de vouloir affecter un cérémonial qui les gêneroit, & qui n'augmenteroit point leur autorité. Elle est beaucoup plus étendue que celle des sultans, quoiqu'elle soit moins visible. Elle ne craint point de recevoir les atteintes auxquelles est exposé le pouvoir despotique du grand-seigneur.

On n'a jamais vu dans ce pays-ci la majesté du trône souillée par des affronts faits à la personne des souverains. Quelque révolte qu'il y eût dans le royaume, on a toujours respecté le prince (1); & ceux mêmes qui portoient les armes contre lui, affectoient de publier qu'ils n'en vouloient ni à sa personne, ni à son autorité.

[(1) Cela a besoin d'explication: car le moine Jacobin qui assassina Henri III, le jésuite Guignard, Jean Chastel & Ravaillac qui conspirerent contre la vie de Henri IV, n'ont guere respecté la personne des souverains. Il faut donc supposer qu'Aaron Monceca n'entend parler que des chefs de différens partis.]

[Pages a254 & a255]

Ils couvroient leurs crimes du prétexte de défendre la religion ou de se garantir des vexations des ministres. A Constantinople, les janissaires, dans leurs premiers mouvements ont déshonoré le sang Ottoman même, pour lequel ils ont une si profonde vénération. Les infamies que cette insolente milice fit souffrir au malheureux Osman, révoltérent une partie de l'empire; & le sang de plus de dix mille janissaires put à peine assouvir l'indignation des amis de ce prince infortuné.

J'ai souvent réfléchi sur ce qui pouvoit occasionner ces mouvements, & ces fréquentes révoltes; j'ai cru que la puissance despotique des sultans en étoit la cause. Le grand seigneur n'assemble point son conseil pour mettre un impôt. Il n'a pas le soin de le faire enrégistrer dans l'assemblée des Cadis. Il ordonne sans consulter, & fait exécuter par son visir. Ainsi le peuple le croit le seul auteur de ses malheurs. Sa haine ne s'étend tout au plus que jusqu'au visir, comme un ministre & favori du prince.

Dans les pays monarchiques, l'inimitié des peuples tombe rarement sur le monarque. Elle s'attache à cinquante objets différents avant de parvenir jusques à lui. Les gens d'affaires, les traitans, les fermiers généraux, les conseillers d'état, les ministres sont ceux à qui l'on attribue les principaux malheurs publics. Lorsque la haine tombe sur tous ses sujets différens, elle s'affoiblit, & ne porte point à ces excès criminels qui ont coûté la vie ou la liberté à tant de sultans détrônés.

Je t'avois prié de vouloir m'apprendre s'il étoit vrai qu'Osman bacha fût mort. Je n'ai reçu aucune de tes nouvelles. Je serois curieux que tu m'éclaircisses là-dessus. On regarde ici ce bacha comme un homme fort extraordinaire. Il est estimé de quelques particuliers; mais généralement on désapprouve ses moeurs, sa conduite & son changement de religion. Les gens du monde conviennent qu'il a de l'esprit infiniment: les moines lui refusent jusques aux notions les plus simples. Quoique leur caractere de partialité occasionne leur jugement,je leur pardonne en faveur du crime qu'ils condamnent.

[Pages a256 & a257]

Un galant homme doit vivre & mourir dans la religion où le ciel l'a fait naître. Il n'est excusable d'en changer que lorsqu'il est dans l'erreur. Quelques infortunes, quelques traverses qu'on essuie, rien ne doit nous ébranler. Tu sais que je t'ai dit cent fois que les querelles, les chagrins & les désagrémens qu'Osman avoit eus ne me paroissent point une cause légitime pour autoriser son changement. Je n'ignore pas que ceux qui ont voulu l'excuser, ont dit qu'il n'étoit ni nazaréen ni mahométan. En lui accordant ce point, il résultera toujours qu'il étoit obligé de faire par honneur, ce qu'il ne faisoit pas par religion.

Porte-toi bien, mon cher Isaac, & que de toi puisse naître une postérité nombreuse.

De Rome, ce...

***

LETTRE XXIV.

Aaron Monceca, à Isaac Onis, rabbin de Constantinople.

J'ai lu avec attention le mémoire du secrétaire d'Osman bacha. J'ai reconnu, ainsi que toi, cette haine que les nazaréens & les mahométans ont contre nous. Il n'est rien de si aisé que de répondre aux objections qu'on nous fait sur l'interruption de nos cérémonies, & sur la circoncision en Espagne.

Le premier de nos préceptes est puisé dans la loi de la nature, qui nous permet de garantir nos jours par des précautions & des prévoyances qui n'attaquent point directement la divinité. Nos docteurs ont pu nous dispenser d'une coutume dans une nécessité pressante. Ce n'est point l'extérieur qui fait la religion: c'est la foi, la croyance & les sentimens de l'intérieur. Les cérémonies doivent être observées, lorsqu'on est en état de le pouvoir faire sans risquer sa vie & celle d'un millier d'innocens; mais lorsqu'il s'ensuit un danger aussi évident, on peut en suspendre la pratique. Il n'en est pas de même pour le fond de la religion; rien ne peut ni ne doit nous en dispenser. Les supplices les plus cruels ne doivent pas nous ébranler. Lorsqu'un juif, par exemple, est cité devant le tyrannique tribunal de l'inquisition, quelque danger qu'il y ait pour lui d'avouer sa religion, il ne doit point balancer à s'en glorifier.

[Pages a258 & a259]

La majesté du tout-puissant seroit blessée par un mensonge & par une indigne foiblesse. Un fils peut-il désavouer son pere, & un pere à qui il est redevable de tant de bienfaits? Mais Dieu n'exige point qu'on coure au-devant des tourmens; il condamne ce zéle aveugle qui nous fait perdre une vie dont il nous a rendu dépositaires. Nous voyons plusieurs exemples dans nos livres qui prouvent la vérité de mon opinion. Nos peres dans la captivité qu'ils essuyerent, ne purent être ébranlés dans leur croyance. Cependant ils furent obligés d'abandonner & de suspendre bien des préceptes de leur ancienne discipline: ils durent même leur conservation au violement de ses préceptes; & le peuple juif fut redevable de son salut, à Esther, devenue femme d'Assuerus. Quoique ce soit une des principales & de nos plus inviolables coutumes, de ne point souffrir d'alliance entre le sang d'Israël & le sang impur des infideles; quelque peine qu'eût Esther de passer dans le lit d'un roi idolâtre; il fallut obéir: elle eût en refusant cet honneur, précipité les Israélites dans de nouveaux malheurs. La crainte des mêmes infortunes dispense aujourd'hui les juifs Espagnols de la circoncision: & je ne vois pas pourquoi ils ne sont pas en droit d'user des mêmes précautions que nos peres lorsqu'ils ont beaucoup plus à craindre qu'eux.

Les nazaréens nous ont fourni mille exemples de cette prévoyance, fondée sur la cessation de quelques-unes de leurs cérémonies. Du tems des persécutions qu'ils essuyoient sous les empereurs Romains, plusieurs craignant la mort & les supplices, s'enfuirent dans le fond des déserts, & y passerent le reste de leur vie seuls, & sans aucun commerce avec les humains. Il y en eut qui furent cinquante ou soixante ans sans voir aucun mortel. (1)

[(1) S. Bernard assure que S. Paul hermite resta pendant soixante ans dans un désert, où il fut nourri miraculeusement par un corbeau, qui chaque jour lui apportoit la moitié d'un pain. Eia, inquit Paulus... sexaginta jam anni sunt, quod accipio dimidii semper panis fragmentum. (Hieronimi Epist. de vitâ Pauli heremitae, lib. 3).Il est donc certain qu'il y a eu des saints qui se sont dispensés pendant toute leur vie de prendre part aux sacremens & aux fêtes de l'église. Les moines Dominicains, qui ont écrit la vie de Magdelaine ont suppléé à cet inconvénient.Ils disent que les anges venoient tous les jours apporter la communion à la sainte dans sa grotte. S. Jérôme, sans avoir recours au même expédient, auroit pu faire communier également S. Paul. Il lui en auroit coûté très-peu de chose de supposer que la moitié du pain qu'apportoit le corbeau, avoit été auparavant consacrée par un prêtre. Un mensonge un peu plus gros, ou un peu plus petit, ce n'étoit pas là une grande affaire.]

[Pages a260 & a261]

Cette solitude où ils s'étoient retirés, est une cessation de toutes les principales cérémonies auxquelles ils prétendent être inviolablement obligés. Comment pouvoient-ils assister le jour de leur sabba à leur office divin? Comment participoient-ils aux sacrements de l'Eglise? Car plusieurs d'eux n'étoient pas prêtres, & n'avoient point le droit de pouvoir en faire les fonctions. Ils avoient donc suspendu dans leur retraite l'exercice de toutes les cérémonies. On n'a pas laissé dans la suite du tems de les reconnoître pour saints.

Quant au reproche qu'on nous fait d'avoir un nombre de coutumes puériles, & qui ne sont point ordonnées par les préceptes fondamentaux de notre loi, j'avoue de bonne foi qu'il s'est introduit par la longueur des tems, bien des choses inutiles. Mais les nazaréens sont-ils en droit de nous critiquer, eux dont la religion est surchargée d'un si grand nombre de cérémonies inutiles? Je t'ai fait le détail de quelques-unes dans mes lettres précédentes. Les Turcs sont aussi peu fondés à nous opposer les mêmes raisons. Il est dans leur religion un tissu d'impertinences ou de cérémonies qui passent pour préceptes fondamentaux. Est-il rien de si ridicule que la danse & le tournoyement des dervis; que l'usage d'enterrer les morts, de façon que les bons anges puissent les prendre plus facilement; & que l'obligation du pélerinage de la Mecque & de Medine? Comme si Dieu punissoit un homme dans l'autre monde pour n'avoir pas fait six ou sept cent lieues pour aller voir le tombeau d'un autre homme, & que cette visite intéressât le ciel.

Si nous avons des coutumes & des rites inutiles, c'est un défaut qui nous est commun avec les autres religions. Heureux les docteurs qui en purgeront celle dans laquelle ils sont! Touchant ce ramas de superstitions, il faut que je t'avoue ma pensée. Nos rabbins ont introduit bien des sentimens, qui dans l'esprit des savans, font un tort considérable à notre loi. Quoique tu sois rabbin toi même, l'amitié & la familiarité qui sont entre nous, autorisent ma liberté. D'ailleurs, tu rejettes la plûpart de ces opinions ridicules; & si tu parois ea approuver quelques-unes, c'est plutôt par politique pour tes confreres, que par une véritable persuasion.

[Pages a262 & a263]

Que peut dire, que peut penser un philosophe, lorsqu'il lit dans nos auteurs (1) que Dieu, au commencement du monde, créa le cinquieme jour deux grandes baleines: qu'il en conserve une jusqu'à ce jour pour badiner & folâtrer avec elle; & qu'il préserve l'autre de la corruption dans de l'eau salée, pour servir de mets au festin, dont il régalera au dernier jour les gens de bien?

[(1) Pirke Eliez, chap. 9, pag. 11.]

N'est-ce pas donner une idée bien belle & bien noble du tout-puissant, que de le faire amuser avec un poisson, comme un enfant de six ans avec une poupée? Cet être souverain qui a existé pendant une durée immense; cet être infini, qui comprend tout, sans pouvoir être contenu, qui se suffit à lui-même, qui de rien créa tous les êtres; s'occupe à voir barboter un poisson, & à prendre soin d'en conserver un autre dans de l'eau salée, pour regaler les gens de bien! Je suis fâché que les rabbins aient fait servir à la table du tout-puissant une viande aussi peu délicate. Apparemment la quantité de gens qu'ils prévoyoient devoir être de ce repas, les a obligés de choisir le poisson le plus gros qu'ils connussent.

Le sentiment que plusieurs de nos docteurs ont sur l'étimologie du nom d'Eve (1) me paroît encore plus ridicule. Ils disent qu'il vient d'un mot qui signifie parler.

[(1) Lexicon Heb. Buxtorsii, pag. 228.]

Ils ajoutent ensuite gravement & dogmatiquement, qu'il est tombé du ciel douze corbeilles de babil, & que les femmes en ont recueilli neuf. Lorsqu'un homme, dont le génie est juste & sensé, vient à lire de pareilles fables, il se prévient contre une religion, dont les dépositaires sont auteurs de pareils contes, & fabricateurs de semblables chimeres.

L'exemple des nazaréens devroit nous instruire. C'est un ramas d'idées extravagantes, dont les moines avoient rempli leurs livres, qui fut la premiere cause de la séparation d'une partie de leurs freres. Pendant un tems le peuple fut la dupe de mille histoires ridicules: il n'étoit pas de freres-lai qui ne donnât au public quelques livres de sa façon, remplis d'idées grotesques. Plus elles avoient quelque chose de contraire au sens commun, & plus les ames foibles les trouvoient mystérieuses.

[Pages a264 & a265]

Les gens de bon sens se contenterent pendant un tems de se moquer en eux-mêmes de ces ridicules écrits. Dans la suite, l'imposture & la mauvaise foi étant poussées trop loin, plusieurs crurent que l'honneur & la piété vouloient qu'ils s'opposassent à ce torrent. Bien des savans employerent leurs plumes à désabuser ceux qu'on avoit séduits. Ils réussirent en partie: mais les moines voyant que la fin de leurs mensonges seroit celle de leur crédit, firent un effort pour qu'ils ne fussent pas découverts. Leur parti étant considérable auprès du souverain pontife, ils firent exclure de leur communion ceux qui leur étoient contraires. Malgré cette victoire, leur imposture fut bientôt connue. Le public avoit ouvert les yeux; & parmi ceux qui resterent dans leur croyance, plusieurs acheverent de désabuser le peuple. Il ne demeura dans l'erreur que quelques femmelettes & quelques ignorans.

Un des principaux ennemis de ces ridicules livres (1) fut surnommé le dénicheur des saints.

[(1) M. Baillet.]

Il en chassa plus du Paradis, que vingt pontifes n'y en ont pû placer. Les moines étoient au désespoir de voir l'autorité qu'il exerçoit sur ces prétendus bienheureux. Ils en étoient d'autant plus surpris, qu'il étoit de la croyance du souverain pontife, qui avoit pris la plupart de ces saints sous sa protection. Elle ne leur servit de rien: il leur fallut déguerpir du céleste séjour: & le pis pour eux fut que les raisons évidentes de leur adversaire convainquirent même les nazaréens les plus entêtés, & lui acquirent l'estime du souverain pontife. Tu seras peut-être curieux de savoir les principales actions de la vie de quelques-uns de ces illustres exilés.

L'un (1) resta quarante ans droit sur une colonne, ainsi qu'une statue. Il eut seulement pour se délasser le même privilege que les oyes, qui se tiennent tantôt sur un pied, tantôt sur l'autre. Avant qu'il fût déplacé, on l'invoquoit pour les maux de jarrets.

[(1) Simeon stylite.]

L'autre (2,) s'amusoit avec le démon: il savoit le réduire au point ou il vouloit; & un jour que cet esprit infernal avoit voulu s'émanciper avec lui, il le saisit par le nez avec des tenailles, & le châtia de façon que le diable ne voulut plus avoir aucun commerce avec lui.

[(2) Dunstan.]

[Pages a266 & a267]

Je ne finirois jamais ma lettre, si je t'écrivois tous ceux qui ont été déplacés. Ces deux premiers te donneront idée des autres.

Il seroit à souhaiter qu'il s'élevât parmi nos rabbins quelque docteur semblable au dénicheur nazaréen. Nous lui aurions l'obligation de ramener notre religion à sa premiere simplicité, & d'ôter à nos ennemis des armes dont ils se servent pour la combattre. Quelques peines & quelques oppositions qu'il trouvât d'abord, la vérité prendroit le dessus dans les suites; tôt ou tard on reconnoîtroit l'obligation qu'on lui auroit.

Porte-toi bien, mon cher Isaac, & ne parle à personne des sentiments que je dépose dans ton sein. Ils ne manqueroient pas de m'attirer la haine des idiots. Que le Dieu d'Israël te donne les richesses & la santé.

De Paris, ce...

***

LETTRE XXV.

Jacob Brito à Aaron Monceca.

Je dois partir demain, ou après demain, pour me rendre à Genes: ainsi c'est ici la derniere lettre que je t'écrirai de Rome. Les édifices modernes que j'ai vus dans cette ville ne le cédent ni pour le goût, ni pour la grandeur, aux bâtiments antiques. Le morceau le plus entier des anciens Romains est le Panthéon, autrefois le temple de tous les dieux, aujourd'hui celui de tous les saints. Une partie du colisée est détruite par la mauvaise foi du neveu d'un souverain pontife. Il demanda à son oncle la permission d'enlever du cirque, pendant vingt-quatre heures de tems, quelques pierres dont il avoit besoin. Il employa près de trois mille ouvriers ou paysans qui détruisirent dans cinq ou six heures une partie de cet édifice; & si l'on ne les avoit pas empêché de continuer, il eût été entierement démoli.

[Pages a268 & a269]

Ce n'est pas la seule fois que le népotisme a causé des dommages considérables à la ville de Rome. Elle est, comme je te l'ai déja écrit, perpétuellement en proie à l'avarice des avides neveux. Le feu pontife pensa priver l'Italie, & l'univers entier, des plus beaux morceaux qu'il y ait en peinture. Raphaël, ce fameux peintre qui remporta le prix de son art, a peint trois chambres dans le Vatican (1).

[(1) Ce sont les trois salles qui sont auprès des loges peintes par Raphaël.]

Il n'y a d'autres tapisseries dans ces appartements que les ouvrages qu'il a fait sur les murailles. Comme parmi quelques sujets tirés des histoires nazaréennes, il en est quelques-uns pris dans l'antiquité, le pontife voulut faire effacer ces chefs-d'oeuvres, pour y faire peindre l'histoire d'une paire de moines à qui l'on avoit expédié depuis peu un brevet de canonisation (2).

[(2) J'ai entendu dire à Rome, à plusieurs personnes, que ce pontife appelloit les tableaux de Raphaël, porcheria, une cochonerie.]

C'étoit un peintre de Bénévent qui devoit être le destructeur de ces morceaux parfaits. Heureusement quelques cardinaux ayant appris l'intention du pontife, s'opposerent fortement à ce dessein. Il se rendit à la fin, & consentit de ne point faire autant de mal à la ville de Rome, que les barbares qui l'avoient autrefois saccagée.

Les colonnes Trajane & Antonine sont les plus belles choses qu'ont épargné les malheurs arrivés à cette capitale du monde. On a placé sur toutes les deux la statue des deux principaux docteurs nazaréens. Les pontifes prétendent être leurs successeurs en droite ligne, & tenir d'eux leur infaillibilité. Mais ce qu'il y a de particulier, c'est que l'un de ces deux docteurs reprit l'autre, & qu'ils ne crurent jamais eux-mêmes être infaillibles, ayant expressément expliqué dans leurs écrits, que c'étoit Dieu seul à qui ce droit étoit réservé, & non à l'homme, qui n'est rien auprès de lui, dans quelque état relevé qu'il soit.

La sûreté & la justesse des décisions pontificales sont dans ce pays les articles les plus essentiels de la croyance des nazaréens. L'inquisition est attentive à assurer les maximes de ce dogme; lorsqu'elle a fait arrêter quelqu'un qui a osé soutenir le contraire, il est rare qu'elle se laisse fléchir, & ne le punisse de mort. Il seroit beaucoup moins dangereux à Rome d'offenser Dieu que le pontife. Un homme qui fait un péché mortel en est quitte en donnant un ou deux testons pour brûler de la cire en l'honneur de S. François: mais si quelqu'un refusoit de croire que les deux doigts allongés du pontife purifient un million d'ames à la fois, il seroit peut-être bien & duement brûlé en place publique; le tout par motif de conscience & de religion.

[Pages a270 & a271]

Les souverains pontifes nazaréens furent élus autrefois par les suffrages du peuple, qui cependant n'avoient lieu qu'autant qu'ils étoient confirmés par la volonté des empereurs. (1)

[(1) Le nom de sainteté, qu'on donne aujourd'hui au pape seul, étoit commun autrefois à tous les évêques. La cour de Rome a grand tort de vouloir faire valoir ce titre comme une marque de son indépendance des princes: car, il est constant et avéré, par toutes les histoires, que, plus de trois cents ans après Constantin, les empereurs de Constantinople ont toujours eu le droit de confirmer l'élection des papes. Quant au nom de sainteté, anciennement il étoit donné à tous les évêques. «Ce mot, dit Pasquier, fut spécialement adopté aux évêques. Sidonius, au quatrieme livre de ses épîtres parle de l'élection d'un évêque, en laquelle il y avoit eu de grandes brigues. S. Patian & S. Euphrone ont enfin élu, dit-il, S. Jean, personne recommandable en toute honnêteté, humanité & douceur. S. Jerôme écrivant à Florentius, dit, S. Evagre, prêtre, vous présente ses respects. Et de la suite de ceci vient que, quand on parloit aux évêques, c'étoit avec cet honnête éloge, votre sainteté. Ainsi le trouvez-vous par exprès en toutes les épîtres de Cassiodore, toutes & quantes fois que Théodoric, Atalaric, Théodat, ou Vitige, rois d'Italie, écrivoient à quelques évêques de leur royaume. S. Grégoire, écrivant aux patriarches d'Antioche, use tantôt de ces mots: vestra beatitudo, tantôt vestra sanctitas; à l'évêque de Milan, qui tenoit grand lieu dedans l'Italie, vestra sanctitas; aux autres communs évêques, vestra fraternitas. Socrate au VI. livre de son histoire ecclésiastique, s'excuse de ce que parlant des évêques, il ne les avoit honorés de cette épithete de sanctissime, ou de telle autre sorte de titre que l'on avoit accoutumé de leur bailler. Au contraire, Théodoric, par tout le discours de son histoire, ne parle guere des évêques, qu'il ne les accompagne de ces mots: saints ou béats, encore, qu'ils fussent vivans.» Pasquier, Recherche de la France,liv. 2, chap. 3, page 157.
Voilà l'origine du fastueux titre de sainteté que la cour de Rome fait sonner si haut aujourd'hui. Elle ne convient pas de cela. Mais quoiqu'elle ne trouve pas ces preuves valables, je crois qu'elle souhaiteroit d'en avoir qui fussent la moitié seulement aussi bonnes pour autoriser la prétendue donation imaginaire de Constantin.]

Dans la suite des temps, cette maxime changea. Actuellement, ce sont des pontifes qui portent un habillement rouge (1), & un rang distingué dans l'église nazaréenne, qui jouissent de ce droit.

[(1) Les cardinaux.]

[Pages a272 & a273]

Ils ont peine quelquefois à s'accorder sur le choix d'un sujet, par les divers intérêts qu'ils prennent à certains princes dont ils sont les créatures. Ils se diviserent entr'eux pendant près d'un siecle, & chaque parti eut un souverain pontife: en sorte qu'il s'en trouva deux & même trois à la fois qui se retirerent dans les états des prince qui les protégeoient. Ils s'excommunioient réguliérement l'un l'autre tous les matins. C'étoit là leur premier soin dès qu'ils étoient éveillés (1).

[(1) Je voudrois bien savoir ce que faisoit alors le Saint-Esprit, qui ne cesse d'éclairer les papes. Etoit-il devenu contraire à lui-même, & détruisoit-il par les actions d'un pape ce qu'il établissoit par celles d'un autre! Frà Paolo a dit, en parlant d'une valise tombée dans l'eau, & dans laquelle étoient les instrumens qui venoient de Rome pour les légats qui présidoient au concile,que «l'esprit de Dieu étoit porté sur les eaux.»; Spiritus Dei ferebatur super aquas. Ne pourroit-on pas dire aussi que lors du schisme d'Occident, il sembloit vouloir ramener l'ancien cahos, & bouleverser toutes choses. Frigida pugnabant calidis, humentia ficcis. Un pape accordoit des indulgences aux mêmes personnes, qu'un autre pape excommunioit.]

Enfin, dans une assemblée générale, on détermina le véritable souverain pontife. Il y fut décidé que son autorité étoit inférieure à celle des assemblées générales. Ils ont condamné cette décision; & elle n'a été reçue qu'au-delà des Alpes, & non point en Italie, ni en Espagne.

Ces électeurs du pontife sont appellés cardinaux. La plupart sont des seigneurs, ou des fils de princes. Plusieurs demeurent auprès des souverains à qui ils sont attachés: il n'en reste qu'un certain nombre à Rome. Ceux-là sont très-utiles aux habitans: sans eux le peuple seroit excessivement pauvre. L'argent qu'ils déposent est le seul qui se répand sur tous les particuliers. Celui qui vient des pays étrangers entre dans la bourse des prêtres & des moines. Les neveux & les ministres des pontifes régnans en ont une bonne partie; la plupart du tems ces sommes restent entassées dans des coffres, ou sortent du pays. Ce qui vient d'arriver au cardinal Coscia servira d'exemple aux futurs favoris. Ils auront plus de soin de cacher leur or, & la crainte d'être recherchés les rendra plus circonspects.

Ce Coscia, sous le pontificat précédent, vendoit tout, honneurs, dignités, graces, &c. Jugez s'il étoit difficile sur le chapitre des permissions & des indulgences.

[Pages a274 & a275]

Il en eut vendu, non seulement à toute l'Europe; mais il auroit voulu pouvoir établir des comptoirs dans les autres parties du monde, pour débiter sa marchandise. Le pontife, dont il étoit ministre, étant mort, ses ennemis, avides des trésors qu'il avoit amassés, lui susciterent une cruelle persécution. Après plusieurs années de prison, il a été obligé de donner une partie de l'argent qu'il avoit amassé.

Si la coutume de rendre compte au ministre favori passoit de pontificat en pontificat, l'argent de Coscia circuleroit peut-être de neveu en neveu pendant quatre ou cinq cens ans.

Les cardinaux & les grands seigneurs ont auprès de Rome des maisons de campagne, qu'ils appellent vignes. Elles sont ornées de statues antiques & modernes, & décorées par des peintures faites par les maîtres de l'art. La vigne Borghese est une des plus belles. (1)

[(1) C'est dans la vigne Borghese que sont les superbe statues de Séneque mourant dans le bain, du gladiateur & de l'hermaphrodite.]

Elle renferme un grand nombre de morceaux curieux. Celle qui appartient aux princes Pamphiles est aussi magnifique; mais la plûpart des statues sont mutilées & gâtées par un incident fort particulier. Ce n'est ni le tems, ni les ravages que Rome a soufferts qui sont cause de ces ruptures. Un moine a seul occasionné ce dommage. Je vais t'éclaircir de ce fait.

Le pere du prince Pamphile s'étant fait excessivement dévot, choisit un moine (1) pour son directeur. C'est un usage établi entre les nazaréens. Ils croient qu'un homme ne sauroit faire son salut sans le secours d'un prêtre.

[(1) Un jésuite.]

Dès que ce moine eut acquis quelque crédit sur l'esprit de son nouveau pénitent, il se fit faire des legs pieux. Il se fit donner des aumônes destinées pour le secours des pauvres Indiens, pour le soulagement des missionnaires, pour la propagation de la foi, &c. Il fit chasser quelques domestiques de la maison, qui ne paroissoient pas assez attachés à son ordre, & qui avoient négligé de se faire recevoir des congrégations qu'il dirige. Il éloigna tous les parens qui avoient pu nuire à ses desseins.

[Pages a276 & a277]

Lorsque le moine ne put plus agir sur les gens, il voulut étendre son pouvoir sur les choses inanimées. Il fit un crime au prince Pamphile de la nudité des statues de sa maison de campagne. Il y en avoit près de quatre cens dans les jardins. Aussitôt il fut ordonné que, malgré les chaleurs de l'Italie, elles seroient habillées & vêtues sans pouvoir désormais se montrer nues, leurs vêtemens dussent-ils les défigurer. On couvrit donc tout ce peuple statuaire de draperies de plâtre: & pour qu'il s'attachât davantage au marbre, on le fit déchiqueter avec le ciseau en plusieurs endroits. Cinq ou six mois après que la dépense de ces habits avoit été faite, le prince Pamphile vint à mourir. Son fils voulut faire ôter les chemises de plâtre; mais quelque soin qu'on prît à réparer les maux qu'avoient causés le zele du directeur, il y eut plusieurs statues de mutilées; & ce moine fit ainsi lui seul autant de mal qu'une armée de Goths & de Vandales.

Je considere souvent combien un homme qui s'abandonne aux conseils pernicieux d'un esprit fanatique, est exposé à faire des choses extraordinaires. Le zele outré du prince Pamphile me rappelle un autre trait arrivé dans ce pays.

Un peintre Italien, nommé Sébastien Couchi, avoit acheté pour un souverain d'Allemagne, deux tableaux de Jules Romain. L'un représentoit l'enlevement des Sabines, & l'autre l'amour & Psyché. Un moine qui dirigeoit sa femme, l'étant allé voir chez elle, eut la curiosité d'examiner les tableaux de son mari. Cette femme le mena dans l'attelier, où malheureusement le peintre ne se trouvoit point alors. A peine ce moine eut-il apperçu les deux tableaux, qu'il s'écria comme un furieux. Vous serez damnée: il n'est point de rémission pour vous, pas même in articulo mortis; point d'absolution, point d'absolution. Hélas! mon Dieu! s'écria la femme: qu'ai-je donc fait? Ce que vous avez fait? répondit le moine. Vous voyez de semblables peintures? Vous souffrez que votre mari s'occupe à de pareils ouvrages! Ce n'est point mon mari, repliqua-t-elle, qui a peint ces tableaux: c'est un autre peintre. N'importe qu'ils soient faits par un autre, répondit le zélé directeur, Point de salut pour vous, ou il faut dans le moment effacer & déchirer ces infamies._ La femme séduite par la peur de l'enfer, alloit faire cette belle expédition, lorsque le peintre arriva.

[Pages a278 & a279]

Il frémit du risque qu'avoient couru ses tableaux. Le prince pour qui ils étoient les avoit payés deux mille écus la piéce: le pauvre Sébastien Conchi eût été ruiné, s'il n'eût prévenu la fureur du moine. Il le chassa de chez lui, & défendit à son épouse de rentrer de sa vie dans son attelier.

Dans le pays où tu vis, mon cher Monceca, tu as souvent l'occasion aussi bien que moi, de voir de ses éclats d'une dévotion immodérée qui ressemble a la folie. Ils doivent cependant être plus rares en France qu'en Italie; les moines y ayant infiniment moins de crédit: mais comme ils sont par-tout les mêmes, il est impossible qu'ils se contraignent assez pour ne point laisser échapper quelques-uns de leurs traits.

Dès que je serai arrivé à Genes, je te donnerai de mes nouvelles. Je ne sais si j'y ferai un long séjour; mais je crois que je serai obligé d'aller passer quelque tems à Turin.

Porte-toi bien, mon cher Monceca, & que ton commerce puisse toujours prospérer, & tes richesses s'accroître.

De Rome, ce...

***

LETTRE XXVI.

Aaron Monceca, à Isaac Onis, rabbin de Constantinople.

Je t'ai écrit plusieurs lettres de suite sur des matières sérieuses, & peut-être te plaindras-tu que je n'ai rien à t'apprendre qui puisse t'amuser. J'aurois souhaité pouvoir joindre l'agréable à l'utile; mais les derniers sujets que j'ai traités, étoient peu susceptibles de gaieté. Je voudrois, pour te plaire, répandre dans mes écrits un certain enjouement rempli de ces saillies vives & heureuses, qui forment le caractere général des François. Cette vivacité brillante ne se trouve dans aucune autre nation. Il y a peut-être chez les Anglois, les Allemands & les peuples du Nord, plus de bon sens & autant de science; mais il n'y a point autant d'esprit.

Je ne saurois deviner la raison qui procure cet avantage aux François. Il est inutile de l'attribuer au climat. Si la chaleur du Soleil excitoit l'imagination, quels sont les peuples en Europe qui dussent avoir plus de feu de vivacité que les Portugais?

[Pages a280 & a281]

Leurs livres ne sont pourtant en général, qu'un amas confus, indigeste & énorme de quelques ouvrages théologiens & scholastiques, ou de quelques romans remplis d'enchantemens, de combats & d'enlevemens. Ce n'est pas avoir l'imagination vive, que d'inventer de pareilles chimeres: c'est l'avoir extravagante. Avant que le bon goût, se fût établi en Allemagne, quelques moines & quelques autres auteurs, y avoient composé des livres aussi peu sensés. La différence de climat de ces deux pays est cependant bien différente.

Si l'air & la chaleur du soleil donnoient de l'esprit, il y auroit toujours dans le même pays le même génie, à quelque chose près. Quelle différence néanmoins des Grecs d'aujourd'hui, à ceux de la savante Athènes? Les Levantins donnent dans des idées outrées & gigantesques. Peut-on faire le même reproche aux auteurs de l'ancienne Grèce? Où voit-on plus de simplicité, plus de grandeur & d'éloquence en même tems, que dans Démosthène; plus de naturel que dans Euripide; plus de majesté & de sublime que dans Homère & Sophocle; plus de netteté, plus de précision, plus d'exactitude que dans Xenophon? Ces auteurs vivoient dans le même pays que les poëtes Grecs & Turcs d'aujourd'hui. Le même soleil qui échauffoit les uns, échauffoit les autres. Cependant où trouve-t-on plus d'extravagance que dans les poésies d'Achmet Chelibi (1), & d'impertinences que dans les ouvrages d'Ibrahim, qui sont regardés néanmoins comme les oracles & les chefs-d'oeuvres de leur siecle?

[(1) Poëte Turc moderne, qui a composé plusieurs poëmes à la louange des différentes maîtresses qu'il a eues. Dans une piece de vers, dont je lui ai entendu faire la lecture à lui-même dans le palais de France, étant à Constantinople, il comparoit le visage d'une belle à un parterre émaillé de mille fleurs, & ses regards au vent du midi, qui brûle & détruit les plus riches moissons. C'étoient-là les termes dont l'interprete se servoit. Mais il nous assuroit que les paroles originales étoient cent fois plus outrées.]

Le bon goût, les maîtres, l'usage, la lecture des bons auteurs, influent véritablement à donner de l'esprit; mais ils ne peuvent être une raison décisive pour déterminer la cause de cette vivacité, & du feu qu'ont les François au-dessus des autres nations.

[Pages a282 & a283]

Les Anglois ont le discernement excellent. Ils ont chez eux, dans toutes sortes de genres des auteurs distingués, & qui peut-être l'emportent sur les François; mais ils n'atteignent point leur façon brillante de s'énoncer.

Les Allemands ont produit des ouvrages d'une érudition surprenante. Leurs livres sont faits pour les savans. Le bon & l'utile s'y trouvent. L'agréable s'y rencontre rarement.

Pour mettre mon sentiment dans un jour évident, je comparerai deux auteurs dont tu connois, mon cher Isaac, les ouvrages & le mérite: tous deux estimés mutuellement par toutes les nations qui se piquent d'aimer les sciences. Locke a écrit un livre digne de l'admiration de l'univers (1).

[(1) Quoique tous les ouvrages qui sont de l'illustre Locke soient excellens, je crois que son Essai philosophique sur l'entendement humain l'emporte sur tous les autres.]

Le bon sens, la pénétration, la force du raisonnement, tout s'y rencontre. On devroit élever à un aussi excellent ouvrage philosophique, un temple & un autel. L'on y brûleroit pour victimes, dans certains jours de l'année, la philosophie Thomistique, Scotique, Loyolitique: il n'y auroit pas même de mal que les commentateurs d'Aristote eussent le même sort, & que l'on otât le texte Grec d'une compagnie aussi mauvaise.

Quelle que soit la gloire de l'auteur à qui je veux élever ce temple par la maniere dont ses ouvrages sont écrits, plusieurs personnes ne peuvent en connoître le mérite. Uniquement occupé de plaire aux savans, il n'a point trouvé l'art de traiter les matieres d'une façon brillante & aisée, & de les rendre à la portée de bien des gens, qui ne peuvent goûter un ouvrage dont les idées leur paroissent embrouillées. C'est dans le talent de rendre les choses les plus relevées d'une maniere nette, précise & brillante, que Bayle a excellé. Ses écrits pleins de force, soutenus d'une imagination vive & d'une érudition étonnante, sont à la portée de tout le monde. Une femme peut apprendre plus de physique & de métaphysique dans ses Pensées sur les cometes, que dix régens de philosophie en ont appris dans tout le cours de leur vie.

Plus je cherche, mon cher Isaac, à pénétrer la cause de l'imagination & du feu François, moins j'apperçois quelque raison qui me paroisse décisive.

[Pages a284 & a285]

Je te prie de vouloir m'écrire quels sont là-dessus tes sentimens: je les attendrai avec impatience. Je ne doute pas que l'usage que les voyages t'ont donné ne facilite beaucoup tes idées.

Je n'ai rien de nouveau à t'apprendre. Depuis huit ou dix jours il n'est point arrivé d'aventure à Paris. Cela paroit extraordinaire. C'est ici le théatre de la folie, de l'amour & de la galanterie. Le chevalier de Maisin m'a raconté une histoire arrivée, il y a déjà quelques temps à une fille de l'opéra, qui m'a paru plaisante.

Un jeune homme, nommé le chevalier de S***, officier dans le régiment de C***, devint amoureux d'une chanteuse, nommée la Petit-pas. Il étoit aimable; mais selon l'usage, il avoit peu d'argent comptant. L'or n'incommode pas ordinairement les jeunes-gens; & sans ce métal on avance peu ses affaires avec les filles de l'opéra. La difficulté d'être heureux, & l'envie d'être auprès de sa maîtresse, le firent recourir à un expédient assez extraordinaire. Il n'avoit jamais parlé à la Petit-pas, & n'en étoit point connu: son coeur s'étoit enflammé en la voyant représenter. Il résolut de se mettre domestique chez sa maîtresse. Ce projet lui parut excellent: il ne douta pas qu'il ne pût profiter de quelque occasion, & de se faire connoître dans la suite à son avantage. Il entra chez elle en qualité de laquais, & devint de capitaine dans le régiment de C***, premier domestique d'une chanteuse.

Il la servoit avec une attention infinie; elle s'applaudissoit d'avoir fait une aussi bonne acquisition. Pierrot ne bougeoit de la chambre de madame: il prévenoit ses souhaits: elle étoit obéie avant d'avoir commandé.

Quatre ou cinq jours s'écoulerent sans que le chevalier fût plus avancé. Le bonheur même qu'il avoit de voir la Petit-pas, étoit troublé par bien des amertumes. Il venoit un nombre de petits-maîtres visiter la chanteuse: il falloit que Pierrot restât dans l'anti-chambre, où il entendoit rire, chanter & folâtrer. Quel supplice pour un amant tendre! Il étoit pourtant obligé d'avaler ces couleuvres. Point d'argent, point de Suisse: point d'or, point de fille de l'opéra. Il étoit pénétré de la vérité de ces deux proverbes, & croyoit le dernier beaucoup plus vrai que l'autre. L'amour eut pitié de ses peines. La Petit-pas étoit priée à souper dans une maison de campagne auprès de Paris. Au sortir de l'opéra, Pierrot partit avec elle pour la servir à table; mais quelle fut la surprise du chevalier, lorsqu'il reconnut que celui qui donnoit ce soupé étoit le lieutenant-colonel du régiment dans lequel il étoit capitaine. Il ne savoit à quoi se déterminer.

[Pages a286 & a287]

S'il s'absentoit, il se mettoit dans le cas d'être renvoyé: s'il servoit à table, il craignoit d'être reconnu. Il prit ce dernier parti: il crut que déguisé de la façon qu'il étoit, le lieutenant-colonel ne feroit aucune attention à la ressemblance de Pierrot et du chevalier de S***. Il fut cependant reconnu. La Petit-pas lui sut bon gré de son stratagême. Il étoit venu pour la servir; il se mit à table avec elle: & après le soupé, elle le reconduisit dans son carosse. Pierrot passa la nuit avec sa maîtresse, qui le trouva apparemment aussi habile amant que zélé domestique. Ils furent dans la suite très-unis tous les deux; & l'officier jouit d'un bonheur paisible, jusqu'au moment qu'il fut obligé de retourner à sa garnison.

Il s'est trouvé quelquefois des courtisanes susceptibles de l'envie d'acquérir de la gloire, & capables de ressentir une passion délicate. Cela arrive rarement; mais on en voit plusieurs exemples. Elles aiment plus fortement que les autres femmes, lorsqu'elles ont le coeur sensible, les traits dont elles sont blessées étant infiniment plus forts puisqu'elles surmontent le penchant qui les porte à la débauche & l'habitude qu'elles s'en sont faites. Elles ne sont capables que de grandes passions: ou elles deviennent insensibles, ou elles aiment jusqu'à l'excès. Il n'est point de milieu dans leur coeur. On a vu dans ce pays des femmes dont la vie avoit été très-déréglée, prendre dans la suite des moeurs pures. L'amour avoit fait sur elles plus d'effet que les exhortations & les discours de vingt prédicateurs. Un auteur, imitateur d'Esope, & aussi original que son modele (1), conte l'histoire d'une courtisane Romaine, qui paya à l'amour le tribut d'un coeur délicat.

[(1) La Fontaine.]

Il en est encore plusieurs autres qui ont été dans le même cas; & si nous en croyons l'antiquité, la célébre courtisane Laïs prodigua des faveurs à Diogene, qu'elle vendoit si cher aux Grecs les plus distingués (2).

[(2) Un domestique d'Aristippe, fâché des dépenses que faisoit son maître pour la courtisane Laïs, lui dit un jour: Vous payez si cher cette femme, & elle se livre sans réserve à ce cynique de Diogène qui ne lui donne pas un sou! Je la paye, répondit Aristippe, non pas pour qu'elle ne couche point avec les autres, mais afin qu'elle couche avec moi.
Oneïdidzomanos upo oïnetou, oti suman autê t(o)souton argurion didôs ê de proïka Diogeneï tô kuni sugkulietaï apekrinato egô (L)aïdi khorêgô polla ina autos autês a(p)olauô, oukh ina mê allos.*
Athenaei Deipnos, lib. 13, page 188.]

[*(Voir note en tête de la table des matières au sujet de la translittération du texte grec de l'ouvrage original)]

Porte-toi bien, mon cher Isaac, & réponds-moi le plus exactement que tu pourras.

De Paris, ce...

***

[Pages a288 & a289]

LETTRE XXVII.

Aaron Monceca, à Isaac Onis, Rabbin de Constantinople.

Je t'ai écrit dans mes dernieres lettres ce que j'avois remarqué de plus particulier dans le caractere des nobles, des courtisans & des ecclésiastiques. Il me reste à te donner une idée juste du peuple.

Il n'est point esclave de la noblesse dans ce royaume ainsi qu'en Allemagne; mais aussi n'est-il pas aussi libre qu'en Angleterre. Sa situation est un juste milieu qui les garantit des persécutions d'un nombre de petits tyrans, qui le retient dans de justes bornes, & l'empêche de donner dans les insolences & les brutalités où la populace se laisse si aisément entraîner. Les priviléges trop vastes des Anglois les rendent insupportables. Le peuple, toujours maître de ses volontés, accoutumé à voir tout fléchir sous lui, est sujet à causer des changemens & des catastrophes semblables à celles que produisent les révoltes des janissaires.

En France, le peuple est soumis à l'obéissance qu'il doit au souverain: il est sujet du roi sans être esclave du noble. Un seigneur dans ses terres n'a aucun droit sur les biens ni sur la personne de ses vassaux. Moyennant qu'ils lui payent les rentes, les dîmes, &c. qu'ils lui doivent, il n'est point en droit de les inquiéter. Ils sont sujets du roi & sous sa protection. Si l'on veut les violenter; exiger d'eux quelque chose d'injuste, ils ont recours à la justice réglée; & il arrive très-souvent qu'un vassal fait condamner son seigneur.

Quelque attention cependant qu'on ait dans ce pays pour éviter que le peuple ne soit point foulé par la noblesse, on lui inspire toujours le respect qu'il doit avoir pour les personnes que leur naissance a placées dans un rang distingué.

[Pages a290 & a291]

On lui apprend à conserver les attentions qui leur sont dues: si on ne veut pas qu'il soit esclave, on veut qu'il soit soumis aux bienséances, & qu'il observe une certaine subordination nécessaire à la tranquillité & au bien de l'état.

La trop grande puissance du peuple est un excès aussi vicieux que le pouvoir despotique d'un roi. Je suis persuadé, mon cher Isaac, qu'il faut pour entretenir l'harmonie d'un royaume, qu'il y ait un commerce ou un retour de devoirs du souverain à ses sujets, & de ceux-ci au souverain. (1) Mais je crois aussi que cette bonté, cette équité, cette justice que doit avoir un prince, ne diminue en rien la subordination, & l'obéissance du peuple.

[(1) Il y a, dit le sage la Bruyere, un commerce ou un retour des devoirs du souverain à ceux de ses sujets, & de ceux-ci aux souverains. Quels sont la plus assujettissans & les plus pénibles? Je ne le déciderai pas.]

Si un bon roi doit être le pere de ses sujets, ils doivent avoir pour lui la soumission des enfans: les devoirs des uns sont aussi sacrés que ceux des autres. Aussi voit-on que tout prospere, que tout réussit, que tout abonde dans une monarchie où le prince confond ses intérêts avec ceux de son peuple.

Quand on donne à un souverain le titre de grand, d'auguste, d'invincible, je regarde tous ces noms-là comme des marques d'une ambition démesurée, comme des blessures cachées dont l'état se ressent par la dépense que lui a coûté son prince, avant que d'acquérir une gloire aussi mal fondée.

Lorsqu'on appelle un souverain pere du peuple, ce titre seul fait son éloge: il renferme en lui seul toutes les qualités qui sont nécessaires pour rendre les hommes heureux.

Personne n'est véritablement grand qu'autant qu'il est juste. Cette maxime commune & applicable à tous les hommes, est encore plus pour les princes que pour les simples particuliers. Quelle justice y a-t-il d'abuser du rang & de la naissance que le ciel lui a donnés pour rendre un million d'hommes malheureux?

Il est des souverains qui réduisent leur dureté en maxime. Ils font un art de leur tyrannie. Loin de sentir toute l'horreur de leur conduite, ils s'en applaudissent & croient devoir une partie de leur gloire imaginaire à la dureté de leur coeur, & à leur peu de sensibilité pour les hommes.

[Pages a292 & a293]

Ces principes aveugles sont d'autant plus à plaindre, qu'il est presque impossible qu'ils soient désabusés de leur erreur. Les gens dont ils sont entourés, vils esclaves de leur grandeur, sans cesse occupés à flatter leurs vices & à les déifier, sont bien éloignés de vouloir leur faire entrevoir d'importunes vérités.

Peu de personnes ont autant besoin d'avis salutaires, que les souverains: ils s'attirent souvent la haine & l'inimitié de leurs peuples, par des accidens & des occasions qu'ils eussent pu éviter, si on leur eût fait connoître les fautes qu'ils commettoient. Mais les favoris & les courtisans, toujours plus attentifs à la fortune qu'à la gloire de leur maître, ne le garantissent point des égaremens dans lesquels ils le voient se plonger. On regarde à la cour les conseils & les avis d'une amitié sincere envers le souverain, comme un rude & périlleux essai.

Si les princes connoissoient combien leurs droits légitimes sont bornés, ils regarderoient leur rang comme un état plus pénible que gracieux, & plus brillant que solide. S'ils sont les premiers juges de leurs sujets, ils en sont aussi les peres. Voilà les titres de leur institution. Quel pouvoir leur donnent-ils, à quel devoir les engagent-ils? Comme juges, ils doivent sans cesse veiller à faire observer les loix dont ils sont les dépositaires, & auxquelles ils doivent être eux-mêmes inviolablement attachés. Comme peres, ils sont obligés de veiller aux besoins de leur peuple, de prévenir leurs nécessités, de les assister, de ménager leur vie, de ne point les sacrifier à la folle ambition de faire des conquêtes, &c.

Si l'on réfléchissoit sérieusement sur la foiblesse des hommes, on s'étonneroit qu'il y en eût qui se figurassent être dignes de commander aux autres. Ce fut dans sa colere que Dieu donna autrefois des rois à Israël.

Un enfant dans le berceau est révéré comme un Dieu dès le moment de sa naissance. A peine quelquefois a-t-il atteint l'âge de raison qu'il devient l'arbitre du sort de plusieurs millions d'hommes qui sont les victimes de ses caprices. S'il aime la guerre, il va faire périr un nombre infini de ses sujets. S'il est magnifique & qu'il se plaise à construire des palais & à faire bâtir des édifices publics, il les ruinera.

[Pages a294 & a295]

Ainsi ils sont toujours destinés à servir de victimes à ses différents caprices. Huit ou dix mille hommes de moins sont à un souverain comme huit ou neuf cents mille livres dont il achete une place. S'il paroît quelquefois balancer dans ses projets, s'il épargne leur vie, il ressemble à celui qui marchande, & qui est mieux instruit qu'un autre du prix & de la valeur de l'argent.

Un philosophe regarde avec étonnement cent mille hommes rangés sur trois lignes, qui vont se battre & s'acharner contre cent mille autres pour contenter l'ambition de deux personnes. Est-il rien de plus extraordinaire que de voir deux hommes nés à quatre cents lieues l'un de l'autre, qui n'ont rien à démêler entr'eux, fondre mutuellement l'un sur l'autre comme des enragés, & être animés dans toutes les actions d'un esprit étranger qui les fait agir & qui les conduit? Leur haine consiste dans celle de leur souverain. Elle s'éteint telle que celle du prince finit.

Je comprends comment dans les guerres justes, les sujets entrent avec plaisir dans les intérêts de leur roi: je sens aisément que des républicains défendent avec ardeur leur patrie, puisque leur liberté & leurs droits résident dans sa conservation: mais dans le despotisme il n'est point de patrie. Sous un roi tyran & contempteur des loix, il n'y a que des esclaves au lieu de sujets. De pareils soldats devroient être plutôt des troupes avilies qu'une armée prête à se distinguer. Cependant il est d'autres choses qui suppléent au défaut de l'amour du pays. L'intérêt particulier, le désir de la gloire, le service du prince, font le même effet dans un état despotique.

Le peuple ne distingue guères les intérêts de la patrie. Ce sont ceux qui sont chargés de le conduire qui doivent les lui faire connoître. Dans un royaume monarchique, un bon roi, pere de ses sujets, doit prendre conseil des plus expérimentés & dans un état républicain, ceux qui sont à la tête des affaires ne sauroient assez prendre des précautions pour ne point se laisser aisément emporter à des pensées qui pourroient les tromper.

Le grand art de commander est la plus difficile des sciences. On péche en violant les loix; mais on péche aussi en les observant quelquefois trop exactement. Il faut pour le bien du peuple & de la patrie, savoir les accommoder aux tems & aux situations. Quelquefois on a laissé sagement prescrire certaines coutumes: il est dangereux de vouloir les ramener à leur naissance.

[Pages a296 & a297]

Si l'on remontoit à la source de tous les usages, on rameneroit souvent des vices qui sont abolis, & pour lesquels ces usages avoient été établis.

On ne doit pourtant point établir une jurisprudence arbitraire: elle entraîneroit après elle un nombre de malheurs & d'inconvéniens. L'équité n'est point écrite clairement dans le coeur des hommes. Chacun ne peut la voir qu'à travers le voile de ses passions, qui la déguisent infiniment.

La justice saine & exacte doit être exempte de préjugés & des mouvements du coeur: il faut la contenir dans des bornes réglées, & la mettre à l'abri des idées fausses & des fantaisies. Entre les deux excès, de trop s'attacher à la loi, & de ne point assez s'y arrêter, il est un juste milieu. C'est-là le point le plus nécessaire au bonheur du peuple & à la gloire de ceux qui le conduisent. C'est de cette sage connoissance que résulte la tranquillité & le bien d'un état.

Porte-toi bien, mon cher Isaac, & vis content & heureux.

De Paris, ce...

***

LETTRE XXVIII.

Jacob Brito à Aaron Monceca.

Je suis arrivé depuis quinze ou seize jours à Genes, & les beautés de Rome ne me font point dédaigner celles que je vois dans cette ville. Elle est remplie de palais magnifiques; il y a des morceaux d'architecture d'une grande noblesse: l'on y voit des tableaux & des statues des plus grands maîtres (1).

[(1) Les plus superbes tableaux qui sont à Gènes, sont ceux du fameux Solimène, placés dans une des principales salles du palais du doge.

Les deux magnifiques statues que le célébre Puget a faites à Gènes, sont dans l'église qui est bâtie au bout de Ponte-Carignano. Cette église est remplie de beaux tableaux. Mais le plus beau temple de cette ville est celui de l'Annonciade.]

Je trouve ici une partie des choses que j'ai vues dans l'ancienne capitale du monde. Je suis plus frappé de la différence des moeurs des Génois & des Romains, que de tous les objets qui s'offrent à ma vue. Je trouve extraordinaire que l'humeur & l'inclination des deux peuples qui habitent le même royaume ou le même climat, soient aussi éloignées & aussi dissemblables.

[Pages a298 & a299]

Les Romains sont naturellement fainéans, ennemis du travail, partisans outrés d'une molle oisiveté. Les Génois sont industrieux, attachés à leur commerce, prêts à tout entreprendre & tout souffrir s'ils entrevoient que leurs peines puissent leur apporter le moindre profit. La campagne de Rome est un terrein excellent, facile à cultiver: il n'y croît que des ronces & des herbes sauvages qui servent de retraite aux serpens, aux viperes, & à mille autres sortes de bêtes vénimeuses. Les montagnes qui sont autour de Gènes sont couvertes d'oliviers, d'orangers, de citroniers, qu'on force la nature à produire malgré elle. L'industrie des Génois a fait d'une chaîne de rochers affreux le plus beau jardin de l'Europe.

Les Romains ont une fierté insupportable, & qui leur attire sans cesse des démêlés avec tous les souverains. La Cour de Rome toujours attentive à s'aggrandir, ne laisse échapper aucune occasion pour arriver à ses fins. Les Génois, loin de vouloir augmenter leur état, ne pensent uniquement qu'à conserver ce qui leur appartient. Sans songer à empiéter sur les droits des autres souverains, ils ne sont occupés que de la conservation des leurs. C'est-là leur unique étude, & à quoi s'attache toute leur politique. Ils sont dans une situation épineuse. La France est pour eux un voisin redoutable qu'en secret ils haïssent beaucoup, étant obligés de dissimuler leurs sentiments. Avant les derniers changements arrivés en Italie, ils regardoient l'empereur comme un soutien contre la France. Quoiqu'ils n'osassent pas favoriser publiquement ses intérêts, il étoit aisé d'appercevoir ce qui se passoit au fond de leur coeur. Depuis la perte du Milanois, ils sont presque devenus esclaves de la France (1).

[(1) Cette lettre a été écrite avant la paix de 1736.]

Dans leur malheur ils ont eu un sort pareil à celui du vieux lion malade: il n'est aucun prince d'Italie qui ne les ait insultés indirectement, & n'ait exigé d'eux quelque chose qu'il n'eût point demandé dans un autre tems (2).

[(2) Le roi de Sardaigne a profité des conjonctures avantageuses que la derniere guerre lui a données pour obtenir des choses des Génois, qu'il n'eût jamais eue, sans l'alliance de la France & de l'Espagne. Je dirai ici en passant, que je ne crois pas qu'il y ait deux peuples qui se battent davantage que les Génois & les Piémontois.]

[Pages a300 & a301]

Pour surcroît d'infortunes, l'Isle de Corse qui leur appartient, s'est de nouveau révoltée contre eux. Ils ont soufferts plusieurs échecs, & ne sont pas plus avancés qu'au commencement de la guerre. Si les Génois avoient eu autant de politique pour les affaires de l'intérieur de la république, que pour celle qu'ils ont à démêler avec les couronnes étrangeres, jamais la Corse n'eût pris les armes. Ces peuples au lieu de se révolter, contens de leur état, eussent exposé leurs biens & leur vie pour le salut de la république. Mais la vexation qu'ils ont soufferte des gouverneurs qu'on leur envoyoit: la dureté & la hauteur des nobles Génois, les ont forcés à prendre un parti violent.

Cet endroit de ma lettre me conduit insensiblement à la forme du gouvernement républicain. On dispute depuis long-tems sur la préférence qu'il doit avoir sur le monarchique. Ceux qui sont partisans de la liberté soutiennent qu'il est dangereux d'être uniquement soumis au caprice d'un homme, & qu'il est dur d'être dévoué aux volontés d'une seule personne qui ne peut être remise dans le bon chemin lorsqu'elle veut s'en égarer. La puissance absolue leur paroît quelque chose de contraire au droit des gens & à la nature, ils souffrent à regret que les humains n'aient d'autre part dans leur gouvernement & dans leur conduite que celle qu'on veut bien leur laisser prendre. Ceux, au contraire, qui sont pour le pouvoir monarchique, se récrient sur les inconvéniens qui naissent d'être soumis à la volonté de cent particuliers différents. C'est, selon eux; avoir cent rois au lieu d'un; c'est être le sujet d'un nombre infini de souverains, que de naître simple républicain. S'il faut que l'on soit soumis, autant vaut-il obéir à un prince qu'à plusieurs. Qu'importe qui je serve, s'il faut que je sois réduit à cette condition? D'ailleurs, lorsqu'un roi est bon, il rend tout son état heureux; il ne faut que sa seule vertu pour rendre un Royaume fortuné: mais dans un état libre, la vertu d'un sénateur est balancée par le vice de l'autre, & le désintéressement d'un homme en charge par l'avidité d'un de ses collégues. Ainsi il y a toujours un conflit entre les premiers de la république qui porte préjudice aux simples particuliers.

Ce défaut se rencontre principalement dans le gouvernement Génois. Les nobles sont des sangsues & des tyrans du bas peuple.

Sous le vain prétexte d'une liberté imaginaire qu'ils lui font entrevoir, ils le dépouillent de toutes ses richesses, & partagent le fruit de ses travaux.

[Pages a302 & a303]

La république de Hollande n'est point dans un cas pareil. Son gouvernement sage & mesuré a placé des bornes entre le pouvoir des magistrats & les privileges des simples particuliers: les uns ont par les loix de l'état une puissance nécessaire, mais bornée; & les autres dans l'obéissance qu'ils rendent n'ont rien qui tienne de l'esclavage. Une espéce d'égalité, qu'on a eu soin de conserver, fait la base d'une aussi sage harmonie. Mais comme il n'est rien qui n'ait quelque léger défaut, du trop de crédit qu'a le peuple Hollandois il s'ensuit une espece de brutalité, qui ne tombe pourtant que sur les gens de la derniere classe.

Lorsqu'on examine, prévention à part pour les coutumes du pays où l'on est né, les différentes formes des gouvernemens, on ne sait à laquelle donner la préférence: il y a dans tous les pays le moins bon & le moins mauvais; & l'on ne sait pas trop pour quel parti se déterminer. L'état monarchique conduit sagement, est un état heureux & fortuné. Le gouvernement républicain, lorsqu'il est prudemment partagé entre le peuple & les magistrats, ainsi que celui des Provinces-Unies, assure une éternelle liberté. Mais aussi ces différens gouvernemens sont sujets à de terribles retours. Un Néron fait plus de mal lui seul, que dix Titus ne sauroient faire de bien. Il fut impossible à Henri IV, de réparer la centieme partie des maux qu'avoit causés Henri III, son prédécesseur. Il arrive dans les républiques des événemens aussi préjudiciables au bien de l'état. La haine de quelques particuliers plonge tout le peuple dans des calamités étonnantes. Sylla & Marius, Pompée & César, Auguste & Marc-Antoine firent plus périr de citoyens, que cent ans de guerre contre les ennemis de la république, La derniere division des Suisses leur a causé des maux dont ils se ressentiront pendant long-tems.

Il est moralement impossible de trouver une forme de gouvernement qui n'ait son bien & son mal. La meilleure est celle qui est la moins mauvaise. On voudroit en vain décider sur l'état monarchique & le républicain. Leur valeur & leur mérite ne consistant que dans certaines circonstances; d'abord qu'elles ne s'y trouvent pas, on est en droit de donner alternativement la préférence à l'un & à l'autre, suivant les diverses occurrences.

[Pages a304 & a305]

On peut cependant décider hardiment qu'il est parmi les états monarchiques & républicains des gouvernements moins mauvais les uns que les autres. Il est aisé d'appercevoir que la France n'est point sujette aux troubles & aux bouleversements de l'empire Ottoman. Les loix qui ont fixé le pouvoir du monarque François, sont les plus sûrs garants de sa durée, & le soutien de son autorité. Au contraire, la volonté despotique des sultans fait souvent leur perte: ils seroient plus assurés sur le trône, s'ils étoient moins les maîtres d'y contenter tous leurs caprices.

Il y a encore plus de différence entre le gouvernement Hollandois & le gouvernement Génois, qu'il ne s'en trouve entre celui de la cour de France & celui de la Porte Ottomane. Le peuple à Genes n'a que l'image de la liberté. Sous un beau nom, il est esclave de tous les sénateurs. (1)

[(1) Il l'est encore plus des moines & des inquisiteurs.]

Un bourgeois a autant de déférence & de soumission pour un magistrat du conseil secret ou du grand conseil, qu'un Parisien en a pour Louis XV. Les nobles lui font sentir tous les jours qu'ils sont les maîtres de l'état & qu'eux seuls peuvent aspirer aux charges & aux dignités.

Un simple Génois, quelque mérite qu'il ait, est borné toute sa vie à vieillir dans les honneurs obscurs de quelque emploi subalterne. Une loi sévere la bannit pour jamais des postes considérables de la république, où la seule noblesse peut prétendre. La vertu, le courage, la fermeté sont bien mieux récompensés dans un état monarchique; elles peuvent y conduire au plus haut rang; & si les simples particuliers ont plus de peine à y parvenir que les grands, du moins n'en sont-ils pas exclus par les loix.

Le gouvernement Hollandois a réglé les droits de ses citoyens avec une justice & une équité qui les encourage tous à défendre leur patrie, dans laquelle ils trouvent le repos, la tranquillité & le chemin des honneurs ouvert à leur ambition, lorsqu'ils en sont susceptibles. Quiconque a du mérite, peut parvenir à tout. Lorsqu'il s'agit de remplir un poste éminent, on ne consulte point de vieux parchemins mi-moisis, où sont écrits les titres des ancêtres: on n'a aucun égard aux qualités de ceux qui vivoient il y a deux cents ans.

[Pages a306 & a307]

On donne à la vertu présente le prix qu'elle mérite: & quiconque en Hollande veut être grand, doit être vertueux. Dans un état aussi bien policé, tous les citoyens sont des enfans de la patrie. Dans la république de Genes, le bas peuple se regarde presque comme un enfant trouvé: à peine connoît-il sa mere. Aussi le gouvernement trouve-t-il peu de ressources dans son coeur. Les souverains les plus absolus sont beaucoup plus chers à leurs sujets, que les chefs de cette république ne le sont à leurs concitoyens. Si dans le despotisme il n'est point de patrie, l'intérêt propre, l'envie de parvenir aux honneurs, & de contenter son ambition, espérances défendues aux Génois, suppléent à l'amour du pays, & à l'envie de soutenir sa liberté & ses privileges. Le courrier va partir, & je suis contraint de finir ma lettre.

Porte-toi bien, & que le ciel te protége contre tes ennemis, & fasse prospérer ton commerce.

De Genes, ce...

***

LETTRE XXIX.

Aaron Monceca, à Isaac Onis, rabbin de Constantinople.

Je t'ai parlé de plusieurs moyens que les moines ont inventés pour attraper l'argent du peuple; mais je ne t'ai encore rien dit de celui sur lequel ils fondent leur principal revenu. Ils ont persuadé aux nazaréens qu'il y avoit un lieu où les ames, après la mort, alloient expier certaines fautes légeres qui ne méritoient point la colère de Dieu. (1)

[(1) Le Purgatoire.]

Ils se sont approprié le droit de délivrer ceux qui étoient condamnés à rester dans cet endroit expiatoire: & moyennant une certaine somme d'argent, ils reglent quelle étendue doit avoir la justice céleste. Ils disposent de l'être souverain à leur volonté: l'on diroit qu'ils ont passé un bail avec lui, par lequel ils sont les maîtres d'ordonner de ceux qui doivent être admis à jouir de sa vue.

[Pages a308 & a309]

Il est des nazaréens qui n'ont point voulu se soumettre à cette croyance. Ils ont soutenu qu'après la mort, Dieu décidoit dans un instant de notre sort. Les moines se sont élevés contre eux: ils les ont déclaré séparés de leur communion; & ils leur eussent plutôt passé de nier qu'il y avoit un enfer, que de se déchaîner contre ce prétendu purgatoire. L'enfer, en effet, est fort inutile aux prêtres. Quand un homme est damné, il n'a plus besoin de prieres: les oraisons, les chandelles, les aumônes, tout cela ne change rien à son sort. Mais quand il est en purgatoire, pour peu que ses héritiers soient riches, ils n'en sont pas quittes à fort bon marché: il lui faut plus de cinq quintaux de cire, des aumônes pour bâtir la chapelle de quelque saint ancien ou nouveau, des prieres chantées à grands choeurs, &c.

Lorsqu'une âme, condamnée au feu expiatoire rend considérablement, les moines se gardent bien de la délivrer tout-à-coup. C'est une bonne pratique qu'ils perdroient. Ils la soulagent seulement quelque peu: ils rendent le feu qui la nétoie moins ardent; ordonnent à leurs forgerons de donner la dose de chaleur plus ou moins forte, selon qu'ils reçoivent plus ou moins d'argent. Il arrive souvent que les moines permettent à quelques-unes de ces ames, pour la délivrance desquelles les parents oublient de faire des aumônes, de venir faire un tour de promenade dans ce monde pour avertir quelqu'un de leurs amis de vouloir bien pour une légere somme d'argent, ne point les laisser dans un endroit aussi incommode. Lorsqu'elles viennent se présenter aux hommes, elles sont vêtues d'une robe de couleur de feu, qui marque l'état de souffrance dans lequel elles sont: au lieu que les ames des damnés, quand elles font leurs apparitions, ont des habits noirs & lugubres. Celles des bienheureux ont de longues robes de lin, blanches comme de la neige. Et pour peu qu'on ait lu les livres de miracles des nazaréens (1), on connoît à fond les habits de toutes les ames: on sait même distinguer à leur ton de voix dans quel état elles sont dans l'autre monde. (2)

[(1) Voyez l'institution de la fête des morts.
(2) Voyez le livre intitulé: Pensez-y-bien: la vie de S, Bruno, &c.]

Ce que je te dis de la crédulité des nazaréens te paroîtra étrange tu penseras que je charge les portraits que je fais. Je t'assure pourtant qu'ils sont d'après le naturel, conformes à la vérité. Tu croiras aisément ce que je te dis, si tu considéres qu'il n'est que le bas peuple qui donne dans ces chimeres.

[Pages a310 & a311]

Les gens à qui les réflexions, l'étude ou la simple raison, font connoître le ridicule de ces fourberies, ne vont point s'amuser à désabuser les sots & les imbéciles pour ne pas s'attirer une foule d'ennemis. Ils se contentent de gémir en secret de l'erreur du vulgaire. S'il n'est point de religion au monde où le peuple soit aussi superstitieux que dans la nazaréenne, il n'en est point non plus où les gens d'un certain état aient moins de persuasion pour la moitié des contes que les moines débitent.

Les prédicateurs déclament perpétuellement à Paris contre la négligence des préceptes nazaréens: ils annoncent un changement considérable prêt d'arriver dans leur religion, si l'on n'a plus de docilité & plus de croyance pour leurs sentiments. Leurs discours, cependant n'augmentent guere leur crédit. La raison portant son flambeau dans les coeurs, met au grand jour leurs impostures.

Dans le dixieme siecle, les moines s'aviserent de prêcher la fin du monde. Ils persuaderent au peuple que la terre devant bien-tôt retourner dans le néant, il n'avoit plus besoin de rien. Chacun couroit porter son bien aux ecclésiastiques: les prêtres étoient les héritiers universels de toute l'Europe; dans moins de trente à quarante ans, ils eurent en France, en Italie, en Espagne, en Portugal, &c. la moitié des revenus de ces Royaumes. On ouvrit enfin les yeux; & dans les siecles qui vinrent après celui où l'imbécillité avoit choisi son regne, le bandeau qui cachoit la vérité tomba peu-à-peu.

Il y a environ deux cents ans que deux hommes illustres (2) vengerent le bon sens opprimé.

[(2) Luther & Calvin.]

Appuyés de la raison, ils lutterent contre l'ignorance de leur siecle, furent les restaurateurs des sciences, & préparerent cette foule de grands hommes qui les suivirent. On les regarda comme des perturbateurs du repos public, par les guerres & les désordres que causerent leurs sentiments. Mais outre que ce titre odieux ne convient légitimement qu'à leurs persécuteurs, doit-on regretter des troubles qui conduisent à un calme stable, qui rendent l'homme à lui-même; & qui l'arrachent à l'ignorance, dans laquelle il croupissoit?

[Pages a312 & a313]

Les nazaréens, qui sont ennemis des sentiments de ces deux docteurs, leur rendent la justice d'avoir dégagé la raison des préjugés, & d'être les auteurs du retour des sciences bannies & exilées: ils les condamnent seulement d'avoir poussé trop loin leur opinion sur certains articles de la croyance nazaréenne, & d'avoir rendu la religion trop simple, en voulant remonter jusqu'à sa premiere institution. Ils prétendent que les coutumes & les cérémonies prennent leur autorité de la possession & de l'usage; qu'il est dangereux de vouloir les ramener à leur naissance. Les loix & les préceptes selon eux sont comme les rivieres qui grossissent & s'ennoblissent en courant. Ceux qui n'ont d'autre regle que l'institution d'une coutume qui a vieilli plusieurs siecles, & qui veulent sans cesse renoncer à sa source, sont sujets à s'égarer.

Ces opinions me paroissent vraies dans ce qui ne regarde pas la religion; mais en matiere de croyance & de foi, plus celle que nous professons est simple, plus elle me paroît louable. Il eût été heureux pour nous d'avoir eu deux docteurs qui eussent fait dans le judaïsme, ce que ceux-là ont fait dans le nazaréisme. On nous auroit délivrés d'un joug de cérémonies, qui me paroît tous les jours plus inutile.

Je t'avouerai confidemment que plus je me livre à l'étude & à la philosophie, & moins je suis persuadé des visions de nos rabbins. Je t'ai déjà écrit ce que j'en pensois. Il seroit à souhaiter pour le bien d'Israël qu'ils fussent tous aussi sages que toi. On ne nous reprocheroit pas ces opinions, qui n'ayant rien qui porte préjudice au fond de notre religion, à laquelle elles n'appartiennent point, ne laissent pourtant pas de nous faire du tort dans l'esprit de ceux qui n'approfondissent pas les choses. On devroit, lorsqu'on veut juger d'une religion, en ôter l'écorce, & n'en examiner que le fonds, & ce qui en fait la base. C'est là en quoi consiste la croyance ou la foi. Mais que peut-on décider sur un ramas de maximes & de coutumes qui ne signifient rien, qui ne sont à la religion que ce qu'un habillement est à un homme? Elles ne servent qu'à couvrir les défauts ou la beauté d'une loi.

Je suppose pour un instant qu'un philosophe Chinois, un sectateur de Confucius qui n'a aucune idée de l'Europe, y soit transporté.

[Pages a314 & a315]

On le rend juge de la beauté du judaïsme. Un nazaréen lui en fait d'abord un portrait vrai mais pourtant un peu ridicule. «La loi, lui dit-il, des Israélites consiste à ne point couper du pain qu'avec leur couteau, à ne point manger de certaines viandes, quand même ils devroient mourir de faim; à chanter avec de certaines grimaces; à saigner les animaux eux-mêmes; à ne point boire de vin pressé par ceux d'une autre religion; à croire qu'ils peuvent tromper tous ceux qui ne sont pas de leur communion, &c.» Que pensera ce philosophe Chinois à ce récit ridicule? Mais si un Israélite, dépouillant sa religion de l'extérieur, vient à la montrer toute nue; qu'il lui expose qu'il croit un Dieu, esprit immense, éternel & souverainement puissant, qui de rien a tout fait, qui soutient tout par sa volonté, qui punit le mauvais & récompense le bon; le philosophe alors charmé de ces idées, étonné de la vérité dont il se sent frappé, reconnoît que le juif croit & suit ce que la raison la plus épurée démontre évidemment. Si dans le reste de la loi judaïque, il apperçoit des erreurs, il les rejette sur les hommes qui les ont introduites, il distingue l'essentiel du superficiel.

La foi des nazaréens, démontrée telle que la prêchent leurs docteurs de la premiere classe, a encore plus de brillant que la nôtre. Ils ont tous nos premiers principes; mais il semble qu'ils en aient épuré les suites. Notre morale a quelque chose de farouche; la leur semble dictée par bouche divine. La bonne foi, la candeur, le pardon des ennemis, toutes les vertus que le coeur & l'esprit peuvent embrasser, leur sont étroitement commandées. Rien ne sauroit les dispenser de leur devoir. Un véritable nazaréen est un philosophe parfait. Dans les autres religions, l'homme, vil esclave, semble ne servir Dieu que par intérêt. Les nazaréens sont les seuls qui aient le coeur d'un fils pour un aussi bon pere. Ils le servent pour lui, & non pas dans la vue des récompenses. Nous autres juifs, le but de nos prieres est la richesse, l'abondance & les biens de la terre. De tous tems, nous avons peu songé à l'autre monde. Lors de la gloire de Jérusalem, nous avions parmi nous, dans notre communion, une partie de nos freres (1) qui croyoient la mortalité de l'ame.

[(1) Les Saducéens.]

[Pages a316 & a317]

S'ils prioient Dieu, s'ils lui demandoient des graces, ce n'étoit pas à coup sûr pour après la mort. Ils n'en avoient que faire: ils pouvoient même, lorsque la vie leur étoit à charge, & quand ils étoient trop malheureux, empêcher Dieu de continuer leurs infortunes en se donnant la mort. Regarde, je te prie, combien étoit grande une erreur qui admettoit un Dieu, & bornoit sa puissance.

Porte-toi bien, mon cher Isaac. Il y a long-tems que je n'ai eu de tes nouvelles.

De Paris, ce...

***

LETTRE XXX.

Isaac Onis, rabbin de Constantinople, à Aaron Monceca.

La mort du bacha Osman (1), dont tu es si curieux de savoir les particularités est une nouvelle qu'on avoit annoncée à Constantinople & dont à présent tout le monde connoît ici la fausseté.

[(1) Le comte de Bonneval.]

Ce bacha est toujours dans la Bosnie. Une maladie dangereuse qui l'a réduit aux portes du trépas, avoit occasionné le bruit de sa mort. Sa santé n'est point encore trop rétablie, & l'on craint toujours qu'il n'ait quelque rechûte dangereuse.

La constance avec laquelle Osman a envisagé l'approche de la mort, lui a attiré l'estime de tous les gens à qui les sentiments hardis ont acquis le droit de plaire. Dès que les médecins eurent désespéré de pouvoir lui conserver la vie, lui-même, sentant qu'il étoit dans un état duquel il ne devoit point espérer de revenir, partagea les biens dont il pouvoit disposer en faveur de ceux qui le servoient. Il dicta une lettre pour le grand-visir, dans laquelle il l'instruisoit de l'état où il laissoit la province qu'on avoit confiée à ses soins. Il écrivit aussi à Paris à la comtesse de Bonneval son ancienne épouse, & à un de ses amis avec qui il avoit toujours entretenu un commerce de lettres depuis qu'il étoit passé en Turquie. Ensuite il s'entretint familiérement avec son secrétaire sur les principaux événements de sa vie.

[Pages a318 & a319]

Ma mémoire, lui dit-il sera un exemple du malheur le plus accompli, & de la constance la plus ferme. Toutes les traverses que j'ai essuyées n'ont pu me distraire du soin de me venger de mes ennemis; si je n'ai pu être assez fortuné pour voir réussir mes desseins, l'embarras & le trouble que je leur ai causé par la crainte des maux que j'ai voulu leur faire, me console de ceux dont je n'ai pu les accabler.

Pendant le cours de la maladie du bacha, il est arrivé plusieurs événemens qui ont fait connoître la fermeté de son génie, au milieu de l'accablement où il étoit. Un prêtre nazaréen, persuadé que le bacha seroit sensible dans ses derniers momens, aux préjugés de l'enfance, se déguisa en Turc, & demanda à lui parler pour un cas important. Osman, pendant le cours de sa maladie, a toujours réglé par lui-même toutes ses affaires. Comme son mal n'étoit qu'une espece d'épuisement & de langueur, les douleurs aiguës ne le tourmentoient pas. Il ordonna qu'on fît entrer dans sa chambre la prétendu Turc qui disoit avec des secrets de conséquence à lui révéler.

A peine le prêtre se vit-il avec Osman, qu'il lui avoua son déguisement, le pria de vouloir se ressouvenir qu'il étoit nazaréen, & qu'il alloit être perdu pour jamais, s'il ne revenoit à la loi qu'il avoit abandonnée. Il fit ensuite un long discours que le bacha écouta avec beaucoup de tranquillité.

Lorsque le prêtre eût achevé la longue harangue qu'il avoit étudiée: Je veux, lui dit Osman, vous donner des avis aussi salutaires que ceux que vous venez de me prodiguer en abondance. Gardez-vous à l'avenir de hasarder des démarches pareilles à celle que vous faites aujourd'hui. Les Turcs entendent peu la plaisanterie sur ce qui regarde la religion. S'ils savoient que vous voulez leur débaucher un prosélyte, vous ne vous tireriez pas aisément d'embarras. Tous les musulmans ne regardent pas les intérêts de Mahomet avec autant de sang-froid que moi. Ainsi ne vous risquez plus à vous faire empaler.

Le prêtre nazaréen voulut encore presser Osman; mais il lui répondit: En voilà assez pour aujourd'hui: l'audience que vous avez demandée a été assez longue. Je n'aurai donc pu rien gagner sur votre ame, reprit le prêtre? Non, dit le bacha; mais sur ma bourse. Je crois que la derniere vous est plus chere que l'autre._ Il ordonna à son secrétaire, qui avoit été le seul témoin de cette conversation, de donner cent pieces au nazaréen, & de le congédier.

[Pages a320 & a321]

On m'a raconté encore un trait d'Osman, dont j'ai été frappé, & qui prouve quelle liberté d'esprit il avoit conservé pendant sa maladie. Son iman (1), qui aimoit infiniment l'argent, & qu'on taxoit d'être un peu frippon, l'ennuyoit souvent du récit des rares qualités de Mahomet, & du bonheur qu'il étoit prêt d'aller goûter avec les bien-aimés du prophête.

[(1) Prêtre Turc.]

Ecoute, lui dit le bacha.; comptes-tu après ta mort d'être au nombre de ses bien-aimés? Sans doute, répondit l'Iman; & ayant eu le bonheur de servir le prophête dans ce monde, j'aurai dans l'autre une place distinguée. Tant pis, dit le bacha: je serois en fort mauvaise compagnie avec les bienheureux musulmans, puisqu'il y va d'aussi grands frippons que toi. Il vaudroit mieux que j'allasse avec les nazaréens, que tu crois être damnés: car il y a beaucoup d'honnêtes-gens parmi eux.

On raconte vingt autres traits d'Osman dont je ne ferai point le récit. Tous les philosophes le regardent ici avec plus de vénération, que l'antiquité ne regarda Séneque. Ils tiennent que l'un mourut en regrettant la vie, & que les discours de ce philosophe payen marquoient un chagrin secret d'être obligé d'abréger ses jours: au lieu que l'autre sans craindre la mort & sans la desirer, l'a contemplée de près avec un oeil sec & une mâle assurance. C'est ainsi que Pétrone regarda les horreurs du trépas: ses derniers discours, ses derniers sentimens ne démentirent point les premiers. Il porta la joie & la tranquillité au milieu du bain qui recevoit le sang qui couloit de ses veines. Selon moi, Pétrone mourut en philosophe; & Séneque en homme condamné à la mort.

Nous voyons tous les jours des gens destinés au dernier supplice, conduits sur un échaffaut faire de longs discours, débiter un long tissu de sentences morales. La chose est fort commune en Angleterre, où il est peu de pendus qui ne haranguent tant soit peu le peuple. Mais où trouve-t-on des génies assez forts pour vaincre dans les derniers momens les préjugés, & soutenir, ainsi qu'Osman, son ame dans cette égalité de sentiments?

Je t'avouerai, mon cher Monceca, que quelque philosophe que je sois, je ne voudrois pas mourir hors du Judaïsme. Je sens que je ne résisterois pas aux premieres idées que j'ai reçues dans l'enfance; & que j'ai cultivées depuis.

[Pages a322 & a323]

Je sais qu'Osman est peu persuadé du nazaréisme. C'est un reproche qu'on lui faisoit lors même qu'il professoit cette loi. Il n'est pas à coup sûr, plus touché du mahométisme. Mais enfin dans cette incertitude de religion, s'il fait tant que de croire qu'il doive y en avoir une, n'est-il pas probable qu'il doit pencher dans son coeur pour la nazaréenne? Quelques personnes qui ont de fréquentes conversations avec lui, m'ont voulu assurer qu'il penchoit vers le judaïsme. Si cela est vrai, je ne m'étonne plus de sa tranquillité. J'entrevois même qu'il y a quelque apparence qu'il soit de ce sentiment; & j'ai cru l'appercevoir dans les lettres qu'il a écrites à la comtesse sa femme, & à son ami, dont on a fait courir des copies à Constantinople. Je t'en envoie des extraits.

LETTRE DU COMTE DE BONNEVAL A SON EPOUSE.

«Souffrez, Madame, que j'emploie les derniers momens qui me restent, à vous marquer combien j'ai été sensible à la douleur & à la peine que peut vous avoir causé mon changement de religion. Je sais que parmi les grands on a considéré mon action comme une suite de la fermeté de mon caractere: mais les génies foibles, le bas peuple, enfin un nombre infini de particuliers, n'ont point assez de discernement pour dévoiler des mysteres qui lui sont éternellement cachés, & vous avez souffert d'un crime dont j'étois l'auteur. La vengeance me fit turc. Cette même passion me retient dans ce parti & m'y fait persévérer jusqu'au trépas. Quelle que soit cependant ma mort, je ne la crois pas plus périlleuse qu'au milieu de Paris. Il y a ici beaucoup de gens qui plaignent ceux qui meurent en France: on plaint où vous êtes ceux qui perdent la vie à Constantinople. Les uns & les autres prétendent avoir raison. En attendant que je sois éclairci de cette dispute, j'attens du ciel & de sa miséricorde, qu'il nous comblera, vous de bonheur dans ce monde, & moi dans l'autre.»

[Pages a324 & a325]

LETTRE DU COMTE DE BONNEVAL; A M. LE DUC DE ***

«Je vais bientôt faire un grand voyage, mon cher duc; & j'ai déja graissé mes bottes. Mes héritiers seront dispensés de faire des présens aux hôpitaux, de donner aux curés, aux moines & aux marguilliers. Mon iman me conduira dans mon caveau sans autre formalité, & assurera toute l'Asie que je suis avec Mahomet dans le séjour des bienheureux. Il fera une pompeuse description du serrail céleste, & des femmes que les bons anges m'auront préparées. Il assurera qu'elles sont toujours vierges, & que je goûterai avec elles des plaisirs délicieux: tandis qu'en France & en Allemagne, les moines s'enrhumeront à force de déclarer contre mon changement. L'un racontera les coups du fouet qu'Astaroth m'a donnés en arrivant dans l'infernal séjour. L'autre comptera les tisons que Beelzébut a fait enflammer pour me griller, les différentes chaudieres d'huile bouillante où j'ai été plongé. Par un effet bizarre de l'esprit humain, je serai, après ma mort, heureux en deçà du Danube, & malheureux au delà. Vous, cher duc, dont je connois la tranquillité sur mon sort, & qui frappé de l'immense puissance de Dieu, en connoissez la bonté, conservez le souvenir d'un ami, qui, malgré ses malheurs, mérite votre estime, & même celle de ses ennemis.»

Un Juif, mon cher Monceca, mourant dans le sein d'Israël, n'écriroit pas autrement. Quoique le bacha ne se déclare point ouvertement, on apperçoit aisément ses sentiments. Si pourtant il étoit véritablement juif, ce seroit une foiblesse impardonnable de n'en avoir pas fait un aveu autentique. D'ailleurs, notre loi épurée n'admet point de pareils déguisements. Si le bacha est juif, il faut qu'il soit de cette secte établie à Paris (1), dont tu m'as parlé dans ta quatriéme lettre, qui n'a pas en usage la circoncision, & qui ignore même d'être dans la croyance judaïque. Le bacha, ainsi que ceux de Paris, n'a aucun culte extérieur, & n'observe aucune cérémonie.

[(1) Les déistes.]

[Pages a326 & a327]

Cependant il faut nécessairement, mon cher Monceca, que Dieu ait ordonné un culte à l'homme: & puisqu'il l'a créé pour le servir, sans doute il lui a tracé les regles & la façon dont il vouloit l'être. Quel cahos affreux ne s'ensuivroit-il pas si chacun avoit une façon de penser différente sur le culte qu'on doit à la divinité? L'esprit de l'homme sujet à s'égarer, retomberoit bien-tôt dans les erreurs de l'idolatrie. On le verroit encore, l'encensoir à la main, offrir son hommage aux animaux les plus vils, déifier des oignons, & faire naître tous les jours mille divinités dans son jardin potager.

Depuis ma lettre écrite, on assure que le bacha a recouvré une parfaite santé. Porte-toi bien, mon cher Monceca, & prospere de plus en plus.

De Constantinople, ce...

***

LETTRE XXXI.

Aaron Monceca, à Isaac Onis, rabbin de Constantinople.

J'ai fait voir à quelques savans de mes amis, la lettre que tu m'as écrite sur la maladie d'Osman bacha. Ils ont parfaitement reconnu son caractere dans les traits que tu m'en a appris. Les uns ont blâmé son acharnement à vouloir détruire une religion dans laquelle il étoit né, & l'ont taxé d'être malhonnête-homme, ils ont soutenu que sa conduite l'avoit déshonoré entiérement. Les autres ont prétendu le contraire: ils ont cru que le changement de religion occasionné uniquement par la politique étoit véritablement un crime irrémissible aux yeux de Dieu, mais qui n'influoit pas sur le caractere de galant-homme. La dispute s'est échauffée de part & d'autre, & il est arrivé ce qui arrive ordinairement après avoir bien disputé: chacun est resté dans son opinion, Quant à moi, je t'avouerai, mon cher Isaac, que je croirois pouvoir décider cette question; & je la trouve très-aisée lorsque je l'examine. La croyance de la Divinité est, sans doute, nécessaire à l'honnête-homme. Cette divinité a établi un culte pour être servie. On doit donc, par une suite nécessaire de la croyance de la Divinité, être attaché au culte qu'elle a institué: & l'on ne peut quitter celui où l'on est né, que pour entrer dans un autre qu'on croit être meilleur.

[Pages a328 & a329]

On condamne dans le monde la dissimulation comme un crime: & n'est-ce pas une dissimulation continuelle que la feinte croyance d'une chose dont on se rit dans le fond du coeur? Je blâmerois moins un athée, s'il est vrai qu'il y en puisse avoir, qu'un homme qui croit la Divinité, & qui l'honore d'une façon qu'il sait lui déplaire. L'un offense un être, de la grandeur & de la puissance duquel il est persuadé; l'autre ne fait d'autre crime que de ne point sortir de son aveuglement. Un roi de France seroit, sans doute, moins fâché contre un Ethiopien ignorant, qui assureroit qu'il n'y en eut jamais, que contre un Espagnol qui viendroit l'insulter par des discours qui lui déplairoient. D'ailleurs, je suis assuré qu'il n'est aucun athée véritablement convaincu de son opinion; & je ne puis croire que ceux mêmes qui ont passé dans le monde pour les chefs de l'athéisme, fussent persuadés de leurs sentiments. Plus ils avoient de génie, plus ils trouvoient de raisons pour prouver leur systême, & plus ils devoient en connoître le faux; puisqu'ils devoient incessamment réfléchir combien il étoit impossible à la matiere de s'élever jusqu'à un point de perfection assez haut pour produire des idées aussi spirituelles que les leurs.

Est-il rien de si ridicule, rien de si absurde, que de s'imaginer que la confusion & le désordre puissent produire l'arrangement de l'univers; qu'un amas d'atômes en s'accrochant mutuellement les uns aux autres, ait pu former une matiere pensante, qui prévoit l'avenir, qui lit dans le cours des astres, qui mesure l'immense étendue des cieux, qui communique ses pensées, ses sentimens, tous ses mouvemens intérieurs à une autre matiere pensante formée de la même façon? En vérité, un homme peut-il réfléchir mûrement sur un sujet si parlant en faveur de la divinité, & être persuadé véritablement qu'elle ne subsiste pas! Non, mon cher Isaac, je croirai toujours le contraire. Quelque entêté que soit un epicurien du concours des atômes & de leur assemblage fortuit; au milieu de ses méditations, le flambeau de la vérité vient luire à ses yeux. S'il les ferme pour n'être point éclairé, il en a pourtant toujours apperçu la lueur; & ç'en est assez pour faire naître des doutes.

Je t'avoue qu'au moment que je t'écris, si j'étois épicurien, je ne pourrois m'empêcher de réfléchir combien il est impossible que cent millions de particules ou d'atômes assemblés par hasard, eussent produit ma lettre.

[Pages a330 & a331]

Eh quoi! dirois-je, un second principe, tiré conséquemment du premier, une justesse dans le raisonnement, des idées claires & distinctes, sont formées par un caprice, soutenues par un caprice, & continuées par un caprice! L'arrangement n'est établi que sur la confusion, & que sur le hazard!(1) S'il y a toujours quelque chose de divin, qui mérite des honneurs suprêmes & des sacrifices, d'avoir si bien fait le personnage de la sagesse & de la prévoyance infinie, en formant & conservant le monde.

[(1) Nam simul ac ratio tua caepit vociferari
Naturam rerum haud divina mente coortant:
Diffugiunt animi terrores, moenia mundi
Discedunt, totum video per inane geri res.........
Nusquam apparent Archerusia.

Lucret. de Rerum. Nat. lib. 3. vers. 14, &c.
Dès que la sagacité & la pénétration de notre esprit, dit Lucrece en parlant d'Epicure, nous a découvert les secrets de la nature, tout nous a crié pour ainsi dire, que le monde n'étoit point l'ouvrage d'une intelligence divine. Les craintes qui nous obsédoient se sont évanouies, les limites du monde ont été ôtées, nous avons vu que l'enfer & l'acheron n'étoient que des fables.]

Si je croyois le systême d'Epicure, chaque jour, en examinant le cours du soleil, en le voyant paroître sur notre horizon, & s'acheminer à grands pas vers les Antipodes, je m'écrierois: Je te salue, ô hazard éternel, dérangement incompréhensible, confusion admirable qui maintiens l'ordre & l'arrangement, qui conserves & perpétues cette divine & surprenante harmonie qu'on voit, & qu'on sent dans toutes les parties de l'univers! Souffre que je te rende des honneurs que d'autres mortels aveuglés rendent à un Dieu tout bon, tout-puissant & tout sage.

Crois-tu, mon cher Isaac, qu'il y ait des Epicuriens, qui, considérant la nature, ne reconnoissent, malgré leur prévention, qu'il y a un premier principe qui conserve & maintient cette regle & cet ordre qui regne dans l'univers? Et quel que soit leur entêtement, sois certain, qu'ils ne sont point aussi assurés qu'ils le disent, que d'un principe aveugle & sans connoissance, puisse émaner le maintien & la conservation de la clarté & de l'entendement.

On peut renger les gens qui nient la divinité dans deux différentes classes. La premiere est composée d'un nombre de philosophes qui se sont égarés dans leurs raisonnemens.

[Pages a332 & a333]

Las de ne pouvoir comprendre toute l'étendue de la divinité, & rebutés de certaines difficultés dont ils ne pouvoient trouver la solution, ils ont cru qu'ils étoient en droit de nier l'existence d'un Dieu, parce qu'ils ne pouvoient sonder son immense profondeur; comme si notre ignorance des opérations d'un être étoit une raison pour nier son existence. Nous voyons tous les jours des effets & des productions dans la nature dont nous ne connoissons pas les causes. Nous ignorons, comment le bled germe dans la terre. On pourroit donc nier que le bled germât. Les opérations de la puissance d'un Dieu paroissent à nos yeux aussi clairement que les épis qui sortent de la terre. Nous ne pouvons connoître entierement sa grandeur, son pouvoir, son essence: j'en conviens. Mais pénétrons-nous le secret du germe?

La seconde classe des athées est la plus nombreuse. Elle contient ce ramas de libertins & d'esprits-forts, dont la débauche, au lieu de l'étude & de la méditation, décide de la croyance. Il en est peu qui, au milieu de leurs égaremens, n'aient, malgré eux, des retours vers la vérité. Il faut, pour éviter les remords, qu'ils se résolvent à ne point faire usage de leurs yeux. Dès qu'ils les ouvrent, tout leur annonce la gloire du tout-puissant. S'ils les tournent vers les cieux, ils y contemplent, malgré eux, sa grandeur. S'ils les fixent sur la terre, ils y découvrent sa sagesse & son pouvoir. Comme ils n'ont pas la ressource des philosophes, & qu'ils ne peuvent pas comme eux, étourdir leur raison par de vains argumens, ils sont perpétuellement le jouet de leurs doutes. La crainte, les remords, les troubles où les jette leur incertitude vengent sans cesse la divinité outragée dans leurs coeurs.

Il est peu de personnes parmi le bas peuple qui soient souillées d'athéisme. Ce crime est plus commun chez les gens d'un haut rang. Les premiers ennemis de la divinité ont été les premiers princes du monde. Leur pouvoir & leur grandeur occasionnoit leur aveuglement. Ninus, roi des Assyriens, se vantoit de n'avoir jamais vû les étoiles ni avoir envie de les voir, & de mépriser le soleil & la lune, & tous les autres dieux. Sardanapale, un des successeurs de Ninus, forcé de se donner la mort pour ne pas tomber entre les mains de ses ennemis, fit écrire cette inscription sur son monument.

[Pages a334 & a335]

SARDANAPALE vécut beaucoup d'années en peu de tems, n'ayant rien refusé à ses plaisirs. Il bâtit deux villes en un jour, Anchiale & Tarse. Il fit en vingt-quatre heures un ouvrage de plusieurs années. Lecteur, suis son exemple, mange, bois & jouis de toi-même. Après la mort il n'y a ni plaisir ni douleur.

Ninus & Sardanapale ont été des athées, tranquilles & paresseux. Contens de nier la divinité, ils n'ont pas songé à la mépriser; mais il y en a eu plusieurs autres qui ont poussé plus loin leur égarement. Diagore le sophiste mit au feu un Hercule de bois pour faire bouillir son pot, en lui disant: Courage, Hercule, après tes douze travaux pour le service d'Euristhée, il en faut un treizieme pour moi. Un certain Denys, roi de Sicile, dépouilla la statue de Jupiter Olympien de sa robe d'or, & lui en donna une de laine. Pour excuser ce sacrilége, il disoit que changer n'étoit pas dérober, qu'il falloit prendre soin de la santé du dieu, & l'habiller commodément pour l'été & pour l'hyver. Le même Denys servit de barbier à la statue d'Esculape, & lui coupa sa barbe d'or; prétextant pour raison, qu'Apollon son pere étant sans barbe, il convenoit que le fils, le fût aussi. Ce trait d'histoire m'en rappelle un autre, arrivé de nos jours, & que je tiens du chevalier de Maisin.

Il y a en France une maison illustre qui porte le nom de Lévi, qui prétend sortir de la tribu d'Israël qui portoit ce nom. Le marquis de Lévi, capitaine de vaisseau de guerre, aborda pendant les dernieres guerres, dans une petite ville d'Espagne qui tenoit le parti des ennemis. Il y débarqua quelques soldats, l'obligea à contribuer. Il alloit se rembarquer, lorsqu'un soldat lui raconta qu'il avoit vu dans une église une figure d'argent de la hauteur de quatre à cinq pieds. Ce marquis fut tenté de se saisir d'un aussi riche trésor. Il alla à l'église, demanda à voir la statue; & s'informa qui elle représentoit. On lui répondit que c'étoit sainte Magdelaine, Juive de naissance au commencement de la religion nazaréenne Messieurs, dit le marquis aux prêtres: je suis charmé que vous m'appreniez des nouvelles de ma cousine. Je suis, tel que vous me voyez, de race Juive, & fort allié de la sainte dont vous gardez le portrait. Ainsi, je vous prie de ne point trouver mauvais que j'emporte cette statue en France, où j'aurai soin de lui faire bâtir un temple digne d'elle.

[Pages a336 & a337]

A ces mots il se saisit de sa chere cousine, & la fit transporter dans son bâtiment. En arrivant en France, il eut ordre de la cour, qui avoit été instruite de sa conduite, de renvoyer sa cousine en Espagne à ses frais & dépens: & s'il n'eût pas eu autant de protection qu'il en avoit, il eût été entiérement perdu.

Quoique l'action de cet officier François ne soit point une offense à la divinité, elle étoit toujours très-criminelle, puisqu'il manquoit à un point essentiel de sa religion, en violant le respect qu'elle l'obligeoit d'avoir pour leurs saints. Ceux qui sont nés dans une religion, & qui, la croyant véritable, en violent certains principes, & se jouent de leur foi, s'acheminent à grands pas à ce malheureux étourdissement qui conduit à l'athéisme. Un homme n'est en droit de blâmer un principe, & d'agir en conséquence, qu'autant qu'il le croit faux.

Porte-toi bien, mon cher Isaac prospere dans toutes tes affaires.

De Paris, ce...

***

LETTRE XXXII.

Aaron Monceca à Jacob Brito.

Je fus avant-hier chez un Juif Vénitien nouvellement arrivé dans cette ville, & dont la réputation y fait beaucoup de bruit. Il vend des phosphores & des essences qu'il distile pour des causes différentes. Il en a pour blanchir la peau, & d'autres pour la rendre unie. Il a plusieurs machines pour des expériences physiques qui sont très-curieuses. Mais ce qui attire chez lui la foule du monde, & excite le plus la curiosité, c'est l'idée qu'on a conçue de lui. On le croit un grand cabaliste; l'on assure dans tout Paris qu'il possede à fond cette science. La curiosité & l'envie de m'éclaircir d'une chose dont j'ai toujours douté, a occasionné la connoissance que j'ai faite avec lui. Je lui ai demandé s'il étoit vrai qu'il sût l'art de prévoir les choses futures & qu'il eût la puissance de commander aux esprits? Il m'a avoué franchement que toute sa science consistoit dans ses expériences chymiques.

[Pages a338 & a339]

J'ai, m'a-t-il dit, entendu parler toute ma vie de cabalistes; & quelque recherche que j'aie faite pour en connoître quelqu'un, il m'a été impossible! J'ai parlé à bien des gens que le public croyoit exceller dans cette science, ils m'ont tous avoué qu'ils n'étoient point fâchés qu'on leur crût ce talent, par l'intérêt & le profit qu'ils en retiroient; mais qu'au vrai, tout leur savoir se réduisoit, ainsi que le mien, à quelques compositions chymiques, dont les effets étoient connus de peu de gens.

J'ai eu, mon cher Brito, autant de soin de m'instruire de la vérité de la cabale, que ce Juif Vénitien. J'ai trouvé aussi peu de réalité que lui dans tous les contes qu'on en débite avec une ferme assurance. La bonne philosophie m'avoit déja convaincu que la science de lire dans l'avenir étoit réservée à Dieu seul; il ne me restoit d'incertitude que sur le prétendu pouvoir qu'on donne aux cabalistes sur certains génies toujours prêts à leur obéir.

J'ai examiné en vertu de quoi les sectateurs de la cabale s'attribuoient cette puissance sur les esprits. J'ai trouvé leurs raisons si foibles & si pitoyables, que j'ai placé leur art au rang de l'astrologie judiciaire.

Peut-on pousser le ridicule plus loin que de prétendre que par l'arrangement de certaines lettres, par la prononciation de quelques mots, on peut faire changer de face aux choses humaines, en arrêter le cours, & s'attribuer une puissance égale à celle de l'auteur de la nature.

Dans toutes les religions il y a un nombre de gens qui sont avides de la réputation d'avoir commerce avec les esprits. Il en est plusieurs qui s'attribuent le droit & le pouvoir de les exiler des lieux où ils font leur résidence. Le peuple nazaréen est fort persuadé de la puissance des genres: & les prêtres de cette religion s'attribuent sur les démons un pouvoir despotique. Ils assurent qu'ils les connoissent tous par leurs noms & surnoms; qu'ils savent quand & dans quelle occasion ils ont le droit de s'emparer de la maison, & quelquefois du corps d'un particulier. Le bas peuple & les génies foibles donnent dans tous ces égaremens à force d'entendre débiter des histoires de possession & d'obsession; il en est plusieurs qui croient être possédés, & qui deviennent attaqués d'une folie dont on leur renouvelle sans cesse l'idée.

[Pages a340 & a341]

Tous les livres de religion, chez les nazaréens, semblent la continuation des Amadis. On n'y voit qu'enchanteurs, que sorciers, que démons, que diableries. Au jugement d'un de leurs pontifes (1), la vie de leurs saints est écrite avec moins de dignité que celle des anciens philosophes payens par Diogène Laërce. Que peut dire en effet un homme de bon sens, lorsqu'il lit les folies que fait un démon pour tenter un solitaire dans le désert?(2) Que peut-il penser lorsqu'il voit dans un autre endroit qu'un moine s'amuse à brûler avec un flambeau les pattes du démon? (3)

[(1) Le cardinal Beffarion.
(2) La tentation de S. Antoine.
(3) Vie de S. Dominique.]

Quel ridicule ne trouve-t-il pas dans une grande quantité d'autres livres, bizarre ramas de toutes les folies & extravagances que peut produire le déréglement de l'esprit humain (4)?

[(4) Exorcisme des religieuses de Louviers, histoire de Madeleine de la Palu, &c.

Ces contes pernicieux sont approuvés par les prêtres nazaréens: ils sont même les inventeurs de la plûpart. Leur vanité est flattée de la réputation qu'ils ont de chasser ces prétendus démons. Ils composent pour leurs exorcismes, une eau dans laquelle ils mettent un peu de sel. (1)

[(1) L'eau-bénite.]

Après plusieurs grimaces & contorsions qu'ils font sur le vase qui contient cette eau miraculeuse, ils chantent quelques airs, prononcent quelques paroles qui perfectionnent la vertu du charme. Ils réservent ensuite cette eau pour chasser tous les malins esprits. Ils prétendent que les démons sont obligés de fuir dès qu'ils en sont touchés.

Quand un homme est atteint de la folie démoniaque, & frappé d'une erreur aussi pernicieuse, les prêtres guérissent un mensonge par un autre. La même prévention qui cause l'extravagance des misérables qui croient être possédés, leur persuade que le remede qu'on leur donne est infaillible: leur mal cesse par le calme qui revient dans leur imagination, & qui succede à l'égarement dans lequel la crainte l'avoit plongée. Ainsi ils sont toujours le jouet de leurs préjugés: leur repos & leur tranquillité en sont une suite nécessaire.

[Pages a342 & a343]

Quelque étonnant que soit l'aveuglement du peuple, de recevoir avidement l'impression de pareilles chimeres, on en est moins surpris lorsque l'on considere que ces erreurs sont consacrées par la foi & par la religion. Les temples nazaréens sont remplis de monumens qui transmettent d'âge en âge les histoires de ces sortiléges.

Il y a dans une ville peu éloignée de Paris (1), une chandelle miraculeuse surnommée le flambeau sans fin, qu'on montre dans certain jour au peuple, & qu'on prétend ne s'éteindre jamais & ne point se consumer.

[(1) Amiens.]

Elle est enfermée dans un long tuyau, ne déborde que d'un pouce de cet étui: en sorte qu'on est toujours le maître de la tirer à la même hauteur lorsqu'elle est brûlée jusqu'à l'embouchure de l'étui; & d'en mettre une autre à sa place lorsqu'elle est consumée. Quelque visible que soit cette mommerie, il seroit dangereux d'en parler ouvertement devant les gens qui sont persuadés de la vérité de ce miracle. On s'attireroit leur mépris, peut-être même leur haine; tel nazaréen pardonneroit une offense sensible, qui n'entendroit point plaisanterie sur la réalité du miracle de la sainte chandelle.

L'histoire qu'on raconte de ce flambeau miraculeux, est fondée sur la prétendue délivrance d'un nazaréen, qui s'étoit donné au diable. Cet homme, nommé Christofle, las d'avoir bien de la peine, fort peu d'argent, & de travailler perpétuellement dans ce monde, prit le parti d'être moins bien dans l'autre, & plus commodément dans celui-ci. Il entendoit tous les jours son pasteur parler de la grande puissance du démon & du nombre de gens qui se donnoient à lui. Ce prêtre s'enrhumoit à force de raconter tous les mauvais esprits qu'il avoit vus lui-même se prêter à l'envie criminelle de bien des particuliers. Ces discours persuaderent le paresseux Christofle: il voulut, avec l'aide de l'enfer, avoir de l'argent, & se débarrasser des soins que lui donnoit le travail où il étoit obligé de s'occuper une partie de la journée. Il appella plusieurs fois le diable; mais soit qu'il eût pour lors d'autres affaires, soit qu'il prévît ce qui lui arriveroit, il ne s'empressa pas d'accourir à la voix de Christofle. Cependant, lassé de toutes les prieres que lui faisoit l'avide nazaréen, il vint un jour dans la maison, & lui apparut sous la forme d'un fort beau sapajou.

[Pages a344 & a345]

Que veux-tu de moi, lui dit-il? Depuis long-tems tu m'appelles. Parle: que puis-je pour ton service? Monseigneur, lui répondit Christofle, on dit que votre grandeur dispense les biens & les richesses à son gré. Je lui serois fort obligé si elle vouloit m'accorder quelque part dans ses faveurs. Mais que me donneras-tu? lui demanda le diable. Hélas, monseigneur! répondit Christofle, je n'ai rien: je suis un pauvre charpentier qui vis de mon métier. Je vais, lui dit Belzébut, te donner pendant trente ans autant d'or que tu en pourras souhaiter. Mais après ce tems, j'ai besoin d'un charpentier dans l'infernal séjour, pour quelque réparation que je prévois qu'il y aura à faire à mon palais, ainsi je viendrai moi-même te chercher à la fin de notre bail.

Christofle & le diable signèrent mutuellement leur engagement. Cela fait, Belzébut-sapajou fait une gambade, & passe par la cheminée. Le nazaréen souhaite six mille pistoles, & six mille pistoles aussi-tôt se trouvent dans ses poches. Il quitte son rabot & son ciseau, & achette une maison. Les six mille pistoles consumées, six mille autres sont demandées, & six mille nouvelles il obtient. Cette somme est employée en meubles & en vaisselle. Dès qu'elle fut consumée, un autre souhait. A peine est-il formé qu'aussi-tôt il est exécuté. Jamais diable ne fut plus exact: & Christofle fort content de sa bonne-foi, n'approuvoit pas ceux qui le taxoient d'en manquer.

Quinze ans du bail s'étoient déja écoulés lorsqu'un soir le nazaréen, donnant à souper à quelques-uns de ses amis, (car depuis sa fortune, il n'en manquoit pas) ordonna à sa servante de descendre à la cave, & d'aller chercher d'un certain vin qu'il réservoit pour les bonnes occasions. Jeanneton obéit. Mais quelle fut sa surprise, lorsqu'elle apperçut sur un tonneau un grand homme habillé de noir, qui lui ordonna d'aller avertir son maître de venir lui parler, & de ne point différer, ou de se résoudre d'avoir le cou tordu en présence de tous ceux avec qui il étoit. La servante fort étonnée vint apprendre à Christofle de quoi il s'agissoit. Au portrait qu'elle lui fit, il se douta que le grand homme noir étoit le diable. Il se munit de son contrat, bien résolu de lui faire voir qu'il anticipoit le bail de quinze ans. Eh bien, dit le phantôme, dès qu'il fut entré dans la cave, je viens t'avertir que tu n'as plus qu'une heure à vivre.

[Pages a346 & a347]

Monseigneur, répondit Christofle, votre grandeur se trompe de quinze ans. Voici mon contrat. Combien t'ai-je promis de vie? dit Belzébut. Trente ans, reprit Christofle. Et bien, repartit le démon, quinze ans de jours, & quinze ans de nuits, n'est-ce pas là le compte? C'est notre façon de supputer; & pour te complaire, nous n'irons pas changer la maniere de calculer les années infernales.

Christofle fort surpris, remonta dans la salle où étoient ses amis. Ils lui demandent le sujet de sa tristesse & de son accablement. Il leur apprit sa malheureuse situation. Ayez bon courage, lui dit un prêtre Normand, qui, par bonheur, se trouva parmi les convives,descendez à la cave, & dites au démon de prolonger votre vie de la durée de cette chandelle.

Christofle alla présenter sa requête au démon, qui pour lui donner des preuves qu'il étoit bon diable dans le fond, quoiqu'il supputât les années autrement que dans ce monde, lui accorda sa demande. Le nazaréen rapporta la chandelle au prêtre, qui, sans perdre de tems, la plongea dans l'eau-bénite, pour que le diable ne pût point s'en saisir, & l'éteignit ensuite. Ce trait, auquel Belzébut ne s'attendoit pas, rendit toutes ses ruses inutiles. Il rentra dans l'infernal séjour par un trou profond qu'il forma en retournant aux enfers, & dont on n'a jamais pu sonder la profondeur. Le nazaréen fit une longue pénitence de son crime. La chandelle bénite fut remise entre les mains des moines; & elle leur a rapporté plus d'argent que Christofle n'en avoit tiré du diable Sapajou.

Examine la crédulité du peuple; & juge si les excès où son imbécillité le fait tomber, doivent être attribués à sa seule ignorance, ou à la fourberie de tous ceux qui le trompent & l'abusent.

Porte-toi bien, & donne-moi, si tu le peux, quelques nouvelles galantes de Gènes.

De Paris, ce...

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Fin du premier Volume.

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